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Genève
: Des flyers scientologues échouent dans une école
- Tribune
de Genève, 28 avril 2007
- [Texte
intégral]
Pour un exposé, une fillette
utilise des dépliants «Dites non à la drogue», distribués au
centre-ville. Des parents d’élèves découvrent qu’ils sont financés par la
scientologie et alertent la direction.
 Coralie et sa fille. Les flyers distribués par
l'Eglise de scientologie. Photo P. Frautschi Place du Molard, il y a deux semaines. Le petit stand de prévention «Non à la
drogue, oui à la vie» tombe à pic pour Coralie et sa fille. Cette dernière, 11
ans, doit faire un exposé sur les drogues pour sa classe. Quelques jours plus
tard, la fillette fait son exposé et distribue les flyers en question aux élèves
de son école des Eaux-Vives. Peu après, les problèmes commencent. Deux familles alertent la maîtresse: à
l’arrière des dépliants, on peut lire en petits caractères que cette association
«est parrainée par les Eglises de scientologie de Lausanne et de Genève». Les
parents sont scandalisés. La direction de l’établissement est interpellée. Dans
l’école, un sentiment de panique gagne soudainement du terrain. «On s’est tous
demandé comment des flyers scientologues pouvaient arriver entre les mains d’une
fillette», déplore une mère. Coralie, au centre des soupçons, doit se justifier:
«Ils croient que je fais du prosélytisme alors que je n’étais même pas au
courant.» Images et textes chocs
«Dites non à la drogue» affirme être indépendant des scientologues. «Le seul
objectif est d’informer sur les dangers de la toxicomanie», assure Francine
Bielawski, porte-parole de l’organisation. Cocaïne et autres substances font
l’objet de fascicules proposés sur des stands, installés le plus souvent dans
les Rues-Basses. 54 000 flyers ont été distribués en Suisse romande en 2006. Les
images sont chocs, les textes aussi. L’un d’eux explique comment organiser
soi-même un stand et des conférences pour écoliers.
Pourtant, certains estiment que cette campagne manipule plus qu’elle n’aide.
«Les scientologues ciblent un public faible tout en visant un créneau qui les
crédibilise», accuse Paulette Lavenia, membre du Groupement de protection de la
famille et de l’individu. Pour beaucoup d’associations de victimes de la
scientologie, cette campagne ne servirait en réalité qu’à attirer de nouveaux
adeptes dans une cure de désintoxication scientologue, «Narconon»: une méthode
de sevrage instantané, payante et souvent contestée.
Pourquoi la scientologie cible-t-elle la drogue? «Comme de nombreux
mouvements religieux, elle se lance aussi dans le social», explique Jörg Stolz,
professeur en sociologie des religions à l’Université de Lausanne et directeur
de l’Observatoire des religions en Suisse.
Dépliants
bien connus
Les
dépliants distribués depuis 1990 sont bien connus
des spécialistes de la prévention. «Ces flyers dramatisent
et exagèrent la réalité des faits par un discours
très moralisateur», explique Corine Kibora, porte-parole
de l'institut de prévention de l'alcoolisme et autres
toxicomanies (ISPA).
Aujourd'hui,
la prévention s'oriente vers la réduction des risques, au
travers de projets comme «Nuit blanches?». Une politique
préventive que «Dites non à la drogue» considère
comme inefficace.
Du
côté des autorités, le directeur à la direction
générale de la santé, Jean-Marc Guinchard, ne veut
pas de ces flyers dans les institutions de santé
: «Sous prétexte de prévention, les scientologues
cherchent de nouveaux adeptes.»
Remarque
d'anti-scientologie : Plus que de rechercher
des adeptes, la scientologie cherche à masquer
ses abus et dérives sectaires en se faisant
passer pour un groupe utile à notre société. Des
enquêtes approfondies de la scientologie
à l'échelle mondiale lui ont démontré
que les sociétés étaient sensibles à tout travail
de prévention contre la toxicomanie)
Au
Département de l'Instruction publique, la directrice
par intérim du service de la scolarité Danièle Jeanrenaud
Dokic estime que «cette affaire montre que la vigilance
face à ces mouvements doit être renforcée».
Chloé
Dethurens
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