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Echec d'une infiltration de la scientologie chez EDF

Gravelines: l’ingénieur scientologue se disait discriminé, la relaxe demandée pour son ex-directeur (lavoixdunord.fr - 22 juin 2007)

Scientologie chez EDF: un ingénieur débouté de ses accusations de discrimination (fr.soc.sectes - 23 juin 2007)

 

EDF et la scientologie

Gravelines : l’ingénieur scientologue se disait discriminé, la relaxe demandée pour son ex-directeur

lavoixdunord.fr - 22 juin 2007

TRIBUNAL CORRECTIONNEL

Le procureur de la République a demandé la relaxe hier de l’ex-directeur de la centrale nucléaire de Gravelines accusé de discrimination par un ingénieur scientologue muté loin des réacteurs en 1998. Jugement le 22 juin.

Les faits remontent à 1998. Pierre Denis, ingénieur de 29 ans à Gravelines, doit bientôt être promu chef d'exploi- tation. Il encadrera une dizaine de personnes et aura les manettes de deux réacteurs nucléaires.

Sauf que la direction d’EDF a déjà reçu trois lettres anonymes.

Le cadre plein d’avenir appartient à l’église de scientologie, classée mouvement sectaire par la commission parlementaire qui a rendu public son rapport deux ans plus tôt.

La CGT, majoritaire, commence à surveiller l’ingénieur, irréprochable sur le plan professionnel et à faire pression. L'histoire se médiatise. La direction est embarrassée. Confier les commande de deux réacteurs à un adepte de Ron Hubbard ?

En Californie

Jean Casier décide que non. Le 30 novembre, les deux hommes s’entretiennent. «Je lui ai expliqué que le trouble s'amplifiait depuis quinze jours et que cela ne pouvait créer la confiance dans son équipe, condition nécessaire à la sûreté dans la centrale. De fait, il ne pouvait obtenir son habilitation», déclare-t-il à la barre. Et de proposer une mutation lyonnaise à M. Denis. «On m’avait mis au placard», résume l’intéressé, look BCBG derrière ses fines lunettes et son costume-cravate. «Ça a détruit la carrière de mon client», enfonce Me Jacquot, son avocat, qui réclame 50 000 E de dommages et intérêts.

Le 10 juin 2000, celui qui travaille aujourd’hui en Californie dans une société financière porte plainte pour discrimination. M. Casier sera renvoyé devant le tribunal malgré l’avis contraire du parquet. «À la barre, il devrait y avoir aussi un délégué CGT, déplore Me Jacquot. Car pour la direction, il y avait le risque en 98 que la CGT s’agite et bloque la centrale.» Un ex-inspecteur général à la sûreté nucléaire argue lui devant la présidente Janvier que « dans une centrale, on ne pouvait pas laisser le trouble s’installer dans le pilotage d’une équipe ».

Le procureur, Laurent Czernik, demande la relaxe. «L’église de scientologie, si elle est reconnue aux États-Unis, ne l’est pas en France où elle est considérée comme une secte (…).» Me Jean-Michel Lejeune, avocat de M. Casier et d’EDF, s’adresse à l’ex-cadre. «Notre intention n’est pas de dire que vous seriez une personnalité contestable … mais pourrions-nous hésiter quand un trouble majeur s’empare d’une centrale ?» À la sortie du tribunal de Dunkerque, M. Casier, souriant, est entouré par ses anciens collaborateurs de Gravelines. La plupart syndicalistes. «La CGT est accrochée au respect de la sûreté. Ce qui s’est passé avec cette affaire de scientologie était motivée par les mêmes raisons», commente Jean-Michel Lejeune, secrétaire général de l’organisation. Le jugement sera rendu le 22 juin.

NICOLAS FAUCON

 

Scientologie: un ingénieur débouté de ses accusations de discrimination

Le tribunal correctionnel de Dunkerque (Nord) a relaxé vendredi l'ancien directeur de la centrale nucléaire de Gravelines, qu'un de ses anciens ingénieurs avait accusé de discrimination pour l'avoir muté à un poste éloigné des réacteurs.

M. Pierre Denis, 38 ans, membre de l'Eglise de scientologie, aurait normalement dû être nommé chef d'exploitation de Gravelines en 1998. Mais son directeur, Jean Casier, avait alors décidé de le priver de cette responsabilité du fait du "trouble majeur" qu'elle aurait créé dans cette centrale aux contraintes de sécurité fortes.

La CGT de la centrale avait notamment fait pression à l'époque pour que M. Denis ne puisse pas occuper ce poste, en invoquant des raisons de sûreté.

M. Denis --qui travaille désormais aux Etats-Unis-- a souligné que sa carrière avait été "détruite" à la suite de cette décision et réclamé 50.000 euros de dommages-intérêts.

Le procureur avait requis la relaxe du directeur de la centrale, en soulignant que l'Eglise de scientologie était considérée comme une secte et non une religion en France et qu'elle n'était donc pas protégée par la loi sur les discriminations.

Après sa relaxe, M. Casier a confié à la presse son "soulagement".

"Ce n'était pas une affaire facile pour moi. Ma préoccupation était de concilier ma responsabilité d'employeur et celle d'exploitant nucléaire. C'était un positionnement difficile", a-t-il ajouté.

Source: fr.soc.sectes - 23 juin 2007

 

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