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- Grande
enquête du journal BILAN
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infiltration de la scientologie dans les entreprises
suisses
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- Ils
sont plus d'une quinzaine en Suisse. Des consultants
d'un genre particulier, qui s'inspirent de la «technologie»
de Ron Hubbard. Ces disciples du père américain
de la scientologie n'avancent pas à
visage découvert, en général.
Et adaptent leur approche aux réactions
de leur clientèle. Plus ou moins subtilement.
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- Des
consultants dans le sillage de Ron Hubbard
- Dans
la pénombre
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- Éditorial
de Max Mabillard, rédacteur en chef du
journal BILAN (juin 1994)
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- Lafayette
Ron Hubbard était son nom. Cet Américain
très particulier, mort en 1986 à l'âge
de 75 ans, a fondé un mouvement connu sous
le nom de scientologie et qui a essaimé un
peu partout dans le monde. A ses disciples, il a
légué en héritage une doctrine
faite de bric et de broc. Comme la dianétique,
cette méthode de psychologie appliquée
qui nimbe et inspire, aujourd'hui en Suisse, une
bonne quinzaine de conseillers d'entreprises. La
grande majorité d'entre eux opère,
on ne sait trop pourquoi, en terre romande.
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- Organisées,
le plus souvent, en petites unités d'une
ou deux personnes, ces sociétés vendent
aux dirigeants d'entreprises de toute taille des
maximes de conduite, des préceptes de management,
des cours de formation, des assistances et des soutiens
multiples. Plusieurs d'entre elles sont affiliées
à l'organisation WISE
(World Institute of Scientology Enterprises), à
qui elles ristournent, pour prix d'utilisation du
«matériel», une partie de leurs
honoraires. (Lire
le dossier de Philippe Le Bé)
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- Jusque-là,
rien de très extraordinaire. Si des managers
peuvent se sentir ragaillardis ou sublimés
par la dianétique, après tout pourquoi
pas ... Dans l'incessante émergence des théories
polymorphes censées maîtriser l'art
de l'organisation, on ne recense plus, depuis quelques
années, les couches de poudre de perlimpimpin.
Il y en aurait trop et de toute nature. Seulement
voilà, le système scientologue ne
s'apparente pas tout à fait aux modes de
management courants. Il appartient, lui, au monde
occulte.
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- Ses adeptes avancent masqués la
plupart du temps. L'attestent plusieurs témoignages
recueillis auprès de managers helvétiques
en relation avec des formateurs hubbardiens; auprès
de ce patron, par exemple, qui a observé
un conseiller se servir de cartes de visite différentes,
suivant son interlocuteur, à l'intérieur
de la même entreprise. L'atteste, encore,
le silence obstiné des intéressés.
Nous avons contacté la quinzaine de consultants
helvétiques dont le nom figure, ou a figuré,
sur des listes scientologues; deux seulement ont
répondu à la question, banale, portant
sur la nature des techniques utilisées dans
leurs cours.
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- Qu'on
ne brandisse pas, ici, le drapeau du choix religieux
ou de la liberté de croyance; nous nous situons,
en l'occurrence, sur un tout autre registre; il
s'agit de vente de prestations et de services, donc
de relations économiques impliquant un minimum
de transparence.
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- On
pourrait, d'un haussement d'épaules, renvoyer
ces conseillers au rayon de l'anecdote. Et plaindre,
dans un soupir de commisération, ceux qui
découvrent, un peu tard, les fondements réels
de cette consultance. Mais il se trouve que les
techniques généralement utilisées
par les adeptes de Lafayette Ron Hubbard peuvent
Lafayette Ron Hubbard peuvent entraîner des
effets secondaires.
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Ce système paraît avoir pour conséquence
- contingente ou intentionnelle de détacher
les personnes de leurs références
habituelles, par la perversion du sens des mots,
par exemple. (Lire l'interview du psychiatre Jean-Marie
Abgrall.) Il aboutit aussi, parfois, à supprimer
la distinction entre le réel et l'imaginaire,
promettant, aux utilisateurs des techniques hubbardiennes,
le ciel en prime. Est-ce bien ce dont un responsable
d'entreprise a besoin ?
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- Bilan,
juin 1994, par Philippe Le Bé
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- Scientologie
- Les consultants qui s'inspirent des cours de management mitonnés
par Ron Hubbard, le père américain de la scientologie,
considèrent le monde des entreprises comme un vivier
de rêve. Hélas, ces cours laissent souvent un goût
très amer aux patrons et cadres qui ont affaire à
- Ces
étranges conseillers d'entreprises
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- «Je
suis juif, scientologue et libre-penseur.» Le conseiller
d'entreprises Peter Molnar, l'unique représentant de
Man Age S.à r.l. à Blonay, à un grand mérite.
Contrairement à maints de ses confrères membres
de l'Eglise de scientologie, il ne craint pas d'afficher la
couleur. Ou plutôt les couleurs, quitte à opérer
de bien curieux mélanges. Fils de père hongrois
et de mère suisse alémanique, ce personnage ressemble
à la fois à un jeune patriarche et à un
antiquaire soixante-huitard.
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- Séduit
par la scientologie en 1980 à la suite de nombreux décès
dans sa famille, dont celui de son fils tué dans une
avalanche, Peter Molnar ne veut plus aujourd'hui entendre parler
de WISE, l'Institut mondial des entreprises de scientologie.
(Voir l'encadré «WISE, la scientologie dans
les affaires».) Son diagnostic est clair: «WISE
est devenue la maladie des marchands du Temple. On y a mélangé,
à tort, le business et le religieux.»
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- Surprenante
déclaration. Comment une personne, toujours scientologue,
peut-elle ainsi décocher de telles flèches au
bras économique de la secte de Ron Hubbard ? Car Peter
Molnar n'y va pas avec le dos de la cuillère. Il précise
: «Derrière WISE se profile l'Eglise qui affiche
sa spiritualité, devant WISE le chaland qui sort son
portefeuille. C'est un peu comme le vin des chanoines qui sert
à alimenter la tirelire, autrement que par les contributions
des fidèles.» Les chanoines de l'abbaye de SaintMaurice,
dont notre interlocuteur a fréquenté le collège
durant sa jeunesse, apprécieront sans doute la comparaison.
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- Sincérité
? Les réflexions de ce scientologue plutôt atypique
ne peuvent gommer cette réalité . la quasi-totalité
des «formateurs indépendants» ou des sociétés
de conseils en management qui diffusent les méthodes
préconisées par Ron Hubbard ne se posent pas les
questions existentielles soulevées par Peter Molnar.
Reliés d'une manière ou d'une autre à WISE
(voir l'encadré «Contrat
type»), ils participent financièrement et psychologiquement
à un système qui ne laisse pas de place au dilettantisme.
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- Une lionne
protégeant amoureusement ses deux lionceaux : c'est le
logo de WISE, World Institute of Scientology Enterprises International
(Institut mondial des entreprises de scientologie). Dans l'un
de ses documents rédigé
en français. WISE se présente
comme «une organisation de gestion dont le but est
de faire en sorte que la technologie administrative de Ron Hubbard
soit disséminée à grande échelle
et employée dans le monde des affaires». Et le
document de nous apprendre que «L. Ron Hubbard a développé
la seule technologie administrative complètement fonctionnelle,
codifiée et globale
sur cette planète».
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- Merci, sauveur!
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- Fondée
en 1979, WISE est en effet la branche ouvertement économique
de la secte. Elle figure à tous les niveaux hiérarchiques
de cette dernière : le «Watchdog Committee»,
l'autorité suprême représentée
par le schéma ci-dessus (l'équivalent d'un
conseil d'administration dans une entreprise), l'«Executive
Director International», la direction générale
opérationnelle, les «Flag Command Bureaux»
assistés par les «Continental Liaison Offices».
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- Derrière
ce jargon se cache un système complexe de contrôle
et de surveillance au niveau planétaire. Cette emprise
transparaît au travers des contrats passés
entre WISE International (à Los Angeles) et les six différentes
catégories de membres ! Actuellement
présidée par l'Américain Rick Siegel, WISE
International chapeaute une organisation qui délivre
des licences à
des particuliers ou à des sociétés, afin
de leur permettre d'utiliser la «technologie administrative»
de Hubbard.
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- A Genève,
la société de consultants Organisation &
Management diffuse la littérature
hubbardienne à sa clientèle. Dans l'introduction
de son volume 2 sur la «technologie du management»,
L. Ron Hubbard promet au lecteur et à l'utilisateur
un avenir des plus merveilleux : «Celui qui connaît
à fond le cours pour cadres d'entreprise (sept volumes)
et qui saurait le mettre en application pourrait complèmement
redresser une entreprise ou un pays en déclin.»
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- Il existe
en Suisse une bonne quinzaine de conseillers d'entreprises dans
la mouvance de la scientologie. (Voir
le tableau). Près des trois quarts se trouvent en
Suisse romande. Rarement organisés en équipe de
plusieurs associés, ils travaillent généralement
en solitaire ou en couple. Si Monsieur était scientologue
et si Madame ne l'était pas (ou vice versa), le couple
ne tiendrait pas longtemps. Leur clientèle favorite :
- les petites
entreprises. Mais les sociétés de moyenne ou de
grande importance ne sont pas ignorées pour autant. Il
est vrai que, pour les scientologues, les cours de management
restent un outil multifonctionnel remarquable. Pour commencer,
ils s'adressent à des patrons. Ces derniers, ou leur
entreprise, reposent généralement sur un coussin
financier attirant. Par ailleurs, dès que le directeur
général a mordu à l'hameçon, le
consultant peut toujours jeter ses filets parmi les cadres de
la société. Enfin, depuis quelques années,
la mode est résolument au «coaching».
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- Dans
les années soixante-dix, le conseiller d'entreprises
parlait plus volontiers au savoirfaire de l'entrepreneur.
Dix ans plus tard, il avait tendance à mettre l'éclairage
sur ses compétences financières. Aujourd'hui,
plus que jamais, il s'adresse à la tête et au cœur
du manager. Le savoir-penser, le savoir-être demeurent
la clé du succès. Les portes des âmes s'ouvrent
plus facilement. Le consultant scientologue ne peut que profiter
de cette évolution. Celui qui s'adresse à des
chefs ou à des cadres d'entreprise doit le faire avec
un certain doigté. Il convient de ne pas heurter de front
ces patrons non scientologues, ces personnes certes cultivées
mais dont les «engrammes», troubles de l'esprit
et du comportement (pour reprendre le langage hubbardien), empêchent
une «vision claire» de la réalité.
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- Fin janvier
1992, P. et G. , respectivement directeur et sous-directeur
d'une entreprise industrielle dans le Nord vaudois, suivent
un cours de management dispensé par JeanLuc Guignard,
de la société vaudoise Lightec. Aucune allusion
à Ron Hubbard ne sera faite. Mais, à l'occasion
d'une seconde rencontre au printemps de la même année,
Jean-Luc Guignard propose à Paul Gamber de lui envoyer
un ouvrage, sans préciser lequel. Après avoir
reçu «La dianétique, la science moderne
du mental» à son domicile, livre de base de Hubbard,
le directeur finit par réaliser à qui il a affaire.
Il convoque immédiatement le formateur de Lightec. L'entretien
ne dure pas plus de deux minutes. Démasqué, Jean-Luc
Guignard tire sa révérence. Fort courtoisement.
On est entre gentlemen.
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- Selon
un contrat de licence type, rédigé
en anglais et qui peut être conclu entre WISE,
à Los Angeles, et un formateur indépendant
ou une société de conseil en management,
trois cas sont prévus:
- Les
membres WISE qui délivrent à leur
clientèle des service fondés sur la
«technologie administrative» de Ron
Hubbard. De tels services comprennent le conseil
en management, des séminaires, des ateliers
et des cours. Lors des deux premières années
du contrat, les royalties perçues par WISE
se montent à 13% des honoraires, et à
15% après ce délai.
- Les
membres WISE qui utilisent la «technologie
administrative» pour leur clientèle
sans toutefois délivrer de séminaires,
d'ateliers ou de cours versent des royalties atteignant
9% de leurs honoraires.
- Enfin,
pour les membres WISE qui n'utilisent qu'une partie
seulement de la «technologie administrative»,
les royalties s'élèvent à 6%
des honoraires.
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- Caméléon
-
- Au vrai,
l'attitude du consultant sera adaptée à la personnalité
ainsi qu'aux réactions de son client. A cet égard,
l'histoire vécue par Compac est exemplaire. En 1991,
cette sociétéd'appareils de mesure est scindée
en deux : la partie électronique (Compac Electronics)
qui reste en mains familiales est dirigée par B.
H., l'un des donateurs importants cités par l'Association
internationale des scientologues. La partie mécanique
(Compac SA) est conduite par Patrice Clerc qui, lui, n'est pas
du tout favorable à la scientologie.
-
- Organisation
& Management, une société genevoise de consultants
membre de WISE, intervient en mai 1992 pour régler un
problème de décompte entre nouvel et ancien actionnaire.
Cette intervention n'aboutira pas. Mais en octobre 1993, Organisation
& Management revient à la charge. René Hauser,
l'un de ses collaborateurs, contacte Patrice Clerc pour lui
proposer un audit. Il lui présente alors une carte de
visite sur laquelle on peut lire: «Hubbard Quality System,
la qualité totale pour votre entreprise.» Le patron
de Compac SA devine alors avec qui il traite.
-
- Mais
une semaine plus tard, Patrice Clerc aperçoit par hasard
ce même René Hauser dans le hall de l'entreprise.
En grande discussion avec le directeur technique de Compac SA.
Le collaborateur d'Organisation & Management vient de donner
à sa nouvelle cible une seconde carte de visite. La mention
«Hubbard Quality System» y a mystérieusement
disparu !
-
- Parfois,
l'intrusion de scientologues au sein de l'entreprise peut avoir
des conséquences redoutables sur son devenir. PierreAlain
Moret en sait quelque chose. Fin août 1991, il fonde avec
deux associés une société d'informatique,
Cryptocom Technologie, à Bussigny (VD). En octobre de
la même année, une jeune femme scientologue puis,
dans la foulée, la secte de Ron Hubbard séduisent
l'un des associés. Lequel s'est fixé pour objectif
de devenir OT 8 en trois ans, le grade le plus élevé
et aussi le plus onéreux délivré par la
scientologie. (Voir l'encadré «Un univers de
science-fiction».) Un gouffre financier béant
s'ouvre alors devant lui.
- Le
test
-
- Un an
plus tard, à court d'argent, l'associé scientologue
insiste pour que Pierre-Alain Moret accepte les sages conseils
d'un certain Robert Weinberger. Ce dernier, soutient-il avec
ardeur, aidera la petite société à trouver
de nouveaux débouchés, à s'agrandir ...
donc à s'enrichir. Les conseillers d'entreprises E +
R Weinberger, à Lausanne, ont explicitement mentionné
dans l'annuaire suisse du Registre du commerce qu'ils utilisaient
des techniques de management de L. Ron Hubbard. Cette transparence
les honore. Hélas, pour PierreAlain Moret comme
pour tant d'autres personnes, le nom de Hubbard ne signifie
pas grand-chose. Pourquoi, dès lors, ne pas tenter l'expérience
? Pierre-Alain Moret ne garde pas un bon souvenir de sa première
rencontre avec Robert Weinberger. Ses deux associés (dont
le scientologue) l'accompagnent. Voulant en savoir un peu plus
sur les méthodes de travail du consultant, il se voit
rétorquer qu'une telle question est déjà
payante !
-
- Le prix
du service (6'000 fr.) fixé par Robert Weinberger est
exceptionnellement bas. Mais cette faveur s'explique: le consultant
entend s'introduire auprès des futurs clients. de la
société d'informatique. En définitive,
il se contentera de proposer à son client qu'il fasse
de la publicité. Sous quelle forme ? «Nous allons
élaborer une stratégie pour voir comment vos concurrents
sy prennent», rétorque-t-il laconiquement. Le conseil
fort nébuleux aura finalement coûté 750
fr. l'heure. Mais Robert Weinberger fera mieux. Il inscrit Pierre-Alain
Moret à un cours sur «l'éthique et la survie
de l'entreprise», indispensable, selon lui, à la
compréhension de ses prochaines prestations. Pierre-Alain
Moret, pris dans l'engrenage, accepte de suivre ce séminaire
de quarante heures étalées sur un mois. Celui-ci
est animé par Richard Bovey, alors collaborateur d'une
autre organisation de conseil en management: Power Management
Institute, aujourd'hui à Ecublens (VD). Pierre-Alain
Moret: «M. Weinberger m'a assuré que ce cours était
destiné aux hommes d'affaires et n'était en aucun
cas un cours de scientologie. En fait, je n'ai pas vu la différence.»
-
- Aujourd'hui,
les trois associés se sont séparés
et la société Cryptocom Technologie vient d'être
liquidée. Les conseillers d'entreprises hubbardiens ont
naturellement tissé des liens entre eux. Ils savent se
renvoyer l'ascenseur en cas de besoin. Ils utilisent aussi des
tests identiques, destinés à mieux cerner la personnalité
de leur aimable clientèle. Ainsi, Organisation &
Management, Power Management Institute Lightec et E + R Weinberger,
notamment, proposent le test «Epoch Business Analysis».
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- Les cent
affirmations interrogatives de ce test, auxquelles il faut répondre
«vrai», «incertain» ou «faux»,
permettent notamment de mesurer la capacité financière
du dirigeant concerné, ainsi que sa propension à
épargner ou à investir. L'allégation 99
(«Un bon dirigeant préfère générer
des fonds plutôt que d'emprunter le financement qu'il
estime nécessaire») revêt un intérêt
certain pour n'importe quel directeur d'entreprise. Mais,
aux yeux des scientologues, l'information prend une signification
bien particulière: pour financer les cours de la
scientologie, le recours au crédit est largement encouragé.
Ne pas s'y plier est considéré comme plutôt
fâcheux.
-
- Autre
aspect important révélé par le test : ce
que Ron Hubbard appelle «l'échelle des tons»,
soit une gradation des différents états de conscience.
Cela va de l'enthousiasme à la mort en passant par la
colère. Comme le souligne Julia Darcondo («Voyage
au centre de la secte», Editions du Trident), «la
tech (technologie de Hubbard, n.d.l.r.) consiste à évaluer
au premier coup d'œil l'état émotionnel de
l'individu ou du groupe à «manier»,
et à établir une stratégie à partir
de cet élément. «(...) Chacun sait, par
exemple, qu'il est inutile de chercher à convaincre une
personne en colère ou antagoniste. Aucun argument ne
peut l'atteindre. D'après la tech, il faut commencer
par l'amener sur un niveau émotionnel où elle
sera plus malléable.»
-
- Le cours
intitulé «L'éthique et la survie de l'entreprise»,
notamment dispensé par Power Management Institute, invite
le client à pratiquer
de singuliers exercices. Par exemple, celui qui consiste
à «donner des exemples du passé ou du présent
dans lesquels des individus, des groupes, etc. étaient
ou sont dans une condition de trahison» (section
IV du cours,
point 8).
-
-
- Les adeptes
de la scientologie ne manquent pas une occasion de mettre
sérieusement en doute l'éthique personnelle
ou professionnelle de tous ceux qui n'adhèrent pas
à leur manière de voir le monde.
-
- Mais, au fait,
que signifie l'«éthique» aux yeux des scientologues
?
La lecture de «Scientologie, introduction à l'éthique»,
l'un des ouvrages de base écrit par Ron Hubbard, est
vivement recommandée par certains conseillers en management
membres de WISE à leurs clients. Voici deux extraits,
aux pages 247 et 249 de ce livre :
-
- «II
existe, relativement au pouvoir, sept principes fondamentaux
que l'homme, dans son état aberré, n'a jamais
compris : (...) «5. Lorsque vous quittez le pouvoir, acquittez-vous
scrupuleusement de toutes vos dettes, donnez les pleins pouvoirs
à tous vos amis et partez les poches remplies de munitions,
de preuves compromettantes (pour éventuellement
faire chanter vos anciens ennemis), de fonds illimités
(déposés dans un compte privé) et d'adresses
de tueurs à gages chevronnés, puis allez
vous installer en Bulgravie (sic) et soudoyez la police. (...)»
-
- (...)
«7. Enfin, et c'est là le plus important, comme
nous n'occupons pas tous le devant de la scène,
vous devez constamment essayer d'apporter plus de pouvoir
à celui qui le détient. Cela peut consister à
lui procurer davantage d'argent, à lui rendre la vie
plus facile, à le défendre bec et ongles contre
les critiques, à éliminer l'un de ses ennemis
par une nuit sombre ou même à lui offrir le spectacle
grandiose de tout un camp ennemi en flammes pour anniversaire.»
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-
- Le même
exercice suggère au participant qu'il examine sa propre
vie et qu'il note «les zones ou dynamiques qui sont ou
étaient dans une condition de trahison». Le mot
«trahison» peut être remplacé, un peu
plus loin dans le cours, par celui d'«ennemi» (section
IV, point 11). On ne sort pas vraiment du registre de la persécution.
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- Les scientologues
sont passés maîtres dans l'art de la perversion
sémantique. Plus de dix mille mots ont été
redéfinis par la secte. A commencer par le mot «réalité»
qui, selon les disciples de Hubbard, «est essentiellement
accord. Ce que nous sommes d'accord
de considérer comme réel est réel.»
Dès
lors, pourquoi ne pas «se mettre d'accord»
sur de nouvelles définitions ?
-
- Dans
le cours WISE sur «le leadership efficace»,
on lit notamment : «Un bon dirigeant prend soin des travailleurs.
Il prend aussi soin de l'entreprise. Le type qui a un parti
pris pour le travailleur - le syndicaliste, l'agitateur,
le bon samaritain - ne s'occupe que du travailleur et de ce
fait il l'assassine.» Assassiner ? Bigre ! Mais dans
le glossaire de la scientologie, «assassiner»
signifie «faire échouer, se défaire de».
De toute
manière, quelle que soit la signification donnée
à ce mot, la phrase demeure incompréhensible.
Comme bien d'autres, d'ailleurs.
-
- La redéfinition
de mots, l'invention de termes
nouveaux, les sempiternelles allégories d'un goût
souvent douteux, tout cela vise un objectif précis : faire
perdre aux individus leurs propres références,
les détacher de leurs fondements éducatif et social,
les déstabiliser. «Désapprendre pour apprendre»
les nouvelles valeurs et les nouveaux principes de la scientologie.
-
- Mais
avant d'en arriver à la phase active et réellement
efficace de son intervention, le consultant hubbardien se doit
d'apprivoiser son client. Tout en douceur et en patience. H., directeur d'une entreprise industrielle du Nord
vaudois, se souvient avoir passé dix-huit heures d'affilée,
de 7 heures du matin à 1 heure le lendemain, en compagnie
de Jean-Luc Guignard, de Lightech. Après avoir été
repoussé pendant six mois, le cours sur le management
du temps a commencé le 6 septembre 1990. «Dès
que M. Guignard a su mon
salaire, nous avons lié amitié.» La moindre
difficulté, la moindre question d'organisation soulevée
par H. trouve sa solution. Le cours du conseiller d'entreprises
finit par plaire au directeur.
-
- Fin 1991,
Jean-Luc Guignard envoie à son élève enthousiaste,
et à qui il téléphonait tous les deux mois
pour avoir des nouvelles, le fameux test des cent questions.
Après analyse, il lui suggère de rencontrer Monique
Kimmeier ... de la société Organisation &
Management. Le prix de ce nouvel enseignement est élevé
(27'500 fr.- /=17'200 euros). Mais le conseil d'administration donne son
feu vert le 28 janvier 1992. Une semaine plus tôt, Monique
Kimmeier a proposé
une liste de cinq garanties à H. La troisième
est ainsi formulée : «Possibilité à
moyen terme de devenir consultant d'entreprises faisant partie
des efficaces.» Suggestion plutôt surprenante !
Mais, dans l'esprit des scientologues, il va de soi que l'arrosé
ne doit pas trop attendre avant de devenir à son tour
arroseur.
-
- Durant
le mois de mars 1992, tous les lundis, H, met
sa société à nu devant sa consultante,
qui lui parle notamment de la «troisième dynamique»,
la dynamique de groupe des huit impulsions répertoriées
par Ron Hubbard. Lors d'une séance, le licenciement
d'un collaborateur (vraisemblablement
un «suppressif» selon la terminologie scientologue)
est chaudement recommandé. Et comme le conseil ne semble
pas être suivi à la lettre, Monique Kimmeier réprimande
son élève quelque peu désobéissant.
Mais la coupe est pleine.
- Mis en
alerte, H. convoque en avril 1992 Jean-Luc Guignard
et Monique Kimmeier. Il leur demande d'être remboursé.
«Attention, vous avez engagé le conseil d'administration.
Que va-t-il penser de vous ?» mettent en garde les consultants.
«Le conseil d'administration est déjà au
courant»), rétorque sèchement H. Finalement, le remboursement sera en partie réalisé.
-
-
- Dans
son édition du 6 avril 1987, le «Figaro littéraire»
publiait quatre pleines pages d'un article dithyrambique sur
le fondateur de la scientologie, intitulé : «L.
Ron Hubbard. Profession : humaniste.» Hubbard l'explorateur,
le philosophe, le pédagogue,
l'artiste, le romancier, le gestionnaire, le guérisseur
des toxicomanes, l'humaniste, rien ne manquait au portrait du
héros. Hélas, les auteurs de cet étrange
publi-reportage présenté comme un article étaient
des scientologues. Aujourd'hui encore, la rédaction
en chef du journal se souvient de ce très fâcheux
dérapage.
-
- Pour
en savoir un peu plus sur la véritable vie de Lafayette
Ron Hubbard (il est mort en 1986 à l'âge de 75
ans), rien ne vaut encore la lecture du livre de Russell Miller («Ron Hubbard, le gourou démasqué»,
Plon 1993). Au terme d'une minutieuse enquête, l'auteur
démonte, page après page, la biographie du gourou
américain, revisitée par l'Eglise de scientologie.
Hubbard a mis sur pied l'une des sectes les plus
riches et les plus puissantes de la planète, après
avoir maintes fois répété que e plus sûr
moyen de devenir millionnaire était encore de fonder sa propre
religion.
-
- Il y avait
du Charlot dans Hubbard. Voyez, par exemple, sa manie d'enterrer
des trésors, un des éléments récurrents
de ses vies passées sur terre, de même que sa frustration
de ne pas les retrouver dans sa vie présente. Voyez encore,
un exemple parmi bien d'autres cités par Russell Miller,
ses pitreries à l'occasion des leçons qu'il dispensait
à ses disciples. Un jour, il donna son cours en boitant,
expliquant qu'il avait remonté sa piste de temps génétique
jusqu'au moment de la guerre de Sécession, où
il avait reçu une balle dans la jambe. Il n'avait pas
eu le temps de revenir au présent.
-
- Si le
fondateur de la scientologie s'était contenté
d'écrire sa centaine de médiocres romans
de science-fiction, l'histoire
n'aurait sans doute pas retenu son nom. Mais Hubbard s'est fendu
d'une méthode pseudo-psychanalytique, la dianétique,
au début des années cinquante. Comme le remarque
judicieusement un témoin de l'époque, la
Dianétique n'a pas seulement eu du succès
parce qu'elle arrivait historiquement au bon moment, dans un
pays hanté par le maccarthysme et la terreur nucléaire.
Hubbard savait beaucoup de choses sur Freud, l'hypnose, l'occultisme,
la magie, les véritables ingrédients de sa découverte.
-
- A la
fin de sa vie, Ron Hubbard navigue sur un bateau amiral. Délirant,
déprimé, couvert d'or, il s'est entouré
de «messagères». De jeunes adolescentes en
minishort, ivres de pouvoir, qui font régner la terreur
à bord. Le «commodore» a institué
une section disciplinaire baptisée «Rehabilitation
Project Force», ou RPF. Tous ceux qui n'exécutent
pas les ordres du gourou avec assez de diligence sont condamnés
à un stage plus ou moins long à la RPF.
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- Sens
critique
-
- Le client
de rêve du consultant scientologue est celui qui n'a jamais
suivi de cours de formation donné par un conseiller
extérieur à l'entreprise. Mais le cadre déjà
habitué à côtoyer d'autres formateurs,
ou bien initié aux différentes théories
du management aura appris à aiguiser son sens critique.
A l'instar de ce collaborateur de l'Hôpital de Moutier,
le seul à savoir qui est réellement Ron Hubbard
quand le conseiller Renaud Monnin y fait référence
devant certains cadres de l'établissement. En septembre
1992, à l'occasion de son cours de présentation,
Renaud Monnin précise en effet qu'il a été
formé en Allemagne, dans une école qui applique
les principes du fondateur de la scientologie.
-
- Ce même
collaborateur découvre, un peu plus tard, que les quelques
principes de rangement de bureau prodigués par Renaud
Monnin ont nécessité une pleine journée
de travail. «Une demi-heure aurait suffi !» Le consultant
voulait faire place nette. Et celui-ci de demander à
son interlocuteur si tel vase ou telle photo de famille étaient
vraiment indispensables. «Une technique abrutissante,
avilissante qui, de surcroît, met l'accent sur notre
vie privée dans le cadre professionnel.» La découverte
d'un conseiller d'entreprises scientologue dans l'établissement
hospitalier provoquera
un joli scandale dans l'établissement et fera la manchette
de la presse.
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- Mais,
encore une fois, les formateurs scientologues savent fort
bien moduler leur comportement en fonction des personnes
rencontrées et des circonstances. René Monnier, patron de la
société Diffusair SA, à Russin (GE),
a dans un premier temps été fort refroidi par
«les promesses utopiques» d'un collaborateur
de la société Organisation & Management,
décidément fort active. Le cours proposé
valait plus de 20'000 fr. (12'500 euros) et ne semblait pas répondre
à ses besoins. Deux mois après cette rencontre,
fin 1992, Monique Kimmeier s'est elle-même
déplacée pour
vendre à René Monnier un cours d'organisation
personnelIe mieux adapté à sa société.
«Une méthode efficace qui a le mérite
de poser les problèmes de manière juste»,
commente le président de Diffusair.
Qui reconnaît par ailleurs s'être intéressé,
par curiosité, à la scientologie, «parce
lue je savais que c'était la source du cours que je
recevais».
-
- Jugement
plutôt positif, encore, d'un autre responsable d'un magasin
genevois qui affirme : «En trois ans de travail avec Organisation
& Management, le thème de la scientologie n'a pas
été abordé directement plus de dix minutes
sur des centaines d'heures.» Mais cet interlocuteur reconnaît
aussi manifester un manque d'intérêt pour les sectes
en général, ainsi que pour la vie et l'œuvre de
Ron Hubbard
en particulier. «Sans doute les Kimmeier
ont senti cela.» Approche à géométrie
variable, modulée en fonction des facteurs «temps»
et «réceptivité» des clients.
A quoi bon forcer la dose si ces derniers ne sont manifestement
pas (encore) disposés à aller plus loin ?
- Vie antérieure
-
- Tout
autre expérience, celle vécue par Mme O et M.
A.. Encore sous le choc de ce qui a failli entraîner
un éclatement du couple. Tout a commencé en septembre
1990
lorsqu'un consultant est venu leur proposer d'améliorer
la gestion de leur entreorise
en Suisse romande. Mme O n'est pas convaincue. Un peu plus tard,
ce même collaborateur revient, accompagné
cette fois d'un autre conseiller. Mme O et M. A acceptent alors de suivre un cours. Mais ensemble.
Hélas, les cinq premières leçons ne
concernent qu'A, tandis que sa femme demeure sur
la touche. «Pour vous, j'ai quelque chose de mieux»,
suggère le consultant. A partir de janvier 1991 commencent
alors de bien étranges leçons. Le conseiller demande
par exemple à son élève de s'asseoir en
face de lui, de le fixer des yeux sans jamais détourner
le regard. Puis de dire des nombres,
n'importe lesquels, à haute voix.
-
- Lors
d'une autre rencontre, le conseiller d'entreprises parle à
Mme O. de ses vies antérieures, lui annonce qu'elle
menait jadis une vie dépravée et que sa grand-mère
était une sorcière. «J'aimerais faire de
la Dianétique avec vous», s'entend dire Mme O.
Réticente quelques semaines auparavant encore, Mme O. finit par accepter d'invraisemblables pratiques
: «Il
me touchait à certains endroits du corps et je devais
dire merci.» Un exercice de conditionnement pratiqué
sur tout débutant scientologue.
-
- Quant
à M. A, le consultant lui propose de participer
à une conférence dans un restaurant de Carouge.
Curieux, il s'y rend. Parmi la vingtaine de participants
figure un personnage venant des Etats-Unis. Le thème
de cette conférence: le communisme et le fascisme
dans le monde. «Complètement bidon !» se souvient
aujourd'hui M. A. A ce moment-là, le couple
réalise qu'il a été embarqué dans
une spirale infernale.
Il décide enfin d'y mettre un terme. Coût de l'opération:
quelque 28'000 fr. (17'500 euros)
-
- «L'embrigadement
?
C'est un
crime!» déclare avec un brin
d'indignation Peter Molnar, le scientologue libre-penseur
de Suisse romande. Hélas, ni Ron Hubbard ni ses disciples
les plus fervents ne semblent partager cet avis. Dans un
fascicule de la secte daté d'octobre 1985, Hubbard
s'exprime ains i: «Quand quelqu'un s'inscrit, considérez
que c'est pour l'éternité. Ne permettez à
jamais
une approche de type «esprit ouvert». (...)
Quand nous faisons réellement et correctement l'instruction
de quelqu'un, il devient un tigre,»
-
-
- L'échafaudage
du système hubbardien repose sur quatre principaux
piliers: le bouddhisme, la théosophie, la psychologie
et la science-fiction. Cette dernière est assurément
l'élément le plus important. La cosmogonie
élaborée par Hubbard s'inspire en effet largement
des histoires de bandes dessinées.
-
- A la
fin des années soixante, le chef de la secte a publié
les grades supérieurs de cette dernière, appelés
«Operating Thetan» (OT). Le thétan, esprit
immortel, aurait des capacités bien supérieures
à celles que l'homme peut imaginer. Par un prétendu
travail initiatique, l'adepte est censé traverser
les différents grades scientologiques afin, précisément,
de revitaliser son thétan. Bien que considérés
comme secrets par les scientologues, les niveaux OT sont connus
du public. Le premier, OT 1, consiste en une série d'exercices,
tels que marcher dans la rue en comptant les gens jusqu'à
ressentir
de l'euphorie et parvenir à une sorte de réalisation.
-
- Arrivé au second stade
(OT 2),
l'adepte lutte contre une liste d'affirmations et de négations
qui n'en finissent pas, du genre «je dois exister»
et «je ne dois pas exister». Il doit s'imaginer
voir une lumière et ressentir un choc à
chaque phrase.
-
- Une fois
le problème des antagonismes résolu, le nouvel
OT 2 est prêt à traverser «le mur du feu»
du niveau OT 3. Il apprend alors, révélation inouïe,
qu'il y a soixantequinze millions d'années la Terre
faisait partie d'une Confédération galactique
régie par un prince maléfique du nom de Xénou.
Hélas, cette Confédération souffrait
d'une surpopulation massive. Pour
résoudre ce problème, Xénou envoya sur
terre les gens de quelque septante-six planètes différentes,
avant de les détruire. Capturés au moyen d'un
rayon paralysant, puis congelés et empaquetés,
les thétans ont été rassemblés dans
des volcans. Des bombes thermonucléaires y ont alors
explosé. Ensuite, pendant trente-six jours, on a
implanté des images de sociétés terrestres
dans ce qui restait de ces pauvres victimes. Toujours selon
Hubbard, toutes les cultures et religions qui ont suivi ces
tragiques événements découlent de
ces implantations hypnotiques. Sous l'effet de la déflagration
nucléaire, les thétans ont été malencontreusement
rassemblés par grappes. Autrement dit, mon «je»
est tenu prisonnier par des centaines de thétans collés
à lui, les «body thetan», comme les a appelés
Hubbard. L'apprenti OT 3 doit se débarrasser de ces intrus.
«Un long travail qui requiert du soin, de la patience
et de la bonne audition», prévient Hubbard.
-
- OT 8
est le grade le plus haut actuellement délivré
par la secte. Il donnerait le pouvoir d'être cause sur
la matière, l'énergie, l'espace et le temps,
subjectifs et objectifs. Dieu n'a qu'à bien se tenir
!
-
- (Sources:
Jan Atack, ex-scientologue, «The Total Freedom Trap»,
Tetha Communications, 1992,. Paul Ranc, «Une secte
dangereuse», Editions Contrastes, 1993.)
|
-
- The primary purposes of WISE
-
|
-
-
- Bilan,
juin 1994, Philippe Le Bé
-
- Pour
le médecin-expert français Jean-Marie Abgrall,
la scientologie utilise des méthodes éprouvées
dans maints domaines d'activité, mais sensiblement perverties.
A l'instar de bien d'autres sectes, «des manipulateurs
exploitent des manipulés».
-
|

|
- Jean
-Marie Abgrall
-
- Médecin,
psychiatre, criminologue, médecin légiste
et expert auprès de la cour d'appel et
des tribunaux français, JeanMarie
Abgrall (44 ans) vit à Toulon. Il a soigné
de nombreuses victimes de sectes et expertisé
des délinquants sectaires. Pour le compte
de la justice, il a aussi rédigé
des rapports sur les techniques de conditionnement
mental et de manipulation utilisées par
les sectes.
-
- Photo
: AIR/J.-C Curchod
|
- Bilan
- Jean-Marie Abgrall, la scientologie est-elle une secte ?
-
- Jean-Marie
Abgrall - C'est ainsi qu'elle est qualifiée par divers
auteurs, journalistes, universitaires, religieux ou ex-adeptes.
-
- Bilan
- Pour vous, qu'est-ce qu'une secte ?
-
- J.-M.
A. Affirmer, comme le font certains auteurs, qu'une secte
est un nouveau mouvement religieux ou bien une minorité
religieuse, cela pose d'emblée le problème de
la liberté de penser, de la liberté d'expression
personnelle ou religieuse, etc. Or, ce n'est pas du tout le
propos. A mon avis, une secte est un mouvement replié
sur lui-même, organisé autour d'une idéologie,
qu'elle soit religieuse ou politique, et d'un gourou. Ou bien
des deux, la plupart du temps. Son mode de fonctionnement est
donc fermé et son organisation pyramidale. Des manipulateurs
exploitent des manipulés.
-
- Bilan
- En quoi la scientologie est-elle une organisation fermée
?
-
- J.-M.
A. - La scientologie connaît un mode de fonctionnement
occulte articulé autour de l'OSA, son bureau des affaires
spéciales. L'OSA est un véritable service secret
qui, dans le cadre de la propagande noire, lance des informations
destinées à discréditer certaines personnes.
Lorsqu'un individu est considéré comme dangereux
pour la scientologie, les adeptes ont le droit et même
le devoir de le réprimer.
-
- Bilan
- Quelles méthodes utilisent les scientologues pour pour
attirer du monde ?
-
- J.-M.
A. - Ce sont des techniques de marketing et de publicité
classiques. Les scientologues choisissent un groupe social donné.
Puis ils,:proposent aux cibles de ce groupe tel produit peu
coûteux, leur faisant miroiter un pronostic de réussite
rapide. Cela peut concerner l'éveil de la personnalité
(la dianétique), la musique (l'école de l'éveil)
ou la santé (les techniques de «purification»).
Dans un deuxième temps, une prestation de services beaucoup
plus large est offerte. Mais à un prix sensiblement plus
élevé.
-
- Bilan
- Et quels sont les sources, les fondements de ces techniques
?
-
- J.-M.
A. - Les techniques d'éveil de la personnalité,
par exemple, sont relativement banales. Elles s'inspirent du
bouddhisme, du yoga ou de la psychatrie traditionnelle. Mais
celui qui ne les connaît pas a l'impression de découvrir
quelque chose d'extraordinaire. Dans le monde des affaires,
il est aussi fait appel à des méthodes largement
éprouvées dans les secteurs de la publicité
ou de la formation pour cadres. Mais, sorties de leur contexte
et appliquées sans discernement par des gens incompétents,
de telles méthodes sont vite perverties. Pour les scientologues,
cela n'a évidemment aucune importance.
-
- Bilan
- Ron Hubbard a lui-même côtoyé certains
milieux ésotériques ...
-
- J.-M
A. - En effet, il a notamment été en relation
avec des ordres «initiatiques» branchés sur
l'Inde comme la théosophie de Helena Petrovna Blavatsky,
et sur l'Angleterre comme l'Ordo Templis Orientis (O.T.O.) dirigé
par Aleister Crowley. Hubbard a donc alimenté sa cosmogonie
personnelle avec des données récupérées
un peu partout dans les écoles «initiatiques»
classiques. Mais ensuite, il a su s'enrichir du mouvement psychiatrique
naissant aux Etats-Unis dans les années de l'après-guerre.
Parmi les techniques utilisées par la scientologie, certaines
sont directement issues de la psychiatrie traditionnelle. Comme
par exemple la dynamique de groupe, le psychodrame, la relaxation,
la «renaissance», etc.
-
- Bilan
- Ya-t-il un profil type de l'adepte de la scientologie ?
-
- J.-M.
A. - Non. Mais il est vrai que de nombreuses personnes attirées
par la secte se trouvent dans une état de fragilité
psychique, dans une situation de rupture et de solitude. Dépressives,
anxieuses, ces victimes potentielles ne connaissent personne
à qui se confier. Elles ne vivent pas dans un cadre de
référence, par exemple un club sportif ou une
école artistique, où elles pourraient exprimer
leurs doutes. Autre cible privilégiée: les gens
fascinés par l'ésotérisme, la métaphysique,
la parapsychologie, etc
-
- Bilan
- Comment se déroule le processus d'inculcation de la
scientologie ?
-
- J.-M.
A. - Au commencement de leur approche, les scientologues
utilisent un langage normal. Pour ne pas effrayer les futurs
adeptes. Au fil du temps, après quelques séances,
ils proposent à leurs sujets de manier un langage qu'ils
considèrent comme indispensable à la lecture et
à la bonne compréhension des ouvrages des scientologues.
Mais, à la différence d'une initiation à
une technique nouvelle, qui exige l'apprentissage d'une terminologie
nouvelle précise, les termes employés par la scientologie,
à quelques exceptions près, continuent d'appartenir
au langage courant. Cependant, ils sont légèrement
déviés de leur sens original.
-
- Bilan
- Quels sont les effets d'une telle déviance ?
-
- J.-M.
A. - Après avoir pratiqué une sémantique
trafiquée pendant plusieurs mois, le sujet ne sait plus
très bien où se trouve la frontière entre
le réel et l'imaginaire. Il a perdu ses repères
culturels et sémantiques habituels. Quand, ensuite, il
reçoit des informations de plus en plus aberrantes, ces
dernières lui sont alors présentées sous
forme de symboles. Lesquels, peu à peu, deviennent réalité
! Imaginez un chrétien adorant une croix et qui aurait
oublié qu'en vérité c'est le Christ cloué
sur la croix qu'il adore. Il finirait par adorer l'instrument
de torture et non plus la signification du sacrifice. Le voilà
sorti du système de référence traditionnel.
Dans la scientologie, on commence donc par vous inculquer des
idées à peine marginales, avant de vous faire
glisser, peu à peu, dans la marginalité complète.
-
- Bilan
- Quel rôle joue l'électromètre dans la
scientologie ?
-
- J.-M.
A. - L'électromètre est une prestation
supplémentaire dans le fonctionnement de la scientologie.
Instrument de mesure des variations galvaniques de conductivité
de la peau sous l'effet d'un stimulus ou d'un stress, il équivaut
grosso modo à un détecteur de mensonge. A quoi
sert-il ? Pour commencer, les scientologues vendent une doctrine.
Mais, à un certain moment, le sujet est tiraillé
par le doute. Il se dit : manifestement, cela ne marche pas
très bien ! Or, l'électromètre est précisément
destiné à lui prouver le contraire. Réintégré
dans le discours abscons de la scientologie, cet appareil devient
une manifestation de l'au-delà, des thétans,
de l'esprit. Devenu objet de culte, l'électromètre
est divinisé aux yeux des scientologues.
-
- Bilan
- Comment passe-t-on de l'état de manipulé à
celui de manipulateur ?
-
- J.-M.
A. - Ces précisions, pour commencer: les manipulés
inconscients sont incapables de faire la part du réel
et de l'attrapegogo. Quant aux leaders financiers, ils
se trouvent à Los Angeles ou à Copenhague, un
centre de la scientologie pour l'Europe. Ils contrôlent
économiquement et financièrement la secte. Cela
dit, parmi les manipulés, certains finissent malgré
tout par émettre des doutes. Ils se forgent une autoanalyse
sincère et critique. A ce moment-là, les «superviseurs
des cours» vont cerner davantage la personnalité
de ces individus. Jusqu'à présenter à quelques-uns
un contrat du genre: «Je te paie désormais tes
cours, mais en échange tu fais tel travail pour nous.»
C'est un peu comme dans une entreprise. Ceux qui ne peuvent
sortir du travail à la chaîne restent en bas de
l'échelle. Alors que ceux qui sont faits pour devenir
leaders le deviennent. Les quelque quatre cents dirigeants tout
en haut de la pyramide scientologue vivent comme des nababs.
-
- Bilan
- Il y a pourtant un grand nombre d'adeptes scientologues qui
un jour quittent la secte ...
-
- J.-M.
A. - Tant qu'un individu est productif, soit parce qu'il
est fortuné ou qu'il peut fournir un travail, la secte
le garde. Mais si ce n'est plus le cas, elle l'exclut. Il y
a certes des gens qui prennent réellement conscience
qu'ils vivent dans un univers aberrant. Deux cas de figure se
présentent alors : ou bien, comme je l'ai dit, ils s'intègrent
toujours plus à la secte et deviennent des manipulateurs
de haut vol, ou bien tout explose dans leur tête. L'initiation
se fait à l'envers. Au lieu de se dire: «J'ai vu
ou lu Ron Hubbard et je suis convaincu», ils prennent
conscience qu'ils se sont fait piéger durant des années.
Ils claquent la porte de la scientologie et, bien souvent, se
dressent alors contre elle.
-
- Bilan-
Quelles traces laisse une telle expérience ?
-
- J.-M.
A. - Beaucoup des ex-scientologues ont perdu une partie
de leur famille et leurs biens. Certains souffrent par ail1eurs
de troubles psychiatriques plus ou moins graves. Cela va de
la dépression à la psychose, aux délires
chroniques, ou aux hallucinations. D'ailleurs, la secte ne souhaite
pas garder en son sein hallucinés ou psychopathes. Exemples
détestables pour les autres adeptes, ces malades peuvent
être la source de graves ennuis d'un point de vue criminologique.
Ils ne sont finalement utilisables que dans un cas bien particulier
: quand leur délire s'intègre dans la cosmogonie
de la secte. Un OT
8 convaincu de passer le mur du feu sans problème
demeure parfaitement utilisable. A la fois fou et divinisé,
il joue le rôle des chamans dans les sociétés
tribales.
|
-
-
- BILAN,
juin 1994, Philippe Le Bé
- complément
de l'article "Comment
les
conseillers scientologues infiltrent les entreprises"
- Dans
le sillage de Ron Hubbard
-
- Les
noms de personnes et sociétés cités
dans le tableau ci-dessous (à l'exclusion
de Bernard Tschuppert) figurent sur une liste de
membres émise par WISE (1992).
-
- BILAN
a envoyé à chaque personne concernée
un questionnaire dont les réponses principales
sont ici reproduites. Nous avons sélectionné
les personnes ou sociétés les personnes
ou sociétés qui ont été
ou sont encore actives dans le conseil d'entreprise.
-
- *
Les personnes dont le nom est suivi d'un astérisque
figurent sur une liste des principaux donateurs
de la scientologie. cette liste, établie
par l'Association Internationale de Scientologues
(IAS), a été diffusée en 1993
-
-
RAISON SOCIALE :
|
- a)
Avez-vous utilisé dans votre enseignement
des techniques de Ron Hubbard ?
-
- b)
Utilisez-vous encore de telles techniques ?
|
- REMARQUES
:
|
- Alain
Bohren
- Formatique,
Pully (VD)
|
- N'a
pas répondu
|
|
- Richard
Bovey *
- Lausanne
(VD)
|
- "Je
ne fais partie d'aucune société de
conseil en management et je ne suis pas formateur
indépendant s'inspirant de la technologie
Hubbard"
|
- Un
document publicitaire de mars 1993 émanant
de Power Management Institute annonce un séminaire
du Hubbard College of Administration "L'art de vendre",
ce séminaire est présenté par
Richard Bovey
|
- Pierre
Court
- Power
management institute
- Ecublens
(VD)
|
- N'a
pas répondu
|
- Témoignages
et documents montrent que Power management Institute
utilise les méthodes préconisées
par Ron Hubbard
|
- Philippe
Gaille
- Lutry
(VD)
|
- "Je
ne fais plus partie de WISE depuis trois
ans. Mon activité professionnelle n'a rien
à voir avec ce que fait WISE, je travaille
comme indépendant dans le domaine de la photographie."
|
- Dans
l'annuaire téléphonique 93/95 on lit
: Philippe Gaille, formation pratique pour cadres."
|
- Romano
Garatti
- U-Man
Consulenze e Servizi SA, Camorino (TI)
|
"Non"
|
- A
collaboré avec le groupe U-Man International
de 1988 à 1992. Ne dit pas s'il utilise ou
non le U-Test prisé par les scientologues
|
- Jean-Luc
Guignard
- Lightec
- Arnex-sur-Orbe
(VD)
|
- "Je
n'entends pas faire l'objet d'un article dans votre
mensuel et le caractère cavalier de vos questions
me surprend."
|
- Témoignages
et documents montrent que Lightech utilise les méthodes
préconisées par Ron Hubbard. Collabore
notamment avec Organisation et Management.
|
- Martin
& Jocelyne Huber
- Huber
& Partner
- Dübendorf
(ZH)
|
- N'ont
pas répondu
|
|
- Lucie
Jungi *
- Jungi
& Partner
- Thörishaus
(BE)
|
- "Comme
nous ne sommes pas actifs en Suisse romande, nous
ne pouvons pas vraiment profiter des résultats
de votre article. (...)"
|
|
- Monique
et Francesco Kimmeier Organisation & Management
- Vernier
(GE)
|
- N'ont
pas répondu
|
- Témoignages
et documents montrent que Organisation et management
utilise les méthodes préconisées
par Ron Hubbard. Collabore notamment avec Lightech
|
- Ernst
Koch
- On
Top managertraining individuel
- Wohlen
(AG)
|
- N'a
pas répondu
|
|
- Yves
Lehmann
- Prévondavaux
(FR)
|
- Voilà
près de deux ans que j'ai cessé mes
activités de conseiller, De plus, l'activité
de conseiller concernait des mandat d'ordre technique
et commercial essentiellement, qui n'avaient de
rapport ni avec la formation ni avec la technologie
de M. Hubbard"
|
|
- Peter
Molnar
- Man
Age SA
- Blonay
(VD)
|
- a)
"oui"
- b)
"Non. Nous avons rompu nos relations avec U-man
et WISE en 1992."
|
- Toujours
scientologue convaincu, Peter Molnar reproche à
WISE et à U-Man de mélanger affaires
et religion. Utilise encore le U-Test avec certains
clients mais ne souhaite pas continuer. Développe
son propre produit.
|
- Renaud
Monin
- (Formation
spécialisées pour cadres)
- Peseux
(NE)
|
- "Je
vous informe que je ne souhaite pas répondre
à vos questions"
|
- Renaud
Monnin utilise les méthodes préconisées
par Ron Hubbard. Il s'est notamment fait connaître
à l'Hôpital de Moutier.
|
- Gerd
Pabst
- AG
zur Entlastung von Führungskräften AEF,
Verkaufs und Management Schulung - Arni (AG)
|
- N'a
pas répondu
|
|
- Fernand
Pasche
- Formatique
Pasche et Sprüngli
- Genève
(GE)
|
- N'a
pas répondu
|
- A
été responsable de "l'Association
de chefs d'entreprises pour l'augmentation de la
confiance mutuelle", qui diffuse la brochure
"Le chemin du bonheur".
|
- Bruno
Tschuppert *
- TCM
Tschuppert AG
- Füllinsdorf
(BL)
|
- N'a
pas répondu
|
|
- Robert
Weinberger
- Weinberger
E. + R. SA
- Lausanne
(VD)
|
- N'a
pas répondu
|
- Dans
l'annuaire suisse du registre du commerce, il est
indiqué : "Affaires immobilières
en Espagne et dans d'autres pays étrangers,
techniques de management de Ron Hubbard."
|
-
- Autres
enquêtes sur les entreprises suisses en relation
- avec
la scientologie et WISE
-
- Scientologen dominieren Firmen in den Sektoren EDV, Werbung,
Personalberatung, Immobilien
- (en
allemand)
-
- WISE
: Les entreprises scientologues en Suisse
(enquête de
1995)
-
- Les
membres scientologues de WISE en 2004 dans le monde
et en Suisse
(8200
K)
-
Scientologie
- Index des entreprises et associations
|
-
-
-
|