- La
France ne reconnaît ni ne salarie
aucun culte
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- Il y a cent ans, les députés votaient la séparation des Eglises
et de l'Etat
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- AFP, 1er juillet 2005 par
Patrice Novotny
- [Texte intégral]
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- PARIS - Le 3 juillet 1905, la Chambre des députés votait la loi de séparation
des Eglises et de l'Etat, étape fondatrice dans la construction d'une laïcité
française dont les bases sont depuis restées intangibles.
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- "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne suventionne aucun
culte". Ce principe du titre 2 de la loi représente à l'époque une véritable
révolution dans une France où la religion est très prégnante.
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- Depuis 1801, les relations de l'Eglise catholique et de l'Etat sont régies
par un Concordat signé entre le Premier consul Bonaparte et le pape Pie VII. Le
gouvernement reconnaît le catholicisme comme la religion "de la grande
majorité des Français" et assure le traitement des évêques et curés. Les
cultes protestant et israélite ont ensuite été intégrés au système.
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- La chute du Second Empire et l'avènement de la Troisième République en 1875
bouleversent la donne et remettent les relations de l'Etat et de l'Eglise
catholique au centre du combat politique.
- "Le cléricalisme, voilà l'ennemi !"
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- Cette affirmation de Léon
Gambetta résume l'opinion des hommes de gauche de l'époque. Le
"cléricalisme", c'est la prétention de l'Eglise d'influencer l'Etat et
d'imposer ses principes à la société. Et ces principes sont aux antipodes de
ceux des Lumières: dans son recueil Syllabus, publié en 1864, le pape Pie IX a
condamné toutes les doctrines modernes, la pensée scientifique rationnelle, le
développement de la société civile laïque. Pour l'homme de gauche, le
"clérical" c'est donc le monarchiste, le conservateur, le réactionnaire,
en un mot l'homme de droite. Soutenus par les francs-maçons, les anti-cléricaux
passent à l'offensive à partir des années 1880, obtiennent la laïcisation de
l'école publique puis l'adoption de lois contre les congrégations
religieuses.
- Liberté de conscience
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- En 1902, la nomination du radical Emile Combes à la tête du gouvernement
aggrave le conflit avec l'Eglise. Son anti-cléricalisme intransigeant provoque
la rupture des relations diplomatiques de la France avec le Vatican en juillet
1904. En octobre, Combes présente un projet de loi, inspiré de la Constitution
civile du clergé de 1790, qui soumet l'Eglise à l'Etat. Mais un scandale
politique l'oblige à démissionner.
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- Son départ permet au socialiste Aristide Briand de présenter un nouveau
projet de loi, de séparation cette fois. "Les réformes sociales ne seront pas
possibles tant que les querelles religieuses n'auront pas cessé, les querelles
religieuses ne cesseront que si les catholiques acceptent la séparation, et les
catholiques n'accepteront la séparation que si elle n'est pas braquée sur
l'Eglise comme un revolver", déclare-t-il pour se démarquer de son
prédécesseur.
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- Votée le 3 juillet, la loi assure "la liberté de
conscience" et "garantit le libre exercice des cultes". Mais,
abrogeant le Concordat, la République "ne reconnaît" ni "ne salarie
aucun culte". La loi confirme la propriété de l'Etat sur les biens de
l'Eglise, et confie les édifices à des "associations cultuelles",
constituées majoritairement de laïcs.
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- Promulguée le 9 décembre 1905, la loi est bien acceptée par les
protestants et les israélites, mais pas par l'Eglise catholique. Le conflit ne
prendra fin qu'en 1924, lorsque la hiérarchie catholique obtiendra le droit de
gérer directement les biens du culte.
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