-
- Le
tribunal de Marseille condamne un responsable
- de
l'Eglise de scientologie pour escroquerie
-
- Le
Monde, 16 novembre 1999
- [Texte
intégral]
- «Les
cures de purification» sont d'une «totale
inefficacité», estime le jugement
-
- MARSEILLE-
de notre correspondant
-
- La
sixième chambre du tribunal de grande instance
de Marseille a condamné, lundi 15 novembre,
Xavier Delamare, quarante-deux ans, directeur des
centres de Dianétique de Marseille et Nice,
à deux ans d'emprisonnement dont dixhuit
mois avec sursis. Ce «ministre du culte»
de l'Eglise de scientologie, recensée comme
organisation sectaire dans un rapport parlementaire,
est reconnu coupable d'escroquerie et se voit également
infliger une amende de 100'000 francs (15'245 euros).
-
- L'accusation
avait requis contre lui une peine de trois ans de
prison dont dix-huit mois avec sursis et 200'000
francs d'amende.
-
- Quatre
autres scientologues sont condamnés à
des peines entièrement couvertes par le sursis,
allant de six mois à un an. Contre ceux-ci,
l'accusation avait requis deux ans d'emprisonnement
avec sursis. Deux prévenus sont relaxés
dont un éducateur pour personnes âgées,
qui avait pris ses distances avec la Scientologie.
Contrairement à ce qu'avait souhaité
le procureur de la République, lors des débats
qui se sont déroulés du 20 au 23 septembre,
aucune mesure de privation des droits civils, civiques
et de famille n'a été prononcée.
- «EXPANSION»
-
- Xavier
Delamare avait déjà purgé cinq
mois de détention provisoire en 1990. C'est
à son encontre que le tribunal se montre
le plus sévère : il est «prêt
à utiliser toute sorte de moyens pour se
procurer des fonds.
-
- Cette
recherche du profit, écrivent les juges,
est avant tout orientée vers l'expansion
de l'Eglise de scientologie à laquelle une
partie non négligeable des bénéfices
est reversée et n'est cependant pas exclusive
de sa part de la recherche d'un certain confort.»
-
- L'affaire
avait débuté dans le sillage d'une
plainte pour escroquerie et exercice illégal
de la médecine, déposée par
un médecin cardiologue marseillais qui avait
versé un total de 132'000 francs en échange
de différents tests et cures proposés
par le centre de Dianétique. Comme lui,neuf
autres adeptes s'étaient constitués
partie civile.
-
- La
dernière péripétie de ce dossier
judiciaire, qui a duré dix ans, s'était
jouée une dizaine de jours avant l'ouverture
du procès. Le procureur et le président
du tribunal de grande instance de Marseille annonçaient
la «destruction par erreur», en novembre
1998, d'un certain nombre de pièces à
conviction placées sous scellés (Le
Monde des 9 et 11 septembre).
-
- Les
enquêteurs de l'Inspection générale
des greffes dépêchés à
Marseille par la ministre de la justice, Elisabeth
Guigou, confirmaient la méprise d'employés
du greffe. La défense des sept scientologues
s'était largement appuyée sur cet
incident pour réclamer à l'ouverture
du procès l'annulation de la procédure
ou obtenir, à défaut, un supplément
d'information. Ces deux requêtes sont rejetées
en préambule du jugement que vient de rendre
le tribunal.
-
- Les
débats avaient donné lieu à
de vifs échanges. Le docteur Abgrall, auquel
le juge d'instruction avait confié une mission
d'expertise, avait évoqué le «fanatisme
religieux» de certains prévenus et
détaillé les «manipulations
mentales», «les cures de purification»
pratiquées
dans les centres de Dianétique.
-
- Le
tribunal observe que ces «prestations fallacieuses
sont d'une totale inefficacité». L'expert
avait aussi insisté sur «la Propagande
noire» opérée à l'encontre
des ennemis de la secte. Evoquant «une monstrueuse
arnaque », le procureur de la République,
Danièle Drouy-Ayral, avait comparé
la Scientologie à une «pieuvre».
-
- Dans
ce qu'ils ont nommé «un climat général
de lynchage», les défenseurs des prévenus
avaient notamment mis en avant «la bonne foi»
de leurs clients, de nature à les exonérer
des poursuites pour escroquerie. Cette argumentation,
que plusieurs juridictions avaient précédemment
reprise à leur compte pour justifier la relaxe
de scientologues, n'a pas été retenue
par le tribunal correctionnel de Marseille.
-
- Luc
Leroux
|
-
- Le
Tribunal de Marseille sanctionne
- les
méthodes des scientologues
-
- Tribune
de Genève, le 16 novembre 1999
- [Texte
intégral]
- FRANCE
: Le responsable de deux centres de dianétique
condamné pour escroquerie
-
- MARSEILLE
- Jean-Michel VERNE
-
- Cinq
condamnations et deux relaxes : le délibéré
rendu hier par la sixième Chambre correctionnelle
du Tribunal de Marseille a surtout sanctionné
hier le responsable des centres de dianétique
de Nice et Marseille. Xavier Delamare est notamment
poursuivi pour «escroquerie et exercice illégal
de la médeine». Il écope de
vingt-quatre mois de prison dont dix-huit avec sursis.
-
- Mais
tous ceux qui se battent depuis des années
contre les activités de l'organisation de
Ron Hubbard seront tout de même déçus
: l'homme ne retournera pas en priion.
-
- Cette
condamnation est couverte par sa détention
préventive dans une affaire qui aura mis
près de dix ans à être jugée.
Le condamné devra en outre s'acquitter d'une
amende de 100'000 francs français.
- Implacable
réquisitoire
-
- Le
tribunal présidé par Mme Varlamoov
a suivi dans l'échelle des peines la logique
de l'implacable réquisitoire en septembre
du procureur Danièle Drouy-Ayral. Lors de
l'audience, celle-ci avait distingué le cerveau
et les petites mains pour décrire la hiérarchisation
de la scientologie.
-
- Sans
surprise, les juges marseillais ont blanchi hier
le repenti Dominique Pons et relaxé l'une
des adeptes, Isabelle Acher. Les autres seconds
rôles de cette affaire écopent de six
à huit mois de prison avec sursis.
-
- Reste
que les peines infligées sont inférieures
à ce qu'avait réclamé le procureur.
Ainsi avait-il requis une condamnation à
trois ans de prison dont dix huit mois ferme contre
Xavier Delamare.
-
- Pour
les juges, la tâche était délicate
: une trop lourde sanction permettait aux scientologues
de se présenter comme les victimes d'une
inquisition idéologique. Naviguant comme
toujours en France entre la liberté de culte
et la lutte corntre les sectes, le tribunal a fait
une sorte de côte mal taillée malgré
la terrible description à l'audience des
méthodes des scientologues.
-
- Le
magistrat avait expliqué comment ilés
sont passés maîtres dans l'art de dépouiller
ceux qui ont eu le malheur de passer la porte de
leur temple.
-
- Du
coup, les responsaples présents de la secte
ont eu tendance à soutenir la logique du
jugement. «Le tribunal pouvait difficiléement
juger autrement, compte tenu de la pression médiatique
exercée dans ce ce dossier», commente
Marc Bromber qui préside aux destinées
du «Bureau européen des droit de l'homme»
de la scientologie.
-
- Il
a également annoncé qu'il allait
entamer des poursuites en diffamation contre l'avocat
Jean-Michel Pesenti partie civile dans cette affaire.
Celui qui représente les intérêts
de l'Asociation de défense des familles (ADEFI)
était monté au créneau après
la très énigmatique destruction de
scellés révélée une
semaine avant l'ouverture du procès.
-
- Devant
le tollé soulevé par ces révélations,
le Garde des sceaux ordonnait une enquête
interne. Après avoir tenu des propos très
durs, Elisabeth Guigou se rangeait pourtant à
la version donnée par le Parquet de Marseille.
Ce dernier évoquait une destruction accidentelle.
-
- Parmi
les scellés manquants figurait près
de 800 dossiers de personnes qui ont consulté
dans les centres de dianétique visés
par les poursuites.
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-
-
- Le
Matin, 16 novembre 1999
- [Texte
intégral]
- L'ex-responsable
de l'Eglise était jugé pour escroquerie
-
-
- Un
ancien responsable de l'Eglise de scientologie en
France, Xavier Delamare, a été condamné
hier pour escroquerie à 2 ans d'emprisonnement,
dont 18 mois avec sursis, et à 100'000 francs
(25'000 francs suisses) d'amende par un tribunal
de Marseille.
-
- Des
peines de prison avec sursis s'échelonnant
de 6 mois à 1 an ont également été
prononcées contre quatre
- anciennes
employées de la secte, alors que deux autres
prévenus ont été relaxés.
- Dix
ans après
-
- Tous
étaient accusés d'avoir usé
de méthodes frauduleuses pour vendre,
entre 1987 et 1990, à Marseille et à
Nice, des services très coûteux
de la secte, fondée en 1954 par l'écrivain
de science-fiction américain Ron Hubbard.
-
- Prononcé
presque dix années après le début
de l'instruction, ce jugement intervient deux ans
après la condamnation à des peines
de prison avec sursis de six scientologues de Lyon
(centreest) dans un procès pour escroquerie
du même type.
-
- L'avocat
des parties civiles dans le procès, Me Jean-Michel
Pesenti, a déclaré «attendre
maintenant l'interdiction pure et simple de la secte»,
a-t-il ajouté.
-
- Le
procès de Marseille avait été
précédé d'une polémique
sur la destruction d'une cinquantaine de scellés
du dossier visant l'Eglise de scientologie. Après
une enquête, la ministre de la Justice, Elisabeth
Guigou, avait affirmé qu'il s'agissait «d'une
erreur» de greffier.
-
- Initialement
programmé en janvier 1995, le procès
avait été reporté, la défense
n'ayant pas reçu certains rapports d'expertise.
- Discipline
de fer
-
- La
scientologie, qui se présente comme «religion
du XXIe siècle», impose une discipline
de fer à ses membres et fonctionne comme
une multinationale. Elle a eu de nombreux démêlés
avec la justice dans le monde, notamment pour escroquerie
ou exercice illégal de la médecine,
lorsque d'anciens adeptes repentis se sont plaints
d'avoir été dépouillés
de leurs biens.
-
- Difficile
à mesurer, la richesse de l'organisation
s'élèverait à plusieurs centaines
de millions de dollars. Son
- budget
pour l'Europe est évalué à
5 millions de francs suisses.
-
- (afpLe
Matin)
|
-
-
- 24
Heures, 16 novembre 1999 ?
- [Texte
intégral]
-
- FRANCE
- Un
ancien responsable de l'Eglise de scientologie en
France, Xavier Delamare, a été condamné
hier à Marseille pour escroquerie. Il devra
purger deux ans d'emprisonnement dont dixhuit
mois avec sursis, et payer 100'000 FF (environ 25'000
francs suisses) d'amende.
-
- ATS
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-
- Prison
pour les scientologues recruteurs
-
- Libération,
le 16 novembre 1999
- [Texte
intégral]
- Après
le jugement du procès de Marseille, la
secte entend contre-attaquer.
-
- A
la barre du tribunal correctionnel de Marseille,
en septembre, lors du procès de l'Eglise
de scientologie, le responsable local de la secte
dans les années 80 avait eu ces mots pour
sa défense : «Réduire la scientologie
à l'argent, c'est une perversion de la vérité.»
-
- En
vain. Les juges de Xavier Delamare n'ont pas cru
à ses bonnes paroles. Hier, ils l'ont condamnéà
deux ans de prison dont six mois ferme et 100'000
francs d'amende pour escroquerie. Son tort : avoir
usé de méthodes frauduleuses pour
recruter de nouveaux adeptes.
-
- Quatre
autresscientologues, alors sous les ordres de ce
patron qui voulait faire de ses succursales niçoise
et marseillaise les «meilleures missions d'Europe»,
à coups d'«avancéesspirituelles
comptabilisées» et de «ventes
à la dure» de K7 ou de livres, ont
écopé de peines de prison avec sursis,
pour «escroquerie» ou «tentative
d' escroquerie». De six mois à un an,
selon leur degré d'implication, leur talent
à faire passer des «auditions»
ou à s'occuper des tests maison. Tandis que
deux autres membres ont été relaxés.
-
- Pour
la secte, la douche est froide. Même si certaines
charges retenues contre elle ont finalement tourné
court. Alors, elle, si soucieuse de son image, s'est
empressée dès l'annonce du délibéré
de contreattaquer. D'abord, en critiquant ces
«décisions sévères»,
«inévitables dans le climat actuel»
où il fallait «que la justice aille
dans les rails». En désignant, ensuite,
leur fidèle Xavier Delamarecomme «le
bouc émissaire d'une affaire qui a une sérieuse
coloration politique».
-
- En
arguant, une fois de plus, que les faits reprochés
aux deptes phocéens de Ron Hubbard, le fondateur
de la secte, remontaient à douze ans, que
tout ça n'était plus bien d'actualité,
que le ménage aurait été fait
au sein de la secte et, surtout, que «le principal
accusé avaitre reconnu à la barre
avoir violé les règlements de l'Eglise».
Pour un peu, la porte-parole de la secte. Danièle
Danièle Gounord, qui ignorait hier soir si
son mouvement fera appel ou non, éprouverait
même du soulagement : «Rien dans le
jugement ne met en cause l'Eglise de scientologie
en tant que telle. Il n'évoque que des individualités.»
-
- Que
nenni, a rétorqué JeanMichel
Pesenti, l'avocat des victimes. Pour lui, le «stade
des dérives locales» ne tient pas,
il a été «largement dépassé».
Déjà présent au procès
de Lyon, en 1996, Me Pesenti sait de quoi il parle:
mis à part l'homicide involontaire d'un jeune
adepte qui avait alors valu à un responsable
lyonnais d'être condamné à trois
ans avec sursis, le procès de Marseille sonnait
comme un bis repetita de celui de Lyon.
-
|
«Nous
attendons maintenant l'interdiction pure
et simple de la secte»
Me
Pesenti, l'avocat des victimes
|

-
- Mêmes
règlements intérieurs, même
fonctionnement, mêmes escroqueries, ou presque.
D'où la déclaration de Me Pesenti,
hier : «Nous
attendons maintenant l'interdiction pure et simple
de la secte.» Une
phrase qui fait mal.
-
- Et
pourtant. Dès dimanche, l'Eglise de scientologie
avait pris soin de mettre la pression sur l' avocat.
En annonçant le lépôt d'une
plainte pour diffamation contre lui et contre Raymond
Fourni (PS), vice-président de l'Assemblée
natiionale. Aux deux, la secte repproche certaines
de leurs déclarations sur l'affaire des scellés
détruits au greffe du tribunal de Marseille,
qui avait précédé le procès.
- Danièle
Gounord, la porte-voix de la scientologie, est
d'ailleurs catégorique :
- la
secte s'apprête à attaquer tous
azimuts.
-
- Sur
sa liste : Alain Vivien, le président de
la Mission interministérielle de lutte contre
les sectes, que la scientologie tient pour l' «inquisiteur
n° 1 en France».
-
- Mais
aussi la Belgique, coupable à ses yeux de
«Violation des droits de l'homme» après
les vingtcinq perquisitions à Bruxelles
le 30 septembre. C'est que la scientologie, qui
sait son image sacrément écornée
et son agenda judiciaire plutôt chargé,
n'est pas du genre à prendre des coups sans
en rendre. Et celui de Marseille est sérieux
8
-
- David
DUFRESNE
|
-
- Le
Matin, 24 septembre 1999
- [Texte
intégral]
- Le
jugement prévu le 15 novembre
-
- Le
procès des sept scientologues poursuivis
pour escroqueries s'est achevé hier avec
les plaidoiries de la défense. Le jugement
a été mis en délibéré
au 15 novembre prochain. Les débats devant
la sixième Chambre du Tribunal correctionnel
de Marseille ont pris fin avec la plaidoirie de
Jean-Yves Le Borgne, représentant le principal
prévenu, Xavier Delamare, ancien responsable
de l'antenne régionale de la secte. A l'Instar
de tous ses confrères de la défense,
Me Le Borgne a plaidé la relaxe pure et simple
de son client.
|
-
- Scientologie:
une journée consacrée aux «disparus»
-
- Journal
? 14 novembre 1999
- [Texte
Intégral]
- Après
une journée entière de débats
pour obtenir le report du procès qui
devait s'ouvrir hier devant le tribunal correctionnel
de Marseille, le suspense continue
-
- Compte
rendu d'audience de Philippe JARRASSÉ
-
- «Le
tribunal rendra sa décision demain matin.
Pour la sérénité de notre réflexion,
une nuit ne sera pas de trop». Il était
18 heures, hier soir, après une journée
complète de guérilla juridique, la
présidente de la 6ème chambre du tribunal
correctionnel de Marseille décidait de suspendre
les hostilités. Il faudra donc attendre au
moins jusqu'à aujourd'hui pour voir peutêtre
s'ouvrir le procès des sept responsables
de l'Eglise de Scientologie de la région
de Marseille et Nice, poursuivis pour «escroguerie,
exercice illégal de la médecine et
violences avec préméditation»
-
- Mme
Varlanoff, la présidente a tout juste eu
le temps de lire une ordonnance de renvoi, plutôt
sévère, où l'on parle de «manœuvres
frauduleuses, de matériels d'une valeur scientifique
nulle, de services fallacieusement présentés
comme ayant des vertus thérapeutiques et
d'escroqueries ou tentatives» au détriment
d'une dizaine de personnes.
- «Ces
chers disparus»
-
- «Le
tribunal regrette l'absence des victimes malgré
le battage médiatique» indique la présidente.
Deux seulement ont accepté de porter plainte
et sont présentes. L'ingénieur chargé
d'expertiser l'électromètre, la machine
miracle des scientologues, n'est pas là non
plus.
-
- Et
manquent surtout «ces chers disparus»
comme les appellera ironiquement un des avocats
de la défense, les scellés qui ont
été détruits à la suite
d'une «erreur» reconnue comme telle
des services judiciaires qui ont confondu une décision
de renvoi (déjà) en janvier 1995 avec
une jugement définitif ...
-
- Autour
de Xavier Delamare, 42 ans, ancien épicier
et «directeur commercial» de la Scientologie
dans la région en 1989, six des sept prévenus
sont présents. Seule Sylvie Musset, 36 ans,
actuellement domiciliée à Los Angeles,
Hollywood boulevard, est absente. Elle a fait valoir
une attestation médicale qui n'a pas été
validée.
-
- Avec
ses airs d'employé banque modèle,
Xavier Delemare ferait presque oublier qu'il a passé
plus de 5 mois en prison préventive et que
ses méthodes de ventes forcées de
documents, cours, entretiens et autres stages avaient
rapporté 7 millions de francs en 1989 dans
ses quatre centres de la Côte d'Azur.
- Présomption
d'immoralité
-
- A
ses côtés, deux autres «membres
actives de l'Eglise de scientologie », Emmanuelle
Aulagnier, 32 ans, installée aujourd'hui
à Alès et Isabelle Acher, 45 ans,
à Saint-Etienne. Deux autres femmes encore,
aux allures de comparses. Et un seul homme, qui
«s'est éloigné de tout cela
depuis déjà dix ans et voudrait bien
qu'on en finisse».
-
- Si
les victimes sont peu nombreuses, représentées
par un seul avocat, les scientologues, eux, sont
venus en nombre. A tous les niveaux de la hiérarchie
française et internationale, en tailleurs
et costumes cravate, très présentables.
ils disposent également de six avocats de
grande notoriété mais n'hésitent
pas à les conseiller sur tel ou tel point
de stratégie.
-
- Une
première demande de renvoi «fondée
sur le contexte détestable » le fait
«qu'on juge tellement à chaud après
cette affaire» (celle des scellés disparus
révélée le 8 septembre) qu'une
«présomption de culpabilité,
pire d'immoralité, pèse sur eux »,
a été rejetée en fin de matinée.

- Cruauté
et méthode
-
- «
Comment osez-vous parler de sérénité
de la justice ?» s'était d'ailleurs
exclamé le ministère public, rappelant
les «pressions» innombrables exercées
par la secte sur les magistrats découvrant
des militants enchaînés devant leur
porte ou inondés de courriers pour perturber
l'instruction.
-
- Oui
mais voilà, reste que la justice est plutôt
mal placée pour s'offusquer quand elle a
ellemême détruit une partie des
documents mis sous scellés dans une affaire
de cette importance. «Comment savoir si la
scientologie est si chère, comme vous le
dites, si toutes les comptabilités ont été
détruites ? Comment contester une expertise
si les documents sur lesquels elle s'est fondée
ont disparu ? ...» Les avocats ont eu beau
jeu d'appuyer là où ça faisait
mal, avec cruauté et méthode. Renvoi,
annulation, complément d'information, reconstitution
de pièces, nullité intrinsèque
de tous les actes, ils ont tout demandé.
Réponse ce matin.
-
- «Comme
un groupe militaire»
-
- Jean-Jacques
Gréneron ancien scientologue de la «mission»
de Marseille, a porté plainte hier matin.
-
- Sur
dix victimes recensées dans la région,
une seule s'était constituée partie
civile jusqu'à présent, Raymond Scapillato,
46 ans, gérant de société,
qui s'était vu proposer un séjour
au «Celebrity center de Paris» pour
150'000 FF afin
de solutionner ses problèmes psychiques.
-
- Depuis
hier, il a été rejoint par JeanJacques
Gréneron, une personne fragile qui ne s'est
toujours pas remise de l'expérience : «
Je voudrais que la vérité éclate
mais les médias sont manipulés - même
involontairement - par les scientologues. En 1990,
alors que je faisais partie du staff de Marseille,
ils m'ont proposé un séjour à
Copenhague mais la méthode était encore
plus dure. Il fallait travailler quinze heures par
jour dans une imprimerie pour 200 FF par semaine.
Je leur avais raconté que j'avais fait des
bêtises dans ma jeunesse, des vols de mob,
des choses comme ça, ils me menaçaient
de me dénoncer à la police. C'était
du chantage. Au bout d'une semaine à Copenhague,
je me suis sauvé».
-
- «Le principe, c'est l'audition - faire parler quelqu'un
de ces problèmes - ça peut durer 3
heures ou 6 ou 12. Ça met groggy. On est
tellement fatigué qu'on ne sait plus ce qu'on
fait, c'est ensuite seulement que le conditionnement
peut commencer ... Moi, je ne servais à rien
dans la société, je voulais me rendre
utile. Mais je m'aperçois que rien n'a changé
depuis dix ans, il y a toujours des tracts dans
les boites à lettres et des gens qui travaillent
quinze heures par jour».
-
- «La Scientologie, c'est comme un groupe militaire.
Très organisé. Il y a le groupe de
com, le groupe d'éthique, le groupe de ceci
ou de cela. Un individu est une statistique, combien
il doit vendre ou combien il doit rapporter. Scapillato
avait du fric, moi du temps. C'est tout, nous étions
de la chair à canon».
-
- Ph.J.
|
-
- PROCÈS
DES SCIENTOLOGUES
- Prison
ferme requise contre un responsable
-
- Le
matin, 23 septembre 1999
- [Texte
intégral]
-
- Sursis
demandé pour les six autres membres de
l'Eglise jugés, à Marseille, pour
escroquerie
-
- De
la prison ferme a été requise hier
à Marseille contre le principal des sept
accusés de l'Eglise de scientologie jugés
depuis lundi pour escroquerie. Le procureur a requis,
devant le Tribunal correctionnel de Marseille, 3
ans de prison, dont 18 mois ferme, et 50'000 francs
d'amende contre Xavier Delamare, 42 ans, «ministre»
de l'Eglise de scientologie. n dirigeait les centres
de Nice, Marseille et de La Haye.
-
- A
l'encontre de cinq femmes mises en cause, le procureur
Danièle DrouyAyral a demandé
2 ans avec sursis. Elle a requis une peine de principe
contre un septième prévenu, qui n'avait
travaillé que durant trois mois au sein du
"staff" (personnel) de l'Eglise.
-
- Les
prévenus, dont cinq sont toujours membres
actifs de l'Eglise de scientologie, sont soupçonnés
d'avoir escroqué, en totalité ou partie,
la fortune de dix personnes, entre 1987 et 1990.
-
- Ce
procès, le deuxième intenté
en France à des scientologues, doit se terminer
dans la journée. En 1997, six scientologues
avaient été condamnés à
des peines de prison avec sursis pour «escroquerie»
à Lyon. Le chef régional de cette
organisation, classée officiellement en France
parmi les sectes, avait également été
condamné pour «homicide involontaire».
-
- (afp-LeMatin)
|
-
-
- 24
Heures, 21 septembre 1999
- [Texte
intégral]
- Procès
de sept membres de la secte. Ils sont accusés
d'escroquerie.
-
- Sept
adeptes français de l'Eglise de scientologie
ont commencé à être jugés
hier devant un tribunal de Marseille (sud-est) pour
escroquerie à l'encontre de dix personnes,
qu'ils auraient dépouillées de toute
ou d'une partie de leur fortune entre 1987 et 1990.
-
- Un
des prévenus n'a pas comparu au premier jour
de ce procès : sylvie Musset, 35 ans, a fait
savoir qu'elle se trouvait à Los Angeles
(USA) en raison «d'examens médicaux»,
motif d'absence estimé «pas valable»
par le tribunal.
- Demande
rejetée
-
- Celui-ci
a rejeté lundi une demande de renvoi présentée
par certains défenseurs de ces membres ou
ex-membres de l'Eglise de scientologie, qui ont
fustigé «une détestable atmosphère
de lynchage». En janvier 1995, le procès
avait déjà été reporté
au 20 septembre 1999.
-
- Le
ministère public devait remettre au tribunal
des conclusions éctite, notamment sur les
conséquences de la destruction «par
erreur» d'une cinquantaine de pièces
du dossier concernant la scientologie à la
fin de 1998.
-
- L'ouverture
du procès de Marseille avait été
précédée d'une polémique
sur la destruction de ces scellés d'instruction.
Après une enquête, la ministre de la
Justice, Elisabeth Guigou, a affirmé qu'il
s'agissait d'une «erreur» d'un greffier.
-
- Ce
procès, le deuxième intenté
en France à des scientologues, devrait durer
quatre jours s'il n'est pas ajourné pour
raison de procédure. En 1997, six scientologues
avaient été condamnés à
des peines de prison avec sursis pour escroquerie
à Lyon (centre). Le chef régional
de cette organisation avait également été
condamné pour «homicide involontaire».
-
- Les
sept prévenus, deux hommes et cinq femmes,
encourent jusqu'à cinq ans de prison et une
forte amende. Ils sont accusés d'avoir employé
des méthodes frauduleuses pour facturer des
services très coûteux censés
améliorer l'état mental de leurs usagers,telles
des «auditions» à 1200.- francs
(300 francs suisses) l'heure ou des «cures
de purification» facturées jusqu'à
150'000 francs (près de 40'000 francs suisses).
-
- AFP
|
-
-
- Le
Matin, 22 septembre 1999
- [Texte
intégral]
- Le
procès de sept scientologues accusés
d'escroquerie s'est poursuivi avec l'audition
des prévenus
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- Les
sept prévenus, deux hommes et cinq femmes,
qui comparaissent au Tribunal correctionnel de Marseille
sont soupçonnés de s'être emparés
de tout ou partie de la fortune de dix personnes.
Ils encourent jusqu'à 5 ans de prison et
environ 600'000 fr. d'amende.
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- Les
auditions ont débuté avec celle de
Xavier Delamare, ancien responsable des centres
niçois et marseillais de l'Eglise de scientologie.
Au cours de ses deux heures d'audition, l'ancien
«ministre de l'Eglise» a opposé
à toutes les questions de la présidente
du tribunal sur les sommes versées par les
fidèles avant chaque prestation telles
des «auditions» à 300 fr. l'heure
les «valeurs spirituelles» de
l'Eglise.
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- «L'aspect
financier n'est qu'un petit critère, a-t-il
affirmé, car notre Eglise n'est pas subventionnée
et doit assurer son avenir.»
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- Il
a contesté le chiffre d'affaires de la mission
fourni par la Direction française des impôts,
1,8 million de francs, l'estimant pour sa part «à
1 million».
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- Quant
aux dix plaignants, M. Delamare a déclaré
qu'ils faisaient partie «du 1 % des gens qui
peuvent ne pas avoir été satisfaits»
par l'Eglise de scientologie.
- Informer
l'OSCE
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- L'Eglise
de scientolpgie a également annoncé
dans un communiqUé qu'elle allait envoyer
«une délégation de défense
des droits de l'homme» à Vienne, pour
«informer les représentants de l'OSCE
(Organisation pour la sécurité et
la coopération en europe) des abus commis»
par la Mission interministérielle française
de lutte contre les sectes.
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- Un
des prévenus, Sylvie Musset, est absente
du procès. Elle a fait savoir qu'elle se
trpuvait à Los Angeles en raison «d'examens
médicaux», motif d'absence estimé
«non valable» par le tribunal.
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- Ce
procès, le second intenté en France
à des scientologues, doit durer jusqu'à
jeudi. En 1997, six scientologues avaient été
condamnés à des peines de prison avec
sursis pour «escroquerie» à Lyon.
Le chef régional de cette organisation ayait
également été condamné
pour «homicide involontaire». -
- (afpLêMattn)
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- A
Los Angeles, le président de l'Eglise de
scientologie, Heber C. Jentzsch, a annoncé
lundi qu'il allait déposer une plainte contre
la France devant la Commission des droits de l'homme
de l'ONU pourprotester contre ce procès.
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