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- Bulles Nº
79, 2003
- [Texte
intégral]
- Nous sommes souvent
interrogés sur le Mouvement Gothique qui peut prêter
- en apparences à certaines
confusions avec le satanisme (voir BULLES n° 76).
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- Nous tentons ici de marquer
la différence.
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- Le monde gothique peut être défini comme un mouvement underground très
riche ayant un style musical, des activités artistiques, une esthétique
vestimentaire et un état d'esprit. Ils aiment les balades dans des lieux
secrets et obscurs ayant une atmosphère sombre comme les cimetières, les
soirées dans les catacombes et ils sont fascinés par l’inquiétant, l'étrange,
le fantastique, le mysticisme et les tourments de l'esprit. Disciples de
Baudelaire, les gothiques ont un goût certain pour la représentation du spleen
et les thèmes morbides, pour la mise en scène de la souffrance et la
dramatisation des sentiments.
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- Il existe des associations, des sites lnternet avec des forums de
discussions, des fanzines, des magazines, des boutiques et des disquaires
spécialisés ainsi que des lieux où l'on se retrouve entre gothiques : boites de
nuit, concerts, soirées, bars, festivals.
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- Le mouvement gothique célèbre l'art sous toutes ses formes : la
poésie avec Baudelaire, Oscar Wilde, Sade, Lautreamont ; la littérature
romantique tels que l'œuvre d'Edgar Alan Poe, Frankenstein de Mary Shelley,
Dracula de Bram Stoker ; le cinéma avec Fritz Lang "Nosferatu",
David Lynch avec "Eraserhead" et la peinture tels que les œuvres de
Dali et Klimt.
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- D'un point de vue général, la culture gothique s’inspire
largement du romantisme. Les romantiques, à la fin du XVIIIe siècle,
s'insurgent contre le rationalisme et le matérialisme ambiants, ils
proclament la supériorité du sentiment et de la passion sur la logique
froide et impersonnelle et affirment la primauté de l'individu sur le
collectif.
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- Ils puisent plutôt leur inspiration dans l'Antiquité, le
Moyen-Age et aussi la légende du vampire. Mais il s’agit d'un vampirisme très
allégorique où la relation amoureuse est vécue comme très angoissante,
déchirante et fatale.
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- Passionnés de musique, les gothiques ont leur style
musical où ces influences se retrouvent Les thèmes abordés dans les textes ont
une portée symbolique relative aux problèmes existentiels. Rythmes lourds,
ambiance sombre et lugubre, chants plaintifs, les textes sont troublants et
profonds. On chante l'amour et les blessures de l’âme, l'existence et ses
mystères. Voix graves d'outre-tombe, mélodies romantiques, on murmure ses
émotions, son profond pessimisme, ses passions, son désespoir, sa mélancolie et
on hurle ses souffrances amoureuses, la séparation, la solitude, l'angoisse et
la mort. Ces voix ténébreuses rappellent l'humeur noire qui vient du plus
profond de soi.
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- La musique gothique traduit les préoccupations de l’âme et ses
passions. Elle sait créer une ambiance mystérieuse et inquiétante. Issu du
punk, c’est dans le début des années 80 que le mouvement gothique a pris de
l'ampleur avec surtout des groupes anglais tels que Virgin Prunes, influencé
par l'œuvre d’Antonin Artaud.
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- L'esthétique du corps est avant tout une esthétique du macabre. Style froid
et déroutant, extravagant et provocant, l’apparence est sévère et sophistiquée.
Les gothiques sont très sensibles à l'élégance et à ce que l'image dégage.
Leurs tenues sont plutôt raffinées et élaborées. Il existe plusieurs styles
vestimentaires : "le néo-romantisme" avec des vêtements noirs
médiévaux en velours et en dentelles, redingote, "sorcières"
aux pieds ... et le style "fétichiste ou cyber punk" avec des
vêtements en latex et en cuir. Si les gothiques s'habillent tout en noir c'est
que cette couleur évoque l’être dans sa dimension la plus sombre et profonde.
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- Tout en rappelant les profondeurs abyssales, c’est-à-dire l'introspection,
le noir est la couleur du renoncement à la vanité de ce monde. Il représente la
perte sans espoir et marque la mélancolie, le pessimisme et l’affliction. De
même, le maquillage est très prononcé : teint pâle, fards à paupières sombres,
rouge à lèvres et vernis à ongles noirs. Enfin, toutes sortes de bijoux sont souvent
portés : la croix du christ, des bagues et des pendentifs représentant des
symboles très significatifs comme, par exemple, le corbeau, souvent porté en
boucle d’oreille ou en broche, symbole de l'isolement volontaire et de la
solitude, et le squelette de la mort.
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- Une harmonie entre l'esthétique du corps et les préoccupations de l'âme
s'impose au gothique, soucieux qu'il est d'être cohérent et d'être fidèle à
soi-même. L'image du corps, le paraître, l’apparence doivent être en adéquation
avec l'être. Car l'image permet l'expression de soi. Ainsi, tout l’être est
gothique. Si la musique et le vêtement ont tant d’importance c’est qu’ils
permettent d'extérioriser et d’exprimer d’une façon théâtrale et dramatique les
blessures de son âme, ses sentiments les plus profonds et ses angoisses face à
la vie, à l'amour et à la mort.
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- Grâce à la mise en scène et à la mise en avant
des affects, les gothiques trouvent un moyen d'apaiser et de contenir leur
désillusion, leur angoisse et leurs émotions.
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- Dans un questionnement permanent
par rapport à l’existence, ils tentent de transformer leur difficulté de vivre
: leur tristesse devient belle et ainsi acceptable, elle devient accessible et
représentable, elle apporte même du plaisir. Le gothique recherche la
fantaisie, l'originalité et la provocation. Il aime se montrer, s'exposer et
attirer le regard de l'autre sans crainte de son jugement. Aussi exprime-t-il
un rejet par rapport à l'uniformité, aux conventions, à la domination de la
norme et affirme son opposition.
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- Le gothique revendique sa différence et son
indépendance : il conçoit la vie autrement et valorise la liberté individuelle.
Profondément désenchanté et déçu, il se désole. Il est consterné face à
l’hypocrisie générale des hommes entre eux et par rapport au malaise de notre
société. Il prend alors de la distance afin de se dégager d’un système qu’il
pense aliénant, désespérant, cruel dans lequel il ne se retrouve pas.
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- Il faut éviter toute vision réductrice du mouvement ainsi que la confusion
souvent entretenue avec le satanisme et, parfois même, avec les groupes
sectaires. Malgré leur goût prononcé pour le morbide et le macabre, les
gothiques sont insérés dans la société.
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- Ces jeunes adultes investissent à leur
façon le monde qui les entoure et savent prendre du plaisir en ayant certaines
activités culturelles et en festoyant avec leurs amis. Mais, comme dans tous
milieux, il peut y avoir des personnes déviantes ayant des comportements
pathologiques. Ainsi, lorsqu’un individu s'isole totalement, il n’a plus de relations
avec le monde extérieur, se désintéresse de tout, n'a plus de plaisir et commet
des actes qui le mettent en danger tels que automutilations, prise de drogue,
tentatives de suicide, l’on se trouve face à quelqu'un en grande souffrance
psychologique ayant besoin d’être aidé.
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- Enfin il faut savoir que le mouvement
gothique n'est pas un mouvement politique. De même, il n’est pas rattaché à un
système de croyance religieuse spécifique. Mais, être gothique n'exclut pas le
fait que certains puissent être politisés ou croyants.
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- Cyberpresse.ca,
4 octobre 2004
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- Depuis la fusillade qui a fait 15 victimes dans une
polyvalente de Littleton au Colorado, le 20 avril 1999, le mouvement gothique,
auquel adhéraient ses deux auteurs, a été, à tort ou à raison, associé à la
flambée de violence qui sévit dans les écoles secondaires nord-américaines.
Qu'en est-il vraiment ? Qui sont ces jeunes qui se marginalisent par leur
apparence? Éclairage sur le mouvement gothique.
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- La silhouette mince, le teint blafard, les yeux noircis, les
lèvres violacées, les cheveux de jais et la tenue sombre des adeptes du
mouvement gothique ne manquent pas, dans certains cas, de glacer le sang dans
les veines. Derrière ce terrifiant portrait, se cache non seulement des êtres
égocentriques prônant une certaine forme d'individualisme, mais aussi un
ensemble de moeurs, de rites et d'ancrages historiques insoupçonnés, voire une
culture, dont les origines sont loin de remonter à hier.
L'esprit
gothique s'alimente principalement à deux sources. D'abord, à l'esthétique du
même nom, fortement répandue dans l'Europe du XIIe au XVIe siècle, qui se
distinguait par sa décadence et sa sophistication, et deuxièmement au romantisme
noir de la littérature gothique, style qui a émergé au cours des XVIIIe et XIXe
siècles en Angleterre, et qui se caractérise par un important recours à
l'horreur et au morbide.
C'est à la conjoncture de ces deux courants
qu'est né, il y a une vingtaine d'années, le mouvement gothique, dont les chefs
de file ont été des groupes rock alors qualifiés d'«alternatifs» comme Sisters
of Mercy, The Cure, Bauhaus et Joy Division.
- «C'est un style qui combine le fétichisme au vampirisme,
où la gargouille est un symbole primé. Il y a le culte du noir, du vêtement
transparent, du bas nylon à larges mailles et du maquillage sombre. La cuirette
fait un retour, les vêtements sont sexy malgré leur côté lugubre et supposé
horrible. Ils (les gothiques) marient la vie et la mort, c'est pourquoi ils ont
l'air, comme le vampire, de morts vivants. Ça témoigne bien de l'imaginaire de
notre époque et de la fin du millénaire, c'est-à-dire de la peur de la mort et
du goût pour une vie intense. C'est la culture «ordalique», résume un professeur
du département de didactique de l'université Laval, Denis Jeffrey.
Cela
explique en partie la fascination des gothiques pour certains symboles de
l'épouvante tels que les cathédrales sinistres, les candélabres, les cimetières,
les messes noires, l'ésotérisme et les sacrifices d'animaux.
Côté
artistique, ce sont les romans d'Anne Rice et de Mary Shelley ainsi que la
musique des groupes London after Midnight et Nine Inch Nail, reprenant
sensiblement la même imagerie, qui obtiennent la faveur des adeptes du mouvement
gothique, une sous-culture du mouvement punk.
Côté ludique, ce seront
les conversations dans les chat rooms d'Internet (le canal #gothik notamment),
les jeux vidéo tels que Doom ainsi que les jeux de rôles inspirés de l'époque
médiévale, qui les amuseront. Ces activités seront, pour plusieurs, le
déclencheur de leur intérêt pour la culture gothique.
Mais au-delà de
cet attrait pour l'horreur et les jeux à caractère médiéval, ce qui définit
surtout les adeptes du mouvement gothique est leur goût prononcé pour le
morbide, le satanisme, le vampirisme et, dans certains cas, le nazisme.
Ce besoin quotidien de côtoyer la mort ressemble, selon certains
observateurs, à une tentative mal dissimulée d'exorciser ses propres démons, sa
relation ambiguë avec la mort.
«La gargouille apparaît comme un symbole
de la vie nocturne, de l'obscur, du monstre en soi, des démons ravageurs,
explique encore Denis Jeffrey. C'est aussi un symbole positif qui, à bien des
égards, s'apparente au dragon. Il représente la vie cachée au fond de soi-même,
il est en même temps, comme la gargouille, un gardien vigilant, un cibère et un
séducteur, comme tous les diables par ailleurs.»
«À quelque part, ces
jeunes se déguisent en gargouille pour montrer ces symboles. La gargouille est
un démon qui, placé sur les clochers d'église, protège des démons. C'est la
pensée magique qui cherche à combattre le feu par le feu. Quand un jeune fait de
lui-même une gargouille, il cherche à se protéger de ce qu'il est dans sa
dimension la plus sombre, comme le montre si bien le film de George Lucas
(Star Wars).»
Les principaux intéressés apportent une nuance.
Selon eux, leur préoccupation constante pour la mort n'est pas tant une
recherche de sensation forte qu'un état de conscience permanent de la mort, une
réalité à laquelle ils ne peuvent se soustraire.
C'est ainsi que pour
Stéphanie «Mortelle» Filteau, une étudiante en muséologie, la mort fait partie
de la vie, qu'on soit gothique ou non.
«Il y a beaucoup de gothiques qui
passent par une période où ils sont très centrés sur la mort. Il y en a beaucoup
qui dealent constamment avec ça, qui dorment dans des cercueils et ne sortent
pas le jour. Mais la plupart, ne vont pas dans ces extrêmes. Ils s'en
préoccupent comme tout le monde le fait à un moment ou à un autre. Ceux qui font
une éloge de la mort ressortent peut-être plus du lot, mais je ne crois pas
qu'on puisse parler de culte de la mort.»
N'est-ce pas là une façon bien
déprimante d'envisager la vie ? «Ce n'est pas nécessairement déprimant que
d'avoir la conscience qu'on meurt. Les suicides collectifs sont pas mal plus
morbides que l'esprit gothique», estime pour sa part Robert «Nomade» Lafontaine,
DJ à la Fourmi atomik, qui présente, tous les mercredis, une soirée
goth-industrielle.
Mortelle conclut : « C'est cette conscience d'être
mortel, qui aide à accepter la mort. C'est ce qui fait qu'on vit intensément,
qu'on mord dans la vie.»
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- Kathleen Lavoie
- Le Soleil
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- Satanisme et vampyrisme*
de
Paul Ariès
Éditions Golias 2004
*écrit volontairement avec un "y"
Ouvrage qui est le fruit d'une enquête de plus de douze ans dont six dans le
cadre d'une convention conclue avec le Ministère des Affaires so-ciales. Il
porte à la connaissance du grand public des informations disponibles depuis 1994
"au sein de l'appareil d'Etat" puisqu'à cette époque, Paul Ariès était
l'auteur d'un rapport de mission sur le satanisme. Jusqu'à la parution du
présent ouvrage, il avait choisi de taire certaines informations pour préserver
des enquêtes en cours.
Le satanisme qui séduit les jeunes et qui inquiète les pouvoirs publics est
aussi l'héritier de toute une tradition de " satanisme symbolique "qui
viseà " choquer pour faire tomber les masques "de la société. Il prend
de nouveaux visages en flirtant avec le "vampyrisme ou certaines sexualités
marginales". Non seulement il cohabite avec des pensées "extrémistes
religieuses ou politiques" mais il est désormais passé du domaine religieux
au domaine politique. Paul Ariès a enquêté dans cet univers d'ombres"
où la manipulation côtoie les rumeurs.
Paul Ariès a essayé d'en comprendre "l'essentiel". Il en conclut que
les diverses ex-pressions du satanisme moderne "tendent à s'unifier comme si
le satanisme devait, lui aussi se mondialiser et se globaliser". Internet y
joue un rôle de premier plan et l'on constate que ce courant n'est plus
l'apanage du monde occidental mais touche maintenant les mondes musulman et
asiatique !
L'auteur se penche sur le phénomène des jeunes qui se disent
satanistes et qui, dans leur ensemble, sont "tout sauf des satanistes".
Ils se tournent vers ce courant à défaut d'autre perspective.
Paul Ariès y voit
là une "philosophie du désespoir" et un "nihilisme du pauvre" !
Le danger vient que la société accepte qu'une partie de ses jeunes s'endoctrine
ainsi. Les " vraies sectes " n'ont plus qu'à les cueillir ensuite !
L'auteur déplore enfin que les enseignants ne disposent pas d'éléments qui leur
permettent de repérer les jeunes en danger. Il appelle les pouvoirs publics à
réagir … rapidement et d'autant plus qu'il existe une véritable stratégie
métaculturelle d'infiltration en direction de la jeunesse de la part de certains
mouvements sataniques.
L'auteur analyse sa culture, portée par un commerce florissant, un
environnement qui utilise fréquemment des thèmes pseudo-sataniques et des
pratiques particulières des plus "anodines" (tatouages, piercings…) aux
plus extrêmes (jeux vidéos hyper-violents, jeux de rôle …). Il développe tout
l'aspect de la musique satanique, notamment du rock, et révèle qu'Aleister
Crowley, gourou de la secte de l'Ordre du Temple d'Orient a été "lancé"
dans les milieux du rock anglais par des groupes et des chanteurs tels que les
Beatles, les Rolling Stones, David Bowie et Sting !! Il s'attarde sur le
(presque) mythe de l'américain Marilyn Manson, personnage qui se livre à toutes
les transgressions ainsi que sur le rock satano-viking norvégien qui plonge dans
le néo-nazisme.
"Métastase d'une société malade", le satanisme
méritait bien cette étude approfondie. Mine d'informations, de révélations, elle
développe tous les aspects de ce courant, fait le tour de tous les personnages
qui lui sont liés et décrit plusieurs dizaines de sectes. Voilà qui en
fait un véritable ouvrage de référence.
Paul Ariès
: Paul Ariès, politologue, spécialiste reconnu de la question des
sectes, a déjà publié Le retour du diable (Editions Golias,
1997), sectes sataniques et extrême-droite ;
Déni d'enfance ; les fils de McDo ; La fin des mangeurs. Il est l'auteur de la
notice Scientologie dans l'encyclopédie Universalis.
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- France
: Le satanisme, marchepied de l'extrême droite
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- Libération, 23 Mars
2005 par Elsa EVRARD
- [Texte intégral]
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- Des jeunes un peu paumés en quête d'identité se laissent séduire par une
forme de folklore.
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- Dans son rapport, la Miviludes s'attarde sur un phénomène sectaire nouveau
par l'importance de sa diffusion : le satanisme en relation avec les mouvements
d'extrême droite. A l'image des récentes profanations de cimetières qui se sont
échelonnées sur les six derniers mois. Certaines profanations ont comporté, en
effet, des symboles à la fois nazis et satanistes.
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- Idéologie. Le mouvement sataniste actuel trouve, en tout cas, son origine
dans «l'Eglise de Satan» fondée le 30 avril (jour de la mort d'Hitler)
1966, par Anton LaVey, appelé le Pape noir et auteur de la Bible satanique.
Intervient une scission en 1995, lorsque Michael Aquino crée une structure
concurrente, le Temple de Seth. Tous les deux s'inspirent néanmoins d'Aleister
Crowley qui développa au début du XXe siècle certains rites sanglants.
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- Derrière le folklore apparent du satanisme (messes noires, symboles, croix
renversées...) se cache une idéologie qui peut être dangereuse quand elle se
politise. Pour Jean-Yves Camus, politologue, «la violence du message
antichrétien ne peut pas ne pas déboucher sur un certain totalitarisme».
Paul Ariès, qui vient de publier Satanisme et vampirisme, le livre noir
(Editions Golias) un voyage de plusieurs années dans les milieux satanistes ,
explique que les idées satanistes apparaissent comme un véritable vivier pour
l'extrême droite. Ainsi la «Constitution 35» ou le «révisionnisme
pentagonal» sont de vrais programmes politiques et prônent une inégalité
naturelle entre les hommes. A titre d'exemple, Ariès cite l'Ordre des 9 angles
qui organisent des messes noires avec, sur l'autel, l'ouvrage Mein Kampf, écrit
par Hitler.
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- La religion est utilisée par les groupuscules d'extrême droite
pour masquer leurs idées. «Un jeune ne peut se dire néonazi mais il est bien
vu de se dire sataniste.» Selon Paul Ariès, il existe deux profils types de
satanistes parmi les jeunes qu'il faut distinguer des gothiques, même si le
gothisme est une porte d'entrée privilégiée vers le satanisme: il y
a l'adepte de base, souvent un jeune paumé, sans prise sur sa vie ou celle des
autres et qui trouve une «béquille identitaire» dans le satanisme en
souffrant et faisant souffrir les autres. Plus minoritaire, on trouve aussi
l'étudiant d'un certain niveau intellectuel, qui remet en question l'éducation
qu'il a reçue et voit dans le satanisme un moyen de provocation.
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- En tout cas,
pour Paul Ariès, il n'y a aucun doute : «Le développement du satanisme et son
rapprochement avec l'extrême droite sont liés à la crise des valeurs.» Et de
s'inquiéter de l'attitude des pouvoirs publics qui «pêchent dans leur
approche du phénomène, car elles ne se donnent pas les moyens de le
combattre».
- Vigilance
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- Il a été en partie entendu. Car pour la Miviludes, il y a urgence à intervenir : ainsi les parents
se doivent d'être vigilants, car si un look gothique de leur enfant ne signifie
pas danger, il ne faut pas pour autant «nécessairement tout admettre dans ce
domaine, car cette attirance pour certaines pratiques peut être une voie
dangereuse pour les plus fragiles».
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- Les dérives vers des mouvements néonazis
sont possibles. La Miviludes dénonce l'accès facile par l'Internet aux sites
satanistes, puis par divers liens vers des sites néonazis. «Les groupuscules
d'extrême droite exploitent le goût de certains jeunes pour les références
nordiques, viriles, pour les attirer dans une mouvance politique d'extrême
droite», note la Miviludes.
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- Enfin, la musique est un moyen d'accès privilégié. Au-delà du très populaire
Marylin Manson, ancien membre de l'Eglise de Satan, le vrai danger, selon la
Miviludes, semble résider dans le «Black Metal» scandinave où la musique
est utilisée pour professer de véritables idées néonazies, comme on l'entend
dans les groupes Enduras, Allerseelen, Scivias, ou Blood Axis.
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- Le gothisme est au départ une culture tournée vers le romantisme sombre
-
- L'«Eglise»
de scientologie et ses tratagèmes
de manipulation
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