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- Rapport de la commission
judiciaire chargée d'étudier le rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil
relatif à la création d'un centre intercantonal d'information sur les croyances
(avril 2000)
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- Introduction
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- Travaux de la commission
- Audition de M. François Lavergnat
(GPFI)
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- Audition de Mme Colette Fry, coordinatrice de
l'Association du centre genevois de consultation pour
- victimes d'infractions
(LAVI)
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- Discussion de la commission
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- Le centre intercantonal
d'information sur les croyances
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- Le projet de
loi 7871 consacré à l'aide aux victimes
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- Conclusion et vote
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- Débat
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- Proposition de résolution
concernant la création d'un centre
intercantonal d'information sur les croyances de Mmes et MM. Michel
Balestra, Juliette Buffat, Michel Halpérin, Nicole Castioni-Jaquet, Elisabeth
Reusse-Decrey, Christine Sayegh, Christian Grobet, Rémy Pagani, Salika Wenger,
Roger Beer, Pierre Froidevaux, Bénédict Fontanet, Pierre-Louis Portier, Fabienne
Bugnon et Jean-Pierre Restellini.
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- Le
canton de Genève ne veut plus soutenir le Centre
d'information sur les croyances (janvier
2008)
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- Remarque
d'anti-scientologie:
- Le canton de
Genève a finalement décidé de maintenir son soutien
financier au CIC pour l'année 2008.
- Le montant de
sa contribution toutefois a été diminué de 200'000.-
à 150'000 franc suisses (100'000 euros) Trois autres
cantons subventionnent le CIC: les cantons de Vaud, du
Valais et du Tessin.
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- Rapport de la commission
judiciaire chargée d'étudier le rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil
relatif à la création d'un centre intercantonal d'information sur les croyances.
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- 54e législature - 3e année - Session
07 (avril 2000) - Séance 17 du 14.04.2000
Mémorial 1999 : Rapport,
2181. Renvoi en commission, 2184. Rapport de M. Roger Beer (Radical), commission
judiciaire
Introduction
C'est
lors de la séance du 29 avril 1999 que le rapport du Conseil d'Etat au Grand
Conseil relatif à la création d'un centre intercantonal d'information sur les
croyances (RD 318) a été renvoyé à la Commission judiciaire.
Liés à ce
rapport du Conseil d'Etat, les projets de loi 7871 modifiant le code de
procédure pénale (E 4 20) et 7872 sur la référence à des pratiques religieuses
ou au terme « église » à des fins commerciales (C 4 11) avaient déjà été
renvoyés à la Commission judiciaire lors de la séance du Grand Conseil du 22
octobre 1998. L'étude plus concrète de ces projets de lois n'a toutefois
commencé qu'avec l'étude du rapport 318.
Finalement, ces différents objets
ont été étudiés par la Commission judiciaire lors des séances du 4 février, du
30 septembre, des 7 et 14 octobre et du 11 novembre 1999. Ces séances étaient
présidées par Mme Fabienne Bugnon, députée et présidente de la Commission
judiciaire.
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- M. Gérard
Ramseyer , conseiller d'Etat chargé du Département de justice et police
et des transports, assiste aux travaux. Il est accompagné de MM. Bernard
Pellegrini et Bernard Duport, secrétaires adjoints.
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- Enfin, Me François
Bellanger, professeur à l'Université et président de la Commission
intercantonale sur les dérives sectaires, participe également aux travaux.
Qu'ils soient tous remerciés pour leur disponibilité et leur bienveillante
collaboration.
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- Objet du RD 318
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- C'est à la suite des drames de l'Ordre du
Temple Solaire, survenus en octobre 1994 et en décembre 1995, et du dépôt devant
le Grand Conseil d'une pétition relative à l'Eglise de scientologie que le
Département de justice et police et des transports (ci-après : le département)
lance en janvier 1996 un audit sur les dérives sectaires ; cet audit est confié
à un groupe spécialisé présidé par Me François Bellanger, professeur à
l'Université.
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- Au terme de ces travaux, en février 1997, le département charge
un groupe d'experts de concrétiser une partie des recommandations issues de
l'audit. Ce groupe propose plusieurs projets de loi.
Le projet de loi 7871
modifiant le code de procédure pénal tend à améliorer la protection des victimes
de dérives sectaires en leur permettant d'être assistées par un membre d'un
organisme reconnu, et ceci à tous les stades de l'enquête de police et de
l'instruction.
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- Quant au projet de loi sur la référence et les pratiques
religieuses ou au terme « église » à des fins commerciales (PL 7872), il cherche
à assurer une stricte séparation entre les activités religieuses ou liées à des
croyances et les activités commerciales. Il veut protéger le public contre les
références trompeuses des activités religieuses ou cultuelles destinées à
promouvoir la vente de produits ou de services.
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- Ce projet propose
d'interdire, sous réserve de dérogation, toute utilisation de la dénomination
« église » ou la référence à des pratiques religieuses ou cultuelles pour des
activités commerciales. A des conditions bien précises, certaines dérogations
peuvent toutefois être accordées.
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- Enfin, dans le même domaine, un projet de
loi plus ancien (PL 7941) modifiant la loi sur l'exercice des professions de la
santé, les établissements médicaux et diverses entreprises du domaine médical
tend à instaurer un contrôle des activités dans le domaine de la santé ; d'une
part, ce projet de loi améliore la réglementation sur l'exercice illégal de la
médecine et d'autre part, il active la répression de la publicité médicale
illicite. Ce projet de loi est étudié par la Commission de la
santé.
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- Finalement, le présent rapport 318 aborde toute la question de la
source d'informations véritablement indépendantes sur la question des dérives
sectaires. La responsabilité de l'Etat d'intervenir dans le domaine des
croyances pour informer la population et prévenir les dérives sectaires impose
une source d'information neutre - qui n'existe pas actuellement ! - sur les
croyances et les activités des groupements à caractère religieux, spirituel ou
ésotérique.
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- Pour pallier cette lacune, l'audit sur les dérives sectaires
recommande la création d'un centre d'information, indépendant de l'Etat et
organisé de telle manière qu'il diffuse des données strictement contrôlées et
neutres. Il s'agit également de ne pas s'impliquer dans une controverse
quelconque entre partisans et adversaires des groupements.
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- A l'occasion des
premiers états généraux sur les dérives sectaires - qui se sont tenus à Genève
le 12 juin 1997 -, les représentants des gouvernements de six cantons romands,
de Berne et du Tessin, ont pris la décision d'étudier la possibilité de créer un
tel centre au niveau romand. Cette démarche devait s'insérer dans le cadre d'une
collaboration des cantons concernés.
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- Travaux de la commission
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- En fait, les
travaux de la commission sur toute cette problématique commencent par un
séminaire qui s'est tenu le 4 février 1999, à la villa Saugy, à Genthod. Ce
séminaire d'introduction aux dérives sectaires est organisé par M. Gérard
Ramseyer, président du département.
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- Me François Bellanger expose l'objet des
projets de lois et le travail du groupe d'études qu'il a présidé sur la question
des dérives sectaires.
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- L'exposé de Me Bellanger, exposé consacré aux « sectes
et dérives sectaires », permet de mieux fixer et de préciser le cadre des
travaux de la commission.
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- L'excellent document qui sert de base à cet exposé
constitue l'annexe N° 1. Toute cette problématique sera reprise lors d'un
séminaire de la faculté de droit de l'Université de Genève, le jeudi 25 novembre
1999, sous le titre «l'Etat face aux dérives sectaires».
- Enfin, au cours
des premières discussions de la commission, où le scepticisme le plus total
côtoie d'autres craintes fondamentales, les multiples avis exprimés illustrent
toute la complexité que représente l'approche de la problématique liée aux
dérives sectaires. Les commissaires décident de procéder à quelques
auditions.
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- Auditions
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- Audition de M. François Lavergnat, président du
Groupement de protection de la famille et de l'individu (GPFI) (7 octobre 1999)
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- M. François
Lavergnat explique avec passion l'origine de la création de son groupement et
l'objectif qu'il s'est fixé avec son engagement . Il entend venir en
aide, en collaboration avec d'autres instances et notamment la police, aux
victimes d'activités sectaires ainsi qu'aux familles de ces victimes.
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- Pour
étayer son intervention, il distribue aux députés un rapport d'activité de son
groupement datant de février 1996 (annexe N° 2). Après un tour d'horizon de
différents groupements sujets à des dérives sectaires et pouvant mettre en
danger l'intégrité de certaines personnes, M. Lavergnat donne de nombreux
exemples d'interventions personnelles. Il illustre ses différentes enquêtes de
faits tirés de situations vécues.
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- Finalement, l'ensemble de son exposé
atteste de son intérêt pour la création d'un centre d'information sur les
mouvements sectaires.
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- Audition de Mme Colette Fry, coordinatrice de
l'Association du centre genevois de consultation pour victimes d'infractions
(LAVI) (7 octobre 1999)
Précisons d'emblée que Mme Fry a eu des contacts
avec le GPFI qui la sollicitait pour une éventuelle collaboration (annexe N°
3).
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- L'audition de Mme Fry illustre les difficultés et les limites d'une prise
en charge des victimes de dérives sectaires. Bien que n'étant pas directement
liée à la création d'un centre intercantonal d'information sur les croyances (RD
318), cette audition, comme la précédente, apporte tout de même des éléments
concrets en faveur de la nécessité d'un tel centre.
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- En effet, les exemples
d'aides en faveur des victimes LAVI confirment - s'il le fallait encore ! - le
besoin d'une intervention bien en amont dans toute cette problématique de
dérives sectaires.
Audition de M. le professeur François Bellanger, avocat et
président de la Commission intercantonale sur les dérives sectaires, le 14
octobre 1999.
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- Me Bellanger évoque le lien entre les trois objets étudiés par
la commission, à savoir le RD 318 et les deux projets de loi précités (7871 et
7872). Il rappelle que, dans son mandat du Conseil d'Etat, le groupe d'experts
avait le souci d'apporter des réponses ponctuelles aux préoccupations ressenties
par tous.
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- Malgré l'accueil favorable réservé aux travaux de ce groupe
d'experts, Me Bellanger est conscient des réticences qui persistent au niveau
politique. Il désire apporter certaines précisions aux différents objets
étudiés.
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- Au sujet de l'absence d'une définition exacte des infractions
concernées par les textes, Me Bellanger rappelle que ces infractions ne sont pas
définies, et ceci précisément dans le but de protéger la victime contre toutes
les infractions pénales existantes, du moment qu'il s'agit d'une dérive
sectaire. C'est-à-dire, dans le contexte de l'utilisation d'une croyance dans le
but de nuire. Dans ce cas, une assistance des victimes est préconisée, l'élément
déterminant étant la dérive sectaire.
L'audit et d'autres documents montrent
également la difficulté éprouvée par les victimes lorsqu'elles doivent se
défendre. Pour Me Bellanger, la situation des personnes déstabilisées et privées
d'assistance est psychologiquement très difficile.
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- Si certaines infractions,
telle que la violation de l'intégrité corporelle ou sexuelle, peuvent être
prises en charge par le centre LAVI, d'autres ne rentrent pas dans son cadre. De
l'avis de Me Bellanger, elles devraient toutefois y être inclues en cas de
dérives sectaires.
Les difficultés que les députés rencontrent pour traiter
les deux projets de loi confirment l'importance de l'information sur ce sujet.
La création d'un centre d'information semble incontournable !
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- Enfin, Me
Bellanger donne quelques informations sur le centre d'information sur les
croyances (CIC). Il précise que ce centre, issu des travaux de la Commission
intercantonale sur les dérives sectaires, a pour tâche de rassembler des
informations sur la nature des croyances et leur structure, mais en aucun cas
sur leurs membres individuels, ceci en respect de la loi fédérale sur la
protection des données individuelles.
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- Les députés reçoivent les documents
issus des différents travaux liés à la création d'un tel centre d'information
sur les croyances : exposé des motifs, avant-projet des statuts de la Fondation,
etc. (annexe N° 4).
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- Discussion de la commission
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- Au terme de ces auditions,
forts des multiples échanges sur la problématique des dérives sectaires et suite
aux deux projets de loi précités, les commissaires sont passablement
embarrassés.
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- Pourtant, la nécessité de protéger les citoyens contre les abus
de certains groupements comme la volonté d'organiser une assistance en faveur
des victimes restent le fil conducteur de toutes les discussions. Les députés
sont unanimes sur cette approche.
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- En revanche, les réponses apportées par les
projets de loi aux questions posées ne satisfont pas les commissaires. Au fil
des échanges, il ressort vraiment que la mise en place d'un centre d'information
sur les croyances pourrait constituer une première réponse à la problématique
des dérives sectaires.
Dans ce sens, la commission souhaite se prononcer sur
le rapport du Conseil d'Etat relatif à la création d'un tel centre intercantonal
sur les croyances, ce fameux RD 318. L'idée des commissaires, qui correspond
également à l'attente du département et du Conseil d'Etat, sera d'inviter le
Conseil d'Etat à mettre rapidement ce centre en place.
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- En effet, il n'existe
pratiquement aucune source d'information véritablement indépendante dans le
domaine des croyances ou des dérives sectaires. D'une part, les informations
émanant des groupements eux-mêmes ne sont pas objectives. Elles dépeignent
généralement les groupements d'une manière extrêmement positive qui ne
correspond pas forcément à la réalité. D'autre part, les associations de défense
des familles et/ou des victimes diffusent des informations souvent très marquées
par leur lutte contre certaines organisations.
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- En conséquence, les personnes
qui sont confrontées personnellement ou par l'intermédiaire d'un membre de leur
famille au phénomène sectaire sont souvent très démunies et ne peuvent obtenir
une information adéquate. Les autorités administratives se retrouvent souvent
dans le même cas !
Pour combler cette lacune, il incombe à l'Etat
d'intervenir et de créer un centre d'information indépendant, apte à diffuser
une information neutre sur les différents groupements. Cette responsabilité de
l'Etat dans ce domaine est clairement reconnue par l'Assemblée parlementaire du
Conseil de l'Europe.
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- Le but de ce centre serait « notamment dans un objectif
de prévention, de réunir et de diffuser de manière indépendante et neutre, des
informations sur la nature, les croyances et les activités des groupements à
caractère religieux, spirituel ou ésotérique, les entreprises ou organismes qui
leur sont liés ainsi que sur les dérives sectaires».
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- Pour atteindre cet
objectif, le centre devrait récolter des informations, les traiter de manière
neutre, et organiser un service destiné à répondre rapidement aux demandes
d'information émanant des particuliers, des entreprises ou des autorités.
- Par
son rôle d'information, ce centre intercantonal d'information sur les croyances
se distingue des centres universitaires, notamment de l'Observatoire des
religions, créé à Lausanne. En effet, au-delà des travaux de recherche qui
doivent être effectués pour acquérir des informations, il s'agit de diffuser
l'information vers le public et vers les autorités.
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- Le centre intercantonal
d'information sur les croyances
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- Suite à ces premières explications, la
commission demande des informations sur le centre d'information.
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- Après les
travaux sur ces dérives sectaires et à l'initiative du département, la
Commission intercantonale sur les dérives sectaires a reçu mandat d'établir la
structure d'un centre intercantonal d'information au public. Un tel centre sur
les croyances serait chargé de diffuser une information neutre et contrôlée sur
les différents groupements actifs dans ce domaine et sur d'éventuelles
dérives.
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- Il est toutefois précisé que pour conserver sa neutralité, ce centre
devra se limiter à l'information et ne pourra pas exercer des activités de
soutien et de conseil aux victimes.
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- Pour la structure, deux solutions sont
envisagées : soit une fondation de droit privé, soit une fondation de droit
public. Pour une fondation de droit public, il faudra un concordat, ce qui
nécessite une approbation du Grand Conseil de chaque canton signataire. Dans le
cas d'une fondation de droit privé, seul un acte notarié est requis. Sous
réserve d'exigences spécifiques propres à chaque canton, les parlements
cantonaux n'interviennent, le cas échéant, qu'en relation avec les crédits
nécessaires au financement du centre.
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- A ce propos, il faut rappeler que tous
les cantons représentés au sein de la Commission intercantonale sur les dérives
sectaires expriment le souhait de voir naître au plus vite ce centre
d'information sur les croyances. Ils expriment également tous un souci, plus ou
moins prononcé, quant au coût d'une telle structure, surtout au vu des
restrictions budgétaires actuelles.
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- Actuellement, le coût total d'un tel
centre d'informations sur les croyances est évalué à environ Fr. 280'000.- par
an. Ce montant relativement important comprend l'engagement de deux employés
permanents de niveau universitaire.
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- C'est donc à l'initiative de la
Commission intercantonale sur les dérives sectaires que le Conseil d'Etat a été
convaincu de la nécessité de créer au plus vite un tel centre d'information sur
les croyances. Le rapport qu'il a présenté et qui a été renvoyé en commission va
dans ce sens. Rappelons que la création d'un tel centre correspond également au
souhait exprimé par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
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- Les
projets de loi 7871 et 7872
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- Enfin, concernant plus précisément le projet de
loi 7871 consacré à l'aide aux victimes, le département partage le souci des
députés de coordonner l'assistance aux victimes à travers des centres LAVI. La
commission suggère donc de suspendre temporairement l'examen de ce projet afin
de permettre au département de revenir avec un texte relatif à l'extension du
rôle des centres LAVI.
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- Dans le même état d'esprit et toujours en accord avec
le département, la commission suggère également de suspendre temporairement
l'examen du projet de loi 7872 concernant l'usage du terme « église » à des fins
commerciales. La difficulté de mettre en oeuvre une réglementation qui touche
d'une manière ou d'une autre la définition des croyances constitue un sérieux
problème.
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- Cela étant, le département reste persuadé de la nécessité d'édicter
une réglementation de police dans le domaine de l'assistance pouvant être
apportée à ces personnes en difficulté sur le plan personnel. Dans cette
optique, le département propose de soumettre à la commission un projet qui
permette d'atteindre cet objectif tout en écartant une éventuelle réglementation
de la question des croyances, réglementation qui ne correspond pas à l'attente
des députés.
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- Finalement, tout en mettant ces deux projets de lois en attente,
les députés sont d'accord avec l'ensemble du rapport qui propose la création
d'un centre d'information. Pour appuyer cette volonté, les commissaires
proposent d'accompagner leurs travaux d'une résolution incitant le Conseil
d'Etat à poursuivre ses efforts pour la création de ce centre.
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- Ce centre devrait plutôt avoir la
forme juridique d'une fondation de droit privé. Cette structure semble bien
adaptée à la collaboration intercantonale et à l'évolution du centre. En
particulier, si le service fédéral d'information recommandé par la commission de
gestion du Conseil national devait voir le jour, le centre pourrait facilement
être intégré à celui-ci.
La création du centre dépend d'un acte du Conseil
d'Etat dans la mesure où il s'agit d'une fondation de droit privé. En revanche,
son financement fera l'objet d'un projet de loi, soumis au Grand Conseil, en vue
de l'octroi d'une subvention.
La surveillance par les autorités cantonales
est prévue de manière efficace. Elle s'exercera à plusieurs niveaux :
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- 1. la fondation
sera soumise à la surveillance spéciale d'une autorité intercantonale composée
d'un conseiller d'Etat par canton soutenant financièrement l'activité de la
fondation . 14 des statuts) ;
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- 2. l'autorité intercantonale nommera les
9 membres du conseil de fondation (art. 4 des statuts) ;
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- 3. trois des neuf
membres du conseil de fondation sont des conseillers d'Etat en charge de
départements dans les domaines de la santé, la justice et l'instruction publique
(art. 4 des statuts) ;
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- 4. la fondation présente chaque année son budget, ses
comptes, le rapport du réviseur et son rapport de gestion à l'approbation de
l'autorité cantonale de surveillance. Pour améliorer la transparence du
fonctionnement de la fondation par rapport au Grand Conseil genevois, la
Commission judiciaire suggère que le Conseil d'Etat adresse chaque année au
Parlement un rapport sur l'activité du centre. Cette suggestion sera intégrée
dans le projet de loi relatif au subventionnement du centre, dans la mesure où
les statuts, élaborés au plan intercantonal, ne peuvent être modifiés. Le dépôt
du rapport par le Conseil d'Etat garantira le contrôle parlementaire sur le
centre.
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- La récolte, le traitement et la diffusion des informations par le
centre devront être effectués avec une grande rigueur (faut-il le préciser
!)
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- Pour ce motif, la Commission intercantonale a opté pour un mode
scientifique de collecte des données. Les personnes responsables de ce travail
devront avoir une formation universitaire notamment dans le domaine de la
sociologie, qui garantisse leur méthodologie. Elles utiliseront notamment les
moyens énoncés à l'article 11 des statuts :
-
- a) contacts avec les différents
groupements afin d'entendre leurs responsables, d'obtenir leurs statuts ainsi
que des explications sur leurs croyances et leur
fonctionnement ;
-
- b) recherches sur le terrain, notamment en envoyant une
personne au sein des groupements ;
-
- c) recueil des témoignages
utiles ;
-
- d) requêtes d'informations auprès des autorités administratives ou
judiciaires.
-
- Par ailleurs, l'article 12 des statuts impose l'audition
systématique des différents groupements concernés par la collecte d'informations
ainsi que des associations de défense des victimes ou des familles.
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- La
recherche d'information portera exclusivement sur le nom des groupements, le
contenu de leurs croyances, leurs filiations spirituelles et religieuses, ainsi
que l'existence de décisions judiciaires publiées les concernant. Il ne s'agit
en aucun cas de tenir des listes de membres. Le but est uniquement de disposer
d'une information claire sur la nature des groupements et leurs activités afin
de renseigner le public et les autorités. Chaque information diffusée devra
reposer sur des faits avérés et vérifiés.
-
- Dans ce sens, le traitement de
l'information se fera selon les méthodes universitaires afin de garantir un
respect des données et d'éviter des dérives du centre. L'article 11, alinéa 1,
lettre e, des statuts prévoit, par exemple, que le développement de la base de
données informatiques du centre interviendra dans le respect de la loi fédérale
sur la protection des données. Dans la mesure où le centre est organisé comme
une personne privée, son fichier est soumis à cette loi, conformément à son
article 2, alinéa 1, lettre b.
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- La diffusion de l'information interviendra
sous la responsabilité du conseil de fondation qui assurera un contrôle
supplémentaire sur son contenu (art. 4, al. 2, des statuts). Toute personne
intéressée, y compris les groupements eux-mêmes, aura accès à l'information.
Cette diffusion pourra être effectuée par le biais de documents disponibles dans
le centre, d'un site internet, voire de communiqués de presse. Les responsables
du centre devraient également être disponibles pour des séances d'information ou
de formation.
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- Enfin, afin d'améliorer l'efficacité du centre et d'éviter des
doublons avec des institutions universitaires, l'article 13 des statuts prévoit
une collaboration au plan national et international, tant avec les organismes de
recherches universitaires qu'avec des services d'information ayant des
caractéristiques similaires à celles du centre. Dans la mesure où les pays
européens créent des centres d'information conformément à la recommandation
1412/99 du Conseil de l'Europe, la collaboration internationale pourra
s'intensifier.
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- Le siège du centre sera à Genève. Ce choix s'explique par
plusieurs motifs. En premier lieu, le canton de Genève est à l'origine de ce
projet. En deuxième lieu, par son caractère international, le canton est plus
fortement exposé à la présence de très nombreux groupements, ce qui crée une
demande d'information accrue. En troisième lieu, pour une période d'essai de
trois ans, le canton de Genève devrait assumer une partie importante du
financement du centre.
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- Le centre sera financé par les cantons romands. Le
canton de Vaud a d'ores et déjà prévu un crédit de 50'000 FS. Les autres cantons
romands, moins touchés par les dérives sectaires, se sont engagés à hauteur de
10'000 FS au moins chacun. Le canton de Genève assumera le solde du financement
pour une période de trois ans. Au terme de cette période d'évaluation, en
fonction du rôle du centre dans les différents cantons, cette clé de répartition
sera revue.
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- L'idée de cette résolution est donc de prendre acte du rapport du
Conseil d'Etat et d'inviter le Conseil d'Etat à entamer les démarches
nécessaires pour créer le centre intercantonal d'information sur les croyances,
mais également de soumettre un projet de loi relatif à son financement au Grand
Conseil.
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- Conclusion et vote
Au terme de ces différentes discussions, la
proposition de suspendre les travaux sur les projets de lois 7871 et 7872 est
acceptée à l'unanimité.
Finalement, les députés décident, à l'unanimité
également, d'accepter le RD 318 en en prenant acte, mais en votant une
résolution invitant le Conseil d'Etat à entreprendre les démarches concernant la
création d'un centre intercantonal d'information sur les croyances.
Alors que
la proposition d'une résolution est acceptée par 9 oui, contre 1 non et avec 4
abstentions, le texte définitif fait l'unanimité.
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- En vertu de ces lignes, les
membres de la commission judiciaire vous invitent, Mesdames et Messieurs les
députés, à :
prendre acte de ce rapport
voter la résolution
ci-après, invitant le Conseil d'Etat à entreprendre les démarches concernant la
création d'un centre intercantonal d'information sur les croyances
-
- Annexes
:
- N° 1 : Sectes et dérives sectaires (F. Bellanger) - N° 2 : Rapport
d'activité 1996 du GPFI (F. Lavergnat) - N° 3 : Correspondance du centre
LAVI - N° 4 : Exposé des motifs, avant-projet de statuts de la
Fondation « centre d'information sur les croyances (CIC) »,
etc.
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M. Roger Beer (R), rapporteur
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- Beaucoup de temps est passé depuis les objets à l'origine de ce rapport de la
commission judiciaire. La résolution est en fait la conséquence des drames de
l'ordre du Temple solaire qui sont arrivés en octobre 94 et décembre 95. Je ne
vais pas refaire tout l'historique de cette affaire - M. Ramseyer l'a fait bien
souvent, accompagné du professeur Bellanger - et des solutions proposées.
-
- Il
y a eu le rapport et différents projets de lois. La commission judiciaire a été
saisie de ces objets, et, comme vous pouvez le lire dans le rapport, nous avons
été extrêmement empruntés par rapport à toute cette problématique. En effet, il
était très difficile de légiférer en cette matière... Et autant les députés de
gauche que ceux de droite, nous n'arrivions pas à trouver une justification aux
projets de lois proposés par le Conseil d'Etat. Pour finir, après plusieurs
auditions, la commission s'est ralliée à l'unanimité à la proposition du Conseil
d'Etat de créer un Centre intercantonal d'information sur les croyances. Et,
aujourd'hui, nous devons simplement donner un signe très clair au Conseil d'Etat
que nous acceptons la création de ce centre.
-
- Bien sûr, un projet de loi du
Conseil d'Etat sera soumis à notre parlement quant au financement de ce centre.
Le fait que Genève va payer la plus grande partie de ce centre, associée à
d'autres cantons romands, est lié à la maîtrise qu'elle a de ce dossier et au
fait qu'elle a été beaucoup plus touchée par cet événement. L'ensemble de la
commission trouvait que la meilleure réaction possible par rapport à tous ces
drames humains était de donner la possibilité à l'Etat de créer un centre
extrêmement sérieux qui permette d'obtenir des renseignements sur tous les
mouvement dits «sectaires», surtout ceux qui présentent des risques de
dérive.
-
- Lors des travaux de commission, nous avons bien sûr reçu toutes
sortes d'informations à propos de ce centre. Vous trouverez dans les annexes les
propositions de ses statuts, la manière dont est formé l'organe de contrôle de
ce centre intercantonal, mais le parlement n'a pas grand-chose à dire sur ce
point. Nous avons, je le répète, été informés, et l'ensemble de la commission a
été tout à fait d'accord avec la proposition qui nous a été faite.
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- En l'état,
nous avons suggéré de geler les deux projets de lois qui étaient proposés par le
Conseil d'Etat qui, lui-même, en la personne de M. Gérard Ramseyer, a accepté de
les reprendre et de les retravailler, pour éviter précisément les problèmes liés
à ces projets de lois.
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- Aujourd'hui, Mesdames et Messieurs les députés, je
vous propose de prendre acte du rapport du Conseil d'Etat relatif à la création
d'un centre intercantonal sur les croyances et de renvoyer la résolution au
Conseil d'Etat.
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- Mme Nicole
Castioni-Jaquet (Socialiste)
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- Bien entendu, les commissaires socialistes se
rallient au rapporteur et ont accepté la création de ce centre d'information
dans le vote final.
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- Toutefois, nous voulons faire part de notre inquiétude
par rapport aux dérives sectaires. Ce centre d'information est un objet
important et tout à fait fondamental, mais il est vrai que le problème de fond
reste entier, et qu'il faudra rester vigilants. Il y aura toujours des personnes
fragilisées ou qui se chercheront un but dans la vie et qui se feront harponner
par de telles sectes. Il est également évident qu'il sera toujours aussi
difficile qu'une victime accepte de se dévoiler. Il est en effet très dur
d'exposer devant d'autres personnes un pan de sa vie qui dérange et qui est
inacceptable pour la société.
-
- Nous nous rallions donc - les socialistes - au
rapport de M. Beer et, comme lui, nous en prenons acte ; nous renvoyons la
résolution au Conseil d'Etat.
-
- M.
Bernard Lescaze (Radical)
-
- Ce rapport apporte une conclusion probablement
provisoire à un problème qui a beaucoup ému les consciences de notre population.
Aujourd'hui, l'émotion est partiellement retombée, et des diverses solutions qui
avaient été proposées la commission parlementaire a choisi à l'évidence la plus
légère, mais probablement pas la moins coûteuse ... Je précise toutefois que le
groupe radical suivra les conclusions de la commission : il prendra acte du
rapport et votera la résolution.
-
- Mais néanmoins, quelques remarques doivent
être faites et des bémols apportés. D'abord, je me tourne vers le représentant
du Conseil d'Etat pour lui demander de nous préciser si, de l'avis du
gouvernement, les projets de lois 7871, modifiant le code de procédure pénale,
et 7872, concernant le terme «église» appliqué à des fins commerciales, sont
retirés ou gelés.
-
- Dans notre Grand Conseil et parfois dans nos commissions,
les projets qui ne rencontrent pas l'assentiment d'une majorité, au lieu d'être
purement et simplement retirés par le Conseil d'Etat, viennent trop souvent
encombrer les dossiers de nos commissions qui deviennent de vastes corbeilles à
papiers. Et puis, grâce aux moyens informatiques modernes, les gens voient que
de nombreux projets de lois sont à l'étude dans les commissions parlementaires ;
ils s'imaginent alors que celles-ci ne font pas leur travail en raison de tous
ces projets gelés. Je pense que les décisions doivent être nettes. A titre
personnel, je regrette infiniment que la commission judiciaire ait décidé de
geler ces projets de lois... A mon sens, elle n'aurait pas dû les prendre en
considération si elle estimait, comme semble l'avoir dit le rapporteur, que les
solutions préconisées par ces projets de lois n'atteignaient pas les objectifs
qui leur avaient été fixés.
-
- A ce sujet, je rappelle qu'il avait également été
proposé une modification qui aurait imposé à toute association d'être inscrite
au registre du commerce. A l'évidence cette proposition était purement et
simplement liberticide, et le Grand Conseil l'a tellement attaquée en séance
plénière que le Conseil d'Etat l'a immédiatement retirée. J'attends donc la
réponse à cette question au représentant du gouvernement.
-
- En ce qui concerne
la fondation qui devrait aboutir à ce centre international sur les croyances,
j'ai bien compris en lisant les statuts qu'il s'agissait d'une fondation de
droit privé, et je pense qu'il s'agit d'une solution plus souple. Mais je suis
un peu plus inquiet d'entendre le rapporteur dire que Genève devra assumer la
plus grande part des frais de fonctionnement sous le prétexte quelque peu
fallacieux que nous aurions été plus touchés que les cantons de Fribourg et du
Valais, où se sont en fait déroulés les drames, ou le canton de Vaud, d'où
provenaient la plupart des victimes. Mais, passons : Genève a l'habitude de
payer pour les autres... J'aimerais pourtant que cela ne soit pas toujours le
cas !
-
- Par contre, je suis étonné de constater que ce rapport ne fait aucune
allusion au CLIMS c'est-à-dire au centre d'information sur les sectes dirigé par
le pasteur Basse - qui a sans doute envoyé son dernier livre à plusieurs d'entre
vous - et au fait que cette fondation pourrait en partie faire doublon avec
celle-ci. Il serait bon que l'on nous dise si on en a parlé ; pourquoi il n'y a
pas eu d'audition faite et pourquoi, à l'époque où l'on fait la chasse aux
doublons, on ne s'inquiète guère de créer une structure aussi
similaire...
Mais sans doute, me dira-t-on, face à l'importance de la cause
il ne faut pas se perdre dans les détails... Malheureusement, je ne pense pas
qu'il s'agisse de détails !
-
- Enfin, ma troisième remarque concerne la
résolution. Si son invite me paraît extrêmement positive, je suis beaucoup plus
inquiet de voir qu'à l'évidence la commission a accepté sans débat un
considérant qui me paraît être presque contraire à notre constitution...
«Considérant [...] la responsabilité de l'Etat d'intervenir dans le domaine des
croyances...» Eh bien, précisément la séparation de l'Eglise et de l'Etat fait
que l'Etat n'a pas d'obligation, bien au contraire, d'intervenir dans le domaine
des croyances personnelles et privées ! Pour ma part, étant donné que l'invite
de la résolution est très pertinente, je vous propose, bien que ceci n'ait pas
une grande valeur juridique, de biffer ce considérant sur la responsabilité de
l'Etat, parce qu'il me paraît aller exactement dans le sens contraire à la
séparation de l'Eglise et de l'Etat votée en 1907 par le peuple
genevois.
-
- Cela étant, Mesdames et Messieurs, nous pouvons remercier la
commission. Je ne doute pas d'ailleurs que l'excellence du travail et des
conclusions auxquelles elle a abouti ne soit due au fait que sa présidente à
l'époque, Mme Fabienne Bugnon, était particulièrement impliquée dans ce domaine.
La méthode de travail choisie, commençant par un séminaire, me paraît aussi
particulièrement positive.
-
- Ceci pour dire que le groupe radical soutient
pleinement les conclusions de ce rapport.
-
- M. Jean-Pierre Restellini (Vert).
-
- La question posée par
notre collègue Lescaze est effectivement pertinente. J'attends donc aussi avec
intérêt la réponse du département - de M. Moutinot qui va le représenter. En
effet, dans mon esprit, ces deux projets de lois avaient été gelés, mais dans
une perspective de glaciation définitive, c'est-à-dire retirés. Je me réjouis
donc de savoir si, finalement, le point de vue du Conseil d'Etat est
différent.
-
- Sur le fond, nous n'avons pour notre part pas grand-chose à
ajouter au rapport de M. Beer ainsi qu'aux différentes interventions.
-
- De
toute évidence, la lutte du législateur contre les dérives sectaires, c'est un
peu l'éléphant dans le magasin de porcelaine des libertés... Il faut être
prudents, parce que de toute évidence les dégâts collatéraux - comme on dit
aujourd'hui - arrivent vite. Heureusement, la sagesse et le bon sens ont prévalu
de tous côtés et le département a rapidement réagi après avoir pris le pouls de
la commission. Que M. Ramseyer en soit virtuellement remercié, puisqu'il n'est
pas là !
-
- La résolution qui vous est proposée, bien loin de la dérive étatique
que certains craignaient vise au contraire à renforcer la liberté de chacun.
Etre libre c'est être en mesure de faire des choix éclairés. Et, de toute
évidence, la démarche des gouvernements cantonaux en vue de créer un centre
d'information sur les croyances à la disposition de tous va dans la seule bonne
direction.
Nous soutenons bien entendu cette résolution.
M. Claude Blanc (PDC).
-
- Il va sans
dire que, comme les députés démocrates-chrétiens l'ont fait en commission, nous
voterons cette résolution.
-
- Permettez-moi, à titre personnel, de dire ici que
pour une fois je suis entièrement d'accord par ce qui vient d'être dit par M.
Lescaze. En effet, je suis extrêmement sensible à tout ce qui pourrait
ressembler de près ou de loin à une mainmise de l'Etat sur la conscience des
gens, sur la liberté d'association et la liberté de religion...
-
- J'avais eu
l'occasion, lors du débat de préconsultation sur les deux projets de lois, dont
la commission nous dit qu'ils ont été gelés, d'exprimer mes craintes quant à la
philosophie qui les animait. J'avais même mis en cause Me Bellanger en évoquant
ses origines françaises encore toutes fraîches et en craignant qu'il ne soit ici
que l'ambassadeur des radicaux d'avant-guerre, ceux qu'on appelait les
radicaux-socialistes de la IIIe République, les disciples du «petit père
Combes», à qui on devait en France une mainmise de l'Etat sur les croyances des
gens et la vague d'anticléricalisme qui en était issue.
-
- En fait, quelles que
soient les religions, il y a toujours des excès qui peuvent être faits d'un côté
ou de l'autre... Je suis bien placé pour en parler, et je pense que nous devons
lutter contre tous ces excès mais nous devons aussi lutter pour la liberté de
croyance, la liberté d'association, la liberté de religion.
-
- J'ai dîné
récemment avec Me Bellanger que j'avais sérieusement malmené lors des débats du
Grand Conseil. Et nous avons eu l'occasion, entre la poire et le fromage, de
discuter de manière sereine de ces projets. Me Bellanger a reconnu, lui qui
était à la base de ces projets, qu'il lui manquait peut-être une certaine
culture genevoise sur le sujet, qu'il avait sa propre culture et qu'il ne
pouvait pas assimiler tout ce qui avait été vécu dans notre canton depuis près
d'un siècle. C'est un sujet extrêmement sensible, et je suis reconnaissant à M.
Lescaze de l'avoir évoqué, car le parti radical était loin d'être innocent... Il
vient maintenant à résipiscence, et j'en suis heureux. Je remercie encore M.
Lescaze d'avoir évoqué ce problème.
-
- En conclusion, je pense comme lui que ces
projets de lois devraient purement et simplement être retirés. Je pense comme
lui que le deuxième considérant de la résolution est le germe d'une possible
implication de l'Etat, alors qu'il n'est pas de sa responsabilité d'intervenir
dans le domaine des croyances. Les croyances ne peuvent pas se substituer à
l'Etat et l'Etat ne peut pas se substituer aux croyances ! Alors, vous ferez ce
que voudrez ensuite de cette résolution, mais il vaut mieux que les choses
soient dites avant, pour éviter tout malentendu après !
M. Bernard Annen (Libéral)
-
- Le groupe
libéral suivra également le rapporteur. Il n'en reste pas moins qu'il peut
suivre M. Lescaze sur sa suggestion de supprimer un des considérants, encore que
et pour une fois je me réjouis de contredire M. Lescaze... La séparation de
l'Eglise et de l'Etat ne s'est pas faite en 1907, mais en 1906 ! Pour une fois
que M. Lescaze est pris en défaut en Histoire, je n'ai pas pu m'empêcher de le
dire aujourd'hui... (Rires.)
-
- Revenons sérieux. Oui, nous sommes pour la
liberté dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres domaines. Mais nous devons
tout de même nous poser un certain nombre de questions. Les dérives doivent être
condamnées. Le négationnisme, dans quelque domaine que ce soit, doit aussi être
condamné. Et l'escroquerie doit en tout cas être maîtrisée... Et moi, je me pose
des questions... Je ne sais pas... La scientologie est-elle une religion ?
Dois-je lui laisser sa liberté ? Dois-je, au contraire, la condamner ? Ces
jours, nous avons reçu un livre... Qui a payé ce livre ? Ce livre est beau, il
est bien relié et pourtant il va à la poubelle ...
-
- Mesdames et Messieurs, nous
sommes des personnes qui avons la maîtrise de ce que nous pouvons penser, mais
d'autres ne l'ont pas : elles se laissent abuser et perdent leurs moyens. C'est
sur la base de cette constatation que l'Etat doit se sentir quelque peu
responsable et tenter de maîtriser la situation. En ce qui me concerne c'est mon
souci. Je suis aussi un peu inquiet - j'espère que les radicaux ne m'en
voudront pas de cette petite parenthèse - de voir qu'un avocat aussi sensible
que Me Bellanger puisse à la fois nous donner des leçons - il a du reste raison,
et je les suivrai - et défendre M. Stäubli ! (Rires.) Il y a des choses, comme
ça, que j'ai effectivement de la peine à suivre ...
-
- Mesdames et Messieurs,
nous sommes responsables de l'ordre public !
-
- Mesdames et Messieurs les
députés, nous devons définir la responsabilité des gens dans l'ordre
public !
Nous devons absolument dénoncer les dérives existantes. Nous devons
être les protecteurs d'une frange de la population qui n'arrive pas à y
résister. Je crois que le projet qui nous est proposé aujourd'hui permettra de
définir -même si la frontière entre les deux est difficile à définir - qui a
raison et qui a tort en effectuant une analyse objective, ou aussi objective que
possible, avec les risques que peut engendrer l'arbitraire. Mais, au moins, une
certaine protection pourra être exercée.
-
- C'est la raison pour laquelle nous
sommes d'accord de suivre les conclusions du rapporteur, encore que,
naturellement, nous émettions quelques réserves au niveau de la liberté de
penser des gens.
-
- Mesdames et Messieurs les députés, la seule chose que je
sais c'est que je ne sais pas...
Mme Cécile Guendouz (AdG)
-
- Je remercie M. Annen pour
son esprit nuancé.
-
- Monsieur Lescaze et Monsieur Blanc, à mon avis il est
justement de la responsabilité de l'Etat de ne plus ou ne pas laisser détruire
des personnes, comme cela a été le cas. Ce sont des personnes qui n'ont pas une
assise personnelle suffisante pour avoir un jugement sain, alors elles se
laissent abuser.
-
- Par rapport au CLIMS dont nous avons reçu l'ouvrage à la
maison, je peux dire qu'il a justement l'air particulièrement pernicieux et
tendancieux... Je ne crois pas qu'on puisse se baser dessus pour faire une
information objective. Nous sommes bien sûr d'accord par rapport à la liberté
d'information... Mais jusqu'où doit-elle aller ? Il me semble que nous portons
une certaine responsabilité, car sous ce terme de «liberté d'information» se
cache parfois de la lâcheté, car nous avons peur d'intervenir de façon plus
autoritaire.
-
- Par conséquent, personnellement je soutiendrai et le rapport et
la résolution.
M. Roger
Beer (R), rapporteur
-
- J'aimerais juste apporter quelques
précisions.
-
- Il n'a en effet jamais été question d'intervenir dans le domaine
des croyances au niveau de la liberté de pensée, mais je crois que les
commissaires étaient tous d'accord sur le fait qu'il faut intervenir pour
prévenir les dérives sectaires. Après les travaux, nous étions également tous
d'accord pour dire que la seule solution était effectivement de créer un centre
d'information objectif et bien sûr en dehors de tout mouvement de type sectaire.
-
- La difficulté de rester objectif est aussi grande chez les personnes qui
défendent les victimes des dérives sectaires que chez ceux qui, sans l'avouer,
sont pris dans ces mouvements. C'est du reste pourquoi le futur centre a un
prix, car nous devons obtenir une information de type universitaire, objective,
donc à l'écart de tous ces mouvements. C'est le premier point.
-
- Pour ce qui
est du financement de ce centre, dès que nous aurons le projet de loi, nous
voterons le budget sur trois ans, avec bilan et, ensuite, le parlement aura tout
loisir de procéder à des changements s'il y a lieu.
-
- En ce qui concerne le
retrait ou le gel des projets de lois, nous en avons discuté, nous en avons voté
l'entrée en matière et nous les avons finalement rejetés. Le Conseil d'Etat nous
a alors dit qu'il reprendrait peut-être ces projets de lois dans le cours de la
discussion pour essayer de coordonner ou d'améliorer l'assistance aux victimes,
notamment à travers les centres LAVI. Nous avons auditionné les représentants de
ces centres, et nous avons pensé qu'il serait effectivement relativement aisé
d'élargir la compétence de ces centres pour répondre aux victimes de dérives
sectaires. C'est donc dans cette idée que le Conseil d'Etat nous a proposé
d'étudier un projet de loi qui en fait supprimerait les deux autres projets, ce
qui permettrait de répondre à l'attente des députés.
-
- Je le répète, cette
proposition n'est en aucun cas une volonté d'exercer une mainmise sur la
conscience des gens. Elle correspond à un souci - c'est sur ce point que nous
pensons que l'Etat a une certaine responsabilité - d'aider les personnes qui ont
souffert de ces dérives sectaires.
-
- Mme Myriam Sormanni (Socialiste).
-
- Je voudrais tout d'abord
répondre à M. Bernard Annen ainsi qu'à Mme Guendouz.
-
- Je ne pense pas que le
livre de «L'Etat inquisiteur», que j'avais eu l'occasion de parcourir sans le
lire complètement, soit un ouvrage à mettre à la poubelle... Je ne pense pas non
plus que ce soit un ouvrage tendancieux... Je suis allée écouter Joël Labruyère,
il n'y a pas longtemps dans une conférence. Ce livre a été écrit après une
enquête de trois ans et demi.
Je vais vous dire deux ou trois petites
choses.
-
- Monsieur Annen, vous posez une question au sujet de la
scientologie... Oui, c'est effectivement une religion ! Et je peux vous en
parler... (L'oratrice est interpellée.) Vous pouvez me laisser parler !
(Exclamations.) Je peux parler ? ...car j'en ai fait partie pendant sept ans et
demi... Je sais donc ce que c'est, merci ! Sans vouloir vous choquer... J'ai
aussi été chez Moon, j'ai été dans plein d'endroits, j'ai fait mes expériences,
comme tout le monde dans les années 75 ...
-
- M. Bernard Annen. On voit le
résultat !
-
- Mme Myriam Sormanni-Lonfat. On voit le résultat ? Je me porte très
bien, merci !
Bon, maintenant, je reprends mon intervention. Il y a de quoi
s'interroger lorsque l'on sait que le docteur Abgrall, psychiatre, qui a
contribué à l'étude sur les dérives sectaires - séminaire auquel j'ai participé
- habite une villa, sise précisément dans le Vercors, là où il y a eu le
massacre des membres du Temple solaire... Ce massacre a été déguisé en suicide,
mais pour moi c'est plutôt un assassinat. Il a été déclaré suspect N° 1...
(L'oratrice est interpellée.) Je m'excuse... Je peux finir ? Il a été déclaré
suspect N° 1 et il n'a jamais été inquiété !
-
- Ferait-on la différence entre
les sectes dites «légales», telles que les jésuites, les dominicains, les
franciscains et l'Opus Dei... (Exclamations.) ...et d'autres comme la
scientologie, Hare Krishna, les raëliens et d'autres encore - les
antroposophes ? Pourquoi classifier les personnes qui ont telle ou telle
croyance - sans y entraîner des enfants ou des mineurs - comme faisant partie
d'une secte ou d'une non-secte ? Le respect des minorités est une règle de base
d'une société démocratique. Lorsqu'une personne est en état de faiblesse :
dépression, deuil, divorce, séparation, perte d'emploi ou autre, elle peut très
bien aller jouer, boire, ou faire autre chose... Tous les chemins mènent à Rome,
et chacun doit être libre de choisir celui qui lui convient le mieux !
-
- Il
serait bien de collaborer avec le pasteur Claude Basset, du CLIMS, afin que
l'observatoire des sectes soit réellement efficient, tenant compte de points de
vue divergents - et non convergents - afin d'être objectif - et non
subjectif.
-
- Voilà ! Je ne suis pas en train de vous dire d'aller dans des
sectes... Du reste, je ne me considère pas comme quelqu'un qui a fait partie de
sectes, mais je crois que l'on peut quand même s'interroger sérieusement... Je
me suis permis d'intervenir parce que je philosophe depuis longtemps et je me
pose des questions, et, bien que ne faisant pas partie de la commission
judiciaire, j'avais envie d'apporter mon point de vue... Ma foi, si ça n'a pas
plu à certains, ce n'est pas de ma faute... Merci !
M. Bernard Lescaze (Radical)
- Je ferai
quelques brèves remarques sur certains propos.
-
- Sur l'essentiel d'abord. Je
m'inquiétais simplement, sans vouloir promouvoir tel ou tel centre d'étude sur
les sectes, qu'il n'y ait pas double emploi, dans le souci des deniers de
l'Etat.
-
- En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat d'intervenir dans le
domaine des croyances, vu qu'il s'agit simplement d'un considérant sans valeur
juridique, je ne vais pas déposer d'amendement pour le supprimer. Je considère,
comme l'a également fait M. Blanc, que la discussion qui vient d'avoir lieu a
clarifié le débat. Il n'appartient pas à l'Etat d'intervenir dans les croyances
personnelles des gens.
-
- Il s'agit simplement de prévenir, par la création d'un
centre d'information, les personnes qui pourraient en avoir besoin. Nous sommes
parfaitement d'accord sur ce point. Par contre, nous ne serions absolument pas
d'accord d'aller plus loin, car nous croyons réellement à la laïcité de l'Etat
et à l'importance de sa non-ingérence dans les convictions personnelles de
chacun.
-
- A M. Annen, je réponds pour montrer que les historiens connaissent
parfois leur métier : la loi constitutionnelle supprimant le budget des cultes
et supprimant la loi sur le culte catholique ... (Exclamations.) ...c'est-à-dire
la loi qui a introduit la séparation de l'Eglise et de l'Etat a été votée par le
Conseil général le 15 juin 1907 et est entrée en vigueur le 1er janvier
1908.
-
- M. Bernard Annen. 1906 !
-
- M. Bernard Lescaze. Il s'agit, n'en
déplaise au député libéral qui croyait corriger une erreur, d'une des dates les
plus importantes de notre histoire genevoise, et j'espère que désormais il la
connaîtra !
-
- Pour en revenir à l'objet qui nous préoccupe, la définition d'une
secte est très variable, on le sait. Je rappelle - c'est pour cette raison que
je demandais la prudence dans les lois qui ont été gelées et qui à mon avis
devraient être retirées, car, d'après ce que nous a dit le rapporteur, le
Conseil d'Etat préparerait un nouveau projet, alors autant les retirer tout de
suite - qu'au siècle dernier l'Armée du salut a été pourchassée dans les rues de
Genève et qu'elle a été littéralement persécutée. Pourtant, aujourd'hui,
j'imagine que chacune et chacun d'entre vous prend un certain plaisir à mettre
sa piécette dans les marmites au temps de Noël. Le point de vue sur l'Armée du
salut a donc totalement changé entre le siècle dernier et le nôtre. Cela
mériterait malgré tout que nous menions quelques réflexions sur l'Histoire et la
manière différente dont les générations considèrent les sectes.
-
- En conclusion
- je ne vais pas me répéter - nous adoptons les conclusions de ce rapport, nous
en prenons acte et nous souhaitons que le Conseil d'Etat constitue cette
fondation. Il nous paraît que l'égrenage des qualités : un historien des
religions, un sociologue des religions, un juriste, un théologien, un ceci, un
cela, est peut-être un peu trop détaillé, mais, comme nous avons l'habitude de
voir que le Conseil d'Etat attribue des qualités parfois étranges à ceux qu'il
nomme, nous ne nous en faisons pas... Vous connaissez la phrase de
Beaumarchais : «Il fallait un financier, ce fut un danseur qui l'obtint !». Je
ne me fais donc aucun souci à ce sujet !
-
- Par contre, j'attends avec intérêt
la réponse du représentant du gouvernement sur la question que j'avais posée
précédemment.
Mme Nicole
Castioni-Jaquet (Socialiste)
-
- Afin d'être très clair, le groupe socialiste
vous informe que Mme Sormanni n'est pas membre de la commission judiciaire et
qu'il ne partage pas les propos de Mme Sormanni.
M. Claude Blanc (PDC)
-
- En préambule, j'ai bien goûté la
citation de M. Lescaze... J'espère qu'il ne faisait pas allusion par là à la
présidence des TPG... (Rires.)
-
- Cela étant dit, j'ai demandé la parole au
moment où vous parliez, Madame Guendouz. En effet, chère Madame, je vous ai bien
entendue et je voulais vous le dire... J'ai compris ce que vous vouliez dire,
mais j'aimerais quand même apporter une nuance, parce qu'il est dangereux, sous
prétexte de vouloir informer et protéger, de demander à l'Etat de se mêler de
ces choses-là.
-
- En effet, il arrive - et il est malheureusement arrivé souvent
dans l'histoire - que quand l'Etat s'en mêle, le remède est pire que le mal...
Et on a fait beaucoup de mal au nom de l'Etat lorsqu'il intervient dans ce
domaine. Alors, il faut faire très attention. Je le répète, je peux comprendre
votre crainte, mais soyons extrêmement prudents quant à la mise en oeuvre de ces
principes ...
-
- Je pense que Mme Castioni a voulu prendre de la distance, au nom
du parti socialiste, par rapport à Mme Sormanni... Moi, ça m'est égal, mais je
voudrais quand même vous faire remarquer, Madame Sormanni, qui vous targuez
d'avoir fait beaucoup d'études à ce sujet, qu'il y a de quoi être tout à fait
choqué par vos propos... Vous dites que les jésuites, les dominicains et les
franciscains sont des sectes... Madame Sormanni, cette affirmation montre que
vous méritez le bonnet d'âne en matière d'étude sur les religions et que vous
n'y avez jamais rien compris ! La seule chose intelligente que vous ayez dite
c'est que tous les chemins mènent à Rome... (Rires.) Sur ce point, je ne peux
qu'être d'accord avec vous !
Mme
Myriam Sormanni (Socialiste)
-
- J'avais dit que je ne faisais pas partie de la
commission judiciaire. Il était donc inutile de le préciser...
-
- Je n'ai pas
parlé au nom du parti socialiste. J'ai parlé en tant que citoyenne et,
effectivement, j'ai fait partie de différents mouvements...
-
- Je ne pense pas
du tout que je mérite le bonnet d'âne, Monsieur Blanc ! Et quand je dis que tous
les chemins mènent à Rome, c'est que j'ai une bonne éducation religieuse... Je
suis de confession catholique et j'ai pratiqué pendant des années... Alors, si
vous étudiiez les religions, vous vous rendriez compte que la religion
catholique a pris naissance entre 150 et 350 après Jésus-Christ : c'est une
invention des hommes... Je m'excuse ! A l'origine, dans la Bible, il n'y avait
que des chrétiens... Je suis désolée ! C'est tout ce que j'avais à dire !
Merci !
-
- Mme Christine Sayegh
(Socialiste).
-
- Je tiens juste à vous dire que le témoignage de Mme Sormanni est tout à
fait personnel ... (Exclamations.) Il ne s'agit pas d'un commentaire politique
sur le sujet qui nous occupe... (L'oratrice est interpellée.) Vous souriez,
c'est preuve que ça vous a quand même touché !
-
- M. Laurent Moutinot
-
- Je réponds à la question qui m'a
été posée, à savoir quel était le sort des projets de lois 7871 et 7872. Le
département rapporteur n'a jamais demandé au Conseil d'Etat l'autorisation de
les retirer, raison pour laquelle, ils subsistent encore à ce jour. Quant au
degré de glaciation de ces projets - pour reprendre l'expression de
M. Restellini - je pense qu'il approche le zéro absolu... Mais je ne peux
m'engager plus avant sans une décision formelle du Conseil d'Etat.
-
- Le
deuxième problème dont vous avez longuement débattu porte sur le deuxième
considérant de la résolution qui dit : «Considérant [...] la responsabilité de
l'Etat d'intervenir dans le domaine des croyances pour informer la population et
prévenir les dérives sectaires ;».
-
- Pour ma part, je partage l'avis de M. Lescaze
et de M. Blanc. Je pense que cette formule est dangereuse, parce qu'elle laisse
entendre effectivement une capacité d'intervention étatique dans le domaine des
croyances. Si l'on comprend cette formule comme vous l'avez fait, Madame la
députée Guendouz, elle est parfaitement légitime. J'imagine donc que ceux qui
ont rédigé cette formule voulaient exprimer que l'Etat a un devoir
d'intervention à l'égard des victimes de dérives sectaires. Et si c'est sa
signification, je suis évidemment parfaitement d'accord avec ce considérant.
L'ennuyeux c'est que ce n'est pas ce qui est écrit ! Dans ces conditions, je
pense que l'on peut sans autre difficulté supprimer cette phrase purement et
simplement.
-
- Pour ce qui est de la suite des travaux, Mesdames et Messieurs
les députés, je peux vous assurer que le Conseil d'Etat a la ferme volonté de se
placer du côté des victimes de toutes les dérives sectaires. Il a constamment la
conscience que cette position est juste quand au fond mais qu'elle est en
revanche difficile à concrétiser dans la pratique tant il est vrai qu'un certain
nombre de mesures ont des côtés liberticides dont nous ne voulons pas. Cela
signifie que nous allons poursuivre nos travaux sur la base du vote de la
résolution que vous allez voter maintenant, à la fois pour être efficaces en ce
qui concerne les victimes mais aussi extrêmement attentifs pour ne pas dériver à
notre tour dans des mesures qui pourraient également s'avérer
liberticides.
M. Claude Blanc
(PDC)
-
- M. Lescaze a renoncé à présenter un amendement consistant à supprimer
le deuxième considérant, mais je constate que M. Moutinot est partisan de le
supprimer... Si le Conseil d'Etat en fait la proposition, je me demande si on ne
devrait pas revenir à la proposition initiale de M. Lescaze ... Avez-vous déposé
votre amendement, Monsieur Lescaze ?
-
- M. Bernard Lescaze. Pas encore !
-
- M.
Claude Blanc. Quoi qu'il en soit, on peut se dispenser de le déposer...
(Exclamations.)
-
- Le
président. Monsieur Blanc, il n'est pas possible d'amender les
considérants, mais ...
-
- M. Claude
Blanc . Pourquoi ne pourrait-on pas amender un considérant, je vous le
demande ? (Commentaires et exclamations.)
-
- Le
président. En ce qui me concerne, Mesdames et Messieurs les députés, je
suis prêt à accepter toutes vos propositions. Je ne suis jamais entré en matière
pour modifier le considérant d'un de vos projets, mais si vous le souhaitez il
est possible de mettre cette proposition au vote.
M. Bernard Annen (Libéral)
-
- On peut faire ce qu'on veut, bien
sûr ! Mais, au fond, il s'agit d'un acte législatif que nous votons ou que nous
ne votons pas ! Un considérant est une explication, un argument avancé pour
amener les invites et rien d'autre. L'acte législatif doit porter uniquement sur
l'invite et c'est tout !
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- Combien de motions avons-nous votées, alors que nous
n'étions pas d'accord avec les considérants ! Ces motions ont tout de même été
votées, car ce sont les invites qui sont importantes, rien d'autre ! Alors, je
ne comprends pas la démarche de M. Blanc à cet égard.
Mise aux voix, cette résolution est adoptée. Elle est
renvoyée au Conseil d'Etat.
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- Elle est ainsi conçue :
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- Résolution
(419)
- concernant la création d'un
- centre intercantonal d'information sur les
croyances
-
- Considérant :
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- le rapport du Conseil d'Etat déposé sur le bureau
du Grand Conseil le 10 mars 1999 relatif à la création d'un centre intercantonal
d'information sur les croyances;
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- la responsabilité de l'Etat d'intervenir
dans le domaine des croyances pour informer la population et prévenir les
dérives sectaires;
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- le fait que les personnes qui sont confrontées soit
personnellement, soit par l'intermédiaire de l'un des membres de leur famille à
des groupements à caractère religieux, spirituel ou ésotérique sont très
démunies;
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- la nécessité de disposer d'une source d'information neutre sur les
croyances et les activités de ces groupements;
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- la volonté exprimée des
gouvernements des cantons romands, de Berne et du Tessin d'aller rapidement de
l'avant avec la création, sous la forme d'une fondation de droit privé et pour
une période d'essai de trois ans, d'un tel centre d'information qui soit apte à
diffuser une information neutre et contrôlée sur les différents groupements
actifs dans ce domaine et sur d'éventuelles dérives ;
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- Le GRAND CONSEIL de la
République et canton de Genève
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- RD 318
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- Le Grand Conseil prend acte de ce rapport.
La séance est levée à 17 h.
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