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SCIENTOLOGIE ET SECTES EN BELGIQUE
Que font les autorités ?

Recrudescence des sectes (RTB, 24 mars 2006)

Le «groupe de travail» sur les sectes rend son rapport (La libre Belgique, 23 mars 2006)

Un avant-projet de loi pour punir l'abus de faiblesse ou de l'état d'ignorance (La libre Belgique, 21 mars 2006)

Les sectes en Belgique. Des mesures plus étendues que prévu (La Libre Belgique, 12 décembre 2005)

Une étude prône le principe de précaution pour les «mouvements contestés» (La Libre Belgique, 13/12/2005)

En Belgique les sectes gagnent encore du terrain : Rapport du CIAOSN sur les dérives sectaires en Belgique (La Libre Belgique 29/09/2005) Le CIAOSN : Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles

L'Observatoire fédéral des sectes livre son troisième rapport bisannuel (Le Soir, 29 septembre 2005)

L'Etat belge condamné suite à une plainte de l'Eglise universelle du Royaume de Dieu (UIRD ou communauté du Caillou) (02/09/2005)

L'Eglise de scientologie salue la condamnation de l'Etat belge (AFP, 5 septembre 2005)

Belgische Kammer nach Sektenklage verurteilt (Flanderninfo vom 2.09.2005)

 

RECRUDESCENCE DES SECTES

RTB, 24 mars 2006
[Texte intégral]

Le groupe de travail qui se penche sur les sectes dans notre pays a rendu jeudi un rapport qui pointe une série de lacunes dans la lutte contre le phénomène. Des lacunes qui expliquent sans doute une recrudescence des groupes observés.

Pour lutter contre la recrudescence des groupes observés par le Centre d'Information et d'Avis sur les Organisations Sectaires Nuisibles, le rapport réclame notamment une pénalisation de l'abus d'ignorance et de faiblesse. Les méthodes des sectes sont connues, encore faut-il pouvoir lutter efficacement contre elles. D'où cette demande d'une loi en la matière, une loi dont nos voisins français ce sont déjà dotés et qui a déjà donné des premiers résultats. «La disposition est récente mais elle a déjà fait ses preuves dans l’affaire Léo Far, (lire Néo Phare) en France, qui a permis de condamner une personne. La décision a été confirmée en appel mais il faut surtout voir que ce type de disposition peut avoir un aspect dissuasif», explique Henri de Cordes, président du Centre d'Information et d'Avis sur les Organisations Sectaires Nuisibles.

Pour les experts il ne faut pas trop traîner à imiter le texte légal de nos voisins, faute de quoi la Belgique pourrait devenir terre d'asile pour certaines organisations sectaires. C'est, par exemple, le cas pour certains psychothérapeutes qui risquent très prochainement de devoir quitter la France parce qu'ils ne répondront plus aux critères imposés par la République française alors que la Belgique n'a toujours pas de disposition qui protège la pratique et le titre de psychothérapeute.

Mais modifier l'arsenal législatif ne suffira pourtant pas à combattre les sectes. Pour le groupe de travail, il faut commencer par mieux appliquer les législations sociales et médicales existantes.

 

DÉPUTÉS CONTRE GOUROUS

La libre Belgique, 23 mars 2006 par Roland Planchard
[Texte intégral]
 
Le «groupe de travail» sur les sectes rend son rapport. Il constate d'abord de sérieuses lacunes dans la lutte contre ces organisations dont certaines sont dangereuses. Il recommande ensuite des corrections pour éviter les drames.

Un an et demi de labeur. De nombreuses réunions (à huis clos). Des centaines de documents compulsés. Une vingtaine d'auditions de «grands témoins» (les ministres de la Justice, de l'Intérieur et de la Santé publique, des dirigeants de la Sûreté, de la Police, des parquets, etc.). Voilà ce qui a animé le «groupe de travail parlementaire» constitué en juin 2004 à la Chambre en réaction à l'apparent et considérable manque de suivi des recommandations de la commission d'enquête lancée par la même Assemblée sur le problème des sectes, en 1997. «La» commission qui avait sonné l'alarme ...

Ce groupe présente ce jeudi son rapport, qui paraît déjà essentiel pour le combat contre les «organisations sectaires nuisibles et dangereuses». «La Libre» a pu prendre connaissance tant de ses constatations, édifiantes, que des nouvelles recommandations qui vont influencer la politique en la matière.

Autant le dire: le constat posé par le président et fondateur du groupe de travail, André Frédéric (PS), par son vice-président Tony Van Parys (CD&V), son rapporteur J-P. Malmendier (MR) et ses membres (CDH, VLD, SP.A, VB) ne réjouit pas. Depuis 1997, c'était quasiment le vide...

1 Evolution de la situation. Les activités des sectes n'ont pas diminué, au contraire (lire ci-dessus). Mais, constate le groupe, elles avancent avec plus de discrétion. Il s'agit plus que par le passé de petites structures, même si de puissants groupes dissidents du protestantisme américain (évangélistes, pentecôtistes) occupent aussi le terrain.

2 Parquets, police et Sûreté. Leur connaissance du phénomène est fragmentaire, dit le groupe de travail. Un besoin de formation se fait sentir (déjà dit en 1997). Il est cependant vrai que les organisations sectaires disposent parfois de moyens colossaux et qu'il est malaisé d'enquêter sur leur patrimoine.

Côté parquets, un groupe de travail devait élaborer un plan de lutte, mais la note d'orientation attendue est toujours dans les limbes. Le gouvernement lui-même a omis de définir, en collaboration avec le Collège des procureurs généraux comme c'était prévu, une politique criminelle précise permettant aux services concernés d'orienter leur action. Et si la commission d'enquête avait préconisé la création d'une cellule spécifique transversale Police/Sûreté, elle n'existe pas. Enfin, si on notait en 1997 le manque de moyens matériels et humains dans ces services, c'est toujours le cas.

3 La cellule administrative de coordination de la lutte anti-sectes répond, elle, effectivement à une recommandation de 1997. Mais, sans locaux, elle semble en léthargie. On attend toujours la publication de l'arrêté royal l'organisant ...

4 International. La coopération est étroite avec la France mais, même si la Sûreté entretient des contacts transfrontaliers de bon aloi, ça s'arrête à peu près là à cause de la disparité des législations en Europe et du fossé conceptuel entre les Latins et les Anglo-saxons, plus indifférents au phénomène. D'ailleurs, a remarqué le groupe de travail, les institutions européennes, cibles privilégiées du lobbying intense des organisations sectaires, s'intéressent peu au sujet. Pas de surprise, donc, à ce qu'Europol n'ait constitué aucun fichier d'analyse sur les sectes.

5 Médecine, psy et social. En 1997 déjà, il était évident que certaines sectes exploitaient le travail des adeptes. Mais les Affaires sociales se bornent à évoquer la jurisprudence, qui dit qu'adeptes et gourous ne sont pas liés par un contrat de travail. Constat d'amertume aussi côté médical: les pratiques sectaires éveillent peu l'intérêt des autorités et de l'Ordre des médecins. Les procès pour exercice illégal de la médecine sont rares. Les députés notent aussi que l'absence de statut du métier de psychothérapeute présente un réel danger.

6 Quelques avancées, malgré tout, directement liées aux recommandations de 1997 ou non: création du parquet fédéral; instauration de magistrats de référence dans les parquets locaux (mais ils n'ont pas reçu la moindre directive), obligation faite à ces parquets de notifier au parquet fédéral tout dossier secte; centralisation au même parquet des informations de la Sûreté de l'Etat (mais sans suites judiciaires jusqu'ici); enfin, un «carrefour d'information» a été créé dans chaque arrondissement judiciaire.

Ce qui ne paraît pas si lourd... Merci, donc, aux députés: il était temps que quelqu'un réagisse !


 
 

POUR DÉFENDRE LES FAIBLES CONTRE LES PROFITEURS

La libre Belgique, 21 mars 2006 par Roaland Planchard
[Texte intégral]

Un avant-projet de loi pour punir l'abus de faiblesse ou de l'état d'ignorance.

L'actualité revient sur le problème des sectes. On sait que le groupe de travail fondé en 2004 par le député (PS) André Frédéric et chargé du suivi des recommandations de la commission d'enquête dédiée au sujet, en 1996 et 1997, a déjà émis l'idée d'une proposition de loi permettant d'incriminer ce que, pour faire bref, on appellera l'abus de faiblesse («LLB» 28/06/2005). Mais il est rejoint dans son intention par la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), qui vient de formaliser un avant-projet de loi«visant à réprimer l'abus de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse des personnes».

Il s'agit d'introduire un chapitre supplémentaire dans le code pénal intitulé «De l'abus de l'état d'ignorance ou de faiblesse» ainsi qu'un article disposant que «quiconque aura abusé de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse soit d'un mineur, soit d'une personne particulièrement vulnérable, en raison de son âge, d'une maladie, d'une infirmité, d'une déficience physique ou psychique, de sa situation administrative illégale ou précaire ou d'un état de grossesse pour conduire ce mineur ou cette personne à un acte ou à une abstention portant gravement atteinte à son intégrité physique ou mentale ou à son patrimoine, sera puni...».

Les peines prévues iraient de 3 mois à 3 ans de réclusion et, côté amendes, de 250 à 20000 euros, et davantage en cas de décès de la victime (6 mois à 5 ans, 500 à 40000 euros). Il est également prévu que le tribunal puisse ordonner la publication du jugement dans les quotidiens, aux frais de celui qui serait reconnu coupable. Là, c'est évidemment à la prévention qu'on touche, le but étant d'avertir le public d'une situation dangereuse.

Retour au groupe de travail parlementaire, dont on attend pour bientôt la proposition, laquelle devrait être plus ciblée «sectes» afin de permettre à l'arsenal législatif de sous-tendre vraiment l'action judiciaire même dans les cas difficiles. Il est vraisemblable qu'avant-projet et proposition seront défendus ensemble et concrétisés à moyen terme. Nous y reviendrons prochainement.

 
LES SECTE EN BELGIQUE
Des mesures plus étendues que prévu
 
La Libre, 12 décembre 2005 par Roland Planchar
[Texte intégral]
Le groupe de travail parlementaire sur les sectes a réveillé les consciences.
Il a entendu la ministre de la Justice, qui est venue avec des idées neuves.
 
Malgré leurs apparences relativement peu spectaculaires en Belgique, les sectes semblent progresser sans cesse. Ainsi, à l'heure où débute à Bruxelles un important procès (lire ci-dessous), on apprend à la faveur d'une communication à la Chambre de la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), que le Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN) a, entre le début 2005 et ce mois de décembre, ouvert rien moins que 57 dossiers supplémentaires sur des groupements qui inquiètent le public (590, au total). Tous ne sont pas dangereux, certes, mais c'est en soi révélateur. «En revanche, peu de plaintes sont déposées. Il y a un hiatus et il faut faire sortir les dossiers de l'ombre», explique-t-on chez la ministre.
 
Elle s'exprimait devant le groupe de travail parlementaire né, à la mi-2004, du constat posé par le député socialiste André Frédéric que les recommandations de la commission d'enquête ayant eu le sujet pour thème en 1997 ne sont guère suivies. Notable exception : la création bienvenue d'une cellule administrative de coordination et du CIAOSN, qui remplit parfaitement sa mission. Mais à part ça ... Avec sept autres élus de tous les partis, M. Frédéric achève ces temps-ci, avant d'aborder le temps des conclusions, l'audition des intervenants du dossier, qui vont de la Sûreté de l'Etat, essentielle en la matière, au collège des procureurs généraux en passant, la semaine dernière, par Mme Onkelinx.
 
Quelques nouveautés sont apparues à cette occasion. Elles pourraient être peu ou prou intégrées à un projet de loi spécifique dont on attend la venue depuis septembre mais qui n'interviendrait finalement qu'au début 2006.
 
On sait que ce projet comprend l'instauration d'une incrimination pour «abus de faiblesse» (LLB 28/6/2005). Mais il est désormais envisagé, dit la ministre, de corriger la loi du 2 juin 1998 afin de donner une personnalité juridique au CIAOSN, afin qu'il puisse intenter des actions en justice, à la façon de ce que le Centre pour l'égalité des chances fait régulièrement, dans sa propre matière.
 
Un bien, un mal ? Au moins va-t-on pouvoir débattre de la question. D'un côté, la modération dont le CIAOSN a fait preuve jusqu'ici est largement appréciée et en fait la référence en la matière. Cette modération serait par nature moins grande en cas de changement. A l'inverse, si le Centre pouvait lui-même conduire ses dossiers en justice et s'il intervenait davantage dans l'élaboration de la politique criminelle, la lutte contre les mouvements nuisibles gagnerait en visibilité.
Surveiller legs et dons ?
 
Deux autres nouveautés, encore. L'idée, encore à discuter, d'un enregistrement informatisé et systématique des dossiers visant des organisations sectaires. Et celle de la suppression du caractère tacite de l'acceptation des legs et dons aux ASBL et autres fondations, pour celles qui seraient reconnues nuisibles. Pour surprenant que cela paraisse a priori, cela semble possible dans le cadre d'une adaptation de la notion juridique de «mainmorte», au moins pour les sommes supérieures à 100'000 €.
 
Enfin, les «psychothérapeutes» seraient aussi visés. Ils se multiplient, indiquait lui-même le CIAOSN dans son dernier rapport, sans que tous soient sérieux. Il y a des charlatans aux conseils dangereux qui usent des mêmes méthodes et jouissent du même crédit, auprès de leurs victimes, que les gourous auprès de leurs adeptes. La Santé publique pourrait être mise à contribution pour pallier les carences légales.
 
On pourrait reprendre, pour conclure, le slogan ancien de la Communauté française : «Gourou, gare à toi!»
 
CHANGER LE RÉGIME BELGE DES CULTES ?
 
Libre Belgique  13/12/2005
Christian Laporte
[Texte intégral]
Une étude prône le principe de précaution pour les «mouvements contestés»
 
Pour le psychologue Vassilis Saroglou et le juriste Louis-Léon Christians, tous deux de l'UCL, la liste parlementaire des mouvements sectaires ou considérés comme tels doit être abandonnée au profit d'une approche plus fine qui recourrait à un parallélisme avec le principe de précaution tout en reposant aussi sur une charte de bonne conduite. Faisant suite à une demande de la Politique scientifique fédérale, ils ont fait réaliser une enquête dont il ressort que dans notre régime de liberté religieuse, la frontière est ténue entre courants religieux et ceux qui sont considérés comme sectaires. D'où la définition intermédiaire de «mouvements religieux contestés».
 
Leur approche ? Ni sociologique, ni politique mais un croisement entre le psychologique et le juridique. Nombre de mouvements aux marges de religions traditionnelles mais aussi de croyances d'implantation plus récente ont joué le jeu. A l'exception de l'Opus Dei qui avait marqué son accord avant de se rétracter alors que l'Eglise de scientologie a renvoyé à ses écrits.
 
Que retenir à gros traits de l'enquête ? Que si nombre de membres font preuve d'une vulnérabilité certaine, il ne fallait pas parler pour autant de psychopathologie. Mais cela ne doit pas empêcher de continuer à se poser des questions sur l'autonomie des «fidèles». Sur le plan juridique, les chercheurs voient un continuum entre les tendances sectaires et les conceptions religieuses intenses. De quoi prôner une adaptation, un affinement du régime des cultes dans notre pays. Ne fût-ce que pour s'adapter aux recommandations du Conseil de l'Europe.
 
«Mouvements religieux contestés. Psychologie, droit et politiques de précaution», Saraglou, Christians, Buxant et Casalfiore, Politique scientifique fédérale et Academia Press. Rens : 09.233.80.88
 
EN BELGIQUE LES SECTES GAGNENT ENCORE DU TERRAIN
 
La Libre Belgique 29/09/2005
Roland Planchar
[Texte intégral]
Rapport du CIAOSN sur les dérives sectaires en Belgique (*)
(CIAOSN : Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles)
 
L'inquiétude n'est pas majeure, mais il n'y a pas non plus de quoi pavoiser, montre le rapport du CIAOSN. Ce centre spécialisé souligne l'impact de certaines croyances. Elles ont tendance à empêcher les soins médicaux.
 
Né des travaux de la commission d'enquête parlementaire de 1997 dédiée au sujet, le Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN) a pour objectif principal de fournir au public, aux autorités politiques, policières et judiciaires tout renseignement utile dans l'évaluation de la dangerosité des sectes.
Souvent questionné
 
Ce Centre divulguait mercredi son rapport bisannuel pour 2003 et 2004. Il n'a rien pour rassurer. C'est d'abord que les mouvements sectaires semblent se multiplier, même s'ils sont de plus petite taille qu'auparavant. Depuis sa création, le centre a ouvert 533 dossiers pour des mouvements différents, alors que seuls 94 d'entre eux avaient été cités lors des travaux de la commission.
 
Le nombre de consultations du CIAOSN par le public est lui aussi en augmentation. Pour 2003 et 2004, il s'est élevé à 1379 demandes portant sur divers groupes. Indicative des centres d'intérêt du public, la fréquence des questions désigne en premier les
 
«Témoins de Jéhovah» (21,5 %),
 
les mouvements axés sur le bien-être physique et mental et sur les thérapies non médicales (12,1 %),
 
les groupements venus d'Extrême-Orient (10,2 %),
 
ceux émanant ou dissidents du protestantisme (8,4 %),
 
la scientologie (5,6 %),
 
le «new age» ou «neopaganisme» (5,6 %),
 
les mouvements ésotériques (4,7 %)
 
et ceux émanant ou dissidents du catholicisme (2,4 %).
 
Toutefois, on tempère la portée des statistiques, au CIAOSN, en expliquant par exemple que les Mormons et les Baha'is ont été au centre de questions nombreuses mais non hostiles et que d'autres, comme les Témoins de Jéhovah et la scientologie, ont «subi» un grand nombre de questions à l'occasion d'importantes publications de presse. A noter enfin que les cultes protestant, anglican et orthodoxe (reconnus) et la laïcité organisée n'ont pas suscité de questions.
 
Bref, si rien n'indique qu'il faille attendre à court terme quelques drames à la façon des «meurtres-suicides» collectifs de l'Ordre du temple solaire (OTS, en 1994), il est en revanche clair que le problème a pris un aspect «santé publique» marqué.
Guérison divine
 
Le CIAOSN consacre ainsi un «focus» à la guérison par la prière qui «est aujourd'hui un des terrains privilégiés de certaines sous-familles du protestantisme évangélique». Il s'agit du traitement de maladies physiques et psychologiques, mais comprises dans un sens très large (argent, chômage, relationnel, etc.), les résultats «étant mis sur le compte de la puissance divine». Danger car «certains groupes de la famille adventiste avancent l'impossibilité de recourir à la fois à la puissance de guérison divine et à la médecine».
 
La «mouvance pentecôtiste-charismatique met elle aussi au premier plan le traitement spirituel» et si, dit le Centre, la majorité de ses mouvements affichent un discours nuancé, certains restent opposés à l'utilisation de la médecine. D'où le problème de santé publique, d'autant que des croyances de possession démoniaque, de nécessité «divine» de rester malade, etc., y perdurent.
 
Le CIAOSN met, en outre, singulièrement en exergue, sur le même sujet, le danger que représente le mouvement Sahaja Yoga, qui a de prétendues «solutions» pour le cancer, l'épilepsie, le diabète, la maladie de Parkinson et on en passe.
 
Enfin, on relève parmi les recommandations du Centre celle présentée, dès 2004, comme une priorité à l'adresse du gouvernement: l'adoption d'une loi protégeant (et donc organisant) le titre de psychothérapeute.
Des charlatans-gourous se seraient-ils glissés dans la profession ?
 
La Libre Belgique 2005
 
(*) Titre ajouté par anti-scientologie
 
LES SECTES NUISENT À LA SANTÉ
 
Le Soir, 29 septembre 2005 par Ricardo Gutiérrez
[Texte intégral]
L'Observatoire fédéral des sectes livre son troisième rapport bisannuel
 
Des groupes nuisibles prospèrent sur le terrain du bien-être. Avec des thérapies dangereuses comme nouvelles formes d'embrigadement.
 
Les dérives sectaires deviennent un réel problème de santé publique. La situation, en Belgique, est préoccupante, relève l'Observatoire des sectes (CIAOSN), à l'occasion de la publication de son troisième rapport bisannuel, mercredi.
 
Environ 50 % des appels du public et des autorités traités par l'observatoire, ces deux dernières années, concernent des groupes dont les pratiques risquent de porter atteinte, d'une manière ou d'une autre, à la santé de leurs adeptes.
 
Le rapport cite explicitement la mouvance du développement personnel et des pseudo-thérapies liées au bien-être physique ou mental, mais aussi les Témoins de Jéhovah (pour leur refus de la transfusion sanguine), la scientologie (pour ses cures de désintoxication controversées et son interdiction du recours aux professionnels de la santé mentale), les mouvements chrétiens pentecôtistes, qui recommandent la prière de guérison plutôt que le recours à la médecine. Pointés pour leurs dérives sanitaires, encore : des groupes plus discrets, comme Sahaja Yoga, Invitation à la vie, ou le Cercle des amis de Bruno Gröning.
 
Le rapport précise que la guérison par la prière est aujourd'hui un des terrains privilégiés de certaines sous-familles du protestantisme évangélique. Dans certains cas, comme au sein des groupes adventistes, le fidèle, le vrai chrétien, doit faire le choix entre Dieu tout-puissant, le seul véritable guérisseur et protecteur, et le dieu de la médecine, des drogues et des vaccins.
 
Le rapport rappelle qu'au nom de leur foi certains malades du sida traités à l'hôpital Saint-Pierre, à Bruxelles, ont choisi de ne plus poursuivre leur trithérapie ...
 
Une décision d'autant plus dramatique que l'abandon du traitement marque ici un choix irréversible.
 
Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles
(CIAOSN),
139, rue Haute à 1000 Bruxelles
 
Tél.: 02.504.91.68.
Fax: 02.513.83.94.
 
Site internet: www.ciaosn.be
 
TÉMOIGNAGE : "Peur pour mes enfants"
 
Jacques (Prénom d'emprunt) n'a pas l'esprit revanchard. Pas de haine. L'homme, enseignant, la quarantaine mûre, cherche juste à comprendre comment sa vie a basculé... J'ai vécu une dizaine d'années avec la mère de mes enfants, une fille de 14 ans et un garçon de 12 ans qui vivent chez moi, depuis deux ans. Nous nous sommes séparés en 2002. Elle n'assume plus les gardes, mais les mômes restent sous son influence ...
 
Elle est kinésithérapeute. Elle a commencé par s'intéresser à l'ostéopathie, puis à des techniques indiennes basées sur les flux énergétiques du corps ... Elle s'est passionnée pour le New Age et s'est mise au "channeling", un mode de communication transcendantal qui prétend entrer en contact avec les "Anges".
 
Puis elle est passée aux théories de l'EMF Balancing, avec ses techniques de manipulation d'aimants censées "rétablir l'équilibre du monde"...
 
Elle a aussi suivi l'enseignement d'un gourou, à Branchon, où des groupes de 20 à 25 adeptes, tous en blanc, étaient formés à l'imposition des mains.
 
Un engrenage, résume Jacques : On n'a pas perçu, au départ, la dimension sectaire de son engagement. Elle a fini par rompre avec ses parents, catholiques. Elle refusait d'en parler.
 
J'ai commencé à m'inquiéter quand mon fils m'a dit, à 7 ans: "Papa, je vais mourir, mon esprit montera au ciel dans une colonne de lumière. Je vais "ascensionner". Ma mission sera de revenir sur Terre, pour sauver les hommes".
 
Elle a prétendu qu'il avait inventé. Ses exigences sont devenues de plus en plus contraignantes : plus question de vacciner les enfants, de leur dispenser des soins dentaires, ni de les traiter autrement que par homéopathie... Elle a exigé que j'appose des dessins représentant des colonnes de lumière sur les têtes de lit des enfants. Mon fils devait dormir sur un oreiller bourré de noyaux et parfumé de lavande. Pour "oxygéner son cerveau".
 
Un jour, elle m'a annoncé que notre fils était un "enfant indigo", que l'école n'était pas adaptée. En 2e primaire, elle a obtenu qu'on l'inscrive dans l'enseignement spécial destiné aux dyslexiques. Au retour des vacances, cet été, j'ai appris qu'il commençait des humanités sportives ... Une idée du gourou.
 
Des voisines m'ont raconté qu'elles avaient hésité à déposer plainte, pensant que nos enfants étaient mal nourris, vu les diktats alimentaires auxquels ils étaient astreints. Ma fille est totalement végétarienne. Sa mère l'a aussi convaincue de renoncer au piano. Elle vient d'entrer en 3e secondaire. Elle est en train de se construire. J'espère qu'elle passera le cap. Je crois que le tennis, qu'elle pratique encore, l'y aidera. Comme le dessin, qu'elle adore.
 
J'ai voulu être compréhensif. Peut-être trop laxiste ? Pour mes amis, c'est comme si je m'étais retrouvé coincé dans un système de harcèlement moral dont je ne prenais pas conscience. Là, j'ai peur. J'ai le sentiment que mon ex-compagne détruit nos enfants, à distance. Ils n'adhèrent pas à ses pratiques. Mais acceptent tout ce qu'elle leur impose.
 
J'ai failli exiger la garde totale des enfants ... Mais je ne veux pas les couper de leur mère. Et contribuer à ce qu'ils l'idéalisent.
 
L'Etat belge condamné suite à une plainte de l'Eglise universelle
du Royaume de Dieu (UIRD ou communauté du Caillou)
 
Mis en ligne le 2 septembre 2005
 
Un tribunal a jugé que les conclusions de la commission d'enquête sur les sectes étaient trop légères. La plainte a été déposée par l'Église universelle du Royaume de Dieu.
 
Danger! dit le président de la Chambre.
 
Bauweraerts
Fait exceptionnel : suite à une plainte déposée par l'Eglise universelle du Royaume de Dieu (UIRD ou encore communauté du Caillou) un tribunal, la cour d'appel de Bruxelles a, le 28 juin dernier, condamné l'Etat belge, représenté par le président de la Chambre, Herman De Croo. Motif ? Le rapport de la commission d'enquête sur les sectes contiendrait des critiques et des assertions publiées à la légère et sans vérification. L'Eglise universelle du Royaume de Dieu était, notamment, assimilée à une «véritable association criminelle dont le seul but est l'enrichissement». Les conclusions mentionnaient aussi des activités «d'une vaste entreprise d'escroquerie». La Chambre a décidé de se pourvoir en cassation.
 
La commission d'enquête «chargée d'élaborer une politique en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes et le danger qu'elles représentent pour la société et particulièrement les mineurs d'âge» avait rendu son rapport le 28 avril 1997. Dans l'annexe de ce rapport, figurait une liste d'associations décrites comme ayant un comportement sectaire. Quatre d'entre elles avaient à l'époque décidé de porter plainte contre l'Etat belge : l'Eglise universelle du Royaume de Dieu, l'Eglise de scientologie, Vibration Coeur et la Communauté de la Cité. Jusqu'à présent, seule l'action intentée par l'Eglise universelle a abouti à une condamnation qu'elle a obtenue en appel.
 
Immunité
 
Quelle est le raisonnement de la cour d'appel: reconnaissant le principe d'irresponsabilité parlementaire, La Cour n'a pas constaté de faute lors du fonctionnement de la commission d'enquête. Mais elle a estimé que la demande de l'Eglise universelle était partiellement fondée du chef de violation du devoir de prudence à l'occasion de la rédaction du rapport public, cette violation ayant porté atteinte à l'image de l'asbl au sein de la population. L'Etat belge est condamné à verser 1 euro symbolique (20 millions de francs étaient demandés) et à publier une synthèse du jugement dans deux journaux.
 
Même s'il ne souhaitait pas s'exprimer sur le contenu du jugement rendu, le président de la Chambre, Herman De Croo (VLD) ne cachait pas, vendredi, sa surprise, sa déception face à un arrêt «qui va totalement à l'encontre du plus élémentaire respect de l'immunité parlementaire». Car, la première immunité, rappelle M. De Croo, est celle de l'irresponsabilité parlementaire qui est reconnue à tous les parlements de tous les Etats démocratiques et confirmée par la Cour européenne. Et si ce genre d'arrêt devait se multiplier, dit-il, on pourrait faire taire tous les parlementaires.
 
Légères, les affirmations ? Le rapport parlementaire contesté ne pouvait faire autre chose que de reprendre les affirmations qui avaient été lancées à huis clos par des témoins. De plus, rappelle le président de la Chambre, toutes les associations mises en cause avaient la possibilité, à l'époque, de venir s'exprimer ou de déposer des conclusions. L'Eglise universelle du Royaume de Dieu ne l'a pas fait. «Nous devons respecter les décisions de justice mais la justice, demande M. De Croo, doit aussi respecter l'indépendance du Parlement et la séparation des pouvoirs.»
 
V.d.W.
© La Libre Belgique 2005
 
L'Eglise de scientologie salue la condamnation de l'Etat belge
 
AFP, 5 septembre 2005
[Texte intégral]

BRUXELLES - L'Eglise de scientologie a salué lundi la condamnation de l'Etat belge, jugé coupable fin juin par la cour d'appel de Bruxelles pour avoir stigmatisé un mouvement protestant pentecôtiste dans un rapport parlementaire sur les sectes.

Cette décision, rendue publique vendredi, est un "signal donné à l'Etat belge que le dialogue est le seul moyen de clarifier les fausses informations qui forment la base de la politique discriminatoire de la Belgique à l'égard des nouveaux mouvements religieux", estime la branche belge de la scientologie.

"Nous espérons que l'Etat reconnaîtra enfin que la discrimination à l'égard des minorités religieuses n'a pas sa place dans une société démocratique de droit", ajoute-t-elle dans un communiqué.

L'Eglise universelle du Royaume de Dieu, une église protestante d'origine brésilienne, avait déposé plainte après avait été épinglée par la commission parlementaire chargée en 1997 d'étudier les dangers liés aux sectes.

La cour d'appel de Bruxelles a jugé que les parlementaires avaient manqué de "prudence" en accusant le mouvement pentecôtiste de "graves délits" sans faire de distinction claire entre "des faits ayant une certaine vraisemblance et de pures assertions".

L'Etat a été condamné à verser un euro symbolique et à faire publier le jugement dans la presse, a annoncé vendredi le président de la Chambre des représentants, Herman De Croo, qui a décidé d'introduire un recours devant la cour de cassation.

Epinglée dans le même rapport parlementaire, l'Eglise de scientologie a également porté plainte. L'affaire est toujours pendante devant les tribunaux belges.

Présente en Belgique depuis plus de 20 ans, la scientologie cherche en vain à se faire reconnaître comme Eglise.

"J'ai refusé tout contact avec l'Eglise de scientologie, malgré des demandes de l'étranger notamment", a déclaré en juillet le ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, chargée des cultes.

 

 Sectes et Scientologie Belgique: Index des articles

 
Belgische Kammer nach Sektenklage verurteilt
 
Quelle: Flanderninfo vom 2.9.05
http://www.vrtnieuws.net/nieuwsnet_master/default/deutsch/overzicht/050902_Sektenurteil_d/index.html
 
Die erste Kammer im belgischen Bundesparlament ist von einem Brüssler Gericht nach einer Klage von einigen religiösen Sekten verurteilt worden. Die Sekten akzeptierten nicht, dass sie 1997 von einem Kammerausschuss auf die Liste einiger als gefährlich eingestufter Gruppierungen gesetzt wurde. Kammerpräsident Herman De Croo (VLD) kündigte an, in Berufung gehen zu wollen.
 
Ende der 1990er Jahre hatte eine parlamentarische Untersuchungskommission eine Liste mit 189 dubiosen und als gefährlich eingestuften religiösen Gruppierungen und Sekten angefertigt, die als Empfehlung anzusehen ist. Parlamentarische Ausschüsse arbeiten immer empfehlend und nicht bindend.
 
Doch drei dieser Sekten - Scientology, die Universalkirche des Königreich Gottes und die relativ unbekannte Vibration Coeur en Communauté de la Cité - akzeptierten es nicht, in dieser Liste aufgeführt zu werden. Sie fühlten ihren Ruf geschädigt und zogen vor Gericht.
 
Symbolischer Euro Strafe
 
Die drei Sekten verlangten einen Euro moralischen Schadensersatz und die Veröffentlichung des Urteils in einigen wichtigen belgischen Tageszeitungen.
 
Um Geld geht es diesen Sekten wohl nicht, schreibt die flämische Tageszeitung De Morgen dazu in ihrer Freitagsausgabe, denn Scientology besitzt in Brüssel ein Haus im belgischen Regierungsviertel und die Universalkirche des Königreich Gottes besitzt Immobilien in Antwerpen und gehört zu den wichtigsten Großgrundbesitzern in Brasilien.
 
Kammerpräsident reagiert verärgert
 
Kammerpräsident Herman De Croo (VLD - Foto) zeigte sich am Donnerstagabend verärgert über das Urteil, denn die Angelegenheit stammt aus der Zeit seines Vorgängers Raymond Langendries (CVP).
 
De Croo sagte während einer Pressekonferenz am Freitag: "Wenn dieses Urteil nicht revidiert wird, bedeutet dies das Ende der parlamentarischen Unabhängigkeit". Das Urteil ist bereits ein Berufungsurteil, das am 28. Juni ausgesprochen wurde und erst im August bekannt wurde.
 
Das Brüsseler Berufungsgericht ist der Ansicht, dass sich das belgische Bundesparlament nicht hinter dem Artikel 58 des Grundgesetzes zur juristischen Nichtverantwortlichkeit verstecken könne.
 
Herman De Croo ist aber der Ansicht, dass dieses Urteil die im Grundgesetz festgeschriebene Gewaltentrennung verletzt. Die Justiz ist eine der drei Gewalten im belgischen Staat und auch sie muss dieses Prinzip respektieren. Bleibt dieses Urteil bestehen, dann wird die Gewaltentrennung ab absurdum geführt