- La
scientologie attaque la mairie d'Angers
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- Le maire a interdit la vente de ses livres sur les marchés
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- Le maire
d'Angers a décidé en décembre dernier d'interdire l'accès des marchés de plein
air de la ville à la SEL, Scientologie Espace Librairie. L'entreprise conteste
cette décision devant le tribunal administratif de Nantes.
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- «On veut faire le
procès d'un livre», plaide l'avocat de l'Église de scientologie, venu prêter
main forte, hier, à Me Salquain, avocat de la SEL. «La Dianétique a été écrite
en 1950, vendue à 12 millions d'exemplaires dans le monde entier ... C'est
l'avenir de la liberté de penser qui est en jeu», explique l'avocat au juge des
référés, à Nantes.
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- En décembre 2004, le maire d'Angers, à la suite d'un
courrier de l'Ordre des médecins, a décidé d'exclure la SEL, société d'édition
de l'Église de scientologie, des marchés de la ville. Motif invoqué : le trouble
à l'ordre public. Le livre intitulé «La Dianétique» est particulièrement visé
par l'arrêté, comme prônant «des thérapies dangereuses» (1).
-
- L'éditeur,
lui, soutient que la mesure est disproportionnée et lui cause un préjudice, les
marchés étant les seuls lieux de vente possibles sur Angers ... et les seuls
lieux d'achat pour les membres locaux de l'Église de scientologie. La SEL a
alors saisi le tribunal administratif de Nantes pour faire suspendre en urgence
la décision.
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- Me Collin, avocat de la commune, explique quant à lui qu'un
point de vente au moins existe à Avrillé, près d'Angers, et que la mesure ne
cause aucun préjudice, le livre ayant déjà été vendu en grand nombre.
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- Le juge
rendra sa décision en fin de semaine.
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- (1) «La Dianétique»
prône notamment la guérison des maladies par l'élévation de
l'esprit.
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-
- Note
du
Gravis
:
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- La Dianétique est le livre de base de
l'endoctrinement des scientologues. Les propos
de Ron Hubbard dans ce livre ne cessent d'attribuer aux seules
femmes les causes de nos troubles psychiques et problèmes de santé.
-
-
Selon
Hubbard «toute femme cache des tentatives
d'avortement infructueuses aux conséquences
gravissimes» ! (sic)
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- Eglise de scientologie
d'Angers :
Un salaire
de misère avec un seul jour de congé
par semaine (1992)
-
- Campagne
de rumeurs
: Scientologie et sa «propagande noire»
contre l'Université Catholique d'Angers
(1997)
Le Conseil d'Etat a rejeté une demande en appel
de la
scientologie contre un arrêté municipal de la ville d'Angers interdisant la diffusion de
sa propagande sur le domaine public (AFP
- 21 fév 2008)
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Angers: le Conseil
d'Etat rejette un appel de la Scientologie
ANGERS, 21 fév 2008 (AFP) - 20h40
Le Conseil d'Etat a rejeté une demande en appel de l'église de
scientologie contre un arrêté municipal, pris à l'automne dernier à Angers, pour
interdire la diffusion sur le domaine public des documents émanant de
l'organisation, a-t-on appris jeudi auprès de la mairie.
Jean-Claude Antonini,
maire PS d'Angers, avait pris cet arrêté le 25 octobre 2007 aussitôt après avoir
reçu une plaquette de l'église de scientologie reprenant la charte graphique
d'une revue éditée par la ville, et comportant un éditorial prétendument signé
de son nom, a indiqué à l'AFP son directeur de cabinet, Olivier Vaillant. Via
une société, la SARL SEL, la Scientologie avait attaqué en référé l'arrêté
devant le tribunal administratif, mais celui-ci l'avait rejeté le 18 janvier.
Le
6 février, le Conseil d'Etat a confirmé cette décision, estimant notamment que
l'arrêté "ne portait en rien atteinte à la liberté de diffuser et de
commercialiser des ouvrages en d'autres endroits" et qu'il "ne portait pas une
atteinte telle aux libertés fondamentales d'expression" qu'il justifie une
procédure d'urgence.
"C'est une satisfaction car les maires ne disposent souvent
d'aucun outil juridique, pour protéger leurs administrés des dérives sectaires",
a fait savoir la ville d'Angers.
En avril 2007, un premier arrêté pris pour
éviter la présence régulière de la scientologie sur les marchés la ville, avait
été cassé par le tribunal administratif.
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- Claude Junqua raconte
son expérience chez les Scientologues
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- BULLES du 4ème trimestre 1989)
- [Texte
intégral]
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- Le dimanche 3 septembre
1989 au journal de vingt heures d'Antenne 2 (devenu France 2 par la suite), les téléspectateurs
ont pu découvrir l'incroyable histoire d'une jeune femme de vingt-neuf ans qui
venait, pendant une semaine, de faire la grève de la faim devant le siège de
l'église de Scientologie, à Paris.
-
- "Pour mes trois enfants,
rendez-moi mon argent", disait la pancarte qu'elle avait fixée sur sa voiture
... Pour étouffer l'affaire, les Scientologues ont préféré lui rembourser les
quelque quatre cent mille francs qu'ils lui avaient soutirés. Claude Junqua
raconte ici plus en détail sa longue et triste aventure.
-
- (voir aussi l'article du
journal La Croix : Eglise de Scientologie, le combat
d'une femme, et Interview d'un couple d'ex-scientologues sur France
3).
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- Un ami me prête le livre
de Ron Hubbard, la Dianétique
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- Dans les années 1980-1981,
alors que je suis étudiante aux Beaux-Arts de Toulouse, un ami me prête le livre
de Ron Hubbard, la Dianétique. J'accroche totalement et suis
séduite par le travail technique de l'audition.
- A la mission de Toulouse
où je me rends pour la première fois, un membre du personnel de la Scientologie
d'Angers qui se trouve là me propose d'expérimenter la technique exposée dans le
livre dans un séminaire de deux jours. Pour deux cents francs seulement, je peux
" auditer " et améliorer les aptitudes des gens grâce à l'audition. Je n'en
reviens pas et décide de m'y rendre.
-
- A Angers, entre deux
séances, au cours de la première récréation, un des participants qui appartient
au siège de Copenhague m'offre de signer un contrat de membre du personnel et me
vante tous les avantages de travailler au coeur de l'organisation.
- Le voyage loin de la
France, la vie gratuite dans un hôtel, la nourriture assurée et, surtout, la
promesse de devenir " auditeur "... je suis séduite. Je signe le contrat et je
dispose de trois semaines pour régler mes affaires en France. Mais le même jour,
j'avais déjà signé un contrat pour travailler à Angers : les deux organisations
se disputaient ma présence. Alors, le directeur d'Angers décide pour moi : " Tu
sera superviseur, nous en avons besoin ici ". Première grande déception.
-
- Je n'ai pas osé me
rebiffer, j'aurais été la première à le faire et le directeur bénéficiait d'un
tel prestige aux yeux de tous que cela m'était impossible. Il a donc été décidé
que je travaillerais à Angers mais que je serais formée à Copenhague où j'ai
débarqué. Surprise ! En fait d'hôtel, j'ai dormi dans un dortoir... En fait de
restaurant, je me suis retrouvée dans un réfectoire où je disposais de vingt
minutes pour m'alimenter. J'en suis sortie tout affamée.
-
- Mais les cours me
plaisaient et m'apportaient beaucoup. Au bout de deux mois, ils étaient
terminés. On me propose un peu " d'audition " en guise de récompense. A ce
moment, le directeur d'Angers me rappelle de toute urgence. Son superviseur
venait de s'enfuir. Toute déçue, j'ai quand même obéi.
- Là, à Angers, je fais la
connaissance d'un garçon de Pau qui a un parcours similaire au mien.
-
- Mon poste devenait très
lourd à supporter ! Très vite, j'ai été en désaccord avec mon "ténor", supérieur
hiérarchique, à cause du stress qu'elle me faisait subir en me poussant à faire
des choses contre ma volonté. Mais, comme dans le groupe personne ne se
rebiffait, je pensais que mes réactions n'étaient pas normales.
-
- Le poste que je tenais me
donnait droit à un temps d'audition journalier ; j'ai alors commencé la
procédure de "purification" qui est censée éliminer les effets
nocifs de toutes drogues et médicaments.
-
- Le stress devenait
intolérable. Par exemple, pour arriver à manger suffisamment en qualité et en
quantité, pour supporter le travail " sur poste ", pour supporter les heures sur
la "purif"... Pour 10 à 12 heures de travail par jour, ma paye était de
cinquante à deux cents francs par
semaine,
avec un seul jour de liberté. Malgré tout cela, je faisais
confiance, j'avais de bons résultats, je remplissais enfin les salles de cours.
- Financièrement, je
trouvais bizarre qu'avec tous les millions qui rentraient chaque semaine dans la
mission, les factures soient payées avec retard, qu'il y ait des difficultés de
cet ordre.
-
- Mais je ne mettais pas en
doute leur honnêteté. Je répondais à leur demande de participation pour pallier
ces difficultés et j'acceptais de distribuer des prospectus dans toute la ville,
en plus de mon travail habituel. Je me souviens d'avoir été obligée de
distribuer des tracts, enceinte de 8 mois, chargée d'énormes sacs. Si j'avais
refusé, j'aurais été traitée comme une pestiférée, mise "en éthique" (section de la
Scientologie qui est censée appliquer la justice), d'où l'on ne sort que si on
est réhabilité aux yeux du groupe, en exécutant de gros travaux physiques, et,
bien sûr, en étant moins bien payé, voire pas de tout.
- Première
tentative de départ
-
- Je n'étais donc ni heureuse
sur mon poste, ni avec mon audition. Mon fiancé ayant des ennuis similaires,
nous avons décidé ensemble de tout quitter en prétextant notre futur mariage.
-
- Et nous sommes partis,
déstabilisés par ce que nous avions vécu, sans but précis sur ce que nous
allions faire. Nous nous sentions coupables de ne pas agir pour sauver la
planète. Et, relancés par Angers, nous y sommes repartis. A ce moment, nous
étions persuadés que les problèmes passés ne venaient pas de nous.
-
- De nouveau, j'exprime mon
souhait de devenir auditeur, puisque Ron Hubbard désignait ces personnes-là
comme étant les plus valables de la planète. Contre mon gré, on me demande, une
fois de plus, de reprendre mon poste de superviseur. Le directeur nous prend à
part dans son bureau et nous dit : "Bon, c'est bien, vous êtes mariés, mais vu
le contexte, je vous demande de ne pas faire d'enfant pour
l'instant ...
". Nous avons été soufflés par ce discours, mon mari et moi.
-
- Bien sûr, je me suis
trouvée enceinte tout de suite, A ce moment-là, il a été décidé que je recevrais
l'audition pour femme enceinte tout de suite. Cette audition, une fois de plus,
n'a pas marché. Parallèlement, ça n'allait pas sur mon poste. Le responsable m'a
alors expliqué que rien ne pourrait marcher si je n'étais pas "éthique "...
Comme ils ne savaient pas quoi faire de moi, à quinze jours de mon accouchement,
ils ont demandé à mon mari de m'emmener prendre l'air.
-
- Après mon accouchement,
sans problème, un membre de Copenhague nous propose de travailler au Danemark,
me laissant l'espoir de devenir auditeur. " Si tu le veux vraiment, me dit-il,
tu le seras". Espoir déçu encore : on m'a mise comme superviseur.
J'ai travaillé à leur rythme alors que je venais
d'accoucher depuis dix jours. Pourtant, même en Scientologie, il est de règle de
laisser un mois complet à la maman. Ce mois m'avait été promis !
- Nous sommes en 1983. La
situation devenait insupportable : nous avons décidé de fuir, puisque nous
n'avions pas l'autorisation de sortir librement. Nous nous som- mes échappés une
nuit, tous les trois ! Nous sommes partis dans la campagne de Pau. Mon mari a
trouvé du travail et je me suis occupée de mes deux enfants... En 85, nous
sommes de nouveau relancés par une personne de Copenhague nous disant qu'on
avait besoin de nous, que la direction avait changé ... Je n'étais pas très
chaude, pourtant nous y sommes retournés. J'ai repris mon poste de superviseur
... Une fois de plus, j'ai remonté le cours.
-
- Je commençais à constater
la différence entre la pratique et la théorie. Nos payes étaient
lamentables,
avec seulement une demi-journée de liberté par semaine ! Nous vivions à un
rythme infernal, sous prétexte qu'il fallait agir vite pour sauver la planète.
N'en pouvant vraiment plus, je décide de rentrer en France.
-
- J'étais enceinte pour la
troisième fois. Je laisse mon mari et mes enfants. Arrivée à Pau, des amis
m'hébergent, je trouve du travail. Mon mari et mes enfants me rejoignent et nous
décidons fermement de ne plus travailler comme membres du personnel. Cependant,
nous croyions toujours à 100 % dans la Scientologie. Nous nous culpabilisons
même de ne pas avoir réussi et concluons que les problèmes ne venaient que de
nous.
- Commencement des emprunts
-
- En 86, mon mari a créé sa
propre entreprise. Etant en rupture avec la Scientologie, nous envoyions chaque
mois de l'argent à Copenhague pour ne pas être mis en quarantaine.
-
- Ici s'arrête la période
"membres du personnel" et nous allons commencer la non moins périlleuse période
"public". Le public, c'est celui qui travaille à l'extérieur, possède une
fortune, des biens et/ou un très bon salaire.
-
- Quand la nouvelle que nous
voulions devenir publics s'est propagée, deux membres de l'église de
Scientologie d'Angers sont venus nous voir. Nous avions des dettes et n'avions
pas les moyens d'acheter les services en tant que publics. Il a alors été décidé
que nous ferions des emprunts. Comme je n'en avais jamais fait, les deux membres
d'Angers m'ont accompagnée à la banque. Leur empressement me semblait normal sur
le moment, vu le peu de temps qu'il nous restait pour sauver la planète.
-
- Pour nous, il devenait
obligatoire de devenir membres de l'IAS (Association Internationale de Scientologie). Son but
est de collecter de grosses sommes pour se défendre des attaques dont les
églises de Scientologie étaient l'objet. On pouvait être membre annuel ou à vie.
On pouvait aussi être " patron " (avoir fait un don de 250.000 F). On nous
encourageait vivement à devenir membres à vie. Cela nous donnait des privilèges
et plus de considération. Une carte à vie coûtait 12.000 F. Il a fallu faire un
emprunt de 24.000 F en plus de l'emprunt pour rembourser nos dettes. J'ai eu mon
troisième enfant. L'entreprise marchait.
-
- J'avais commis l'erreur de
dire, au Danemark, que je pensais avoir atteint un certain niveau dans
l'audition. Ce qui me valut, fin 86, la visite d'un membre de l'AOSH (organisation chargée de délivrer l'audition aux
publics) pour me dire que, justement, un procédé venait d'être mis au point pour
vérifier l'état " d'audition ". Ce procédé était à un prix promotionnel... Pour
douze heures et demie de préparation à l'audition et, pour les cinq heures
prévues par le procédé, je n'avais qu'à donner 25.000 F. C'était la carotte
idéale ! Je m'arrange, en accord avec mon mari, pour rassembler les fonds. Ce "
procédé " ne devait durer que dix jours. J'organise mon voyage. Je laisse mon
mari avec les deux aînés et je pars avec le dernier de dix mois.
-
- Tout était prêt pour
m'accueillir. Etant " public " et membre de l'IAS, je pensais que le tapis rouge
serait déroulé sous mes pieds, comme on nous le laissait entendre lorsque nous
étions membres du personnel. Déception ! Personne pour m'accueillir ... Pas de
chambre pour moi, pas de place à la nursery, comme c'était pourtant convenu. Je
finis par avoir à prix d'or une chambre sale où il manque la clé. Aucun dossier
pour moi. Etant public, j'ai osé réclamer et exprimer mon mécontentement. Le
groupe s'en fichait : j'avais payé d'avance (en payant d'avance, il y avait une
remise de 5 %). Je passe l'éponge, me disant que ce ne sont que des détails
matériels.
-
- Au bout de cinq jours,
coincée dans la salle d'attente, j'apprends que je ne peux obtenir le procédé
que j'espérais ... je dois en recevoir un d'un niveau inférieur. C'est la douche
froide, mais je suis obligée d'en passer par là. Les dix jours prévus
s'écoulent. Au bout de cinq semaines, je n'avais toujours pas obtenu le résultat
promis et, de plus, j'ai dû emprunter encore à d'autres publics 40 ou 50'000 F.
- Ayant de grands moments
d'oisiveté, un membre est venu me proposer d'acheter un petit cours pour occuper
le temps. J'étais tellement lessivée que j'ai payé sans me rendre compte que le
cours était en anglais. Mais j'étais si déprimée que je n'ai pas pensé à me
faire rembourser. A l'AOSH, la personne qui me poussait à emprunter s'arrangeait
pour que je prenne mes décisions seule et rapidement. J'étais pressée comme un
citron, sans m'en rendre compte. Séparée de mon mari, de mes deux aînés, dans un
pays étranger, tout cela a contribué à ce que, maintenant, je nomme "
manipulation ".
-
- Au bout de cinq semaines,
mon mari, voyant que j'étais prise dans un infernal cercle vicieux, m'a
persuadée de rentrer. Mais les responsables ne voulaient pas que je parte, me
disant que ce serait dangereux pour moi d'arrêter le procédé en cours de route.
Mais je suis partie. Arrivée en France, j'ai alerté les membres haut placés de
la Scientologie à Los Angeles ; je croyais qu'il y avait une vraie justice en
Scientologie. Les événements qui auront lieu par la suite me détromperont. Je
n'avais toujours pas l'idée de demander justice à l'extérieur de la
Scientologie. Mais je commençais à me poser des questions : " Y a-t-il eu
manipulation ? Abus de confiance ? Escroquerie ? ...".
-
- En octobre 87, nous sommes
informés de ce qu'un congrès international d'IAS aura lieu à
Paris pour
réunir tous les Scientologues. Des nouvelles de l'expansion de la Scientologie
nous seraient données. Les bonnes nouvelles seulement, car on ne donne que les
bonnes nouvelles ; ou alors, les mauvaises quand ils ont besoin de notre
contribution financière. Pendant le congrès, un Scientologue fait un briefing
sur le rôle (?) miraculeux qu'est celui de " patron " de IAS, citant des cas de
personnes qui, une fois patrons, ont reçu des honneurs ou ont eu, comme par
magie des gains de toutes sortes.
-
- Cela touche mon mari. Quant
à moi, le directeur de l'AOSH me relance en me disant que c'était grave pour moi
de rester avec un procédé inachevé. Il avait mis le doigt juste sur le point
sensible, m'affirmant que pourrait être terminé en très peu de temps. J'étais
dans un tel état psychique, tellement bouleversée, qu'il me fallait absolument
cette audition. Le directeur me laisse entendre que l'issue serait immédiate.
Bien sûr, cela ne coûterait que 10'000 F pour cinq heures. Je bataille pour
avoir de l'argent, mais cette fois-ci, je prends mes précautions : je ne
monterai que pour trois jours. Je ne donnerai pas un centime de plus. J'avais
pris mon billet de retour en avion daté pour être sûre de ne pas flancher et
juste l'argent pour trois nuits d'hôtel. Tout ceci était bien clair aussi avec
mon mari.
-
- Dès mon
arrivée, je passe à la caisse, la trésorière me fait signer un papier sans rien
m'expliquer ni me donner de double. Je suis tellement obnubilée de savoir que
d'ici cinq minutes, je serai avec mon auditeur que j'aurais aussi bien pu signer
mon arrêt de mort sans m'en rendre compte et ... j'attends. J'ai attendu ...
trois jours. J'étais furieuse, anéantie, mais impuissante.
-
- Trois heures avant mon
départ en avion, l'auditeur est venu me chercher ; une fois seule avec lui, j'ai
craqué totalement - j'ai dit : "je dois partir" - alors l'auditeur, un adjoint
de la direction et deux autres membres qui passaient par là m'ont prise dans un
bureau et ont essayé de me persuader de rester. Ils ont tout essayé pour me
faire fléchir, voulant même que je téléphone à mon mari ; cela a été très
éprouvant de résister, mais j'y suis arrivée et suis partie à toute vitesse - je
n'ai même pas pensé à me faire rembourser.
- Peu après mon retour, mon
mari ayant montré au congrès son intérêt pour l'état de "patron", deux membres
très haut placés dans IAS sont venus nous voir pour nous aider à réaliser ce
rêve - vous verrez que ce rêve est vite devenu un " cauchemar " - ça a même
failli être l'enfer ... Mais encore, à ce moment-là, on pense que si nous ne
participions pas d'une manière ou d'une autre aux actions de la Scientologie,
nous serions damnés. Toutes nos expériences ayant échoué de notre fait,
pensions-nous, il nous restait la possibilité d'être "patron", c'est-à-dire
membre bienfaiteur en l'occurrence.
-
- Les deux huiles de l'IAS
nous ont alors exposé le plan que suivent tous les patrons. Il fallait de
nouveau faire des emprunts si nous voulions être actifs tout de suite. Je vais à
Paris où deux membres d'IAS avaient tout mis en place pour me guider dans mes
démarches.
-
- La filière des banques à
contacter était établie, mon dossier standard était prêt avec des factures
fabriquées, pour l'occasion, par d'autres Scientologues (dans mon cas, c'était
des factures de cours d'art délivrées par un Scientologue responsable d'une
école de graphisme). Ils m'ont mise aussi au courant de l'existence de " prêts
étudiant " qui étaient à la mode à Paris à ce moment là. J'ai foncé en toute
innocence, ne pensant pas un seul instant que des Scientologues pourraient faire
des choses illégales.
- En un mois, j'ai collecté
les 25'000 F, le prix de la carte de patron. J'ai fait toutes les agences, les
premières fois un membre de l'IAS m'accompagnait pour me montrer comment il
fallait faire. J'ai eu des moments de découragement, je voulais tout arrêter,
mais chaque fois il me regonflait et me remettait sur les rails. La dernière
semaine, j'y suis allée par force - intuitivement, je sentais planer un danger
imminent. Un matin, ma banque me convoque pour un motif quelconque, j'y vais et
là, deux inspecteurs de la police judiciaire en civil arrivent, me fouillent et
m'embarquent au poste où je retrouve trois autres Scientologues.
-
- Je n'étais pas inquiète car
je ne voyais pas ce que j'avais fait d'illégal. C'était le 16 décembre 1987,
j'ai fait trois jours de garde à vue et j'ai comparu devant un juge qui m'a
inculpée de faux, escroquerie, complicité de faux et d'escroquerie. J'étais
sidérée. Heureusement, mon mari prévenu, a pu contacter un avocat qui m'a fait
sortir de justesse. Le juge m'a mise alors sous contrôle judiciaire avec
interdiction de quitter Paris et interdiction de communiquer avec n'importe quel
Scientologue.
- Jugée par
... la Scientologie
-
- L'IAS m'a rendu tout de
suite les 250'000 F pour rembourser les prêts étudiant. En juillet 1988, mon
innocence ayant été prouvée, le contrôle judiciaire a été levé et j'ai pu
correspondre avec AOSH. Je leur ai alors réclamé les 80'000 F pour le " procédé
" que je n'ai jamais pu avoir, ainsi que le remboursement du cours en anglais.
Malgré tous mes appels téléphoniques, je restais ignorée par la Scientologie.
-
- Ils m'ont jugée, sans ma
présence, par des représentants de leur justice, en "comité d'évidence". Ils ont
même écrit que je devais être expulsée de leurs églises et remboursée. A ce
jour, j'ai pu affirmer et confirmer leur totale mauvaise foi.
-
- Dès les
premiers pépins, ils m'ont laissée tomber - j'ai alors réalisé que la seule
chose qui les avait intéressés chez moi, c'était mon potentiel financier,
physique et moral. Une fois endettée, ruinée, déstabilisée, du jour au
lendemain, plus personne ne m'a contactée. Je suis une pestiférée qui a causé du
tort à leur groupe et, comme par hasard, personne ne se soucie de mon bien-être
mental alors qu'avant, cela les passionnait.
- La
Scientologie rembourse parcimonieusement
-
- Je décide alors de demander
de l'aide ailleurs. En octobre 88, j'ai eu un non-lieu. Après maints coups de
téléphone et de courrier au Danemark et à Paris, surtout après beaucoup
d'énergie dépensée, d'argent pour le téléphone et de stress, je reçois environ
60'000 F d'AOSH, le ministère public faisant appel sur le non-lieu, ils ont
peur. Je peux rembourser les banques, nous bataillons très dur - la famille nous
aide.
-
- Peu avant ce remboursement,
je m'étais décidée à m'adresser à l'ADFI
après beaucoup d'hésitation car, en Scientologie, on fait passer les
membres de l'ADFI comme des monstres, dont le seul but est d'empêcher la "
clarification " de la planète et donc l'expansion de la Scientologie. J'en fais
des cauchemars mais j'y vais, en tremblant. Je tombe de très haut en voyant des
gens sensés, calmes et bienveillants. Le responsable de l'ADFI me redonne
confiance ; enfin, je ne suis plus seule, je commence à respirer, je trouve la
force de me battre jusqu'au bout pour obtenir gain de cause, car il est très
éprouvant de se battre seule contre une secte.
- Grève de
la faim rue de Dunkerque
-
- Je recommence à m'épuiser
pour obtenir le reste du remboursement, je téléphone, j'écris ... rien n'y fait.
Le 23 août, j'ai pour la première fois une crise de nerfs, ou je laisse tout
tomber, ou j'obtiens le reste - mais je n'ai pas le choix, les banques réclament
les mensualités. Je n'ai plus d'appétit, plus de sommeil. En état de choc, je
décide de partir comme ça pour entamer une grève de la faim, pour récupérer mes
fonds. Je ne préviens personne - mon but n'est pas de faire du bruit mais d'en
finir.
-
- Je baigne dans une angoisse
jamais connue auparavant. Le 24 août, je traverse la France seule en voiture,
dans un état physique lamentable. Le 25 août, je m'installe le long du trottoir,
rue de Dunkerque, avec un canon à dessin sur lequel j'avais écrit
:
pour mes trois enfants, rendez-moi mon argent !
-
- Deux minutes à peine après,
la présidente de l'église sort et me dit : "Bonjour Claude, que tu as maigri !
(sic), que fais-tu ici ? ". Elle essaye de me faire rentrer dans les locaux, je
refuse, on va dans un café, elle essaye plusieurs manipulations sur ma
personnalité (ils appellent cela des maniements), elle me dit entre autres : "
Ça rime à quoi, Claude, ce cinéma, tout ce que l'on va faire, c'est appeler la
police et on t'embarquera ". Je réponds : "Appelez-la, j'aurai des choses à lui
raconter". Le 27 août, n'ayant toujours rien obtenu, je m'installe dans ma
voiture, devant l'église de Scientologie, mettant sur chaque vitre "grève de la
faim".
-
- Auparavant, je m'étais mise
en règle avec le commissariat du quartier. Commence l'attente dans l'angoisse.
Connaissant bien les techniques des Scientologues, je savais qu'ils préparaient
une attaque. En effet, au bout de quelques minutes, une voiture de police
s'arrête, C.W. (pour ne pas la nommer) sort, comme par miracle, au même moment
de l'église. Je montre aux policiers mes papiers, le récépissé de ma
déclaration, je peux rester, C.W., avec un manque de courtoisie évident, leur
demande, n'osant y croire : "Comment, vous ne l'embarquez pas ? ", ce à quoi ils
répondent : "Non, cette dame est en règle".
-
- Une passante s'en mêle et
me demande alors : " C'est vrai ce que l'on dit, ce sont des escrocs, là-dedans
? " C.W. l'éconduit. Je suis trop fatiguée pour m'en mêler, puis C.W. tente de
"m'introvertir" avec des tas de termes scientos, pensant que je réagirai encore,
je réponds encore, je réponds avec un calme apparent : "Tu peux hurler, ce que
je fais est légal, je suis pacifique mais je ne quitterai les lieux qu'avec mon
argent". Je passe encore une journée d'angoisse où l'on me tient avec des
promesses.
- Tournage
d'Antenne 2 et capitulation de la Scientologie
-
- Le lundi matin, mon mari me
rejoint et la guerre des nerfs continue. Le soir on devait avoir 80'000 F, rien
n'arrive. Le mardi, même chose avec maintes tentatives pour nous décourager et
gagner du temps. Mardi soir, j'ai un malaise. Les pompiers m'emmènent, cela
amuse des Scientologues (mon mari en a vu que cela fait rire). Le mercredi
matin, on est à nouveau là et on envoie à C.W. un ultimatum : "Si jeudi, 14
heures, on n'a pas le chèque, on avertit les médias". Plusieurs journalistes
attendaient notre feu vert. Mercredi soir, on a une somme ridicule de cinq
petits chèques (même pas 20'000 F). Jeudi, à dix heures, le journaliste
d'Antenne 2 nous dit qu'il va nous envoyer une équipe.
-
- On dit : "OK, à condition
de pouvoir s'exprimer à part avant de venir sur les lieux de l'action". Le
voisinage nous soutient, Antenne 2 est venue à 14 heures. C.W. sort avec
d'autres chèques (dans les 60'000 F en cinq ou six petits chèques). On fait la
transaction dans un bar du coin, car dès que l'on entre dans les locaux, on se
fait "manier". Au moment de donner le dernier chèque, C.W. nous dit : "
Maintenant que tout s'est arrangé (il manquait encore dans les 20'000 F pour que
l'on soit satisfait), est-ce que vous pourriez envoyer une lettre recommandée à
Antenne 2 pour qu'ils annulent le reportage car autant vous que nous, avons
intérêt à ce que cette affaire ne s'ébruite pas".
-
- Bien sûr, on ne l'a pas
fait - histoire que notre aventure puisse informer d'autres victimes
potentielles. On était tellement épuisés qu'on n'a plus insisté pour la somme
restante, trop heureux de souffler un peu et d'en récupérer les trois quarts.
-
- Le dimanche 3 septembre 89,
au journal de vingt heures, le reportage est passé, incomplet, mais acceptable,
malgré les pressions que la Scientologie a exercé sur Antenne 2 et après maintes
hésitations de la part des journalistes. J'ai pris la décision que mon
expérience serve à d'autres et j'ai réalisé qu'enfin les Scientologues n'avaient
plus d'influence sur moi et que je n'avais plus peur d'eux.

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