Les scientologues, c'est
tout com'
- Canard
Enchaîné, 24 janvier 2007
- [Texte
intégral]
«L'ÉDUCATION
des enfants repose sur une morale disciplinaire
: on obtient seulement quand on a mérité !» Du Sarko
? Du Ségo ? Non, du pur sciento, selon un ancien
de la secte cité par le «Fig-Mag» (20/1). L'air
de rien, l'Eglise de Scientologie poursuit son opération
de camouflage. Objectif: être dans le paysage sans
y être.
Dans
son rapport annuel, rendu public le 24 janvier,
la Mission interministérielle de vigilance et de
lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) dévoile
les mille et un faux nez des scientologues. A commencer
par ceux qu'utilisent ces braves gens dans les médias.
Plusieurs
chaînes de télévision reçoivent par la poste, en
février 2006, un DVD d'apparence anodine. Il est
accompagné d'une lettre signée d'une certaine Association
internationale des jeunes pour les droits de l'homme.
Ce courrier explique que le DVD contient des clips
d'appel pour la Journée mondiale de l'enfant organisée
par l'Unicef. Sur les images, des mômes batifolent,
en vantant les droits de l'homme ou la lutte contre
le racisme. Deux chaînes ont diffusé ces clips,
ignorant totalement qu'ils avaient été réalisés
pour promouvoir la Scientologie...
La
secte fait plus fort encore. Elle squatte ainsi
les rubriques «petites annonces» dans les journaux.
Ce texte, paru dans la presse gratuite, dit: «Vous
aimez aider lis autres. Rejoignez notre équipe,
formation assurée.» Suivent un prénom et un numéro
de téléphone. Sur le site Internet du gratuit, le
même texte est assorti d'une promesse de contrat
à durée indé- terminée. Le numéro de téléphone est
celui de l'Association spirituelle de l'Eglise de
Scientologie d'lle-de-France. Et le boulot proposé
se résume à distribuer, gratuitement, des brochures
de la secte... Et à ingurgiter les théories scientologues.
Si
les petites annonces ne suffisent pas, les scientologues
s'infiltrent - toujours discrètement - dans les
courriers des lecteurs de la presse quotidienne
nationale. A l'occasion d'une «enquête rapide»,
la Mission interministérielle
a débusqué une soixantaine de ces intrusions en
2006. Là encore, les auteurs avancent masqués, signant
de pseudonymes des exposés fumeux à prétention psychologique.
Tout
cela pour quoi ? Simplement pour pouvoir affirmer
aux adeptes que l'Eglise a «pignon sur rue». Et
pognon en poche ?
Didier
Hassoux