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LA SCIENTOLOGIE EN FRANCE

Star scientologues: Chick Coréa pas chic du tout (Festival de Jazz de Coutances - 26 mai 2004)
 
Un expert psychiatre manipulé (Nice Matin - 29 mai 2004)
 
Des scientologues se cachent derrière le courrier des lecteurs (La Croix - mai 2004)
 
Les secrets d'une machine infernale (Le Monde - 16 décembre 1998)
 

Chic Coréa fait du prosélytisme pour la scientologie !

(Festival de Jazz de Coutances - 26 mai 2004)

CHICK COREA PAS CHIC DU TOUT

Communiqué - Festival de Jazz de Coutances - 26 mai 2004
[Texte intégral]
 
Coutances - Le festival Jazz sous les pommiers a accueilli cet après-midi le pianiste Chick Corea pour un concert avec sa formation Touchstone. Le comité d’organisation avait connaissance de l’appartenance du musicien à l'église de scientologie mais a décidé de le programmer en ne prenant en considération que son talent musical et artistique.
 
A l’insu des organisateurs, Chick Corea a profité de la vente de ses cd pendant l’entracte pour mettre à disposition du public un livre écrit par Ron Hubbard, fondateur de la scientologie. De ce fait, inquiets de l'utilisation qui pourrait être faite des bulletins de participation, remis aux spectateurs au début du concert pour gagner un cd dédicacé par Chick Corea, les organisateurs ont décidé de récupérer tous ceux qui avaient été remplis. Ces bulletins demeurent en leur possession.
 
Le comité d’organisation condamne sans réserve cette utilisation du festival à des fins de prosélytisme et décide de ne plus jamais accueillir ce musicien à Jazz sous les pommiers.
 
 
Nice Matin , par Martin Mireille [Texte intégral]
 
On lui reproche d'avoir perçu des honoraires d'une organisation qualifiée de secte, Landmark Education. Le psychiatre toulonnais Jean-Marie Abgrall dénonce une stratégie de blocage du procès de l'Ordre du Temple Solaire et exprime son ras-le-bol
 
On lui reproche d'avoir perçu des honoraires d'une organisation qualifiée de secte, Landmark Education. Le psychiatre toulonnais Jean-Marie Abgrall dénonce une stratégie de blocage du procès de l'Ordre du Temple Solaire et exprime son ras-le-bol.
 
Ras-le-bol : le docteur Jean-Marie Abgrall, expert antisectes, raccroche les gants. Et abandonne le combat qu'il a mené douze ans durant contre les sectes de tous genres. «J'y ai laissé trop de plumes» constate, désabusé, le psychiatre toulonnais, expert auprès des tribunaux.
 
Dernier avatar: l'instruction menée à Paris dans l'affaire de l'Ordre du Temple Solaire a révélé que Jean-Marie Abgrall avait perçu 45'600 € d'honoraires de Landmark. Une organisation américaine considérée comme une branche dissidente de l'Eglise de scientologie. Classée sur la liste des sectes en France, par un rapport parlementaire, elle proposait notamment des stages de «développement personnel».
 
«J'ai rendu un rapport défavorable à Landmark, mais personne ne s'en soucie» regrette, amer, l'expert qui voit dans ces révélations une nouvelle façon de jeter le discrédit sur sa personne.
 
- Vous, le fervent expert antisectes, semblez quelque peu désabusé -
 
C'est exact. J'en ai ras-le-bol des histoires de sectes, des histoires judiciaires. - J'abandonne la lutte antisectes à ceux qui ne font rien. Dans ce genre de combat, mieux vaut brasser beaucoup d'air plutôt qu'aller au feu. J'y ai consacré douze ans de ma vie, j'en ai pris plein la gueule. Je dois être l'homme qui a eu le plus de procès en France. Et qui y a perdu le plus d'argent. Malgré les honoraires que j'ai parfois touchés.
 
- Comme ceux de Landmark Education que l'on vous reproche aujourd'hui ?
 
- Cette histoire sort comme par hasard maintenant alors que ça date déjà de 2001. Il s'agit de semer le désordre dans le dossier de l'Ordre du Temple Solaire et de jeter le discrédit sur moi. C'est une stratégie de blocage du procès qui n'a rien à voir avec la vérité de justice. Mais je suis à l'aise car ces fameux honoraires sont parus dans ma comptabilité, j'ai des factures, j'ai payé des impôts dessus. J'avais averti tout le monde, y compris la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils). Et contrairement à ce qui été dit ou écrit, à l'époque, je n'y participais plus, j'avais démissionné.
 
- Que disait votre rapport ?
 
- Il s'agissait d'un audit de fonctionnement. J'avais été contacté par le cabinet américain d'avocats de Landmark Education. L'organisation venait d'être inscrite sur la liste des sectes en France et se demandait pourquoi alors qu'aux Etats Unis, elle bénéficiait de rapports élogieux. J'ai relevé dans mon rapport ce qui n'allait pas, beaucoup de choses étaient à revoir. Certains personnages sont inquiétants. Landmark n'est pas très bien installé en France. Du moins à l'époque de mon rapport. Un seul coach, trois à cinq permanents et en tout un turn-over de 200 à 300 personnes. De toute façon, la justice a toujours mon audit en sa possession. Si elle veut agir, elle peut.
 
- Bref, vous avez perçu un peu plus de 45'000 € pour établir un rapport négatif.
 
- Oui, et on devrait comprendre qu'un expert qui se fait payer ce genre d'honoraires pour un rapport défavorable, ça prouve au moins qu'il est totalement indépendant et qu'il ne s'agit pas d'un pot-de-vin. Mais quoiqu'on fasse, on est maudit. Si j'avais refusé cet audit, on m'aurait reproché de ne pas être allé voir ce qui se passait à l'intérieur de Landmark. J'ai accepté: on m'accuse d'avoir touché un chèque. Mais j'ai rendu un rapport défavorable et ça, personne ne s'y est intéressé».
 
Jean-Marie Abgrall, après douze années passées à lutter contre les sectes, a décidé de quitter la scène.
 
 
Psychologie et Vigilance - 25 mai 2004
[Texte intégral]
 
«En ouvrant une procédure judiciaire, la secte joue sur plusieurs tableaux»
 
C'est une pratique, à laquelle recourent fréquemment de nombreuses sectes, que d'utiliser les prétoires pour les transformer en de véritables tribunes du haut desquelles elles peuvent développer, urbi et orbi, leurs théories et pratiques «injustement attaquées». Cette technique consiste à attraire devant les tribunaux toute personne ou association qui ose dénoncer publiquement les activités ou dérives sectaires d'un groupe bafouant et violant les Droits de l'Homme. Rien de plus simple: il suffit de déposer plainte contre X du chef de diffamation, auprès du Doyen des Juges d'Instruction.
 
Décidée par le gourou, cette intervention judiciaire s'impose pour trois raisons: la nécessité de garder le contrôle des adeptes, l’occasion offerte de retourner en sa faveur une opinion publique ébranlée, la volonté farouche d’affaiblir ou de discréditer toute association en mesure de dénoncer la mécanique des sectes.
 
Les adeptes de la secte ont été touchés par ces attaques dites diffamatoires. Certains ont pu être troublés. Des interrogations ont pu naître. Des doutes et des soupçons ont pu être éveillés ou réveillés. Ne dit-on pas d’ailleurs qu'il n'y a jamais de fumée sans feu, que derrière les rumeurs il y a toujours un fond de vérité, et qu'il n'y a que la vérité qui blesse ? Si, en interne, le gourou est en mesure de rassurer ses troupes, de convaincre ses adeptes que toutes ces accusations sont fausses, cela ne saurait suffire. Il importe de rétablir publiquement la vérité auprès de l’ennemi qui a osé se déclarer. Et il est hors de question de laisser le maître, considéré comme premier responsable en sa qualité de gourou, d'assurer seul sa défense. C’est une victime innocente désignée à la vindicte populaire. Son seul tort est d’avoir raison. Aussi est-il du devoir de tous de se mobiliser, de galvaniser les énergies, pour prendre la défense du père humilié. Traduire en justice, n'est-ce pas le moyen le plus efficace de prouver qu'on a raison, qu'on est attaqué par des esprits rétrogrades, diabolisé par les ennemis de la liberté de conscience, que la Cause est juste puisque combattue par des chasseurs de sorcières, des esprits bornés, qui voient des sectes partout.
 
Quel honneur que de pouvoir témoigner, face à la Justice de la République, en faveur du Maître ! Quelle joie de pouvoir se saigner aux quatre veines pour faire face aux dépenses que le procès va entraîner ? Pour la secte, le procès constitue toujours une occasion merveilleuse de souder et de renforcer l'adhésion et la cohésion du groupe. La victoire est d’ailleurs certaine : doué du don d'inerrance, le maître ne peut ni se tromper, ni nous tromper. Et si, par malheur, la partie adverse gagne la partie, c’est parce que la justice est corrompue et que, c’est bien connu, la vérité est toujours étouffée. Pour sauver les apparences et renforcer son emprise, le gourou en profitera toujours pour exalter l’esprit de sacrifice de ses adeptes et, dans les cas extrêmes, susciter des vocations au martyre.
 
Le procès s'impose surtout au regard de l'opinion publique qui, selon la secte, a été désinformée dans les médias par des propos diffamatoires portant gravement atteinte à son honneur et à sa réputation. Les tribunaux de grande instance ploient sous le nombre effarant des procès intentés par les sectes qui choisissent comme avocats des ténors du barreau, certains d'ailleurs étant eux-mêmes des adeptes. Et puis, comme témoins, on fera citer des personnalités de haut niveau. On se rappelle un fameux procès où la secte n'avait pas hésité à faire intervenir comme experts les plus grands spécialistes des sociologues des religions, venus tout exprès des Etats-Unis, du Canada, de Belgique, d'Italie, d'Angleterre…
 
Pendant toute une journée, lesdits experts s’ingénièrent à expliquer au Tribunal que, loin de constituer une secte, les plaignants étaient les fidèles d’une véritable religion, d’un nouveau mouvement religieux, d’une Eglise persécutée, et persécutée parce que minoritairem… Or l'accusation portait sur les infractions et les délits suivants: manoeuvres frauduleuses, promesses, menaces, abus d'autorité ou de pouvoir, machination ou artifices, utilisation de conditionnement ou de contrainte morale, bref d'escroquerie. A ces témoins prestigieux vinrent s'ajouter des adeptes dûment aguerris et rompus aux techniques de défense de la secte. Peut-on imaginer plus belle défense et illustration, et plus grand retentissement médiatique, surtout si la secte prend la précaution d'attaquer en correctionnelle ?
 
Enfin, le procès permet d'intimider les personnes ou les associations engagés dans la lutte contre les sectes et les dérives sectaires. Pour parvenir à ses fins, la secte procède à un véritable harcèlement judiciaire. Elle s'en donne à cœur joie pour faire assigner des présidents d'association, des médecins, des députés- maires, des prêtres, des officiers de police judiciaire, des sociologues, des scientifiques, des journalistes et même des avocats de la défense. Pour faire durer le plaisir, elle utilisera toutes les manoeuvres dilatoires possibles: renvois pour maladie, hospitalisation de l'avocat, train raté ... Après deux années de procédure, on a même vu une secte se désister «attendu que les concluants (la secte) pratiquent la charité chrétienne et l'oubli des offenses, que l'affaire est ancienne ... qu'il convient dès lors de donner acte aux concluants qu'ils se désistent purement et simplement de la présente instance et de leurs demandes contre le défendeur».
 
Ainsi, en ouvrant une procédure judiciaire, la secte joue sur plusieurs tableaux. Elle en profite pour renforcer son emprise sur ses membres et pour acquérir une certaine honorabilité et respectabilité auprès de l'opinion publique. Mais son intention majeure est de décourager, d’affaiblir, et, rêve suprême, d’éliminer son adversaire en l’intimidant moralement et financièrement, en tentant de le jeter sur la paille après avoir réclamé des sommes faramineuses au titre des dommages et intérêts, - sans compter les frais d'avocats et de déplacements … Car on épuisera toutes les possibilités: du Tribunal de Première Instance, à la Cour d'Appel et jusqu'à la Cour de Cassation. Ainsi, les pourfendeurs de sectes y regarderont-ils à deux fois avant d’engager à l'avenir toute intervention publique.
 
Les sectes sont-elles sûres de gagner ? Non, mais la question de fond n’est pas là. Il arrive que des juges se montrent parfois très hésitants pour identifier ce qui est atteinte à la liberté religieuse et ce qui est atteinte à la liberté d'expression. Et puis, si, à la fin des fins, la secte est déboutée, un objectif inestimable aura été atteint: pendant un certain temps, elle aura retenu l’attention et parfois séduit de nouveaux membres.
 
Les personnes et les associations qui prennent la défense des personnes manipulées par les sectes ont-elles peur de perdre leur procès ? Absolument pas. Certes, il n'est pas facile de gagner un procès en diffamation. Mais, la plupart du temps, la défense est relaxée, sinon parce qu'elle a pu rapporter la preuve complète de la vérité des faits diffamatoires incriminés (l'exceptio veritatis), mais au titre de la bonne foi, qui se caractérise par la prudence dans l'expression de la pensée, une enquête documentée, l'absence d'animosité exagérée envers le diffamé et l'intention de poursuivre un but légitime. C'est au regard de ces critères, que les Juges examinent, jugent et relaxent la plupart du temps les prévenus. Non, nous ne pouvons nous taire.
 
(*) Le Père Jacques Trouslard est prêtre «incardiné» au diocèse de Soissons. Il a abandonné son poste de Vicaire Général pour se consacrer exclusivement au combat contre les sectes depuis vingt ans. Il est chevalier de la Légion d’honneur et de l’Ordre national du Mérite en reconnaissance d’une vie de combat pour les droits de l’homme.
 
courriel: ASSOCIATION-DIOCESAINE2@wanadoo.fr
 
La Croix - 26 mai 2004
[Texte intégral]
 

PARIS (AFP) - Des scientologues se cachent derrière des lettres de lecteurs adressées à des journaux, révèle l'hebdomadaire La Vie, qui a reçu récemment par erreur un courriel interne à l'Eglise de scientologie évoquant ces "envois aux médias" et dressant un bilan de ce travail de lobbying.

Le 16 avril, La Vie a reçu une lettre envoyée à des membres de l'Eglise de scientologie, signée d'un responsable, Michel Raoust, critiquant la "chute" du nombre d'envois aux médias, "de 470 lettres à 240 cette semaine"."Je vous rappelle que ces courriers qui véhiculent nos lignes sont très importants", rappelle dans sa lettre Michel Raoust, président du comité français des scientologues contre la discrimination (CFSD).

L'organisation, classée comme secte par un rapport parlementaire, envoie des lettres aux journaux par l'intermédiaire de ses membres, qui ne se réclament jamais de la scientologie. Ces courriers électroniques reprennent les thèmes de prédilection des scientologues, souligne La Vie, comme les droits de l'Homme en France, la psychiatrie, la drogue, l'école, évoquant "l'humaniste américain Ron Hubbard", fondateur de la scientologie.

La Vie dit recevoir chaque semaine plusieurs courriers au style reconnaissable, et, reprenant un bilan cité dans un journal interne de l'organisation, estime à 6'783 le nombre de lettres adressées aux journaux en 2003, dont 63 ont été publiées.

Dans la lettre envoyée par erreur, Michel Raoust se félicite que trois de ses courriers "ont été publiés, deux sur la transparence au Figaro et dans Marianne, un sur une campagne sur les droits de l'Homme au Figaro.

 
LA SCIENTOLOGIE A PARIS
 
PROMOTION SUBREPTICE POUR NARCONON DANS LE JOURNAL METRO
 
par Jérôme Munier
 
Acrimed, 22 avril 2004
[Texte intégral]
 
Informer sur n’importe quoi et n’importe comment. Telle est, apparemment, la «ligne éditoriale, de Métro. Après la Fédération occidentalis (lire: Métro contre Sniper: une désinformation gratuite ?), c’est l’Eglise de Scientologie qui bénéficie de l’attention de «reporters» au long cours.
 
L’association Non à la drogue, oui à la vie a mené une action de sensibilisation aux dangers de la drogue et ses substituts à la sortie du métro Château-Rouge», écrit Claire Cousin, dans l’édition du jeudi 15 avril 2004. En effet, l’opération a été menée dans toute la capitale, mercredi 14 avril. Le problème, c’est qu’elle a «oublié» de lire le tract où l’on pouvait lire en petites lettres que l’association est parrainée par l’église de Scientologie.
 
«Les produits de substitutions sont désormais dealés dans la rue», affirme notre journaliste en sous titre. Témoignages à la clé, elle «démontre» en réalité, ce que l’association combat, c’est-à-dire la substitution, jugée inefficace (ça ne marche pas) et dangereuse (ça favorise le trafic). «Je viens de croiser un mec avec vingt boîtes de Subutex et 1'700 euros sur lui alors qu’il s’est fait coffrer il y deux semaines», explique Alexandra Michel, porte-parole, de l’association, avant d’oser ajouter qu’ «il est deux fois plus dur de décrocher du Subutex que de l’héroïne». En outre, pour Saïd, commerçant à Château Rouge, «les pharmaciens et les médecins qui distribuent ordonnances et cachets sans véritable restriction sont aussi responsables : il faut leur donner juste leur dose, pas plus».
 
Pour éviter de tomber dans le panneau de la propagande, Claire Cousin aurait pu lire sur le site Internet de «Non à la drogue» cette «Présentation» : «L’association “Non à la drogue, Oui à la vie” parrainée par l’église de Scientologie, a été créée en 1991 par l’acteur Xavier Deluc qui fit énormément pour informer les jeunes et leur éviter de tomber dans le piège de la drogue. Il monta et interpréta au théâtre Caumartin une pièce sur ce thème, "La pluie du soleil". Le but de notre association est d’informer et de prévenir des réels dangers de la drogue et de soutenir tout programme de désintoxication et de réhabilitation qui n’utilise pas de drogue de substitution comme le programme Narconon (créé d’après les travaux de Ron Hubbard).(...) Nous sommes aujourd’hui une des rares associations à dénoncer clairement les dangers de la drogue et à refuser la politique officielle de réduction des risques qui se contente d’apprendre aux jeunes à “se droguer proprement”.
 
Le programme Narconon s’apparente en fait plus à un programme miracle qu’a un véritable traitement. Car à bien chercher sur le site attitré, www.vivresansdrogue.com, on nous explique que le programme réussi a 70 % et que tous les autres traitements sont inefficaces [1]. En revanche, on ne trouve aucune trace des «solutions»: «Narconon est une démarche complètement naturelle, sans drogue de substitution, ni médicament, ni psy. (...).Tous les facteurs physiques, mentaux et moraux sont prix en compte, un par un, étape par étape, pour rendre à celui ou celle qui vous est cher sa vie affective et intellectuelle pleine et entière. (...) La procédure de désintoxication pour une vie Nouvelle donne les résultats suivants: réduction ou élimination de l’état de manque, qu’il s’agisse de drogues ou d’alcool; aptitude à penser plus clairement etc ... »
 
En fait, la réponse est sans doute dans la bouche de ce passant cité dans l’article: «Mon neveu, il faudrait l'enfermer, quitte à le sevrer par la manière forte». Ce que confirme Alexandra Michel, porte-parole, qui défend « la solution du sevrage strict, (...), même si c’est très douloureux ». Les «drogués» apprécieront.
 
[1] Exemple de témoignages: «Quand je vais au centre, les psys me donnent ma dose, et c’est tout».
 
 
Nouvel Observateur - 7 avril 2004
[Texte intégral]
 
PARIS (AP). Le tribunal administratif de Paris a condamné le 11 mars le ministre de l'Intérieur à communiquer, dans un délai d'un mois, à la présidente de l'Union des églises de scientologie de France les fiches des renseignements généraux la concernant. Le ministre doit remettre à Agnès Bron «les informations la concernant contenues dans les fichiers des renseignements généraux», précise le jugement rendu public mercredi «et ce sous astreinte de 50 euros par jour de retard». Le ministère a la possibilité de faire appel de cette décision.
 
En novembre 2000, saisie par Agnès Bron, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) lui avait fait savoir que le ministre de l'Intérieur s'opposait à la communication de sa fiche RG 8renseignements généraux) pour des motifs de sécurité publique en raison de son appartenance à l'église de scientologie. Le tribunal administratif de Paris a estimé dans son jugement que ce seul motif n'était pas de nature à justifier cette «décision de refus de communication».
 
LA SCIENTOLOGIE, LOBBY EUROPÉEN
 
Par François Koch
 
L'Express, 26 juin 2003
[Texte Intégral]
 
A la recherche de reconnaissance officielle, l'Eglise de Ron Hubbard a infiltré masquée, le Conseil de l'Europe
 
On ne prête qu'aux riches ! La Sciento logie est passée maître dans l'art de l'infiltration. Mais, ayant de plus en plus de mal à pénétrer au cœur de la République française, la secte de feu Ron Hubbard a jeté son dévolu sur une institution plus vulnérable : le Conseil de l'Europe, peu connu du grand public, qui rassemble 45 pays du Vieux Continent et intervient sur les droits de l'homme.
 
Comment opère la Scientologie ? En déployant un intense lobbying, particulièrement efficace dans les pays de l'ex-bloc soviétique, la secte internationale cherche à obtenir des prises de position favorables pour les mettre en valeur comme autant de précieux labels de qualité. Deux affaires illustrent cette stratégie gagnante.
 
Le 30 janvier 2003, Azim Mollazade, membre du Parti populaire d'Azerbaïdjan, convainc des parlementaires de signer un texte faisant la promotion de Narconon: « Il sauve aussi des toxicomanes, grâce au procédé de L. Ron Hubbard pour se libérer de l'emprise de la drogue». Immédiatement après, Ethique & Liberté, organe de la Scientologie, peut triompher: «La déclaration n° 342 signée le 30 janvier 2003 par 23 membres du Conseil de l'Europe reconnaît la valeur du programme Narconon». Mais la secte ne précise pas que cet écrit n'engage que ses signataires ... et qu'il a été neutralisé par une autre déclaration. Le 2 avril 2003, 24 parlementaires rassemblés par le socialiste français Claude Evin, ont en effet sévèrement critiqué Narconon : «En fait, à la dépendance de la drogue, ce programme substitue la dépendance de la Scientologie».
 
Réplique d'Agnès Bron, chargée des relations publiques de la secte: "Réduire Narconon à la Scientologie est un amalgame médiocre, puisque cette association est sécularisée ! C'est Narconon qui fait de la communication, pas l'Eglise !»
 
La seconde affaire est plus troublante, car il s'agit d'une recommandation adoptée, le 29 mai 2002, par la Commission permanente au nom de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe sur les «enfants hyperactifs». Le 26 mars 2003, le Comité des ministres a répondu à ce texte: des points sont dangereusement proches de certaines théories bien connues de "l'Eglise de scientologie", mais qui ne résistent pas à un examen scientifique sérieux».
 
«Encore un amalgame ! réagit Agnès Bron. Ce n'est pas l'Eglise, mais la Commission des citoyens pour les droits de l'homme, créée par des scientologues, qui a contesté le fait que les enfants turbulents sont atteints d'une maladie».
 
C'est toute l'astuce du lobbying de la secte: utiliser des associations satellites comme autant de faux nez. Le Conseil de l'Europe en a donc fait plusieurs fois les frais.
 
F. K
 
 
L'Humanité. 9 septembre 1999
Propos recueillis par Emilie Rive.
[Extrait]
 
Question: Existe-t-il des liaisons entre la Scientologie et McDonald's ?
 
Paul Ariès: ce que l'on peut prouver, avec documents photographiques à l'appui, c'est que la Scientologie se targue d'être soutenue par McDonald's. On ne sait pas quelle est la nature de cette aide. Si on regarde de près les documents, McDo soutient le programme de la Fondation du bonheur de la Scientologie, un programme qui s'adresse spécifiquement aux enfants, diffusé à des millions d'exemplaires (et financé, là officiellement, par Coca-Cola).
 
Soutenir le programme est, à mon avis, encore plus grave que de le financer. Une aide matérielle pourrait être considérée comme quelque chose de mineur. Mais un soutien de programme est une adhésion sur le fond. Si McDo s'est fait avoir, il faut qu'il le reconnaisse: qu'il dise comment une multinationale de ce type a pu se faire piéger, qu'il donne un démenti, qu'il porte plainte. Sinon, qu'il s'explique: qu'est-ce que cette entreprise qui dit tant aimer les enfants et qui soutiendrait ce qui est considéré en Europe comme une des sectes les plus dangereuses ?
 
Question: C'est de l'anti-américanisme ?
 
Paul Ariès: pour moi, McDo n'est pas américain. Sinon, je mangerais McDo comme j'aime manger chinois ou japonais. C'est la bouffe de l'OMC, la bouffe de la pensée unique, une universalité réduite au plus petit commun dénominateur. Une sorte de régression culinaire. Et les sectes, qu'est-ce d'autre ?
 
En général, on pense bourrage de crâne, manipulation mentale. Mais c'est, au contraire, une façon d'organiser techniquement, de façon tout à fait sérieuse, une régression vers les archaïsmes qui sont en chacun d'entre nous.
 
On retrouve donc, dans McDo et dans la Scientologie, deux figures de la régression qui semblent être des figures de la mondialisation. McDo est le laboratoire de l'alimentation du futur et la Scientologie celui du management du futur. Je ne suis pas contre la mondialisation, mais pour une mondialisation qui vienne de l'homme.
 
 
Le Monde - 16 décembre 1998
[Extrait]
Interview de Paul Ariès et critique de son livre par Erich Inciyan et Philippe Broussard.
 
La Scientologie promet à ses adeptes la toute-puissance, mais par le truchement de la protection par le copyright et les contrats de franchise, elle prive l'humanité "de ce qu'elle-même considère comme la seule voie de salut, sauf à payer le droit d'être sauvé", écrit Paul Ariès.
 
Question: Chercheur, interlocuteur attitré des ministères de l'Intérieur et de la Justice, comment avez-vous travaillé avec les scientologues ?
 
Paul Ariès: J'ai joué cartes sur table, en les tenant informés. Ils m'ont fourni de nombreux documents et nous avons entretenu des relations plutôt cordiales, mais ce n'est pas un sujet dont on sort indemne. J'ai rencontré des difficultés considérables en marge de mes travaux. Faute de preuve, je ne peux accuser la Scientologie, mais je constate que mes ennuis ont coïncidé avec les périodes où mes recherches s'intensifiaient.
 
Question: De quels types d'ennuis s'agissait-il ?
 
Paul Ariès: Des centaines d'appels anonymes, un poulet cloué sur ma porte, du vol de courrier, des filatures, des motards donnant des coups de pieds contre ma voiture ... La situation est devenu invivable pour ma famille et nous avons dû déménager. En mars, au retour d'une session de formation organisée à Paris par l'École nationale de la magistrature, j'ai été malmené par des hommes casqués qui ont dérobé ma serviette. Le lendemain, il y avait un message sur ma voiture : "L'os à moelle est dangereux pour le bavard". Ces gens-là étaient bien informés puisque, à Paris, j'avais déjeuné avec un magistrat et un policier, qui avaient mangé de l'os à moelle ! Nous avions été surveillés.
 
Je n'accuse pas les scientologues, mais je note que quiconque travaille sur le sujet rencontre des problèmes. Malheureusement, mes plaintes n'ont pas abouti.
 
Question: Avez-vous eu des difficultés à publier votre livre ?
 
Paul Ariès: En 1995, lorsque j'avais remis le rapport demandé par le ministère des affaires sociales, deux éditeurs avaient renoncé à le publier, de peur des procès. Cette année, les éditions Golias l'ont fait en prenant d'infinies précautions. Nous avons supprimé des passages, ôté des noms et donné la réponse scientologue sur les points litigieux. Ils ont vainement tenté de me dissuader en m'adressant un courrier de mise en garde. Depuis, je n'ai plus de nouvelles.
 

MENACES AU GRAND JOUR

Libération, 7-8 novembre 1998 par Daniel Licht
[Résumé]
L'Église tente d'intimider Paul Ariès, auteur d'un livre très critique sur la secte
 
Dans son livre Scientologie, laboratoire du futur ?, aux éditions Golias, l'universitaire Paul Ariès analyse les visées de la secte, et n'hésite pas à citer les grandes entreprises ayant utilisés ses offices via des organismes de formation satellites. Après une conférence au ministère de la Justice tenue secrète, où il venait de faire un exposé sur la secte, "Paul Ariès, expert en sectes pour le ministère de la Santé, s'est fait briser l'épaule par deux individus masqués..."
 
Puis c'est l'éditeur qui reçoit des menaces ouvertes de la Scientologie, via Marc Welter, "président de l'association spirituelle de l'Église de Scientologie Ile-de-France", qui écrit: "J'attire votre attention sur le fait que toutes les oeuvres de Ron Hubbard relatives à la Scientologie [...] sont protégées par des droits d'auteur. Leur reproduction est donc strictement interdite sans la permission expresse du détenteur de ces droits. En les publiant, vous pouvez vous exposer à des poursuites pour faux et usage de faux".
 
Paul Ariès est ainsi privé du droit d'effectuer normalement son travail de sociologue sans risquer automatiquement un procès. Cela ne décourage pas Christian Terras, le directeur des éditions Golias, qui trouve dans ses menaces une raison supplémentaire de publier l'oeuvre critique, décrivant la secte comme une métaphore du désir de toute-puissance de la société des années 60 aux États-Unis.
 
Paul Ariès ajoute que la Scientologie a, plus généralement, des pratiques dignes d'Orwell quant à ses propres documents: "Paul Ariès se rappelle avoir eu les plus grandes difficultés à obtenir toutes les sources qu'il sollicitait auprès de la Scientologie. Il a pu constater, d'autre part, au cours de ses mois de rédaction, que la secte détruit régulièrement ses propres documents pour les republier - à peine modifiés - sous une autre référence".
 
Marc Walter peut ainsi dire, grâce à cette tactique de protection des écrits mêmes anciens par la législation sur les copyrights: "Il arrive que nos détracteurs fassent circuler des publications, qu'ils attribuent au fondateur de la Scientologie, mais qui sont en fait des faux ".
 

Récit d'une infiltration qui a duré des mois

par Antonio Fischetti, dessins de Tignous (Charlie Hebdo - mai 2004)

Un interminable interrogatoire de 200 questions m'est imposé dès mon arrivée
Celebrity caserne
Évangiles cotés en Bourse
Pur et mort à la fois
Hubbard Superglu
La Dianétique, présentée comme la vitrine de la Scientologie, n'est qu'une minable parodie de psychothérapie
Dinosaures scientologues
La morale expliquée à des enfants sous-doués
L'infantilîsatîon, premier stade de la manipulation
Les rois du dico
Mon aiguille a flotté
Des castes, comme chez les fourmis - Les trois stades du parcours scientologue («pré-clair», «clair» et «thétan opérant»)
La scientologie flique tout
L'electromètre, perlimpinpin à aiguilles

Les résultats de la scientologie

Extraits du procès des scientologues de Lyon en 1996 par le dessinateur humoriste Tignous
Des idées qui tuent

Stratégie politique de la scientologie

Index des articles concernant la scientologie de presse parus en France

 

 

«Ron Hubbard, le gourou démasqué» de Russell Miller
 
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» résumé
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» html
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» pdf
«The Bare-Faced Messiah» by Russell Miller pdf - 394 pages - English
 
Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de l'église de scientologie.
On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice.
Il est disponible en format pdf ou html. Nous avons également publié une version résumée.
 

Exposing Scientology through streaming video

                             

Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent.

 

Témoignage de
Jean-Luc Barbier
                                        
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