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Source de cet article: http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=39599 Ainsi, hier, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale "relative à l’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs" a rendu public son rapport. L’audition de Didier LESCHI, Chef du Bureau Central des Cultes (BCC) au ministère de l’Intérieur et de l'aménagement du territoire est tout simplement effrayante. Le ministère de l’Intérieur, sous la direction de Nicolas Sarkozy, engage une procédure de reconnais- sance cultuelle "des mouvements qui, pour certains, existent depuis des décennies, voire des siècles, et sont issus de grands courants spirituels ou s’y rattachent, comme les Frères de Plymouth, une des branches du protestantisme, les Témoins de Jéhovah (qui ont prédit la fin du monde plusieurs fois déja, et auquels l’administration fiscale réclame 50 millions d’euros pour redressement fiscal ...), et depuis quelques mois, les Loubavitch, qui sont l’expression d’une vieille tradition du hassidisme juif." Sur le trouble à l’ordre public que provoquent les témoins de Jehovah en refusant le don du sang pour les enfants, en rejetant le droit de vote et en faisant du prosélytisme, le directeur du BCC a clairement suggéré que "les associations luttant contre les phénomènes sectaires pourraient, elles-mêmes, troubler l'ordre public" en stigmatisant ces pauvres sectes. Mais le meilleur est ce qui suit: "Par analogie, on n’imagine pas retirer à un vendeur bénévole de L’Humanité dimanche la garde de son enfant, pas plus qu’à un syndicaliste qui défile le 1er mai avec sa fille" et "L'appré- ciation des valeurs à transmettre à l’enfant peut largement varier en fonction des personnes. Il fut un temps où l’on expliquait que les adhérents du parti communiste perdaient leur personnalité". Georges Fenech, Président de la Commission, s’indignait d’ailleurs: "aujourd’hui, 17 octobre 2006 (date de l'audition), c’est la première fois, en ce qui me concerne, que j’entends un discours public de reconnaissance officielle de la religion des Témoins de Jéhovah. Nous pouvons dire à présent que les Témoins de Jéhovah sont la cinquième religion de France..." "vous êtes le représentant du Gouvernement, du ministère de l'inté- rieur, chargé de coordonner une action publique en matière de culte !" Pour la scientologie, voulait rassurer le chef du BCC: il faudra attendre un peu, parce que cette église n'est pas assez ancienne, mais pourquoi pas... C’est cela aussi, Nicolas Sarkozy au pouvoir: la reconnaissance des témoins de Jéhovah comme 5eme religion de France... Commentaire source: http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=39599 Il est clair que pour ré-intoduire la notion de religion d’état, le premier travail consiste à utiliser le concept de liberté du culte d’une manière abusive, permettant ainsi aux religions minoritaires (nommées sectes) de venir sur le plan publique au lieu de rester dans le domaine privé. Quand cette étape sera franchie, alors les choses iront vite; Si le responsable des Témoins de Jehova intervient dans les médias pour remettre en cause les transfusions sanguines par exemple, alors au nom du fait que les catholiques représentent la première religion, ont aura tout un bataillon de curés et d'évêques qui s’empareront des journaux et de la télévision à chaque occasion (avortement, divorce, homosexualité), et ceci en attendant que comme au états-unis, une devise du type "In God We Trust" soit affichée un peu partout. La volonté, dans le TCE, d’affirmer l’héritage de la chrétienté comme socle de l’union Européenne n’était pas anecdotique du tout, on s’en aperçoit de plus en plus avec le fameux "retour de la spiritualité" qui se répand comme une trainée de poudre partout en europe, surtout à l’est. Ensuite, dans tous les films français, les acteurs seront obligés de dire "Oh ! Mon Dieu" toutes les trois répliques comme dans les productions américaines. Et pourquoi pas, se faira trainer en justice si on traite de secte la scientologie, au nom d’une loi sur le blasphème. Si ça continue comme ça, dire "Bordel de Dieu" dans la rue nous vaudra de graves ennuis dans le futur. Et effectivement, être Athée ou/et Communiste sera à nouveau considéré comme une aberration, ne pouvant venir que d’individu influencés. Par des sectes agnostiques... jyd. |
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M. Fenech et M. Gest sont députés UMP, M. Vuilque est député socialiste ainsi que Mme David. Leschi:
(…) En mettant fin au système des cultes reconnus, (la loi de 1905) a
aussi précisé que les fidèles ont le droit de pratiquer leur culte de manière
publique et non dans la seule sphère privée, comme le précisent notamment les titres 3 et 5 de la loi de 1905 (…) Cette liberté
de croyances s'articule avec le droit des parents de choisir ce qu'ils
souhaitent transmettre à leurs enfants, car notre cadre juridique comprend aussi
le droit des parents d'éduquer leurs enfants dans les valeurs de leurs choix dès
lors qu'elles ne portent pas atteinte à l'intégrité physique et morale des
enfants — c'est ce que rappelle l'article 371-1 du Code Civil : « l'autorité
parentale appartient aux pères et mères jusqu'à la majorité ou l'émancipation de
l'enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour
assurer son éducation et permettre son développement dans le respect dû à sa
personne ».
(…) L'activité du bureau central des cultes vient de rappeler aux administrations, aux collectivités locales, aux différents pouvoirs publics, par le biais de circulaires, de réponses à des questions parlementaires ou de courriers émanant d'autorités publiques que notre régime juridique est d'abord celui de la liberté de conscience et du libre exercice du culte.
(…) Le Ministère de l'Intérieur est parfois accusé de sous-estimer le trouble à l'ordre public que génèreraient par nature, certains mouvements focalisant l'attention de la MIVILUDES. Je veux parler de mouvements qui pour certains, ont des décennies, voire des siècles d'existence et sont issus de grands courants spirituels ou s'y attachent comme «les Frères de Plymouth», une des branches du protestantisme, les Témoins de Jéhovah et depuis quelques mois les Loubavitch [1] qui sont l'expression d'une vieille tradition du Hassidisme Juif.
Au bureau central des cultes nous pensons qu'il faut aborder les problématiques d'ordre public avec la plus grande rigueur et privilégier les faits plutôt que la rumeur ou la parole douloureuse d'anciens fidèles en rupture, dès lors que sont mises en cause des personnes et leur dignité. Tous les courants cultuels sont susceptibles de connaître des dérives sectaires. Seul l'examen des faits légitime la notion de vigilance, sans quoi on risque fort de s'écarter de l'impartialité laïque au profit d'un clivage entre religion reconnue/religion stigmatisée. Le juge administratif ne cesse de rappeler cela en sanctionnant des collectivités qui licencient des Témoins de Jéhovah, dont la seule faute professionnelle est l'appartenance à ce mouvement. De même il rappelle que l'on ne peut refuser la location d'une salle à ce mouvement uniquement parce qu'il ne serait pas agréé (…) Le prosélytisme, c'est-à-dire de militer pour faire connaître et défendre ses opinions dans la rue ou en faisant du porte à porte, n'est pas en soi condamnable ; si bien sûr il ne s'agit pas de harcèlement. Par analogie, on n'imagine pas retirer à un vendeur bénévole de « L'humanité Dimanche », la garde de son enfant, pas plus qu'à un syndicaliste qui défile le premier mai, sa fille (…)
C'est donc bien le refus de la transfusion sanguine qui pourrait constituer un trouble à l'ordre public, s'il s'avérait que l'affirmation de cette croyance impérieuse entravait le fonctionnement du service public hospitalier. Il n'appartient pas à l'administration de porter un jugement sur les croyances ou sur la conscience des personnes, à moins de renvoyer en d'autres temps ou à d'autres régimes politiques. L'église catholique peut condamner l'IVG, prévu par la loi, mais elle ne troublerait l'ordre public que, si, par ses manifestations, elle empêchait l'accès des femmes au service hospitalier. Je rappelle que le Conseil d'État, dans une décision du 16 août 2002, a estimé que le refus de recevoir une transfusion sanguine constitue l'exercice d'une liberté fondamentale et que la loi Kouchner de mars 2002 a renforcé le droit du patient majeur à discuter de son traitement, droit déjà consacré par la jurisprudence du Conseil d'État. (…) En vue de cette audition, il m'a semblé nécessaire de demander aux préfectures de département, de faire le recensement, sur les trois dernières années, des incidents liés à la transfusion. Au vu des résultats obtenus, ce qui remonte, c'est un petit nombre d'incidents, souvent réglés par la discussion: jamais d'incident qui mette en cause des enfants, ou le pronostic vital, ou le fonctionnement du service public hospitalier ne m'a été signalé sur ces trois dernières années.
(…) C’est en janvier
1993 que le Conseil d’État a jugé que les salles
du royaume des Témoins de Jéhovah étaient des lieux de culte
et qu’à ce titre,
elles devaient être exonérées de la taxe foncière et le libre exercice du culte
suppose naturellement la liberté d’ouvrir des lieux de culte, c’est l’objet de
la circulaire du bureau central des cultes du 14 février 2005 qui demandait aux
Préfets de rappeler ce droit fondamental aux maires compte tenu des pratiques
abusives du droit de préemption et de refus de permis de construire qui
tendaient à se multiplier.
1er élément: les déclarations de l’ancien président de l’AVIF [4] sont mises en valeurs alors qu'il a été condamné pour propos diffamatoires envers les Frères de Plymouth par le TGI de Lyon le 4 janvier 2005.
2eme élément: il est indiqué dans le rapport que les Frères de Plymouth refusent toute scolarisation publique, ceci est factuellement inexact et, du reste, l’actuel président de l’AVIF a suivi une partie de sa scolarité obligatoire dans l’enseignement public alors qu’il avait expliqué le contraire à la MIVILUDES.
3eme élément, important également pour apprécier la dérive sectaire à l’égard des enfants Frères de Plymouth, il n'est pas indiqué que le centre d’enseignement par correspondance, le lycée Lechêne, qu’ils ont constitué a obtenu l’agrément de l’Éducation Nationale. Ce centre est contrôlé par l’inspecteur pédagogique régional du Ministère de l’Éducation Nationale rattaché à l’Académie de Lille.
D’après les indications fournies au préfet du Rhône, les contrôles effectués montrent que les enfants connaissent un développement intellectuel et physique conforme à ce que l’on est en droit d'attendre à leur âge. Cet inspecteur déclare, je cite: « que les travaux sont rigoureux sur la forme et sur le fond, que le cours donne une impression de sérieux, que le responsable est un ancien principal de collège qui du reste n’est pas un adepte des Frères de Plymouth comme d’ailleurs 90% des enseignants qui interviennent dans ce centre ».
(…) Là encore, il s’agit d’un problème de méthode et de crédibilité de l’action publique. Au fond, lorsqu’on est imprécis dans les faits évoqués et que l’on se remet aux seuls témoignages de personnes qui ont quitté les groupes, on ne peut pas élaborer une appréciation juste des faits en cause et réaliser une administration rigoureuse de la preuve, particulièrement nécessaire dans une enquête qui, dépourvue des garanties propres à la procédure judiciaire, peut néanmoins mettre en cause l'honneur des personnes.
(…) Des religiosités nouvelles, du moins dans notre pays, et des pratiques sociales non conventionnelles voient le jour. Confrontés à une telle diversification de notre paysage spirituel et philosophique, il est essentiel pour nous de ne pas confondre «non conformisme» et «dangerosité», et par conséquent de distinguer les pratiques sociales originales des pratiques à risques.
(…) En conclusion, j'aimerais souligner un paradoxe essentiel du point de vue de l'action des pouvoirs publics. Je crains fort que la stigmatisation de mouvements comme les Loubavitch ou Les Frères de Plymouth risque de faciliter le passage à l'acte de personnes qui auront bon jeu de se couvrir d'une bonne conscience antisecte pour justifier leurs actes de malveillance ou antisémite. A ce titre, nous voyons augmenter les agressions contre les Témoins de Jéhovah, autrement dit, je crains fort que cette stigmatisation, ce type de dénonciation ne constitue à terme des troubles à l'ordre public ou pour le moins, des manifestations d'intolérance à l'égard de l'une des libertés les plus fondamentales de tout homme et de tout citoyen, la liberté de conscience.
Fenech: (…) Je crois qu'aujourd'hui, après vous avoir entendu, nous pouvons dire ici que vous allez nous confirmer que les Témoins de Jéhovah sont la cinquième religion de France. (…) Et je vous demande, mais alors très clairement car je crois que le moment est très important, si effectivement vous êtes en train de nous dire qu'aujourd'hui l'administration n'a aucun grief à faire aux Témoins de Jéhovah, pour leur refuser le statut d'association cultuelle, au même titre que n'importe quelle religion.
Leschi: (…) Lesdites associations aujourd'hui sont tout à fait en conformité avec le droit fiscal, puisqu'elles ont le bénéfice du droit des associations cultuelles. Certes il y a un contentieux fiscal passé entre l'État et les Témoins de Jéhovah, il n'y a pas de contentieux présent sur ces dons manuels.
Fenech: (...) Donc, Monsieur Leschi, je ne me suis pas trompé dans l’interprétation de votre exposé de votre texte fondateur aujourd’hui ?
Leschi: (…) Monsieur le Président, je suis prêt à tout examiner, mais je ne vois pas aujourd’hui de dossier montrant un trouble à l’ordre public (…) J’ai demandé à la Miviludes d’essayer de constituer ces éléments de preuves de troubles à l’ordre public, par exemple en interrogeant les ARH [5], les directeurs d’hôpitaux pour savoir si, par exemple dans le cas d’un refus de transfusion sanguine, il y aurait une entrave au fonctionnement du service public hospitalier. Je n’en ai pas, donc je ne vais pas inventer un trouble à l’ordre public, qui plus est qui serait durement sanctionné par le juge, je sais que vous y serez sensible, alors que l’on n’a pas apporté un dossier étayé.
Fenech: Nous avons ici entendu des jeunes Témoins de Jéhovah, des jeunes majeurs qui nous ont raconté leur parcours d’enfermement psychologique. Vous savez comme nous quel est le traitement social du mineur au sein des Témoins de Jéhovah qui ne peut pas participer à un certain nombre de manifestations laïques, qui vit entre la Salle du Royaume et sa famille et qui d’un certain point de vue qui nous a été exposé ici, ne correspond pas aux normes internationales notamment celle de la convention de New York sur le droit de l'enfant, qui exige que l’enfant soit élevé et éduqué pour atteindre un esprit critique pour en faire un citoyen libre. Est-ce que cela fait partie de la problématique qui puisse constituer un trouble à l’ordre public aux yeux de votre administration ?
Leschi: (…) Vous savez bien que ce sont des questions extrêmement difficiles et délicates (…) En ce qui concerne la liberté de conscience et le droit d’éduquer ses enfants selon les valeurs que l’on souhaite transmettre, vous savez bien qu’il y a toujours une appréciation qui peut être très différente en fonction des personnes. Il fût un temps où l’on pouvait expliquer que quelqu’un qui adhérait à un mouvement communiste était dépouillé de sa personnalité et que, quand il en sortait, il avait le sentiment d’une extrême douleur puisque ces anciens camarades refusaient de lui parler. Quand j’étais étudiant en sciences politiques, il y avait un ouvrage (...) qui s’appelait « la secte » à propos du parti communiste et qui était écrit par un sociologue (…) qui s’appelle Marc Lazar. Voilà, tout ça est une question d’appréciation.
Vuilque: (…) Je suis, je pèse mes mots, scandalisé par ce que vous avez dit, parce que vous parlez du trouble à l’ordre public et vous avez évoqué le fait qu’un certain nombre d’associations et d’autres personnes luttant contre les organisations sectaires seraient elles-mêmes à même de participer aux troubles à l’ordre public en stigmatisant un certain nombre d’organisations.
Martine David: (…) Je comprends mal que vous donniez le sentiment d’être totalement imperméable aux témoignages qui ont pu être livrés à la MIVILUDES à plusieurs reprises par des adeptes sortis des différents mouvements Témoins de Jéhovah ou d’autres. (…) Alors que nous disposons déjà depuis de nombreuses années de témoignages avérés, que bien entendu, il faut prendre avec précaution comme tout témoignage. (...) Est-ce qu’on peut considérer que vous n’avez pas eu connaissance de ces témoignages, jamais, c’est la première question que je vous pose (…) Je ne vous mets pas en cause vous personnellement (…) mais ça veut dire que depuis longtemps le bureau des cultes dysfonctionne ou bien alors il y a d’autres maillons faibles, si j’ose dire, mais on ne peut quand même pas laisser dire que ces anciens adeptes ont tout inventé, que ça sort de leur imaginaire, et qu’il n’y a rien de possible (…) je voudrais bien Monsieur Leschi qu’avec nous de temps en temps, vous acceptiez de douter sur le véritable respect du droit des enfants qui sont dans des sectes comme les Témoins de Jéhovah ou comme la Scientologie et que vous acceptiez de regarder en face cette réalité (…) il y a quand même un certain nombre de milliers d’enfants en France pour lesquels le droit à la vie en société, le droit à l’accès à l’éducation dans toute sa plénitude et son épanouissement n’est pas respecté, alors est-ce que là-dessus on peut discuter ou pas ?
Leschi: (…) Si votre commission étaye un dossier à charge avec des éléments précis systématiques, des preuves qui en plus pourront être transmises aux juges pour éventuellement des poursuites (…) pour l’instant on n’a jamais avancé de choses précises ces dernières années. Vous parlez des commissions locales, évidemment les rapports remontent, à chaque fois tout ça remonte, je constate l’imprécision.
Martine David: (…) Est-ce que vous accepterez de considérer que nous n’inventons pas tout ça, que c’est la réalité ? (…) est-ce que ça aussi vous voulez le regarder en face et que peut-être ça explique que certains éléments d’informations ont un petit peu de mal à remonter, parce qu'il y a des témoignages des anciens adeptes qui ont des difficultés à engager des procédures juridiques, c’est évident, ça veut pas pour autant dire qu’il ne s’est rien passé.
Leschi: (…) Je crois qu’il est difficile pour le Ministère de l’Intérieur en tant que ministère de se substituer aux personnes pour faire des dossiers qui incriminent d’autres personnes, ce n’est pas sa fonction je vous le rappelle. Par ailleurs, il y a des institutions qui sont faites pour ça. Si le défenseur des enfants qui existe, qui a été mis en place, par exemple, m’envoie un dossier (…) et que le dossier est étayé, eh bien on en tiendra compte.
Alain Gest: (…) Vous êtes arrivé ici dans un état d’esprit extrêmement défensif, c’est le moins qu’on puisse dire (…) et je vous laisse mesurer le formidable appel d’air que ce genre d’annonce va susciter en ce qui concerne d’autres mouvements, quand la presse présente ici aura porté à la connaissance générale ce que vous venez d’indiquer.
Leschi: (…) Je suis peut-être un peu vif, c’est dans ma nature, mais aussi parce que bien souvent je sais entendre et écouter, et j’ai bien vu que sur les Témoins de Jéhovah il y avait une mise en cause quasi-systématique et parfois dans des termes extrêmement violents de la part de certains de vos collègues, de l’action de mon bureau et de la mienne en particulier. Donc, permettez-moi, pour une fois … je suis là devant vous et donc … j’y réponds.
Fenech: (…) Jamais le Conseil d'État n'a dit que les Témoins de Jéhovah ne troublaient pas l’ordre public et devaient être considérés comme un culte à part entière ! Jamais !
Leschi: (…) Un des critères pour accorder les bénéfices de la loi de 1905, c’est justement qu’il n’y ait pas de trouble à l’ordre public (…) Pendant 10 ans nous avons motivé le refus du bénéfice des articles 200 et 238 pour les associations Témoins de Jéhovah en expliquant qu’elles constituaient un trouble à l’ordre public Plusieurs fois, le Conseil d'État nous a dit : « Non, appréciation erronée de l'autorité préfectorale. » Ça s’appelle une jurisprudence (…) moi, en tant qu’administration laïque, je ne porte pas de jugement sur les croyances.
Gest: (…) On sait très bien qu’il y a un écran de fumée organisé autour de la croyance religieuse, parce que c’est évidemment le moyen, justement, de rejeter les éventuelles accusations (…) Vous rentrez dans le discours de ceux qui nous disent: «Il n’y a pas de problème de culte, de secte en France, il n’y a pas de problème.» (…) Tous les gens sont des affabulateurs, il ne s’est jamais rien passé, le Temple Solaire est une aimable plaisanterie.
Leschi: (…) Tous les cultes, toutes les activités de ce type, sont susceptibles de dérives sectaires. Je pense que l’appréciation simplement par liste est une appréciation qui réduit la focale et qui évite de s’interroger sur ce qu’est vraiment une dérive sectaire et sur le fait que ce n’est pas cantonné à tel ou tel mouvement. Je ne dis pas qu’il ne peut pas y en avoir chez les Témoins de Jéhovah, ce n'est pas ce que je vous dis. Je vous dis que la stigmatisation sur la base d’un critère qui est la simple appartenance ne permet pas de faire avancer la question et par ailleurs c’est pour ça qu’on avait fait évoluer la MIVILUDES vers la notion de dérive sectaire et pas de se cantonner simplement sur un problème de liste.
Leschi: (…) Pour l’instant je constate qu’il y a systématiquement imprécision des faits. Impossi- bilité d'avancer des décisions de justice et que je ne suis pas en droit de me substituer à cette absence de preuves.
[1] Chabad-Lubavitch (ou Chabad Lubavitch) également connu sous les noms de Chabad, Habad ou Lubavitch, est une des plus importantes branches du Judaïsme Hassidique et un des plus grands mouvements juif dans le monde, particulièrement aux USA et en Israël. [2] Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales [3] Centre National de la Recherche Scientifique [4] Association des VIctimes de la Fusion AXA UAP. (Assurances AXA et UAP, n° 1 mondial de l’assurance) [5] Agences Régionales d’Hospitalisation |
La problématique des sectes revient sur le devant de la scène politique des derniers temps mais, selon le Député niçois, il serait préférable de faire preuve de beaucoup plus de vigilance face à cette problématique inquiétante qui touche de nombreuses familles en France chaque année. Nice Première: Rudy Salles, vous avez participé à 3 commissions parlementaires en 11 ans sur les sectes. Comment définiriez-vous ce phénomène ? Rudy Salles : Il existe près de 200 sectes en France ce qui représente environ 300'000 adeptes. C’est donc un phénomène très inquiétant car les personnes qui tombent dans les mailles des sectes perdent leur liberté, leur libre-arbitre, leurs repères et ont les plus grandes difficultés pour en sortir. Les sectes se font passer, la plupart du temps, pour des religions. Or je veux vous faire remarquer qu’une des grandes différences existant entre les sectes et les religions c’est que d’une religion on en sort quand on veut, en tout cas on dispose de sa liberté d’aller et venir, de vivre en société et en famille alors que dans les sectes ce n’est pas possible. NP: Quels sont les moyens actuels pour enrayer cela en France ? RS : Depuis 11 ans le Parlement Français et l’Assemblée Nationale notamment ont été très présents dans la lutte contre les sectes. Nous avons mené à bien trois commissions d’enquête. La première en 1995 faisait l'état des lieux sur ce phénomène en France, la seconde en 1999 a travaillé sur les réseaux financiers des sectes et la troisième sur la situation des mineurs embrigadés dans des sectes. Nous avons voté une loi qui a renforcé le délit d’abus de faiblesse. D’autre part, j’avais déposé un amendement qui a été voté permettant aux associations reconnues d’utilité publique et luttant contre les sectes de se porter partie civile en lieu et place des victimes. En effet, il y avait jusque là fort peu de procès car les victimes étaient souvent trop affaiblies pour pouvoir oser trainer les sectes devant les tribunaux. Ces progrès sont importants. Non seulement ils constituent des armes nouvelles pour lutter contre les sectes, mais en plus il donnent un signal fort aux sectes pour leur indiquer que la France est un pays qui est clairement hostile aux sectes. NP: Les mineurs semblent êtres des cibles potentielles, comment peut-on protéger ces proies faciles ? RS: Ce sont des proies faciles car elles sont entrainées dans les sectes par leurs parents. Les enfants n’ont pas la possibilité de dire non car il faut dire non aux sectes mais aussi à ses parents, ce qui est impossible. Certains enfants naissent dans les sectes et ne connaissent rien de la société. C’est inadmissible car on vole à ces jeunes leur enfance. Il faut voir les dégâts que cela provoque chez ces enfants et même plus tard quand ils sont devenus adultes et qu’ils ont réussi à s’en sortir. Des mesures de protection doivent donc être prise. Il faut limiter au maximum l’enseignement à domicile pour que l’éducation des enfants puisse être suivie par les pouvoirs publics. Il est indispensable aussi de renforcer les contrôles sanitaires car nombre d’enfants ne reçoivent même pas les soins indispensables en cas de pathologies. Nous proposons également que les grands parents puissent intervenir pour signaler des anomalies qu’ils pourraient constater dans l’éducation de leurs petits enfants et qui pourraient laisser penser qu’il y a une dérive sectaire. Cette solidarité des générations me semble une très bonne idée. NP: Plus localement, pensez-vous que Nice et les Alpes Maritimes soient un terroir pour les mouvances sectaires ? RS : Hélas le niveau de vie, l’anonymat des grandes villes, favorisent l’implantation des sectes. La Région Provence Alpes Côte d’Azur est ainsi classée en troisième position au plan national pour le nombre de sectes recensées après les Régions Iles de France et Rhône Alpes. Et malheureusement dans notre Région les Alpes Maritimes ne sont pas en reste. NP: Que pensez-vous de la scientologie ? RS: C’est une secte qui a pour vocation de gagner de l’argent, beaucoup d’argent. Ses dirigeants ne s’en défendent même pas. Le problème c’est que cette secte est admise aux Etats-Unis et dispose de propagan- distes zélés comme Tom Cruise ou John Travolta ce qui tend à donner une image "show biz" valorisante. Mais l’envers du décor est très différent. Pour avoir auditionné d’anciens adeptes, je puis dire que leur témoignage était très émouvant et soulignait un parcours douloureux. Cette secte a fait beaucoup de prosélytisme dans notre département il y a quelques années. NP : Cette "église" possède des locaux importants à Nice et proche de votre permanence. Quel est votre sentiment à ce sujet ? RS : La scientologie essaie de se banaliser, de s’inscrire dans le paysage. Mais je conseille à ceux qui passent devant leur devanture de ne pas s’y arrêter car leur méthodes sont à même de piéger les caractères les plus forts. Au départ les sectes attirent leurs proies en tentant de les séduire. Et puis dès lors que vous faites le premier pas, alors l’emprise s’étend jusqu’à ce que vous ne puissiez plus réagir. Après quoi vous ne vous appartenez plus, vous appartenez à la secte. NP: Enfin, quelles seraient les mesures que vous prendriez si vous étiez à la tête de l’état ? RS: Ces mesures, nous avons proposées beaucoup depuis 11 ans à l’Assemblée Nationale. L’Etat peut puiser dans cette réserve car chacune d’entre elles me parait utile pour lutter contre les sectes. Celles que nous venons de faire pour la protection des mineurs sont des mesures de bon sens. Mais ce que je demande avant tout c’est la vigilance des services de l’Etat. Nous les avons mis en garde régulièrement mais nous avons l'impression que la machine de l’Etat est lourde pour ne pas dire sourde. Je n’accuserai pas l’Etat de complai- sant bien qu’il y ait eu des tentatives d’infiltrations de la part des sectes. Mais parfois, les services publics manquent de la formation nécessaire pour pouvoir débusquer et neutraliser les sectes. Et bien il faut que ça change ! Franck Viano |
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| Exposing Scientology through streaming video Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent. |
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