En Belgique la scientologie n'est pas considérée comme une Église
Sénat mai 2005 : Proposition de loi visant à lutter contre les manipulations mentales (mai 2005)
 
Belgique : Les sectes muent et font des petits (mars 2005)
 
LE CIAOSN : Le Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles
 
Communiqué de presse du CIAOSN : "Les dérives sectaires dans l'Union européenne. Entre dimensions locales et dimensions globales" (avril 2003)
 
Commission parlementaire et scientologie : La scientologie attaque le rapport "sectes" (novembre 2001)
 
Perquisitions au siège belge de la scientologie : La scientologie s'attaque à l'Etat (mars 2001)
 
Tsunami et scientologie - Question au ministre des affaires étrangères : Quelles initiatives pourriez-vous prendre rapidement pour empêcher que l’aide humanitaire ne soit dévoyée de son objectif réel ?
 
La scientologie essuie le refus ministériel (*)
 
19 juillet 2005
Dépêche publiée sur le Net par ?
[Texte intégral]
«J'ai refusé tout contact avec l'Eglise de scientologie, malgré des demandes de l'étranger notamment», a indiqué la ministre de la Justice, compétente en matière de cultes.
 
La ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, a refusé d'envisager la demande de reconnaissance comme religion de l'Eglise de scientologie. Trois demandes ont été récemment introduites : bouddhisme, église arménienne et Eglise de scientologie.  
 
«J'ai refusé tout contact avec l'Eglise de scientologie, malgré des demandes de l'étranger notamment», a indiqué la ministre de la Justice, compétente en matière de cultes. Elle a précisé que la mise en place des organises représentatifs du culte musulman est prévue pour la fin septembre.
 
Mme Onkelinx, qui a rencontré la presse pour faire le bilan de deux années à la justice, a rappelé qu'un dossier judiciaire était ouvert au parquet de Bruxelles depuis plusieurs années sur l'Eglise de scientologie et que le sénat l'avait reprise en 1997 dans son rapport sur les sectes.
 
Le budget des cultes est de 100 millions d'euros. Six religions sont reconnues et à ce titre subsidiées: églises catholique, protestante, orthodoxe et anglicane, islam, judaïsme. La laïcité est par ailleurs reconnue depuis 1993 comme option philosophique. «Ce budget n'est pas une caisse de patronage», a dit la ministre pour qui il faudra vraisemblablement lancer un jour en Belgique le débat sur un impôt philosophique.
 
«Trois cultes ont récemment frappé à la porte », a souligné mardi Mme Onkelinx qui ne se prononce pas à ce stade sur la validité des deux premières demandes. «Le bouddhisme est-il une religion ou une philosophie ? L'église arménienne est jusqu'à présent reconnue au sein de l'église orthodoxe», indique Mme Onkelinx. Elle souligne en tout cas qu'elle refuse tout contact avec l'Eglise de scientologie.
 
«L'Eglise de scientologie a en effet clairement des caractéristiques sectaires, principalement car elle demande de ses membres un soutien financier important par rapport aux prestations qui sont données », indique le sénateur VLD Luc Willems, un des coauteurs du rapport sénatorial de 1997 sur les sectes. «Le fait que l'Eglise de scientologie se retrouve sur la liste rédigée par le sénat ne signifie cependant pas qu'elle doit être considérée comme nuisible», nuance M. Willems.
 
Fondée en 1954 par Lafayette Ron Hubbard (1911-1986), ingénieur et auteur de science-fiction, la Scientologie prétend, grâce aux principes de la «dianétique», permettre à l'homme de guérir lui-même ses troubles en libérant son esprit asservi. Basée aux Etats-Unis, elle revendique plusieurs millions d'adeptes dans le monde. Certains de ses dirigeants ont déjà été condamnés en Europe pour escroquerie.
 
L'Eglise de scientologie a ouvert en 2003 son quartier général européen à Bruxelles. La section belge de l'Eglise de scientologie a affirmé mardi ne pas être à l'origine de la demande de reconnaisance.
 
»Le système de religion reconnue et non-reconnue présente une forme de discrimination. Les critères pour être reconnus sont très vagues. Nous n'avons pas demandé de reconnaissance légale», a déclaré Myriam Zonnekeym, présidente de la section belge.
 
La mise en place du nouvel exécutif musulman est prévue pour la fin septembre, a indiqué Mme Onkelinx. L'assemblée générale de 68 membres, issue d'élections tenues le 20 mars dernier, a été constituée le 26 avril. Des screenings, effectués par la Sûreté de l'Etat, sont actuellement en cours.
 
(*) Titre ajouté
 
En Belgique, plutôt que le titre d'Eglise qu'elle revendique,
c'est celui de secte qui pèse sur la scientologie (*)
 
La Libre Belgique 20/07/2005
par Roland Planchar
[Texte intégral]
Un impôt et deux religions de plus ?
 
En tirant son bilan «Justice», Laurette Onkelinx a aussi évoqué les cultes. Elle envisage que le bouddhisme et l'Eglise d'Arménie soient reconnus.
 
EPA

 

L'heure n'est pas encore à la relâche estivale, à la Justice, mais presque. La ministre Laurette Onkelinx (PS) en a profité mardi pour tirer le bilan, très dense, de deux années dans ce département, mais a également survolé le domaine des cultes, dont elle a la tutelle. Avec deux nouveautés à la clef. Certes, a-t-elle précisé, on n'en est pas au stade des projets concrets, mais des contacts informels et des études ont déjà eu lieu à divers égards. Il s'agit au premier titre de la reconnaissance éventuelle de nouvelles religions.
 
Selon MmeOnkelinx, trois tendances sont demandeuses : le bouddhisme, l'Eglise d'Arménie et la scientologie. «Pour cette dernière, j'ai refusé et j'ai mis fin aux contacts», a toutefois précisé MmeOnkelinx.
En Belgique, plutôt que le titre d'Eglise qu'elle revendique, c'est celui de secte qui pèse sur la scientologie, d'autant qu'elle est visée par la Justice bruxelloise pour escroquerie.
 
En revanche, des contacts informels ont été pris avec des représentants du bouddhisme et de l'Eglise d'Arménie (lire ci-contre), qui n'ont pas formulé de demande officielle à ce stade pour être reconnus par l'Etat, mais pourraient le faire, dit-on chez la ministre. Si c'était le cas, ils rejoindraient dans ce statut les cultes catholique, islamique, protestant, israélite, orthodoxe et anglican, ainsi que la laïcité. La procédure est toutefois longue et, même s'ils entrent dans les critères, rien ne se concrétiserait avant, disons, deux ans.
 
Ceci étant, un problème plus général de financement se pose pour les cultes. Avec près de 100 millions d'euros annuels, la dotation est importante, ce qui mériterait, pour MmeOnkelinx, de justifier un «nouvel» impôt. Certes, les contributions alimentent déjà la laïcité et les cultes, mais il faut, dit-elle, bientôt rediscuter d'un projet déjà ancien de créer un impôt spécifique. Chaque citoyen déclarerait à qui il voudrait attribuer «son» impôt, obligatoire: à tel ou tel culte, à la laïcité ou à une ONG sans connotation philosophique.
 
Aucun projet n'est préparé, mais l'idée pourrait être discutée au sein d'une commission des cultes à mettre en place en septembre prochain. Cette commission aurait aussi pour mission de régler les disparités injustes quant au statut des ministres des cultes, à leur fin de carrière, etc.
 
(*) Titre ajouté
 
Die Scientology-Sekte ist keine Religion
 
Quelle : Flanderninfo.be vom 20.7.05
http://www.vrtnieuws.net
 
Die Scientology-Sekte ist keine Religion. Der Antrag der Buddhisten und der armenischen Christen wurde positiv beschieden.
 
Justizministerin Laurette Onkelinx (PS) verweigert der Scientology-Sekte die offizielle Anerkennung als Religion. Die Kandidatur der armenischen Kirche und der Buddhisten wird wohl berücksichtigt.
 
Sechs Religionen werden zurzeit mit jährlich 100 Millionen Euro vom Staat finanziert : die katholische, protestantische, anglikanische und orthodoxe Kirche, sowie die jüdische und die Moslemgemeinschaft. Daneben werden seit 1993 auch die Freisinnigen als nicht-religiöse Lebensgemeinschaft anerkannt.
 
Justizministerin Onkelinx lagen drei Kandidaturen für die Anerkennung als Religion vor. Der Antrag der armenischen Christen und der Buddhisten wurde positiv beschieden. Es liegt nun am Parlament, ob sie als offizielle Religionen mit staatlicher Förderung anerkannt werden.
 
Den Antrag der Scientologen lehnte die Justizministerin aber kategorisch ab. Dies auch, obschon aus dem Ausland massiver Druck ausgeübt wurde, wie es in ihrem Mitarbeiterstab hieß.
 
Begründet wird die Ablehnung damit, dass Scientology schon 1997 von einem parlamentarischen Untersuchungsausschuss als anti-demokratische, elitäre Sekte gebrandmarkt wurde.
 
Scientology verlange von ihren Mitgliedern überhöhte Geldbeträge, ohne dass hierfür eine entsprechende Gegenleistung erbracht werde, hieß es in der Begründung. Scientology hat weltweit schätzungsweise 8 Millionen Anhänger. Vor zwei Jahren eröffnete die Sekte ihr europäisches Hauptquartier in Brüssel.
 
Une nouvelle notion de droit pour juguler les sectes
 
La Libre Belgique, 28 juin 2005 par Roland Planchar
[Texte intégral]
 
Le groupe de travail parlementaire contre les organisations sectaires achève son travail.
L'abus de faiblesse et la manipulation mentale sont dans le collimateur.
Les travaux du groupe de travail français inspirent ...
 
En Belgique, depuis la commission parlementaire sur les organisations sectaires nuisibles de 1997 et hormis la création consécutive du CIAOSN («Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles»), la lutte contre les sectes n'a plus paru être prioritaire. De quoi être amer, après la gravité des constats posés cette année-là? Sans doute aucun cas spectaculaire n'est-il venu dans l'actualité, depuis plusieurs années. Mais le risque augmente et c'est pourquoi sept députés (PS, MR, CDH, VLD, CD&V, SP.A, VB) ont formé, voilà un an, un groupe de travail s'attelant à la définition de moyens permettant de contrer ce risque et d'éviter, si possible, un drame futur.
 
André Frédéric (PS) le préside. «Certes, j'aime souligner que le CIAOSN fonctionne de manière remarquable, avec peu de moyens. Mais à côté de cela, peu de choses ont été faites, depuis, pour protéger le citoyen. Or on constate une recrudescence dans le nombre des organisations sectaires et dans le nombre des victimes. On le fait tantôt de façon subjective, car toutes les victimes ne déposent pas plainte, tantôt de façon objective, par le biais du CIAOSN.»
 
Toujours est-il que ce groupe approche du terme de son ouvrage, qui a consisté entre autres à entendre divers acteurs judiciaires concernés par le sujet. Et, mercredi passé, il a procédé à une audition particulièrement importante, celle du député socialiste français Philippe Vuilque.
 
Celui-ci, par ailleurs vice-président du Conseil Champagne- Ardennes et membre de la commission des lois, préside le groupe d'étude sur les organisations sectaires de l'Assemblée nationale (des dizaines de députés de toutes tendances). Une expérience d'autant plus précieuse que, de même que ce fut le cas en Belgique, ce groupe a toujours «fonctionné à l'unanimité, sans laisser de prise au lobbying sectaire», dit M. Vuilque.
Bref, son audition par le groupe belge a permis de renforcer plusieurs points de réflexion essentiels, qui trouveront un aboutissement concret dans peu de temps (lire ci-dessus).
 
1. L'abus de faiblesse et la manipulation mentale permettent aux sectes de recruter et d'exploiter l'adepte.
 
En France, dit M. Vuilque, «on s'est aperçu au fil des ans que notre législation était incomplète. Il était difficile de faire condamner les organisations sectaires elles-mêmes. Et c'est pourquoi nous avons demandé et obtenu la loi About-Picard, du 12 juin 2001, qui permet entre autres la dissolution de l'association de droit ou de fait, dès lors que ses dirigeants ont déjà été condamnés au pénal. Elle a créé le délit de «manipulation mentale», que, pour des raisons de précision juridique, nous avons appelé «abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de situation de faiblesse». Les termes sont importants». D'autres, d'abord choisis à l'Assemblée nationale française, posaient des soucis juridiques. Bref, «tout est laissé bien sûr à l'appréciation du juge mais, aujourd'hui, les magistrats français ont des outils supplémentaires».
 
En tout cas, «cette loi a eu une efficacité d'abord préventive et pédagogique. Et nous pensons avoir été sur la bonne voie, en ayant utilisé cette notion précise qui ne touche pas au principe républicain et laïc intangible qui veut que tout citoyen peut avoir la philosophie qu'il veut, à partir du moment où il respecte la législation. C'est apparu dès l'époque du vote, car toutes les organisations sectaires sont montées au créneau en criant au scandale ...» Mais personne d'autre.
 
Las, comme l'indique André Frédéric, par rapport à la loi About-Picard, il n'existe rien dans le dispositif pénal belge. On n'est nulle part. On peut poursuivre pour des faits délictueux d'abus de confiance, d'extorsion de fonds, de maltraitance, mais jamais en rapport direct avec un abus de faiblesse puisqu'il n'existe pas dans le code pénal».
 
Il est donc «encore plus convaincu de la nécessité de prendre l'initiative en la matière, après avoir entendu l'exposé de Philippe Vuilque. Il a bien souligné l'effet préventif, puisque les sectes identifient maintenant la France comme étant le pays où on ne fait pas n'importe quoi, où il n'y a plus moyen de se dissimuler derrière de pseudo-organisations pour mener un travail d'extorsion de fonds. C'est réjouissant et je pense que ce sera une orientation du groupe de travail, d'autant que cette notion semble bien correspondre au problème soulevé par l'ensemble du monde judiciaire que nous avons interrogé jusqu'ici».
 
Toujours est-il aussi que les deux hommes attendent avec intérêt le résultat jurisprudentiel du cas «Neo Phare», une secte apocalyptique bretonne (lire ci-contre) qui pourrait éclairer les débats belges.
 
2. L'obligation scolaire.
 
A la différence de la première, une autre réalisation juridique française n'avait jamais été envisagée en Belgique. Elle pourrait l'être. Philippe Vuilque : «Nous avons renforcé le contrôle de l'Etat dans l'obligation scolaire par une loi de 1998. A la veille du vote de cette loi, quelque 6000 enfants n'étaient pas scolarisés normalement, mais uniquement par les familles, avec tout ce que cela impliquait comme possibilité d'emprise sectaire. Aujourd'hui, ce nombre est divisé par six ...»
 
3 Le rôle d'information parlementaire.
 
André Frédéric : «Ce que nous venons d'entendre montre que les parlementaires français font un travail d'information permanent de leurs collègues. Nous pourrions nous en inspirer car, même si certains s'adressent au CIAOSN, les élus sont confrontés au lobby des organisations sectaires, sans parfois s'en rendre compte, en toute bonne foi.»
 
4 L'Europe.
 
Le député belge regrette aussi que «nous sommes voisins et, pourtant, on partage peu les expériences. C'est d'autant moins normal qu'on est en face d'un phénomène qui se délocalise aisément. Un débat, ou à tout le moins une concertation, sur le plan européen paraît s'imposer». L'idée évoquée mercredi «dans le groupe de travail est donc de prendre là aussi une initiative, commune avec le groupe de mon collègue français, pour solliciter le Parlement européen». Pas facile, car l'Europe comprend, dit M. Vuilque, «les conceptions latine et anglo-saxonne. Cette dernière tend à dire, avec des dérives comme aux Etats-Unis, pas touche!, dès qu'on parle religion».
 
La conception méditerranéenne, qui n'est pas très éloignée de la spécificité française et qui touche à la laïcité et à la séparation absolue de l'Eglise et l'Etat, serait bien plus nuancée. «Mais des choses se font déjà, comme en Allemagne, en Autriche, en Grèce et en Espagne, où de toute évidence on est en train de se poser des questions sur le sujet», poursuit-il en «partageant entièrement la proposition d'André Frédéric d'aborder le problème au niveau européen».
 
Une nette recrudescence des sectes en Belgique
 
La Libre belgique, 28 juin 2005 par Roland Planchar
[Texte intégral]
 
Lorsque les parlementaires belges évoquent une recrudescence du phénomène sectaire, ils se fondent notamment sur les données recueillies par le Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles. Celui-ci s'est toujours montré prudent, par exemple en n'utilisant pas le terme de sectes, ni même d'organisations sectaires, pour désigner les «groupes» qu'il étudie.
 
«Parce qu'on ne dit de personne qu'il est coupable avant de l'avoir jugé», a déjà publiquement expliqué Eric Brasseur, son directeur qui a, lui aussi, rencontré le député français Philippe Vuilque, la semaine passée.
Mais toujours est-il que ces données du CIAOSN sont fort intéressantes. Ainsi, des dossiers concernant 533 groupes ont été ouverts depuis la création du centre, mais ils ne comportent que 94 groupes déjà cités lors des travaux de la Commission d'enquête parlementaire de 1997.
 
Une fameuse augmentation qu'on peut mettre en corrélation avec le nombre de consultations du centre, important: 1379 demandes ont été formulées en 2003-2004. Mais le CIAOSN a constaté l'impact étonnant de certains articles de presse, avec des pics considérables de questions qui réduisent la valeur statistique du nombre.
 
Quant à son site Internet, il «tourne» en moyenne à 4000 visites par mois.
 
Mais le même centre, qui pourrait diffuser son prochain rapport annuel, particulièrement complet, au mois de septembre prochain, relève que la proportion des demandes faites par des autorités, comme les communes ou la police, est plus significative. Et est en forte augmentation: de 8pc en 2003 à à 16,5pc en 2004. Côté citoyens, la première catégorie de demandeurs est, sans surprise, celle des personnes affectées par les sectes dans leur vie personnelle et familiale.
 
CIAOSN, 139, rue Haute, 3e ét., 1000 Bruxelles, E-mail ciaosn@just.fgov.be, Web http://www.ciaosn.be
 
Un cas concret se déroule en France et pourrait fonder la jurisprudence
 
La Libre, 28 juin 2005 par Roland Planchar
[Texte intégral]
 
La secte «Neo Phare» guidait ses adeptes vers la mort. Son gourou a été condamné une première fois. On attend la décision d'appel.
 
Un suicide collectif : c'est ce à quoi la secte apocalyptique bretonne «Neo Phare» conduisait ses adeptes, était-il apparu en 2002. La fin du monde était proche, disait Arnaud Mussy, le gourou âgé de 38 ans, «en tout cas avant Noël».
 
Mussy ? Il s'était pris d'abord pour l'apôtre Jacques mais avait ensuite «découvert», en 2001, être Jésus «revenu sur Terre».
 
Ses pratiques avaient en tout cas amené Jérémie, un disciple âgé de 29 ans, à se donner la mort, le 14 juillet 2002. Deux autres adeptes avaient tenté de se tuer le même mois, avant que la gendarmerie puis la justice interviennent sur la base de la loi About-Picard.
 
Le 25 novembre 2004, Mussy était condamné par le tribunal correctionnel de Nantes, grâce à cet outil juridique, à trois ans de prison (avec sursis), à cinq ans de mise à l'épreuve ainsi qu'à quelque 90000 euros de dommages et intérêts au bénéfice des parties civiles. Une première dont la France s'était largement réjouie.
 
Les parents de Jérémie avaient à cette occasion espéré que cela permette de neutraliser définitivement un gourou manifestant son influence même sur un médecin urgentiste du CHU de Nantes et sur des fonctionnaires, notamment de l'Education nationale française. Auxquels il imposait entre autres de briser les couples en fonction d'un principe basé sur les «âmes soeurs», rien de moins.
 
Décision le 12 juillet
 
Quant à la Miviludes (la «Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires»), elle avait fait état d'une «excellente nouvelle», parlant de l'efficacité d'une arme permettant de «sanctionner les atteintes aux libertés individuelles, à l'intégrité physique et psychique des personnes en état de faiblesse», c'est-à-dire le «domaine de prédilection des sectes». Et de préciser que «les magistrats viennent de confirmer ce que les parlementaires, de droite comme de gauche, dénoncent depuis des années: les sectes font de leurs adeptes les acteurs involontaires de leur propre destruction». Il lui paraissait donc «souhaitable que ce jugement (...) fasse jurisprudence».
 
On ignore cependant encore le sort jurisprudentiel de l'affaire, qui a aussi une dimension financière au détriment d'adeptes, car Mussy a interjeté appel du jugement.
 
Ce procès est en cours à Rennes et, si le ministère public a requis une aggravation de la peine (trois ans de prison dont six mois fermes), l'arrêt a été mis en délibéré jusqu'au 12 juillet. Il faut donc attendre encore pour savoir quel impact réel l'affaire aura à cet égard.
 
Lutter contre les manipulations mentales
 
La Libre Belgique 6 mai 2005
[Texte intégra]
 
Les sénateurs VLD Jeannine Leduc et Luc Willems ont déposé une proposition de loi visant à lutter contre les manipulations mentales qu'exercent certaines sectes, répondant ainsi à une demande de la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes demandant de doter les autorités judiciaires d'un instrument législatif leur permettant de lutter contre les manipulations mentales.
 
Les deux sénateurs affirment que l'on assiste dans notre pays à un nouvel engouement pour les mouvements sectaires. A titre d'exemple, ils citent la communauté Alphamega à Lomel, l'Opus Dei, l'église de Scientologie, les Eglises protestantes des baptistes et évangélistes ainsi que Le Cercle des amis de Bruno Gröning.
 
SCIENTOLOGIE ET TSUNAMI
 
Question écrite de André Frederic, député
 
Courriel, 16 mars 2005
[Texte intégral]
QUESTION ÉCRITE DE MONSIEUR ANDRE FREDERIC, DEPUTE, A MONSIEUR KAREL DE GUCHT,
MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES SUR
«LES ACTIVITÉS DE LA SCIENTOLOGIE SUR LES LIEUX AFFECTÉS PAR LE TSUNAMI»

Monsieur le Ministre,

La presse internationale s’est récemment fait l’écho de la présence de volontaires de la scientologie dans les hôpitaux et les centres d’identification des victimes du Tsunami. Elle «propose» à cette occasion sa technique appelée
«Assist». Il s’agit en fait d’un massage. A cette occasion, les scientologues distribuent également des ouvrages de leur organisation.

D’après le quotidien suédois Expressen, plusieurs scientologues ont été expulsés de l’hôpital de Vachira, près de Phuket en Thaïlande, après que des patients se soient plaints des douleurs occasionnées par ces massages.

D’après le quotidien italien Il corriere della Sera, le gouvernement indonésien envisage de restreindre les mouvements des volontaires étrangers suite aux risques de prosélytisme religieux que représentent certains corps de volontaires. La scientologie est également présente dans la région de Banda Aceh, en Indonésie.

Le site d’une branche de la scientologie dénommée
«The Way to Happiness Foundation» dit avoir reçu de la part des «ministres volontaires de la scientologie» une commande de 1'000.000 de livres du fondateur de la scientologie, destinés à être distribués sur les lieux de la catastrophe. «The Way to Happiness Foundation» dit vendre ces ouvrages à 50 cents pièce. Le montant de cette opération s’élèverait donc à 450'000 dollars.

D’après le Los Angeles Daily News, la ville de Santa Clarita a donné une somme de 10'000$ à l’organisation scientologue
«International Foundation for Human Rights and Tolerance», à l’occasion de sa campagne dirigée vers les orphelins d‘Asie. Le porte parole de cette organisation explique que la scientologie étant son principal bailleur de fonds, il est évident que la Fondation va promouvoir la scientologie. L’historique de cette fondation, présentée sur son site internet, démontre qu’elle n’a aucune expérience dans l’aide humanitaire et s’est jusqu’ici concentrée sur la dénonciation de la Belgique, de la France et de l’Allemagne comme pratiquant la discrimination religieuse.

Ce n’est pas la première fois que la scientologie envoie ses ministres volontaires sur les lieux d’une catastrophe.

Le 9 décembre 2004, les pompiers de Chicago ont expulsé des ministres volontaires de la scientologie interférant avec les services de secours sur les lieux d’un incendie.

Le 22 octobre 2004, les ministres volontaires de la scientologie étaient expulsés de la ville de Belsan par la police, après avoir tenté d’interférer avec le traitement des victimes de la prise d’otage ayant eu lieu dans une école de cette ville.

Dans les jours qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001, les ministres volontaires de la scientologie ont également déployé leurs activités, ce qui amena la National Mental Health Association à prévenir le public américain que les scientologues n’étaient pas qualifiés pour fournir une aide psychologique quelconque.

Pour rappel, la branche belge de l’église de scientologie asbl et plusieurs de ses dirigeants sont sous le coup d'une inculpation des chefs de constitution d’organisation criminelle, escroquerie, violation de la loi sur la vie privée ou encore exercice illégal de l’art de guérir et de la pharmacie.

Le gouvernement fédéral allemand considère que la scientologie est une secte totalitaire et une menace pour la démocratie et l’individu.

Le 13 octobre 2003, la Cour d’appel de Paris a condamné l’Association spirituelle de l’Eglise de scientologie d'Ile-de-France à 5'000 euros d’amende avec sursis pour violation de la loi informatique et libertés, condamnation confirmée en Cassation en octobre 2004.

En Belgique, le 13 mai 2004, le
«Bureau des affaires publiques et des droits de l’homme de la scientologie», établi au 91 rue de la Loi à Bruxelles, avait annoncé la formation d’une coordination européenne de ses actions à l’intention des professionnels de la protection civile et des services de secours. Cette nouvelle organisation scientologue se nomme «Centre de coordination des ministres volontaires de la scientologie». Ce centre est également situé rue de la Loi. Il ne semble pas disposer d’une personnalité juridique distincte du «Bureau des affaires publiques des droits de l’homme».
 
J’attire votre attention sur le fait qu’il s’agit là d’une filiale directe de l’entité de droit américain «Church of scientology International» qui n’a pas de liens juridiques avec l’asbl «Eglise de scientologie de Belgique», laquelle est sous le coup d’une inculpation à Bruxelles. A l’occasion de l’inauguration de ce «Centre de coordination des ministresvolontaires de la scientologie», la scientologie avait invité le responsable «scouts musulmans de Belgique», également membre de l’Assemblée des Musulmans de Belgique.

Pourriez-vous me dire quelles initiatives ont déjà été prises par notre pays pour éviter de telles dérives ?
 
Une coopération internationale n’est-elle pas nécessaire pour contrer le phénomène ?
 
Concrètement, quelles initiatives pourriez-vous prendre rapidement pour empêcher que l’aide humanitaire ne soit dévoyée de son objectif réel ?
 
Je vous remercie.

André FREDERIC, Député
 
Les sectes muent et font des petits
 
Le Soir, 16 mars 2005 par Ricardo Gutiérrez
[Texte intégral]
 
Plus de 530 groupements ont été passés au crible par l'observatoire fédéral des sectes, au cours des cinq dernières années. Or la plupart d'entre eux n'étaient tout simplement pas mentionnés dans le rapport parlementaire d'enquête sur les sectes, publié en 1997 et considéré comme une véritable «liste noire» par nombre de mouvements sectaires. En Belgique, le monde des sectes est donc particulièrement mouvant.
 
Cet état des lieux a été livré à la Chambre, lundi, dans le cadre des réunions à huis clos du groupe parlementaire sur les sectes, piloté par André Frédéric (PS). L'observatoire, confronté à de plus en plus de sectes présumées et à une demande croissante du public et des autorités (police, justice, villes et communes...), revendique davantage de moyens pour remplir ses missions.
 
Les parlementaires partagent ce point de vue. Ils estiment également que la Belgique doit se doter d'armes juridiques plus efficaces contre les dérives sectaires. La plupart des groupements sont absents de la liste parlementaire dressée en 1997
Un paysage sectaire en mutation
 
De plus en plus de sectes présumées sont passées au crible.
 
Un essor qui justifie le renforcement des moyens humains de l ’observatoire fédéral.
L’observatoire fédéral des sectes (1) dresse un constat alarmant : au cours des cinq dernières années, en réponse aux demandes du public, il a passé au crible 533 groupements différents, dont une large majorité (439) n’étaient pas mentionnés dans la liste des 189 mouvements sectaires pointés par la Commission parlementaire d’enquête sur les sectes, en 1997.
 
Bref, les sectes prolifèrent en Belgique et changent parfois de dénomination officielle pour échapper à la référence incriminante du listing de 1997 …
 
L’observatoire dressait cet état des lieux à huis clos, lundi, à la Chambre, à l’initiative du groupe de travail parlementaire piloté par André Frédéric (PS). Les responsables du Centre nous confient souhaiter maintenir dans la confidentialité une série de constats précis, mais les grandes lignes du paysage sectaire intéressent évidemment chaque citoyen.
 
L’observatoire relève d’ailleurs que les demandes du public sont en augmentation constante, tout comme celles des autorités qui enregistrent des taux de croissance encore plus importants (+ 16 % en 2004, + 23 % en 2005). C’est la police qui recourt le plus aux services de l’observatoire, devant la Justice, les communes et la Sûreté de l’Etat.
 
Les Témoins de Jéhovah constituent le groupement qui suscite le plus de questions du public (et de loin, comme l’indique notre infographie).
 
Globalement, ce sont les mouvements apparentés au protestantisme nord-américain qui génèrent le plus de demandes, devant les mouvements extrême-orientaux, les groupements actifs en matière de thérapies parallèles et les sectes catholiques.
 
Dans l’actualité, l’observatoire pointe l’agressivité judiciaire de certains mouvements, comme la scientologie (prompte à déposer plainte contre ses contradicteurs), et l’essor, en Belgique, de sectes évangéliques africaines qui prétendent guérir leurs adeptes des maladies les plus graves par de simples incantations…
 
Mouvements qui ont été suivis de près par la Sûreté de l’Etat
 
Aux yeux du groupe de travail parlementaire, qui a encore programmé une longue série d’auditions avant de rendre ses conclusions, il convient d’emblée de renforcer les moyens de l’observatoire (documentaliste, juriste et analystes), afin d’améliorer la mission d’information à destination du public et des autorités (en somme, à demande croissante, moyens humains accrus).
 
Le groupe de travail compte aussi évaluer, prochainement, les effets de la loi qui réprime, en France, « l’abus de faiblesse résultant d’une sujétion psychique ou physique » ou encore d’un « embrigadement des enfants ou enfermement de ces derniers dans des principes éducatifs
désocialisants ».
 
Nous envisageons d’introduire ces mêmes dispositions dans le code pénal belge, commente un des parlementaires du groupe de travail, mais nous estimons qu’il faut d’abord en vérifier l’efficacité pour éventuellement adapter la loi à la situation de la Belgique.
 
(1) De son nom officiel, le « Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles » (CIAOSN) 139, rue Haute, 1000-Bruxelles, tél. 02-504.91.68, site internet www.ciaosn.be,
 
e-mail : info@ciaosn.be.
 
CIAOSN
Centre d'information et d'avis sur
les organisations sectaires nuisibles
 
Rue Haute 139 - 1000 – Bruxelles
depuis la Belgique Tél: 02/504.91.68 Fax: 02/513.83.94
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Origines du Centre

Créé suite à la recommandation de la commission d'enquête parlementaire (Chambre des représentants, session 1996-1997)
 
Enquête parlementaire

Enquête parlementaire visant à élaborer une politique en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes et le danger qu'elles représentent pour la société et pour les personnes, particulièrement les mineurs d'âge.
 
Le rapport
 
fait au nom de la commission d'enquête par MM. Duquesne et Willems peut être téléchargé (format pdf) aux adresses suivantes:
 
Première partie
www. lachambre.be/documents/L49/313/7.pdf
 
Deuxième partie
www.lachambre.be/documents/L49/313/8.pdf
 
Statuts du Centre
 
Institué auprès du Ministère de la Justice, le centre est INDEPENDANT et ses membres (12 effectifs et 12 suppléants) ont été désignés par la Chambre, dont la moitié sur présentation du Conseil des Ministres.
Le président (A. Denaux) et le président suppléant (H. de Cordes) ont été désignés parmi les membres effectifs par la Chambre.
 
Un service permanent a été créé pour exécuter les missions quotidiennes dévolues au Centre (Directeur. E. Brasseur).

Législation organique
 
Loi du 2 juin 1998 portant création du C.I.A.O.S.N. et d'une Cellule administrative de coordination de la lutte contre les organisations sectaires nuisibles.
(publiée au Moniteur belge du 25 novembre 7998
 
Missions du Centre

• Étude du phénomène des organisations sectaires nuisibles en Belgique ainsi que leurs liens internationaux

• Organiser un centre de documentation (dont une bibliothèque) accessible au public

• Assurer l'accueil et l'information du public et informer toute personne qui en fait la demande sur ses droits et obligations et sur les moyens de faire valoir ses droits

• Formuler des avis et des recommandations pour les autorités publiques sur le phénomène des organisations sectaires nuisibles et en particulier sur la politique en matière de lutte contre ces organisations

• Assurer un soutien et une guidance à des institutions, organisations et dispensateurs d'aide juridique
 
CIAOSN : Communiqué de presse (Avril 2003)
 
Rapport d'activité 1999-2000
 
 
Web, 17 avril 2003 par Fred Dumas
[Texte intégral]
 
Des représentants de plusieurs pays européens (Belgique, Chypre, Finlande, France, Hongrie, Slovaquie, Royaume-Uni, Suisse, République tchèque, Roumanie) se sont réunis au palais d'Egmont à Bruxelles, en avril 2003, dans le cadre d'une rencontre d'organismes publics chargés de la prévention des dérives sectaires.
 
Les participants avaient répondu à l'invitation du Centre fédéral belge d'Information et d'Avis sur les organisations sectaires nuisibles (C.I.A.O.S.N.) qui avait placé cette rencontre sous le thème : "Les dérives sectaires dans l'Union européenne. Entre dimensions locales et dimensions globales".
 
Cette réunion s'inscrivait dans le prolongement de la réunion de Paris en 2001 à l'initiative de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes - MILS - devenue fin 2002 Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES).
 
Dans cette même optique, les participants ont décidé de se réunir annuellement et de développer également leurs relations bilatérales.
 
Ces rencontres internationales se déroulent dans l'esprit du respect des droits fondamentaux des personnes et de la recommandation 1412 (1999) de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe relative aux activités illégales des sectes.
 
La scientologie attaque le rapport "sectes"
 
La Libre Belgique, 28 novembre 2001
 
Un procès oppose la scientologie à l'Etat belge. La secte vise, en fait, un rapport de la commission parlementaire sur les mouvements sectaires paru en 1997, où elle figure dans un tableau synoptique des sectes.
 
Non seulement, la scientologie y figure mais y est présentée comme un "mouvement nuisible et dangereux dont un des objectifs est de s'infiltrer dans les rouages du pouvoir ..." 
 
Une première audience, fixée au 13 décembre 2001 aura lieu au Tribunal de première instance de Bruxelles.
 
La scientologie s'attaque à l'Etat
 
La Voix du Nord, 11 mars 2001, Deliège J.Fr.
 
Le 30 septembre 1999, une centaine de gendarmes, agissant à la demande du juge d'instruction bruxellois, [Jean-Claude Van Espen], effectuaient plusieurs perquisitions au siège belge de la scientologie, ainsi que dans plusieurs sociétés ou associations gravitant autour de la secte. Des dossiers et du matériel informatique étaient alors saisis. Il semble en effet établi que la scientologie ait élaboré un fichier de chacun de ses "paroissiens", ce qui est contraire à la loi belge.
 
Acculés par la justice, les scientologues ont déposé plainte [dans un document de 16 pages] contre la Belgique auprès du Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, ainsi qu'auprès du rapporteur spécial pour la liberté religieuse. Ils estiment que les dossiers confisqués concernent l'évolution spirituelle de leurs membres et que cette saisie est une " atteinte grave aux droits de l'homme ". [Ils affirment également être victimes d'une campagne d'intimidation et de harcèlement de la part des autorités belges]
 
Par ailleurs, une deuxième instruction judiciaire a mis en évidence que deux associations liées à la secte, le " Church of scientology religious trust " et la " Church of spiritual technology " disposaient de comptes auprès de banques impliquées dans d'importantes fraudes fiscales et du blanchiment d'argent sale.