La scientologie bientôt interdite en France !
 
Les députés veulent mieux protéger les enfants (Le Quotidien du médecin, 20 mars 2006)
Manifestation contre la Scientologie (NOUVELOBS.COM, 11.10.05)
 
Y a-t- il une banalisation de la lutte contre les sectes en France ? (France inter, 11 octobre 2005)
 

Les députés veulent mieux protéger les enfants

Le Quotidien du médecin, 20 mars 2006
[Texte intégral]

Le Groupe d’études sur les sectes de l’Assemblée organise le 30 mars un colloque sur l’enfance et les manipulations mentales, avec la participation du corps médical.

Les sectes aiment les enfants. Ils sont des cibles privilégiées pour les acteurs de la manipulation mentale. Parmi les quelque 400'000 adeptes des mouvements sectaires (moins d’un millier), deux sur cinq ont «été approchés» lorsqu’ils étaient enfants. C’est ce constat qui a conduit le Groupe d’études sur les sectes (GES) du Palais-Bourbon à organiser pour la deuxième fois un séminaire annuel sur le thème «Sectes et enfance». Il aura lieu à Saint-Priest (Rhône) le 30 mars.

L’embrigadement des jeunes, «le plus souvent par l’intermédiaire de leurs parents», constitue «un investissement rentable puisqu’il assure la relève : les adolescents sont des vecteurs du prosélytisme sectaire à l’école et, plus tard, dans le milieu professionnel», explique au «Quotidien» Philippe Vuilque, député socialiste des Ardennes, président du GES.

Les conséquences se révèlent dramatiques, «car l’appartenance à une secte cause des traumatismes. La secte isole, enferme, coupe l’enfant de son milieu, l’empêche de s’émanciper». C’est la porte fermée à une éducation qui a pour dessein l’épanouissement et le développement.

Evolution législative. A ce fléau, des réponses existent, mais il faut souvent les réactualiser en tenant compte de l’ubiquité des organisations sectaires, qui disparaissent un jour pour mieux réapparaître le lendemain sous une autre forme. La loi de 2001, qui donne aux associations de défense de la famille et de l'individu la possibilité de se porter partie civile lors de procès, apparaît comme un outil fiable dans la mesure où elle définit l’abus de faiblesse. Quiconque abuse d’une personne en situation de faiblesse passagère ou durable est condamnable, dit le législateur, qui entend lutter contre toutes les manipulations mentales.

«Cela dit, il est temps de faire évoluer la législation, dans un sens plus préventif, et peut-être plus répressif», estime Philippe Vuilque qui va déposer à l’Assemblée une proposition de résolution de commission d'enquête parlementaire sur le niveau d’infiltration sectaire dans la société française en 2006. Il faut comprendre qu’en la matière «nous sommes sur le fil du rasoir, entre liberté individuelle et religion».

Les magistrats sont les premiers à pouvoir en témoigner tant leur tâche se révèle délicate, voire impossible. Alors que dire du rôle du médecin de famille, qui, dans l’exercice de ses fonctions, peut appréhender la mainmise d’une secte sur un jeune, au regard de troubles psychiques, par exemple ?

Aussi est-ce avec modestie que Dominique Vuilque imagine que la journée du 30 mars, qui accueillera des médecins, pourrait contribuer à «garantir une meilleure protection de nos enfants» menacés par les sectes.

Philippe Roy

* Inscriptions : André Desmedt, administrateur adjoint de l’Assemblée adesmedt@assemblee-nationale.fr

 
Demande de dissolution de l'UNADFI classée
 
Communiqué de presse UNADFI concernant l’action en justice du CAP
et le verdict du Tribunal de Grande Instance de Paris
 
Courriel, 14 décembre 2005
[Texte intégral]
 
«Le Tribunal de Grande Instance de Paris rejetant une demande infondée en dissolution, a condamné l'ensemble des demandeurs, eux-mêmes membres de diverses groupes, à verser à l’UNADFI et à l’ADFI Nord 10'000 euros de dommages et intérêts pour procédure abusive et 5'000 euros de frais de justice ainsi que la publication du jugement dans huit journaux en réparation de l’«atteinte portée à leur honneur et à leur réputation" par cette procédure abusive.
 
Cette décision exemplaire rappelle que l’action des ADFI s’inscrit dans la logique de la défense des victimes face aux nuisances des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales.
 
L’Unadfi, consciente de ce que les demandeurs ne visaient en réalité qu’à instrumentaliser la justice pour donner de la publicité à leur action de dénigrement, se félicite de ce jugement qui légitime l’action des associations de défense des victimes de sectes qui chaque jour recueillent les témoignages de familles touchées par ce phénomène et d’anciens adeptes de sectes.»
 
Catherine PICARD
Présidente de l’UNADFI
 
Une offensive des mouvements sectaires
échoue devant le tribunal correctionnel de Paris
 
Le Monde, 17.12.05
par Pascale Robert-Diard
[Texte intégral]
 
L'Union nationale des associations de défense de la famille et de l'individu (Unadfi), spécialisée dans l'information sur les sectes, vient de remporter une victoire judiciaire. Dans un jugement rendu mercredi 14 décembre, le tribunal de grande instance de Paris a condamné pour "procédure abusive" un collectif de particuliers et d'associations qui demandaient sa dissolution au motif que son action portait atteinte à la liberté de conscience.
 
Reconnue d'utilité publique depuis 1996, l'Unadfi a toujours été associée à l'action gouvernementale contre les sectes. Elle a notamment été autorisée à se constituer partie civile dans les affaires mettant en cause des mouvements sectaires et a obtenu un agrément du ministère de l'éducation nationale au titre des associations qui "prolongent l'action de l'enseignement public".
 
A l'audience, le 20 septembre, les avocats du collectif avaient cité plusieurs exemples des "dérives" reprochées à l'Unadfi. Appuyés sur les témoignages de particuliers, faisant état de dénonciations d'appartenance à un mouvement sectaire d'un salarié adressées à son employeur, ou d'"attestations" délivrées par l'Unadfi sur le "danger" que représente la proximité de l'un ou l'autre membre d'un couple en procédure de divorce avec tel ou tel mouvement de la nébuleuse sectaire, les avocats des parties civiles estimaient que cette association outrepassait régulièrement son rôle d'information pour endosser celui de "grand inquisiteur", d'"annexe des renseignements généraux" ou de "police de la pensée". "L'Unadfi dénonce, insinue, labélise !, s'était exclamé Me Gérard Ducrey. Pour elle, la loi des suspects existe toujours. Quand elle défend les droits de l'homme, c'est comme quand l'Union soviétique défendait le droit d'asile psychiatrique !"
 
La réplique leur avait été apportée par Me Michel Tubiana, ancien président de la Ligue des droits de l'homme, qui assurait la défense de l'Unadfi. "L'apparence, dans ce débat, ce sont des histoires individuelles parfois tragiques. La réalité est tout autre. C'est une offensive de l'Eglise de scientologie, de l'IVI (répertorié en France sous le label de secte guérisseuse) et de tous ceux qui font le panégyrique de ces mouvements auxquels nous reprochons des pratiques sectaires", avait-il déclaré. A l'adresse de ses contradicteurs, qui avaient invoqué la protection de la loi de 1901 sur les associations ou celle de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat, Me Tubiana avait observé : "La liberté a un prix : la transparence et la publicité. Or, ce que tous les demandeurs ont ici en commun, c'est de se dissimuler. Le rôle de l'Unadfi est justement de donner des éléments sur les associations auxquelles ils appartiennent et qu'ils cachent."
 
Dans son jugement, le tribunal déboute l'ensemble des particuliers en considérant que les agissements fautifs qu'ils reprochent à l'Unadfi ne sont pas constitués et estime que leur demande de dissolution de l'association porte atteinte à son "honneur" et à sa "réputation". Il les condamne au versement de 10'000 euros à l'Unadfi et à son antenne régionale du Nord-Pas-de-Calais — Picardie au titre des dommages et intérêts pour "procédure abusive", de 5'000 euros pour les frais de justice et à la publication dans huit journaux des extraits de son jugement. Le collectif d'associations et de particuliers a annoncé son intention de faire appel.
 
Le TGI de Paris déboute les demandeurs
d'une dissolution de l'Unadfi
 
AFP, 14 décembre 2005
[Texte intégral]
 
PARIS - Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a débouté un collectif d'avocats et plusieurs plaignants qui souhaitaient voir dissoute l'Unadfi, spécialisée dans l'information sur les sectes, et les a condamnés à lui verser des dommages-intérêts, a-t-on appris mercredi auprès du TGI.
 
Un collectif d'avocats lié à l'association "Cap pour la liberté de conscience" avait assigné l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu pour demander sa dissolution, en l'accusant d'être "une police de la pensée".
 
Le collectif demandait également des dommages-intérêts pour une dizaine de personnes, adhérents ou proches de mouvements comme l'Eglise de scientologie ou la secte d'inspiration catholique Ivi, qui auraient eu à subir des préjudices liés à des dénonciations de l'Unadfi.
 
La 1re chambre du TGI, présidée par Bernard Valette, les a déboutés. "Il ne saurait être sérieusement soutenu que lesdites associations (c'est-à-dire l'Unadfi et son antenne du Nord-Pas-de-Calais-Picardie, ndlr) ont un objet contraire aux lois de la République alors que la loi du 12 juin 2001 est venue renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales", relève le jugement.
 
"Il n'est pas davantage démontré que les associations auraient développé des activités illicites contraires à leur statut respectif", ajoute le jugement.
 
Les demandes de dommages-intérêts ont également été rejetées, le tribunal estimant même que c'était à l'Unadfi et à son antenne du Nord-Pas-de-Calais-Picardie d'être indemnisée.
 
En effet, "il apparaît que la mise en cause totalement infondée des associations (...), allant non sans mauvaise foi jusqu'à demander leur dissolution porte atteinte à leur honneur et à leur réputation", a estimé le tribunal.
 
Ce dernier a condamné les demandeurs à verser 10.000 euros de dommages-intérêts à chacune des associations "pour procédure abusive" et à publier le jugement dans huit journaux. Ils devront également verser à chacune des deux associations 5.000 euros au titre des frais de justice.
 

Manifestation d'élus à Paris devant l'Église de Scientologie

Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris


Bulletin des communes, 09 octobre 2005
[Texte intégral]

Une cinquantaine de personnes dont des élus, emmenés par Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, ont manifesté samedi devant le siège parisien de l'Eglise de scientologie, l'accusant de faire du prosélytisme, notamment en direction des jeunes, selon la préfecture de police.

«Pour nous, c'est important de faire savoir aux associations de parents d'élèves qu'il y a à proximité du lieu où leurs enfants vont au lycée ou au collège des mouvements sectaires qui font du prosélytisme», a expliqué Anne Hidalgo à France Info. «On a un devoir de vérité, ces mouvements sont dangereux, il faut expliquer en quoi ils sont dangereux, je crois qu'on est dans notre devoir d'élus que de faire ce que nous faisons aujourd'hui».

«On sait qu'il y a ici des cours de soutien pour enfants, là des garderies, qui essaient de s'implanter pour prendre des enfants au plus jeune âge où très clairement, c'était la Scientologie qui était derrière», a-t-elle dit.

«Il y a aussi d'autres mouvements très dangereux comme la Nouvelle Acropole» qui «propose des conférences sur la Grèce antique» et «sur l'Egypte ou «fait du démarchage des jeunes à la sortie du lycée pour qu'ils viennent voir ce qu'étaient les philosophies antiques, etc».

«On sait qu'à l'âge où on se construit, notamment à l'adolescence, on peut tomber entre les mains de ces mouvements», a-t-elle dit. Et «le problème, c'est qu'on en sort pas indemnes. Ce sont ces messages là d'alerte que nous voulons porter auprès de la population».

A l'occasion de cette manifestation, une centaine de membres de l'Eglise de Scientologie se sont rassemblés devant le siège, selon la préfecture de police. «Nous assistons aux dernières tentatives de quelques ultra laïcs qui s'abritent derrière leur titre officiel pour mettre à l'index des minorités religieuses et spirituelles. Ils perdent leur temps !», a déclaré Agnès Bron, porte-parole de l'Eglise de Scientologie.

 
Paris: manifestation d'élus devant l'Eglise de scientologie
 
AFP, 5 octobre 2005
[Texte intégral]
 
PARIS - Anne Hidalgo, première adjointe socialiste au maire de Paris, et présidente d'un comité de vigilance contre les sectes, a annoncé mercredi l'organisation d'une manifestation devant le siège parisien de l'Eglise de scientologie, qu'elle accuse de prosélytisme, notamment envers les jeunes.
 
La manifestation aura lieu samedi à 11H30 rue Jules César (XIIe). Elle sera ouverte aux associations et aux élus de tous bords, a précisé à l'AFP Mme Hidalgo. La maire socialiste de l'arrondissement Michèle Blumenthal et son prédécesseur Jean-François Pernin (UDF) ont annoncé leur participation.
 
"Paris est un véritable terrain de chasse pour les grands mouvements sectaires comme la Scientologie ou la Nouvelle Acropole", déclare Mme Hidalgo à l'hebdomadaire catholique La Vie, à paraître jeudi.
 
"Nous voulons mettre en garde les Parisiens contre la dangerosité de certains mouvements et les alerter sur la présence de ce type de lieux qui n'est pas quelque chose de banal", explique-t-elle à l'AFP. "Une autre fois nous irons devant la Nouvelle Acropole, dans le XVe".
 
Mme Hidalgo a déposé plainte contre X en juin après la découverte fin mai de tracts signés d'un prétendu "comité de soutien à Anne Hidalgo" et conseillant de dénoncer à la mairie tout comportement "non conforme".
 
Le tract publiait une carte de la capitale signalant les sites de mouvements considérés comme sectaires et figurant sur la liste parlementaire de 1996. Selon Mme Hidalgo, cette carte est un document de travail interne à la Mairie de Paris qui aurait dû rester confidentiel et va être réactualisé.
 
Mme Hidalgo a souligné son inquiétude vis-à-vis de l'inflexion de la politique gouvernementale de lutte contre les sectes depuis 2002. "On sait que la Scientologie est infiltrée dans les lieux de pouvoir, on est en alerte", a-t-elle dit, dénonçant la réception de l'acteur américain Tom Cruise par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, et par le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, qui l'avait fait citoyen d'honneur de la ville.
 
Prosélytisme :
la police disperse les Scientologues à Châteaurouge
 
Liste de diffusion newsae, 4 octobre 2005
[Texte intégral]
 
Samedi 1° octobre, la scientologie, avec tambours et trompettes a tenté de faire une opération de prosélytisme auprès de la population avoisinante la station de métro Chateaurouge, prônant des soit-disant méthodes miracles contre l'échec scolaire ...
 
Les associations Attention Enfants et ADFI Paris ainsi que de nombreux sympathisants sont venus pour mettre en garde les habitants des risques de manipulations mentales et expliquer les dangers des dérives sectaires.
 
Très vite les forces de l'ordre sont venues disperser les scientologues.
 
Manifestation contre la Scientologie
 
NOUVELOBS.COM | 11.10.05 | 11:55
 
Des élus de tous bords et des associations ont manifesté devant le siège parisien
de l'Eglise de scientologie pour dénoncer son prosélytisme.
 
 
L'église de scientologie à Paris (AP)
L'église de scientologie à Paris (AP)
 
A l'initiative de Anne Hidalgo, première adjointe socialiste au maire de Paris, et présidente d'un comité de vigilance contre les sectes, une manifestation a eu lieu samedi 8 octobre à 11h30 rue Jules César devant le siège parisien de l'Eglise de scientologie. La manifestation ouverte à tous a rassemblé une cinquantaine de personnes, élus et membres d'associations. "Nous voulons mettre en garde les Parisiens contre la dangerosité de certains mouvements et les alerter sur la présence de ce type de lieux qui n'est pas quelque chose de banal", explique Anne Hidalgo. "Une autre fois nous irons devant la Nouvelle Acropole, dans le XVe". "Il faut que les Parisiens soient informés de leur présence et de leur dangerosité. La scientologie, ce n'est pas une église, c'est un mouvement qui s'attaque aux personnes en détresse", a-t-elle ajouté.
 
 
Contre-manifestation
 
Une centaine de membres de la Scientologie, considérée comme "mouvement sectaire" sur la liste parlementaire de 1996, ont de leur côté organisé une contre-manifestation devant leur locaux du 7 rue Jules César (XIIe arrondissement), en brandissant des pancartes "touche pas à ma religion".
 
Les élus ont défilé, ceints de leurs écharpes tricolores devant le siège de la Scientologie en chantant la Marseillaise, sous les applaudissements ironiques des scientologues.
 
Présent à leurs côtés, le président de l'association Attention enfants, Xavier Laugaudin, a de son côté insisté sur l'importance pour les parents de "surveiller leurs enfants", cibles potentielles selon lui du "prosélytisme" de l'Eglise de Scientologie.
"La semaine dernière au métro Château-Rouge, ils distribuaient des tracts pour des soi-disant méthodes miracle de rattrapage scolaire. Ils pénètrent les familles par le biais des enfants", a-t-il affirmé.
 
Dans la contre-manifestation, à laquelle participaient des représentants de l'association Nouvelle Acropole, les membres de la Scientologie ont scandé à plusieurs reprises "Paris liberté! Non au flicage de la pensée !"
 
Plainte contre X
 
Anne Hidalgo a déposé plainte contre X en juin après la découverte fin mai de tracts signés d'un prétendu "comité de soutien à Anne Hidalgo" et conseillant de dénoncer à la mairie tout comportement "non conforme".
 
Le tract publiait une carte de la capitale signalant les sites de mouvements considérés comme sectaires et figurant sur la liste parlementaire de 1996. Selon Anne Hidalgo, cette carte est un document de travail interne à la Mairie de Paris qui aurait dû rester confidentiel et va être réactualisé.
 
Anne Hidalgo a souligné son inquiétude vis-à-vis de l'inflexion de la politique gouvernementale de lutte contre les sectes depuis 2002. "On sait que la Scientologie est infiltrée dans les lieux de pouvoir, on est en alerte", a-t-elle dit, dénonçant la réception de l'acteur américain Tom Cruise par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, et par le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, qui l'avait fait citoyen d'honneur de la ville.

 

Y a-t- il une banalisation de la lutte contre les sectes en France ?

France Inter - Le 7h15
Une chronique de la rédaction du lundi au jeudi à 07h15
Le fait du jour, décliné par un reporter ou un spécialiste
 

 
Chronique du 11 octobre 2005
[texte intégral]
 
Depuis quelques années, observateurs, parlementaires, associations d'aide aux victimes ont le sentiment que les pratiques sectaires se banalisent dans le pays ... Une manifestation d'élus a eu lieu ce week-end , à Paris, devant le siège de l'Eglise de Scientologie pour protester contre son prosélytisme ...
 
Longtemps restée sourde à la menace sectaire ... la France avait publié en 1995, suite aux massacres de l'ordre du temple solaire , un premier rapport d'enquête parlementaire sur les sectes. 172 mouvements avaient été répertoriés...
 
En 1999, nouveau rapport parlementaire sur cette fois, les sectes et l'argent. Parallèlement, les gouvernements successifs ont mis en place un Observatoire, devenu en 1999 la fameuse MILS, la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes, rebaptisée MIVILUDES, en 2002.

Et depuis ? ... C'est la question posée ce week-end par les élus venus manifester, et avec eux, des associations d'aide aux victimes ...
 
Il faut dire que la situation samedi était cocasse. Imaginez, d'un côté, la scientologie, au milieu de la rue, petite fête, ballons, accordéons. De l'autre, des élus dont le maire de l'arrondissement en tête, corps à corps avec les CRS, coincés, sans pouvoir passer.
 
Ça parait anecdotique, mais cela ne l'est pas du tout pour Anne Hidalgo, 1ère adjointe au maire de Paris, à l'origine de la manifestation de ce week-end ... C'est même très révélateur selon elle Anne Hidalgo va jusqu'à parler de "complaisance" des pouvoirs des publics envers les mouvements sectaires. le changement d'appellation même de la mission interministérielle chargée du dossier rebaptisée en 2002 miviludes (de lutte contre les sectes, elle passe à vigilance contre les dérives sectaires est symptomatique. Depuis 3 ans, le phénomène sectaire se banalise.
 
Le débat est clos, affirme l'église de scientologie. Anne Bron, la porte parole du mouvement évidemment se réjouit de l'épisode Tom Cruise, de la multiplication des opérations relations publiques auprès des députés et sénateurs, de la progression de son mouvement.
 
Le nombre d'églises scientologues a doublé ces dernières années en France. Le nombre d'adeptes, est difficile à chiffrer …
 
Car au delà des permanents, beaucoup de membres agissent en leur nom propre, en montant leur propre association par exemple de soutien scolaire. La scientologie tiendrait une cinquantaine d'associations ou entreprises en région parisienne.
 
Une personne fragile. Bon compte en banque. Cadre d'entreprise, en situation difficile familiale ou professionnelle, c'est la proie des mouvements sectaires, véritables "pompe à fric" selon l'Unadfi, l'union nationale des associations de défense des familles et de l'individu.
 
Parce qu'il n'y a pas que la scientologie s'insurge sa présidente Catherine Picart. Il y a aussi, les Témoins de Jéhovah, la Nouvelle Acropole, et tous les micro groupes qui ont vu le jour ces dernières années sur les terrains de la santé, du bien être ou du développement personnel très dangereux selon l'Unadfi.
 
D'autres associations de lutte contre les mouvements sectaires relaient le discours de l'Unadfi; un discours cependant qui ne fait pas l'unanimité au sein même de la mission …
 
Un nouveau président a été nommé. Dans le discours, il promet d'être plus offensif.