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Edito
Etat de Cruise
Après
Sarkozy, Tom Cruise s’offre Gaudin. Le meilleur VRP de la Scientologie poursuit ses visites officielles dignes d’un
véritable chef d’état.
N’y
aurait-il que la vanité de vouloir se porter à la hauteur de cette star
planétaire … Ou même encore d'espérer quelques flash de plus, dans la rubrique
«mondanité»…
Mais il
s’agit bien d’un autre calcul, tout au moins de la part de l’actuel ministre de
l’Intérieur. Son invitation officielle dans les locaux du ministère est une
main tendue, un signe fort envoyé aux Etats-Unis où «l’église» de
Ron Hubbard est aujourd’hui reconnue comme telle.
Et si
Sarkozy avait alors démenti avoir parlé de scientologie dans les locaux du
ministère, Cruise l’a pourtant confirmé lors d’un interview accordé au Parisien
(édition du 6 juillet). Il a d’ailleurs ajouté : «M. Sarkozy est
quelqu’un de très intelligent, ouvert aux idées des autres».
Depuis, Tom
Cruise poursuit sa campagne de promotion pour la scientologie et accessoirement
ses films. Qu'il soit de nouveau reçu officiellement à Marseille et que
Jean-Claude Gaudin lui remette la médaille d'honneur de la ville de Marseille
ressemble cette fois d’avantage à de la provocation. Pour le moins, c’est ne
faire aucun cas de l’indignation qu’a suscité la réception du «secte-symbole» au ministère des finances et des nombreuses prises de
positions d’alors, dont celle du CLPS.
DIDIER FOHR
Ensemble
Intervention de Xavier Laugaudin, Attention enfants,
le 2 avril dernier lors de '’assemblée générale du CLPS à Arches.
Le 1er janvier 2003, la Ligue de
l'Enseignement, le Cercle laïc pour la prévention du sectarisme, l'Association
pour la prévention du phénomène sectaire 29 et Attention Enfants ont crée le
RESEAU LAIC POUR LA PREVENTION DU PHENOMENE SECTAIRE.
La volonté initiale des signataires était :
de
confirmer leur détermination à mettre en commun leurs moyens pour assurer des
actions de prévention contre les phénomènes sectaires,
d’affirmer
que la laïcité est un des meilleurs remparts contre les dérives de certains
groupes totalitaires et/ou sectaires,
de créer un
partenariat de mise en commun de ressources par une représentativité réciproque
dans les différentes régions d’implantation et par le lancement d’une réflexion
logistique partagée.
Aujourd’hui, après 2 années de fonctionnement de ce
partenariat, nous avons appris à nous connaître mieux, à vérifier – dans la
continuité – que nos actions sont toujours compatibles et souvent cohérentes.
(...) l'UNADFI est donc actuellement le seul réseau suffisamment structuré et
coordonné pour avoir une visibilité et des actions d’envergure. Cette situation
lui permet donc d’obtenir des pouvoirs publics les aides nécessaires à des
actions de niveau national et d’avoir une voix mieux reconnue auprès des
partenaires institutionnels.
L’Unadfi est depuis toujours un partenaire efficace et
fiable. Elle a aidé en particulier Attention Enfants à se créer au printemps
2000. Elle nous a toujours soutenu. Catherine Picard est membre de votre
association, je suis intervenu ce mercredi soir à ses côtés à la mairie du
XVIII° arrondissement de Paris, où le Maire – Daniel Vaillant – nous avait
demandé d’animer un CICA sur le sujet des sectes. Philippe Vuilque nous a rejoint
à la tribune.
Il ne s’agit donc pas de nous fortifier au détriment
de nos partenaires et en particulier de l’Unadfi, mais de rendre l’action
associative dans notre combat, plus diversifiée et plus forte. Il s’agit de
créer un groupement associatif fort qui puisse offrir aux victimes des sectes
passées ou potentielles, des sensibilités différentes, des choix d’actions
différents, des garanties de continuité de notre engagement quelque soit la
vitalité des différents acteurs.
Compte tenu du chemin parcouru pour nos associations
fondatrices du Réseau Laïc, je pense qu’il est temps de créer les conditions
d’une structuration plus importante qui permettra de mettre en commun d’une
manière encore plus efficace nos moyens, nos actions, notre force.
Il nous reste encore beaucoup de travail :
développer des outils communs d’intervention dans les lycées et les
universités, des plaquettes d’information ciblées en fonction du public.
Il nous faut aller plus loin dans notre travail avec
l’Etat pour obtenir non pas des agréments locaux mais un agrément national de
l’Education Nationale.
Prolonger nos partenariats locaux avec l’ensemble des
co-acteurs de notre travail à travers nos différentes implantations - et je
pense plus particulièrement aux fédérations de Parents d’Elèves.
Notre structuration nous permettra de prétendre à des
subventions nationales en plus des subventions locales. Et peut-être dans
quelques années nous pourrons demander aussi notre reconnaissance d’Utilité
Publique !
Alors ce n’est pas par une simple décision que les
choses vont se mettre en place, il nous faut encore réfléchir à la forme de
cette fédération : quelle organisation, quel fonctionnement, quelles
garanties de notre indépendance tout en utilisant au mieux et avec réactivité notre
synergie ?
Les adhérents actuels du Réseau sont-ils tous volontaires pour cette deuxième
vitesse à enclencher ? en particulier La Ligue de l’Enseignement ?
Doit-on profiter de cette évolution pour s’élargir en accueillant de nouveaux
partenaires, tels que d’autres associations concernées par le phénomène
sectaire que nous fréquentons déjà, des acteurs essentiels des Droits de
l’Homme ?
L’organisation même de cette fédération doit encore
mûrir, sera-t-elle géographique, thématique, les deux ? comment allons-nous
nous structurer ? et bien d’autres questions …
Cette naissance demandera encore plusieurs semaines de
travail pour la finaliser et l’officialiser et nous prendrons le temps
nécessaire pour cela.
En tout cas, elle devra privilégier l’autonomie, la réactivité,
la spécificité de chacune de nos associations ; elle devra être un
facilitateur et non un frein et encore moins une structure centralisée et de
contrôle. Non nous souhaitons créer une dynamique qui dans le respect de nos
différences soit source de synergie, que nos degrés de liberté les uns par
rapport aux autres constituent un élargissement de notre emprise fédérale.
Mais la
journée du 2 avril 2005 doit marquer simplement mais avec détermination cette
volonté partagée de ce lancement !
Aussi, en accord avec votre bureau, je vous propose
aujourd’hui de décréter la naissance d’une nouvelle et future grande fédération
d’associations comme les nôtres dont les fondements sont :
la lutte
contre les dérives sectaires,
la
prévention de ces risques,
l’adhésion
à l’idéal laïque,
le
partenariat privilégié avec les associations complémentaires aux nôtres qui
aident les victimes des groupes sectaires.
Et dès que nous serons prêt, nous organiserons un
évènement médiatique fort qui annoncera cette création.
Alors, il nous restera à
travailler encore plus fort, encore plus efficacement !
Xavier Laugaudin
Les sectes et l’enfance
Par Hayat El Mountacir
Les sectes s’intéressent à l’enfance et elles
commencent par la famille qui est le premier lieu de vie de l’enfant. Celle-ci
devient un lieu de transmission de la doctrine de la secte. Tout est orienté
vers l’intérêt et le développement de la secte sans tenir compte de l’intérêt
de l’enfant. Il en résulte une souffrance chez l'enfant. On peut globalement
distinguer 3 formes de maltraitance dans les sectes :
- désocialisation
- maltraitance physique
- maltraitance psychologique
Les conséquences sur les enfants sont en contradiction
avec l’article 28 de la Convention Internationale des droits de l’enfant
(C.I.D.E.) qui stipule que « tous
les Etats signataires reconnaissent le droit de l’enfant à l'éducation de nature
à favoriser l’épanouissement de sa personnalité».
LA DÉSOCIALISATION
Les familles membres de sectes ne remplissent pas leur
rôle qui consiste à préparer l’enfant à s’intégrer dans la société. Les sectes
procèdent à un travail subreptice et pernicieux pour arriver à leurs
fins :
- elles contrôlent les fréquentations de l’enfant pour
l’isoler des autres enfants. Elles investissent l’espace transitionnel de
l’enfant c’est à dire un espace ouvert, en dehors de la famille et qui permet à
l’enfant d’établir durant les premières années de sa vie des liens avec un
environnement diversifié (activités sportives, culturelles, école, crèche).
- elles contrôlent la pensée de l’enfant en donnant des réponses à toutes les questions
qu’il se pose, entravant aussi son esprit critique. Par ailleurs, le contrôle
de ses lectures et de ses activités culturelles va l'enfermer dans la
micro-société sectaire et pourrait bloquer son épanouissement.
- elles donnent une vision dichotomique de la société
qui fixe une frontière entre le monde intérieur au groupe et le reste de la
société. Et à ce classement intérieur/extérieur vont correspondre des schémas
de comportements bons/mauvais. Elles exercent une emprise sur les enfants par
la peur d’aller vers le monde extérieur jugé négatif.
La famille servira comme point d’appui pour façonner
les enfants dès leur plus jeune âge à l’idéologie de la secte. Les sectes vont
s’approprier la famille car elle constitue un enjeu majeur dans leur
stratégie : l’utiliser comme relais de transmission. Les sectes poussent
les adeptes à rompre les relations avec la famille élargie et la société. Cette
rupture refuse l’ancrage de l’adepte dans un lieu, une histoire, voire une
culture. L'identité, nécessaire à la structuration du sujet, est remplacée par
l’identification à un groupe de façon grégaire. Les conséquences sont
importantes sur les enfants. On leur dénie le droit d’occuper la place qui leur
revient en tenant compte de leur fragilité et de leur besoin de structuration.
La transmission intergénérationnelle est rompue si les grands-parents
n’adhèrent pas à la secte. Quand les parents se distancient de leur passé et de
leur identité, ils n’ont plus de vécu particulier à transmettre. Et si dans le
cadre de la socialisation le droit et les normes sociales constituent le surmoi de l’enfant, ce sont dans les
sectes les interdits du gourou et les préceptes de la secte qui constituent
ce surmoi.
MALTRAITANCE PHYSIQUE
L’article 24 de la C.I.D.E. consacre le droit des
enfants aux soins médicaux et de rééducation. Certaines sectes sont hostiles
aux vaccinations et aux soins médicaux. Elles incitent les parents par un
discours anti-médecine à avoir recours dans tous les cas de figure à la
médecine dite douce, mettant gravement en cause la santé des enfants. Certaines
sectes adoptent des régimes carencés qui compromettent la santé des enfants.
Sur un autre registre, certaines sectes font de la
maltraitance un mode d’éducation. Elles érigent en obligation, par des
explications pseudo-religieuses, le fait de battre les enfants pour les
purifier et les sauver du mal.
D’autres sectes encouragent la pédophilie et l’inceste
en tenant un pseudo discours intellectuel visant à déculpabiliser le passage à
l’acte.
Toutes les maltraitances précitées sont en contradiction
avec l’article 19 de la C.I.D.E. qui vise à protéger
l’enfant contre toute forme de brutalités physiques ou mentales.
LA MALTRAITANCE PSYCHOLOGIQUE
Il s’agit de la maltraitance la plus importante et en
même temps la plus difficile à évaluer. L’Observatoire national de l’action
décentralisée classe les enfants maltraités psychologiquement dans la rubrique
« enfance en risque » et non dans la rubrique « enfance en
danger ». Or, un enfant en risque est un enfant dont les conditions d’existence
mettent en danger l’avenir. La définition des conditions d’existence est à
notre sens malaisée car les frontières sont floues. Un enfant vivant dans un
environnement sectaire maltraité psychologiquement ne bénéficiera pas
systématiquement d’une protection rapide. Par ailleurs, elle laisse à la libre
appréciation des travailleurs sociaux et des magistrats le soin d’alerter et
d’en fixer les contours. Or, le fonctionnement sectaire est préventif par
rapport à l’extérieur. Il est assez difficile dans le cadre d’un contrôle de
cerner, si on n’est pas sensibilisé au sujet, de repérer cette forme de
maltraitance.
Pour les pédopsychiatres, cette forme de maltraitance
relève du refus de reconnaître un enfant dans ses désirs propres et d’occulter
ses besoins et ses demandes. A travers son expérience, le SNATEM en donne une
définition claire, «l’enfant
violenté est pris pour un autre et l’adulte attend de lui des attitudes, des
comportements et des messages qu’il n’est pas en mesure ou en âge de
manifester. L’enfant n’est pas considéré comme un enfant avec ses besoins
spécifiques». Nous retrouvons dans le fonctionnement sectaire des
éléments qui nous orientent vers la maltraitance psychologique :
- le refus du droit d’être un enfant. Il est adulte
avant l’âge. Les sectes refusent de respecter les étapes de développement de
l’enfant.
- le système de prévention totalitaire mis en place par
les sectes bloque ses désirs et sa créativité car la secte pense pour lui.
- Il n’est pas reconnu pour lui même dans sa
singularité mais doit répondre à l’idéal fixé par la secte.
- indifférence parfois des parents face aux demandes
affectives de l’enfant car l’intérêt de la secte prime celui de l’enfant.
LES SECTES ET LES FONDEMENTS DES SOCIETES
DEMOCRATIQUES
Les sectes ne préparent pas les enfants à s’inscrire
dans la société et à en connaître les principes fondamentaux. Elles utilisent
les fondements des systèmes démocratiques pour les contourner et les
instrumentaliser à leur profit. Ainsi, c’est au nom de la liberté religieuse
que les enfants élevés dans un environnement sectaire ne savent pas que cette
liberté religieuse existe ainsi que le droit à l’apostasie. Leur adhésion à
l’âge adulte à la secte repose sur leur ignorance de la liberté de conscience.
L’aliénation à une secte entraîne l’adhésion à un
ordre préétabli et totalitaire car l’adepte renonce à sa liberté et renonce du
même coup à s’inscrire dans le jeu démocratique. Une société démocratique vise
en principe à former un citoyen qui serait autant que possible maître de son
destin. Les sectes remettent en cause les bases de la philosophie des droits de
l’Homme car elle refuse le processus éducatif qui s’appuie sur l’esprit
critique pour faire accéder l’individu à l’autonomie et à la responsabilité.
Dans toutes les formes de sectarisme le processus
éducatif privilégie le groupe et opère un clivage (eux et nous) préjudiciable à
l’apprentissage de la vie en société dans le respect des différences.
L’éducation à la citoyenneté dans le cadre de la laïcité vise à donner des
armes intellectuelles pour apprendre à faire ses choix. La laïcité par sa
philosophie de base vise à structurer l’enfant en lui faisant connaître ses
droits mais aussi ses devoirs, notamment l’adhésion à des valeurs communes et
le respect des normes juridiques qui permettent de vivre ensemble au-delà des
différences culturelles, religieuses, ethniques et des singularités
individuelles. La laïcité s’oppose à l’élitisme que promeut le sectarisme.
Ce sont ces principes fondamentaux qui ont fait de la
France un pays très avancé dans le combat contre le sectarisme. Ainsi une loi
fut votée en 1998 pour renforcer le contrôle des enfants déscolarisés et
instruits au sein de la famille ou dans
une communauté.
Rappelons pour conclure que
les agissements des sectes en direction des enfants sont en violation de
l’article 29 de la C.I.D.E. qui inclut dans son alinéa 2 l’obligation
d’apprendre à l’enfant «le respect
des droits de l'Homme et des libertés fondamentales».
LES
BRÈVES
Les
adorateurs de la Théière Géante
Le siège d’une secte
entièrement vouée à l’adoration d’une théière géante en béton a été pris
d’assaut par des inconnus armés de cocktails molotov dans le nord-est de la
Malaisie. Son gourou s’était proclamé quelques jours plus tôt dans la presse
locale «chef de toutes les religions». La théière n’a que très peu
été détruite par l’incendie.
Les lecteurs de pied
Douze
ans de prison ont été prononcées à l’encontre du fondateur d’une secte
japonaise qui prétendait pouvoir détecter les maladies dont souffraient ses
adeptes – plusieurs milliers – par la seule lecture de leur plante des pieds.
Il leur «diagnostiquait le pire » dans le seul but de les envoyer
dans de très couteux séminaires de guérison. Il aurait ainsi escroqué au total
plus d’un million d’Euros à ses victimes.
Néophare
:
jugement confirmé
La cour d’appel de Rennes a
confirmé le jugement rendu en première instance à l’encontre du gourou de la
secte Néophare. Il est donc condamné, comme le permet la loi About-Picard, à
trois ans de prison avec sursis pour avoir « abusé frauduleusement de
l’état de faiblesse et d’ignorance de plusieurs personnes en état de sujétion
physique et psychologique ». Le gourou avait été poursuivi à la suite du
suicide d’un de ses adeptes et de deux autres tentatives de suicide dans le
groupe.
Le
tour de France de Sahaja Yoga
Une trentaine de grandes villes
verront passer cet été l’étrange caravane, non pas du Tour de France, mais de
Sahaja Yoga, un groupe répertorié dans le rapport parlementaire sur les sectes.
Se présentant comme un mouvement humaniste, il se propose de guérir toutes les
maladies, mais aussi le sida, le cancer et la présence du diable… l’ADFI du
Nord Pas de Calais a fait paraître un communiqué pour attirer l’attention du
public et pour inciter les pouvoirs publics à déclarer le groupe indésirable.
Selon l’ADFI, il s’agit rien moins que d’une vaste campagne de promotion et de
prosélytisme.
Assemblée générale Arches –
Avril 2005
RAPPORT MORAL
Lors
de l'été 2002, une poignée de militants se retrouvait et se lançait le défi de
créer à partir de l'Est de la France une association laïque de prévention du
sectarisme. Il fallait agir sans moyens financiers ni matériels, en revanche, le
capital humain n'était pas négligeable, car, même si nous n'avions pas le
nombre, les volontaires qui s'étaient réunis avaient une longue pratique de ce
type d'action militante. Le rêve était-il démesuré ou au contraire réalisable
?
Presque trois ans après, faisons un retour sur ce qui a pu être fait et tentons
de répondre à cette question sans triomphalisme ni pessimisme, mais tout
simplement avec humilité. Une association indépendante est-elle utile et fiable
?
Avec
des nuances, nous serions tentés de répondre par l'affirmative. Tout d'abord,
une petite association favorise la convivialité et non les conflits pour le
pouvoir, que nous avons ignorés. Nous avons eu une seule subvention publique,
150 euros versés par le Conseil général de Haute-Saône ; les cotisations ont
assuré la survie de l'association qui fonctionne grâce à la débrouillardise des
militants ; deux dépenses incompressibles, d'une part l'abonnement à la ligne
téléphonique, d'autre part l'assurance qui nous prémunit des dépenses qui résulteraient
d'un éventuelle procédure en diffamation. Les informations souvent
quotidiennes, le bulletin sont adressés principalement par voie électronique,
ce qui évite les frais d'impression et d'envoi.
N'éliminons
pas les points d'ombre. Le site Internet est resté longtemps sans modification
ni mise à jour. Depuis, toutefois, le concours bénévole d'un jeune
informaticien a permis d'y intégrer nos bulletins et d'autres documents ; tel
quel, il n'a pas l'ambition de présenter une actualité exhaustive du phénomène
sectaire mais une réflexion approfondie dans un esprit laïque. La documentation
présente sur ce site s'est donc bien étoffée et nous pouvons donc affirmer
qu'il est maintenant en bonne voie. Ce handicap n'en est donc plus un.
Autre
point d'ombre, la relativement faible fréquentation du répondeur téléphonique.
Sans nul doute cette ligne est nécessaire, le nombre d'appels n'est pas
négligeable, et des appels importants sont reçus. Toutefois, leur nombre n'a
rien de comparable à celui observé au moment de la mise en service de cette
ligne.
Après
avoir voulu ne pas dissimuler ce qui nous semble encore à améliorer, venons-en
aux sujets de satisfaction. Le premier, c'est le nombre de spécialistes du
phénomène sectaire qui ont rejoint notre association et qui acceptent de donner
des conférences. Notre cercle a ainsi pu répondre à des demandes de conférences
venant de l'I.U.F.M. (institut universitaire de formation des maîtres) de
Moulins, des FOL (fédérations des œuvres
laïques) de l'Ardèche, de Saône-et-Loire et bientôt du Doubs, de l'Association
noiséenne de défense et de protection contre les sectes, et de Trajectoires
formation dans le Pays de Montbéliard, sans oublier une trop brève prestation
sur FR3 Alsace. Lors des évènements consécutifs à la tentative d'implantation
d'un grand centre des Témoins de Jéhovah dans un petit village des Vosges,
notre cercle a été très présent.
De
même, tous les ans, nous pouvons organiser des sessions de réflexion à Arches dans les Vosges. Notre
survie ne dépend pas de subventions publiques, ce qui fait que nous pouvons
sortir des sentiers battus. Nous nous sommes interrogés à plusieurs reprises
sur les similitudes entre les intégrismes, les fondamentalismes et le sectarisme. Devrons-nous quand nous en aurons le temps faire
la même démarche vis à vis de certaines méthodes de management ?
Notre
indépendance nous a permis également, en liaison avec Société famille individu
et ATTENTION ENFANTS, de publier un communiqué relatif à la visite de l'acteur
Tom Cruise à Nicolas Sarkozy au Ministère des Finances. Notre autofinancement
nous permet précisément de nous exprimer en toute liberté.
Dans
le même esprit, nous devons signaler un bulletin particulièrement abondant et
régulier. Peut-être devrons-nous susciter plus d'informations locales ? Il nous
reste des progrès à accomplir, même si sur de nombreux points nous avons
enregistré des points positifs dès que nous avons entrepris notre tâche.
En
conclusion, il nous semble que notre petite voix commence à se faire entendre.
Nous étions présents aux trente ans de l'UNADFI, et nous espérons pouvoir
approfondir sous peu notre coopération avec cette grande association. Nous
avons des relations avec des relations avec une association belge et avons
donné nos coordonnées à une association suisse dont le siège se trouve à deux
pas de la Franche-Comté ; les Fédérations d'Oeuvres laïques font de plus en
plus appel à nous pour des conférences, et nous avons de plus en plus de
partenaires : dès le début, Attention enfants avec qui nous avons monté, avec
l'aide de la Ligue de l'Enseignement, le RESEAU LAÏQUE POUR LA PREVENTION DU
PHENOMENE SECTAIRE, puis ensuite, en dehors de ce réseau, SOCIETE FAMILLE
INDIVIDU dans le Val-de-Marne puis l'Association noiséenne de défense et de
protection contre les sectes en Seine-Saint-Denis.
Alors,
créer une association ex nihilo se justifiait-il? A la réflexion oui, s'il ne
faut pas céder au triomphalisme, un optimisme mesuré et réaliste est de mise !
Il est une autre dimension de notre action à ne pas occulter.
Nous
ne sommes pas constitués en un
groupuscule de chasseurs de sectes.
Nombreux sont ceux d'entre nous à être impliqués dans des mouvements de
défense des droits de l'Homme, de parents d'élèves, dans des associations laïques
d'éducation populaires. Nous défendons la liberté de conscience et les droits
de l'Homme, et certes les sectes les violent quotidiennement ; la prévention de
ces violations, c'est la première tâche qui nous incombe. Mais les droits de
l'Homme sont indivisibles.
Mais la violation des droits fondamentaux des membres de
sectes ne nous semble pas la solution la meilleure. L'intitulé même de notre
association démontre que nous préférons la prévention et l'information au
tout-répressif. Nous avons inséré dans
les
colonnes de notre modeste bulletin de
larges extraits d'un rapport d'Amnesty International sur la violation des
libertés religieuses dans le monde, et des groupes considérés comme sectaires y
figuraient en bonne place parmi les mouvements victimes de persécutions. Les légitimes
interrogations concernant Falun Gong ne justifient pas la violence exercées par
le Gouvernement chinois. Pour nous,
une dictature ne saurait
être un modèle d'éradication du
sectarisme ; ce qui ne nous empêche
nullement de rester perplexes face à la méthode violente de protestation de la
«secte» : l'immolation par le feu des disciples, alors que le chef
vit aux Etats-Unis. Pour revenir en France, si l'interdiction systématique ne
saurait qu'être un remède pire que le mal, les violations des droits de l'Homme
commises au sein des sectes restent une réalité. Entre laxisme et répression, nous nous efforçons de trouver un juste
milieu, la défense des libertés
fondamentales
BILAN FINANCIER
du CLPS
EXERCICE
2004 (arrêté au 31.12.04)
|
|
DÉPENSES
|
RECETTES
|
|
Reprise
solde 2003
|
|
520.71
|
|
Cotisation
2004
|
|
505.00
|
|
Forum
2004
|
222.00
|
|
|
Participation
forum
|
|
357.00
|
|
Assurance
|
144.84
|
|
|
Téléphone
|
15.00
|
|
|
Timbres
|
2.50
|
|
|
Subvention
Conseil Général
|
|
150.00
|
|
Frais
de déplacement
|
57.90
|
|
|
Production
de documents
|
102.00
|
|
|
TOTAL
|
732.28
|
1532.71
|
LE SOLDE
DES COMPTES AU 31.12.04 EST DE :
+ 800.43 €
Dossier
«Circulaire Raffarin» : ce qui va changer
Voici quelques extraits du
texte officiel :
«L'action
menée par le Gouvernement est dictée par le souci de concilier la lutte contre
les agissements de certains groupes, qui exploitent la sujétion, physique ou
psychologique, dans laquelle se trouvent placés leurs membres, avec le respect
des libertés publiques et du principe de laïcité»
«L'expérience a montré qu'une démarche consistant, pour les pouvoirs publics, à
qualifier de "secte" tel ou tel groupement et à fonder leur action
sur cette seule qualification ne permettrait pas d'assurer efficacement cette
conciliation et de fonder solidement en droit les initiatives prises. Aussi
a-t-il été décidé, plutôt que de mettre certains groupements à l'index,
d'exercer une vigilance particulière sur toute organisation qui paraît exercer
une emprise dangereuse pour la liberté individuelle de ses membres afin d'être
prêt à identifier et à réprimer tout agissement susceptible de recevoir une
qualification pénale ou, plus généralement, semblant contraire aux lois et
règlements. Ce souci de sécurité juridique, loin d'affaiblir l'action menée, ne
fait que mieux garantir son efficacité».
«Cette vigilance doit s'exercer en tenant compte de
l'évolution du phénomène sectaire, qui rend la liste de mouvements annexée au
rapport parlementaire de 1995 de moins en moins pertinente. On constate en
effet la formation de petites structures, diffuses, mouvantes et moins aisément
identifiables, qui tirent en particulier parti des possibilités de diffusion
offertes par l'internet».
«La
même cohérence a été recherchée au niveau local avec l'institution, par une
circulaire du ministre de l'intérieur, de "cellules de vigilance
départementales" placées sous l'autorité des préfets. Les missions de ces
cellules seront transférées par décret en Conseil d'Etat, dans le cadre de la
simplification des commissions déconcentrées, à un nouveau conseil compétent en
matière de prévention de la délinquance, de lutte contre la drogue, contre les
dérives sectaires et d'aide aux victimes. Les préfets mettront en place au sein
de chaque conseil un groupe de travail chargé de suivre spécifiquement les
questions relatives à la lutte contre les dérives sectaires».
Ne pas baisser la garde !
Les associations de lutte contre le sectarisme et ses méfaits,
ANDPS (association noiséenne de défense et de protection contre les sectes)
SOFI (Société famille individu), Attention-Enfants et le CLPS (Cercle laïque
pour la prévention du sectarisme) ont pris connaissance avec intérêt du rapport
de la MIVILUDES pour l'année 2004. Ces associations, dont l’action trouve sa source dans la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme , dans les conventions internationales qui en
découlent et dans leur attachement commun à la laïcité, prennent acte des
actions du suivi du sectarisme par les Pouvoirs Publics .
Comme la MIVILUDES, elles reconnaissent que la dissémination de
multiples groupuscules sectaires en rend l'appréhension malaisée. Toutefois, elles n'en sont pas
moins décidées à ne pas baisser la garde face aux mouvements anciennement et
solidement implantés.
Elles émettent le vœu que la réforme des cellules de vigilance,
placées auprès des Préfets, ne mène pas à la dilution de leur identité, car
elles constituent l'espace privilégié de coordination entre les administrations
et les associations.
Ces quatre associations réaffirment leur attachement à ce lieu de
concertation. Sur le fond, si elles se réjouissent de la référence à la
conception française de la laïcité, elles regrettent que la MIVILUDES n'ait
cité qu'allusivement les dispositions pertinentes des traités internationaux de
protection des Droits de l'Homme, et de la Convention Internationale des Droits
de l'Enfant, alors que ces dispositions seraient constitutives d'un fondement
juridique imparable à l'action publique contre le sectarisme.
Les associations laïques de défense des Droits de l'Homme et de
l'Enfant: l'ANDPS, SOFI, Attention-Enfants et le CLPS, soutiendront tout effort
de la Mission Interministérielle en vue d'y remédier.
Lutte
contre les sectes :
ne faisons pas mentir la circulaire RAFFARIN
!
COMMUNIQUE
DE PRESSE DE
Philippe VUILQUE (Soc.), Georges FENECH
(UMP) et Jean-Pierre BRARD (CR), MEMBRES DU GROUPE D’ETUDE SUR LES
SECTES A L’ASSEMBLEE NATIONALE
Avec la circulaire RAFFARIN du 27 mai 2005, certains aimeraient
voir un tournant dans la politique française de lutte contre les sectes et plus
particulièrement une remise en cause de la liste des sectes établie par le
rapport parlementaire de 1995 et actualisée en 1999. En réalité, la question
que pose cette circulaire est celle du vieillissement des informations
collectées en 1995 et 1999.
C’est pourquoi parlementaires de droite comme de gauche ont
déposé plusieurs propositions de commissions d'enquête parlementaire afin qu'un
nouvel état des lieux de la mouvance sectaire puisse être établi et que des
sujets particuliers comme la formation professionnelle, la santé et la
protection des enfants soient traités.
Ainsi, contrairement à certaines affirmations, la circulaire
ne préconise absolument pas d’en finir avec la liste parlementaire. Comment le
Premier ministre aurait-il pu dire cela moins de 10 jours après l'arrêt du
Conseil d'Etat qui a rejeté, le 18 mai, le recours en annulation formé par deux
associations de scientologie contre le refus du garde des Sceaux d'abroger deux
circulaires ministérielles de 1996 et de 1998 qui décrivaient «les
caractéristiques du phénomène sectaire telles qu’exposées dans le rapport de la
commission parlementaire sur les sectes».
Mieux
encore, par cet arrêt, le Conseil d'Etat confirme l'intérêt
«informatif» de la liste parlementaire qui reste donc une référence
pour le travail de prévention et de lutte contre les dérives sectaires.
Les critères de dangerosité précis qui ont été établis par
les parlementaires donnent d'excellents outils qui permettent d'identifier et
donc de prévenir ou de traiter toute dérive par la voie judiciaire.
Par ailleurs, comme le souligne l'arrêt du Conseil
d'Etat : «eu égard aux risques que peuvent présenter les pratiques de
certains organismes communément appelés «sectes», alors même que ces
mouvements prétendent également poursuivre un but religieux, les associations
ne sont pas fondées à soutenir que les circulaires précitées méconnaîtraient le
principe de liberté religieuse».
On ne peut donc que déplorer les glissements sémantiques
parfois pratiqués, dans la dernière période par certaines autorités publiques,
qui permettent à des mouvements en quête d’honorabilité - comme la scientologie
ou les Témoins de Jéhovah - de s’abriter derrière le label « nouveau mouvement
religieux» directement venu des Etats-Unis.
Ce qui importe c'est de renforcer notre vigilance contre
toutes formes de dérives qui sont de nature à mettre en cause les libertés
individuelles et collectives ainsi qu'à porter atteinte à l'intégrité psychique
et parfois physique des personnes. Les parlementaires travaillant sur les
sectes forment le vœu que le nouveau Président de la commission des lois à
l'Assemblée nationale saura prendre en main ces questions en donnant suite aux
propositions de commissions d'enquête déposées par les députés de droite comme
de gauche.
Philippe VUILQUE – Président du groupe d’études sur les sectes à l’Assemblée
nationale, Député des Ardennes
(Soc.), vice-président du Conseil
régional (Champagne-Ardenne)
Georges
FENECH - Vice-Président du groupe
d’études sur les sectes à l’Assemblée nationale, membre du Conseil
d’orientation de la Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives
sectaires (MIVILUDES), député du Rhône.
Jean-Pierre
BRARD - Vice-Président du groupe d’études sur les sectes à l’Assemblée
nationale, membre du Conseil
d’orientation de la Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre
les dérives sectaires (MIVILUDES),
député de la Seine-Saint-Denis (CR), maire de Montreuil (93).
Directeur de la
publication : Gilbert Klein
Rédacteur en
chef : Didier Fohr
DEPOT LEGAL AOUT 2005

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