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- EXPERTISE
DE L'ÉLECTROMÈTRE HUBBARD
- par
l'Institut
de Criminologie de
l'Université de Lausanne
-
- (1991)
-
- Un
artefact au service d'une gigantesque escroquerie
intellectuelle et financière
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- TABLE DES MATIÈRES
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- EXPERTISE SCIENTIFIQUE DE
L'ÉLECTROMÈTRE HUBBARD
- par
l'Institut
de Criminologie de
l'Université de Lausanne
-
- «Détecteur de mensonge» et de «charges»
utilisé par la scientologie
-
- Un
artefact au service d'une gigantesque escroquerie
-
intellectuelle (pseudo-science) et financière
(usure)
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- D.C.
Collaborateur de l'Institut
et de Criminologie del'Université de Lausanne
- (adresse ôtée)
- Conseiller en criminalistique
auprès du Pouvoir judiciaire
- Services centraux du
Palais de Justice
- (adresse et téléphone ôtés)
- Lausanne, le 21 avril 1997
- RAPPORT D' EXPERTISE
-
- PP N° P/9598/91 dirigée contre Mme Letty
G, MM Christian B, Daniel C et César
P
- [4
scientologues poursuivis lors de la plainte
de Jean-Luc Barbier contre l'Eglise de scientologie de Genève]
-
- Examen et évaluation de deux
électromètres
-
- (page) 1/32
-
- Rapport d' expertise
PFS 380-05.96 de D.C.
- Collaborateur scientifique et diplômé de
l'Institut de Police Scientifique et de
Criminologie Université de Lausanne. Conseiller en criminalistique auprès du Pouvoir
judiciaire Services centraux du Palais de Justice – Genève
-
- I.- MISSION
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- En date du 3 mai 1996, Monsieur Claude WENGER, juge
d'instruction, a remis au soussigné la mission d'expertise suivante
:
-
- Prendre possession des deux électromètres remis par les
inculpés et desdocuments contenus dans la procédure concernant ces appareils.
Entendre toutes personnes utiles, notamment témoins et parties.
- Sous le contrôle du juge, faire procéder à des essais et
démonstrations.
-
- Etablir un rapport sur les points suivants:
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- 1) Décrire les qualités techniques et le fonctionnement des
deux appareils.
-
- 2) Décrire l'utilisation des électromètres faite en
scientologie.
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- 3) Déterminer le caractère scientifique de l'utilisation des
électromètres en scientologie.
- 4) Faire toutes remarques utiles en relation avec
l'expertise confiée.
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- II.- PROCÈS-VERBAL DES OPÉRATIONS
-
- 15.05.96. Lecture des rapports scientifiques relatifs à
l'électromètre.
-
- 20.05.96. Examen de l' appareil, premiers tests.
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- 20-22.05.96. Lecture du dossier de la procédure.
-
- 24.05.96. Ne parvenant pas à joindre Monsieur J.-L.
BARBIER, depuis plusieurs jours, l' expert prend contact avec Me PILLIOUD,
Conseil du plaignant.
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- 03-20.06.96.
Lecture de la documentation concemant les
électromètres. Essais des appareils.
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- 14.06.96. Entretien avec Monsieur J.-L. BARBIER, plaignant,
qui remet au soussigné un complément de documentation.
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- 05.07.96. Entretien avec Monsieur (x) B qui remet à
l'expert de la documentation supplémentaire. Le soussigné demande à pouvoir
assister à une séance d'audition avec utilisation de l'électromètre.
- Devant le caractère confidentiel des auditions, Monsieur B
préfère montrer un film vidéo.
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- 11-25.07.96 . Nouvelle série d’essais en fonction de la
documentation et des explications fournies par les parties.
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- 02.09.96. Monsieur B indique à l'expert qu'il sera bientôt
en mesure de lui remettre le film susmentionné.
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-
- 08.11.96. Déplacement à l'église de scientologie de
Genève. L'expert visionne la cassette vidéo susmentionnée. Le soussigné demande
une copie de cette cassette et rend l'électromètre MARK SUPER VII à Monsieur
B.
-
- 29.11.96 . Déplacement à l'église de scientologie de
Lausanne. L'expert assiste à une séance "d'audition", puis participe lui-même à
une "audition" . Monsieur B remet à l'expert la copie d'un rapport d'étude
deMonsieur Philippe GUILGUET, ingénieur, expert près la Cour d'appel de Paris.
Monsieur B indique à l'expert qu'il lui remettra très prochainement la copie de
la cassette vidéo souhaitée.
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- 05.12.96. Essais avec du personnel de l'Institut de Police
scientifique et de Criminologie sur la base de la séance du 29
novembre.
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- 12.12.96 : Répétition des essais avec du personnel
différent.
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- 09.01.97. Sans nouvelles, l'expert téléphone à Monsieur
B.
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- 10.01.97. Monsieur B transmet au soussigné la cassette
vidéo susmentionnée. Il remet aussi la brochure "Données essentielles sur
l'électromètre", que l'expert souhaitait consulter, ainsi qu'un autre
électromètre MARK SUPER VII pour des essais comparatifs.
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- 29.01.97. Fin des tests comparatifs.
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- 04.02.97. Le soussigné rend les appareils à Monsieur
B.
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- 10.02.97 . L'expert informe le juge d'instruction que son
rapport est prêt. Dans le cadre des réponses utiles à formuler, le juge demande
que le soussigné fasse procéder à une estimation du prix de revient des deux
modèles d'électromètre.
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- 25.02.97. Monsieur B remet les deux appareils à disposition
du soussigné.
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- 28.02.97. L'expert transmet les deux électromètres à
Monsieur Daniel BRUN, Doyen à l'École dtIngénieurs de Genève, pour une
estimation du prix de revient.
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- 17.04.97. Monsieur BRUN rend les appareils au soussigné et
lui remet son rapport.
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- III.- QUALITÉS TECHNIQUES ET FONCTIONNEMENT
DES DEUX APPAREILS
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- 3.1. GÉNÉRALITÉS
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- Deux appareils ont été soumis à l'expert, tous deux appelés
"Electromètre HUBBARD professionnel" . Le premier est un modèle "MARK VI" , le
second est dénommé "MARK SUPER VII" . Les deux modèles sont extérieurement très
proches l'un de l'autre. Ils fonctionnent selon les mêmes principes. Le
soussigné se limite par la suite à une description générale commune, les
différences importantes seront mises en évidence aux moments
adéquats.
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- La désignation "électromètre" n'est pas
appropriée à ces appareils, mais ce n'est qu'un détail. En effet,
étymologiquement un électromètre est un instrument permettant de mesurer la
charge ou le potentiel électrique d'un corps. En général, l'électromètre est
utilisé pour les mesures d'intensité, de tension et de résistance.
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- "L'électromètre HUBBARD professionnel" ne s'occupe que des
variations de conductibilité et de tension, sans pouvoir les chiffrer par des
grandeurs physiques communément admises. Cela dit, d'après la documen-
tation foumie par l'église de
scientologie, "L'électromètre HUBBARD professionnel" n'est pas censé faire des
mesures objectives. Il est surtout utilisé pour repérer les modifications de
conductibilité et de tension à la surface de la peau.
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- 3.2. PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT
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- L’électromètre HUBBARD professionnel a déjà fait l'objet de
plusieurs études.
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- Monsieur B a remis au soussigné trois rapports établis par
des professeurs parisiens consultés par l'église de scientologie.
-
- Ces documents
sont joints en annexe. Ils ont été rédigés aux dates suivantes :
-
- 23.10.79. rapport de Raymond DUPERDU , professeur
d'instrumentation et chef du Service des Mesures à l'Ecole Supérieure
d'Electricité, chargé du cours de Mesures Electrique à l'Ecole Centrale des Arts
et Manufactures, directeur du Centre de Travaux Pratiques de Physique à l'Ecole
Polytechnique (annexe 1). Le modèle MARK V fait l'objet de l'étude. Ce rapport
décrit les éléments composant l'instrument, ainsi que son
fonctionnement.
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-
- 13.12.79.
rapport de Jean AUVRAY , ingénieur ESPCI,
docteur ès sciences physiques, professeur d'électronique à l'Université Pierre
et Marie Curie - Paris VI (annexe 2). Le modèle MARK V fait l'objet de l'étude.
Le rapport décrit sommairement les éléments composant l'instrument et les essais
effectués. L'auteur tente de donner une interprétation d'après les résultats
qu'il a obtenus.
-
- 26.09.96. rapport de Philippe GUILGUET , ingénieur
ENSEHT, licencié ès sciences, expert près la Cour d'appel de Paris et expert
agréé par la Cour de Cassation (annexe 3).
-
- Le modèle MARK SUPER VII fait l'objet de l'étude. Le rapport
traite des problèmes de nature technique et juridique relatifs à l'obtention du
brevet. En fin de rapport, l'auteur décrit brièvement les constituants de
l'instrument et leur fonction respective. Il aborde aussi, de manière succincte,
la possibilité de mesurer et d'indiquer les variations de résistance électrique
d'un corps vivant.
-
- Après avoir lu ces trois rapports, le soussigné n'a pas
estimé nécessaire de démonter les appareils pour analyser le rôle de chaque
constituant. En effet, les essais de fonctionnement montrent que les instruments
se comportent comme des ohmmètres. Ils correspondent à ce qui est décrit dans la
documentation qui les accompagnent et à ce que les précédents experts ont décrit
dans leur rapport respectif. En conséquence, le soussigné va se limiter à
résumer le fonctionnement des deux instruments.
-
- L'électromètre HUBBARD professionnel a été conçu pour
indiquer les variations de résistance d'un corps vivant. Pour cela, il est
constitué d'électrodes, sous forme de boîte que le sujet doit saisir. Un faible
courant va donc traverser le sujet. L'intensité de ce courant est mesurée par un
ampèremètre faisant partie d'un montage appelé pont de Wheatstone. Un
potentiomètre de réglage permet l'équilibre du pont. Il serait ainsi possible de
mesurer la résistance électrique du sujet, mais, comme déjà dit, la valeur de
cette résistance ne peut pas être lue directement, l'instrument n'étant pas
destiné à cet usage.
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- L' appareil a son maximum de sensibilité pour une résistance
d'environ 10'000 ohms.
-
- Cette sensibilité est d'ailleurs réglable en continu dans
trois plages différentes. Il est à noter que la sensibilité du modèle MARK SUPER
VII n'est pas supérieure à celle de son prédécesseur le MARK VI, du moins dune
manière appréciable par l' opérateur.
-
- C'est la plage de réglage de sensibilité du MARK SUPER VII
qui est plus large, ainsi que la précision des lectures, au centième au lieu du
dixième pour le MARK VI.
-
- En bref, lorsque la résistance électrique du
sujet augmente, l'aiguille du cadran se déplace vers la gauche, alors que
lorsqu'elle diminue, l'aiguille se déplace vers la droite. L'instrument est donc
très banal. Sa seule originalité réside dans le fait
qu'il est possible de varier la sensibilité dans la zone de mesure, de sorte que
de très faible variation de résistance sont décelables. (Pour plus de détail sur
les éléments de l'appareil, voir rapport GUILGUET , annexe 3, page 2, 5e alinéa
à page 4, 3e alinéa, ainsi que page 12 dernier alinéa à page 13 avant dernier
alinéa).
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-
- 3.3. DESCRIPTION DES ORGANES
EXTERNES
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- Pour une meilleure compréhension, le soussigné a reproduit,
ci-après, quelques illustrations figurant dans la documentation qui lui a été
remise.
- Aperçu général
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- Fig. 1 . vue
générale d'un MARK SUPER VII
-
- Légende et explications
:
-
- 1. Electrodes, en forme de cylindre, que le sujet doit
saisir comme des boîtes de conserve.
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- 2. Cadran avec aiguille.
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- 3. Bouton du "Tone arm" . Il s'agit en réalité du
potentiomètre permettant d'équilibrer le pont.
-
- 4. Affichage digital du "Tone arm" (le modèle MARK VI n'est
pas équipé de cet accessoire).
-
- Commentaire:
- lorsque le sujet tient les boîtes, l'opérateur amène
l'aiguille au centre du cadran au moyen du bouton "tone arm" , gradué de 0,5 à
6,5, avec une gradation toutes les 0,25 unités. L'unité est tout à fait
arbitraire. Lorsque l'appareil est correctement étalonné, un "tone arm" de 2
correspond à une résistance de 5'000 ohms, alors qu'un tone arm de 3 indique une
résistance de 12'500 ohms. L'affichage digital permet une lecture du Tone arm au
centième.
-
- 5. Commutateur pour l'amplification de la sensibilité. Le
modèle MARK VI a trois positions : 32, 64 et 128. Le modèle MARK SUPER VII a
aussi trois position : LOW , NORMAL (32) et HIGH.
-
- 6. Potentiomètre permettant le réglage de la sensibilité en
continu. Il permet d'affiner le réglage de l'amplification choisi au moyen du
commutateur précédent.
-
- Commentaire:
-
- ces deux accessoires permettent à l'opérateur de régler
l'appareil en fonction du sujet. Si ce dernier réagit trop violemment, l'
aiguille part en butée, rendant toute interprétation impossible. Il faut donc
diminuer la sensibilité. A l'inverse, la résistance électrique du sujet peut
varier très faiblement. L'aiguille ne bouge pratiquement pas. L'opérateur peut
alors augmenter l'amplitude des mouvements de l'aiguille.
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- 7. Interrupteur ON/OFF pourvu d'une position TEST
-
- 8. "TRIM". Ce bouton permet le calibrage de l'appareil
avant une séance.
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- 9. Cadran permettant l'affichage digital de la date ou de
l'heure.
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- 10. Compteur de "tone arm" .
-
- Commentaire:
-
- c'est l'une des particularités qui fait aussi l'originalité des deux instruments.
Lorsque la résistance du sujet augmente, l'aiguille part vers la gauche.
L'opérateur doit la ramener au centre du cadran au moyen du bouton No 3. Après
cette augmentation, la résistance du sujet devrait redescendre peu à peu.
L'aiguille va se déplacer vers la droite. L'opérateur doit à nouveau la ramener
au centre en diminuant le "tone arm" , toujours au moyen du même bouton. Le
bouton sera donc tourné en sens inverse des aiguilles d'une montre. Son
déplacement sera de quelques unités ou plus généralement de quelques fractions
d'unité. C'est ces fractions qui vont être additionnées petità petit. Par
contre, les déplacements dans le sens des aiguilles d'une montre ne sont pas
pris en compte.
-
- Le cadran
-
-
- Fig. 2: détail du
cadran
-
- La position SET est celle qui est recherchée durant la
séance. Si l'aiguille se dirigedans la partie FALL, cela signifie que la
résistance du sujet chute. A l'inverse, lorsque la résistance s'élève,
l'aiguille se dirige dans la zone RISE. La zone TEST est l'endroit où doit se
trouver l'aiguille lorsque l'on place l'interrupteur ON/OFF en position
TEST.
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-
- IV.- UTILISATION DES ÉLECTROMÈTRES EN
SCIENTOLOGIE
-
- 4.1. GÉNÉRALITÉS
-
- D'après les entretiens et la documentation remise,
l'électromètre HUBBARD professionnel semble être un instrument capital pour les
scientologues. L' expert a nettement l'impression que la scientologie, sous sa
forme actuelle, est impossible sans lui. Le soussigné en veut pour preuve les
nombreux slogans utilisés dans la documentation (seul instrument permettant de
donner à un auditeur un aperçu en profondeur du mental de son préclair -
l'électromètre MARK SUPER VII est sans aucun doute une des percées les plus
importantes que nous ayons connues en scientologie... - seul l'électromètre MARK
SUPER VII peut être utilisé dans le système de supervision d'audition du célèbre
Cours d'Instruction Spéciale de Saint Hill - sans l"électromètre, nous ne
pourrions accomplir les miracles dont nous sommes quotidiennement témoins en
Scientologie - il n 'existe aucun moyen connu d'amener une personne à l'état de
clair sans utiliser un électromètre - etc.).
-
- L'électromètre est décrit comme "un instrument religieux
utilisé dans le confessionnal de l'église... il est utilisé uniquement par les
ministres, dans le but d'assister les paroissiens à localiser les zones de
détresse ou de souffrance spirituelles."
-
- Le rôle de l'électromètre est expliqué dans l'ouvrage de L.
Ron Hubbard. "Comprendre 1 'électromètre". Son utilisation ne peut être bien
comprise sans posséder quelques éléments faisant partie de la doctrine des
scientologues. Le soussigné va essayer d'expliquer quelques unes des notions
permettant de comprendre pourquoi l'électromètre est nécessaire aux
scientologues.
-
- 4.2. LE SOUVENIR OU FAC-SIMILÉ"
-
- Pour les scientologues, "le souvenir est un enregistrement
de l'univers physique. Il comporte un repère temporel", qui est le moment où un
événement s'est produit, ainsi qu'un "modèle de mouvement" . Autrement dit,
lorsque nous sommes témoins d'un événement nous enregistrons, à chaque instant,
les images, les sons, les odeurs, les émotions, etc. liés à cet événement. Tout
se déroule un peu comme une caméra vidéo qui enregistre sur une bande magnétique
les images et le son d'une scène.
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-
- Les scientologues appellent un souvenir enregistré ainsi un
"fac-similé" . Le mental est capable en réexaminant ultérieurement un fac-similé
de ressentir l'émotion qu'il contient. Jusque là, rien de vraiment transcendant.
Chacun a pu, par exemple, se réjouir en regardant les photographies d'une fête à
laquelle il a participé ou s'attrister en voyant l'image d'un cher
disparu.
-
- La scientologie s'attache surtout au fac-similé pesant. Le
fac-similé peut absorber de l'énergie et provoquer de la douleur, des troubles,
un comportement aberrant et des maladies psychosomatiques, même lorsque
l'individu n'est pas en train d'évoquer ce souvenir particulièrement néfaste.
L'effacement de ces fac-similés est "hautement souhaitable" . Pour cela, il est
nécessaire de les réactiver. Les explications commencent à se compliquer, mais
il est possible de mieux comprendre en tirant un parallèle avec la psychanalyse.
Des troubles mentaux peuvent provenir d'événements refoulés. Le psychanalyste,
s'il l'estime nécessaire, essayera d'amener son patient à évoquer ces souvenirs
parfois enfouis au plus profond du subconscient.
-
- 4.3. LA MASSE DU "FAC-SIMILÉ"
-
- Les choses deviennent très compliquées lorsque
l'on aborde le problème de la masse.
-
- Pour des raisons qu'il serait difficile
d'expliquer ici (le soussigné ne les a d'ailleurs pas bien comprises, et il
faudrait probablement un stage en scientologie pour cela), le fac-similé
constitue une masse ou, du moins, son évocation créerait de la masse. Les
explications fournies reposent sur des phénomènes physiques interprétés parfois
correctement et dtautres fois de manière farfelue. Ainsi en stimulant certains
souvenirs, l'individu peut prendre du poids (cf Comprendre l'électro- mètre, pages
52-53).
-
- Il faut probablement comprendre cette
augmentation de poids comme un accroissement de la masse mentale. A partir de
là, on retrouve un peu de cohérence. En effet, le fac-similé stimulé va créer de
la masse. La masse ayant augmenté, le courant électrique passera moins bien.
Donc, si la masse augmente, la résistance électrique fait de même. Cependant, il
n'est donné aucune expli- cation à ce phénomène. En physique, la résistance
électrique d'un corps ne dépend pas de sa masse. Au contraire, on peut concevoir
qu'une augmentation de la masse favorise la conductibilité, donc diminue la
résistance.
-
- Pour rester cohérent, la Scientologie assimile
la masse mentale à une matière isolante.
-
- En augmentant cette masse, la résistance
électrique augmente aussi. Le tout est illustré par la figure suivante, tirée de
Comprendre l'électromètre.
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- R
-
- Fig.3 : augmentation de la résistance par la
réactivation d'un fac-similé
-
- On constate que la réactivation d'un souvenir douloureux
augmente la résistance électrique. L'aiguille de l'électromètre dévie vers la
gauche.
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- 4.4. UTILISATION DEL'ÉLECTROMÈTRE
-
- L'appareil est utilisé dans des séances appelées "auditions"
. Deux personnes se trouvent face-à-face . l'opé- rateur ou "auditeur" et le sujet
qui tient les électrodes. Le sujet est souvent un "préclair". On parle aussi de
personne "auditée". L' électromètre est utilisé principalement dans deux
domaines distincts.
-
- La formation de l' auditeur;
le contrôle de la progression du préclair.
-
- La formation de l'auditeur est très longue [Note
d'anti-scientologie: en réalité il suffit de quelques semaines de formation pour
auditer un
patient avec un électromètre].
-
- L'électromètre est donc abondamment utilisé à des fins d'exercice. Ce type de
séances met face-à-face un étudiant-auditeur, qui joue le rôle de l'opérateur et
un "coach" qui tient celui de sujet. Le "coach" peut être un étudiant de même
niveau que l'auditeur, ou un superviseur, qui devrait être un auditeur confirmé.
Le soussigné reparlera de la formation au cours du chapitre V.
-
- Le contrôle de la progression du préclair est le rôle
essentiel de l'électromètre. Sans entrer dans les détails, l'un des chemins de
la scientologie est le passage du stade de préclair à celui de "clair". Le
préclair doit franchir plusieurs étapes (purification, cours, etc.) qui
l'amèneront à différents niveaux, dont celui de clair. Pour cela, il ne doit
pratiquement plus avoir de " mental réactif" . Il est donc important que les
fac-similés particulièrement pesants aient été effacés. Le préclair doit donc se
soumettre régulièrement à des séances d'audition au cours desquelles l'auditeur
va tenter de localiser ces fac-similés.
-
- En théorie, lorsque le préclair pense à un incident, il
utilise de l'énergie électrique, ce qui crée une perturbation dans le champ
électrique qui l' entoure ou qui se trouve à l'intérieur de son corps. Cette
modification se traduit par une impulsion captée par l'onde porteuse envoyée par
l'électromètre à l'intérieur du corps du préclair. L' auditeur détecte l'
événement, sans pouvoir identifier sa nature, en constatant que l''aiguille
chute brutalement vers la droite (cf.schéma de la page
suivante).
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- Fig. 4: détection d'un fac-similé
-
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- Les scientologues appellent cette réaction de l'aiguille un
"fall'. L'auditeur recherchera particulièrement les événements dont l'évocation
se traduit par un "long fall". En réalité, la résistance électrique du sujet a
diminué un cours instant.
-
- Il faut maintenant que le préclair réactive ce fac-similé et
c'est le rôle de l'auditeur de l'y aider. Lorsque le souvenir sera réactivé,
l'aiguille va basculer progressivement vers la gauche (augmentation de la
résistance), comme l'illustre le schéma de la figure 3.
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- A force de réactiver le fac-similé, le préclair décharge de
la masse mentale (en théorie). L'aiguille va revenir au centre et commencer à
flotter. Une "aiguille flottante" est le signe pour l'auditeur que son préclair
a effacé un fac-similé pesant.
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- En pratique, la séance peut être longue. Elle se déroule
sous forme de questions. Après chaque question, l'auditeur contrôle la réaction
de l'électromètre. En fonction des réactions, le préclair devra fournir des
réponses ou s'exprimer. Il y a toute une série de mouvements d'aiguille. Les
principales réactions sont au nombre de seize (cf. Données essentielles sur
l'électromètre, pages 11 à 24). Chaque type de réaction fait l'objet d'une
interprétation. Quelques réactions et leurs interprétations respectives sont
visibles sur la cassette vidéo jointe en annexe du présent rapport.
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- L'étudiant-auditeur étant souvent un préclair, il doit
aussi, en parallèle à sa formation, éliminer la plus grande partie de son propre
mental réactif. Il deviendra "clair" et, à partir d'un certain niveau,
pratiquera "l'audition solo" . C'est à dire qutil se posera des questions et
interprétera lui-même ses propres réactions. Ne pouvant tenir les électrodes
dans les deux mains, il a été prévu un petit accessoire isolant permettant de
réunir les deux boîtes sans contact électrique. L'une des mains de l'auditeur
établi le contact en serrant les deux boîtes, alors que l'autre est utilisée
pour les manipulations de l'électromètre (voir figure 5, ci-dessous).
-
- Fig. 5. manière de pratiquer l' audition
solo (modèle MARK SUPER VII équipé
- d'un "Tone Arm" à distance, manipulé par
l'index droit de l'auditeur)
-
- A un certain stade, la plus grande partie des "fac-similést'
pesant éliminée, l'auditeur a besoin d'un électro- mètre plus sensible, d'où la
nécessité de passer du MARK VI au MARK SUPER VII. Il peut ainsi rechercher des
"fac-similés" situés à un niveau de conscience beaucoup plus éloigné et examiner
sa vie prénatale (stress vécus par le foetus) et même remonter plusieurs
millions, voire plusieurs milliards d'années avant sa naissance . (Cf. Le livre
des exercices à l'électromètre, pages 90 à 93).
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- 4.5. DERNIÈRES REMARQUES
-
- L'utilisation de l'électromètre telle que
décrite précédemment repose sur l'usage avoué des scientologues. L'hypothèse
selon laquelle ces appareils pourraient être utilisés à d'autres fins, détection
de mensonge notamment, est infirmée par l'église de scientologie.
-
- Dans le cadre de son mandat, le soussigné n' a pas les
moyens de déterminer si les scientologues font une autre utilisation, non
officielle ou inavouée, de leurs électromètres. Il s'agit là d'éIéments
d'enquête reposant sur des témoignages.
-
- Cependant, l'usage qui pourrait être fait de ces appareils
sera abordé dans les chapitres suivants.
-
- V.- CARACTÈRE SCIENTIFIQUE DE L'ÉLECTROMÈTRE
-
- 5.1. GÉNÉRALITÉS
-
- Si l'électromètre HUBBARD professionnel est
incontestablement un instrument technologique, son utilisation n'est pas
nécessairement à caractère scientifique. Une automobile
est conçue par des ingénieurs, cependant son utilisation par la majorité des
conducteurs ne peut pas être considérée comme de nature scientifique.
-
- L'expert a déterminé si la conception de l'appareil permet
une utilisation de nature scientifique et ensuite si l'utilisation par les
scientologues revêt un caractère scientifique. Dans les paragraphes suivants, il
sera donc traité des possibilités de l'appareil, des essais effectués et de la
comparaison entre la théorie de l'église de scientologie et la
réalité.
-
- 15/32
-
- 5.2. POSSIBILITÉS TECHNIQUES DE LAPPAREIL
-
- Comme déjà dit, l'électromètre HUBBARD professionnel a été
conçu pour indiquer les variations de résistance d'un corps vivant. En fait, en
tant qu'ohmmètre, il est plus aisé de décrire ses lacunes que ses
possibilités.
-
- Le cadran n'étant pas gradué, il est impossible de mesurer
la résistance effective du sujet sans passer par un calibrage au moyen de
résistances étalonnées. L'appareil n'est équipé que de deux résistances de cette
sorte. Ainsi, un Tone Arm de 2 correspond à une résistance de 5000 ohms et une
Tone Arm de 3 vaut 12'500 ohms. Le cadran digital affichant au centième (pour le
MARK SUPER VII), la différence de 7'500 ohms vaut 100 divisions, mais seulement
entre les positions 2 et 3. En effet, la graduation du Tone Arm n'est pas
linéaire. De ce fait, une variation dtune division qui devrait correspondre à 75
ohms peut avoir une toute autre valeur si le Tone Arm est plus près de 2 que de
3.
-
- En conséquence, si la détection de faibles
variations de résistance est une qualité de l'appareil, la variation non
linéaire du Tone Arm et le réglage également non linéaire dela sensibilité ne
permettent aucune lecture objective. Il est donc impossible de comparer les
réactions de deux sujets, ni de comparer la réaction d'un sujet par rapport à
une séance effectuée un jour plus tôt.
-
- La question fondamentale de savoir si l'on
peut effectuer un travail scientifique avec l'électromètre HUBBARD professionnel
trouve ici un élément de réponse négatif. En effet, en matière de recherche
scientifique, il est impératif que l'instrumentation à disposition permette des
essais aboutissant à des résultats reproductifs. Ainsi
un chercheur, travaillant dans les mêmes conditions qu'un confrère, pourra
confirmer les résultats et la valeur scientifique d'un travail. Ce n'est
évidemment pas possible avec l'électromètre HUBBARD professionnel.
-
- L'électromètre est-il donc totalement inutile ? Pas
forcément. Un ordinateur est un appareil scientifique. Il peut être utilisé dans
le domaine de la recherche. S'il n'est pas assez puissant pour la recherche que
l'on veut effectuer, on peut toujours l'utiliser pour du traitement de texte ou
des jeux.
-
- Les théories de l'église de scientologie doivent-elles donc
être écartées en raison des limites de leurs instruments ? La science n'a pas
toujours progressé en utilisant une technologie de pointe. Les astronomes des
siècles précédents ont fait d'importantes découvertes avec des télescopes
beaucoup moins performants que les modèles actuels.
-
- Les scientologues admettront peut-être que leurs appareils
ne sont pas les 'tRolls Royce' que pourrait faire croire leur documentation
publicitaire, mais ils diront "qu'importe, l' essentiel c'est que cela
fonctionne" . D' où la nécessité de faire des essais
-
- 16/32
-
- pour voir si cela fonctionne, éventuellement pour comprendre
comment cela fonctionne et peut-être pour dire ce qui fonctionne
réellement.
-
- 5.3. ESSAIS
-
- 5.3.1. Remarques préliminaires
-
- D' emblée, le soussigné a été confronté aux mêmes problèmes
techniques que l' expert AUVRAY (cf. annexe 2, page 6, point 3°). La manière de
tenir les électrodes influence énormément le déroulement des essais.
D'autre part, des résultats cohérents ne
peuvent pas être obtenus sans une totale collaboration du sujet. Ce dernier doit
faire preuve d'un grand calme et d'une concentration extrême. Evidemment, pour l'objectivité des résultats, le soussigné a
collaboré avec du personnel scientifique. Ce dernier n'ayant pas subi le
conditionnement d'un préclair scientologue, il n' a pas été possible de pousser
les tests très loin. On constate que l' effort de concentration exigé est trop
important. Il est souvent perturbé par l'intérêt que le sujet porte au travail.
Il n' a donc été possible de faire que des tests de bas niveau qui vont être
décrits ci- dessous. Pour contrôler
d'autres phénomènes, comme la valeur de l'interprétation de certains mouvements
de l'aiguille, il faudrait soit un conditionnement semblable au préclair, ce qui
n'est pas possible, soit une instrumentation différente, permettant de réduire
efficacement les influences extérieures.
-
- Celle-ci aurait pu être développée par
ltéglise de scientologie. Le système de boîte ne convient pas. Il pourrait être
remplacé par des électrodes similaires à celles équipant les détecteurs de
men- songe. Evidemment, il serait nécessaire de revoir la construction de
l'électromètre pour améliorer sa sensibilité dans une autre plage de mesure. La
formation de l'auditeur serait considérablement accélérée. Les concepteurs ne
l'ont pas voulu de sorte que, à partir d'un certain niveau, un non-scientologue
ne peut plus faire de vérification.
-
- 5.3.2. Auditeur scientologue, sujet
scientologue
-
- Les essais ont été effectués le 29 novembre 1996, à l'église
de scientologie de Lausanne, en présence de l'expert. En fait, le test avait
plus la valeur d'une démonstration. L' auditeur a exécuté les exercices 16 et 21
du manuel " Le livre des exercices à l'électromètre" .
-
- L'exercice 16 a pour but d'apprendre à l'étudiant-auditeur à
reconnaître les différentes actions de l'aiguille. Pour cela, l'auditeur va
demander au sujet de penser, par exemple,
-
- 17/32
-
- à un mensonge ou à un problème de temps présent qui devrait
provoquer un "fall" de l'aiguille, puis à une peur qui devrait se traduire par
un "rise". Le soussigné a pu constater que certains comportements de l'aiguille
(fall, aiguille collée) peuvent être obtenus facilement, ils sont donc aisément
repérables, même pour un non initié. Par
contre, d'autres actions de l'aiguille, telles "rise" et "thêta bop" (cf Données
essentielles sur l'électromètre) sont difficiles à obtenir , alors que les
ordres donnés au sujet ("pense à une irréalité" ou "pense à un désir de quitter
quelque chose") ont justement pour but de provoquer les mouvements désirés. Ces
actions de l'aiguille, difficilement décelables, seront donc malaisées à
interpréter correctement. Il faut préciser que le sujet
audité n'était plus un préclair.
-
- Les
scientologues expliquent donc qu'à partir d'un certain niveau, il devient
difficile d'obtenir des réactions particulières de l'aiguille, puisque le mental
du sujet a progressé.
-
- L'explication est peut-être correcte, mais elle n'est pas
vérifiable scientifiquement. En effet, seul le sujet peut attester que
l'auditeur a vu et interprété correctement une réaction de l'aiguille. Il est
donc nécessaire que le vérificateur de l'expérience tienne le rôle du sujet et
que son mental évolue. Cette dernière condition nécessiterait plusieurs mois,
voire plusieurs années de scientologie. Passé ce délai, il n'est plus possible
de garantir l' objectivité du vérificateur.
-
- D'autre part, en admettant que les thèses des
scientologues soient correctes, pour qu'une évolution du mental puisse être
scientifiquement constatée, il faut que les réactions de l' aiguille diminuent.
Les essais doivent donc être répétés à plusieurs mois d'intervalle et les
valeurs absolues des mou- vements de l' aiguille enregistrés. Or, comme on l'a
déjà vu, les conditions de l'expérience changent d'une fois à l'autre (parfois
même au cours de l' audition) et l' appareil n' est pas conçu pour effectuer des
mesures.
-
- Ces deux lacunes (essais non répétitifs et impossibilité
d'un contrôle par un vérificateur externe à la scientologie) sont des obstacles
majeurs à la reconnaissance d'un éventuel caractère scientifique de
l'utilisation de l'électromètre.
-
- Le deuxième essai a consisté à exécuter l'exercice N° 21 .
L'auditeur donne l'ordre "Considère ce qui s'est passé aujourd'huit'. L'auditeur
doit intervenir en disant "ça" ou "là" , lorsqu'une pensée du sujet provoque un
déplacement de l'aiguille vers la droite.
-
- Le sujet continue à évoquer les événements de la journée et
va de nouveau repenser à l' événement qui a provoqué la réaction de l'auditeur.
Ce dernier doit voir qu'il s'agit de la même pensée que précédemment car, en
théorie, l'aiguille doit bouger de la même manière (même vitesse de déplacement
et même amplitude).
-
- Le soussigné a pu constater qu'à certains moments l'aiguille
de l'électromètre dévie vers la droite ("fall"). Le sujet, d'après ses
explications, était en train de se rappeler le moment où il a entendu la
sonnerie de son réveil. Bien entendu, ce genre d'allégation n'est pas
contrôlable par l'observateur. Le soussigné a donc décidé de prendre la place du
sujet. Il faut préciser qu'avant, le soussigné s'était entraîné longuement
et
-
- 18/32
-
- plusieurs fois au maintien des boîtes afin de diminuer le
plus possible les influences extérieures. Sans cela l'expérience n' aurait pas
pu être tentée.
-
- 5.3.3. Auditeur scientologue, sujet non
scientologue
-
- L' essai a été tenté lors de la même séance du
29 novembre 1996. L' exercice N° 21 a été répété à deux reprises. L'expert a
donc été invité à se rappeler ce qui s'était passé dans la journée. En fait, le
soussigné venait de vivre trois événements contrariants, mais totalement
anodins. Ces événements seront appelés A, B et C.
-
- Lors de la première tentative, l'auditeur est
intervenu lorsque l'expert a évoqué l'événement A. Un peu plus tard, l'auditeur
est de nouveau intervenu lorsque le soussigné pensait à l'événement B.
L'auditeur a cru qu'il s'agissait de la même pensée.
-
- Lors de la seconde tentative, l' auditeur est
intervenu à l' évocation de l' événement A. Il n' a pas réagi au souvenir de
l'événement B. Le soussigné a de nouveau évoqué l' événement A et l' auditeur a
hésité à intervenir. Ensuite, le soussigné a pensé à l'événement C. L'auditeur
est intervenu, croyant qu'il s'agissait de nouveau de l'événement A.
-
- En résumé, les essais montrent que l'aiguille de
l'électromètre réagit à la pensée d'un événement contrariant. Par contre,
reconnaître plusieurs fois cette pensée est déjà beaucoup plus aléatoire. Les
deux scientol~gues ayant participé reconnaissent d' ailleurs que l' auditeur a
une large part d'interprétation. En pratique, il semble que l'on ne traitepas
plusieurs événements en même temps, mais l'un après l'autre. D'après les
indications fournies au soussigné, lors d'une audition, l'auditeur va choisir la
pensée qui provoque le déplacement d'aiguille le plus important. Il va revenir à
cet événement jusqu'à ce que son évocation ne provoque plus de réaction de
l'aiguille (fac-similé effacé). Il n'est pas rare que l'on ne traite qu'un seul
événement par séance.
-
- 5.3.4. Auditeur et sujet non
scientologues
-
- Comme déjà dit, les essais n'ont pas pu être
poussés très loin. Le premier test effectué, celui du pincement, a été tenté
avec quatre sujets différents. Cet essai consiste à pincer le sujet. L'aiguille
dévie alors nettement vers la droite (vérifié pour tous les sujets). Ensuite,
l'auditeur demande au sujet de se remémorer l'instant où il a été
pincé.
-
- L'aiguille devrait alors se déplacer à nouveau
vers la droite, mais moins nettement. Cela a été constaté pour deux sujets. Par
contre, il n'a pas été possible de voir un déplacement de l'aiguille pour les
deux autres personnes.
-
- 19/32
-
- Lors du deuxième essai, on demande à deux
sujets de penser à un nombre entre un et dix. L'auditeur énumère lentement les
chiffres et guette les réactions de l' aiguille.
-
- Lorsque l'auditeur prononce le chiffre choisi
par le sujet, l'aiguille se déplace vers la droite. Le test a bien fonctionné
avec l'un des sujets, mais pas avec l'autre.
-
- Lors du troisième test, les protagonistes ont
tenté de refaire l'exercice 21. Un seul "fall" a été constaté. Il correspondait
à l'évocation d'un souvenir contraignant, mais pas directement pour le sujet. En
fait, le sujet pensait à la maladie de l'une de ses connaissances. L'aiguille a
bougé lorsque le sujet venait de se faire la réflexion "je n' aimerais pas être
dans cette situation" .
-
- En raison de la difficulté d'obtenir des
mouvements clairs de l'aiguille, le test n'a pas été répété et les essais ont
été abandonnés.
-
- 5.4. INTERPRÉTATION, DOCTRINE ET AUTRES
POSSIBILITÉS
-
- 5.4.1. Constatations relatives aux essais et
entretiens
-
- Les tests montrent que l'électromètre HUBBARD permet à
l'auditeur de repérer et d'intervenir lorsque le sujet évoque un événement
contrariant. C'est le seul phénomène qui peut être vérifié scientifiquement, ce
qui est en soi assez intéressant.
-
- Par contre, essayer de comprendre la nature même de la
pensée, les problèmes du sujet, ses angoisses ou ses contradictions uniquement
d' après les réactions de l'aiguille, sont des choses qui paraissent beaucoup
plus aléatoires et invérifiables d'une manière objective.
-
- D'autre part, "appareil ne détecte pas seu'ement les
événements contrariants, puisqu'il est possible, par exemple, de trouver le
nombre choisi par un sujet.
-
- Le soussigné a l'impression que "audition repose plus sur
les interprétations et intuitions de l'auditeur que sur la lecture froide des
réactions de l'aiguille.
-
- D'autre part, les auditeurs entendus par le
soussigné (le plaignant et l'inculpé B), tous deux convaincus des possibilités
de leur instrument, ne sont pas capables de foumir des explications claires et
cohérentes sur les phénomènes physiologiques provoquant les réactions de l'
aiguille. Il semble que l'auditeur tire directement un lien entre la lecture de
l'électromètre et le phénomène psychologique sans connaître la nature de ce lien
qui est essentiellement physiologique. En résumé,
"auditeur tire une sorte de diagnostic sur le mental du sujet, sans savoir
comment la réaction de ce mental se transmet à son appareil. Il est évident
qu'une personne qui utilise un instrument sans comprendre les bases de son
fonctionnement ne peut pas prétendre en faire un usage scientifique.
-
- 20/32
-
- Il y a donc une lacune dans la formation de l'auditeur. Pour
savoir si cette lacune est générale ou propre à l'église de scientologie de
Genève, le soussigné a repris les ouvrages traitant de
l'électromètre.
-
-
5.4.2. Pratique, théorie, erreurs et
contradictions
-
- Les essais ont permis de constater que les réactions d'
aiguille les plus caractéristiques et les plus souvent observables sont les
différents types de "fall" (aiguille partant vers la droite après l'énoncé d'une
question). En consultant le livre "données essentielles sur l'électromètre", on
constate que le "fall" est effectivement le mouvement le plus recherché. Tous
les types de "fall" , quel que soit la sensibilité, "indiquent qu'il y a
quelque chose qui doit être nettoyé" .
-
- Par contre, d'après l'ouvrage "comprendre l'électromètre" ,
l'évocation d'un fac-similé devrait produire de la masse, donc augmenter la
résistance au passage du courant, ce qui se traduit par un "rise" (aiguille
partant vers la gauche). Toutefois, le
test du pincement (page 100) trouve une explication en totale contradiction. En
effet, chaque fois que l'on se rappelle l'instant où l'on a été pincé l'aiguille
réagit par un "fall" de plus en plus faible, ce qui est observé en pratique.
Mais l'explication qui en est donnée est fausse . en théorie, "la masse se
volatilise et le blocage de l'onde porteuse se réduit". Comme cela a déjà été
expliqué, lorsque la masse diminue, la résistance diminue et l' aiguille part
vers la droite. Autrement dit, d' après la théorie, à chaque évocation de
l'instant où l' on a été pincé, l' aiguille devrait partir de plus en plus vers
la droite, puisque la résistance diminue .
-
- Il y a donc une confusion générale, au niveau
de la doctrine. Cette confusion est entretenue par la mauvaise interprétation
des déviations de l' aiguille. Lorsque l' aiguille descend de la droite vers le
centre du cadran, les scientologues croient que le " tone arm" descend. Or, en
réalité, un mouve- ment de la droite vers le centre correspond à une augmentation
de la résistance, donc également à une augmentation du "tone arm".
-
- La confusion provient du fait que le cadran n'est pas gradué
numé- riquement et que l'auditeur ne sait jamais quelle est la valeur absolue de
la résistance électrique de son sujet, or pour l'ohmmètre (cas de l'électromètre
HUBBARD), la valeur diminue lorsque l'aiguille monte, contrairement à la
majorité des appareils de mesure. Les
explications du phénomène (masse et résis- tance du fac-similé) sont, dans le cas
particulier, en contradiction avec les lois fondamentales de la
physique.
-
- En conclusion, il n'est pas étonnant que les auditeurs
n'aient pas des notions claires de ce qu'ils font. Leur rôle est de trouver des
zones d'ombre dans le passé de leurs sujets et de tout faire pour que leurs
préclairs ne réagissent plus à l'évocation de leurs souvenirs. Le reste n'est qu'une théorie sur laquelle on ne se
pose pas trop de questions. Ce manque d'esprit critique est un obstacle à la
reconnaissance du caractère scientifique de leur travail.
-
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-
- 5.4.3. La formation
-
- Si les bases théoriques sont des plus
lacunaires, qu'en est-il de la formation pratique ?
-
- Le manuel "Le livre des exercices à
l'électromètre" en donne un bon aperçu.
-
- Mis à part quelques exercices où l'on se
demande si l'âge mental de l'étudiant-auditeur est du niveau de l'école
infantile , tout se présente comme si l'on voulait former une sorte de robot. Le
maniement de l'électromètre doit devenir automatique.
L'étudiant apprend essentiellement à manipuler les boutons et à reconnaître les
réactions de l' aiguille.
-
- Il n'y a aucune approche psychologique du
sujet. Souvent, le préclair devra écouter ou répondre à
des questions. Les questions sont sur des listes que l'auditeur doit utiliser.
Il ne dispose d'aucune liberté; il doit poser ces questions. Les réactions de
l'aiguille vont susciter de nouvelles questions, toujours stéréotypées, du genre
"y a-t-il quelque chose de caché là-dessous ?" ou encore, lorsque le préclair
dit qu'il était inattentif ou objecte qu'il y a un problème technique.
"d'accord, je te répète la question...".
-
- L'idée est donc de former un auditeur froid,
distant, une sorte de personnage neutre que le préclair ne saurait émouvoir ou
apitoyer. Cependant, cette sorte de neutralité n'empêche pas l'auditeur de
devenir très actif, parfois jusqu'à l'acharnement. Les
directives du manuel Données essentielles sur l'électromètre sont assez claires.
Le soussigné en cite quelques unes.
-
- Un fall signifie : "Ho, ho
! Il m 'a eu". Vous n
'abandonnez pas une question qui a produit un fall tant que vous n 'êtes pas sûr
que le préclair vous a tout dit et tant que l'aiguille ne F/N pas (= ne flotte
pas) lorsque vous posez cette question.
-
- Si la question continue de produire un fall, vous avez
l'une des deux choses suivantes:
-
- a. Le préclair n'a pas tout dit, ou
- b. Il y a une retenue ou un overt antérieur
similaire.
-
- Dans le cas de (a), vous continuez d'interroger le
préclair de différentes manières jusqu 'à ce que cela soit clarifié (pas de
fall, même avec une sensibilité élevée...).
-
- Vous pourrez avoir un fall seulement et puis plus de
fall du tout lorsque vous reposez une ou deux fois la question, puis un fall.
Vous n 'avez pas tout à fait
-
- (1) Tel l'exercice No 1 où l'étudiant, en présence
d'un coach doit toucher et lâcher l'électromètre, ou encore l'exercice No 2, au
cours duquel le coach demande à l'étudiant, par exemple, de toucher le bouton de
sensibilité. de montrer l'aiguille, de toucher les électrodes, etc. jusqu'à ce
que l'on constate que "I'étudiant a fait des progrès sensibles".
|
-
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-
- posé la bonne question. Le préclair essaye de l'ignorer.
La règle à suivre est:
-
- Si, sur une question, vous obtenez la moindre esquisse
d'un fall ou d'une réaction, explorez cette question en long, en large et en
travers, soit en la formulant de diverses façons, soit en modifiant légèrement
le type de question. Dans tous les cas, veillez bien à ce qu'il ne subsiste pas
la moindre réaction ni même la moindre trace de réaction avant d'être certain
que la question ne donnera rien.
-
- Ne vous laissez pas embobiner par des excuses. Ne
doutez pas de l'électromètre (c'est la première chose que le préclair essaie de
faire quand il est vraiment au pied du mur).
-
- La marque d'un bon auditeur de confessionnal est une
suspicion absolue,féroce et aucune confiance aux êtres humains, ni au diable -
seulement à l 'électromètre.
-
- A la lecture de ces principes, on a l'impression
que le préclair ne dispose plus de son libre arbitre. Il est en présence d'un
auditeur que l' on veut froid, intraitable, opiniâtre et parfois acharné. Les
principes de base d'une formation scientifique (curiosité, esprit critique,
ouverture d'esprit, psychologie et respect de l'individu, remise en cause en cas
d' échec, etc.) font défaut.
-
- 5.4.4. Dangers et autres
possibilités
-
- Les partisans de la scientologie diront qu'il faut
relativiser. L' archétype de l' auditeur, décrit ci-dessus, ne se rencontre
peut-être pas dans la pratique. Le soussigné a côtoyé des gens paraissant avoir
des contacts humains normaux, non dépourvus d'amabilité.
-
- Il est donc tout à fait possible que les séances d'audition
se passent en général très bien.
Cependant, le recrutement et la formation
des auditeurs ne permettent pas de placer des barrières pour éviter les
dérapages. Rien n'empêchera l'auditeur trop zélé d'appliquer les principes à la
lettre et de se transformer en véritable inquisiteur.
-
- L'électromètre lui permet de localiser les
zones de détresse de son préclair. Il lui est facile d'en abuser, même
involontairement.
-
- L'auditeur a une position dominante par
rapport à son préclair. La relation est donc faussée au départ. La mise à jour
d'une souffrance spirituelle, qui est, faut-il le rappeler, le but de
l'audition, va accentuer la différence dominant-dominé. L'auditeur se trouve
alors investi de pouvoirs pour lesquels il n'a pas été formé. S'il se prend au
jeu, il va dépasser les limites. L'électromètre lui permet de conduire une sorte
de psychanalyse forcée. Mais, comme cela a été montré, l'aiguille ne réagit pas
qu'à l'évocation de souvenirs traumatisants. Alors qu'il aura abordé un
événement grave du vécu de son préclair sans s' en rendre comte (l' événement
profondément refoulé va donner un "fall"
-
- 23/32
-
- de petite amplitude), il s' acharnera
peut-être sur quelque chose d' anodin, mais donnant un "fall" plus net. Le
réveil de l'événement refoulé, non détecté par l'auditeur, va provoquer un
conflit dont va souffrir le préclair. S i ce dernier présentait déj à des
troubles de comportement, les conséquences risquent d'être désastreuses.
-
- On peut
se demander si cette recherche des zones de détresse, plus ou moins acharnée,
mais en tout cas systématique, n'est pas malsaine. Pour vivre normalement l'être humain doit pouvoir refouler une
quantité de sentiments, émotions, etc. Les grands psychanalystes ont montré que
ce n'est pas le refoulement, mais la violence avec laquelle il a été effectué
qui est à l'origine des névroses obsessionnelles. Il est évident que l'auditeur
va une fois ou l'autre (et en toute bonne fois), faire resurgir un souvenir qui
avait été refoulé normalement.
-
- Lorsque le cas se produira, il ntest pas exclu
que le préclair tente à nouveau de le refouler, cette fois-ci d'une manière
plus violente. Si ce nouveau refoulement est assez
profond, l' auditeur aura l'impression qu'il a effacé un fac-similé pesant et
cherchera autre chose. Cependant, il pourra y avoir plus tard conflit et
troubles chez une personne qui, à l'origine, n'en présentait pas.
-
- En définitive, le soussigné estime que les
scientologues se comportent comme des apprentis-sorciers. Ils utilisent une
technologie qu'ils ne maîtrisent pas entièrement.
-
- Dans certains domaines, les scientifiques font parfois de
même, mais chez eux subsistent, ou devraient subsister, le respect de l'éthique
et la notion de risque calculé qui n'apparaît pas dans l'usage de l'électromètre
HUBBARD.
-
- 5.5. THÉORIE ET RÉALITÉ
-
- 5.5.1. Electromètre et détecteur de
mensonge
-
- Pour bien comprendre ce qui se passe en réalité, il est
nécessaire de tirer un parallèle avec le détecteur de mensonge. Les deux
appareils fonctionnent selon le même principe : ils mettent en évidence les
variations de la résistance électrique de la peau.
-
- Les différences principales sont les suivantes :au contraire de l'électromètre HUBBARD, le détecteur de
mensonge permet des mesures chiffrées; le détecteur de mensonge enregistre aussi d'autres
paramètres . pouls, rythme cardiaque, respiration, tension, etc. Les recherches
ont en effet montré que la résistance de la peau varie en fonction de ces
différents facteurs.
-
- La conception du détecteur de mensonge est
donc plus scientifique que celle de l'électromètre HUBBARD. En effet, en raison des paramètres enregistrés, on voit
tout
-
- 24/32
-
- de suite si une modification de la résistance de la peau
vient de la réaction à la question posée, ou si elle est due à une autre
circonstance (changement dans le rythme cardiaque ou respiratoire, par
exemple).
-
- En résumé, les deux appareils peuvent être qualifiés de
détecteurs d'émotions. Une question adéquate va provoquer un changement dans la
résistance de la peau du sujet. C'est là que s'arrêtent les phénomènes
objectifs, mesurables et pouvant faire l'objet de recherches scientifiques. La
suite est totalement subjective, essentiellement liée à l'interprétation de
l'opérateur et très difficile à vérifier scientifiquement. Pour l'opérateur du
détecteur de mensonge, il s'agira d'étudier les réactions au moment de la
réponse et d'essayer de déterminer si le sujet ment ou pas. Par contre, pour
l'auditeur scientologue, il faudra étudier les réactions après la question et
tenter de déterminer si cette question réactive un fac-similé. Le domaine
d'étude est le même (réaction cutanée), seul l'usage qu'on en fait
diffère.
-
- 5.5.2. Explication du processus dans lequel
l'électromètre entre en jeu
-
- Il est nécessaire de reprendre les principes de base. Comme
déjà dit, l'électromètre HUBBARD indique les variations de résistance électrique
d'un corps vivant. Lorsque l' on dit que l'électromètre envoie un faible courant
qui traverse le corps humain, il s'agit d'une image. En réalité, le courant se
déplace d'une électrode à l'autre en passant par le chemin qui offre le moins de
résistance. Dans le cas du corps humain, ce chemin est la peau. Le courant
électrique ce déplace donc en surface et pas vraiment à travers le corps. Il
faudrait une intensité et une tension beaucoup plus grande pour qu'une partie
mesurable du courant passe à travers le corps (musculature et os).
-
- Donc, quand les scientologues pensent que le mental va
envoyer une petite onde qui va perturber le passage du courant, ils se trompent.
Si besoin était, la preuve peut en être apportée par l'audition solo. Dans ce
type d'audition, le sujet-auditeur tient d'une main les deux électrodes,
séparées de quelques millimètres par un isolateur. C'est la peau de la paume de
la main qui relie les deux électrodes. Autrement dit, le courant ne se déplace
plus qut en surface de la main et sur une distance de quelques millimètres
seulement. Il n'y a donc pas d'onde porteuse qui traverse le corps du sujet et
pourtant le système fonctionne.
-
- Le processus qui entre en ligne de compte est bien connu des
milieux scientifiques.
-
- Le détecteur de mensonges a fait l'objet de nombreuses
recherches, que se soit pour comprendre les phénomènes ou vérifier la fiabilité
du système. Des études ont été effectuées dans différentes universités par des
chercheurs de toute nationalité. Elles ont fait l'objet de publications dans des
revues scientifiques dont les plus connues sont . Journal of Applied Psychology,
Psychophysiology, Journal of Research in
-
- 25/32
-
- Personality, Journal of Police and Criminal Psychology,
Journal of Police Science and Administration, British Journal of Psychology et
Polygraph.
-
- Le phénomène de base est appelé "réflexe psycho-galvanique"
. Une agression modifie la physiologie de l'individu en créant un stress dont
l'un des effets est le changement de résistance électrique de la peau. Lorsque
le souvenir de cette agression est activé par une question, le stress
réapparaît, moins violemment, mais ses effets secondaires sont toujours
mesurables . la résistance de la peau va changer de nouveau. Le mot "agression"
doit être pris dans un sens très large. Au moment de la question, le stress peut
être provoqué par la réactivation de cette agression (le sujet revit une seconde
fois l' agression).
-
- Cependant, le stress peut aussi être provoqué par les termes
mêmes de la question. Un mot va réactiver une contrariété faisant partie du vécu
du sujet, souvent sans aucun rapport avec la question elle-même. Enfin, ce peut-
être le ton sur lequel est posée la question qui va provoquer le stress. Les
scientologues ont compris le risque d'erreur et essayent de l'éviter par leur
technique d'audition. Les questions doivent toujours être courtes et posées sur
le même ton. En cas de litige avec le préclair, l'auditeur va reprendre un par
un les différents termes de la question, en disant par exemple . " Y a-t-il
quelque chose de caché sous le mot cheval ?" , tout en guettant la réaction de
l'électromètre.
-
- L'agression n'est pas nécessairement violente. Comme on l'a
vu, il est possible de trouver le chiffre choisi par un sujet. Si celui-ci est
suffisamment émotif, le fait de prononcer le chiffre suffit à modifier la
résistance de sa peau. On conviendra qu'il ne s'agit pas d'une agression au sens
où on l'entend habituellement. Le terme de "stimulus", employé par les
psychologues, semble plus approprié.
-
- Le stimulus ne doit pas nécessairement être
lié au vécu réel du sujet. Des expériences ont montré quil était possible d'
obtenir des stress avec modification de la résistance de la peau, en posant des
questions sur un film visionné par le sujet. Donc, si les scientologues ont bien
observé le phénomène, ils ont mal compris son origine. Il ne s'agit pas de
l'émission d'une onde qui va perturber le passage de l'onde porteuse, ni de la
création d'une masse qui va s'opposer au passage du courant, mais bien d'un
stress se traduisant par un changement rapide et momentané du degré
d'hygrométrie de la peau, provoquant ainsi la réaction de l'aiguille de
l'électromètre.
-
- Des recherches ont aussi prouvé que la
répétition du même stimulus provoque peu à peu une diminution des réactions du
sujet. L' amplitude des modifications de la résistance de la peau baisse
progressivement. Au-delà d'un certain seuil, elles ne seront plus décelables par
l'appareil de mesure. Il s'agit donc d'un phénomène d'accoutumance. Les "fall"
de l'aiguille de l'électromètre du scientologue sont de plus en plus faibles
parce que la réaction physiologique du sujet diminue et non à cause de
l'évacuation d'une masse liée à un fac-similé.
-
- 26/32
-
- Les scientologues ont donc observé des
phénomènes bien connus, tout en croyant être les seuls à l'avoir fait. Ils ont
échafaudé une théorie fort complexe pour expliquer ces phénomènes qui, en
réalité, sont beaucoup plus simples. Dans le domaine scientifique l'élaboration
d'une théorie repose souvent sur la base de faits constatés par expérience.
Cependant, une thèse construite uniquement sur cette base, sans référence aux
travaux de recherches existants et permettants de comprendre les observations
effectuées, n'aurait aucune chance d'être reçue.
-
- En conclusion, la théorie de l'église de scientologie ne
repose bas sur une base scientifique. Elle a été élaborée en sautant une étape
dont la connaissance aurait probablement changé la nature même de cette théorie.
Il reste, pour terminer, à vérifier si le but avoué est atteint, à savoir si un
fac-similé particulièrement douloureux peut être débarrassé de sa charge émotive
et si le "clair" n'a plus de mental réactif ? Ces dernières questions sont
abordées au paragraphe suivant.
-
- 5.5.3. Limites de
l'expertise
-
- Les réponses aux questions précédentes se situent au-delà
des compétences de l' expert qui, en raison de sa formation, ne dispose que de
connaissances limitées dans les domaines de la psychologie et de la
psychanalyse.
-
- Le premier problème, celui du fac-similé débarrassé de sa
charge émotionnelle, est du ressort du psychologue ou du psychanalyste.
Cependant, quelques éléments de réponse, basés sur le bon sens, peuvent déjà
être apportés.
-
- Il est connu qu'amener une personne à parler
d'une agression ou d'un événement particulièrement traumatisant est une bonne
chose, surtout s'il est récent. On dit communément que "l'on se libère lorsque
l'on parle de quelque chose de grave" ou encore 'qu'il vaut mieux parler que de
garder pour soi ce que l'on a sur le coeur. Ceci explique sans doute pourquoi,
en toute bonne fois, beaucoup de scientologues se sentent mieux, voire même
soulagés après une audition. Sans en tirer un parallèle, il en est de même pour l'auteur d'un meurtre passionnel qui
avoue son crime.
-
- Toutefois, si la séance se termine bien pour la
majorité des gens, on peut légitimement se deman- der ce qu'il en est des
exceptions. La méthode est-elle bonne ? Les dangers évoqués précédem- ment
(paragraphe 5.4.4) permettent d'affirmer le contraire. En conséquence, il semble
que le but recherché, c'est-à-dire l'effacement de la charge émotionnelle d'un
fac-similé, ntest possible que pour une certaine catégorie de
préclairs.
-
- Pour ce qui est du second problème, celui de savoir si le
"clair" n’a plus de mental réactif, il faudrait pouvoir faire les recherches
suivantes :
-
- 27/32
-
- d'abord, contrôler l'évolution de plusieurs "préclairs",
jusqu'au stade de "clair" , en comparant les résultats obtenus par des auditions
au moyen de l'électromètre HUBBARD et au moyen d'un instrument plus sophistiqué,
pour voir si les "fac- similés" ont réellement perdu leur charge émotionnelle ou
si elle n'est pas simplement tombée en dessous du seuil de sensibilité de
l'électromètre; s'il y a une perte appréciable, il faudrait contrôler,
avec les mêmes personnes, si cette perte est définitive ou
momentanée; s'il s'agit de perte définitive, l'étape suivante devrait
consister à faire des essais pour déterminer si le "clair" est devenu un être
amorphe, imperméable à toute agression ou émotion, ou au contraire, s'il est
toujours capable de les ressentir tout en contrôlant ses réactions. Pour cela,
les expériences devraient être menées avec un groupe de "clairs" et un groupe
témoin de personnes étrangères à la scientologie. Il st agira de placer les
cobayes en situation d'agression virtuelle et de voir ce qu'il en est de la
résistance électrique de la peau.
-
- Si les 'clairs" ne réagissent pas, l'expérience aura
montré que l'on est en présence d'individus amorphes. Au contraire, s'ils
réagissent, il faudra les placer en situation d' auditions, qui devront être
conduites avec des sous-groupes et échelonnées (un premier sous-groupe
auditionné dans les minutes qui suivent l'agression, un deuxième dans les
heures, un troisième dans les jours, etc.), évidemment toujours en comparant
avec des groupes témoins.
-
- Pour être valables, les expériences devraient être
répétées avec différents types d'agression. Si les essais montrent que les
"clairs" ne réagissent plus à l'audition effectuée dans les minutes qui suivent
l' agression, ni plus tard, cela signifiera que les émotions sont totalement
maîtrisées. Le "clair" aura donc appris à éliminer les charges liées à
l'agression, probablement de manière réflexe, grâce au long cheminement de
l'audition.
-
- Si ce n'est pas le cas, il faudra voir si la charge
émotionnelle disparaît progressivement, sans intervention extérieure. On
comprend toute suite les difficultés insurmontables. Il faudrait empêcher les
cobayes de réactiver eux-mêmes leurs souvenirs pendant la durée totale de l'
expérience qui pourrait être de plusieurs mois.
-
- De telles recherches paraissent utopiques,
surtout en raison des cobayes nécessaires et de la quasi-impossibilité de
garantir les conditions objectives des expériences. En conclusion, même si ce
domaine n'est pas de la compétence de l'expert, le soussigné est d'opinion qu'il
ne sera probable- ment jamais possible de déterminer scientifiquement que le
"clair" n' a plus de mental réactif et à atteint le niveau auquel la
scientologie prétend l'avoir amené.
-
- 28/32
-
- VI.- RÉSUMÉ, DISCUSSION ET RÉPONSES AUX
QUESTIONS
-
- La première partie de la mission consistait à décrire les
qualités techniques et le fonctionnement des deux appareils. Le soussigné s'est
limité à reprendre les rapports des experts précédents et à effectuer des essais
de fonctionnement.
-
- En résumé, à l'exception du problème du contact avec les
électrodes, l'électromètre HUBBARD professionnel est un appareil techniquement
correct. Il ne constitue toutefois pas une révolution technologique. Quelques
détails lui assurent une certaine originalité. Il est moins performant et moins
bien conçu que d'autre système visant le même but, à savoir mettre en évidence
les variations de résistance électrique à la surface de la peau.
-
- Il est évident que les concepteurs auraient pu faire
beaucoup mieux, surtout en ce qui concerne les influences extérieures, évitant
ce qui semblent constituer l'une des hantises de l'auditeur et que les
scientologues nomment les "faux-TA" (1) . La formation de l'auditeur serait
considérablement accélérée et les risques de mauvaise interprétation notoirement
diminués. L'explication est peut-être d'ordre commercial . en mettant au point
un instrument se rapprochant trop de ceux qui existent déjà, il n' aurait pas
été possible d' obtenir des brevets.
-
- Dans la deuxième partie, il fallait décrire l'utilisation
des électromètres en scientologie.
-
- Toujours pour résumer, l'électromètre a pour rôle essentiel
d'aider l'auditeur à trouver les zones de détresse ou d'angoisse jalonnant la
vie du préclair. C'est du moins le rôle avoué par les scientologues. Une fois
l'événement repéré, l'auditeur va réactiver ce mauvais souvenir jusqu'à ce qu'il
n'en perçoive plus de charge émotionnelle. Dans cette seconde étape,
l'électromètre pennet de vérifier si la charge émotionnelle est bien en train de
diminuer (en réalité, il ne contrôle que la manifestation physiologique de cette
émotion).
-
- Dans la troisième partie, le soussigné devait déterminer le
caractère scientifique de l'utilisation des électromètres en scientologie.
L'expertise n'a pas été possible sans un minimum de documentation sur la doctrine des scientologues
et de nombreux essais, malheureusement de bas niveau, pour les raisons invoquées
au paragraphe 5.3.1 .
-
|
(1.) Ou fausse indication du tone arm.
Le nombre de
bulletins traitant de ce problème est impres- sionant. Dans une révision de 1980, L. Ron HUBBARD propose une liste de 33
vérifications à effec- tuer lorsque l'auditeur soupçonne un "faux TA". On y parle
de problèmes lié à l'appareil (pas chargé à fond, mal étalonné, fils mal
connectés, etc.), mais aussi de causes que les concepteurs du système aurait pu
éviter (boîtes rouillées ou de mauvaise taille, boîtes trop froides, mains du
préclair trop sèches, trop calleuses, ou trop moites, préclair souffrant
d'arthrite, préclair qui a faim, qui a mal dormi, qui a chaud, qui porte des
vêtements ou des chaussures trop serrées, etc.).
|
- 29/32
-
- Si l'électromètre HUBBARD professionnel est
bien un appareil technologique, peut-être conçu et mis au point par des
scientifiques, en tout cas par des techniciens, l' expert a trouvé beaucoup
d'élé- ments qui ne justifient ou ne permettent pas de soutenir l'argument d'une
utilisation à caractère scientifique. Les principaux reproches que l' on peut
formuler sont les suivants:
- impossibilité de mesurer la résistance
électrique effective du sujet;
- impossibilité dobtenir des résultats
reproductifs permettant le contrôle de la valeur du travail; à partir d'un certain niveau, vérification
impossible par un non-scientologue ;
- conception technique ne permettant pas la
saisie de données sûres (grand risque d' erreur ;
- utilisation de l'instrument sans comprendre
les principes fondamentaux qui régissent son fonctionnement;
- théorie basée sur une observation
partiellement correcte, mais pas comprise, d'où explications contradictoires,
parfois en total désaccord avec les principes de base de la physique;
- formation déniant toute curiosité, esprit
critique et ouverture d'esprit;
- refus de se remettre en cause en cas d'échec
et confiance aveugle dans les indications de l'appareil;
- mauvaise maîtrise de la technologie à
disposition; risques mal ou pas du tout évalués (1),
- ignorance des travaux effectués dans les
mêmes domaines, par des chercheurs reconnus par la communauté
scientifique;
- évolution mentale du sujet pratiquement
incontrôlable d'une manière objective.
- De toute évidence, toute théorie, doctrine philosophique ou
religieuse présentant les lacunes susmentionnées ne pourrait se voir reconnaître
un caractère scientifique. Bien que l' appareil mis au point par les
scientologues offre de réelles possibilités et que les objectifs pour lesquels
il est conçu soient atteints en partie, son utilisation en scientologie ne revêt
pas un caractère scientifique.
-
|
(1)
Pourtant les scientologues sont conscients de
ces risques. Dans un bulletin du HUBBARD COMMUNICATIONS OFFICE de 1969, on peut
lire . "Il est dangereux et très maladroit d'essayer de parcourir une somatique
qui n'a obtenu aucun read sur la liste. Elle dépasse la réalité du préclair et
son niveau de conscience et aura pour résultat de le submerger." Au verso du
même bulletin, on trouve encore . "un auditeur qui se croit plus malin que les
autres peut commettre une faute fatale."
|
- 30/32
-
- Enfin, en quatrième lieu, il était demandé à l'expert de
faire toutes remarques utiles en relation avec l'expertise confiée. La première
remarque est relative à la complexité du domaine exploré.
-
- Le soussigné est conscient qu'il pourrait
avoir mal compris quelques éléments portant notamment sur la doctrine ou la
formation. Cependant, une théorie qui se veut scientifique doit s' énoncer
clairement et se comprendre facilement (pour autant, bien sûr , que celui qui
l'aborde possède une formation de base suffisante). Dans le cas particulier,
l'expert a l'impression que la scientologie cherche plutôt à mettre des barrages
entre ses thèses et le monde scientifiques. Elle demande à ses adeptes
d'assimiler des dogmes ou des axiomes sans démonstration convaincante. (Le
repro- che est d'ordre général. Les inculpés n'ont pas tenté d'entraver la marche
de l' expertise).
-
- La documentation accompagnant l'électromètre
est truffée de contradictions; l'expert n'a fait qu'un résumé des principales.
Le présent rapport ne prétend donc pas être exhaustif et pourrait, si
nécessaire, faire l'objet de compléments.
-
- La deuxième remarque porte sur les dangers évoqués
précédemment. S'il est probable que l'audition au moyen de l'électromètre revêt
un caractère anodin dans la majorité des cas, les risques de dérapage sont
réels. Les limites ne sont pas très nettes et il est vraisemblable que
lorsqu'elles sont franchies, on se situe dans un domaine proche de la
psychothérapie. Dans ces cas, on peut se
demander s'il n'y a pas violation de l'exercice des professions médicales ou
paramé- dicales. L'expert ne fait qu'attirer l'attention,
mais ne se prononce pas, le problème débordant le cadre de la présente expertise
et se situant hors des compétences du soussigné.
-
- Enfin, la troisième remarque concerne le prix de revient de
l' appareil. L' estimation a été faite par l'École d'Ingénieurs de Genève dont
le rapport figure en annexe N° 4. Le modèle MARK VIa été estimé à Frs 1'195.-,
le MARK SUPER VII à Frs 1'545.-(1000 euros)
-
- Le soussigné précise qu'il s' agit là de chiffres maximums,
calculés sur la base de prix unitaires pour les composants, sur des séries de
1000 unités pour le boîtier et pour un montage manuel avec salaire suisse pour
la main d'oeuvre. Si les appareils sont fabriqués en plus grande série et montés
sur une chaîne, le prix de revient sera sensiblement plus bas. Pour plus de
détails, voir rapport de l'École d'Ingénieurs.
-
- D. C.Collaborateur scientifique
-
- 31/32
-
- Annexes :
-
- un cahier relié contenant :
-
- - un rapport du professeur Raymond DUPERDU (annexe
1)
- - un rapport du professeur Jean AUVRAY (annexe 2)
- - un rapport de l'expert Philippe GUILGUET (annexe
3)
- - un rapport de Daniel BRUN, école d'Ingénieurs de Genève
(annexe 4)
-
- une cassette vidéo intitulée "exercice de simulation de
séance"
- quatre manuels relatifs à l'électromètre
- une copie non reliée du rapport et du cahier d'
annexes
- deux copies reliées. avec annexes, à destination des
parties
- une facture
-
- 32/32
-
- TABLE DES MATIÈRES
|
|
- I.
Mission.
|
1
|
- II. Procès-verbal des
opérations
|
2
|
- III. Qualités techniques et fonctionnement des deux
appareils
|
4
|
- 3.1.
Généralités
|
4
|
- 3.2. Principes de
fonctionnement
|
4
|
- 3.3. Description des organes externes
|
6
|
- IV. Utilisation des électromètres en
scientologie
|
8
|
- 4.1.
Généralités
|
8
|
- 4.2. Le souvenir ou "fac-similé"
|
8
|
- 4.3. La masse du "fac-similé"
|
9
|
- 4.4. Utilisationde
l'électromètre
|
11
|
- 4.5. Dernières
remarques
|
14
|
- V. Caractère scientifique de
l'électromètre
|
14
|
- 5. 1 . Généralités
|
14
|
- 5.2. Possibilités techniques de
l'appareil
|
15
|
- 5 .3 . Essais
|
16
|
- 5.3.1. Remarques
préliminaires.
|
16
|
- 5.3.2. Auditeur scientologue, sujet
scientologue
|
16
|
- 5.3.3. Auditeur scientologue, sujet non
scientologue
|
18
|
- 5.3.4. Auditeur et sujet
scientologues
|
18
|
- 5.4. Interprétation, doctrine et autres
possibilités
|
19
|
- 5.4.1. Constatations relatives aux essais et entretiens
|
19
|
- 5.4.2. Pratique, théorie, erreurs et
contradictions
|
20
|
- 5.4.3. La
formation
|
21
|
- 5.44. Dangers et autres
possibilités
|
22
|
- 5.5. Théorie et réalité
|
23
|
- 5.5.1. Electromètre et détecteur de mensonge
|
23
|
- 5.5.2. Explication du processus dans lequel
l'électromètre entre en j eu
|
24
|
- 5.5.3 . Limites
de l' expertise
|
26
|
- VI. Résumé, discussion et réponses aux
questions
|
28
|
|
- RÉPUBLIOUE ET CANTON DE GENÈVE
- Département de l'instruction
publique
- ÉCOLE D'INGÉNIEURS DE GENÈVE
- Expertise concernant les prix de revient des appareils
- Mark
VI et Mark VII Électromètres Mark VI et Mark VII
-
- Nous avons procédé à une estimation du prix de revient de
deux électromètres, soit un modèle MARK VI de couleur bleu et un modèle MARK VIl
de couleur noir. Nous avons calculé ces prix en choisissant le prix unitaire
pour les composants. ce qui est la situation la plus défavorable puisque les
prix d'achat pour des quantités supérieures sont de 20 à 2000 70 inférieurs
suivant les composants. Nous obtenons donc un prix de revient
maximum.
-
- Pour l'estimation du prix du boîtier nous avons choisi une
autre hypothèse, à savoir la production de 1000 unités au minimum. Dans ce cas
en effet, le coût est principalement dû à la matrice d'injection ou de moulage du
boitier. Son prix peut- être estimé à environ 100'000.-F , ce qui nous donne un
prix par boîtier de 100,-F.
-
- En annexe la liste de matériel donne le détail des coûts
pour l'appareil MARK VI (bleu). Cet électromètre est le plus ancien en raison de
sa technologie, clest particulièrement visible pour les circuits imprimés qui
sont de conception ancienne.
-
- Le deuxième électromètre MARK VIl (noir) utilisant
pratiquement les même composants, sur un support plus moderne et avec quelques
fonctions supplémentaires n'a pas été soumis à la même analyse, mais par
similitude son prix de revient est déterminé selon les mêmes hypothèses que
celles décrites pour l'appareil MARK VI.
-
- L'estimation de la main d'oeuvre, pour le montage
exclusivement, fait apparaitre des différences de coût sensible suivant les
stratégies retenues, à savoir montage entièrement manuel, ce qui semble être le
cas pour le premier appareil analysé, semi-automatique ou automatique. Afin de
donner toujours un prix maximum notre choix c'est porté sur le montage manuel,
soit une dizaine d'heures.
-
- Annexe 4.3
-
- Expertise concernant les prix de revient des appareils MARK
VI et MARK VIl
-
- MARK VI
-
- Boîtier 276.- F
- Circuit imprimé de base 77.- F
- Circuit imprimé avec commutateur 42.-F
- Total matériel 395.- F
- Main-d'oeuvre 800.- F
- TOTAL 1195.-F
-
- MARK VIl
-
- Boîtier 276.- F
- Circuit imprimé de base 77.-F
- Circuit imprimé avec commutateur 42.- F
- Valise et accessoires 350.- F
- Total matériel 745.- F .
- Main-d'oeuvre 800.- F
- TOTAL 1545.- F
Les estimations de prix de revient, en rappelant que les
hypothèses choisies sont toujours celles qui maxi- misent les coûts nous
permettent d'affirmer que le premier appareil évalué, le MARK VI se monte à
environ 1'200.- F. Le coût du deuxième appareil, le MARK VIl, plus récent,
s'élève à environ 1'550.- F.
Cette expertise a été conduite dans le cadre du laboratoire
d'électronique de l'Ecole d'lngénieurs de Genève sur demande de l'Institut de
Police Scientifique et de Criminologie.
Messieurs Jean-Claude OFFNER, assistant technique et Daniel
BRUN, ingénieur SIA et professeur ont effectué le travail.
Genève, le 14 avril 1997
|
- L'électromètre
une invention faussement
- attribuée à Ron Hubbard
-
|
Hubbard
invented the “e-meter” as a device that
could measure the spiritual clarity of
his followers. (Don Kelsen /
LAT)
|
A propos de l’invention de
l’électromètre faussement attribuée à L. Ron Hubbard, rappelons qu’il s’agit
d’un mensonge de plus. L’électromètre a en fait été
inventé par un dianéticien des premières années du nom de Volney
Mathison:
«Inventé par un dianéticien nommé
Volney Mathison, l’électromètre était en fait un instrument de mesure des
variations de conductivité de la peau sous l’effet d’un stimulus ou d’un stress,
à qui fut très vite donné le pouvoir quasi-mystique de déceler les pensées les
plus intimes d’un individu. L’appareil devint donc importante source de
bénéfices, aucun scientologue digne de ce nom ne pouvant se passer de son
électromètre fourni exclusivement par l’Association» (Russell Miller, Le
gourou démasqué).
«Mon père a obtenu les droits
d’usage de l’électromètre auprès de Volney Mathison en 1952 de la même façon que
tout ce qu’il obtenait: par escroquerie et coercition. Mon père a appris
l’existence de l’électromètre par Mathison qui l’avait imaginé, et lui a
frauduleusement pris les droits afin de pouvoir s’en servir dans l'audition
scientologique» (témoignage sous serment de Ronald DeWolfe, né L. Ron Hubbard,
junior), (Interview du fils aîné de
Ron Hubbard).
The e-meter
“It was Mathison’s idea, by
way of his study of Carl
Jung‘s theories, to create a special lie-detector for examining unconscious
and subconscious reactions rather than conscious ones. This notion, however pseudoscientific, was directly appropriated by fellow Science
Fiction author L.
Ron Hubbard, who enlisted Mathison to build similar devices for use in his
still-developing concepts of Dianetics and Scientology. The devices were called Mathison E-meters, short for “electro-psychometer” or sometimes
“electroencephalo- neuromentimograph”.
“Mathison and Hubbard’s
business relationship ended in the mid-1950s, when Hubbard, who already had
coerced Mathison into giving him exclusive rights to the device, now urged
Mathison to transfer complete ownership of the patent. He refused. Hubbard discontinued use of the E-meter and issued a
statement that read in part:
“As we long ago suspected,
the intervention of a mechanical gadget between the auditor and the preclear had
a tendency to depersonalize the session.”
“Four years later, in 1958,
the E-Meter returned, but it was now called the Hubbard E-Meter, with
only slight modifications to the design having been made by Don Breeding and Joe
Wallis. E-meters once again became an essential part of
Scientology’s Auditing process, and no further mention was made of the
four-year period in which Hubbard had disavowed it.”
Source: (http://en.wikipedia.org/wiki/Volney_Mathison.)
|
| Scientologie:
Le secret de l’électromètre de
Hubbard Source: Science et pseudo-sciences n°240, décembre 1999
[Texte
intégral]
Marcel Francis Kahn (rhumatologue, professeur émérite à
l’université Denis Diderot à Paris) L’instrument est beau comme un dessus de cheminée de
la Belle Époque. Il peut être noir ou coloré, caréné comme l’aurait dessiné
Loewy, le concepteur de la bouteille de Coca Cola. Un cadran occupe son centre.
Ses formes arrondies retombent mollement de chaque côté d’une éminence bombée.
Il luit seul au milieu d’une table de démonstration. Son usage va permettre à
l’acheteur de se connaître, de dissiper les miasmes de son inconscient, de
parvenir au Nirvana de la sagesse et de la sérénité. Certes, il est coûteux,
qu’on le paie en francs ou en euros. De 10 000 à 15 000 francs semble-t-il. Il
représente le passage obligé, la voie royale, l'objet initiatique qui permet à
l’acheteur d’accéder à la pensée de Ron Hubbard.
Il trône, en effet, sur les étals de l’«Église» de
scientologie dont il est la preuve intangible, incontournable, de son sérieux
technologique. Comme l’ordinateur, le scanner ou le téléphone portable, il
démontre que le chaland qui visite les salons de la secte n’a pas affaire à des
plaisantins qui ne cherchent à l’attirer que pour mieux le vampiriser et le
ruiner.
De quoi s’agit-il, comme disait paraît-il le
maréchal Foch ? En fait, ce n’est que l’adaptation habillée d’un instrument fort
simple mis au point en ... 1844 par Sir Charles Wheatstone (1802-1875) et connu
depuis sous le terme de «pont de Wheatstone». Il mesure, grâce à un montage
des plus simples, les variations de résistance au courant électrique d’un de ses
composants. Et depuis plus de cinquante ans, les neurophysiologistes l’ont
utilisé pour tenter de mesurer quantitativement l’émotivité d’un sujet.
En effet, une réaction émotive se traduit, c’est
bien connu, par une augmentation, variable selon les sujets, de la
transpiration. Cette augmentation n’épargne pas la paume des mains. Et cette
sueur qui perle à travers la peau d’une main qui tient un conducteur diminue
sensiblement la résistance opposée à un courant qui le traverse. Le dispositif
permet de mesurer cette variation.
C’est une « manip » classique en neuro-et
psychosociologie et elle faisait partie des travaux pratiques du certificat de
licence que je suivais moi-même à la Sorbonne en ... 1957. Grâce à elle, on
pouvait mesurer, par exemple, la facilité avec laquelle on arrivait à
conditionner un sujet en le soumettant à un choc électrique désagréable associé
à un signal lumineux, et en déterminant le temps au bout duquel le seul signal
lumineux provoquait la réaction émotive. Ce fut aussi, et c’est encore, un des
composants des prétendus détecteurs de mensonge, à côté d’autres paramètres.

Le pont de Wheatstone
Sir Charles Wheatstone (1802-1875), physicien
anglais né à Gloucester et mort à Paris, est surtout célèbre pour l’instrument
électrique de mesure des résistances qui porte son nom (bien qu’inventé par
Samuel Hunter Christie) et qu’ il a été le premier à utiliser.
Scientifique
autodidacte, il a aussi inventé le concertina et le stéréoscope, et participé
activement à la mise au point du premier télégraphe électrique britannique. Le
pont de Wheatstone est constitué de trois résistances connues et d’une
résistance à déterminer X. Un générateur de courant continu (une pile) alimente
les deux points A et C et un galvanomètre est placé contre les deux autres
points B et D (le galvanomètre mesure le courant qui passe entre B et D).
En agissant sur la boîte de résistances réglable R
on amène le galvanomètre G au zéro. A ce moment, il est possible de calculer la
valeur de la résistance X. Cette valeur est obtenue comme suit. La différence de
potentiel entre B et D étant devenue nulle, cela permet d’écrire: VB-VD =
E(R/(R+a))-E(X/(X+b)) = 0 D’où on tire aisément la relation X = R (b/a). La
précision de la mesure peut varier de 10E-4 à 10E-8 selon le matériel utilisé.
Dans le cas de l’électromètre de Hubbard, la résistance X qui est mesurée est
celle du corps humain et elle varie donc largement avec la température, la
pression des électrodes et l’humidité de la
peau ... |
L’instrument est extrêmement simple : quelques fils,
une source électrique de faible intensité, le cadran d’un galvanomètre suffisent
à le composer. Il y a là, à tout casser, pour quelques centaines de francs de
matériel. Et à moins de considérer que le carénage est en lui-même un chef
d’œuvre d’art moderne dont le plastique moulé survivra dans les musées au fil
des siècles, le vendre 20 fois plus cher pour un usage détourné s’apparente de
très près à une escroquerie. On sait que ce prétendu analyseur miracle de la
psyché est au centre d’un processus d’appropriation mentale qui caractérise
l’activité de la secte. En tout cas, il est un bon exemple des retombées
commerciales des techniques scientologiques, et traduit finalement la pensée de
Ron Hubbard qui avait, pour lui-même et ses séides, repris la célèbre formule de
Guizot, un contemporain de Wheatstone: «Enrichissez-vous».
Vendre l’électromètre de Hubbard à 30'000 francs: une
escroquerie ?
C’est ce que la sixième chambre du tribunal de
grande instance de Marseille semble avoir considéré le 15 novembre dernier en
condamnant le scientologue Xavier Delamare, directeur des centres de dianétique
de Marseille et Nice à deux ans d’emprisonnement, dont 18 mois avec sursis et
100 000 francs d’amende, ainsi que 4 autres scientologues de 6 mois à un an avec
sursis. Ils vendaient l’électromètre jusqu’à 30 000
francs ! |

Lexique des scientologues
Source: site Internet de la scientologie
L’électromètre de Hubbard est un appareil religieux
utilisé dans les confessionnaux. En lui-même, il n’a aucune action. Il est
utilisé par les ministres du culte pour aider les paroissiens à identifier
l’origine de leurs troubles et souffrances spirituelles. L’électromètre de
Hubbard n’a pas été conçu et n’est d’aucune utilité pour le traitement ou le
diagnostic des maladies. Il fait passer un faible courant électrique dan,s le
corps du préclair (adepte de la secte en apprentissage, NDLR). Ce courrant est
influencé par la masse mentale de même que par les images, les circuits et les
dispositifs mentaux. Lorsqu’un préclair impur pense à quelque chose, ses images
mentales bougent et font dévier l’aiguille de l’électromètre de Hubbard.
(traduit de l’anglais) | |
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