- LA
SCIENTOLOGIE TENTE D'INFILTRER LA FONCTION PUBLIQUE
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- L'Hebdo,
10 mars 1994
- [Texte
intégral]
- De la
prison de Champ-Dollon à l'Instruction publique vaudoise,
les scientologues sortent par la porte puis reviennent par la
fenêtre. Un fax de leur rapport interne s'égare
en chemin.
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- La vie
moderne comporte bien
des dangers et Fernand Pasche, chargé des relations
publiques de l'Eglise de scientologie, en est plus que jamais
convaincu. Le rapport de visites
qu'il voulait envoyer à Claude Richoz, responsable de
la secte
à Lausanne, n'est pas arrivé
du premier coup sur le bon télécopieur et
a fini sa course à la rédaction de «L'Hebdo».
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Pourtant rompus aux techniques de communication, les scientologues
auraient encore des progrès à faire avec les claviers
communicants des temps modernes.
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- «Je
suis abasourdi. C'est une catastrophe !» L'auteur
du rapport, joint par téléphone, en confirme la
véracité. Chargé de promouvoir encore
et encore les méthodes de l'Eglise de scientologie,
Fernand Pasche a effectué deux visites de courtoisie
les 16 et 18 février dernier. La première était
destinée au Centre
vaudois de recherches pédagogiques (CVRP). Là,
des psychologues se penchent sur les diverses méthodes
d'enseignement. Le scientologue frappe donc à la
bonne porte. Encore fallait-il trouver la bonne personne.
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- Un
contact au sein d'un groupement de parents d'élèves
vaudois (le groupe 208) facilite la tâche du démarcheur
de la secte : au CVRP, Michel Nicolet s'intéresse
aux nouveautés. Le groupe 208 est constitué de
parents d'élèves, plutôt conservateurs,
qui voient essentiellement dans la réforme de l'enseignement
du français la marque décadente du laxisme,
voire du marxisme.
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- Il est
d'abord poli et prudent, Fernand Pasche. En août dernier,
le secrétaire général du Département
de l'instruction publique, Fabien Loi Zedda, avait rappelé
que
la propagande est interdite dans les écoles. C'était
lorsque les infirmières scolaires vaudoises avaient
reçu la brochure «Le Chemin du Bonheur» rédigée
par L. Ron Hubbard, fondateur de la secte.Cela
n'a pas empêché les scientologues de frapper à
nouveau, sept mois plus tard, à la porte d'un fonctionnaire
de l'Instruction
publique. Michel Nicolet avertit alors son supérieur
Jean Paschoud. Compte tenu de la loi, l'entretien ne peut avoir
lieu qu'à titre personnel, hors des locaux du CVRP.
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- La courtoisie
de Fernand Pasche ne dure qu'un temps. Rédigeant son
rapport, la politesse n'est plus de mise et le scientologue
se révèle méprisant envers celui qu'il
n'a pas convaincu. Il trouve les loaux
du CVRP «crades», le psychologue : «excité
et confus». Ne réussissant pas à :«driller»
le fonctionnaire «Il m'a fallu pas mal de TR3 (ndlr :
poser encore et encoore la même question) pour faire
en sorte qu'il m'interrompe...»., le scientologue
propose de faire intervenir une membre de la secte qui travaille
à l'Ecole normale. Sa mission sera de préparer
une nouvelle visite en atteignant cette fois jean Paschoud. Il ne sait pas qu'elle est
scientologue mais elle a une bonne comm avec lui, m'a-t-elle
dit.»
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- La «bonne
comm» (ndlr: ... communication) existe en effet, Jean Paschoud
a effectivement organisé une verrée de Noël
avec l'enseignante. Mais cela n'aurait pas suffi car elle
était déjà connue comme membre de la secte
par le département qui l'a fortement invitée depuis
trois ans à ne pas mélanger enseignement et convictions
personnelles. Les scientologues ne baissent pas les bras
pour autant.
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- Des demandes
de visite touchent d'autres fonctionnaires supérieurs
et même
Pierre Cevey qui, après avoir accepté à
titre privé, a annulé le rendezvous. «Ces
méthodes sont inadmissibles, juge le conseiller d'Etat,
nous respectons la liberté d'expression mais nous refusons
toute pression dans le cadre de notre politique pédagogique.»
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- Après
avoir rédigé le rapport à Claude Richoz,
Fernand Pasche fera de nouveau pression sur Michel Nicolet,
cette fois au nom de l' «Union contre l'intolérance
religieuse»
(UNIR, note du Gravis), un des avatars des scientologues
romands avec la «Commission des citoyens pour les droits
de l'homme» ou l'«Association des chefs d'entreprise
pour une augmentation de la confiance mutuelle».
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- La missive
s'en prend à Jean Paschoud et invite le psychologue à
s' insurger contre un supérieur qui lui refuse l'accès
à «des découvertes qui sont bel et bien
la seule issue hors du marasme que représente l' échec
scolaire moderne».
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- Deuxième
visite. Cette fois, l'émissaire se rend à
la prison de Champ-Dollon afin de rencontrer son directeur Denis
Choisy. Il n'est pas seul. il se fait accompagner de Catherine
uthemann, fondatrice
du Centre Narconon aux Plans-sur-Bex (VD). Dirigé par
des scientologues, ce centre de sevrage pour toxicomanes est
toutefois reconnu par le Département vaudois de la santé
publique, où l'on se méfie beaucoup moins
des sectes.
- (Ce
centre ne reçoit maintenant plus de subvention de l'Etat
depuis quatre ans, car il s'est averré être non-conforme
aux normes cantonales. Note du Gravis)
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- Il s'agit
maintenant de mettre dans les mains
des détenus «Le Chemin du Bonheur».
Selon le rapport interne des scientologues, le contact
est excellent. «Monsieur Choisy est un ami des Uthemann,
et n'a aucun a priori sur la sciento, il n' y a donc rien eu
à manier.» reste juste un petit problème,
estime le rapporteur: «la seule barrière selon
lui (ndlr : le directeur de Champ-Dollon) étant les aumôniers
et les psys de service».
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Ce n'est pas le point de vue de Denis Choisy. «Je
n'ai pas le droit de ne pas recevoir les scientologues mais
je ne leur ai jamais promis mon aide, leur compte rendu est dégueulasse
!» Le directeur de ChampDollon
n'aime pas être manipulé. La directrice de
Narconon, il la connaît, certes, depuis trente ans, mais
il ne la voit que tous les cinq ans. Et s'il est prêt
à étudier toutes les propositions de réinsertion
pour les détenus, Denis Choisy ne les diffuserait
qu'avec l'accord des médecins, des aumôniers,
des assistants sociaux.
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- Annonçant
5'000 membres dont 2'000 en Suisse romande, l'Eglise de scientologie
ne se décourage pas et continuera à démarcher.
Toujours inscrite au Registre du commerce, elle est fâchée
de «voir des données internes finissant en main
de n'importe qui» et envisage de porter plainte
pour espionnage industriel.
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- Alain
Walther
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- Autre
étrange fax: Un pseudo-rapport d'enquête de la
scientologie sur Jean-Luc Barbier
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