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24 heures, 19 janvier 2000, Laurent Antonoff
[Texte intégral]
 
Dix jours de prison avec sursis pour avoir diffamé un Genevois
 
"Tout cela me fait penser aux campagnes électorales américaines où se ne sont pas les idées que l'on combat, mais les personnes. Cette politique a un nom Madame : le dénigrement". Le président du Tribunal de police de Lausanne, Pierre Henri Winzap ne s'est pas contenté de donner, hier, une rapide leçon de français à la présidente de l'eglise de scientologie de la capitale vaudoise. Non. Il a de plus condamné Suzanne Montangero à dix jours de prison avec sursis pour diffamation à l'encontre gu Genevois François Lavergnat, "l'ennemi public numéro 1 de la scientologie". selon son avocat Me Henzelin. "Ce jugement est inadmissible, Je vais faire recours a-t-elle d'ores et déjà annoncé".
 
"Faites ce que je dis et pas ce que je fais". C'est sous ce titre que la présidente de la scientologie de Lusanne a fait paraître un article dans la revue Ethique et Liberté, l'organe de presse du mouvement. C'était en avril 1996. Son but "Remettre l'église au milieu du village" dans le bras de fer l'opposant au Genevois François Lavergnat, fondateur du Groupement de protection de la famille et de l'individu (GPFI)."Suite à ses nombreuses attaques contre la scientologie,tant dans les journaux qu'à la télévision, Suzanne Montangero se devait de lui répondre. Le but de l'article n'ètait pas de nuire à cette personne, mais de montrer qu'elle ferait mieux de balayer devant sa porte", a plaidé Me De Benoît, l'avocate de l'accusée.
 
L'article en question révélait, entre autres, que François Lavergnat avait enprunté 15'000.- francs (env 9'400 euros) à son frère sans les restituer dans les délais, que le garden center qu'il exploitait avait fait faillite, et que son stand de tir avait été fermé pour vente illégale de munitions. "Rien qui puisse atteindre son honneur", a estimé Me De Benoît.
 
Tort moral
 
"Mon client est l'opposant officiel de la scientologie. L'ennemi public numéro 1. Nous n'assistons pas à une simple querelle de personnes, mais à une entreprise de destruction systématique à son endroit. Il serait judicieux de rappeler que ce n'est pas son procès que l'on instruit aujourd'hui, mais celui de la scientologie a tenu à préciser de son côté Me Henzelin. Et le magistrat de laisser entendre, en citant notamment le fondateur de la scientologie Ron Hubbard, que "cette tactique serait une pratique courante pour éliminer les ennemis externes de la scientologie".
 
Dans son jugement, le président Winzap a estimé que l'article incriminé faisait passer le plaignant pour "indigne et méprisable" et que l'objectif était de le mettre hors d'état de nuire. "Vous avez confondu l'intérêt public et l'intérêt privé". En plus de la peine d'emprisonnement avec sursis, Suzanne Montangero écope d'une amende de 3'000,. francs (env 1900 euros) et devra verser 1'500.- francs (env 940 euros) à la victime pour tort moral. Les frais de justice sont à sa charge.
 
 15 JOURS DE PRISON POUR DIFFAMATION
POUR LA PRÉSIDENTE DE LA SCIENTOLOGIE
 
Quotidien jurassien, 13 juin 2003 - Thierry Bédat
[Texte intégral]
 
Le président de l'Association des victimes de la dianétique a bel et bien été diffamé
 
L'ancienne présidente de l'Eglise de scientologie de Lausanne vient d'être condamnée pour avoir diffamé Jean-Luc Barbier, président de l'Association d'aide aux victimes de la dianétique et de la scientologie (AVDS), établi depuis quelques années en Ajoie.
 
Début 2000, la présentation de son association dans nos colonnes suscite une lettre ouverte de Suzanne Montangero, alors présidente de l'Eglise de scientologie de Lausanne, très partiellement publiée dans Le Quotidien Jurassien du 6 avril suivant.
 
«Excédée par les critiques de Jean-Luc Barbier, la présidente a voulu lui régler son compte en le discréditant sur le plan de son comportement privé, en le faisant passer pour un délinquant et un individu méprisable. Elle a agi dans le dessein exclusif de dire du mal de lui, en s'en prenant à sa personne», constate dans ses considérants le juge Jean-Pascal Rodieux, président du Tribunal de police de Lausanne.
 
Elle a délibérément choisi d'attaquer
 
Il a donc condamné la présidente à quinze jours d'emprisonnement avec sursis pendant deux ans; à verser 2'000.- à Jean-Luc Barbier pour tort moral; ainsi qu'à payer les frais de justice et ceux de défense du plaignant.
 
Le juge Rodieux pose un regard très sévère sur les méthodes de Suzanne Montangero, déjà condamnée en mars 2000 par le Tribunal cantonal vaudois pour avoir diffamé un adversaire de la scientologie dans une publication de l'église (voir article). «Alors que la présidente aurait pu en toute légalité défendre ses convictions et contester des erreurs éventuelles de la partie adverse, elle a délibérément choisi de s'en prendre à la personnalité et à la réputation de son contradicteur, de plus de manière basse et insistante», souligne le juge. Observant que l'article auquel elle prétendait répondre, ne renfermait aucune accusation venimeuse contre la de scientologie, il souligne qu'il pourrait se laisser aller à conclure que celle-ci refuse toute critique.
 
«En tant que présidente d'association, elle aurait dû donner l'exemple de la correction et de la prudence», termine le juge. Quant à la coupable, elle a déjà annoncé son intention de faire appel du jugement.
(Un appel rejeté - et une condamnation confirmée par la cours de cassation -ndlr)
 
LA MEILLEURE DÉFENSE ...
 
Les conseils aux officiers d'éthique .
 
Jean-Luc Barbier a été un adepte de la scientologie pendant quinze ans. Il avait le grade d'officier d'éthique. Il a donc eu accès aux documents internes de l'église, dont un ouvrage de son créateur Ron Hubbard qui, «face aux dangers venant des gouvernements et des tribunaux», conseille: «Seule l'attaque est la solution aux menaces.» Il poursuit : «Fabriquez ou trouvez une menace suffisante contre eux pour les amener à négocier la paix. (...) C'est l'attaque imprévue sur l'arrière des premiers rangs de l'ennemi qui paie le plus.»
 
Informations dans les écoles
 
«La condamnation d'une membre du Conseil de l'Eglise de scientologie donne du crédit à notre association qui réunit une trentaine de membres et bénéficie de l'aide d'une soixantaine de donateurs», explique le président de l'Association des victimes de la dianétique et de la scientologie. Il va maintenant proposer au Département de l'éducation d'animer des conférences dans les écoles sur les degrés de manipulation au sein des groupes sectaires.
 
«Il faut bien faire attention, lorsqu'on veut savoir si l'on a affaire à une secte, de ne pas mettre automatiquement une étiquette sur ce qui est différent», avertit Jean­Luc Barbier.
 
 
AFP, 15 mai 2002 par François Ausseill
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PARIS, - Le tribunal correctionnel de Paris rend vendredi son jugement à l'encontre de l'antenne parisienne de l'Eglise de Scientologie, poursuivie notamment pour tentative d'escroquerie et dont le parquet avait évoqué à l'audience la dissolution, sans toutefois la réclamer explicitement.
 
L'association spirituelle de l'Eglise de scientologie d'Ile-de-France (Asesif), en tant que personne morale, et son président Marc Walter avaient comparu les 21 et 22 février derniers pour publicité mensongère, tentative d'escroquerie et infraction à la loi informatique et liberté, à la suite notamment d'une plainte de particuliers qui avaient demandé vainement à ne plus recevoir de courriers de la secte.
 
Si plusieurs responsables de la secte ont déjà eu à répondre d'infractions devant la justice, c'est la première fois que sa personne morale est directement inquiétée. Sans prendre de position tranchée, la représentante du parquet avait demandé à l'audience au tribunal de "réfléchir au moment de (son) délibéré" à la dissolution de l'Asesif. Christine Forey avait, par ailleurs, réclamé une amende de 300.000 euros à l'encontre de l'Asesif et une peine de douze mois de prison avec sursis et 12.000 euros d'amende à l'encontre de Marc Walter, décrivant notamment "un système tendant à obtenir des fonds toujours plus importants pour des résultats illusoires et chimériques".
 
La défense avait quant à elle réclamé une relaxe générale, après avoir tenté de fragiliser le dossier. "Pas besoin d'appartenir soi-même à un système de croyance pour s'inquiéter des atteintes à sa liberté. La manière dont le pouvoir politique veut se défausser sur le judiciaire, pour décider de ce qui est une secte et de ce qui ne l'est pas, n'est pas convenable", avait ainsi plaidé le bâtonnier Jean-René Farthouat, avocat de l'Asesif.
 
"Violation de la laïcité"

Les deux jours de débat n'avaient débouché que sur une confrontation entre des adeptes convaincus et d'anciens adhérents déçus, voire "brisés", désireux de démonter les rouages de la secte. "S'il y a eu des erreurs (dans l'envoi de courriers), elles n'étaient pas intentionnelles. Je suis fier chaque jour d'oeuvrer pour un monde meilleur, sans guerre, sans criminalité", avait déclaré Marc Walter en fin de procès.
 
Fondée aux Etats-Unis par Ron Hubbard, un auteur de science-fiction, la secte revendique 10.000 adeptes en France mais compterait plutôt un noyau de 2.500 membres et 10.000 sympathisants, selon la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS). Dans ce dossier, l'Eglise de scientologie conteste le rôle de l'Union nationale des associations pour la défense des familles et de l'individu (Unadfi), partie civile, et estime que le procès et l'ensemble de la lutte anti-sectes en France constituent "une violation de la laïcité et une sanction contre ceux qui pensent différement", selon les termes d'Anne Lelièvre, membre de la Scientologie à Paris.
 
 
Nouvel Obs , 22 février 2002
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L'association parisienne se retrouve devant le tribunal pour tentative d'escroquerie et publicité mensongère. Elle risque la dissolution.
 
Le ministère public a requis vendredi une amende de 300.000 euros à l'encontre de la section d'Ile-de-France de l'Eglise de Scientologie et douze mois de prison avec sursis et 12.000 euros d'amende à l'encontre de son président Marc Walter.
 
Concernant la dissolution de la section francilienne, le parquet a simplement demander au tribunal "d'envisager" la dissolution mais ne l'a pas requis. Le procès s'est ouvert jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris.
 
L'instruction menée par le juge Renaud Van Ruymbeke a montré que la "personne morale avait été créée pour commettre ces infractions".
 
Jugée pour la première fois en tant que personne morale, l'association parisienne de l'Eglise de Scientologie, installée dans le XIIe arrondissement, risque la dissolution, si le tribunal donne satisfaction à l'avocat de l'Union nationale des associations pour la défense des familles et des individus (UNADFI), qui s'est constituée partie civile. "Nous voulons créer un précédent", a déclaré Me Olivier Morice en se rendant à l'audience.
 
"Inquisition"
 
La perspective fait bondir Jean Dupuis, porte-parole de la section d'Ile-de-France, qui crie à "l'Inquisition" et à "la chasse aux sorcières", tandis que la porte-parole Danièle Gounord se dit "complètement sereine" et juge le cas "banal". "Nous sommes extrêmement confiants", a déclaré de son côté Marc Walter aux journalistes, "ce n'est pas un procès contre la Scientologie, c'est un procès contre la liberté de penser, c'est un procès contre la liberté d'opinion".
 
Pour sa part Me Guillaume Weill-Raynal, avocat d'un ancien adepte, a expliqué aux journalistes les méthodes reprochées à l'Eglise de Scientologie: "On a des prospectus où on parle d'efficacité personnelle, on parle de gros gains, on parle d'épanouissement personnel qu'on va pouvoir mesurer avec un électromètre et ça, c'est un discours de rationalité scientifique? Et dès qu'on va creuser un peu, et qu'on pose des questions 'mais quel est le principe scientifique de cette aiguille qui bouge?", "Ah mais vous ne pouvez pas comprendre, c'est religieux ...
 
Elle (L'Eglise de Scientologie) a annoncé jeudi qu'elle avait demandé l'intervention du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme pour "mettre un terme aux violations répétées des engagements de la France sur les droits de l'Homme", commises selon la Scientologie par la MILS.
 

 

  France  - les condamnations et actions en justice de la scientologie