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Alain Tanner reçoit le Léopard d'Honneur au festival du cinéma de Locarno (La Liberté - 11 août 2010) |
Alain Tanner honoré par Locarno
A 80 ans, 41 ans après son Léopard d'or, la figure tutélaire du «nouveau cinéma suisse» - souvent palmée à l'étranger - est enfin distinguée en Suisse. On peut y voir un paradoxe. Il est le cinéaste suisse vivant le plus distingué à travers le monde, objet d'innombrables rétrospectives à l'étranger, ses films sont étudiés à l'université, mais il n'a jamais encore été honoré à Locarno. A 8o ans, Alain Tanner va enfin se voir décerner un «Léopard d'honneur» (Swisscom), mardi prochain, pour l'ensemble de sa longue carrière. Petit bémol: seuls quatre de ses œuvres seront projetées. Si la distinction peut sembler tardive, c'est que Tanner et Locarno forment un vieux couple un peu compliqué. Un couple qui a connu des années de passion, puis de raison, mais aussi des divorces (avec le public). Pionnier avec Michel Soutter et Claude Coretta du «nouveau cinéma suisse», dans les années 60-70, le cinéaste genevois s'impose en 1969 déjà à Locarno (Léopard d'or) avec son premier long-métrage, le fameux Charles, mort ou vif. Un premier jet où l'auteur décrypte déjà les fissures de la société «bourgeoise». Les années 70 marqueront l'apogée de son succès public avec notamment Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000 (film projeté cette semaine). Mais la consécration populaire, à Lpcarne, intervient dans les années 1980 pour Tanner avec des soirées mémorables: Les années lumière (palmé à Cannes) illuminent la Piazza Grande en 1981, avant une autre perle rare, Dans la ville blanche (1983). Déjà, pourtant, la mutation du public locarnais commence à montrer des signes d'incompréhension vis-à-vis d'une oeuvre de plus en plus pessimiste et désabusée comme celle de Tanner. Les films suivants, qui ne seront pas tous projetés au bord du lac Majeur, seront des demi-échecs, pour ne pas dire plus. Le divorce d'avec le public de Locarno intervient en 1992. Ce mercredi-là, sous les étoiles de la Piazza, est projeté L'homme qui a perdu son ombre. Un film somptueusement lent, des travellings à la Tanner, interminables, des décors de désert filmé au sud de l'Espagne, un héros qui passe son temps à rouler à moto et à deviser avec un vieux militant révolutionnaire... C'en est trop ! A la fin du film, une véritable bronca de sifflets accueille le générique: la nouvelle génération de spectateurs, peu respectueuse des maîtres à penser, marque son divorce avec ce cinéma suisse des années 60-80. Bilan artistique Depuis, Tanner est revenu à plusieurs reprises à Locarno, participant à des débats, présentant dans des sections plus discrètes ses dernières œuvres, dont des documentaires ou des reprises. Son ultime long-métrage précisément, Paul s'en va (2004), sera à nouveau projeté cette année. Un film magnifique lié au monde du théâtre. Un vrai bilan artistique, aux multiples lectures possibles, d'un auteur qui a su s'arrêter à temps, clore son oeuvre. Un peu comme la clôture d'un monastère protège ceux qui l'habitent de l'air du temps... De Locarno, Pascal Baeriswyl, La Liberté Films projetés à Locarno:
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Alain Tanner reçoit le Léopard d'honneur: entretiens et rendez-vous Alain
Tanner était à Locarno pour recevoir un Léopard
d’honneur, qui récompense chaque année un ou plusieurs
grands cinéastes contemporains. Le réalisateur
suisse avait reçu un Léopard d’Or pour son premier
film en 1969, "Charles mort ou vif." Il a arrêté
de faire des films en 2004, avec son dernier long-métrage
"Paul s’en va". Dans
un entretien avec Laurence Mermoud, il parle de cet hommage,
de sa carrière, et aussi du cinéma d'aujourd'hui:
ici: http://tsr.blogs.com/locarno/ |