La scientologie avance masquée

Des témoignages de personnes abusées par la psychiatrie sont recherchés par une Commission scientologue des Droits de l'homme basée à Lausanne (Tribune de Genève - 14 mai 1995)

Narconon et le CCDH: Comment une secte a pris de l'ampleur grâce à ses mensonges par L. J. West, médecin psychiatre américain (The Southern California Psychiatrist - Octobre 1991)

La Scientologie et ses groupes de façade par le docteur L. J. West, médecin psychiatre (The Southern California Psychiatrist - Octobre 1991)

Une expérience lamentable: un séminaire scientologue de management (Cherokee County Herald, Alabama - 12 Déc 1990)

 

 L'Eglise de scientologie se profile derrière des annonces

Des témoignages de personnes abusées par la psychiatrie sont recherchés en Suisse romande. Ils sont demandés par une Commission basée à Lausanne, dont les membres appartiennent à l'Église.

Tribune de Genève - 14 mai 1995
[Texte intégral]

Laurence Walter, vétérinaire installée au Mont-sur-Lausanne, est la présidente
de la «Commission des citoyens pour les droits de l'homme»
soutenue par les scientologues.   Photo: Philippe Maeder

Tout commence comme un fait divers, par une petite annonce parue à plusieurs reprises dans les colonnes de notre supplément Léman Express : «Avez-vous été abusé sexuellement par votre psychiatre» ?

D'autres annonces du même genre, invitant celles et ceux qui auraient subi des traitements aux électrochocs à témoigner paraissent également régulièrement. Suivent à chaque fois un numéro de téléphone et cette précision réconfortante «traité confidentiellement». Renseignement pris, ces appels émanent de la section vaudoise de la Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH) officiellement accréditée auprès de l'ONU... derrière laquelle se profile une autre organisation plus familière au public romand : l'Église de scientologie.

Sollicitée par téléphone pour un rendez-vous, la présidente de la Commission Laurence Walter, vétérinaire installée au Mont-sur-Lausanne, n'apparaît en rien comme une ésotériste illuminée. En dépit de la présence d'unee bonne dizaines d'ouvrages (de l'inévitable Dianétique à divers essais du célèbre fondateur américain de la scientologie Ron Hubbard) qui cotoient d'autres traités de médecine plus orthodoxes, son cabinet ressemble à celui de n'importe quel vétérinaire.

Et c'est bien volontiers qu'elle reçoit la presse, dont elle espère qu'elle contribuera à faire connaître sa noble croisade contre le corps médical. «Il faut que vous sachiez que l'Église de scientologie est en guerre ouverte contre la psychiatrie. Celle-ci prétend détenir le monopole de la santé mentale. Il faut que cela cesse». Et la dynamique présidente d'évoquer un récent bestseller démontrant que, derrière la brillante carrière d'un certain Adolf Hitler, se dissimulaient là encore de méchants psychiatres.

Mais attention, Laurence Walter y insiste, «pas question de faire le moindre amalgame avec l'Église de scientologie. Même si nos buts sont identiques - dénoncer les «crimes psychiatriques», nous agissons de manière totalement indépendante». Au demeurant, souligne-t-elle, nous sommes une association à but non lucratif.

La section vaudoise de la CCDH est constituée d'une trentaine de cotisants dont la majorité sont membres par ailleurs de l'Église de scientologie. En fonction des témoignages apportés, ils examinent l'opportunité d'une démarche juridique ou d'une protestation auprès des instances médicales. «Rien de plus, précise Laurence Walter. Jamais nous n'évoquons la Scientologie lors de nos entretiens, du moins pas lors des premiers».

Depuis la publication des plus récentes, annonces, relatives aux abus sexuels par des psychiatres, une quinzaine de témoignages ont été recueillis par la CCDH. Pour l'heure, regrette Laurence Walter, aucun n'est vraiment suffi- samment fort pour que nous entamionsquelque démarche. Mais elle ne désespère pas. La récente affaire autour d'un psychiatre installé à Zurich, le Dr Pinter, arrêté pour avoir publié un ouvrage prônant les relations sexuelles avec les patients, apportera probablement de l'eau à son moulin. C'est d'ailleurs cette affaire qui lui a donné l'idée ainsi qu'à ses condisciples de miser désormais sur les abus sexuels: «nous travaillons d'abord en distribuant des papillons dans les boîtes aux lettres parce que les journaux refusaient de publier nos annonces. Puis nous sommes parvenus à procéder par voie d'annonces, mais même les électrochocs ne nous apportaient pas beaucoup de témoignages».

Chiffres vertigineux

Un optimisme qui va chercher loin : aux États-Unis et en Europe. Laurence Walter se plaît à rapporter que sa Commission a été créée à Los Angeles en 1969, soutenue dès l'origine par la Scientologie: «Grâce à son intervention, 64 hôpitaux ont été fermés dans le monde, 98 psychiatres emprisonnés, 139 condamnés, 38 descentes dans des établissements médicaux effectuées. Au total, 795 millions de dollars de dédommagement ont été payés par les psychiatres ou les hôpitaux aux patients lésés». Des chiffres à vous donner le vertige, auxquels s'ajoute celui d'une trentaine de lois «favorisant des abus» qui, toujours selon notre interlocutrice, auraient été modifiées par la Commission des citoyens pour les droits de l'homme.

En Suisse, plusieurs sections de la Commission des citoyens pour les droits de l'homme déploient leurs activités, dont les bases sont ancrées à Zurich et au Tessin.

Mauvais traitements

Interrogé par notre confrère 24 Heures, le Dr Jean Martin, médecin cantonal vaudois, connaît la CCDH. Elle lui envoie parfois des dossiers de témoignages. «Je respecte les vives préoccupations de ses membres pour défen- dre les droits de l'homme, commente-t-il. Mais je pense que la situation des patients en psychiatrie est satis- faisante. En dix-neuf ans de pratique, je n'ai quasiment jamais constaté de situation critiquable. Le travail de cette commission n'est donc pas nécessaire».

Ce qui motive Laurence Walter dans son combat contre les satans en blouse blanche ? Un passé de fille de médecin traumatisée à l'âge de quatre ans à la clinique genevoise de Bel-Air - où travaillait et habitait son père. Puis son activité en tant qu'aide-infirmière dans la même institution pendant un mois voici quelques années.

Son album de souvenirs mental est une longue suite de visions de mauvais traitements. Dont elle n'est parvenue à se sortir, affirme-t-elle, que grâce l'Église de scientologie dont elle est membre depuis treize ans.

Serge Bimpage

Une commission des citoyens pour les droits de l'homme
aux mains de la secte de scientologie (1)

EXTRAIT

«L'infiltration des psychiatres dans les écoles n'était pas un développement fortuit. Les psychiatres ont planifié la conquête du système éducatif il y a des décennies en arrière. Ceci et tant que part de leur plan stratégique pour dominer tous les secteurs de la société», est-il écrit dans une brochure américaine de la Commission des citoyens pour les droits de l'homme de 1992.- (sb)

(1) Titre ajouté par anti-scientologie

Surprenante association au main de la scientologie: LE CCDH "La Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme" (24 Heures - avril 1995)

 

 Une secte qui a pris de l'ampleur grâce à ses mensonges

par le Dr L. J. West

Un article publié à l'origine dans "The Southern California Psychiatrist," May 1991, pp. 6-13.

Le CCHR (Commission des citoyens pour les Droits de l'Homme) et Narconon"

Lors d'un article précédent paru dans le SCPS de Juillet, j'avais fourni quelques données historiques sur la scien- tologie. Cette secte guérisseuse pseudo-scientifique formée dans les années 50 a réussi à prendre de l'ampleur grâce à des mensonges extravagants et à l'usage systématique de tromperie, devenant ainsi une entreprise internationale et milliar- daire. La scientologie diffame régulièrement ses critiques (moi par exemple) via son magazine privé "Freedom" (en France, Ethique et Liberté), tandis qu'elle encense ses amis, comme Thomas Szasz.

Elle dirige des opérations secrètes sophistiquées et des campagnes de désinformation, soit directement, soit par le biais d'organisations de façades comme le CCDH / CCHR (comité des citoyens pour les droits de l'homme); le but essentiel est de s'en prendre à la psychiatrie, en particulier dans ses aspects biologiques, et de harrasser, décourager et intimider les organisations privées et les critiques individuels qu'elle catalogue parmi les "ennemis". L'office central du CCHR fut établi à Los Angeles dès 1969; plusieurs autres sont répartis sur le territoire ainsi qu'à l'étranger.

Le CCHR se cache souvent derrière les actions légales ou personnelles entreprises contre des membres de l'APA (association psychologique américaine) ainsi que contre les spécialistes dans leur ensemble. Les tentatives - parfois réussies - pour discréditer la psychiatrie sont exposées dans des publications comme "le Bulletin des abus psychiatriques" et "Mise au point sur la psychiatrie" [USA] . Ces efforts comprennent nombre de poursuites en justice contre des médecins accusés de négligence lors de prescription de Ritalin (méthylphénidate) à des enfants qui, disent ces publications, souffrent d'effets secondaires tels que: comportement aggressif et violent, retard de croissance, hallucination, dépression suicidaire, céphalées et spasmes nerveux. On notera que les deux sociétés fabricant ce produit (Ciba Geigy de Summit, New Jersey, et M.D. Pharmaceuticals de Santa Anna, California) ne sont pas défenderesses dans ces affaires judiciaires. Le président du CCHR est Dennis Clarke: il n'est ni scientifique, ni praticien, mais on le cite néanmoins souvent comme s'il s'agissait d'un "expert" en matière de Ritalin.

Le CCHR appuie aussi les tentatives récentes destinées à expulser la fluoxétine (Prozac) du marché; ils ont fait campagne de mailing auprès de nombre de sénateurs ou députés américains et aident la "défense Prozac" - il s'agit là de gens incri- minant à leur usage du Prozac des crises de violence. Des tactiques similaires stigmatisent les électrochocs (ECT), et ont eu des effets: ils ont ainsi réussi à pousser les membres de la FDA à reconsidérer le classement des appareils d'ECT, qui ont été placés en classe 3 au lieu de Classe 2. La classe 3 correspond aux outils présentant des risques considérables, exigeant donc des autorisations de mise sur le marché, comme par exemple les valves cardiaques artificielles, tandis que la Classe 2 correspond aux appareils fiables du genre radiologie). Le CCHR a par ailleurs soutenu les statuts actuels californiens, opposés à l'ECT, lesquels ont imposé des restrictions rigides à son usage, ce qui eut pour effet de nombreux cas de patients continuant inutilement à souffrir du fait que le traitement indispensable leur était refusé. Il existe aussi un petit groupe de patients soumis à l'ECT, et leurs familles, qui rendent grâce au traîtement et ont constitué une association tentant de faire annuler ces nouveaux statuts, en raison du droit constitutionnel: c'est le procès Doe contre O'Connor.

Le CCHR remue fréquemment du monde, Clarke en tête, pour protester contre l'ECT, le Ritalin le Prozac et la psychiatrie en général, lors des congrès annuels de l'APA. Lors de ces manifs, les scientologues, accom- pagnés parfois de patients déçus recrutés pour l'occasion, manifestent avec panneaux, banderoles et tracts dénonçant la psychiatrie, allant jusqu'à interrompre les réunions lorsqu'ils parviennent à se faire admettre à l'intérieur. Ils portent parfois des tee-shirts annonçant "LA PSYCHIATRIE TUE". Des avions tirant des bande- roles ornées du même slogan peuvent survoler la foule. Ils tiennent aussi ce genre de démonstration devant certains établissements, comme l'hopital neuro-psychiatrique de l'UCLA. On y aperçoit souvent les médias régionaux, invités qu'ils sont par les organisateurs du spectacle.

Un autre groupe de façade influençant la psychiatrie est Narconon, entreprise internationale prétendant réhabiliter les drogués, mais servant essentiellement de programme de recrutement pour la secte. Narconon a vu le jour vers la fin des années 60: Williiam C. Benitez l'a fondé lorsqu'il était encore écroué à la prison d'état d'Arizona. Il dit avoir basé son programme sur les écrits hubbardiens. Lorsque les autorités carcérales l'auto. risèrent à le pratiquer sur certains détenus, Benitez contacta Hubbard qui y vit un moyen d'augmenter les revenus scientologues, ainsi qu'une façon de faire pénétrer la scientologie dans d'autres prisons ou dans le public.

C'est peu après que Narconon prenait tournure organisée - en 70 - sous la direction de Benitez et de deux cadres supérieurs scientologues, Arthur J. Maren et Henning Heldt. Le QG central est actuellement à Los-Angeles, avec des antennes un peu partout aux USA et ailleurs. Certaines ont été fermées en Italie et Espagne, par exemple, leurs employés étant poursuivis pour incurie médicale, escroquerie, conspiration dans le but d'extorsion et détention illégale. L'Amérique du Nord n'en est pas arrivée là.

Les cinq étapes du programme comprennent le sevrage, la désintoxication, la sudation en sauna, un cours de communi- cation et des cours de traîtement "pour améliorer l'étude" "acquérir un contrôle sur la vie" et "vivre une vie éthique": il s'agit des mêmes cours compilés d'après des oeuvres d'Hubbard, que ceux enseignés dans les missions et organisations scientologiques. Chaque cours est en fait une succession d'auditions dianétiques supposées débarrasser l'individu de ses attitudes, émotions et comportements indésirables: ils mènent en général la personne à signer des contrats payants pour des cours "plus avancés" qui impliqueront plus complètement la personne en scientologie.

Comme l'expliquait l'article de juillet dernier, l'audition dianétique offre une série d'étapes de cours censés théra- peutiques, à base de l'amalgame psycho-science-fictif hubbardien, sur fond de psychologie populaire, d'hypnose et de cybernétique. Les auditeurs y reçoivent des cours techniques. Cela fonctionne selon un schéma pyramidal, les gens du dessus auditant ceux d'en dessous et ainsi de suite. Ces cours Narconon sont, comme tous ceux du début en scientologie, une introduction en scientologie: c'est le niveau inférieur de la pyramide.

Jerry Whitfield, ex-cadre de Narconon à El Paso, explique comment on le pressait d'expédier ses recrues sur le "PONT" de progression scientologique - ce pont est un ensemble de procédés regroupés sur un grand diagramme; il expliquait aussi comment on exigeait de lui des statistiques hebdomadaires décomptant les recrues. Celles-ci sont leurrées par de vaines promesses de progression lors de séries de cours: elles espèrent alors pouvoir se débarrasser définitivement d'émotions désagréables ou de souffrances de l'existence, voire des effets des radiations thermonucléaires, etc, etc.

La procédure de désintoxication scientologique, la "méthode Hubbard" de Narconon, c'est la "Procédure de Purifi- cation" ou "Cure de Purification" (Purif). Elle est censée déloger les toxines et drogues situées dans les tissus graisseux, au moyen d'une série rigoureuse d'exercices physiques et de sauna (jusqu'à 5 heures quotidiennes, sept jours sur sept, plus de trente jours d'affilée parfois). Les risques de déshydratation sont évidents. On sait qu'il y a eu au minimum un décès dans le purif. La base rationalisée indiquant que la sudation ferait sauter les toxines ne s'appuie sur aucune étude scientifique.

La plupart des excès de médicaments ressort immédiatement du corps par excrétion, par l'action du foie, des reins, voire des poumons. On peut certes trouver des quatités infimes de toxines dans la sueur, mais le pourcentage par rapport au reste est si faible que l'usage intensif de sudation, de sauna et d'exercice n'augmentera pas de façon significative la détoxification. Les scientologues publicisent néanmoins cette méthode de manière aggressive auprès des employeurs publics et privés dont les collaborateurs pourraient être exposés à des manipulations toxiques dans leur travail.

Narconon tente désormais d'obtenir une licence définitive pour une institution proche de Newkirk, Oklahoma. Il s'agit du second centre en internat des USA, les autres pratiquant en externat. L'église de scientologie reprit en 1989, avec bail de 25 ans, l'école indienne de Chilocco jusque là partagée entre cinq tribus. Lors d'une cérémonie préconvenue, les résidents furent très impressionnés par un "mécène" - ABLE - présentant un chèque de 200 000 dollars à Narconon. Mais ABLE (association for a better living and education) n' est qu'une autre façade sciento- logue, partageant les locaux mêmes de Narconon à Los Angeles. Les officiels de Narconon Chilocco ont vigoureu- sement nié tout lien avec la scientologie, après que les résidents du Comté de Chilocco eurent protesté vivement contre tout accord de licence à Chilocco.

Les vendeurs de Narconon sollicitent constamment les professionnels de la santé en tout genre, ainsi que les campus universitaires. Du fait de son titre sur mesure, Narconon est souvent confondue avec NA (Narcotiques Anonymes), groupe d'assistance méritoire similaire à AA (Alcooliques anonymes). La façon dont Narconon s'y prend pour acquérir une appa- rence de respectabilité est typique des méthodes sectaires. D'autres, comme les Moonistes (l'église de l'unification), l'église universelle et triomphante ou d'autres entreprises aux poches bien pleines, emploient ainsi des experts en relations publiques et des cabinets de ténors du barreau: ils ne sont déjà que trop près d'avoir acquis la légitimité qu'ils désirent tant.

Le Pr. West est professeur de psychiatry, School of Medicine, University of California, Los Angeles."
 

La Scientologie et ses groupes de façade

par L. J. West, médecin psychiatre américain

Article publié par "The Southern California Psychiatrist"
Octobre 1991, pp. 13-15.

Des sanctions légales seront de plus en plus souvent prises par les tribunaux

Dans les précédents articles consacrés à la scientologie dans ces colonnes, je décrivais comment elle s'y prend pour accéder à une apparence de respectabilité et attirer de nouveaux membres, et pour discréditer ses critiques. Voici la suite de l'histoire, où nous intéresserons surtout aux groupes de façade de la secte dont le but est d'améliorer la crédibilité publique et de créer de nouvelles portes d'entrée génératrices  de chiffre d'affaires.

Hubbard croyait que les célébrités pourraient servir à promouvoir la scientologie. Il s'est donc particulièrement efforcé de recruter des gens viables et ayant réussi. La scientologie essaya vainement de recruter des célébrités comme Marlène Dietrich, Ernest Hemingway, Greta Garbo et Howard Hugues, dans les années 50.  John Travolta ou le footballeur John Brodie la créditèrent finalement de leur réussite, au cours des années 70. Puis d'autres stars comme Tom Cruise et Kirstie Alley. Il existe un réseau de "Centres des Célébrités" qui recrute dans ces milieux; le plus fameux d'entre eux est le Hollywood's Celebrity Centre International, logé dans l'ancien hotel Manor, énorme maison kitsch des années 20.

L'un des derniers développements de la secte est son hypothétique procédure de désintoxication, la "cure de purification" ou "purif". On l'utilise dans la secte conjointement à des "auditions" dianétiques - sorte de procédures psychothéra- peutiques à but d'amélioration individuelle. Chez Narconon, on l'appelle la "méthode Hubbard". Elle sert à déloger les toxines qui seraient à l'intérieur des tissus graisseux, grâce à un ensemble d'exercices physiques, de sauna, de forts dosages de vitamines - absorbé selon une progression rapide. Aucune base scientifique aux prétentions de cette cure. J'avais souligné lors de précédents articles les effets néfastes que peuvent causer des séances prolongées de sauna et de prise excessive de vitamines.

L'organisation scientologue de façade dénommée "FASE" (The foundation for advancement of science and education) sponsorise pourtant des "études scientifiques" (dont l'essentiel est mené sous la baguette de scientologues ou d'officiers de cette fondation) sur la méthode Hubbard: on peut s'attendre aux résultats préconçus. L'un des bénéficiaires de FASE se trouve être la Clinique HealthMed, également gérée par des scientologues, et administrant le traîtement Hubbard dans ses locaux de Los Angeles et Sacramento. Grâce à ces recherches sponsorisées par FASE afin de légitimer le traîtement, HealthMed parvient à attirer de nouveaux clients , donc à payer d'autres "études" qui engendreront davantage de chiffre d'affaire et permettront de pousser d'autres gens en scientologie.

On trouve bien d'autres façades scientologiques utilisées pour parfaire la pénétration de la société, même au sein des professions scientifiques ou de santé. La branche scientologue connue sous le nom de WISE (world institute of sciento- logy enterprises) sert ainsi de "consultant en management" à divers professionnels. On leur inculque les "plans de management Hubbard" et on en profite aussi pour recruter de nouveaux membres.

Cela commence par la distribution de tests de personnalité - qui découvriront inévitablement des défauts personnels capitaux - aux cadres et au personnel des entreprises; pui on les encourage à acheter des cours scientologiques progressivement de plus en plus coûteux, supposés corriger les défauts soulignés par ces tests.

Deux entreprises de ce type opèrent dans la région de Los Angeles : la première , "l'Advisory", est à Burbank. Son patron est Arthur J. Maren: il est aussi l'un des trois signataires de la charte fondant Narconon. Cette affaire sollicite des médecins par des mailings, leurs adresses ayant été préalablement achetées à l'asso- ciation médicale de Los Angeles. L'autre affaire, beaucoup plus importante, c'est Sterling Mangament Systems. Elle cible les dentistes et spécialistes du domaine médical, ainsi que les vétérinaires et autres.

Son QG est à Glendale, mais elle est d'ampleur nationale du fait qu'elle vend des séminaires attirants grâce à de luxueuses brochures. Elle s'étend vite. Le journal des affaires de LA la citait parmi les 35 meilleures expansions du comté de LA. Sterling distribue des matériaux promotionnels aux praticiens, par exemple "To-days professional, le journal de management pour une Pratique qui marche", dont une partie du contenu est hubbardien.

Sterling fut fondée en 83 par Gregory K. Hugues, dentiste de Vacaville, Californie. Il se présente à ses propres séminaires des "Dentistes qui réussissent" comme une preuve vivante de la valeur des méthodes hubbardiennes. Il ne parle pas des poursuites en justice que d'anciens patients ou ses associés lui ont intentées pour incurie professionnelle ou négligence, ni du fait qu'il ait été sous enquète du Conseil de l'ordre des dentistes en Californie.

Sterling commence en offrant un séminaire d'introduction de trois heures aux membres des professions médicales. Les participants reçoivent alors les conseils de base de management et sont vivement encouragés à signer de suite (accompagnés de leur époux ou épouse) un supplément de 12 ou 14'000 dollars d'audition scientologique délivré en Californie. Il s'agit de séances quotidiennes de douze heures, durant lesquelles le cours de communication de base de la sciento est délivré, ainsi que d'une série de cours optionnels. Les clients sont poussés à aborder les problèmes de leur vie intime.

L'information privée alors recueillie a été ensuite utilisée pour faire payer d'autres sommes aux clients. On les persuade à prendre les cours dianétique (le moins cher coûtant 3000 dollars) pour corriger leurs problèmes - révélés par le test de personnalité ; on les pousse à acheter des livres scientologiques, des textes divers de romans d'Hubbard (décomptés 2000 dollars), un système de rendez-vous à 800 dollars, ou d'autres services. Les cours en supplément coûtent 5 à 18'000 dollars l'un, les livres, plusieurs centaines de dollars. Voici un cas réel.

Le Dr et Mme Robert Geary, un dentiste de l'Ohio et son épouse, disent qu'en cinq mois, ils ont versé 200'000 dollars à la scientologie, en 1988. Sous la pression constante du programme Sterling, le couple s'avéra incapable de ne pas signer les chèques qu'on lui demandait. Lorsque le Dr Geary voulut partir, les scientologues kidnappèrent son épouse et la maintinrent à l'écart deux semaines durant: elle était censée devenir "claire" par leurs soins.

Lorsque les scientologues refusèrent de dire au Dr Geary où se trouvait son épouse et ce qu'elle faisait, il contacta l'avocat de la famille, qui eût tôt fait d'alerter le FBI en Ohio et en Californie. Mme Geary put rentrer chez elle peu après, mais "dans un état émotionnel et physique catastrophique". Les Geary avertissent depuis lors tous les professionnels des risques de Sterling Management et de la scientologie. D'autres victimes traumatisées commencent aussi à exposer leurs expériences malheureuses et le prix qu'il leur en a coûté.

Récemment, l'intérêt soulevé par la scientologie s'est accru en raison d'articles de fond parus dans le Times du 6 mai 1991 et dans d'autres périodiques comme le California Magazine de Juin 1991. La secte réagit en augmentant de beaucoup ses dépenses de relations publiques et ses publicités, passant par exemple de pleines pages dans USA TODAY, et des annonces télévisées.

Etant psychiatre ayant étudié les pratiques des sectes totalitaires depuis des années, ayant souvent observé les torts causés aux adeptes et à leurs familles, je continue à observer les activités de l'église de scientologie desti- nées à recruter de nouveaux membres, ou faire taire les critiques, acquérir une influence politique et économique par le mensonge délibéré, la désinformation, le secret, le harrassement, ou en déviant les flèches. Il me semble qu'il devrait exister des moyens et remèdes sociaux légaux pour venir à bout de la scientologie, en prenant appui sur des traditions de protection des consommateurs (comme cela se produit dans le domaine de la santé), ou en usant d'autres systèmes légaux destinés à obtenir redressement des dommages civils ou autres.

Nos lois et codes d'éthique acceptent la vulnérabilité des gens face à la tromperie et l'intimidation. Ils admettent également le fait que les relations spécialement basées sur la confiance (confiance dont bénéficient par exemple les médecins, infirmières, psychologues, travailleurs sociaux, avocats, pasteurs etc) peuvent faire l'objet d'exploitation. Déçus et détruits par les méthodes hubbardiennes, les "consommateurs" devraient non seulement pouvoir poursuivre l'église de scientologie, mais aussi Narconon, Sterling mana- gement, et d'autres façades scientologues, lorsque des pertes et dommages ont été subis.

Pour obtenir ces dommages ou recouvrer ces pertes, il est évident que les plaignants doivent en faire les preuves, ce qui exigera des enquêtes, des témoins et des procédures en justice. La preuve est néanmoins possible: ces procès devraient donc permettre l'obtention de dommages auxquels la scientologie ne pourrait échapper sous prétexte de religion. Voici dix ans, ce type de procès était fort rare. Leur nombre augmente actuellement, et certains ont réussi. Inutile de dire que les efforts de la scientologie pour discréditer les témoins experts dans ces affaires ont été gigantesques et vicieux au possible.

Lors de ces procès, les torts causés par la scientologie peuvent s'estomper au fur et à mesure que les victimes et leurs familles trouvent refuge auprès des lois; il est hélas très difficile pour des gens se trouvant dans ces conditions d'engager de telles poursuites. J'espère néanmoins qu'au nom des quelques rares personnes décidées à engager ces actions, au nom de celles qui sont encore sous contrôle ou de celles qui ne sont pas encore recrutées mais encourent ce risque, des sanctions légales seront de plus en plus souvent prises par les tribunaux, avec l'aide d'experts des professions de la santé compétents en ces matières.

Le progrès dépend surtout ici de l'interêt grandissant que montreront ceux qui travaillent dans les domaines de la santé mentale vis à vis de la psychopathologie et de la psychothérapie appliquées aux victimes de sectes, car ces pauvres gens et leurs familles se tournent vers nous de plus en plus fréquemment.

Pr WEST, UCLA

 

 Expérience lamentable: un séminaire scientologue de management

par Terry Dean, reporter, CHEROKEE COUNTY HERALD, Alabama, 12 Décembre 1990.

Ce texte, le vécu d'un couple de dentistes piégés dans un "séminaire de management" réservé aux professions gagnant bien leur vie, démontre à quelles extrémités peut en arriver la secte pour faire le plein en dollars.

Mon expérience ressemble davantage à ce qu'ont les Rowes (autre couple piégé). Il nous semble avoir été violés.

Nous nous sentons tellement envahis, nous disons que nous ne pouvons vraiment pas croire que ceci nous soit arrivé un jour. C'est en ces termes que Dee Rowe, épouse du Dr Glover Rowe, chirurgien dentiste local, a décrit leur vécu d'un soi-disant "séminaire de management" en Californie.

Le Docteur Glover Rowe et Mme Rowe disent avoir été maintenus contre leur gré dans
une secte religieuse et forcés de subir des tentatives de lavage de cerveau.

Madame Rowe a identifié l'organisation responsable de ces tentatives d'escroquerie à l'égard de médecins, dentistes, vétérinaires et autres membres de professions de santé: il s'agit d'une affaire installée à Glendale, Californie, s'occupant de séminaires de management.

"Ils font la pub pour des cours de gestion valant 15'000 $ pour sept jours." En général, ils prennent un dentiste de votre coin, et écrivent une "lettre de satisfaction" sur lui. Ce dentiste touche 10 % de commission si vous prenez ces cours.

Nous sommes allés en Californie pour ce séminaire de sept jours, dit Madame Rowe; ces gens pratiquent une forme de contrôle mental; je me remémore maintenant certaines des choses que j'ai faites: ils ont eu énormément d'impact sur moi. Le Dr Rowe est devenu différent, dit-elle, ils l'ont rencontré à plusieurs reprises; ils ont obtenu nos cartes de crédit pour payer d'autres cours de base, des cours censés améliorer l'existence.

Le premier séminaire auquel les Rowe ont assisté se tint du 18 au 25 Octobre à Glendale, Californie, le second, à Orange County, du 15 au 22 Novembre. J'ai alors demandé à Glover de ne pas signer n'importe quoi, mais il m'a répondu qu'il avait déjà signé et qu'il pensait avoir bien fait.

Selon Priscilla Coates, de CAN (réseau anti-sectes américain, qui depuis appartient à la secte à la suite d'une embrouille sciento, ndt), ces gens sont tellement forts dans le domaine du contrôle mental qu'ils n'ont pas besoin d'user de médicaments ou autre dispositif d'altération du mental. "Vous pouvez voir des gens se trimballer avec cet air fixe", dit Madame Rowe.

Les Rowe sont revenus en Californie quelques temps après pour entreprendre leurs autres cours, valant 2500 et 5'000 dollars. "J'ai découvert qu'ils avaient fait faire des tests de personnalité, et qu'ils lui faisaient passer une nouvelle version de notre mariage; ils disaient que nous aurions des tas d'ennuis si nous ne prenions pas ces cours, que nous divorcerions dans l'année, que je violerai les enfants."

Lors du second voyage, Mme Rowe dit s'être sentie mal les trois premiers jours, mais n'avoir pu mettre le doigt sur ce qui la dérangeait. Ce n'est que le troisième soir que les choses ont commencé à se préciser. "Ils ont posé le téléphone devant moi, et m'ont dit d'appeler toute ma famille, et de leur dire que j'étais membre de l'église de scientologie; j'ai refusé" - alors, ils m'ont dit, "Tu vois, Dee, maintenant, il faut vraiment que tu le fasses, et ils ont ajouté que je ne pourrais pas partir tant que je n'aurais pas téléphoné."

Après avoir discuté deux heures durant, Mme Rowe les a convaincus de la laisser partir, disant qu'elle appellerait sa famille depuis l'hotel. Quand j'ai commencé à me plaindre de ce qui s'était passé auprès de Glover, il m'a répondu "Tu ne comprends pas, parce que tu n'as pas passé par la Faculté Dentaire: tu es bien forcée de faire ce qu'ils te disent si tu veux avoir ton examen"; alors, je me suis rendue compte que c'est ainsi qu'on éduquait les membres du médical.

Le lendemain, Madame Rowe a dit qu'elle avait appelé sa famille, mais qu'elle n'en était pas satisfaite. Ils ont alors demandé au Docteur Rowe si elle l'avait fait. "Toute la nuit, j'ai pleuré dans la chambre, dit Madame Rowe, ils nous ont renvoyé de bonne heure à l'hôtel; le lendemain, j'ai tout de suite commencé par me plaindre, je disais que tous ces gens essayaient de nous contrôler.

On sépara alors le Dr de Madame Rowe, qu'on emmena dans une pièce, contre un mur; "Là, pendant sept heures d'affilée, un type m'a maniée physiquement, en essayant de me laver le cerveau", dit-elle 'Je le suppliais de me laisser partir, mais il ne cessait de répondre 'Tu vois bien que tu ne peux pas, Dee; il essayait de me faire confesser des crimes; il a commencé par me raconter des histoires de sexe, il me faisait raconter tous les péchés que j'avais commis; il insistait pour que j'écrive tout ce que j'avais fait de néfaste: rien de ce que je leur mettais ne leur suffisait: ce n'était pas assez ! Ils ont essayé de me faire dire des crimes que d'autres gens avaient commis. J'ai ensuite appris que c'était à des fins de chantage."

Cela durait depuis sept heures déjà; Madame Rowe a alors décidé que le mieux à faire était de jouer leur jeu.

"IL ESSAYAIT DE ME CONTROLER", dit-elle; j'ai arrêté de pleurer, je me suis essuyé les yeux, il continuait à me demander des histoires de sexe, alors, je lui en ai mis plein la figure: il a eu l'air content, vraiment. Il m'a dit "Okay, Dee, maintenant que tu es calme, on va voir ce qu'on peut faire de toi. Madame Rowe a alors ouvert la porte, a couru vers la route en criant à l'aide.

Il est resté là à me regarder, a dit Madame Rowe, c'était juste une route nationale, avec un trottoir, j'ai fini par arriver à un croisement. Un type a sauté d'une voiture et a commencé à me courir après: j'étais à un ou deux kilomètres de là, il a tourné, a sauté dans sa voiture quand j'ai commencé à crier.

Madame Rowe, arrivée au croisement, a essayé de rester hors de leur vue; le soleil se couchait; elle a trouvé un restaurant d'où elle a appelé "Gary, je suis dans de beaux draps! ce truc dans lequel nous sommes, c'est une secte!

Gary venait tout juste de commencer à travailler à l'hôtel, et Madame Rowe croyait pouvoir lui faire confiance. "Dee, ces gens demandent que vous reveniez à l'hotel". - Madame Rowe s'est alors aperçue qu'il travaillait pour eux et a refusé de monter dans sa voiture lorsqu'il est passé pour le prendre.

Elle a ensuite appelé Barbra, qui s'occupait de ses enfants à l'hôtel - Barbra étant la collaboratrice du Dr Rowe. "Dee, ils demandent où vous êtes!". Dee s'est arrangée pour rencontrer Barbra avec les enfants, au restaurant proche de l'hôtel, avant d'appeler la police. Mais deux personnes l'attendaient déjà et l'ont poursuivie dans le restaurant, elle a commencé à crier "Appellez la police, appelez la police!", et a pris un taxi pour se rapprocher d'une zône plus fréquentée.

La police avait dit à Madame Rowe d'aller vers une zône fréquentée, parce que les types de la secte la suivraient chez elle. Ils sont partis  vers Irvine, en Californie. "On s'est inscrites à l'hôtel sous un faux nom" - "nous n'avons pu dormir de la nuit." Elle a alors pris contact avec Priscilla Coates du CAN, qui a appelé le Docteur Rowe à 5 heures et demie du matin "Ils lui ont passé la communication parce qu'elle a l'accent Californien..." puis ils ont dit à Glover que que "les gens du CAN nous avaient kidnappées et qu'ils demandaient une rançon !"

Madame Coates a demandé au Docteur:"Est-ce que vous avez l'intention de rester en Scientologie?" et il a répondu "Oui". Ils étaient constamment sur son dos. Glover ne pouvait même pas aller seul aux toilettes. Barbra, le bébé et moi, nous sommes parties, escortées par la police jusque chez nous. Nous avions très peur, c'était le jour de Thanksgiving.

Madame Rowe a su, par le CAN, que le Dr Rowe était probablement sous contrôle de la secte et qu'il n'y avait pas grand espoir de le récupérer.

Vendredi, j'ai décidé de l'appeller pour voir si ça allait. J'ai déguisé ma voix, Glover a répondu; je lui ai demandé s'il était seul, il m'a dit que non. J'ai dit "Est-ce que tu es retenu contre ton gré?" Il m'a dit "Oui". J'ai dit "Si tu peux m'appeler d'ailleurs, fais-le, vas dans un endroit fréquenté et commence à hurler, je vais appeler la police pour qu'ils viennent te chercher." Le type de la sciento a commencé à dire à Glover qu'il ne jouait pas le jeu avec eux, il a dit qu'il était de son côté; après  avoir raccroché, Glover a dit que c'était moi qui appelait."

Le gars a dit "Je crois que je vais y aller - si tu prends le bus pour le centre de dianétique, je te donnerai ton ticket d'avion pour rentrer chez toi." Le Dr Rowe est alors sorti, il est entré dans un centre commercial, a rappelé sa femme et a pris un taxi. Il m'a appelée et m'a dit que j'avais une heure pour prendre mon avion, a dit Madame Rowe.

Ils n'en avaient pas encore fini: une femme scientologue est venue à l'aéroport parler au Dr Rowe : l'employée de l'aéroport se souvient de nous, dit Mr Rowe. "Elle m'a demandé si j'avais des problèmes et a appelé les services de sécurité de l'aéroport pour que je puisse prendre l'avion."

Quand les Rowe sont arrivés , ils ont été pris en charge par deux officiers de police, par le frère du Dr Rowe, par un doyen de son église et le psychologue Craig Branch qui assiste les gens à la sortie des sectes. Un homme s'est approché du frère de Glover pour dire qu'il s'en occupait; il lui a dit "Maintenant que nous sommes là, vous pouvez repartir."

Madame Rowe dit qu'ils vont porter plainte contre la scientologie et la société Sterling. Elle dit que sa mission sera de dénoncer ces gens: "Je ne veux plus les voir tourner autour de notre profession; l'escroquerie est tellement habile... la plupart des gens ne comprennent pas, ils croient vraiment tout ce qu'on leur raconte."

Au cours de leurs recherches, les Rowe se sont rendu compte que leur expérience était loin d'être unique. Mme Rowe indique que la Police n'avait même pas été surprise du comportement de la secte. Le CAN a publié, en Mars 1990, l'histoire du Dr Robert Geary, dentiste de l'Ohio qui a payé 200'000 dollars à Sterling Management, et qui dit que ça lui a presque coûté son travail; qu'en outre, sa femme a été très perturbée mentalement.

D'après l'article du CAN, on a dit à Madame Geary qu'elle avait besoin de "devenir claire" [un de buts présentés comme enviables par la secte], et on l'a maintenue en captivité deux semaines d'affilée dans une cabane "pour qu'elle corrige son comportement qui pouvait faire du tort à l'organisation". Madame Geary y fut privée de nourriture et de repos, jetée contre les murs ou sur le lit, lorsqu'elle essayait de fuir.

Dans l'article, le Dr Geary signale "Dites aux gens qui reçoivent des brochures de la scientologie ou de Sterling de les balancer à la poubelle".

Depuis trois décennies, la scientologie est guidée par l'écrivain de science-fiction Hubbard, Lafayette Ronald, mort à 74 ans. Selon le magazine Fortune, l'église de scientologie est une secte en pleine expansion qui croit détenir des remèdes simples contre le cholestérol, les maladies consécutives aux rayonnements nuisibles, la baisse de productivité, et 'contre tout ce qui va mal dans la société."

Dans une lettre ouverte aux lecteurs, l'éditeur Lyle Stuart du New York Times cite les paroles d'un ancien recruteur de la secte "Notre boulot, en scientologie, c'était de tirer jusqu'au dernier sou d'une personne. On les convainquait que la planète n'était qu'une étape vers la possession de l'univers. " D'après la lettre de Stuart, le but de la scientologie est de faire une moyenne de 80'000 $ par client, qu'on se fait payer à raison de 20 à 30'000 dollars par an. Les scientologues demandent parfois aux clients de signer un accord portant sur un milliard d'années.

Les Scientologues recherchent les jeunes dans la tranche 18-25 ans, dit Stuart.

Mme Rowe s'est rappelé d'une autre chose bizarre après l'épreuve. "Quand on est partis de là, ils ont appelé la "Crystal Cathedral". Quand nous sommes venus chez Sterling, la première fois, j'avais le livre de Robert Schuler "Les Temps Durs ne durent pas, mais les Gens Durs, si.". Je me suis souvenue l'avoir lue souvent le soir à Glover, quand nous étions à l'hotel, mais je n'en ai jamais parlé: ils ont dû mettre un micro dans la pièce, puisqu'ils le savaient."

Les Rowe n'oublieront jamais leur séjour de cauchemar à Parkcourt Hotel à Orange City, Californie. Désormais, il leur semble indispensable d'avertir les autres.

Une scientologue a appelé le cabinet quand nous sommes rentrés, elle a demandé comment ça allait. Je lui ai répondu "Pas vraiment bien. Nous sommes allés à Orange et on nous a retenus contre notre volonté. Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec la scientologie, ni avec aucune secte."

Le Dr et Madame Rowe sont ainsi en campagne "pour se débarrasser de ces gens". "Je suis carrément parano, dit Madame Rowe, comme ma baby-sitter - on se méfie, pour le bébé, on a peur d'étre à nouveau victimes..."

Les Rowe, bien que l'affaire leur ait coûté 23'000 dollars, sont contents de la fin heureuse: "je crois que le Dieu des Enfants se promène avec une armure", dit Madame Rowe; "On nous a dit que c'était un miracle qu'ils n'aient pas réussi à nous contrôler mentalement. J'en rends grâce à Dieu qui nous a protégés; je crois qu'il y a une cause à tout, et qu'il est maintenant de notre devoir d'informer les gens. Dieu sait bien que je ne pourrai plus me taire du tout !"

 

 

«Ron Hubbard, le gourou démasqué» de Russell Miller
 
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«The Bare-Faced Messiah» by Russell Miller pdf - 394 pages - English
 
Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de l'église de scientologie.
On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice.
Il est disponible en format pdf ou html. Nous avons également publié une version résumée.
 

Exposing Scientology through streaming video

                             

Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent.

 

Témoignage de
Jean-Luc Barbier
 
                                           
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