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La scientologie a pris le contrôle de l'association CAN aux USA

La scientologie a pris le contrôle de l'association de prévention CAN (Cult Awareness Network) (newtimesla.com - September 9-15, 1999)

Il a fallu des années aux scientologues pour venir à bout du CAN (newtimesla.com - September 9-15, 1999)

Le nouveau CAN est pourtant géré par des scientologues, pour la scientologie (newtimesla.com - September 9-15, 1999)

Jugement de la plainte de CAN (Cult Awareness Network) contre la Scientologie (Cour Suprême de l'Illinois - 18 septembre 1997)

Le père d'un adepte de la scientologie reçoit une lettre de menace (7 juillet 1995)

Harassment of CAN by the Church of Scientology (1999 New Times)

 

La scientologie a pris le contrôle CAN aux USA

Par Ron Russell

Résumé: Des années durant, l'association association de lutte anti-sectes la plus connue des Etats-Unis, le "CAN" (Cult Awareness Network, c'est à dire Réseau de prise de conscience des Sectes) fut le pire ennemi de la scientologie.

Cet article permet de mieux comprendre comment les scientologues s'y sont pris pour détruire le CAN (l'ADFI américaine), mais aussi, les relations existant entre l'OSCE - organe du Congrès US chargé de coopérer avec l'Europe - et la scientologie, ainsi que le "pasteur" Demeo de l'institut théologique de Nîmes.

L'association "CAN" a dû fermer ses portes il y a quelques temps, mise en liquidation judiciaire par un jugement la condamnant à verser 3 millions de dollars à un membre d'une secte que la Scientologie avait "préparé" pour qu'il porte plainte pour mauvais traîtements etc... contre le CAN; ce dernier a donc été réduit à la banqueroute, et c'est un avocat scientologue qui a racheté le "fonds de commerce" et les dossiers du CAN.

La scientologie dénoncée pour avoir instrumentalisé la justice

La Cour Suprème de l'Illinois a toutefois établi que la scientologie s'étant arrangée pour porter plainte à 24 reprises dans 21 tribunaux différents, contre le CAN: le Juge Suprême a défini qu'il s'agissait d'une conspiration.

On peut donc taxer la scientologue de conspiration pour la seconde fois, un jugement ayant déjà condamné en 80 neuf de ses hauts dirigeants - dont la femme du gourou - pour conspiration.

En France la scientologie tente de faire le même coup contre l'ADFI, l'association de lutte anti-sectes française: elle a monté une association " des victimes de l'ADFI" par laquelle elle tente de faire des procès contre son "ennemie".

Pour simplifier la lecture de ce document les réferences juridiques américaines à des verdicts antérieurs, les (références) ou (ref), n'ont pas été reproduites.

Autre article sur le sujet ci dessous (en anglais)


La revanche scientologues

Par Ron Russell

Source: http://www.newtimesla.com/issues/1999-09-09/feature.html - September 9-15, 1999
[Texte intégral]

Ce fut une idée dont l'heure était venue. C'est ainsi que Priscilla Coates décrit les humbles débuts du CAN, fondé il y a une vingtaine d'années dans la foulée des meurtres et suicides en masse du Guyana, chez les adeptes de Jim Jones. Le concept en était simple: établir une association sans but lucratif d'envergure nationale pour aider les gens pris dans le tourbillon grandissant de la scène sectaire. L'acronyme CAN existe encore, au moins sur le papier. Mais près d'un quart de siècle plus tard, nul membre fondateur n'y travaille plus: quand les gens téléphonent au CAN actuel, c'est un membre de la scientologie qui lui répond. Plutôt que de mettre en garde les gens au sujet des sectes, les opposants disent que le nouveau CAN leur fait de la publicité. Comme le dit un critique, c'est comme si l'association "Laissez-les vivre" prenait le planning familial en charge.

L'histoire de la manière dont la très controversée église de scientologie - que le Time qualifia de "secte avide d'argent" - prit le contrôle du groupement anti-sectaire , son ennemi juré - est aussi bizarre que la science-fiction du fondateur de l'église, Hubbard. C'est aussi un bon avertissement envers ceux qui s'élèvent face à la sciento- logie, avec son penchant pour les tribunaux, et sa réputation de dure à cuire face à ceux qu'elle appelle "suppressifs", c'est à dire ceux qui ont ridiculisé ses enseignements. Ces dogmes comprennent l'histoire hubbardienne prétendant que les humains sont constitués de conglomérats d'esprits renommés "thétans", bannis sur terre il y a 75 millions d'années par un tyran galactique nommé Xenu.

Hubbard, auteur de science fiction de gare mal noté dans la Navy, trouva la célébrité en 1950 lorsqu'il émit le concept de la Dianétique, alors présentée comme une science moderne de la santé mentale. Elle est encore au coeur de la pratique scientologue. On y trouve aussi un appareil genre détecteur de mensonges simplifié appelé électromètre, censé mesurer les changements de charge électrique à la surface de la peau, pendant que le sujet aborde des choses intimes de son existence. Hubbard disait que les ennuis venaient d'aberrations mentales nommées "engrammes" et que les séances de "conseil" à l'électromètre pouvaient aider à s'en débarrasser. Les scientologues appelent ce procédé (très cher) de nettoyage du mental "l'audition" ou "auditing". Mais au cours des années 70, le fisc américain fit quelques... audits de son cru et accusa Hubbard de rafler des millions de dollars à l'église, de les blanchir dans des sociétés bidon, et de les expédier vers des comptes suisses. Bien qu'il mourut avant que l'affaire ne s'achève, sa femme et une dizaine d'autres pontes de la secte allèrent en prison début des années 80 pour cambriolage, infiltration, et écoutes illégales portant sur une douzaine d'agences officielles ou privées, afin de faire cesser leurs investigations.

Dotée de vastes quartiers sur Sunset Boulevard à Hollywood, l'église à rassemblé une série d'adeptes étoilés: on y trouve John Travolta, Tom Cruise, Kirstie Alley, le musicien Chick Corea, et le chanteur Isaac Hayes. Afin de se débarrasser de sa réputation de groupe marginal, elle a engagé la puissante affaire de relations Publiques Hill & Knowlton, acheté quantité de spots télévisés, d'annonces dans la presse, et recruté des universitaires ou autres professionnels par l'entremise d'un réseau de consultants dont les liens scientologiques restent typiquement cachés. Ses membres comprenent aussi des personnalités des média: Greta Van Susteren - correspondante légale de CNN et son mari John Coale, important avocat washingtonien. Ils ont d'ailleurs joué un rôle mineur dans l'assaut scientologue contre le CAN, en représentant une dame de l'Ohio qui poursuivait une organisation de déprogrammation dite "Wellspring", dont le patron était également membre du conseil du CAN.

Dans la mire, les officiels de l'ancien CAN disent qu'ils auraient dû voir venir l'assaut de la scientologie - leur engagment suspecté dans des pratiques de kidnapping et de déprogrammation d'individus entrés dans des sectes ayant aussi créé une controverse. Ils auraient surtout dû prèter garde après qu'un avocat scientologue éminent de Los Angeles ait attaqué lors d'une plainte contre le CAN en banlieue de Seattle. Nul n'aurait imaginé que cette plainte, au nom d'un jeune homme nommé Jason Scott, qui avait été kidnappé et déprogrammé d'une secte évangélique, produirait quelques 5,2 millions de dollars de dommages et précipiterait la ruine du groupe anti-sectes. Ils n'auraient pas non plus pensé que le logo, les meubles et le numéro de téléphone du CAN auraient été soldés aux enchères par ordre du juge des saisies ce jour de 1996, et vendus à un scientologue jailli de nulle part pour placer l'enchère finale.

Mais l'indignité ultime attendait encore les croisés anti-sectaires au début 1999, dans un tribunal de Chicago. Ayant déjà vaincu le CAN, pris son nom, et expédié ses bureaux d'Illinois tout près des quartiers scientologues d'Hollywood, les avocats liés à la scientologie n'eurent qu'à faire un pas pour prendre possession des dossiers sensibles de vingt années de travail du CAN. Répartis dans plus de 150 caisses, il y avait là les noms, adresses, et informations détaillées sur des milliers de personnes ayant demandé de l'aide au CAN pour aider un ami ou un parent. La liste des organisations que ciblait l'ancien CAN se lit comme un Who's Who de la culture marginale: cela va du Ku Klux Klan et des Nations Aryennes à des douzaines de groupuscules évangélistes ou fondamentalistes, à des Eglise de Satan, Eglise de l'Unification de Moon, en passant par des adeptes de partis politiques extrémistes comme celui de Lyndon LaRouche, et bien sûr, à l'église de scientologie.

Un juge avait antérieurement exclus ces matériaux de la liquidation, ordonnant qu'ils soient retenus pendant que les anciens officiers du CAN cherchaient une protection légale afin de les conserver hors de portée de l'ennemi. Mais les juges de faillites sont souvent méfiants dès qu'il s'agit de passer les documents d'un groupe à un autre, surtout s'il s'agit de concurrents. Hélas, les avocats semblent avoir établi leur plan de campagne: rachetant les jugements portés contre le CAN ruiné, un individu de Los Angeles nommé Gary Beeny devint le principal créditeur de la faillite. Et c'est à Beeny que le juge donna en mai les dossiers, derniers vestiges des ressources anciennement abondantes du CAN.

Beeny est scientologue, selon le magazine American Lawyer. Il eût tôt fait de transmettre les documents à un groupe sous contrôle scientologique, la Fondation pour la Liberté Religieuse. La fondation en question était déjà devenue l'entité officiellement autorisée à faire fonctionner le nouveau CAN, lorsqu'un autre scientologue de Los Angeles, Steven A. Hayes, avait racheté le logo et les autres biens. L'avocat qui représentait Beeny n'était autre que la porte-parole célèbre, le scientologue Kendrick L. Moxon. C'est d'ailleurs lui qui représentait Jason Scott dans l'affaire de faillite du CAN. (Scott déclare maintenant qu'il a servi de chèvre aux scientologues, et a rénié Moxon).

Impensable, mais vrai, le président de la Fondation en question, également président du nouveau CAN, n'est autre qu'un pasteur auto-déclaré baptiste: George Robertson. Autre pièce de cette symétrie inversée, le directeur du nouveau CAN n'est autre que Andy Bagley qui fut secrétaire d'Hubbard en son temps, et meneur de l'antagonisme contre l'ancienne directrice de l'ancien CAN, Cynthia Kisser. Bagley avait commencé à s'occuper de Mme Kisser alors qu'il dirigeait une des branches des opérations spéciales de la scientologie, la branche "CIA" scientologue de Kansas City. "Nous parlons ici d'une conspiration de larges proportions, d'une tragédie véritable", déclare le Dr Ed Lottick, médecin Pennsylvanien et directeur de l'ancien CAN [anti-scientologie: dont le fils s'était suicidé en scientologie]. "Maintenant qu'ils ont les dossiers, Dieu sait quel désastre ils vont en tirer."

Lottick n'attendrait pas longtemps en effet.

Depuis leur transfert à Los Angeles voici deux mois, les scientologues du nouveau CAN ont entamé la tâche délicate d'organiser et archiver les dossiers. Ils désirent en faire passer des copies aux nombreux groupes visés par l'ancien CAN, dit Nancy O'Meara, cadre et trésorière du nouveau CAN. Scientologue depuis 25 ans, O'Meara considère l'ancien CAN comme un ramassis de semeurs de haine, "faisant règner la terreur", et ne cache guère son sourire à l'idée que des groupes visés par l'ancien CAN puissent user de ces matériaux pour entreprendre leurs poursuites en justice, ou même, des procès au criminel.

Le principal lieutenant du gourou déjà emprisonné Tony Alamo, - flamboyant prècheur des rues qui combinait ses avertisssements messianiques à une business rentable qu'il effectuait en veste de cuir à sequins, a pris l'avion depuis l'Arkansas pour obtenir des copies des dossiers d'Alamo. "Les documents sont étonnants, dit O Meara: ils vont ouvrir pas mal d'yeux, et nous pensons qu'ils vont attirer passablement les médias." Bien sûr, ils sont gardés au secret... Questionnée plus précisément, elle renvoie les questions portant sur ces dossiers vers l'avocat scientologue Moxon, qui serait le responsable de ces fichiers après avoir été la clé de l'effondrement de l'ancien CAN. Mais lorsqu'on l'a approché, Moxon s'intéressait davantage à poser des questions sur notre article qu'à discuter du CAN. "J'ai lu des tas de choses merdiques [sur la scientologie] dans le New Times, nous a-t'il dit, avant de raccrocher le téléphone: je ne vous fais pas confiance."

For the old Cult Awareness Network, the end was swift.

Ben Hyink, who represented CAN in the bankruptcy, recalls the somber mood on that day in 1996 when he escorted Cynthia Kisser into a Chicago courtroom on what proved to be a fool's errand. Kisser had spent nine years at the helm of the organization, and, like the captain of a sinking ship, desperately wanted to cling to it for as long as possible. She had arrived naively hoping to buy the group's assets. Even more naively, she hoped that they wouldn't cost much. Even if successful, hers would have been a sad mission.

The aim was to scoop up the trade name, post office box, help-line number, and service mark merely to retire them and thus put the beleaguered CAN out of its misery. But there was another suitor in the courtroom that day -- Steven Hayes, the Scientologist, who had come all the way from L.A. with different ideas. The bidding started at $10,000, and a nervous Kisser quickly offered $11,000. Hayes raised her $1,000. "I will bid $13,000," she said. "Fourteen," snapped Hayes. Kisser kept going -- to $19,000. But when Hayes upped her again, Kisser responded: "No more." The trustee conducting the sale asked if she'd like to take a break, and she said that would be fine. He told her that if she wanted to make another offer to come back within three minutes. But as Hyink recalls, the pause was pointless. Kisser could go no higher. "I will accept the offer of Mr. Hayes for $20,000," court records show the trustee proclaimed.

Résumé de ce passage non traduit: le scientologue a emporté l'affaire de saisie et vente aux enchères pour 20'000 dollars.

C'était fini. Mais il avait fallu des années aux scientologues pour venir à bout du CAN.

Depuis 1991, le CAN avait dû faire face à une cinquantaine de plaintes déposées par des scientologues devant des tribunaux d'états ou fédéraux, dans tout le pays. Mme Priscilla Coates, ancien chef de la section de Los Angeles, se souvient avoir reçu une demi-douzaine de plaintes en quinze jours, courant 92. "Ca devenait tellement habituel qu'on avait l'impression de connaître déjà les plaignants, dit-elle. Simultanément, les scientologues déposaient des douzaines de plaintes pour discriminaion devant les commissions de droits de l'homme, le tout exigeant une batterie d'avocats.

Bien que ce soient des scientologues individuels qui aient déposé les plaintes, la plupart parlait un language presque identique. Autre dénominateur commun: une bonne part avait passé par le cabinet de Moxon. Les plaintes étaient de deux sortes: soit on leur avait refusé de devenir membre d'un CAN local, ou bien on les avait refusés à la conférence annuelle du CAN. "Il aurait fallu être idiot pour ne pas constater l'orchestration de l'ensemble", dit Dan Leipold, l'avocat de Santa Anna ayant défendu le CAN dans trois douzaines de plaintes, et qui a souvent pris à partie la scientologie. Ses dossiers contenaient des tas de lettres écrites par des scientologues au CAN, demandant à faire partie de l'association.

Dans nombre d'entre elles, le language est quasi identique, comme si on les avait pondues à partir d'un modèle. L'étendue de la conspiration devint claire, dit Leipold, lorsqu'il commença à faire déposer les plaignants individuellement et qu'il découvrit que certains n'avaient même pas demandé à faire partie du CAN avant leur plainte. D'autres, dit-il, ignoraient qui payait leurs avocats ou comment ces avocats avaient été sélectionnés. Pour Coates, la campagne de lettres ne faisait pas mystère: "Rien de spontané ici, les lettres commencèrent à arriver par sacs, toutes disant la même chose : pas besoin de sortir de St Cyr pour voir qu'ils nous étaient sur le dos". Bagley, l'ancien secrétaire d'Hubbard, le confirme. Après avoir été repoussé plusieurs fois par Kisser qui voulait discuter des "vieux mensonges fomentés par le CAN sur la scientologie", dit-il, il l'informa par téléphone qu'il voulait "entrer dans l'organisation afin de la réformer de l'intérieur".

Ce qui poussa précisément la scientologie à user de ses ressources considérables contre le petit groupe anti-sectaire - en dehors de la vieille haine des scientologues envers le CAN - reste affaire de spéculation; on ne peut toutefois s'en étonner. D'après les règles scientologues, les opposants sont classés parmi le gibier de potence (fair game) et peuvent être attaqués. Les enseignements hubbardiens décrivent bien l'importance de lancer des attaques en justice contre l'ennemi - bien que le but soit plutôt de décourager que de gagner. Par conséquent, les avocats engagés par l'église ont déposé des centaines de plaintes au cours des années. On trouve parmi eux des avocats de haute volée, comme le Président Gerald Chaleff de la commission de la Police de Los Angeles.

L'attaque du CAN ne pouvait être aidée par le numéro de Mai 91 du Time, "Scientologie, secte avide de pouvoir et d'argent". Cynthia Kisser y faisait quelques remarques très désobligeantes sur la scientologie: ses membres ne faisaient pas non plus mystère de leur mépris vis-à-vis de Kisser: on trouvait ainsi, dans un numéro de Freedom magazine - publication scientologue, le titre de la UNE: CAN: le serpent de la haine, de l'intolérance, de la violence et de la mort". On lisait ensuite que le CAN était un groupe de haine dans la tradition du KKK et des néo-nazis, Kisser y étant décrite comme "la mère du serpent".

La même publication donnait une autre accusation: Cythia Kisser avait été "danseuse nue" dans un night-club de Tucson, Arizona - accusation estimée grotesque par Kisser. (Mme Kisser refusa plusieurs interviews avec le New Times; ses collègues disent qu'elle est se sent perosnnellement détruite par la disparition du CAN et ce qu'elle perçoit comme un harassement continuel de l'église à son encontre. Elle dit avoir tenté une nouvelle vie et s'est inscrite à une faculté de droit à Chicago.)

Le CAN arriva à continuer à fonctionner pour un temps en dépit des attaques scientologues. Mme Coates dit que le groupe recevait environ 20000 demandes d'information par an, et que la quantité ne changea guère après le début du tir de barrage légal. Mais le litige consommait de l'énergie "Il ne fallait pas tant d'expertise légale pour surpasser l'autre camp, dit Hynk, ancien avocat du CAN. C'était plutôt une guerre d'usure". En 1993, le CAN en était à 10000 dollars mensuels en frais de justice; Coates indique que cela aurait été bien plus si le travail n'avait pas été fait pro bono. Certains des avocats travaillant pour le CAN doutaient même d'être jamais payés et ne le furent pas. Mais un problème pire attendait: après que les assurances aient refusé d'assurer le risque accru, la base de donateurs s'amoindrit.

Mme Coates dit que les contributeurs répugnèrent peu à peu à contribuer à un groupe qui dépensait tant en frais de justice - ajoutant qu'elle comprenait leur point de vue. Les scientologues titillaient un point faible, là où l'effondrement pouvait démarrer. Le point crucial s'avéra être une plainte fort différente des autres: Jason Scott n'était pas scientologue, mais membre d'une église évangélique, lorsqu'il fut victime d'une tentative ratée de déprogrammation à 18 ans révolus. Les circonstances de ce cas ne furent pas discutées. Sa mère, Katherine Tonkin, deux fois remariée après la naissance de Jason et mère de six autres enfants, était rentrée à l'église du Tabernacle Vivant, petite unité pentecôtiste à Bellevue, état de Washington. Sa désillusion fut rapide par rapport aux enseignements de l'église, qui déclarait que la télé et les films étaient interdits et décourageait les femmes de porter jeans ou bijoux. Elle quitta l'église, mais Jason et ses deux frères de 16 et 13 ans choisirent d'y rester.

Ses inquiétudes augmentèrent en 1990, après que les deux aînés aient été pris dans une famille de deux des chefs de l'église, et que son cadet soit reparti vivre chez sa grand-mère. Ne sachant que faire, Mme Tonkin appela une ligne de secours et obtint le numéro de Shirley Landa, bénévole du CAN, qui lui communiqua le numéro de Rick Ross, expert en sectes basé à Phoenix qui avait pratiqué des quantités de déprogrammations. En décembre 1990, il partit sur Seattle, déprogramma les deux cadets, mais Jason fut plus difficile. Il témoignera ensuite que le jour où il fut kidnappé, menotté et poussé dans un break par les trois personnes assistant Ross, il leur cria qu'ils n'avaient aucun droit de faire ce qu'ils faisaient; le témoignage dit qu'ils le baillonèrent et l'emmenèrent sur la plancher du break à quatre heures de là, dans une maison isolée de la côte de Washington. Cinq jours durant, Ross et les autres forcèrent Scott à regarder des vidéos sur des sectes et tentèrent de le faire renoncer à son église; il accepta de leur dire ce qu'ils attendaient. Mais le soir, au repas de "célébration" prévu, il quitta la table et appela la police.

Coates et les autres continuent à dire ce qu'ils ont alors dit: que le groupe CAN n'était en accord qu'avec des moyens légaux pour faire quitter les sectes, et qu'il n'aurait pas accepté sciemment une déprogrammation forcée. Cette affirmation amène pas mal de doutes chez certains: "Je crois que l'ancien CAN a fait pas mal de tort en coopérant ou en expédiant des gens chez ces déprogrammeurs.", dit Newton Maloney, du Séminaire Théologique de Pasadena. Maloney, psychologue clinicien et ministre méthodiste, pense que le nouveau CAN fait oeuvre positive en tentant de réconcilier les familles avec leurs membres ayant rejoint des groupes qu'elles n'acceptent pas. Il dit que son point de vue neutre sur le nouveau CAN à la couleur scientologique lui a valu d'être catalogué comme apologiste des sectes dans le mouvement anti-sectaire. (L'église de scientologie, en partie poussée par Maloney, a financé une conférence sur la tolérance religieuse à Fuller au début dee l'année, à laquelle le président scientologue Heber Jentzsch assistait). D'autres vont plus loin encore dans leur sympathie pour le nouveau CAN.

Dans un témoignage sous serment publicisé par la scientologie, Lowell Stryker, conseiller des familles et ministre de l'église Unie du Christ - Caroline du Nord, affirme que 80 % de toutes les déprogrammations dont il a eu connaissance partaient de l'ancien quartier général du CAN ou de ses satellites. Sa déclaration a été réimprimée par l'église de scientologie dans un manuel intitulé: "The Cult Awareness Network: Anatomy of a Hate Group"

Le facteur critique de détermination de l'enlèvement de Jason Scott fut son âge. Eût-il été mineur comme ses frères, l'incident serait passé quasi inaperçu. Et bien que le lien soit maigre entre le CAN et le déprogrammeur, c'est bien une bénévole du CAN qui communiqua l'adresse de Rick Ross à la mère de Jason. Ross dût faire face aux accusations de kidnapping, mais lorsque Tonkin admit sa responsabilité dans l'engagement de Ross, il fut évident qu'il n'y aurait pas de condamnation. Rares sont les jurés qui jetteraient la pierre à une mère désirant faire ressortir son fils adolescent d'une secte suspecte, même si l'un d'eux est majeur. Mais il se passa autre chose de capital durant le procès criminel.

Un avocat de Los Angeles appela Jason Scott pour discuter d'un procès au civil contre le CAN. Cet avocat était Marcello di Mauro, collègue de Kendrick Moxon. Peu après, selon les déclarations de Scott, di Mauro venait à Seattle, emmenait Scott dîner, et lui parlait des millions de dollars potentiels qu'une plainte au civil pourrait apporter. Scott ne rencontrera Moxon - qui plaida sa cause - que des mois plus tard, mais il avait pris sa décision. Dès que Rick Ross eût été acquitté des charges de kidnapping pesant sur lui, un avocat scientologue déposa une plainte qui serait le coup de grâce pour le CAN.

L'avocat de la défense du CAN au civil, Mary Steele, acquit rapidement la conviction que la scientologie était derrière le cas Scott et en conclut qu'il serait crucial qu'un jury apprenne les inimitiés anciennes entre CAN et scientologie. Mais à la veille du procès, le Juge de cour de district John Coughenour surpenait la défense en lui interdisant de présenter des preuves concernant la scientologie. En termes tactiques, c'était le raté complet. Le CAN ne pouvait s'offrir de témoins experts, ni même payer le voyage de quelques membres pour témoigner, nous apprend Coates. Pendant ce temps, Moxon et son équipe s'offraient un apologiste des sectes nommé Anson Shupe de l'université de l'Indiana, déjà plusieurs fois expert dans des procès impliquant la scientologie. Il dit au jury avoir passé des années à étudier le CAN et avoir conclu qu'il avait un passé d'attaque des groupes religieux non conventionnels. Le CAN était si bas financièrement qu'il ne put même pas payer l'avocat de la défense. Quand on lui demande si c'est les fonds qui posèrent le problème, Steele répond ne pouvoir décrire à quel point c'était vrai.

En fin de compte, un jury accorda 1,8 million de dollars contre le CAN et 3,4 contre Ross. Mais Scott ne verra qu'une infime portion de ces sommes: il ne reste plus rien à tirer du CAN. Une fois Scott et Moxon repartis, Scott vendra son jugement à Beeny pour 25000 dollars. Dans les heures qui suivront la transaction, Scott prendra un nouvel avocat, l'anti-sectaire de Los Angeles : Graham Berry. Celui-ci raconte avoir reçu de Moxon un appel pour son nouveau client: Beeny. L'intérêt de Moxon était pour le jugement de Jason, et non pour négocier un quelconque compromis de paiment, dira Berry. C'était d'acculer le CAN à la fallite et d'en saisir les biens pour le compte de la scientologie. Lorsqu'on prit à nouveau contact avec Moxon au Time, pour lui demander son appréciation sur l'avis exprimé par Me Graham Berry, Moxon le qualifia de bagarreur anti-scientologue, indiquant que le mois passé, un juge supérieur de Los Angeles l'avait qualifié de "contestataire vexatoire" [vexatious litigant en anglais, ndt] dans une autre affaire liée à l'église. "Le CAN était un groupe de semeurs de haine", dit Moxon. "Il kidnappait, et dénigrait des croyances de minorités religieuses. Le nouveau CAN n'est pas comme ça: il promeut le dialogue inter-religions.

Pendant ce temps, Jason acceptait 5000 dollars de Ross en échange du jugement. D'après sa mère, ces hommes sont désormais amis. Scott, qui a maintenant 27 ans, vit en Arizona et se considère désormais comme un jouet ayant servi à la scientologie pour détruire le CAN. Sa mère dit "on lui a lavé le cerveau deux fois de suite: d'abord dans la secte où il était, puis ce sont Moxon et les scientologues qui s'en sont servi pour abattre le CAN." Elle ajoute que si son fils ne nous reçoit pas, c'est qu'il aimerait oublier tout ce qui s'est passé.

Même si George Robertson n'a réellement pas entendu parler de la scientologie, il a de bonnes raisons d'en vouloir à l'ancien CAN.

Associé de 58 ans au réverend Carl H. Stevens Junior, fondateur d'une secte désormais disparue "La Bible Parle" (The Bible Speaks), Robertson avait été affilié à un groupe que le CAN a continuellement déclaré dangereux. Stevens, chauffeur-livreur de boulangerie prétendant que toutes ses élucubrations étaient parole de Dieu, avait déménagé le QG de La Bible Parle du Maine à Lenox, Massachussets, en fin des années 1970. Robertson établit son ministère affilié à celui de Stevens en Floride. Un ancien "diacre" de la Bible Parle raconte que Robertson était toujours accroché aux basques de Carl Stevens, qu'il sagissait d'un de ces gars ayant toujours besoin d'être à la droite du Roi, de sentir l'arôme de la Couronne."

Les ennuis de la Bible Parle commencèrent lorsque Betsy Dovydenas, héritière du Grand magasin Dayton-Hudson, arriva. Elle entra dans l'église de Stevens en 1982 et fut rapidement convaincvue de quitter son mari, et de donner à la Bible Parle 6,6 millions de dollars d'un patrimoine estimé à 20 millions. Stevens, brusquement riche, s'installa dans un campus boisé de 85 acres (35 ha) en lisière de la ville, avec station de radio, studios de télévision, centre de réunion, et nouvelle maison pour les maîtres des lieux. En 1986 les Dovydenas parvinrent à garder assez longtemps près d'eux Mme Dovydenas pour qu'un déprogrammeur ait le temps de la convaincre qu'elle avait été hypnotisée. L'année suivante, elle poursuivit la Bible Parle en justice afin qu'on la rembourse, disant avoir été sous influence. Le procès traîna jusqu'en Cour Suprème des Etats-Unis où elle finit par le remporter - mais le jugement n'avait plus de valeur: quoique les Stevens se soient installés dans un bel appartement de Floride, la Bible Parle avait fait faillite. L'héritière se retrouva avec un éléphant rose: l'ancien campus de la secte. A 47 ans, elle se souvient: "J'ai eu le cerveau lavé; elle parle de Stevens comme d'une prédicateur sans envergure, ajoutant qu'elle trouve incompréhensible que qui que ce soit de la hiérarchie du groupe puisse avoir eu des motivations sincères".

La controverse n'arrèta pas la carrière de Stevens, ni l'affiliation de Robertson envers lui. Stevens ferma l'opération en cours à Lenox et déménagea à Baltimore. Robertson y était parti d'avance pour ouvrir une église qui jouerait ensuite un rôle clé dans la survie de son mentor en tant que figure religieuse. Stevens se servit de l'église établie par Robertson comme tremplin, y établissant l'église de la "Grandissime Grâce du Monde" (Greater Grace World Outreach). En 1987, l'église achetait un centre commercial abandonné comme QG et campus de l'église affiliée "Maryland college of the Bible and Seminary". Robertson est le vice-président de l'école. Quantité d'anciens de La Bible Parle avaient suivi Stevens à Baltimore et d'autres du collège biblique de Lenox avaient passé dans l'école (non-accréditée) du Maryland. Stevens installa boutique ailleurs, prétendant que La Bible Parle n'avait jamais existé, nous raconta Doris Quelet, alors active à la section de CAN à Baltimore. "La nouvelle installation leur permit de mettre leurs biens à l'abri du jugement Dovydenas. Bien que n'ayant pas piégé de nouvelle héritière, le pastorat de Stevens fit son chemin parmi des athlètes aisés: on constate ainsi que le Rd John Love, subordonné de Robertson, a beaucoup amélioré l'image des Knicks New-Yorkais du NBA connu comme "la belle équipe" où la partie se poursuivait... par des exhortations à la prière depuis le centre du terrain...

L'ancien CAN et ses supporters continuèrent donc à tourmenter Stevens et Robertson après leur déménagement à Maryland. Ils accusaient Stevens d'avoir acheté son diplôme de doctor en divinité d'un imprimeur du Tenessee. "Ses certificats ne valent pas le papier sur lequel ils osnt imprimés, " raconte David Clark, conseiller ayant aidé les Dovydenas à faire sortir Betsy. Clark indique qu'un de ses collègues a même pu obtenir un tel diplôme, mais... pour son chien! Un enquèteur privé alla même en Georgie observer le séminaire où Robertson était supposé avoir obtenu son diplôme et trouva une façade dont l'aspect montrait qu'elle était abandonnée depuis des années. Quand on lui a posé la question, Robertson a dit qu'il s'agissait "d'un séminaire biblique plutôt petit, une cinquantaine d'étu- diants, qui aurait été avalé par un autre séminaire lequel aurait été à son tour absorbé par un troisième." Bien qu'il se dise baptiste, Robertson n'a été ordonné par aucune organisation baptiste, et n'est associé à aucune d'elles; il rétorque "Je suis indépendant, je ne crois pas aux titres". Il décrit Grandissime Grâce, où il est pasteur, comme ayant "son orientation indépendante évangélique, reconnaissant les enseignements baptistes." Avec tout ça, Robertson possède les atouts parfaits pour être aux petits soins avec la scientologie comme anti-propagandiste du CAN.

Durant la douzaine d'années précédant la fin du CAN original, il parcourut le pays en l'attaquant. Il arrivait à ses séminaires sur les campus étudiants, mettait la pagaille dans les conventions du CAN, prenait ses officiels en filature et manifestait devant leurs domiciles au côté des scientologues. Il prétendait que la CAN était constitué surtout de juifs et de psychiatres professionnels opposés à une chrétienté organisée; un journal du New Jersey le cita un jour: "Tous les chrétiens sont des sectes pour les Juifs". Une autre fois, il qualifia le CAN de "KKK des religions". Patricia Ryan , la fille du député Léo Ryan assassiné par les séïdes de Jim Jones au Guyana, elle-même ancienne présidente du CAN, se souvient de Robertson au coeur d'une foule de scientologues manifestant devant chez elle au Maryland dans les années 80. D'autres disent qu'il fit du scandale dans un hôtel proche de l'aéroport de Los Angeles où des scientologues voulaient s'infiltrer dans une assemblée du CAN. "Ca devenait vraiment ridicule, dit Patricia Ryan; ils essayaient vraiment de suivre les gens dans les ascenseurs ou jusque dans leurs chambres pour les intimider." Une autre fois, il arriva à Oklahoma City avec un contingent de scientologues ayant loué des chambres dans l'hôtel de la convention du CAN, où, pense Coates, ils avaient placé des micros espions chez les participants. Une autre fois, lors de la visite de Cynthia Kisser et d'autres membres du CAN en Floride, Robertson se pointa même dans le bureau du journal où on l'interviewait. Ce jour-là, il escortait un scientologue demandant à être entendu.

Lors d'une cérémonie Hollywoodienne présidée par le président scientologue Jentzsch en 93 - où le chanteur sciento Isaac Hayes se produisit, l'église remit sa récompense de "Meilleur Défenseur des droits de l'Homme" à... Robertson. On y parlait de ses "succès dans la promotion de la tolérance religieuse, des droits de l'homme, et son oeuvre d'opposition à l'acte de déprogrammation violente, ou à d'autres crimes de haine envers la religion". Robertson se hérisse lorsque Coates ou d'autres lui suggèrent qu'il n'est qu'un laquais des scientologues:

"Mon affaire, c'est simplement la liberté religieuse, dit-il; le nouveau CAN est totalement indépendant de l'église de scientologie."

Le nouveau CAN est pourtant géré par des scientologues, pour la scientologie

Ses deux représentants les plus visibles lors des opérations courantes sont Bagley et O'Meara, tous deux scientologues. Robertson indique que le comité des cinq directeurs se réunit quatre fois l'an par téléphonie et qu'il se rencontre une fois l'an physiquement. Mais si on lui demande qui sont les autres membres du conseil à part lui et O'Meara, il dit n'en rien savoir et renvoie vers elle. Durant un entretien, elle a communiqué un ensemble de matériaux parlant du CAN, disant qu'on y trouvait les noms des dirgeants: mais ils ne s'y trouvaient pas. Par contre, on y lisait d'autres infos dénigrant l'ancien CAN. Bien que ni O'Meara ni Bagley ne l'aient confirmé, l'homme qui détenait la présidence du CAN en 1997 - d'après le Washington Times - était un autre scientologue, Isadore Chait, homme d'affaires de Westside. Lors d'un autre entretien, le directeur exécutif Bagley prétendait ne pas savoir qui étaient les autres membres du conseil à part Robertson et O'Meara. Il disait penser qu'un autre était un scientologue du Minnesota et un dernier, un bouddhiste de New-York, qu'il ne put nommer. Au second entretien avec George Robertson, celui-ci dit ne pas même savoir que Bagley était directeur éxécutif, et nous demanda "Qui vous a dit ça?". Une fois informé que Bagley et O'Meara avaient confirmé le fait, un Robertson nerveux nous répondit "Bon, eh bien on verra."

Energique femme dans la quarantaine, O'Meara explique la nouvelle mission du CAN: il s'agit d'aider à dissiper la peur et l'incompréhension quant aux groupes religieux non conventionnels. "Si quelqu'un nous appelle à propos de scientologie, et ça arrive - nous leur disons tout de suite "Bon, ne soyez pas bouleversés, car je suis scientologue; il faut que nous parlions." Elle préside un bureau d'une pièce au 4e étage du Taft Office, au coin du plus légendaire croisement sud-est de Los Angeles, Hollywood et Vine. La pièce est quasi nue, sauf quelques tables, quelques téléphones, un ordinateur et un fax. Une carte au mur donne des indications sur les endroits où l'on peut trouver des universitaires et autres experts vers qui O'Meara et l'équipe dirigent les appels de ceux qui ont besoin d'informations supplémentaires. La liste est un véritable Who's who de ce que les anti-sectaires appelent les apologistes: Maloney, Shupe, J. Gordon Melton de l'univ. se Santa Barbara et une douzaine d'autres, dont le très "CAN" Robertson en personne. Si on l'écoute, on a l'impression que O'Meara n'a jamais rencontré une secte qu'elle n'aimerait pas. Le nouveau CAN fait très attention à ne pas utiliser le mot sectes: "c'est un terme péjoratif ayant perdu toute signification", dit-elle.

Cette vision paraît incongrue dans un groupe dont le nom après tout, demeure "Réseau de Prise de Conscience sur les Sectes" Mais la raison stratégique existe: c'est une marque de service, nous explique O'Meara :"Nous nous en servons uniquement pour revenir dans le domaine public". (Ou bien, comme suggérait Priscilla Coates, pour empècher quelqu'un associé à l'ancien CAN vaincu de s'en servir). On sera supris de constater que, parmi ceux qui trouvent que le nom ne convient plus au CAN actuel, il y ait Robertson. Il admet qu'en devenant - au moins ostensiblement - le plus haut dirgeant du CAN, il avait demandé le changement au profit du nom de la fondation mère - Fondation pour la Liberté de Religion - mais avoue avoir été vaincu. Il ne nous répondra pas par qui.

Aucun détail ne paraît insignifiant à ceux qui tiennent les rènes du nouveau CAN pour rendre misérable l'existence des critiques de l'église . Une fois Coates et son mari réinstallés à New York, elle dit avoir "fait l'objet d'enquètes sans fin", par des gens dont elle est convaincue qu'ils étaient engagés par la scientologie, qui discutaient avec ses voisins, et la filèrent même un temps. Plus vicieux: dès que Coates eût quitté Glendale où elle logeait auparavant, le nouveau CAN appela la compagnie du téléphone pour demander l'ancien numéro des Coates. Lorsque le New Times appela ce numéro, c'est le scientologue Bagley qui répondit " Cult Awareness Network". Bien que révoltée à l'idée que des scientologues répondent à des appels de clients de bonne foi, Coates se rend compte qu'elle ne peut plus rien y faire.

"C'est tragique", dit-elle, mais nous trouvons du récopnfort à l'idée que la réalité du nouveau CAN commence à être connue.

O'Meara insiste lourdement sur le fait que l'église n'a joué aucun rôle dans la chute de l'ancien groupe. "La scientologie n'a pas détruit le CAN, c'est lui qui s'est démoli à force de négliger les droits des autres". Stacy Brooks Young, ex-épouse du bras droit d'Hubbard Robert Vaughn Young, explose à cette idée: ancienne cadre de l'office du gardien qui devint Office des Opérations Spéciales (OSA), Brooks dit avoir elle-même dirigé une mission destinée à détruire les activités anti-sectaires, celles de Coates en particulier. Elle raconte avoir fait des réunions hebdomadaires pour mener la guerre au CAN, et dit: "On a harrassé Priscilla de toutes les façons possibles". Les Young sont désormais les amis de Coates, ayant été parmi les premiers scientologues de si haut rang à avoir quitté l'église en 1991.

Mais la victoire a son butin. La scientologie ne se gène pas pour utiliser le CAN pour promouvoir les enseignements d'Hubbard. Parmi les premières publications portant son imprimatur, on trouve "Faits contre Fiction, Histoire vraie de la scientologie." La revanche scientologue.

    Commentaire: particulièrement intéressant est le fait que le "pasteur" Louis Demeo de "l'institut théologique de Nîmes", qui est une des trois seules personnes entendues par les américains de l'OSCE lors de leur audition portant sur les "religions", est membre français apparenté de... l'église de la Grandissime Grâce. Il assista l'avocat Introvigne et le "docteur" Willy Fautré dans l'opération de séduction et de désinformation des autorités américaines.

 

Plainte de CAN contre la Scientologie

JUGEMENT

Cas 80868, 18 Septembre 1997,

COUR SUPREME DE L'ILLINOIS
Cult Awareness Network, appelant, (plaignant)
contre Church of Scientology, International, appelés (défendant)

OPINION DEPOSEE LE 18 SEPTEMBRE 1997

(Remarque: selon la règle 367 de la Cour Suprême, chaque partie a 21 jours après dépôt d'une opinion pour demander une réaudition. De plus, les opinions sont sujettes à modification, correction ou retrait à tout moment antérieur à l'émission d'un mandat par l'Huissier du Tribunal.

Le plaignant, CAN, a déposé plainte dans les circuits du Tribunal du Comté de Cook contre les défendants, Church of Scientology International de l'Illinois, collectivement, Eglise de Scientologie) ainsi que contre la firme Bowles et Moxon. Dans sa plainte, telle qu'elle fut amendée, le plaignant a affirmé que les défendants s'étaient engagés dans une conspiration pour poursuivre, dans un but malfaisant, plusieurs actions civiles contre le plaignant. Le Tribunal de Circuit a déclaré que

1. le plaignant avait déjà échoué à alléguer une fin favorable des actions sous-jacentes,

2. le plaignant n'avait pas satisfait à l'exigence de dommages extraordinaires pour des actions qualifiables de malfaisantes. La cour d'appel a confirmé l'ordre de démis (279 Illinois 3d 66), et nous autorisons la pétition du plaignant d'abandon de l'appel (155 Ill. 2d R. 315(a)). Pour les raisons qui suivent, nous inversons le jugement des tribunaux de circuit et d'appel et remandons que l'affaire soit ramenée en Tribunal de Circuit pour réexamen.

FONDEMENTS

Du fait que le Tribunal de Circuit a démis l'action selon la section 2--615 du Code de procédure Civile, nous devons prendre les affirmations suffisantes que contiennent les allégations du plaignant comme véridiques. (Références). Ces affirmations peuvent se résumer comme suit:

Le plaignant est une association sans but lucratif engagée, entre autres choses, dans l'éducation des gens vis à vis des droits, responsabilités  et libertés religieux. Les défendants sont deux corporations religieuses et leurs avocats. Le plaignant déclare que les défendants ont ensemble conspiré pour mener une campagne malfaisante de persécution dans le but expresse de provoquer la faillite et la désintégration éventuelles du plaignant.

Spécifiquement, le plaignant affirme qu'entre le 24 Janvier 1992 et le 1er Juillet 1993, divers membres de l'église de scientologie ont déposé 21 plaintes différentes contre le plaignant, à titre de défendant.  [fn1]

Le plaignant affirme de surcroît que les poursuites ont été déposées dans plusieurs juridictions éparpillées dans le pays, comprenant l'Illinois, le Massachussets, la Californie, le Minnesota, les états de New York, et Washington D.C. Toutes les plaintes sauf une prétendaient que le plaignant avait violé diverses lois des droits fédéraux et civils en déniant à chacun des plaignants ayant déposé ces plaintes leurs droits à être membres de l'organisation du plaignant et/ou leur droit à s'y rassembler. Le seul cas qui ne contenait pas ces allégations a été déposé par un membre de l'église qui disait que le plaignant l'avait frauduleusement engagé à faire un travail bénévole.

Chacune des affaires sous-jacentes s'est achevée en faveur du plaignant, soit à la suite d'un jugement sommaire, soit par démission volontaire ou non.

Après avoir mis en avant les détails des poursuites sous-jacentes, le plaignant affirme de plus que le dépôt de chacune des plaintes constitua un "acte manifeste indépendant", prouvant davantage la conspiration. Le plaignant dit en particulier que l'église de scientologie a "suggéré, encouragé, instigué, et assisté les plaignants des plaintes et poursuites engagées".

Le plaignant allègue aussi que la firme Bowles & Moxon a fourni assistance et support  à l'église de scientologie dans chacun des cas sous-jacents. Selon le plaignant, chacune des poursuites a été déposée sans cause probable. Finalement, le plaignant dit avoir souffert de dommages par suite de "la multiplicité des actions menées par, à la demande de, ou avec l'assistance des défendants". Par exemple, le plaignant signale que que cela a impliqué de grosses dépenses d'honoraires d'avocats et que cela a augmenté les primes d'assurance responsabilité civile, entre autres.

Les défendants ont alors déposé une motion pour faire démettre l'affaire avec préjudice pour échec à énoncer une cause d'action. Pour supporter la motion, les défendants ont argué  du fait qu'aucune des poursuites ne s'est achevée par une fin ayant un rapport avec les faits du cas en jeu, et que par conséquent la plaignant avait échoué à prouver que ces actions s'étaient achevées en sa faveur comme l'exige la loi de l'état de l'Illinois. De plus, les défendants disent que le plaignant a échoué à satisfaire à l'exigence de dommages particuliers requise par la loi de l'Illinois. selon eux, les dommages allégués par le plaignant ne constituent rien d'autre que des coûts habituels et une anxiété associée à la défense d'une action civile ordinaire. La Cour de Circuit avait été d'accord sur ces deux points et avait accordé la motion de démission du cas.

Comme on l'a dit précédemment, la Cour d'Appel a confirmé le jugement de la cour de circuit. Bien que la Cour ait alors constaté le fait que le plaignant avait affirmé que chacune des poursuites sous-jacentes s'était achevée en sa faveur,  soit par jugement sommaire soit par démission (soit volontaire, soit involontaire), la Cour a néanmoins retenu le fait que ces allégations ne suffisaient pas à à satisfaire à l'exigence de terminaison favorable requise car ce terme avait été précédemment défini dans des opinions de ladite cour. La Cour a noté que, selon la loi de l'Illinois, "Une terminaison favorable en matière de poursuite malfaisante est une fin qui tranche sur les faits ou résultats d'un cas". (Réferences légales). Pourtant, les affirmations du plaignant échouaient à indiquer que les faits des actions sous-jacentes s'étaient achevés en faveur du plaignant. (279 Ill. App. 3d à 70). De plus, la Cour d'appel soutenait que les allégations des dommages du plaignant n'étaient  pas suffisantes face à l'exigence de dommages spéciaux, mais qu'en fait, elles constituaient "les torts ordinaires engendrés par toute action légale". (Réf). Finalement, le tribunal rejetait le fait que ces dommages spéciaux provenaient de la multiplicité des poursuites sous-jacentes au cas. (Réf)

ANALYSE

La base de notre opinion consistera à déterminer si oui ou non le plaignant a suffisamment allégué de faits supportant une cause d'action pour conspiration civile. Néanmoins, du fait qu'une telle action dépendrait de dommages causés sous-jacents, (réf), la viabilité de la plainte du plaignant peut, en le cas présent, se déterminer à partir de la satisfaction, ou de l'insatisfaction du plaignant à satisfaire aux éléments de poursuite malfaisante. Il est donc approprié d'examiner les éléments pour cette détermination.

En Illinois, les éléments de poursuites malfaisantes sont clairement établis. Le plaignant doit démontrer que le défendant à porté plainte de façon malfaisante dans la poursuite sous-jacente, et sans cause probable. De plus, le plaignant doit établir que l'action précédente a été terminée en sa faveur. Finalement, il doit plaider et démontrer quelque "tort exceptionnel" allant au-delà des dépenses ordinaires, perte de temps ou gène spéciale dû à la défense de la poursuite. (réf). Dans le cas présent, les parties discutent pour savoir si le plaignant a 1/ plaidé et réussi, et 2/ souffert de dommages spéciaux. Voyons ces deux choses:

TERMINAISON FAVORABLE

L'obligation de prouver une terminaison favorable lors d'actions intentées pour persécution malintentionnée constitue l'un des principes profondément ancrés depuis fort longtemps dans la jurisprudence de ce tribunal. En effet, cette Cour avait, dès 1832, conclu que les jugements antérieurs devaient avoir été pris en faveur du poursuivant malintentionné avant qu'il soit possible de poursuivre pour persécution malintentionnée.  (réferences) - Bien que ce Tribunal ait constamment affrimé cette obligation (références), il n'a pas eu l'occasion d'identifier jusqu'ici avec précision quels genres d'élements pouvaient constituer une "terminaison favorable" lors de telles poursuites. En conséquence, les contours de l'obligation ont été mis en forme par notre Cour d'Appel qui a annoncé en 1970 qu'une telle obligation pouvait être uniquement être satisfaite par "un jugement  se référant aux véritables causes du procès, que ce jugement ait été rendu après procès ou après une motion pour jugement sommaire". (références). Depuis lors, on s'est fié à ceci sans analyse complète lors de nombreuses décisions du Tribunal.  (réf) - Les propriétés des actions de la Cour d'Appel dépendant donc très largement, dans le cas présent, de la justesse de l'affaire Siegel et de ses suivantes.

Dans "Siegel", les propriétaires d'un bien avaient porté plainte multiple contre la Ville de Chicago, pour [declaratory relief?? ] [réparation déclaratoire??]. Dans cette plainte, le plaignant tentait de faire annuler une décision de classement de zône qui aurait autorisé un autre défendant, Stein, à bâtir une tour de logements près de la propriété de plaignant.  Stein déposa une contre-plainte sans cause probable et malintentionnelle, ce qui constitue un procès malintentionné. Cependant, le Tribunal de Circuit avait antérieurement démis/refusé ce qui dans la première plainte avait donné lieu à la contre-plainte envers Stein. La Cour décida que le refus de cette partie de la plainte par le Tribunal ne pouvait être qualifié de terminaison favorable par rapport à l'action en poursuite malintentionnée. Stein fit appel.

La Cour d'Appel confirma le jugement de la Cour de Circuit, se tenant au fait qu'un démis de l'action antérieure ne pouvait être qualifié de terminaison favorable dans le contexte d'une poursuite pour procès malintentionné. La Cour tint le raisonnement que l'obligation de terminaison favorable "était liée à la question de cause probable". (Siegel, 127 Ill. App.2d. à 107). En conséquence. Par suite, la Cour tint le raisonnement que "l'obligation de terminaison favorable necessitait un jugement ayant trait aux fondements mêmes du cas, que le jugement ait été rendu après procès ou lors d'une motion pour jugement sommaire." Cela ne suffit cependant pas à simplement obtenir le refus de la plainte de l'opposant, car ce démis ne doit pas nécessairement avoir de relation logique avec la légitimité des assertions y inclues; par conséquent, un tel refus ne contient pas de certitude que les affirmations sont sans fondement." (réf)

Se fiant à cette conclusion, la Cour d'Appel rejetait la contre-plainte de Stein.

Ainsi qu'on l'observe plus haut, l'analyse Siegel a influencé au cours des années diverses cours d'appel, y compris celle qui a porté le jugement ici en cause. Notons que plusieurs de ces opinions de la Cour d'Appel disaient que le simple retrait volontaire ne satisfait pas l'exigence de terminaison favorable, et citaient alors pour autorité  la décision prise dans le cas Bonney (réf). Cependant, dans le cas Siegel, la Cour ne s'était référé à aucune de ces opinions de Cour d'Appel pour formuler son analyse dans les affaires de terminaison favorable. En outre, une lecture approfondie du jugement Bonney révèle que le plaignant ayant porté plainte pour poursuite malintentionnée n'avait pas réussi à confirmer que l'action sous-jacente malintentionnée ait été "achevée légalement". Nous insistons sur le fait que la Cour, dans cette affaire Bonney, n'a jamais affirmé en aucune façon que les démissions volontaires ne satisfaisaient pas à l'obligation de terminaison favorable, et que ces décisions de Cours d'Appel qui s'en tiennent à ceci sont simplement injustifiées.

Conséquemment, les défendants observent que l'interprétation de la Cour d'Appel quant à la terminaison favorable comme réprésentant une méthode raisonnable en vue de limiter la cause d'une action ayant été longtemps défavorisée par la Loi. Ils maintiennent que les découvertes du cas Spiegel confirment les opinions tenues dans cette cour d'appel ont eu pour effet d'empècher des actions en terminaison favorable et conduisent les parties à se voir refuser l'accès au jugement. De leur point de vue, une interprétation plus complète aurait conduit les parties  à craindre les procès simplement destinés  "à déterminer leurs droits". D'un autre côté, le plaignant demande à cette Cour de passer outre à cet ensemble de cas, affirmant que la Cour d'Appel a été fortement restrictive dans son interprétation de l'exigence de terminaison favorable. Pour appuyer sa demande, le plaignant indique que dans Siegel et ses suites, on constate des contradictions avec les diverses décisions d'autres juridictions et avec les opinions des commentateurs les plus récents. Par conséquent, bien que les dommages pour poursuite malintentionnée soient reconnus en Illinois, les plaignants croient que le fait de s'en être tenu à Spiegel a conduit  à la disparition virtuelle de cette cause de procès en Illinois. Bien que nous ne soyons pas insensibles aux arguments avancés par les défendants, nous agréons avec le plaignant sur le fait que l'interprétation de notre Cour d'Appel en matière de terminaison favorable ne correspond plus aux lois modernes sur les dommages.

Nous avons entrepris notre révision de l'affaire en discutant du "Réénoncé (le second) des Dommages", lequel suggère d'observer au delà du type de disposition obtenue dans l'action précédente lorsqu'on déterminera si la terminaison a bien été "favorable'" quant aux exigences des actions en poursuite malintentionnée. Le Réénoncé dit spécifiquement ce qui suit:

"Terminaison en faveur d'une personne contre laquelle des poursuites civiles ont été intentées. Les poursuites civiles peuvent être achevées en faveur de la personne contre qui elles ont été intentées***, comme ici énoncé:

1/ par l'adjudication favorable de la plainte par un tribunal compétent, OU

2/ par le retrait des poursuites par la personne les ayant initiées, OU,

3/ par démis des poursuites en raison de son échec à les continuer.

Une terminaison favorable peut être le fait d'un jugement  rendu par la Cour après procès, ou par fin de non-recevoir ou son équivalent. Dans chaque cas, le verdict est une terminaison suffisante des poursuites, sauf appel entrepris***.

Pour juger si un retrait ou abandon de procédure constitue une terminaison favorable du cas en faveur de la personne contre laquelle le procès initial avait été entrepris, ou si le retrait est une preuve de l'absence de cause probable ayant amené le procès initial, on observera les circonstances dans lesquelles les poursuites ont été retirées.

(Réénoncé des Dommages, section 674, commentaire j, 1977)

Contrairement à l'approche lors du jugement Spiegel, approche expressément adoptée par divers tribunaux de la Nation (réf), l'approche du Réénoncé autorise des dispositions ne touchant pas les mérites du cas sous-jacent, afin de satisfaire aux obligations de terminaison favorable dans certaines circonstances. Dans cette approche, ce n'est pas la forme ou le titre donné à la disposition de la procédure antérieure qu'on prend en compte pour déterminer si cette obligation serait ou non satisfaite, mais les circonstances dans lesquelles cette disposition a été obtenue. Nous remarquerons en outre que divers autres jugements d'autres tribunaux s'ajoutent ici à ceux que nous avons déjà indiqués, jugements qui même s'ils ne se recommandent pas de l'approche du Réénoncé, suivent néanmoins cette approche. (Réf) De la même manière que les Tribunaux ayant expressément adopté l'approche du Réénoncé, ces tribunaux reconnurent que l'existence d'une terminaison favorable dépendait des circonstances dans lesquelles cette disposition avait été obtenue. (Réf). En conséquence, les terminaisons n'atteignant pas le niveau d'adjudication selon les mérites peuvent toutefois satisfaire à l'exigence de terminaison favorable. (réf). Par exemple, si le démis n'a été qu'un moyen de s'assurer une négociation hors tribunal il ne peut servir de base à une action en poursuite malintentionnée. (réf). Pareillement, une plainte pour poursuite malintentionnée ne peut être autorisée après un démis initié afin de permettre au plaignant de porter plainte dans une autre juridiction. (réf).

Inversement, un démis involontaire résultant de l'échec du plaignant à se conformer aux demandes de communication de pièces servira de preuve de terminaison favorable car, en essence, le fait qu'une partie échoue à fournir ses preuves devient un échec à poursuivre un procès. (Lumpkin contre Friedmann, Nagy contre Mc Burney - qui soutiennent qu'un démis involontaire à produire une Note de Faits Spécifiés ?? (Bill of Particulars??) exigée par le Tribunal constitue une terminaison favorable (pour l'autre partie).

Nous agréons aux raisonnements exposés dans les Tribunaux de ces états cousins. Nous envisageons le traîtement que fait le Réénoncé face à l'exigence de terminaison favorable comme mieux équilibré que l'interprétation qu'en a fait notre Cour d'Appel dans l'affaire Siegel. Les défendants critiquent néanmoins l'approche du Réénoncé, disant qu'elle aurait une portée trop large. Nous n'agréons pas leur point de vue. Contrairement à l'argumentaire des défendants, nous ne voyons pas que la position du Réénoncé - exprimée dans la loi - soit plus étendue que celle de l'interprétation de notre cour d'appel. Comme le démontrent la Loi des Procès (Case Law), une terminaison favorbale se limite aux seules dispositions légales pouvant laisser penser à une absence de cause probable du procès sous-jacent. (voir 54 C.J.S., poursuite malintentionnée section 54, 1987 qui dit que le démis ne peut servir de terminaison favorable s'il est simplement fondé sur des questions de procédures ou de technique). Ceci était évidemment l'un des buts poursuivis par le Tribunal dans Siegel (réf: qui admet que même si le plaignant ayant entamé l'action en poursuite malintentionnée lors de l'action sous-jacente, il ne s'ensuit pas que l'action sous-jacente ait été entamée sans raison").

Contrairement à Siegel, l'analyse du Réénoncé observe que certaines dispositions - en dépit du fait qu'elles n'aient pas été remplies sur les mérites des faits sous-jacents, peuvent dans certaines circonstances faire supposer l'absence de cause probable.  Par opposition, la règle Siegel a eu comme malheureuse conséquence de permettre à ceux qui utilisent nos tribunaux dans un but incorrect de continuer à ce faire impunément tant qu'ils pouvaient obtenir une disposition d'action non basée sur des faits. Dans ce type d'approche, un plaignant dolosif peut dès lors simplement ne pas poursuivre son procès frivole (sans fondement) pour éviter une future poursuite en action malintentionnée. De notre point de vue, la position du Réénoncé rééquilibre mieux les droits des citoyens à disposer d'un accès libre au Tribunaux et le droit d'un individu d'être libre à ne pas être traîné en justice sans raison , ce qui sert bien mieux les intérêts de la Justice.

Les défendants soutiennent aussi que l'existence de notre règle 137 fournirait une raison de plus pour que cette Cour Suprème ne s'écarte pas du jugement de la cour d'appel quant à la terminaison favorable. Ils pensent que la règle en question fournit un remède adéquat à des procès qui n'auraient pas de bases solides dans les faits ou en raison des lois. Bien que la Règle 137 ait été écrite afin de fournir une méthode pour empècher des procès frivoles et faux, elle n'est pas là pour préempter la loi sur les Dommages. Les Tribunaux de cet Etat ont reconnu, que ce soit avant ou après l'adoption de la Règle 137, la viabilité d'une cause d'action envers une poursuite apparemment malintentionnée.

Ayant adopté l'approche du Réénoncé, nous découvrons dans le cas présent que la plainte du plaignant, qui affirme que les actions sous-jacentes se sont terminées en sa faveur ou par démis (involontaire ou pas) satisfaisant ainsi l'exigence de terminaison favorable., au moins en ce qui concerne les buts de la motion à démettre du défendant selon la section 2-615. A ce stade du litige, on ne peut répondre à la question de savoir si ces dispositions du défendant indiqueraient l'absence de cause probable du procès sous-jacent. (Réf  Swick, qui reconnaît qu'au procès, le plaignant doit ajouter son lot de preuves du fait que le procès sous-jacent s'est achevé dans des circonstances qui prouveraient l'innoncence). (réf)

Par conséquent, le Tribunal de Circuit s'est trompé en jugeant que le plaignant avait échoué à suffisamment prouver la terminaison favorable de l'action sous-jacente.

DOMMAGES ET TORTS SPECIAUX

Nous devons ensuite déterminer si la plainte du plaignant a fourni la preuve de dommages et torts spéciaux. Tout comme pour l'exigence de terminaison favorable, il y a nécessité de torts et dommages particuliers: c'est un principe solidement ancré dans notre jurisprudence. Dans l'une des plus anciennes références ayant trait à cette obligation, ce Tribunal a observé en 1898 que des dommages pouvaient être obtenus lors de poursuites pour procès malintentionné lors " d'un procès civil ordinaire, ayant commencé par un procès envers la personne, et qu'il soit ou non accompagné d'arrestation ou de saisie de la propriété de la personne". (réf: Smith contre Michigan Buggy) Le procès sous-jacent mentionné  dans Smith était une poursuite pour représentation frauduleuse n'ayant pas abouti , de la  part d'un employeur contre l'un de ses vendeurs.

Citant les principes courants des lois civiles américaines et anglaises, ce tribunal détermina que, sans arrestation de la personne ou saisie de sa propriété, il n'y avait pas de dommages et torts spéciaux pouvant donner lieu à poursuite pour action malintentionnée. (réf) Pour parvenir à ses conclusions, la Cour insista sur le fait que sa décision se basait sur le fait que les tribunaux étaient ouverts à tous ceux "qui croyaient être de leur droit de poursuivre en justice sans craindre d'avoir ensuite à payer de gros dommages". (réf). Par conséquent, "des ennuis et frais émanant lors des formes ordinaires de poursuites civiles, devaient être supportés  par les citoyens obéissant aux lois, comme une charge inévitable que doivent porter les gens désireux de soutenir un gouvernement civil." (réf).

C'est 22 ans plus tard que ce problème du type de procès "constituant une forme ordinaire de poursuites" était réétudié dans Norin contre Scheldt (réf), en 1921. La Société Scheldt avait alors porté plainte pour banqueroute à l'encontre de Norin, en demandant que Norin soit condamné à la banqueroute.  Scheldt émit cette plainte sur simple publication. Norin n'apparaissant pas au procès, le tribunal le condamna à la banqueroute. Norin apprit ensuite la banqueroute et entama une procédure de réversion. Durant les auditions, l'un des cadres de Scheldt admit qu'il connaissait l'adresse de Norin au moment où la simple publication avait été faite. Scheldt admit en outre qu'il avait été incapable de prouver la non-solvabilité de Norin à l'époque de sa demande. En conséquence, le Tribunal inversa le jugement de banqueroute précédent et démit la pétition de Scheldt. Norin amena dès lors un procès pour obtenir des dommages en raison de la poursuite de Scheldt pour banqueroute. Scheldt prétendit que

1/ Norin n'avait pu satisfaire à l'exigence de dommages et torts spéciaux, et

2/ la propriété de Norin n'avait pas été saisie d'où il conclut que le litige de banqueroute faisait partie des litiges "civils ordinaires". La Cour d'Appel rejeta cet argument en considérant le fait que ce procès en banqueroute ne pouvait être considéré comme "ordinaire" en raison des "effets excessifs et de grande ampleur" associés au procès. (réf) En réalité, la Cour estima qu'en raison des faits spéciaux et de la nature même d'une procédure en banqueroute, elle ne pouvait prendre en compte le fait que la propriété de Norin n'ait pas été saisie. Nous expliquons que les procès qui "sont inhabituels en soi en ce qui concerne leurs effets sur le défendant" tombent donc dans le giron des exigences de dommages et torts spéciaux exigés dans l'affaire Smith.(réf)

Ensuite, dans Shedd contre Patterson (1922) cette Cour avait la possibilité de mieux cerner les contours de l'exigence de dommages et torts spéciaux. Dans ce procès, le plaignant avait porté plainte pour procès malintentionné contre le défendant, après que le défendant ait successivement porté plainte à neuf reprises contre lui, toutes plaintes  liées à la saisie d'un bien en location pour des loyers non règlés. Le tribunal de Circuit a démis l'action et la cour d'appel a confirmé le démis. La Cour d'Appel a estimé qu'en fonction des décisions prises dans Smith et Norin, les 9 actions en justice antérieures constituaient un "litige ordinaire" et que par conséquent le plaignant n'avait pas souffert de dommages spéciaux. Cette Cour accorda ensuite au plaignant l'autorisation de faire appel et inversa le jugement de la Cour d'Appel. Bien que cette Cour ait originellement rappelé que les tribunaux de l'Illinois sont ouverts aux parties désirant justice sans risquer de procès coûteux, elle s'en tint néanmoins au fait que Smith et Norin ne pouvaient être considérés comme une méthode permettant l'immunité lors de procès successifs, alors qu'une des parties avait vu ses droits finalement reconnus.(réf). La Cour a spécifiquement annoncé que "étant donné que les droits avaient été tranchés de façon claire", il ne pouvait retourner en procès dans le but de "harrasser" le même opposant sur les mêmes bases. (réf).

C'est donc en fonction de ces précédents, et en particulier, de Shedd, que nous devons examiner si cette règle des dommages et torts spéciaux s'applique ici. Les défendants maintiennent qu'en dépit de ces procès multiples, le cas est distinctement différent de Shedd parce que les différents procès ont été menés par différents plaignants dans diverses juridictions, avec à chaque fois un  ensemble de faits différents.  Les défendants insistent aussi sur le fait que chaque action précédente dans Shedd, contrairement à ce qu'on a ici, a été déposée alors que l'action précédente avait été terminée judiciairement. D'un autre côté, le plaignant admet des différences entre ces cas, mais demande à ce que le principe de procès multiples appliqués à Shedd s'applique également à leur cas. Le Plaignant avance qu'intenter 21 procès sans mérite en 17 mois correspond à un dommage spécial, bien que les procès aient été intentés concurremment plutôt que consécutivement. Le plaignant demande donc qu'il lui soit autorisé de demander réparation des torts.

Nous sommes de l'avis du défendant que Shedd se distingue du cas en cours; dans Shedd, ce tribunal était confronté à un seul plaignant qui, ayant invoqué le pouvoir judiciaire pour faire redresser un dommage et ayant perdu, refusait d'accepter le jugement et continuait un procès équivalent. Cette Cour n'aurait pas autoisé un tel usage du système judiciaire, et décrit donc:

"La Loi est le fondement du gouvernement civil, et ses administration et moyens de l'imposer sont essentiels au maintien des droits et à la stabilité de l'ordre social. C'est pourquoi des tribunaux sont créés et maintenus grâce aux deniers publics, qu'ils sont et devraient être utilisés pour redresser les torts et imposer les droits, mais cela n'autorise pas à s'en servir pour faire du tort à d'autres et aux affaires publiques, en se servant d'eux pour permettre à un parti dont les droits ont été finalement et définitivement conclus en justice de harrasser l'autre partie à propos de la même chose***. Dans ce cas, la Cour a décidé à plusieurs reprises que le défendant n'avait pas subi de dommages et que les questions substantielles avaient fait l'objet d'une décision définitive et finale depuis 15 ans, dans Patterson contre Northern Trust et dans Shedd. (réf)

Il est clair que le souci de cette Cour dans Shedd était surtout le fait que si le plaignant avait déjà eu son procès légal  et le fait de reprendre les mêmes torts prétendus pour mener sa croisade personnelle de harrassement contre son opposant sous prétexte de litige justifié. Dans ce cas-ci, ce n'est pas le même plaignant qui est impliqué dans tous les litiges, et les plaintes n'ont pas été faites à la suite, mais concurremment. Shedd est donc en opposition avec le cas en cours.

Néanmoins, le fait que Shedd ne corresponde pas exactement avec ce procès-ci ne doit pas faire crier victoire aux défendants. Un des thèmes communs liés aux procès pour dommages spéciaux a toujours été respecté par cette Cour dans les procès précédents - Shedd inclus - c'était de reconnaître sa responsabilité judiciaire dans le maintien d'un équilibre convenable entre l'intérêt de la société qui doit limiter le harrassement et les droits existants d'avoir recours au tribunal. (Réf.) Comme le démontre amplement la loi, c'est cet équilibre qu'on trouve au coeur de la règle des Dommages spéciaux.(Réf) et c'est cet équilibre, et non les faits de Shedd qui doivent en définitive déterminer la correction de l'action présente. Ironiquement, c'est l'une des différences critiques entre Shedd et les faits du cas actuel qui mène à la conclusion que ce délicat équilibre a été malmené dans le cas présent. Par opposition à Shedd, où seuls deux parties disputaient la saisie d'un bien locatif, le cas actuel inclut des affirmations impliquant qu'une grande entreprise nationale aurait induit ses membres à s'engager dans une campagne nationale d'actions malintentionnées en justice.

Le plaignant affirme que l'église de Scientologie a entamé ces poursuites simultanées, non point pour résoudre une quelconque dispute légale entre eux, mais afin d'empècher le plaignant de faire son travail de dissémination de données sur la Liberté de religion. La particularité de la conspiration ainsi avancée par le plaignant vient du fait qu'il a été appelé en jutice à 21 reprises en 17 mois, dans des juridictions s'étendant de New York à la Californie: une telle méthode peut difficilement passer pour "normale", si le plaignant peut prouver que ces actions ont été menées sans causes probables et malintentionnellement. Selon ces faits, nous croyons que le plaignant a exposé ces faits, et que s'ils sont exacts, ils remplissent les conditions du rôle de Dommages Spéciaux.

Nonobstant ce qui précède, les défendants affirment qu'au cas où l'exigence de dommages spéciaux aurait été remplie dans le cas présent, nous serions conduits à violer l'exercice de leurs droits découlant du Premier Amendement. Les défendants se réfèrent en particulier à plusieurs décisions de la Cour Suprème des Etats-Unis, ayant décidé que les activités de litige d'une organisation légale, incluant l'encouragement, le financement, et la coordination d'un ensemble de poursuites de lutte contre des pratiques discriminatoires, seraient protégées par le premier Amendement. (réf).

Bien que ne contestant pas la correction de ces décisions de la Cour Suprème, nous nions l'usage qu'en fait le défendant. La Constitution offre sa protection au plaideur honnète dans le but de chercher la solution à des disputes légales véritables: elle ne fournit cependant pas le droit à un individu d'en aider un autre, financièrement ou autrement, à poursuivre un procès malintentionnellement intenté et sans cause probable. Nous insistons en tous cas sur le fait que les défendants ont répliqué à la plainte du plaignant par le biais d'une motion à démettre fondée sur la section 2-615. Une telle motion s'adresse essentiellement face aux allégations contenues dans la plainte du plaignant. Par conséquent, l'argumentaire constitutionnel du défendant , argument qui dépend de la défense à l'action fondée sur cause probable, ne peut être considéré dans le contexte de la présente motion à démettre. Rien n'empèche selon nous les défendants d'amener cet argument de protection constitutionnelle lors de la jonction judiciairement appropriée au cours du procès.

Finalement, nous désirons insister sur le fait que nos indications ayant trait à l'obligation de Dommages Spéciaux ne devraient pas être considérées comme un rejet de la règle telle qu'établie ci-dessus dans nos opinions précédentes. Nous insistons en outre sur le fait que la décision d'aujourd'hui ne devrait pas être vue comme décidant que l'exigence stricte qu'un plaignant pour poursuite maintentionnée montrerait non seulement que l'action faisant l'objet de plainte est achevée, mais qu'elle fut entamée malintentionnellement et sans cause probable. Ces deux dernières exigences ne sont pas faciles à remplir pour un plaignant, ainsi que l'ont noté plusieurs commentateurs de Tribunaux. (réf). L'action en poursuite malintentionnée demeure peu favorisée par la loi.

CONCLUSION

En raison de l'analyse ci-dessus, nous maintenons que le plaignant a suffisamment allégué les éléments de domma- ges spéciaux suite à procès malintentionné, et, pour le cas préésent, le dommage de conspiration en vue de commettre des poursuites malintentionnées. La Cour de Circuit s'est par conséquent trompée en refusant la plainte amendée. Nous inversons par conséquent les jugements des Cour d'Appel et de Circuit, et remandons l'affaire par devant la cour de circuit pour qu'elle décide en fonction de l'opinion présentée.

Jugement inversé,

Cause remandée;

JUSTICE Mc MORROW n'a pas pris part à la décision ou aux considérants de ce cas.

fn1: nous observons que le plaignant a indiqué dans sa lettre que 24 procès séparés avaient été intentés durant la période. La Cour d'Appel fait foi à ces 24 plaintes, mais la révision du dossier du plaignant révèle que dans une des actions en question, "Ward et al. lawsuit", quatre membres différents de l'église avaient porté plainte ensemble. Il n'y a donc que 21 plaintes en tout.

  

Le père d'un adepte de la scientologie reçoit une lettre de menace

Le " révérend " Bagley parle

    Remarque: Ceci est une traduction d'une lettre typique scientologue, reçue par un critique de la scientologie, père d'un jeune adepte qui refusait de payer ses cours de scientologie, et avait fait un rapport sur la scientologie. Plus tard, il a payé et son fils a pris environ 4500 $ supplémentaires de cours, en les payant lui-même avec un héritage. Le "Révérend" Bagley officie désormais en tant que cadre responsable d'une des nombreuses façades de la scientologie, la "Fondation pour la tolérance religieuse" (Religious tolerance foundation)

    Source: forum alt.religion.scientology. 7 Juillet 1995 16 :29 :41 GMT.

"Plutôt que laisser mes avocats bien s'amuser, je vais vous écrire une bonne fois et régler les choses. J'avais une grande envie de vous prier de me donner vos vieilles paires de chaussettes, mais j'attendrai encore un peu. Si vous aviez les tripes d'un porcher dément, vous auriez lu les divers textes littéraires que je vous ai fait parvenir si gracieusement.

Ne jugez pas les gens par vos méthodes; en tout cas, pas un assassin en série comme vous l'êtes. Oui, j'en sais pas mal à votre sujet et sur vos divers projets durant la guerre. Comment dormez-vous, la nuit ? Mal, j'espère. Oui, je suis un expert en harcèlement, essayez donc pour voir. Vous n'êtes pas assez fort . Pas assez intelligent.

Vous n'avez pas les moyens de faire de longs procès, nous, si. Des hommes bien plus grands que vous ont fait de leur mieux pour nous arrèter. Ils n'y ont pas réussi. Vous n'y arriverez pas non plus, car en comparaison, vous n'êtes qu'un débile complet. Nous ne relevons le gant qu'avec nos pairs; des types comme vous, on les gobe carrément.

Un mot de plus de votre part, et je fais enquêter sur votre compte; bien possible que je le fasse quand-même. Je n'ai jamais vu jusqu'ici quiconque critiquant la scientologie qui n'ait des monceaux à cacher aux autres. Vous ne lirez évidemment pas les livres gratuits que je vous ai envoyés, vous devez donc avoir beaucoup à taire.

    [la lettre continue avec quantité d'autres accusations de culpabilité sur ce père d'un scientologue ; elle s'achève par cette note péremptoire:]

Si vous voulez démarrer une corrida, mon gars, allez-y , pour parler l'argot des rues; si je mets mes gars sur votre dos, vous serez en faillite sous peu, plus de boulot et plus de santé non plus. Je pourrai alors me foutre méchamment de vous et retourner travailler... vous n' en auriez pas pour longtemps à être achevé, je dirais trois semaines. Souvenez-vous bien: je ne suis pas de ces prêcheurs mielleux entonnant des psaumes: je suis un Ministre de l'Eglise de Scientologie; je suis capable de guérir le malade et je le fais. Mais j'ai d'autres aptitudes incluant une compréhension du mental humain que j'utiliserai pour vous mettre à genoux.

Vous, ou n'importe quel autre qui se mettrait en travers de notre voie. Car la liste est longue, et la carrière brève, pour ceux qui se sont mesurés à nous.

Avec la plus grande sincérité possible,

" Révérend " Andrew Bagley, Secrétaire de l'Organisation. [Scientologie de Washington]

P.S.: ne répondez pas à ce courrier. Si je veux vous contacter, je sais comment vous trouver. Où que vous soyez."

Tiré de " Le Scandale de la Scientologie ", par Paulette Cooper, 1971 (USA)

 

Harassment of CAN by the Church of Scientology

A report is being prepared on the destruction and takeover of CAN (Cult awareness Network) by the Church of Scientology. An important part of this report will be information on scientologists who were involved in the harassment of CAN and criminal harassment actions against CAN, CAN staff members and CAN supporters. Some of the scientologists involved in this were staff members and some were scientology members who were recruited for covert actions against CAN.

It is known who most of them are and where they are. Pictures of some of them are needed. Anybody who can provide pictures of these individuals please contact me offline, by email. Here are their names and some basic info on them.

Mary Anne Ahmad: A staff scientologist at the Chicago Org. Ahmad was involved in a number of harassing actions against CAN and was involved with Greg Bashaw in a criminal attempt to grab CAN mail following the Bankrupcy. She tried to set up a CAN staff member on a phony hate mail charge. She is believed to be involved in setting up the CAN spy Jolie Steckart with the name and identity of a friend of another staff member, Carla Nelson. Ahmad lives in Carol Stream, IL

Carla Nelson: A staff Scientologist at the Chicago Org. It is believed that Nelson along with her boyfriend, Peter Arena, set up the scheme to infiltrate CAN with Jolie Steckart. Nelson set up Steckart with the name and identity of a friend outside of scientology, a Laura T......, who had gotten married and changed her name. Steckart was taken to a CAN convention and introduced to a CAN cupporter. Steckart, an actress, was set up with a story as a cult survivor who needed help and was taken to the home of the CAn supporter by Peter Arena. Steckart soon offered to work as an unpaid volunteer. Once she gained the confidence of the CAN staff she began passing internal CAN information to a network of scientology agents who reported to scientology in-house lawyer, Kendrick Moxon. Two of the covert agents that Steckartreported to by cell phone were Karlos Munos and David Lee. Others she is believed to have passed CAN information to were Chicago area scientologists, Greg Bashaw, Ian Mann, Randy Kretchmar. Stealing a persons name and identity for criminal purposes is a crime and Nelson and others involved with this may be prosecuted.

Randy Kretchmar: Kretchmar is reported to be an OSA ( Office of Special Affairs) agent for the Chicago area. He poses as a legal researcher and is supported by his wife, Cheryl Berman who is the head of the Creative Division of the Leo Burnett Co. A well known advertising agency in Chicago. Kretchmar was named in the Scarff Declaration as an accomplice in a bizarre scientology plot to murder Cynthia Kisser, the Executive Director of CAN. He is believed to have been part of the surveillance team that mapped out Kisser's route to work. Kretchmar and Berman live in Wilmette, Il

Ian Mann: A Chicago rock drummer who was involved in the harassment of CAN and CAN staff. Jolie Steckart, the CAN spy, passed on personal information about Cynthia Kisser and her family to Mann. Mann's main job seemed to be that of stalking Cynthia Kisser. He showed up at her many court appearances He is married to a Chicago staff member, Rita Lee.

Jean Hornnes: Hornnes lives in Eagan, Mn a suburb of St. Paul and her involvement in harassment actions against CAN paid off for her. She is now the Vice President of the New CAN. Chicago scientologist, Ian Mann spent a lot of his time at her home. Her internet service was used to put out harassment materials and postings against CAN.

Andrew Bagley: Heavily involved in harassing CAN and notorius for the threatening letter that he sent to the father of a scientologist who wanted his money back. Bagley's harassment activities paid off for him...he is now the Director of the 'New CAN'. We need information on where he is.

Alan Brooks: Involved in harassing CAN and works within the Management front scam...he gets jobs 'managing or accounting for dentists offices. He and his wife, Carol, live in Chicago.

Glen Barton: Barton was in the Chicago area for awhile involved in CAN harassment. Not sure how long he was in this area.

Greg Bashaw: Bashaw lives in ritzy Barrington Hills, Il, just a few miles from the CAN office. He operates a covert scientology operation out of his home called the "Anti DeProgramming League." He tried a number of times to get into the closed CAN office. Because of serious harassment, CAN maintained a closed office and was contacted by the public by phone or mail. Bashaw made a brazen and illegal effort to seize CAN mail at CAN's diversionary mail drop. He sent out a DA pack on a CAN staff member to confidential names and addresses from the CAN Files. We now know that he got those names and addresses from Jolie Steckart, the CAN spy. Bashaw was on Cheryl Bermans staff at the Leo Burnett Co. and worked on TV commercials for Hallmark and others. Much of his time was spent out of the Burnett office in harassment actions against CAN. It was not known until after CAN closed that Bashaw was employed at Leo Burnett. Greg Bashaw is now the Manager of the Creative Division of the Foote, Cone & Belding advertising agency in Chicago. It is believed that the CAN spy, Jolie Steckart aka Laura T..... stayed at times at Bashaw's home while she was working as a Trusted volunteer in the CAN office.

Karlos Munos: A covert scientology operative who was one of the CAN spy's connections for receiving CAN information.

David Lee; Same as above.

Kendrick Moxon: the scientology in-house lawyer who set up the bogus Jason Scott case and directed the harassment, destruction and takeover of CAN. He operates out of scientology's headquarters in Los Angeles.

Pictures and any other information on these individuals is wanted for the CAN report. Parts of this report will be made available to the public and will be posted on the ARS.

JImDBB

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Un must: "Ron Hubbard, le gourou démasqué"

Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de la scientologie. On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice. Il est disponible en format pdf ou html sur notre site. Nous avons également publié une version résumée.

 

Témoignage de
Jean-Luc Barbier
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