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FRANCE : LES CONDAMNATIONS DE L'ÉGLISE DE SCIENTOLOGIE
& SES ACTIONS EN JUSTICE
 

 
2001
 
La secte déclare la guerre (décembre 2001)
 
La scientologie obtient communication de documents sur les subventions à l'UNADFI (décembre 2001)
 
La scientologie perd un local (décembre 2001)
 
La scientologie menacée de dissolution (décembre 2001)
 
Devant le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), Mme Moracchini a reçu le soutien de nombreux juges et avocats (novembre 2001)
 
Eglise de Scientologie : information judiciaire contre un juge (novembre 2001)
 
La scientologie lance des actions juridiques tous azimuts (octobre 2001)
 
La scientologie attaque en justice la loi contre les sectes (août 2001)
 
La section Ile de France de l'Eglise de scientologie en correctionnelle en décembre (juin 2001)
 
L'Eglise de scientologie d'Ile-de-France renvoyée devant le tribunal pour escroquerie (juin 2001)
 
Onze scientologues perdent leur procès contre Me Morice et Janine Tavernier (juin 2001)
 
Demande de constitution de partie civile : la juge Moracchini fait appel (mars 2001)
 
Scientologie : l'Etat à nouveau condamné (janvier 2001)
 
décembre 2001
La secte déclare la guerre
 
VSD, LARDEUR Thomas, 19.12.2001
 
La scientologie s'affiche sur les lieux de catastrophes tels New York et Toulouse. Sous couvert de secourisme et de réconfort, elle vise en fait à orchestrer des opérations de communication et de recrutement.
 
Tout scientologue se doit de devenir prosélyte et la littérature interne rédigée en 1965 par Lafayette Ron Hubbard est "plus que jamais d'actualité". Chacun est en effet intéressé au "résultat" et peut obtenir 10 à 15 % de commission pour tout recrutement.
 
Une véritable stratégie confidentielle de conquête a d'ailleurs été mise au point par le fondateur en 1969 : "Cibles, défense". Son but est de désamorcer tout ennemi de la secte.
 
Plus tard, en 1984, naît l'Association internationale des scientologues (IAS). "Impact", le journal de ses membres laisse apparaître sans ambiguïté la guerre que la secte souhaite livrer à ses opposants. Ainsi le discours d'un officier de l'organe de renseignements de la scientologie, le Bureau des affaires spéciales international, publié dans "Impact", préconise lui aussi l'anéantissement des "personnes suppressives", c'est-à-dire des opposants.
 
Mais l'objectif de cette "croisade", de cette "guerre totale", est surtout de recueillir des fonds.
Huit statuts honorifiques sont réservés aux membres de l'IAS correspondant au montant de leur don, qui peut aller de 37 500 F à 5 625 000 F !
 
En 2001, une centaine de Français ont dénombrés parmi les 5 867 donateurs. Au total, c’est une somme de plus de 1,8 milliard de francs (environ 270 millions d'euros) qui a été versée ! De quoi alimenter une "guerre de l'image" face à laquelle les démocraties, "garantes de la liberté d'expression", devront rester vigilantes.
 
décembre 2001
La scientologie obtient communication de documents sur les subventions à l'UNADFI
 
Dépêche AFP, 19.12.2001
 
Le tribunal administratif de Paris a ordonné, le 7 décembre dernier, que le ministère de la Défense communique à la scientologie les pièces relatives à une subvention accordée pour les années 1995 à 2000 à l'UNADFI. La loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens prévoit en effet que les conventions de subvention conclues entre une autorité administrative et un organisme de droit privé soient communiquées "à toute personne qui en fait la demande".
 
décembre 2001
La scientologie perd un local
 
Le Parisien, Murati Arnaud, 13.12.2001
 
Pierre Schapira, adjoint socialiste du maire dans le IIe arrondissement de Paris, et "bon nombre d'habitants", peuvent être satisfaits. Après deux années de "combat", le local occupé par la scientologie au 65, rue Greneta, vient d'être vendu à une association pour personnes en difficulté, La Clairière.
 
La secte était arrivée en fin de bail et La Clairière s'est alors empressée de faire les démarches auprès des propriétaires pour acquérir le local. L'adjoint au maire avait recueilli plus de 2000 signatures pour que la scientologie quitte la rue Greneta.
 
décembre 2001
La scientologie menacée de dissolution
 
 
Le Parisien, 06.12.2001, Dubois Christophe
 
Pour la première fois, une structure de la scientologie risque d'être dissoute. L'association spirituelle de l'église de scientologie d'Ile-de-France (Asesif), est renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris comme personne morale pour "atteinte aux droits de la personne résultant des fichiers, publicité mensongère et tentative d'escroquerie".
 
Dans son ordonnance de renvoi, le juge Renaud Van Ruymbeke fait référence à un article du code pénal qui "prévoit explicitement" la dissolution d'une personne morale incriminée. Au départ, le dossier est banal puisqu'il s'agit de l'envoi de brochures de la scientologie à trois personnes qui demandent en vain à être radiées du fichier de la la scientologie.
 
Le problème vient du fait que les ordinateurs français sont reliés aux différentes structures de la scientologie dans le monde. Ainsi le nom d'un membre de l'Asesif est transmis au Danemark, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. L'expertise de l'ordinateur de l'Asesif permet ainsi de retrouver 67 000 noms. Par ailleurs, un nom figurant dans le fichier central n'est jamais effacé.
 
Point important également : pour la première fois la méthode scientologue diffusée par la personne morale fera l'objet d'un procès, annonce Maître Morice, avocat de l'UNADFI. En effet, la secte promettait dans ses tracts et courriers "l'acquisition d'aptitudes extraordinaires"... et cela à un coût très élevé.
 
[Le procès est renvoyé aux 21 et 22 février 2001.]
 
novembre 2001
Devant le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), Mme
Moracchini a reçu le soutien de nombreux juges et avocats
 
Le Monde, 16.11.2001, Prieur Cécile
 
"Combative" et "sûre de son bon droit", Marie-Paule Moracchini , premier juge d'instruction au tribunal de Paris, s'est présentée le 14 novembre devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), poursuivie pour sa gestion du dossier de la scientologie. Plus d'un an après la saisine du CSM, l'accusation contre la juge n'est plus si virulente et "c'est plutôt mollement" que le représentant de la chancellerie a demandé une sanction contre elle.
 
Des témoins de moralité se sont succédés à la barre et notamment des juges d'instruction qui ont rappelé les moyens insuffisants dont ils disposaient pour traiter leurs dossiers. Néanmoins, le directeur des services judiciaires a mis en évidence la série des "manquements et des négligences" commis par Mme Moracchini. En conséquence, il a demandé "une réprimande avec inscription au dossier", la plus faible des sanctions disciplinaires.
 
Décision le 13 décembre prochain.
 
 
novembre 2001
Eglise de Scientologie : information judiciaire contre un juge
 
Dépêche Reuters, 09.11.2001
 
Une information judiciaire contre X a été ouverte par le Parquet de Paris pour " faux en écriture publique, usage de faux et déni de justice ".
 
 
Cette action fait suite à la plainte pour "négligence volontaire" déposée par Maître Olivier Morice, avocat de l'UNADFI qui est partie civile dans cette affaire, en septembre 2001 contre le magistrat en charge de l'instruction concernant la scientologie pour "escroquerie et exercice illégal de la médecine".
 
Des plaintes d'ex-adeptes datant de 1983-84 ainsi que de 1989, n'auraient pas été jointes au dossier par "ordonnance officielle", ce qui pourrait annulée l'instruction en cours.
 
D'autre part, la juge Morrachini sera entendu par le Conseil de la Magistrature le 14 novembre prochain. Ceci fait suite à  la procédure disciplinaire engagée par Mme Guigou, Ministre de la Justice de l 'époque, après la découverte de la disparition d'une partie du dossier d'instruction.
 
octobre 2001
La scientologie lance des actions juridiques tous azimuts
 
Dépêche AFP, 02.10.2001
 
La branche française de la scientologie s’est engagée dans une phase procédurière, centrée sur des «atteintes aux libertés publiques en France».
 
Au niveau européen, un recours avait été déposé le 9 août dernier devant la Cour européenne des droits de l’homme contre la loi du 12 juin 2001 qui renforce la prévention et la répression des mouvements sectaires.
 
Elle prévoit de répéter l’opération pour faire invalider les deux rapports parlementaires de 1995 et 1999.
 
Au niveau national, des actions juridiques ont été lancées auprès du tribunal administratif par l’organisation afin de se procurer les comptes de l’ADFI –qu’elle a obtenus- et du CCMM. Certains responsables ont également déposé plainte devant ce même tribunal pour n’avoir pu obtenir communication par les renseignements généraux de «la fiche les concernant».
 
Ces actions juridiques sont financées aux trois quarts par l’organisation internationale située aux Etats-Unis.
 
août 2001
La scientologie attaque en justice la loi contre les sectes
 
Le Parisien, 10.08.2001
 
La scientologie a déposé mercredi 8 août 2001 une requête devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) à Strasbourg demandant la "récusation" de la loi contre les sectes, adoptée en mai par le parlement. Selon le texte fourni par le mouvement, la requête "concerne les mesures de la loi qui violent la Convention européenne des droits de l'homme.
 
Parmi celles-ci : les droits à la liberté de pensée, de conscience et de religion, la liberté d'expression, d'association ..." Cette loi "constitue une tentative manifestement illégale d'éradiquer les minorités religieuses en France, détruisant toute possibilité pour leurs fidèles de pratiquer leur foi" "estime la scientologie dans un communiqué".
 
La nouvelle législation, adoptée le 30 mai dernier, permet "à la justice de dissoudre les sectes condamnées par un tribunal pour des infractions comme les atteintes aux personnes, l'abus de confiance, l'escroquerie, la fraude, l'exercice illégal de la médecine ou de la pharmacie".
 
Cette loi a de quoi inquiéter la secte, dont des responsables ont déjà fait l'objet de condamnations pénales, notamment pour escroquerie. Par ailleurs, la section Ile-de-France de la scientologie, poursuivie avec son président, pour "tentative d'escroquerie", sera jugée devant le tribunal correctionnel de Paris les 6 et 7 décembre 2001.
 
juin 2001
La section Ile de France de l'Eglise de scientologie
en correctionnelle en décembre
 
Dépêche AFP, 28.06.2001
 
La section Ile-de-France de la scientologie, poursuivie avec son président Marc Walter pour "tentative d'escroquerie, traitement d'information nominative" et entrave à l'action de la CNIL, sera jugée devant le tribunal correctionnel de Paris les 6 et 7 décembre 2001. L'enquête avait été ouverte après le dépot d'une plainte d'un ancien adepte qui avait vainement demandé à être retiré du fichier de la scientologie.
 
Maître Olivier Morice, avocat de l'UNADFI, partie civile, avait déclaré que ces poursuites pour "tentative d'escroquerie" étaient une première. La section IDF rassemble 20 000 membres, sur un total de 50 000 en France. Une autre instruction, ouverte en 1989 pour "escroquerie", est par ailleurs toujours en cours à Paris. Plusieurs pièces de ce dossier avaient disparu en 1998.
 
avril 2001 
L'Eglise de scientologie d'Ile-de-France
renvoyée devant le tribunal pour escroquerie
 
Le Monde, 05.04.2001, Johannes Franck
 
Le juge d'instruction, Renaud Van Ruymbeke, a renvoyé, mercredi 28 mars, la scientologie d'Ile de France devant le tribunal correctionnel pour " tentative d'escroquerie ". Pour la première fois, elle sera jugée comme personne morale, accusée d'avoir envoyé sa propagande à trois anciens membres de l'organisation. Pour l'avocat de l'UNADFI, Maître Morice, il s'agit d'un coup très dur porté à la secte. "
 
Si le tribunal suit la démonstration du juge, nous demanderons la dissolution judiciaire de la branche parisienne " de la scientologie, ajoute-t-il. Le code pénal autorise en effet la dissolution d'une personne morale pour des peines supérieures à cinq ans et il peut aussi ordonner " le placement pour une durée de cinq ans au plus, sous surveillance judiciaire ".
 
Cette affaire avait démarré discrètement en 1997 lorsqu'un scientologue repenti, Pascal L., avait saisi la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) après des demandes infructueuses de voir son nom radié du fichier de la scientologie. En 1999, un autre ex-adepte portait plainte, à Paris, pour les mêmes raisons, suivi par Pascal L. puis par une troisième personne. L'UNADFI s'associait à cette plainte.
 
mars 2001
Onze scientologues perdent leur procès
contre Me Morice et Janine Tavernier
 
Dépêche AFP, 14.03.2001
 
Le Tribunal correctionnel de Paris a jugé irrecevable la plainte pour diffamation déposée par onze scientologues contre la présidente de l’UNADFI Janine Tavernier, ainsi que Me Morice.
 
Les plaignants reprochaient à ces derniers des propos tenus lors de reportages diffusés en 1998 sur France 2, France 3 et LCI, relatifs à la disparition de certaines pièces du dossier d’instruction dont la juge Morachini était en charge.
 
Le Tribunal a estimé que les plaignants n’étaient pas personnellement mis en cause par les propos de Me Tavernier qui estimait que dans cette affaire "L’Eglise de Scientologie était prête à utiliser tous les moyens pour éviter que certains de ses membres ne comparaissent devant un tribunal correctionnel".
 
[Dernière minute : 9 des 11 plaignants scientologues ont fait appel.]
 
mars 2001
Demande de constitution de partie civile :
la juge Moracchini fait appel
 
Dépêche AFP, 07.03.2001
 
La juge Moracchini fait appel de la décision du juge d'instruction Colette Bismuth, qui a jugé irrecevable sa demande de constitution de partie civile dans l'affaire concernant la disparition d'un tome et demi de dossier au cours de l'instruction contre la Scientologie pour "escroquerie et exercice illégal de la médecine".
 
janvier 2001
Scientologie : l'Etat à nouveau condamné
 
Le Figaro, 25.01.2001
 
Suite à la disparition d'une partie du dossier de la Scientologie et à l'inertie de son instruction, l'Etat a été condamné pour la seconde fois par le Tribunal de grande instance de Paris à verser 50 000 francs à Mme Monica de Cordero (partie civile) en réparation de son préjudice moral.
 
Le juge Moracchini - qui fait l'objet d'une précédure disciplinaire devant le Conseil supérieur de la Magistrature - instruisait ce dossier depuis 1993 avant d'en être dessaisie en octobre 2000.
 
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