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La scientologie avance masquée Des témoignages de personnes abusées par la psychiatrie sont recherchés par une Commission scientologue des Droits de l'homme basée à Lausanne (Tribune de Genève - 14 mai 1995) Narconon et le CCDH: Comment une secte a pris de l'ampleur grâce à ses mensonges par L. J. West, médecin psychiatre américain (The Southern California Psychiatrist - Octobre 1991) La Scientologie et ses groupes de façade par le docteur L. J. West, médecin psychiatre (The Southern California Psychiatrist - Octobre 1991) Une expérience lamentable: un séminaire scientologue de management (Cherokee County Herald, Alabama - 12 Déc 1990) |
L'Eglise de scientologie se profile derrière des annonces Des témoignages de personnes abusées par la psychiatrie sont recherchés en Suisse romande. Ils sont demandés par une Commission basée à Lausanne, dont les membres appartiennent à l'Église.
Tout commence comme un fait divers, par une petite annonce parue à plusieurs reprises dans les colonnes de notre supplément Léman Express : «Avez-vous été abusé sexuellement par votre psychiatre» ? D'autres annonces du même genre, invitant celles et ceux qui auraient subi des traitements aux électrochocs à témoigner paraissent également régulièrement. Suivent à chaque fois un numéro de téléphone et cette précision réconfortante «traité confidentiellement». Renseignement pris, ces appels émanent de la section vaudoise de la Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH) officiellement accréditée auprès de l'ONU... derrière laquelle se profile une autre organisation plus familière au public romand : l'Église de scientologie. Sollicitée par téléphone pour un rendez-vous, la présidente de la Commission Laurence Walter, vétérinaire installée au Mont-sur-Lausanne, n'apparaît en rien comme une ésotériste illuminée. En dépit de la présence d'unee bonne dizaines d'ouvrages (de l'inévitable Dianétique à divers essais du célèbre fondateur américain de la scientologie Ron Hubbard) qui cotoient d'autres traités de médecine plus orthodoxes, son cabinet ressemble à celui de n'importe quel vétérinaire. Et c'est bien volontiers qu'elle reçoit la presse, dont elle espère qu'elle contribuera à faire connaître sa noble croisade contre le corps médical. «Il faut que vous sachiez que l'Église de scientologie est en guerre ouverte contre la psychiatrie. Celle-ci prétend détenir le monopole de la santé mentale. Il faut que cela cesse». Et la dynamique présidente d'évoquer un récent bestseller démontrant que, derrière la brillante carrière d'un certain Adolf Hitler, se dissimulaient là encore de méchants psychiatres. Mais attention, Laurence Walter y insiste, «pas question de faire le moindre amalgame avec l'Église de scientologie. Même si nos buts sont identiques - dénoncer les «crimes psychiatriques», nous agissons de manière totalement indépendante». Au demeurant, souligne-t-elle, nous sommes une association à but non lucratif. La section vaudoise de la CCDH est constituée d'une trentaine de cotisants dont la majorité sont membres par ailleurs de l'Église de scientologie. En fonction des témoignages apportés, ils examinent l'opportunité d'une démarche juridique ou d'une protestation auprès des instances médicales. «Rien de plus, précise Laurence Walter. Jamais nous n'évoquons la Scientologie lors de nos entretiens, du moins pas lors des premiers». Depuis la publication des plus récentes, annonces, relatives aux abus sexuels par des psychiatres, une quinzaine de témoignages ont été recueillis par la CCDH. Pour l'heure, regrette Laurence Walter, aucun n'est vraiment suffi- samment fort pour que nous entamionsquelque démarche. Mais elle ne désespère pas. La récente affaire autour d'un psychiatre installé à Zurich, le Dr Pinter, arrêté pour avoir publié un ouvrage prônant les relations sexuelles avec les patients, apportera probablement de l'eau à son moulin. C'est d'ailleurs cette affaire qui lui a donné l'idée ainsi qu'à ses condisciples de miser désormais sur les abus sexuels: «nous travaillons d'abord en distribuant des papillons dans les boîtes aux lettres parce que les journaux refusaient de publier nos annonces. Puis nous sommes parvenus à procéder par voie d'annonces, mais même les électrochocs ne nous apportaient pas beaucoup de témoignages». Chiffres vertigineux Un optimisme qui va chercher loin : aux États-Unis et en Europe. Laurence Walter se plaît à rapporter que sa Commission a été créée à Los Angeles en 1969, soutenue dès l'origine par la Scientologie: «Grâce à son intervention, 64 hôpitaux ont été fermés dans le monde, 98 psychiatres emprisonnés, 139 condamnés, 38 descentes dans des établissements médicaux effectuées. Au total, 795 millions de dollars de dédommagement ont été payés par les psychiatres ou les hôpitaux aux patients lésés». Des chiffres à vous donner le vertige, auxquels s'ajoute celui d'une trentaine de lois «favorisant des abus» qui, toujours selon notre interlocutrice, auraient été modifiées par la Commission des citoyens pour les droits de l'homme. En Suisse, plusieurs sections de la Commission des citoyens pour les droits de l'homme déploient leurs activités, dont les bases sont ancrées à Zurich et au Tessin. Mauvais traitements Interrogé par notre confrère 24 Heures, le Dr Jean Martin, médecin cantonal vaudois, connaît la CCDH. Elle lui envoie parfois des dossiers de témoignages. «Je respecte les vives préoccupations de ses membres pour défen- dre les droits de l'homme, commente-t-il. Mais je pense que la situation des patients en psychiatrie est satis- faisante. En dix-neuf ans de pratique, je n'ai quasiment jamais constaté de situation critiquable. Le travail de cette commission n'est donc pas nécessaire». Ce qui motive Laurence Walter dans son combat contre les satans en blouse blanche ? Un passé de fille de médecin traumatisée à l'âge de quatre ans à la clinique genevoise de Bel-Air - où travaillait et habitait son père. Puis son activité en tant qu'aide-infirmière dans la même institution pendant un mois voici quelques années. Son album de souvenirs mental est une longue suite de visions de mauvais traitements. Dont elle n'est parvenue à se sortir, affirme-t-elle, que grâce l'Église de scientologie dont elle est membre depuis treize ans. Serge Bimpage
(1) Titre ajouté par anti-scientologie Surprenante association au main de la scientologie: LE CCDH "La Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme" (24 Heures - avril 1995) |
Une secte qui a pris de l'ampleur grâce à ses mensonges par le Dr L. J. WestUn article publié à l'origine dans "The Southern California Psychiatrist," May 1991, pp. 6-13. Le CCHR (Commission des citoyens pour les Droits de l'Homme) et Narconon"Lors d'un article précédent paru dans le SCPS de Juillet, j'avais fourni quelques données historiques sur la scien- tologie. Cette secte guérisseuse pseudo-scientifique formée dans les années 50 a réussi à prendre de l'ampleur grâce à des mensonges extravagants et à l'usage systématique de tromperie, devenant ainsi une entreprise internationale et milliar- daire. La scientologie diffame régulièrement ses critiques (moi par exemple) via son magazine privé "Freedom" (en France, Ethique et Liberté), tandis qu'elle encense ses amis, comme Thomas Szasz. Elle dirige des opérations secrètes sophistiquées et des campagnes de désinformation, soit directement, soit par le biais d'organisations de façades comme le CCDH / CCHR (comité des citoyens pour les droits de l'homme); le but essentiel est de s'en prendre à la psychiatrie, en particulier dans ses aspects biologiques, et de harrasser, décourager et intimider les organisations privées et les critiques individuels qu'elle catalogue parmi les "ennemis". L'office central du CCHR fut établi à Los Angeles dès 1969; plusieurs autres sont répartis sur le territoire ainsi qu'à l'étranger. Le CCHR se cache souvent derrière les actions légales ou personnelles entreprises contre des membres de l'APA (association psychologique américaine) ainsi que contre les spécialistes dans leur ensemble. Les tentatives - parfois réussies - pour discréditer la psychiatrie sont exposées dans des publications comme "le Bulletin des abus psychiatriques" et "Mise au point sur la psychiatrie" [USA] . Ces efforts comprennent nombre de poursuites en justice contre des médecins accusés de négligence lors de prescription de Ritalin (méthylphénidate) à des enfants qui, disent ces publications, souffrent d'effets secondaires tels que: comportement aggressif et violent, retard de croissance, hallucination, dépression suicidaire, céphalées et spasmes nerveux. On notera que les deux sociétés fabricant ce produit (Ciba Geigy de Summit, New Jersey, et M.D. Pharmaceuticals de Santa Anna, California) ne sont pas défenderesses dans ces affaires judiciaires. Le président du CCHR est Dennis Clarke: il n'est ni scientifique, ni praticien, mais on le cite néanmoins souvent comme s'il s'agissait d'un "expert" en matière de Ritalin. Le CCHR appuie aussi les tentatives récentes destinées à expulser la fluoxétine (Prozac) du marché; ils ont fait campagne de mailing auprès de nombre de sénateurs ou députés américains et aident la "défense Prozac" - il s'agit là de gens incri- minant à leur usage du Prozac des crises de violence. Des tactiques similaires stigmatisent les électrochocs (ECT), et ont eu des effets: ils ont ainsi réussi à pousser les membres de la FDA à reconsidérer le classement des appareils d'ECT, qui ont été placés en classe 3 au lieu de Classe 2. La classe 3 correspond aux outils présentant des risques considérables, exigeant donc des autorisations de mise sur le marché, comme par exemple les valves cardiaques artificielles, tandis que la Classe 2 correspond aux appareils fiables du genre radiologie). Le CCHR a par ailleurs soutenu les statuts actuels californiens, opposés à l'ECT, lesquels ont imposé des restrictions rigides à son usage, ce qui eut pour effet de nombreux cas de patients continuant inutilement à souffrir du fait que le traitement indispensable leur était refusé. Il existe aussi un petit groupe de patients soumis à l'ECT, et leurs familles, qui rendent grâce au traîtement et ont constitué une association tentant de faire annuler ces nouveaux statuts, en raison du droit constitutionnel: c'est le procès Doe contre O'Connor. Le CCHR remue fréquemment du monde, Clarke en tête, pour protester contre l'ECT, le Ritalin le Prozac et la psychiatrie en général, lors des congrès annuels de l'APA. Lors de ces manifs, les scientologues, accom- pagnés parfois de patients déçus recrutés pour l'occasion, manifestent avec panneaux, banderoles et tracts dénonçant la psychiatrie, allant jusqu'à interrompre les réunions lorsqu'ils parviennent à se faire admettre à l'intérieur. Ils portent parfois des tee-shirts annonçant "LA PSYCHIATRIE TUE". Des avions tirant des bande- roles ornées du même slogan peuvent survoler la foule. Ils tiennent aussi ce genre de démonstration devant certains établissements, comme l'hopital neuro-psychiatrique de l'UCLA. On y aperçoit souvent les médias régionaux, invités qu'ils sont par les organisateurs du spectacle. Un autre groupe de façade influençant la psychiatrie est Narconon, entreprise internationale prétendant réhabiliter les drogués, mais servant essentiellement de programme de recrutement pour la secte. Narconon a vu le jour vers la fin des années 60: Williiam C. Benitez l'a fondé lorsqu'il était encore écroué à la prison d'état d'Arizona. Il dit avoir basé son programme sur les écrits hubbardiens. Lorsque les autorités carcérales l'auto. risèrent à le pratiquer sur certains détenus, Benitez contacta Hubbard qui y vit un moyen d'augmenter les revenus scientologues, ainsi qu'une façon de faire pénétrer la scientologie dans d'autres prisons ou dans le public. C'est peu après que Narconon prenait tournure organisée - en 70 - sous la direction de Benitez et de deux cadres supérieurs scientologues, Arthur J. Maren et Henning Heldt. Le QG central est actuellement à Los-Angeles, avec des antennes un peu partout aux USA et ailleurs. Certaines ont été fermées en Italie et Espagne, par exemple, leurs employés étant poursuivis pour incurie médicale, escroquerie, conspiration dans le but d'extorsion et détention illégale. L'Amérique du Nord n'en est pas arrivée là. Les cinq étapes du programme comprennent le sevrage, la désintoxication, la sudation en sauna, un cours de communi- cation et des cours de traîtement "pour améliorer l'étude" "acquérir un contrôle sur la vie" et "vivre une vie éthique": il s'agit des mêmes cours compilés d'après des oeuvres d'Hubbard, que ceux enseignés dans les missions et organisations scientologiques. Chaque cours est en fait une succession d'auditions dianétiques supposées débarrasser l'individu de ses attitudes, émotions et comportements indésirables: ils mènent en général la personne à signer des contrats payants pour des cours "plus avancés" qui impliqueront plus complètement la personne en scientologie. Comme l'expliquait l'article de juillet dernier, l'audition dianétique offre une série d'étapes de cours censés théra- peutiques, à base de l'amalgame psycho-science-fictif hubbardien, sur fond de psychologie populaire, d'hypnose et de cybernétique. Les auditeurs y reçoivent des cours techniques. Cela fonctionne selon un schéma pyramidal, les gens du dessus auditant ceux d'en dessous et ainsi de suite. Ces cours Narconon sont, comme tous ceux du début en scientologie, une introduction en scientologie: c'est le niveau inférieur de la pyramide. Jerry Whitfield, ex-cadre de Narconon à El Paso, explique comment on le pressait d'expédier ses recrues sur le "PONT" de progression scientologique - ce pont est un ensemble de procédés regroupés sur un grand diagramme; il expliquait aussi comment on exigeait de lui des statistiques hebdomadaires décomptant les recrues. Celles-ci sont leurrées par de vaines promesses de progression lors de séries de cours: elles espèrent alors pouvoir se débarrasser définitivement d'émotions désagréables ou de souffrances de l'existence, voire des effets des radiations thermonucléaires, etc, etc. La procédure de désintoxication scientologique, la "méthode Hubbard" de Narconon, c'est la "Procédure de Purifi- cation" ou "Cure de Purification" (Purif). Elle est censée déloger les toxines et drogues situées dans les tissus graisseux, au moyen d'une série rigoureuse d'exercices physiques et de sauna (jusqu'à 5 heures quotidiennes, sept jours sur sept, plus de trente jours d'affilée parfois). Les risques de déshydratation sont évidents. On sait qu'il y a eu au minimum un décès dans le purif. La base rationalisée indiquant que la sudation ferait sauter les toxines ne s'appuie sur aucune étude scientifique. La plupart des excès de médicaments ressort immédiatement du corps par excrétion, par l'action du foie, des reins, voire des poumons. On peut certes trouver des quatités infimes de toxines dans la sueur, mais le pourcentage par rapport au reste est si faible que l'usage intensif de sudation, de sauna et d'exercice n'augmentera pas de façon significative la détoxification. Les scientologues publicisent néanmoins cette méthode de manière aggressive auprès des employeurs publics et privés dont les collaborateurs pourraient être exposés à des manipulations toxiques dans leur travail. Narconon tente désormais d'obtenir une licence définitive pour une institution proche de Newkirk, Oklahoma. Il s'agit du second centre en internat des USA, les autres pratiquant en externat. L'église de scientologie reprit en 1989, avec bail de 25 ans, l'école indienne de Chilocco jusque là partagée entre cinq tribus. Lors d'une cérémonie préconvenue, les résidents furent très impressionnés par un "mécène" - ABLE - présentant un chèque de 200 000 dollars à Narconon. Mais ABLE (association for a better living and education) n' est qu'une autre façade sciento- logue, partageant les locaux mêmes de Narconon à Los Angeles. Les officiels de Narconon Chilocco ont vigoureu- sement nié tout lien avec la scientologie, après que les résidents du Comté de Chilocco eurent protesté vivement contre tout accord de licence à Chilocco. Les vendeurs de Narconon sollicitent constamment les professionnels de la santé en tout genre, ainsi que les campus universitaires. Du fait de son titre sur mesure, Narconon est souvent confondue avec NA (Narcotiques Anonymes), groupe d'assistance méritoire similaire à AA (Alcooliques anonymes). La façon dont Narconon s'y prend pour acquérir une appa- rence de respectabilité est typique des méthodes sectaires. D'autres, comme les Moonistes (l'église de l'unification), l'église universelle et triomphante ou d'autres entreprises aux poches bien pleines, emploient ainsi des experts en relations publiques et des cabinets de ténors du barreau: ils ne sont déjà que trop près d'avoir acquis la légitimité qu'ils désirent tant.
La Scientologie et ses groupes de façade par L. J. West, médecin psychiatre américain Article publié par "The Southern California Psychiatrist" Des sanctions légales seront de plus en plus souvent prises par les tribunaux Dans les précédents articles consacrés à la scientologie dans ces colonnes, je décrivais comment elle s'y prend pour accéder à une apparence de respectabilité et attirer de nouveaux membres, et pour discréditer ses critiques. Voici la suite de l'histoire, où nous intéresserons surtout aux groupes de façade de la secte dont le but est d'améliorer la crédibilité publique et de créer de nouvelles portes d'entrée génératrices de chiffre d'affaires. Hubbard croyait que les célébrités pourraient servir à promouvoir la scientologie. Il s'est donc particulièrement efforcé de recruter des gens viables et ayant réussi. La scientologie essaya vainement de recruter des célébrités comme Marlène Dietrich, Ernest Hemingway, Greta Garbo et Howard Hugues, dans les années 50. John Travolta ou le footballeur John Brodie la créditèrent finalement de leur réussite, au cours des années 70. Puis d'autres stars comme Tom Cruise et Kirstie Alley. Il existe un réseau de "Centres des Célébrités" qui recrute dans ces milieux; le plus fameux d'entre eux est le Hollywood's Celebrity Centre International, logé dans l'ancien hotel Manor, énorme maison kitsch des années 20. L'un des derniers développements de la secte est son hypothétique procédure de désintoxication, la "cure de purification" ou "purif". On l'utilise dans la secte conjointement à des "auditions" dianétiques - sorte de procédures psychothéra- peutiques à but d'amélioration individuelle. Chez Narconon, on l'appelle la "méthode Hubbard". Elle sert à déloger les toxines qui seraient à l'intérieur des tissus graisseux, grâce à un ensemble d'exercices physiques, de sauna, de forts dosages de vitamines - absorbé selon une progression rapide. Aucune base scientifique aux prétentions de cette cure. J'avais souligné lors de précédents articles les effets néfastes que peuvent causer des séances prolongées de sauna et de prise excessive de vitamines. L'organisation scientologue de façade dénommée "FASE" (The foundation for advancement of science and education) sponsorise pourtant des "études scientifiques" (dont l'essentiel est mené sous la baguette de scientologues ou d'officiers de cette fondation) sur la méthode Hubbard: on peut s'attendre aux résultats préconçus. L'un des bénéficiaires de FASE se trouve être la Clinique HealthMed, également gérée par des scientologues, et administrant le traîtement Hubbard dans ses locaux de Los Angeles et Sacramento. Grâce à ces recherches sponsorisées par FASE afin de légitimer le traîtement, HealthMed parvient à attirer de nouveaux clients , donc à payer d'autres "études" qui engendreront davantage de chiffre d'affaire et permettront de pousser d'autres gens en scientologie. On trouve bien d'autres façades scientologiques utilisées pour parfaire la pénétration de la société, même au sein des professions scientifiques ou de santé. La branche scientologue connue sous le nom de WISE (world institute of sciento- logy enterprises) sert ainsi de "consultant en management" à divers professionnels. On leur inculque les "plans de management Hubbard" et on en profite aussi pour recruter de nouveaux membres. Cela commence par la distribution de tests de personnalité - qui découvriront inévitablement des défauts personnels capitaux - aux cadres et au personnel des entreprises; pui on les encourage à acheter des cours scientologiques progressivement de plus en plus coûteux, supposés corriger les défauts soulignés par ces tests. Deux entreprises de ce type opèrent dans la région de Los Angeles : la première , "l'Advisory", est à Burbank. Son patron est Arthur J. Maren: il est aussi l'un des trois signataires de la charte fondant Narconon. Cette affaire sollicite des médecins par des mailings, leurs adresses ayant été préalablement achetées à l'asso- ciation médicale de Los Angeles. L'autre affaire, beaucoup plus importante, c'est Sterling Mangament Systems. Elle cible les dentistes et spécialistes du domaine médical, ainsi que les vétérinaires et autres. Son QG est à Glendale, mais elle est d'ampleur nationale du fait qu'elle vend des séminaires attirants grâce à de luxueuses brochures. Elle s'étend vite. Le journal des affaires de LA la citait parmi les 35 meilleures expansions du comté de LA. Sterling distribue des matériaux promotionnels aux praticiens, par exemple "To-days professional, le journal de management pour une Pratique qui marche", dont une partie du contenu est hubbardien. Sterling fut fondée en 83 par Gregory K. Hugues, dentiste de Vacaville, Californie. Il se présente à ses propres séminaires des "Dentistes qui réussissent" comme une preuve vivante de la valeur des méthodes hubbardiennes. Il ne parle pas des poursuites en justice que d'anciens patients ou ses associés lui ont intentées pour incurie professionnelle ou négligence, ni du fait qu'il ait été sous enquète du Conseil de l'ordre des dentistes en Californie. Sterling commence en offrant un séminaire d'introduction de trois heures aux membres des professions médicales. Les participants reçoivent alors les conseils de base de management et sont vivement encouragés à signer de suite (accompagnés de leur époux ou épouse) un supplément de 12 ou 14'000 dollars d'audition scientologique délivré en Californie. Il s'agit de séances quotidiennes de douze heures, durant lesquelles le cours de communication de base de la sciento est délivré, ainsi que d'une série de cours optionnels. Les clients sont poussés à aborder les problèmes de leur vie intime. L'information privée alors recueillie a été ensuite utilisée pour faire payer d'autres sommes aux clients. On les persuade à prendre les cours dianétique (le moins cher coûtant 3000 dollars) pour corriger leurs problèmes - révélés par le test de personnalité ; on les pousse à acheter des livres scientologiques, des textes divers de romans d'Hubbard (décomptés 2000 dollars), un système de rendez-vous à 800 dollars, ou d'autres services. Les cours en supplément coûtent 5 à 18'000 dollars l'un, les livres, plusieurs centaines de dollars. Voici un cas réel. Le Dr et Mme Robert Geary, un dentiste de l'Ohio et son épouse, disent qu'en cinq mois, ils ont versé 200'000 dollars à la scientologie, en 1988. Sous la pression constante du programme Sterling, le couple s'avéra incapable de ne pas signer les chèques qu'on lui demandait. Lorsque le Dr Geary voulut partir, les scientologues kidnappèrent son épouse et la maintinrent à l'écart deux semaines durant: elle était censée devenir "claire" par leurs soins. Lorsque les scientologues refusèrent de dire au Dr Geary où se trouvait son épouse et ce qu'elle faisait, il contacta l'avocat de la famille, qui eût tôt fait d'alerter le FBI en Ohio et en Californie. Mme Geary put rentrer chez elle peu après, mais "dans un état émotionnel et physique catastrophique". Les Geary avertissent depuis lors tous les professionnels des risques de Sterling Management et de la scientologie. D'autres victimes traumatisées commencent aussi à exposer leurs expériences malheureuses et le prix qu'il leur en a coûté. Récemment, l'intérêt soulevé par la scientologie s'est accru en raison d'articles de fond parus dans le Times du 6 mai 1991 et dans d'autres périodiques comme le California Magazine de Juin 1991. La secte réagit en augmentant de beaucoup ses dépenses de relations publiques et ses publicités, passant par exemple de pleines pages dans USA TODAY, et des annonces télévisées. Etant psychiatre ayant étudié les pratiques des sectes totalitaires depuis des années, ayant souvent observé les torts causés aux adeptes et à leurs familles, je continue à observer les activités de l'église de scientologie desti- nées à recruter de nouveaux membres, ou faire taire les critiques, acquérir une influence politique et économique par le mensonge délibéré, la désinformation, le secret, le harrassement, ou en déviant les flèches. Il me semble qu'il devrait exister des moyens et remèdes sociaux légaux pour venir à bout de la scientologie, en prenant appui sur des traditions de protection des consommateurs (comme cela se produit dans le domaine de la santé), ou en usant d'autres systèmes légaux destinés à obtenir redressement des dommages civils ou autres. Nos lois et codes d'éthique acceptent la vulnérabilité des gens face à la tromperie et l'intimidation. Ils admettent également le fait que les relations spécialement basées sur la confiance (confiance dont bénéficient par exemple les médecins, infirmières, psychologues, travailleurs sociaux, avocats, pasteurs etc) peuvent faire l'objet d'exploitation. Déçus et détruits par les méthodes hubbardiennes, les "consommateurs" devraient non seulement pouvoir poursuivre l'église de scientologie, mais aussi Narconon, Sterling mana- gement, et d'autres façades scientologues, lorsque des pertes et dommages ont été subis. Pour obtenir ces dommages ou recouvrer ces pertes, il est évident que les plaignants doivent en faire les preuves, ce qui exigera des enquêtes, des témoins et des procédures en justice. La preuve est néanmoins possible: ces procès devraient donc permettre l'obtention de dommages auxquels la scientologie ne pourrait échapper sous prétexte de religion. Voici dix ans, ce type de procès était fort rare. Leur nombre augmente actuellement, et certains ont réussi. Inutile de dire que les efforts de la scientologie pour discréditer les témoins experts dans ces affaires ont été gigantesques et vicieux au possible. Lors de ces procès, les torts causés par la scientologie peuvent s'estomper au fur et à mesure que les victimes et leurs familles trouvent refuge auprès des lois; il est hélas très difficile pour des gens se trouvant dans ces conditions d'engager de telles poursuites. J'espère néanmoins qu'au nom des quelques rares personnes décidées à engager ces actions, au nom de celles qui sont encore sous contrôle ou de celles qui ne sont pas encore recrutées mais encourent ce risque, des sanctions légales seront de plus en plus souvent prises par les tribunaux, avec l'aide d'experts des professions de la santé compétents en ces matières. Le progrès dépend surtout ici de l'interêt grandissant que montreront ceux qui travaillent dans les domaines de la santé mentale vis à vis de la psychopathologie et de la psychothérapie appliquées aux victimes de sectes, car ces pauvres gens et leurs familles se tournent vers nous de plus en plus fréquemment. Pr WEST, UCLA |
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| Exposing Scientology through streaming video Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent. |
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