|
|
|
|
|
David Edgar Love poursuit sa lutte contre Narconon
Un ancien
patient et employé de Narconon poursuit ses démarches
pour empêcher que le centre de désintoxication
de Trois-Rivières, dont les méthodes ont été
critiquées dans le passé, n'obtienne une certification
du ministère de la Santé.
David Edgar Love était de passage à Trois-Rivières lundi afin de rencontrer un responsable de l'Agence de santé régionale. Radio-Canada a obtenu copie d'une plainte déposée par M. Edgar Love, le 8 octobre dernier, au bureau du ministre de la Santé Yves Bolduc. Le document de trois pages dénonce le centre de désintoxication Narconon, dont les liens avec l'Église de scientologie ont souvent été évoqués. Le document fait état de ces déclarations : • Quand j'étais patient, et par la suite employé, j'ai recueilli des preuves démontrant que Narconon [...] gère son centre d'une façon dangereuse pour la santé des patients; • Quand j'ai payé pour ces traitements dispendieux, je ne pouvais pas savoir que Narconon faisait de la publicité trompeuse en parlant d'un taux de réussite de 76 %; • J'étais convaincu d'adhérer à un programme de désintoxication géré par du personnel compétent et non par un groupe pseudoscientifique qui gère sans qualification. Certification obligatoire D'ici juillet prochain, Narconon devra obligatoirement déposer une demande au ministère de la Santé, car tous les centres spécialisés en toxicomanie devront de soumettre à une réglementation plus sévère. Depuis plusieurs mois, David Edgar Love multiplie donc les démarches pour éviter que Narconon obtienne cette certification. La semaine dernière, il s'est d'ailleurs rendu à Ottawa afin de sensibiliser la sénatrice Céline Hervieux-Payette. Le centre de désintoxication devra démontrer que son modèle d'intervention est éprouvé et, s'il le faut, indiquer clairement toute forme d'allégeance religieuse. Selon l'Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Narconon n'a toujours pas formulé de demande. «Cela représente plusieurs centaines de dollars par jour pour ceux qui vont exploiter, sans certificat, une ressource comme celle-là», indique le directeur de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Radio-Canada a tenté de joindre le directeur de Narconon, mais en vain. |
|
Paule Vermot-Desroches / Le Nouvelliste
(TROIS-RIVIÈRES)
L'organisme Narconon de Trois-Rivières se retrouve
une nouvelle fois sur la place publique, depuis
que des plaintes pour harcèlement psychologique
et sexuel font l'objet d'enquêtes de la part de
la Commission des droits de la personne ainsi que
de la Commission des normes du travail.
La personne à l'origine de ces plaintes, le Montréalais David Edgar Love, est un ancien patient et a été à l'emploi de Narconon une fois sa thérapie terminée. Bien connu pour ses sorties publiques depuis quelques mois contre le centre de désintoxication et contre les liens que Narconon semble entretenir avec l'Église de scientologie, David Edgar Love n'avait cependant jamais voulu donner de détails sur l'objet de ces plaintes, qui concernent des actes qui auraient été posés alors qu'il était employé, entre mai 2009 et octobre 2009. Il a accepté d'en parler au Nouvelliste. David Edgar Love est entré chez Narconon en décembre 2008 pour un problème de drogue. En mai 2009, il a complété sa thérapie et a été embauché par Narconon. L'une de ses tâches consistait à faire le suivi auprès des patients qui avaient déjà suivi une thérapie chez Narconon. «L'organisme se vantait d'atteindre un taux de réussite de plus de 70 %, mais je me suis rapidement rendu compte que c'était bien moins que ça. Quand j'ai soulevé cette question auprès de mes employeurs, ça n'a pas fait leur affaire», constate M. Love. Accusé d'être une ource potentielle de problèmes Cette remise en question des procédures ainsi que son attitude en général ne semblaient pas faire l'affaire de la direction. David Love soutient avoir alors subi des pressions psychologiques intenses et d'avoir été forcé d'assister à au moins huit reprises à des «PTS interviews». L'acronyme anglais PTS signifie «Source potentielle de problèmes» et, selon David Love ainsi qu'un autre militant contre la scientologie, Gerry Armstrong, est directement liée aux enseignements de la scientologie. «Ce en quoi ils croient, c'est qu'il n'existe pas de maladie, pas de malaises ni d'accidents, à moins que nous soyons en contact avec des «personnes répressives» (voir note d'anti-scientologie) soit des personnes qui ne croient pas aux enseignements de la scientologie et qui nous contaminent de l'extérieur. Pour eux, j'étais donc devenu une source de problème», explique David Love. Note d'anti-scientologie: en réalité la scientologie dans son jargon utilise le terme personnes suppressives; des SP. Les SP sont les boucs émissaires de la scientologie. Ils sont recherchés lors de la moindre difficulté ou maladie. Un problème, une difficulté ou une maladie pour la scientologie c'est toujours la faute de l'autre. C'est une conduite absolument paranoïaque et un tel endoctrinement induit chez les patients (adeptes?) des troubles mentaux et du comportement. Les «PTS interviews» auxquelles il dit avoir été forcé d'assister chez Narconon visaient donc, selon lui, à le couper du monde extérieur pour éviter qu'il divulgue l'information dont il disposait. «Ils me détenaient dans une salle et ne me laissaient pas partir. On m'a forcé à couper les liens avec ma famille. On me criait après, on m'a même menacé. Ma vie a été menacée. C'était horrible, horrible ! On m'a même dit que si je disais quoi que ce soit de l'information que je savais, je serais pourchassé et j'allais disparaître», confie M. Love. La Commission des Normes du travail a jugé qu'il y avait suffisamment de motifs pour faire une enquête à ce niveau. Le processus est actuellement en cours. Harcèlement sexuel Par ailleurs, le lendemain de son embauche, David Love affirme avoir reçu une lettre assez explicite de la part d'une femme faisant partie de la direction de l'organisme, lui faisant des avances sexuelles. Mal à l'aise de cette communication, M. Love affirme avoir décidé d'en glisser un mot à certains collègues pour savoir comment réagir face à cette lettre. Il soutient même avoir été encouragé par certains des employés à répondre aux avances, ce qu'il a refusé de faire. Selon lui, le harcèlement sexuel de la part de cette directrice s'est ainsi poursuivi jusqu'à quelques jours avant son départ de Narconon, en octobre 2009. La Commission des droits de la personne a été saisie du dossier. Dans les deux cas, l'employeur a refusé d'aller en médiation avec David Love, et une enquête est actuellement en cours. Le résultat de l'enquête pourrait soit blanchir Narconon ou alors traduire l'organisme devant le Tribunal des droits de la personne. Joint au téléphone, le directeur du centre Narconon de Trois-Rivières, Marc Bernard, s'est refusé à tout commen- taire face aux allégations de David Edgar Love, préférant laisser les procédures de la Commission des droits de la personnes et les Normes du travail suivrent leur cours. Cinq déménagements en huit mois Les liens entre les enseignements de la scientologie et les thérapies offertes chez Narconon ont déjà fait l'objet de plusieurs reportages et soulevé des commentaires et discussions un peu partout sur Internet, notamment sur des sites de groupes s'opposant à la scientologie, comme Anonymous. Dans une entrevue accordée au Nouvelliste il y a quelques mois, le directeur de Narconon Trois-Rivières, Marc Bernard, ne cachait pas que quatre ou cinq employés de Narconon sur la trentaine de membres du personnel appartenaient à l'Église de scientologie. Ce dernier disait ne rien avoir à cacher à ce sujet, mais soutenait aussi que la maison de thérapie ne servait pas de lieu de propagande où la pratique de la scientologie est obligatoire ou recommandée. Au contraire, il maintenait que toutes les races et les religions sont acceptées chez Narconon, et que les employés ne parlent pas de scientologie aux patients. Note d'anti-scientologie: C'est absolument faux. Narconon utilise des livres écrits par Ron Hubbard et les patients recoivent des propositions d'embauche pour la secte. Les employés de Narconon doivent suivres des règles identiques à celles en vigueur dans les églises et Missions de scientologie (conditions d'éthique, rapports de délation, salaires et pénalités selon un système injuste et arbitraire). Ce ne sera pas difficile de le démontrer à la justice. Pour sa part, David Edgar Love dit avoir été surpris de lire ces propos. Arrivé chez Narconon en décembre 2008 pour suivre une thérapie, il soutient avoir eu à écouter un film documentaire qui parlait des enseignements de la scientologie. «J'étais même accompagné d'une personne de la direction durant le visionnement, pour être bien certain que je regarde le film au complet», soutient l'homme. En octobre 2009, mal à l'aise face aux différents événements qu'il dit avoir vécu, David Love a voulu quitter Narconon comme employé. «Mais on ne quitte pas la scientologie comme ça, on ne peut pas juste sortir de là, surtout quand on détient autant d'information que je pouvais en avoir», affirme David Love. Il est déménagé à Montréal, et affirme avoir dû changer cinq fois d'adresse depuis octobre 2009 car il recevait des menaces de certaines personnes. Note d'anti-scientologie: La scientologie peut induire de la parano chez ses patients. La scientologie est connue pour harceler les personnes qui souhaitent la quitter. Nous avons reçu de nombreux témoignages qui le prouvent. «Sur ma page Facebook, à la vue de tous, on m'a déclaré comme étant un ennemi. Ce qui pour eux signifie qu'on peut me faire du mal, me voler, m'espionner sans subir de représailles de l'Église», rapporte David Love, qui a remis copie de ce message Facebook aux Normes du travail ainsi qu'à la Commission des droits de la personne. Ces allégations font également l'objet d'une enquête de la part des Normes du travail et des Droits de la personne. Là non plus, Narconon n'a pas souhaité émettre de commentaires. |
|
Narconon devra montrer patte blanche
Le
Nouvelliste
(Trois-Rivières) Comme toutes les ressources en toxicomanie de la province offrant de l'hébergement, Narconon de Trois-Rivières devra montrer patte blanche pour obtenir la certification du ministère de la Santé et des Services sociaux, obligatoire à partir du 1er juillet 2011. En effet, au lendemain de la sortie publique de David Edgar Love, un ancien patient devenu intervenant qui dénonce certaines techniques utilisées par le centre, l'Agence de santé et de services sociaux de la Mauricie assure qu'elle aura Narconon à l'oeil. «Dans le cadre de la loi 56, qui prévoit l'élargissement de la certification obligatoire des résidences pour personnes âgées à tous les organismes oeuvrant en désintoxication, des inspections rigoureuses seront faites pour encadrer et garantir la sécurité et la qualité des services», a annoncé Marc Lacour, directeur des services sociaux. Ainsi, les 14 organismes de la région devront faire une demande et se conformer à toutes les exigences du MSSS avant juillet 2011. Celles-ci touchent notamment les méthodes d'intervention, les aménagements physiques, la sécurité, la formation des employés, et pourraient même s'étendre jusqu'aux affiliations à une religion ou à une orientation spirituelle quelconque visant à les interdire. On sait en effet que Narconon a des liens avec l'Église de scientologie. Les méthode d'intervention sont basées sur les enseignements de Ron Hubbard, le fondateur de l'Église de la scientologie. À ce sujet, Marc Bernard, directeur général de Narconon, tient à préciser qu'en dépit de ce lien, Narconon n'est pas un centre de propagande où la pratique de la scientologie est obligatoire ou recommandée. «Ici, nous acceptons toutes les couleurs, toutes les races, toutes les religions. Sur les 30 employés que nous avons, 4 à 5 seulement font partie de l'Église dont moi, je l'avoue. Je n'ai pas de cachette à faire. En ce qui concerne les patients, nous ne leur parlons pas de ça. Nous respectons les droits de la personne avant tout. La preuve en est que nous avons accueilli ici des bouddhistes, des protestants, des musulmans, des catholiques, etc.» a-t-il expliqué. Il déplore d'ailleurs que Narconon se trouve régulièrement sur la sellette pour ses liens avec la scientologie. «Ce sont des attaques gratuites et inutiles qui proviennent souvent d'individus qui ne connaissent même pas le centre. Ils ne sont pas venus nous visiter et nous rencontrer. D'autres veulent nous nuire, car ils pensent que nous sommes assis sur une mine d'argent et que Tom Cruise se balade dans le centre», a-t-il ajouté, non sans ironie. Depuis 2001, le centre s'est en effet retrouvé dans la controverse plus d'une fois. Le plus récent exemple est la sortie publique de David Edgar Love qui a porté plainte à la Commission des droits de la personne et à la Commission des normes du travail pour harcèlement et menaces et qui en a profité pour lever le voile sur certaines techniques d'intervention. M. Bernard a refusé de commenter les accusations de M. Love, car celui-ci serait en processus de règlement avec Narconon. Il tient cependant à apporter certaines précisions sur les techniques d'intervention, notamment la purification qui consiste à absorber des vitamines et à passer plusieurs heures dans un sauna. «Le sevrage consiste notamment à remplacer la drogue par des doses de vitamines balancées et à purifier son corps pour reconstituer le système mais le tout se fait avec l'approbation d'un médecin», a-t-il expliqué. M. Bernard apporte aussi des précisions sur l'exemple du «cendrier». M. Love a en effet soutenu qu'il devrait crier «Lève-toi» et «Assis-toi» jusqu'à ce que le cendrier obéisse tout seul. «Voyons donc! Nous ne leur demandons pas de faire de la magie. Le cendrier fait partie d'une série de neuf exercices dans un cours de communication. C'est un cendrier mais cela pourrait être n'importe quel objet. L'objectif est d'amener le client à donner une intention réelle à ses mots et non pas seulement à les prononcer.» Des ex-employés portent plainte Une dizaine d'ex-employés du Centre Narconon à Trois-Rivières ont porté plainte à la Commission des normes du travail parce qu'ils n'auraient pas été rémunérés pour des heures travaillées. Toutefois, selon l'un de ces ex-employés, Richard Lussier, ils seraient au moins 25 personnes dans la même situation. «C'est vraiment plate car Narconon profite du monde sans défense pour se remplir les poches. J'ai dû porter plainte à la Commission des normes du travail pour que mon dossier avance. Moi, je ne veux pas de trouble; je veux juste mon argent. Je sais par contre que bien d'autres employés n'ont pas porté plainte. En tout, nous sommes plus de 25 à ne pas avoir été payés ces derniers mois», a déclaré M. Lussier. Ce dernier, qui avait été embauché comme cuisinier, a été congédié le mois dernier. «Narconon me doit entre 1200 $ et 1300 $. C'est beaucoup quand on a un loyer à payer. J'ai parlé fort pour avoir mon dû car ce n'était pas la première fois que ça arrivait mais on a préféré me congédier», a-t-il raconté. M. Lussier admet avoir reçu quelque paies comme par exemple un 100 $ aux deux ou trois semaines. «Le centre nous en donne un peu pour nous fermer la trappe, nous promet mer et monde mais sans jamais nous donner une paie complète», a-t-il déploré. Marc Bernard, directeur général de Narconon, reconnaît que des ex-employés n'ont pas été payés. «Je crois qu'une dizaine de plaintes ont été portées contre nous. La récession nous a fait mal. Nous avons donc accumulé un peu de retard dans les paies. Je peux vous assurer que ces gens seront payés, et ce, le plus rapidement possible. On ne prend pas ça à la légère», a-t-il mentionné. Il estime cependant que ces ex-employés ont paniqué. «C'est le système qui veut ça, qui les a amenés vers les Normes du travail. Pourtant, nous travaillons sans arrêt pour avoir suffisamment de sous pour régler nos dettes», a ajouté M. Bernard. Rappelons que Narconon offre des thérapies d'une durée moyenne de trois à quatre mois. Selon M. Bernard, le centre accueille environ 35 à 40 clients aux trois mois. Or, un ex-employé soutient pour sa part que le centre accueille tout au plus une vingtaine de personnes par année. La majorité de la clientèle vient de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et de l'Alberta. Qui plus est, les coûts de cette thérapie sont particulièrement élevés, s'élevant à plus de 5000 $ par mois environ, pour un total de 20 000 $. «Combien coûtent les funérailles d'un toxicomane à votre avis? Plus de 12 000 $. En plus, nous avons ici un excellent taux de réussite: il se situe entre 70 et 76 % alors que la moyenne des autres centres est de 10 %», a précisé M. Bernard. Présentement, une enquête est toujours menée par la Commission des normes du travail. On refuse d'en dévoiler davantage sur le nombre et le contenu des plaintes actuelles. Cependant, le porte-parole Jean-François Pelchat ne cache pas que Narconon a un «lourd historique» en matière de plaintes depuis 2005. «Un bon lot de plaintes ont été portées par des employés mais dans la plupart des cas, les dossiers sont terminés; soit que le centre a payé les avis de réclamation, soit qu'il y a eu entente, soit que la plainte n'a pas été retenue, soit que l'employé s'est désisté», a conclu M. Pelchat. |
|
Des employés n'auraient pas été payés Richard
Lussier, Alexandre Cagliesi et Mario Lebebvre affirment
ne pas avoir été rémunérés pour les heures qu'ils
ont travaillées au centre Narconon. «Toutes les
deux ou trois semaines, on a un 100 $ de dépôt plutôt
que d'avoir une paie au complet. Ils promettent
mer et monde, mais on n'est pas capable d'avoir
notre paie au complet», déplore M. Lussier.
Richard Lussier était cuisinier chez Narconon. Il a toutefois été congédié récemment parce que, selon lui, son emplo- yeur ne tolérait pas qu'il pose des questions. L'homme soutient que le centre lui doit encore quatre semaines de salaire. Chaque année, environ une vingtaine de toxicomanes sont admis au centre de désintoxication Narconon. Ils déboursent entre 20 000 $ et 25 000 $ pour suivre une thérapie de trois mois. «Il y a quelque chose de louche là-dedans. Il y a une lumière à faire au niveau de la structure et de l'argent. Où va l'argent ? Comment c'est géré?», demande Alexandre Cagliesi. Plusieurs plaintes ont été déposées contre Narconon à la Commission des normes du travail relativement à des sommes d'argent impayées. Une plainte a aussi été déposée à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Des enquêtes ont été ouvertes pour faire la lumière sur ces dossiers. Toutes les tentatives de Radio-Canada pour obtenir les commentaires des dirigeants de Narconon sont demeurées vaines. |
| Intoxiqué par l'Église de scientologie Par Marc Allard
(Québec)
Depuis qu'il est sorti de Narconon, David Edgar
Love dort à peine. Il a des flash-backs des expériences traumatisantes qu'il dit avoir vécues dans
ce centre de désintoxication scientologue de Trois-Rivières et, parfois, il devient tellement angoissé
qu'il en perd le souffle.
En novembre, un médecin de la Cité-de-la-Santé de Laval lui a diagnostiqué un syndrome de stress post-trauma- tique. M. Love consulte maintenant un psychiatre dans un hôpital montréalais qui lui a été recom- mandé par Mike Kropveld, le directeur d'Info-Secte, et il essaie de ne pas avoir l'air trop somnolent à son nouveau travail. Attablé dans un petit restaurant d'un coin morose du quartier Lachine, à Montréal, où il s'est trouvé un deux pièces et demi, M. Love, 57 ans, raconte son expérience chez Narconon, où il a été client de décembre 2008 à mai 2009, puis employé jusqu'à la fin octobre. Révélé pour la première fois dans Le Soleil, son témoignage sur le centre de désintoxication québécois rattaché à l'Église de scientologie s'ajoute à une série de dénonciations qui ont secoué l'organisation religieuse un peu partout dans le monde, ces derniers mois. À côté de lui, David Love a posé une mallette remplie de documents sur lesquels il s'est appuyé pour déposer une plainte à la Commission des droits de la personne et une autre à la Commission des normes du travail, qui enquêtent sur ses allégations. Durant les 11 mois qu'il a passés chez Narconon, M. Love affirme avoir été victime de harcèlement, de mena- ces et de plusieurs autres violations de ses droits, en plus de ne pas avoir reçu une partie importante de son salaire. Dans une lettre datée du 21 décembre 2009, le cabinet d'avocats qui représente Narconon, Heenan Blakie, a proposé à David Love 2550, 29 $, à condition qu'il s'engage entre autres à ne pas livrer son histoire aux médias. M. Love a décliné cette offre. «Ils ne me feront pas taire, dit-il. J'ai des droits et je compte les faire respecter.» Le Soleil a joint au téléphone le directeur de Narconon Trois-Rivières, Marc Bernard, qui a refusé de donner sa version des faits. «Moi, je n'ai rien à dire, je n'ai pas de commentaires», a-t-il dit. «Aucun commentaire.» Omerta Venu de la Colombie-Britannique, David Love est arrivé chez Narconon peu avant le temps des Fêtes, en 2008. Il était dépendant à la méthadone et à la cocaïne et avait décidé de suivre le programme de réhabi- litation au centre de désintoxication de Trois-Rivières, où il connaissait un employé. Durant les premières semaines de son traitement, M. Love dit avoir été surpris de l'omerta qui régnait chez Narconon à propos de la scientologie. Il se souvient d'avoir entendu une employée interrompre la discussion d'un groupe de clients dont il faisait partie en ordonnant: «Vous n'êtes pas autorisés à parler de scientologie pendant que vous êtes chez Narconon.» L'employée lui aurait ensuite expliqué que Narconon voulait éviter le sujet pour ne pas effrayer les clients, leurs parents ou les «commanditaires», qui paient plus de 20 000 $ pour le traitement, suivi en majorité par des anglophones des États-Unis et du Canada anglais. Sur son site Internet québécois, Narconon se présente comme un «programme à but non lucratif de réa- daptation et de désintoxication» et se targue de compter 50 centres dans 21 pays. Il n'est mentionné nulle part que Narco- non fait partie de l'Église de scientologie. Pour Paul Schofield, qui a été membre de l'Église de scientologie pendant plus de 20 ans avant de devenir «super- viseur de cas» aux centres Narconon de Sydney et de Melbourne, puis directeur de Narconon pour tout l'Australie, il ne fait aucun doute que Narconon est une antenne de l'Église de scientologie. «Mis à part la partie sevrage, tous les cours que vous faites à Narconon sont presque identiques à ceux que vous faites à l'église, dit-il. Sauf que si vous les faites à l'église, ils vous coûtent seulement le quart ou le tiers du prix.» Pendant qu'il était client chez Narconon, David Love dit avoir été forcé de mémoriser des extraits des livres de Ron L. Hubbard, l'auteur de science-fiction qui a fondé l'Église de scientologie et a écrit les huit livres sur lesquels le programme de Narconon est basé. «Tout livre qui pourrait interférer avec ce processus d'altération de l'esprit et de lavage de cerveau est interdit et est confisqué», dit David Love. En plus de lire les ouvrages de Hubbard, David Love devait aussi effectuer régulièrement les «exercices d'entraînement» prescrits par le grand maître de la scientologie. Il se souvient de l'un d'eux, qui consistait à s'asseoir de longues heures en fixant un autre client sans dire un mot et sans bouger. Ou encore d'un exercice similaire durant lequel on lui demandait de ne pas réagir pendant que son vis-à-vis le bombardait d'insultes. Purification extrême Le quinquagénaire se rappelle aussi l'exercice du cendrier. «Je devais crier au cendrier: "lève-toi", puis "assieds- toi", jusqu'à ce qu'il obéisse tout seul, décrit-il. Mais comme je n'arrivais pas à trouver le bon ton, il fallait que je lève le cendrier moi-même, encore et encore.» Après tous ces exercices d'entraînement, dit M. Love, «je suis chanceux de ne pas être devenu fou». Pour aider les toxicomanes à vaincre leur dépendance, Narconon exige également qu'ils s'astreignent à un régime intense de vitamines et de sauna que les scientologues appellent le «programme de purification», offert aussi à l'Église de scientologie de Québec au coût de 2000 $. Pendant deux semaines, David Love affirme qu'il a dû passer près de quatre heures et demie par jour dans un sauna et avaler une grande quantité de vitamines et de minéraux chaque jour. Il se souvient d'avoir eu entre autres à prendre beaucoup de niacine, une vitamine (B3) utilisée pour réduire le taux de cholestérol. Dans une entrevue accordée au Journal de Trois-Rivières le 17 juillet 2004 et publiée sur le site Internet du centre de désintoxication, le directeur de Narconon Trois-Rivières, Marc Bernard, décrivait les vertus de la niacine pour expulser les drogues des cellules adipeuses. «Les toxines restent emprisonnées dans les tissus graisseux plusieurs années, expliquait M. Bernard. Lorsqu'elles sont libérées, c'est ce que les toxicomanes appellent flash-back.» Interrogée sur cette pratique, la Dre Lise Archibald, du Centre de réadaptation Ubald-Villeneuve, à Québec, a indiqué au Soleil qu'elle n'avait jamais rien lu sur les bénéfices de la niacine pour les toxicomanes. Spécialiste en toxicologie à l'Institut national de santé publique du Québec, la pharmacienne Lyse Lefebvre non plus n'a jamais entendu dire que la niacine pouvait aider à lutter contre la toxicomanie. Elle indique toutefois qu'une consommation trop élevée de vitamine B3 (= la niacine. Note d'anti-scientologie) peut engendrer des troubles digestifs, aggraver l'asthme, entraîner une certaine forme de crise d'arthrite et occasionner des rougeurs et des démangeaisons. Santé Canada recommande de prendre au maximum 500 mg de niacine par jour. Les clients de Narconon et les scientologues qui suivent «le programme de purification» en avalent jusqu'à 5000 mg par jour, soutient David Love. Ce régime de sauna et de vitamine était loin d'être agréable pour les clients de Narconon, se rappelle M. Love. «C'était horrible. Les gens étaient malades, vomissaient et avaient la diarrhée.» «Comme un quartier militaire» Pendant sa réhabilitation, M. Love a voulu quitter le centre de désintoxication trifluvien pour retourner auprès de sa famille en Colombie-Britannique. Mais il affirme que Narconon a refusé de lui donner son portefeuille et ses pièces d'identité alors qu'il leur en avait fait la demande plus d'une fois. Sauf dans des cas particuliers, la loi québécoise interdit de forcer un toxicomane à poursuivre son traitement, qui s'effectue sur une base volontaire. M. Love se rappelle qu'au lieu de lui remettre ses papiers, on l'a plutôt envoyé chez «l'officier d'éthique» qui l'a incité à rester plus longtemps. «Plusieurs étudiants veulent et essaient de partir, dit-il. Certains arrivent même à partir, en marchant le long de la route, mais l'officier d'éthique est appelé, et une voiture est envoyée pour les embarquer et les ramener dans les bâtiments de Narconon.» David Love dit qu'il n'a jamais vu un client se faire embarquer de force dans une voiture. Il affirme que Narconon appelle plutôt les parents d'un étudiant ou son commanditaire et les convaint de ne pas lui payer un billet d'autobus ou d'avion. Au quotidien, poursuit M. Love, les employés de Narconon surveillent étroitement les allées et venues de leurs clients. «C'est comme un quartier militaire, dit-il. Il y a de la sécurité, ils ont des radios. Ils vous comptent à toutes les 20 minutes pour savoir où vous êtes.» De clients à employés M. Love n'est pas le seul client à avoir travaillé chez Narconon. Environ 40 % d'entre eux deviennent ensuite employés, indiquait en mai 2002 Devinder Luthra, alors président de Narconon Canada, lors d'une séance du comité spécial sur la consommation médicale de drogues ou médicaments à la Chambre des communes. Quand il était employé, David Love a notamment été responsable de contacter des anciens clients de Narconon pour compiler des statistiques sur la réussite ou l'échec du programme. Il affirme avoir reçu des courriels de nombreux «anciens» qui avaient rechuté et avaient encore besoin d'aide, ce qui ne lui apparaissait pas représentatif du taux de réussite de 70 % dont Narconon se targue sur son site Internet. M. Love dit avoir tenté à maintes reprises d'alerter ses supérieurs chez Narconon Trois-Rivières, qui auraient refusé de modifier leurs pratiques. C'est à partir de ce moment que David Love dit avoir réalisé que Narconon était une «supercherie» au service de l'Église de scientologie. «Une fois que j'ai compris et que j'ai cru que c'était vrai», a-t-il écrit sur un forum d'Anonymous, un mouvement antiscientologie qui a pris naissance sur Internet. «Mes yeux se sont ouverts sur la réalité des mensonges auxquels j'avais succombé.» Dès le jour où il a remis sa démission, le 3 novembre, M. Love dit avoir reçu des menaces de Sue Chubbs, la directrice de production de Narconon. Document à l'appui, David Love nous montre qu'elle a entre autres inscrit sur sa page Facebook les mots Ennemi et Fair Game. Ce qui veut dire, dans le jargon de la scientologie, «qu'il peut être privé de propriété ou blessé par tout moyen et par tout scientologue». Video: Testimony of M.E. Love, a former staff member at Narconon Trois-Rivières (March 2010) |
|
by Marc Allard
In November, a doctor at the Cité de la Santé hospital in Laval diagnosed him with Post-Traumatic Stress Disorder. Mr. Love now consults a psychiatrist in a Montreal hospital who was recommended by Mike Kropveld, the director of Info-Cult, and he tries not to appear too drowsy at his new job. Sitting
in a small restaurant in a glum corner of Montreal's
Lachine district, where he found a small apartment,
Mr. Love, 57, recounts his experience with Narconon,
where he was a client from December 2008 to May
2009 and an employee until the end of October.
Revealed for the first time today in Le Soleil, his testimony about the Quebec detoxification centre connected with the Church of Scientology adds to a series of disclosures that have shaken this religious organization in various places throughout the world in recent months. At his side, David Love has a briefcase full of documents to support a complaint he filed with Quebec's Human Rights Commission and a separate complaint filed with Quebec's Labour Standards Commission, which are investigating his allegations. During the 11 months he spent at Narconon, Mr. Love says he was the victim of harassment, threats and many other violations of his rights. He also says he did not receive a large portion of his salary. In a letter dated December 21, 2009, the law firm representing Narconon, Heenan Blaikie, offered David Love $2,550.29 on condition that he not share his story with the media. Mr. Love declined the offer. "They will not silence me," he says. "I have rights and I intend to have my rights respected." By telephone, Le Soleil reached the director of Narconon Trois-Rivières, Marc Bernard, who declined to give his version of the facts. "I have nothing to say, I have no comment," he said. "No comment." Omertà A resident of British Columbia, David Love arrived at Narconon shortly before Christmas in 2008. He was addicted to methadone and cocaine and had decided to follow the rehab program at the detox centre in Trois-Rivières, where he knew an employee. During the first weeks of his treatment, Mr Love says he was surprised by the omertà that reigned at Narconon about Scientology. He remembers hearing an employee interrupt a discussion among a group of clients he was in, by issuing an order: "You are not allowed to speak about Scientology when you are at Narconon» The employee later explained to him that Narconon wanted to avoid the subject so as not to scare clients, their parents, or the "sponsors", who pay more than $20,000 for the treatment, a majority of whose clients are English speakers from the United states and English Canada. On its Quebec website, Narconon presents itself as a "non-profit program of rehabilitation and detoxification" and boasts of having 50 centres in 21 countries. There is no mention anywhere that Narconon is part of the Church of Scientology. For Paul Schofield, who was a member of the Church of Scientology for more than 20 years before becoming "case supervisor" at the Sydney and Melbourne Narconon centres and then director of Narconon for all of Australia, there is no doubt that Narconon is a satellite of the Church of Scientology. "Aside from the withdrawal phase, all the courses you take at Narconon are almost identical to those you take at the Church," he says, "Except that when you take them at the church, they only cost you about a quarter or a third of the price." While he was a client at Narconon, David Love says he was forced to memorize passages from books by L. Ron Hubbard, the science fiction author who founded the Church of Scientology and wrote the 8 books on which the Narconon program is based. "Any book that might interfere with the mind-altering and brainwashing process is prohibited and confiscated," says David Love. In addition to reading books by Hubbard, David Love also had to practice regularly the "training routines" prescri- bed by Scientology's grand master. He remembers one routine that consisted of sitting for long hours while staring at another client without saying a word and without moving. There was another similar routine in which he was told not to react while his partner bombarded him with insults. Extreme Purification The 57-year-old man also remembers the training routine involving an ashtray. "I had to yell at an ashtray, 'Stand up!' then 'Sit down!' until it obeyed by itself," he said. "But since I was unable to find the right tone, I had to lift the ashtray by myself over and over." "After all these training routines," says Love, "I'm lucky not to be insane." To help addicts overcome their dependence, Narconon also requires that they strictly follow an intense vitamin and sauna treatment which Scientologists call the "Purification Rundown" and which is also provided by the Church of Scientology of Quebec City at a cost of $2,000. For two weeks, David Love said he had to spend almost four hours a day in a sauna and swallow large amounts of vitamins and minerals each day. He recalls having had, among other things, to take a lot of niacin, a vitamin (B3) used to reduce a person's cholesterol level. In a July 17, 2004 interview with the Journal de Trois-Rivières posted on the detoxification centre's website, the director of Narconon Trois-Rivières, Marc Bernard, described the virtues of niacin for expelling drugs from fat cells. "The toxins remain trapped in fatty tissues for several years," Mr. Bernard explained. "When they are released, this is what addicts call flashbacks." Asked about this practice, Dr. Lise Archibald, of the Ubald-Villeneuve Rehabilitation Centre in Quebec City, told Le Soleil that she has never read anything about the benefits of niacin for drug addicts. A toxicology specialist at Quebec's National Institute of Public Health (INSPQ), pharmacist Lyse Lefebvre, also has never heard of niacin as an aid to combat drug addiction. However, she warns that consuming too much vitamin B3 may cause digestive problems, aggravate asthma, lead to a certain form of arthritis attack, and cause redness and itching. Health Canada recommends a maximum of 500 mg of niacin per day. Clients of Narconon and Scientologists who follow the "Purification Rundown" ingest up to 5,000 mg per day," says David Love. "The vitamin and sauna treatment was far from pleasant for the clients of Narconon," recalls Mr. Love. "It was horrible. People were sick. They vomited and had diarrhea." Like a military base During his rehabilitation, Mr. Love wanted to leave the Trois-Rivières detox centre to return to his family in British Columbia. But he says that Narconon refused to give him his wallet and his identity papers, even though he requested them more than once. Except in special cases, Quebec law prohibits forcing drug addicts to continue treatment, which is to be followed on a voluntary basis. Mr. Love recalls that, instead of giving him his papers, he was sent to the "ethics officer", who argued that he should stay longer. "Many students want to leave and try," he says. "Some even manage to leave and set out on foot along along the road, but the ethics officer is called and a car is sent to recover them and bring them back to the Narconon buildings." David Love said he never witnessed a client being forced to get into a car. Instead, he points out, Narconon calls a student's parents or sponsor and convinces them not to pay the bus or air fare for the student. Every day, adds Mr. Love, Narconon's staff closely monitors the comings and goings of their customers. "It's like a military base," he says. "There is security, they have radios. They check on you every 20 minutes to know where you are." Clients turned into employees Mr. Love is not the only client to have worked at Narconon. About 40% of clients subsequently become emplo- yees, according to a statement made in May 2002 by Devinder Luthra, then president of Narconon Canada, at a session of the Special Committee on Non-Medical Use of Drugs in the House of Commons. While he was an employee, David Love was responsible for contacting former clients of Narconon to compile statistics on the success or failure of the program. He says he received emails from many "exes" who had relapsed and still need help. What he was hearing did not appear to match the 70% success rate which Narconon boasts about on its website. Mr. Love says he tried repeatedly to warn his superiors at Narconon Trois-Rivières, but they refused to change their practices. It was at this point that David Love says he realized Narconon was a "hoax" at the service of the Church of Scientology. "Once I understood and believed it was true," he wrote on a message board operated by Anonymous, an anti-Scientology movement that originated on the Internet, "My eyes were opened to the reality of the lies that I had swallowed." From the day he resigned, November 3, Mr. Love says he received threats from Sue Chubbs, Narconon's director of production. With documents to prove it, David Love shows that, among other things, she posted on his FaceBook page the words "Enemy" and "Fair Game". This means, in Scientology jargon, he "may be deprived of property or injured by any means and by any Scientologist." Video: Testimony of M.E. Love, a former staff member at Narconon Trois-Rivières (March 2010) |
|
Narconon de nouveau dans la controverse
Le
Nouvelliste
(Trois-Rivières) Le centre de désintoxication Narconon de Trois-Rivières, dont on soupçonne les liens avec l'Église de scientologie, se retrouve de nouveau plongé au centre de la controverse. Cette fois, c'est la sortie publique survenue cette fin de semaine d'un ancien patient devenu intervenant au sein de l'organisation qui a fait rebondir le sujet dans l'actualité. David Edgar Love, un individu de 57 ans de la région de Montréal, vient tout juste de déposer une plainte à la Commission des droits de la personne mais aussi à la Commission des normes du travail. Toutes deux enquêtent actuellement dans ce dossier. L'ex-employé de Narconon dit subir un stress post-traumatique depuis sa sortie du centre, en mai 2009. Le harcè- lement et les menaces auraient fait partie de son quotidien à l'intérieur de l'établissement du boulevard Parent. C'est du moins ce qu'il a raconté lors d'une entrevue accordée au Soleil. Lors de cet entretien, Love a également levé le voile sur plusieurs techniques présumément utilisées dans ce centre où les méthodes d'intervention sont calquées sur les enseignements de Ron Hubbard, fondateur de l'Église de scientologie. Selon son récit, Narconon exigerait de ses patients qu'ils subissent un régime de purification extrême consistant à absorber une quantité importante de vitamines et à passer plus de quatre heures quotidiennement à l'intérieur d'un sauna. Ce dernier cite également l'exercice du cendrier, qui lui rappelle de biens mauvais souvenirs. «Je devais crier au cendrier: «lève-toi», puis «assieds-toi», jusqu'à ce qu'il obéisse tout seul, a-t-il décrit au Soleil. Mais comme je n'arrivais pas à trouver le bon ton, il fallait que je lève le cendrier moi-même, encore et encore (...) Je suis chanceux de ne pas être devenu fou.» Silence total David Love était toutefois beaucoup moins loquace sur son expérience, lorsque joint hier par Le Nouvelliste hier. Au bout du fil, il a systématiquement refusé de répondre à nos questions, en répétant qu'il était en processus de médiation avec Narconon et qu'une entente pourrait être scellée sous peu. Ce silence fut aussi servi en guise de réponse hier par Marc Bernard, directeur général de Narconon Trois-Rivières. Celui-ci a toutefois promis une réaction aujourd'hui sur toute cette affaire. Or, pour le collectif Anonymous, qui combat l'Église de scientologie, cette tournure prise par les événements ne constitue en rien une surprise. «C'est toujours difficile de savoir ce qui se passe derrière des portes closes. Mais l'Église de scientologie utilise les organismes comme Narconon pour projeter une belle image publique. En ce moment, c'est cette image qu'elle tente de sauver», dit le militant Marc Lacasse (nom fictif). Anonymous a d'ailleurs été en contact constant avec David Love, le soutenant dans sa démarche. «Il est arrivé sur notre forum internet et c'était un homme qui avait un urgent besoin d'aide. C'était un individu bien placé dans l'establishment chez Narconon. Il pensait que personne n'allait le croire», raconte le représentant du mouvement. Clarifier la situation Depuis son arrivée à Trois-Rivières, Narconon est régulièrement confronté à la critique. Ce pourquoi «il faut maintenant clarifier la situation», selon la directrice générale de l'organisme COMSEP, Sylvie Tardif. Celle qui agit également à titre de conseillère municipale a d'ailleurs eu l'occasion de visiter les locaux du centre de désintoxication, il y a quelques années. «J'avais vu les saunas et tout cela. On m'avait expliqué le truc des vitamines et on m'avait dit que les gens pouvaient parfois être malades», explique la représentante du district Marie-de-l'Incarnation. Puis, en 2008, Narconon a souhaité offrir un don de 1000 $ à l'organisme COMSEP qu'elle chapeaute. Elle avait alors refusé. «Devant le doute, on a préféré s'abstenir. On avait entendu parler des liens avec l'Église de scientologie, mais on ne connaissait pas ça», raconte Sylvie Tardif. À ce moment, plusieurs autres organismes avaient critiqué Narconon, ce qui avait provoqué de vives discussions dans les médias. Quelques mois plus tard, c'était à l'Agence de santé de la Mauricie de remettre Narconon à l'ordre du jour. Elle avait recommandé à Québec de rendre obligatoire la certification de ces organismes privés ou communautaires. Le mouvement Anonymous Québec était alors débarqué à Trois-Rivières pour appuyer cette revendication. Narconon n'était toutefois pas au bout de ses peines. En février 2009, une nouvelle controverse surgissait au sujet de l'achat du club de golf les Vieilles Forges par de nouveaux propriétaires liés à l'Église de scientologie. Les politiques administratives préconisées par les gestionnaires étaient aussi basées sur les principes émis par Ron Hubbard et les rencontres de formation étaient offertes par une entreprise située dans les mêmes locaux que Narconon. «Je pense que c'est à l'Agence de pousser les choses plus loin et au gouvernement de faire les vérifications nécessaires. Ce serait sain pour les citoyens, mais pour l'organisme aussi», conclut aujourd'hui Sylvie Tardif. Narconon Again the Focus of Controversy
(Trois-Rivières) The Narconon Trois-Rivières detoxification centre, suspected of links with the Church of Sciento- logy, once again finds itself in the middle of a controversy. This time, it's the public statements made over the weeked by a former patient who became an employee of the organization that have brought the subject back into the news. David Edgar Love, a 57-year-old man from the Montreal area, has just filed a complaint with the Quebec Human Rights Commission [Commission des droits de la personne] as well as with the Quebec Labour Standards Commis- sion [Commission des normes du travail]. Both commissions are currently investigating the matter. The former Narconon employee says he is suffering from post-traumatic stress since leaving the centre in May 2009. Harassment and threats are alleged to have been daily occurrences at the Parent Boulevard establishment. This, at least, is what he explained in an interview he gave to Le Soleil. During the interview, Love also revealed several techniques allegedly used within the centre, whose treatment methods follow the teachings of L. Ron Hubbard, founder of the Church of Scientology. According to his account, Narconon requires that its patients undergo an extreme purification program which con- sists of ingesting large amounts of vitamins and spending more than four hours a day inside a sauna. Love also describes an exercise which involves an ashtray, a recollection which brings back unpleasant memories. "I had to yell at an ashtray, 'Stand up!' then 'Sit down!' until it obeyed by itself," he told Le Soleil. "But since I was unable to find the right tone, I had to raise the ashtray by myself over and over... I'm lucky not to be insane." Total Silence David Love was far less talkative about his experience when he was reached yesterday by Le Nouvelliste. During a telephone interview, he systematically refused to answer our questions, repeating that he is in a mediation pro- cess with Narconon and that an agreement might soon be concluded. Silence was the same reply yesterday from Marc Bernard, director of Narconon Trois-Rivières, however he promised he would have a response today about the whole affair. For the Anonymous collective, which combats the Church of Scientology, this turn of events in no way constitutes a surprise. "It's always hard to know what happens behind closed doors. But the Church of Scientology uses organizations such as Narconon to project a nice public image. This image is what it's trying to save," says activist Marc Lacasse (fictitious name). Anonymous has also been in constant contact with David Love, providing him support in his efforts. "He came to our internet message board, and he was a man in urgent need of help. He was a well-placed individual in the establishment at Narconon. He thought no one would believe him," said the representative of the movement. Clarifying the Situation Since its arrival in Trois-Rivières, Narconon has regularly been the target of criticism. For this reason, "We must now clarify the situation," according to Sylvie Tardif, director of the COMSEP organization [a local non-profit orga- nization that helps alleviate poverty and illiteracy]. Sylvie Tardif is also a municipal councilor and she had the opportunity to visit the detoxification centre a few years ago. "I saw saunas and all that. They explained the vitamin stuff to me and I was told that people could sometimes be sick," said the representative of the Marie-de-l'Incarnation District. Then, in 2008, Narconon sought to offer a $1,000 donation to COMSEP, the organization she heads. She refused. "Given the doubts we had, we felt it was preferable to abstain. We had heard about its ties with the Church of Scientology, but we weren't knowledgeable about it," says Sylvie Tardif. At that time, several other organizations had criticized Narconon and this provoked heated discussions in the media. A few months later, the Mauricie Health Agency [Agence de santé de la Mauricie] brought Narconon back into the spotlight when it recommended that Quebec make obligatory the certification of such private or community organizations. The Anonymous Quebec movement then came to Trois-Rivières to support this demand. Narconon was not, however, at the end of its troubles. In February 2009, a new controversy arose over the purchase of the Vieilles Forges golf club by new owners connected with the Church of Scientology. The administrative policies advocated by the managers were also based on the principles established by Ron Hubbard, and the training sessions were provided by a company located at the same premises as Narconon. "I think it is up to the Health Agency to pursue things further and up to the government to make the necessary verifications. It would be beneficial for the citizens, but also for the organization," says Sylvie Tardif today. |
|
Église de scientologie: un autre coup dur par Marc Allard
(Québec) Avortements forcés, voies de fait, emprisonnement, torture, abus sexuels, malversations, chantage: l'Église de scientologie a été accusée d'avoir commis tous ces crimes ces derniers mois, alors que les dénonciations d'ex-scientologues se multipliaient dans le monde. En Australie, le sénateur Nick Xenophon a réclamé en novembre une enquête publique sur l'Église de scientologie, après avoir reçu de nombreuses lettres d'anciens cadres et employés de l'organisation religieuse, dont Paul Scho- field, qui s'est entretenu avec Le Soleil. «De mon point de vue, c'est une organisation à deux visages», a dit Nick Xenophon au Sénat australien. «Il y a le visage public d'une organisation qui prétend offrir des conseils et du soutien à ses fidèles et il y a le visage privé d'une organisation qui maltraite ses membres et cible vicieusement ses critiques, et semble carburer à la paranoïa.» Employés battus Aux États-Unis, le St. Petersburg Times a révélé pour la première fois en juin les témoignages de quatre anciens hauts dirigeants de l'organisation, qui accusent le grand patron de l'Église, David Miscavige, d'avoir battu fréquem- ment ses employés. Au début du mois, le New York Times publiait une enquête sur la difficulté pour les scientologues de s'arracher à l'organisation. Pour quitter l'Église de scientologie, le couple cité dans l'article affirme avoir eu à signer de fausses confessions sur sa vie et son travail, à donner à l'Église des milliers de dollars et à couper toute communication avec ses amis et sa famille qui sont restés membres de l'Église. En France, à la suite des plaintes de deux anciens adeptes de la scientologie qui disaient avoir été dépouillés de dizaines de milliers d'euros, le tribunal correctionnel de Paris a condamné en octobre l'Église de scientologie pour «escroquerie en bande organisée». Dans tous ces pays, l'Église de scientologie a accusé les ex-scientologues de mentir. by Marc Allard
(Québec)Forced abortions, violence, imprisonment, torture, sexual abuses, embezzlement, blackmail: The church of scientology has been accused of commiting all these crimes in the last months, as denunciations from ex-scien- tologists multiplied in the world. In Australia, senator Nick Xenophon requested, last november, a public investigation about the Church of Sciento- logy, after receiving numerous letters from ex-employees and high ranking members of the religious organisations, amongst them, Paul Schofield, who spoke with ''Le Soleil'' «From my point of view, it's an organisation with 2 faces», said Nick Xenophon in the australian Senate. «There is the public face of an organisation that pretends to offer to offer support and counsel to it's members, and there is the private face of an organisation that mistreat it's members, targets viciously it's critics and that seems to be fueled by paranoia.» Beating Staff Members In the United States, the St. Petersburg Times revealed for the first time in june, accounts from four ex high ranking members of the organisation, that accuse the head of the Church, David Miscavige, of beating frequently his employees. At the start of the month, the New York Times was publishing an investigation on the difficulty that scientologists encounter when trying to distance themselves from the organisation. To quit the Church of Scientology, the couple in the article affirmed having to sign false confessions about their life and their work, to give the Church thousands of dollars and having to cut any communication with their friends and family that stayed in the Church. In france, following complaints from 2 ex-members of scientology that said they were defrauded of tens of thousands of euros, the correctional Tribunal of Paris condemned in last october the Church of scientology for ''Organized group fraud''. In every country, the Church of Scientology accused the ex-members of lying. |
Centre de désintoxication Narconon Des dons embarrassants
Le centre de désintoxication Narconon de Trois-Rivières, dont les thérapies
sont basées sur les techniques du fon- dateur de l'Église de scientologie, a créé
un malaise en offrant des dons à divers organismes communautaires de la région.
Radio-Canada a appris que certains organismes ont refusé l'argent pour ne pas
être associés à Narconon et que d'autres ont été indisposés par la façon dont le
centre a fait la promotion de son geste à maintes reprises.
Narconon a récemment remis des dons totalisant 5'000 $ à divers organismes communautaires. Sylvie Tardif, qui est responsable de l'organisme d'alphabétisation Comsep, n'a pas donné suite à l'offre de don. «Je voulais vérifier, avoir un peu plus d'information par rapport à Narconon et par rapport à l'Église de scientologie. On n'avait pas le temps de le faire, car il fallait déposer en dedans de 24 heures. J'ai préféré que l'on n'aille pas de l'avant.» La directrice de la Maison La Séjournelle de Shawinigan, qui vient en aide aux femmes victimes de violence, a accepté le don, avant de se raviser. «On a vu qu'il y avait des liens possibles entre Narconon et l'Église de scien- tologie. C'est contre notre mission, l'approche de l'Église de scientologie, ce qui fait que l'on a refusé le don», explique Denise Tremblay. Mme Tremblay ajoute qu'elle a dû interpeller Narconon à deux reprises pour faire retirer le nom de son organisme de la publicité télévisée de Narconon. «Il y a un manque d'éthique et de transparence très clair dans ce type d'appro- che. Une photo après un chèque, c'est normal, mais une utilisation à plus long terme d'un nom, je trouve ça déplorable», affirme-t-elle. Louise Cossette, de l'organisme Moisson Mauricie, a pour sa part accepté le don de 2000$ offert par Narconon. Elle a toutefois constaté par la suite qu'une publicité télévisée du centre de désintoxication faisait la promotion de ce don. «J'ai été très surprise, parce que l'on n'avait pas eu de demande à l'effet qu'on ferait de la publicité avec cet événement. D'ailleurs, on avait dit à Narconon qu'il n'y aurait aucun engagement de la part de Moisson Mauricie», précise-t-elle. Narconon se défend De son côté, les dirigeants de Narconon rétorquent qu'ils croyaient bien faire en aidant des organismes de la région. Le porte-parole du centre, Sylvain Fournier, admet toutefois qu'une erreur s'est glissée dans la publicité télévisée. «Au début, le nom Séjournelle est apparu. On m'a téléphoné pour nous faire part qu'il fallait l'enlever», soutient-il. Narconon se défend également d'être lié à l'Église de scientologie. L'organisme confirme toutefois que le fondateur du centre s'est inspiré des propos du fondateur de l'Église de scientologie, Ron Hubbard. Remarque d'anti-scientologie Jean-Luc
Barbier, président de l'AVDS et ex-fondateur
de l'Assocation Narconon-Suisse nous a attesté
que
Narco- non est une succursale liée à la scientologie.
De plus il a donné les preuves que Narconon travaille main dans la main avec la secte
pour recruter des adeptes.
Pourquoi un media d'information ne fait-il aucune enquête sérieuse avant de publier une propagande de la scientologie ? A-t-il peur de devoir publier un droit de réponse sous la menace d'une plainte pénale ? Le GRAVIS, 22 février 2008 |
Narconon
est une structure très active dans la région de
Montréal. Depuis quatre ans, elle a proposé des
confé- rences sur le thème de la drogue à
près de 12 000 élèves d'écoles primaires
et secondaires de la région. Les établissements
ont accepté de recevoir les conférenciers, ignorant
leur lien avec la Scientologie.
Se pose le problème de l'infiltration des sectes en milieu scolaire et on peut se demander quelles sont les méthodes de vérification mises en place par les établissements afin de sélectionner les organismes qui interviennent auprès des élèves. Il y a quelques années, des affaires similaires, impliquant notamment le Mouvement Raëlien, ont déjà été constatées. Il faut noter qu'au Canada, le milieu scolaire est soumis à de nombreuses restrictions budgétaires. Le caractère gratuit des services offerts par des organismes tels Narconon peut amener certains établissements scolaires à moins de vigilance. |
|
|
|
[Accueil][Objectifs][Nouveautés][Pétitions][Témoignages][Faire un don][Articles médias][Jura et les sectes][La manipulatio] |