À la rencontre du Mouvement Gothique

Les mécanismes de la surprotection manipulatoire

par Roland Huckel (2004)

Un piège inconnu

Est un surprotecteur, celui qui ne nous permet pas de refuser sa protection

Que signifie ce piège de la surprotection dans la vie quotidienne ?

L'héroisme obligatoire

Un nouveau crime contre l'humanité

Eigenlob stinkt - L'auto éloge pue

L'arme secrète - La«Geheimwaffe»

Des gourous par milliers

Une maladie terriblement contagieuse

 
 
À la rencontre du Mouvement Gothique
 
 
Bulles Nº 79, 2003
[Texte intégral]
Nous sommes souvent interrogés sur le Mouvement Gothique qui peut prêter
en apparences à certaines confusions avec le satanisme (voir BULLES n° 76).
 
Nous tentons ici de marquer la différence.
 
Le monde gothique peut être défini comme un mouvement underground très riche ayant un style musical, des activités artistiques, une esthétique vestimentaire et un état d'esprit. Ils aiment les balades dans des lieux secrets et obscurs ayant une atmosphère sombre comme les cimetières, les soirées dans les catacombes et ils sont fascinés par l’inquiétant, l'étrange, le fantastique, le mysticisme et les tourments de l'esprit. Disciples de Baudelaire, les gothiques ont un goût certain pour la représentation du spleen et les thèmes morbides, pour la mise en scène de la souffrance et la dramatisation des sentiments.
 
Il existe des associations, des sites lnternet avec des forums de discussions, des fanzines, des magazines, des boutiques et des disquaires spécialisés ainsi que des lieux où l'on se retrouve entre gothiques : boites de nuit, concerts, soirées, bars, festivals.
 
Le mouvement gothique célèbre l'art sous toutes ses formes : la poésie avec Baudelaire, Oscar Wilde, Sade, Lautreamont ; la littérature romantique tels que l'œuvre d'Edgar Alan Poe, Frankenstein de Mary Shelley, Dracula de Bram Stoker ; le cinéma avec Fritz Lang  "Nosferatu", David Lynch avec "Eraserhead" et la peinture tels que les œuvres de Dali et Klimt.
 
D'un point de vue général, la culture gothique s’inspire largement du romantisme. Les romantiques, à la fin du XVIIIe siècle, s'insurgent contre le rationalisme et le matérialisme ambiants, ils proclament la supériorité du sentiment et de la passion sur la logique froide et impersonnelle et affirment la primauté de l'individu sur le collectif.
 
Ils puisent plutôt leur inspiration dans l'Antiquité, le Moyen-Age et aussi la légende du vampire. Mais il s’agit d'un vampirisme très allégorique où la relation amoureuse est vécue comme très angoissante, déchirante et fatale.
 
Passionnés de musique, les gothiques ont leur style musical où ces influences se retrouvent Les thèmes abordés dans les textes ont une portée symbolique relative aux problèmes existentiels. Rythmes lourds, ambiance sombre et lugubre, chants plaintifs, les textes sont troublants et profonds. On chante l'amour et les blessures de l’âme, l'existence et ses mystères. Voix graves d'outre-tombe, mélodies romantiques, on murmure ses émotions, son profond pessimisme, ses passions, son désespoir, sa mélancolie et on hurle ses souffrances amoureuses, la séparation, la solitude, l'angoisse et la mort. Ces voix ténébreuses rappellent l'humeur noire qui vient du plus profond de soi.
 
La musique gothique traduit les préoccupations de l’âme et ses passions. Elle sait créer une ambiance mystérieuse et inquiétante. Issu du punk, c’est dans le début des années 80 que le mouvement gothique a pris de l'ampleur avec surtout des groupes anglais tels que Virgin Prunes, influencé par l'œuvre d’Antonin Artaud.
 
L'esthétique du corps est avant tout une esthétique du macabre. Style froid et déroutant, extravagant et provocant, l’apparence est sévère et sophistiquée. Les gothiques sont très sensibles à l'élégance et à ce que l'image dégage. Leurs tenues sont plutôt raffinées et élaborées. Il existe plusieurs styles vestimentaires : "le néo-romantisme" avec des vêtements noirs médiévaux en velours et en dentelles, redingote, "sorcières" aux pieds ... et le style "fétichiste ou cyber punk" avec des vêtements en latex et en cuir. Si les gothiques s'habillent tout en noir c'est que cette couleur évoque l’être dans sa dimension la plus sombre et profonde.
 
Tout en rappelant les profondeurs abyssales, c’est-à-dire l'introspection, le noir est la couleur du renoncement à la vanité de ce monde. Il représente la perte sans espoir et marque la mélancolie, le pessimisme et l’affliction. De même, le maquillage est très prononcé : teint pâle, fards à paupières sombres, rouge à lèvres et vernis à ongles noirs. Enfin, toutes sortes de bijoux sont souvent portés : la croix du christ, des bagues et des pendentifs représentant des symboles très significatifs comme, par exemple, le corbeau, souvent porté en boucle d’oreille ou en broche, symbole de l'isolement volontaire et de la solitude, et le squelette de la mort.
 
Une harmonie entre l'esthétique du corps et les préoccupations de l'âme s'impose au gothique, soucieux qu'il est d'être cohérent et d'être fidèle à soi-même. L'image du corps, le paraître, l’apparence doivent être en adéquation avec l'être. Car l'image permet l'expression de soi. Ainsi, tout l’être est gothique. Si la musique et le vêtement ont tant d’importance c’est qu’ils permettent d'extérioriser et d’exprimer d’une façon théâtrale et dramatique les blessures de son âme, ses sentiments les plus profonds et ses angoisses face à la vie, à l'amour et à la mort.
 
Grâce à la mise en scène et à la mise en avant des affects, les gothiques trouvent un moyen d'apaiser et de contenir leur désillusion, leur angoisse et leurs émotions.
 
Dans un questionnement permanent par rapport à l’existence, ils tentent de transformer leur difficulté de vivre : leur tristesse devient belle et ainsi acceptable, elle devient accessible et représentable, elle apporte même du plaisir. Le gothique recherche la fantaisie, l'originalité et la provocation. Il aime se montrer, s'exposer et attirer le regard de l'autre sans crainte de son jugement. Aussi exprime-t-il un rejet par rapport à l'uniformité, aux conventions, à la domination de la norme et affirme son opposition.
 
Le gothique revendique sa différence et son indépendance : il conçoit la vie autrement et valorise la liberté individuelle. Profondément désenchanté et déçu, il se désole. Il est consterné face à l’hypocrisie générale des hommes entre eux et par rapport au malaise de notre société. Il prend alors de la distance afin de se dégager d’un système qu’il pense aliénant, désespérant, cruel dans lequel il ne se retrouve pas.
 
Il faut éviter toute vision réductrice du mouvement ainsi que la confusion souvent entretenue avec le satanisme et, parfois même, avec les groupes sectaires. Malgré leur goût prononcé pour le morbide et le macabre, les gothiques sont insérés dans la société.
 
Ces jeunes adultes investissent à leur façon le monde qui les entoure et savent prendre du plaisir en ayant certaines activités culturelles et en festoyant avec leurs amis. Mais, comme dans tous milieux, il peut y avoir des personnes déviantes ayant des comportements pathologiques. Ainsi, lorsqu’un individu s'isole totalement, il n’a plus de relations avec le monde extérieur, se désintéresse de tout, n'a plus de plaisir et commet des actes qui le mettent en danger tels que automutilations, prise de drogue, tentatives de suicide, l’on se trouve face à quelqu'un en grande souffrance psychologique ayant besoin d’être aidé.
 
Enfin il faut savoir que le mouvement gothique n'est pas un mouvement politique. De même, il n’est pas rattaché à un système de croyance religieuse spécifique. Mais, être gothique n'exclut pas le fait que certains puissent être politisés ou croyants.
 
Delphine Guerard        
Psychologue ADFI Paris
   
 
L'esprit gothique - La mort dans l'âme
 
 
Cyberpresse.ca, 4 octobre 2004
 
Depuis la fusillade qui a fait 15 victimes dans une polyvalente de Littleton au Colorado, le 20 avril 1999, le mouvement gothique, auquel adhéraient ses deux auteurs, a été, à tort ou à raison, associé à la flambée de violence qui sévit dans les écoles secondaires nord-américaines. Qu'en est-il vraiment ? Qui sont ces jeunes qui se marginalisent par leur apparence? Éclairage sur le mouvement gothique.
 
La silhouette mince, le teint blafard, les yeux noircis, les lèvres violacées, les cheveux de jais et la tenue sombre des adeptes du mouvement gothique ne manquent pas, dans certains cas, de glacer le sang dans les veines. Derrière ce terrifiant portrait, se cache non seulement des êtres égocentriques prônant une certaine forme d'individualisme, mais aussi un ensemble de moeurs, de rites et d'ancrages historiques insoupçonnés, voire une culture, dont les origines sont loin de remonter à hier.

L'esprit gothique s'alimente principalement à deux sources. D'abord, à l'esthétique du même nom, fortement répandue dans l'Europe du XIIe au XVIe siècle, qui se distinguait par sa décadence et sa sophistication, et deuxièmement au romantisme noir de la littérature gothique, style qui a émergé au cours des XVIIIe et XIXe siècles en Angleterre, et qui se caractérise par un important recours à l'horreur et au morbide.

C'est à la conjoncture de ces deux courants qu'est né, il y a une vingtaine d'années, le mouvement gothique, dont les chefs de file ont été des groupes rock alors qualifiés d'«alternatifs» comme Sisters of Mercy, The Cure, Bauhaus et Joy Division.

«C'est un style qui combine le fétichisme au vampirisme, où la gargouille est un symbole primé. Il y a le culte du noir, du vêtement transparent, du bas nylon à larges mailles et du maquillage sombre. La cuirette fait un retour, les vêtements sont sexy malgré leur côté lugubre et supposé horrible. Ils (les gothiques) marient la vie et la mort, c'est pourquoi ils ont l'air, comme le vampire, de morts vivants. Ça témoigne bien de l'imaginaire de notre époque et de la fin du millénaire, c'est-à-dire de la peur de la mort et du goût pour une vie intense. C'est la culture «ordalique», résume un professeur du département de didactique de l'université Laval, Denis Jeffrey.

Cela explique en partie la fascination des gothiques pour certains symboles de l'épouvante tels que les cathédrales sinistres, les candélabres, les cimetières, les messes noires, l'ésotérisme et les sacrifices d'animaux.

Côté artistique, ce sont les romans d'Anne Rice et de Mary Shelley ainsi que la musique des groupes London after Midnight et Nine Inch Nail, reprenant sensiblement la même imagerie, qui obtiennent la faveur des adeptes du mouvement gothique, une sous-culture du mouvement punk.

Côté ludique, ce seront les conversations dans les chat rooms d'Internet (le canal #gothik notamment), les jeux vidéo tels que Doom ainsi que les jeux de rôles inspirés de l'époque médiévale, qui les amuseront. Ces activités seront, pour plusieurs, le déclencheur de leur intérêt pour la culture gothique.

Mais au-delà de cet attrait pour l'horreur et les jeux à caractère médiéval, ce qui définit surtout les adeptes du mouvement gothique est leur goût prononcé pour le morbide, le satanisme, le vampirisme et, dans certains cas, le nazisme.

Ce besoin quotidien de côtoyer la mort ressemble, selon certains observateurs, à une tentative mal dissimulée d'exorciser ses propres démons, sa relation ambiguë avec la mort.

«La gargouille apparaît comme un symbole de la vie nocturne, de l'obscur, du monstre en soi, des démons ravageurs, explique encore Denis Jeffrey. C'est aussi un symbole positif qui, à bien des égards, s'apparente au dragon. Il représente la vie cachée au fond de soi-même, il est en même temps, comme la gargouille, un gardien vigilant, un cibère et un séducteur, comme tous les diables par ailleurs.»

«À quelque part, ces jeunes se déguisent en gargouille pour montrer ces symboles. La gargouille est un démon qui, placé sur les clochers d'église, protège des démons. C'est la pensée magique qui cherche à combattre le feu par le feu. Quand un jeune fait de lui-même une gargouille, il cherche à se protéger de ce qu'il est dans sa dimension la plus sombre, comme le montre si bien le film de George Lucas (
Star Wars).»

Les principaux intéressés apportent une nuance. Selon eux, leur préoccupation constante pour la mort n'est pas tant une recherche de sensation forte qu'un état de conscience permanent de la mort, une réalité à laquelle ils ne peuvent se soustraire.

C'est ainsi que pour Stéphanie «Mortelle» Filteau, une étudiante en muséologie, la mort fait partie de la vie, qu'on soit gothique ou non.

«Il y a beaucoup de gothiques qui passent par une période où ils sont très centrés sur la mort. Il y en a beaucoup qui dealent constamment avec ça, qui dorment dans des cercueils et ne sortent pas le jour. Mais la plupart, ne vont pas dans ces extrêmes. Ils s'en préoccupent comme tout le monde le fait à un moment ou à un autre. Ceux qui font une éloge de la mort ressortent peut-être plus du lot, mais je ne crois pas qu'on puisse parler de culte de la mort.»

N'est-ce pas là une façon bien déprimante d'envisager la vie ? «Ce n'est pas nécessairement déprimant que d'avoir la conscience qu'on meurt. Les suicides collectifs sont pas mal plus morbides que l'esprit gothique», estime pour sa part Robert «Nomade» Lafontaine, DJ à la Fourmi atomik, qui présente, tous les mercredis, une soirée goth-industrielle.

Mortelle conclut : « C'est cette conscience d'être mortel, qui aide à accepter la mort. C'est ce qui fait qu'on vit intensément, qu'on mord dans la vie.»
 
Kathleen Lavoie - Le Soleil
    
Satanisme et vampyrisme* de Paul Ariès
 
Éditions Golias 2004
 
*écrit volontairement avec un "y"
 
Ouvrage qui est le fruit d'une enquête de plus de douze ans dont six dans le cadre d'une convention conclue avec le Ministère des Affaires so-ciales. Il porte à la connaissance du grand public des informations disponibles depuis 1994 "au sein de l'appareil d'Etat" puisqu'à cette époque, Paul Ariès était l'auteur d'un rapport de mission sur le satanisme. Jusqu'à la parution du présent ouvrage, il avait choisi de taire certaines informations pour préserver des enquêtes en cours.
 
Le satanisme qui séduit les jeunes et qui inquiète les pouvoirs publics est aussi l'héritier de toute une tradition de " satanisme symbolique "qui viseà " choquer pour faire tomber les masques "de la société. Il prend de nouveaux visages en flirtant avec le "vampyrisme ou certaines sexualités marginales". Non seulement il cohabite avec des pensées "extrémistes religieuses ou politiques" mais il est désormais passé du domaine religieux au domaine politique. Paul Ariès a enquêté dans cet univers d'ombres" où la manipulation côtoie les rumeurs.
 
Paul Ariès a essayé d'en comprendre "l'essentiel". Il en conclut que les diverses ex-pressions du satanisme moderne "tendent à s'unifier comme si le satanisme devait, lui aussi se mondialiser et se globaliser". Internet y joue un rôle de premier plan et l'on constate que ce courant n'est plus l'apanage du monde occidental mais touche maintenant les mondes musulman et asiatique !
 
L'auteur se penche sur le phénomène des jeunes qui se disent satanistes et qui, dans leur ensemble, sont "tout sauf des satanistes". Ils se tournent vers ce courant à défaut d'autre perspective.
 
Paul Ariès y voit là une "philosophie du désespoir" et un "nihilisme du pauvre" ! Le danger vient que la société accepte qu'une partie de ses jeunes s'endoctrine ainsi. Les " vraies sectes " n'ont plus qu'à les cueillir ensuite !
 
L'auteur déplore enfin que les enseignants ne disposent pas d'éléments qui leur permettent de repérer les jeunes en danger. Il appelle les pouvoirs publics à réagir … rapidement et d'autant plus qu'il existe une véritable stratégie métaculturelle d'infiltration en direction de la jeunesse de la part de certains mouvements sataniques.
 
L'auteur analyse sa culture, portée par un commerce florissant, un environnement qui utilise fréquemment des thèmes pseudo-sataniques et des pratiques particulières des plus "anodines" (tatouages, piercings…) aux plus extrêmes (jeux vidéos hyper-violents, jeux de rôle …). Il développe tout l'aspect de la musique satanique, notamment du rock, et révèle qu'Aleister Crowley, gourou de la secte de l'Ordre du Temple d'Orient a été "lancé" dans les milieux du rock anglais par des groupes et des chanteurs tels que les Beatles, les Rolling Stones, David Bowie et Sting !! Il s'attarde sur le (presque) mythe de l'américain Marilyn Manson, personnage qui se livre à toutes les transgressions ainsi que sur le rock satano-viking norvégien qui plonge dans le néo-nazisme.
 
"Métastase d'une société malade", le satanisme méritait bien cette étude approfondie. Mine d'informations, de révélations, elle développe tous les aspects de ce courant, fait le tour de tous les personnages qui lui sont liés et décrit plusieurs dizaines de sectes. Voilà qui en fait un véritable ouvrage de référence.
 
 
 
Paul Ariès : Paul Ariès, politologue, spécialiste reconnu de la question des sectes, a déjà publié Le retour du diable (Editions Golias, 1997), sectes sataniques et extrême-droite ; Déni d'enfance ; les fils de McDo ; La fin des mangeurs. Il est l'auteur de la notice Scientologie dans l'encyclopédie Universalis.
 
    
France : Le satanisme, marchepied de l'extrême droite
 
Libération, 23 Mars 2005 par Elsa EVRARD
[Texte intégral]
 
Des jeunes un peu paumés en quête d'identité se laissent séduire par une forme de folklore.
 
Dans son rapport, la Miviludes s'attarde sur un phénomène sectaire nouveau par l'importance de sa diffusion : le satanisme en relation avec les mouvements d'extrême droite. A l'image des récentes profanations de cimetières qui se sont échelonnées sur les six derniers mois. Certaines profanations ont comporté, en effet, des symboles à la fois nazis et satanistes.
 
Idéologie. Le mouvement sataniste actuel trouve, en tout cas, son origine dans «l'Eglise de Satan» fondée le 30 avril (jour de la mort d'Hitler) 1966, par Anton LaVey, appelé le Pape noir et auteur de la Bible satanique. Intervient une scission en 1995, lorsque Michael Aquino crée une structure concurrente, le Temple de Seth. Tous les deux s'inspirent néanmoins d'Aleister Crowley qui développa au début du XXe siècle certains rites sanglants.
 
Derrière le folklore apparent du satanisme (messes noires, symboles, croix renversées...) se cache une idéologie qui peut être dangereuse quand elle se politise. Pour Jean-Yves Camus, politologue, «la violence du message antichrétien ne peut pas ne pas déboucher sur un certain totalitarisme». Paul Ariès, qui vient de publier Satanisme et vampirisme, le livre noir (Editions Golias) ­ un voyage de plusieurs années dans les milieux satanistes ­, explique que les idées satanistes apparaissent comme un véritable vivier pour l'extrême droite. Ainsi la «Constitution 35» ou le «révisionnisme pentagonal» sont de vrais programmes politiques et prônent une inégalité naturelle entre les hommes. A titre d'exemple, Ariès cite l'Ordre des 9 angles qui organisent des messes noires avec, sur l'autel, l'ouvrage Mein Kampf, écrit par Hitler.
 
La religion est utilisée par les groupuscules d'extrême droite pour masquer leurs idées. «Un jeune ne peut se dire néonazi mais il est bien vu de se dire sataniste.» Selon Paul Ariès, il existe deux profils types de satanistes parmi les jeunes qu'il faut distinguer des gothiques, même si le gothisme est une porte d'entrée privilégiée vers le satanisme: il y a l'adepte de base, souvent un jeune paumé, sans prise sur sa vie ou celle des autres et qui trouve une «béquille identitaire» dans le satanisme en souffrant et faisant souffrir les autres. Plus minoritaire, on trouve aussi l'étudiant d'un certain niveau intellectuel, qui remet en question l'éducation qu'il a reçue et voit dans le satanisme un moyen de provocation.
 
En tout cas, pour Paul Ariès, il n'y a aucun doute : «Le développement du satanisme et son rapprochement avec l'extrême droite sont liés à la crise des valeurs.» Et de s'inquiéter de l'attitude des pouvoirs publics qui «pêchent dans leur approche du phénomène, car elles ne se donnent pas les moyens de le combattre».
Vigilance
 
Il a été en partie entendu. Car pour la Miviludes, il y a urgence à intervenir : ainsi les parents se doivent d'être vigilants, car si un look gothique de leur enfant ne signifie pas danger, il ne faut pas pour autant «nécessairement tout admettre dans ce domaine, car cette attirance pour certaines pratiques peut être une voie dangereuse pour les plus fragiles».
 
Les dérives vers des mouvements néonazis sont possibles. La Miviludes dénonce l'accès facile par l'Internet aux sites satanistes, puis par divers liens vers des sites néonazis. «Les groupuscules d'extrême droite exploitent le goût de certains jeunes pour les références nordiques, viriles, pour les attirer dans une mouvance politique d'extrême droite», note la Miviludes.
 
Enfin, la musique est un moyen d'accès privilégié. Au-delà du très populaire Marylin Manson, ancien membre de l'Eglise de Satan, le vrai danger, selon la Miviludes, semble résider dans le «Black Metal» scandinave où la musique est utilisée pour professer de véritables idées néonazies, comme on l'entend dans les groupes Enduras, Allerseelen, Scivias, ou Blood Axis.
 
 
Le gothisme est au départ une culture tournée vers le romantisme sombre
 
L'«Eglise» de scientologie et ses tratagèmes de manipulation
 
 Les mécanismes de la surprotection manipulatoire
Roland Huckel - décembre 2004

Un piège inconnu

Est un surprotecteur, celui qui ne nous permet pas de refuser sa protection

Que signifie ce piège de la surprotection dans la vie quotidienne ?

L'héroisme obligatoire

Un nouveau crime contre l'humanité

Eigenlob stinkt - L'auto éloge pue

L'arme secrète - La«Geheimwaffe»

Des gourous par milliers

Une maladie terriblement contagieuse