LA
SCIENTOLOGIE SUISSE ATTAQUE L'HEBDO
- Mensonge
et diffamation de Jurg Stettler, porte-parole
de la scientologie suisse et
- président
de l'Église de scientologie de Zurich
-
-
Rappel
des faits: Suite au témoignage de Jean-Luc Barbier
paru dans le journal «L'Hebdo» à Lausanne,
la scientologie a fait une dénonciation
auprès du Conseil suisse de la presse.
|
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Embargo
jusqu'au mercredi, 21 mars 2001, 11 heures
|
- Devoir
de rectification / Equité
- (Eglise
de Scientologie Zurich contre «L' Hebdo»)
-
- Prise
de position du Conseil suisse de la presse
- 13/2001
du 2 février 2001
- I.
En fait
-
- A.
Le 31 mai 2000, «l'Hebdo» publie une
enquête intitulée «J'ai obtenu
justice, mais pas réparation». Cette
enquête évoque deux cas, puis interroge
un avocat «sur les lenteurs de la justice
et les frustrations qu'elles peuvent engendrer».
L'un des deux cas précités concerne
un «scientologue repenti qui cherche à
récupérer les centaines de milliers
de francs abandonnés à ce mouvement».
On y apprend que B. (Barbier Jean-Luc, ndlr) a quitté
l'Eglise de scientologie en 1989, que le mouvement
lui a versé «spontanément (...)
une somme de 125'000 francs à titre d'acompte.»
-
- Pour
B. ce versement aurait été fait pour
éviter un procès. De fait, précise
«l' Hebdo», «ce versement mit
fin à l'action pénale entreprise,
incitant la justice genevoise à classer le
dossier tout en réservant ses droits sur
le plan civil». Et, selon «l'Hebdo»,
B. «est encore en procès avec la section
suisse de l'Eglise de scientologie».
-
- B.
Dans un fax à «l'Hebdo» daté
du 15 juin 2000, M. Jürg Stettler, de l'Eglise
de scientologie de Zurich, affirmant n'avoir pas
été contacté dans le cadre
de l'article, demande la publication d'une déclaration,
qui dit notamment «qu'aucune affaire légale
n'est en cours entre B. et une Eglise de scientologie».
Cette déclaration ajoute que le Tribunal
fédéral a écarté les
prétentions de B, que l'Eglise de scientologie
«a volontairement remboursé»
au couple B. les contributions effectuées
au cours des ans. Dans la même déclaration,
M. Stettler s'étonne.que la presse suive
B. dans sa démarche (il réclame jusqu'à
2 millions) et précise encore : «A
plusieurs reprises, nous avons invité B.
à contacter son avocat afin que celui-ci
s'entretienne avec le nôtre. Il semble qu'aucun
avocat ne souhaite prendre sa défense, sachant
combien infondées sont ses requêtes
».
-
- Ce
président de la scientologie est un fieffé
menteur; aucun avocat de la scientologie n'a
proposé à Jean-Luc Barbier la moindre négociation
concrète, ni fixé le moindre rendez-vous.
- Le
Gravis
-
- "Les
avocats ne sont pas là pour
nous aider"...
-
- Etranges
recommandations du chef de la police
secrète de scientologie (l'office
des affaires spéciales OSA)
-
- Two
faxes from OSA chief to Jean-Luc Barbier:
-
- "In
all candor, it is my experience that attorneys
may hinder rather help, so I hope that all
involved will come with the intention of
reaching a final end to this conflict."
-
- "Nevertheless,
based on my long experience, I still believe
that a face-to-face meeting between the
parties directly concerned will facilitate
resolution of the dispute."
|
- C.
Le 28 juin 2000, la rédactrice en chef de
«l'Hebdo» refuse la publication demandée,
l'estimant injustifiée.
-
- D.
Suite au refus de «l'Hebdo», M. Stettler,
dans un fax daté du 30 juin 2000, demande
une «correction légale». Cette
«correction légale» porte sur
deux points. Elle conteste qu'une affaire juridique
soit en cours, et elle précise : «Il
n'a jamais été question d'acompte
et ce versement (de 125'000 francs) a été
fait sans obligation ou nécessité
légale». Enfin, ce montant représentait
«la totalité de ses contributions versées
à l'Eglise et mettait fin à l'affaire»
-
- Deuxième
mensonge du représentant de l'Eglise
de scientologie de Zurich: Barbier Jean-Luc
ayant versé
avec sa femme 240'000.- à l'Eglise
de scientologie il est en droit d'estimer
ce versement comme étant un simple acompte. D'autre
part, devoir déposer une plainte pénale
pour que la scientologie mette la main au porte-monnaie
démontre la façon
qu'à l'Eglise de scientologie de ne pas
tenir sa promesse de remboursement. Cela
est d'autant plus édifiant que Jean-Luc Barbier
a été victime d'une atteinte
de son larynx suite à une inflammation
non traitée. Les scientologues lui interdisant
de prendre des antibiotiques - Le
Gravis
-
- E.
Le 5 juillet 2000, «l'Hebdo» renouvelle
son refus. La rédactrice en chef adjointe,
Béatrice Schaad, précise dans son
envoi à M. Stettler: «Notre droit
ne permet pas au lecteur d'un journal d'imposer
la publication d'une lettre ni celle d'un rectificatif
et ceci, quels que soient les intérêts
que ce lecteur prétend représenter.»
-
- F.
Le 7 juillet 2000, réaction de M. Stettler.
«L'Hebdo» ayant selon lui imprimé
des informations incorrectes, il réitère
sa demande de publication d'une «correction
officielle». Il annonce que l'avocate de son
mouvement est prête à entamer des actions
légales et à dénoncer le cas
au Conseil de la Presse. Mais il conclut en espérant
«qu'une solution à l'amiable pourra
être trouvée».
-
- G.
Le Il juillet 2000, la rédactrice en chef
adjointe de «l'Hebdo», Béatrice
Schaad répond : «La réponse
que vous prétendez publier est tardive. Aussi,
nous refusons de répondre positivement à
votre requête».
-
- H.
Suivent alors des échanges téléphoniques
entre M. Stettler et Mme Schaad, puis entre avocats
des deux parties. Ces démarches ne modifient
en rien les points de vue.
-
- I.
Le 9 août 2000, M. Jürg Stettler. adresse
au Conseil suisse de la Presse une plainte contre
«l'Hebdo». Il l'accuse de s' «être
fait utiliser dans le cadre de la campagne privée
de B. (...)», d'avoir tardé à
répondre à une demande de rectification
dans le courrier des lecteurs, avant de refuser
également une «correction légale
». Le périodique aurait violé
la «Déclaration des devoirs et des
droits des journalistes» sous deux aspects: «publier de fausses informations et refuser
de les corriger, même sous forme d'un courrier
des lecteurs; considérer des informations
de la part d'un individu coupable d'actes de
chantage à l'encontre de l'Eglise sans
prendre la peine de vérifier les faits et
de contacter les représentants de cette dernière.»
-
- Jurg
Stettler, représentant de l'Eglise
de scientologie, fait ici de la diffamation
contre Jean-Luc Barbier en l'accusant de faire
du chantage. Le Gravis
-
- (Pas
de point J. dans le texte original. ndlr)
-
- K.
Le traitement de la plainte est confié par
la présidence à la 2ème Chambre
du Conseil suisse de la Presse.
-
- L.
Dans sa prise de position du 25 septembre 2000,
La rédactrice en chef de «l'Hebdo»
conteste toutes les affirmations de l'Eglise de
scientologie. Premièrement, deux procédures
judiciaires seraient bien en cours entre B. et l'Eglise
de scientologie. D'abord une plainte pénale
pour diffamation de B. à l'encontre d'un
membre connu de la scientologie romande (plainte
du 18 mai 2000). Puis, concernant l'argent réclamé
par B., «l'Hebdo» précise que
l'Ordonnance de classement de la plainte pénale
«a expressément réservé
les droits civils de B., lequel a poursuivi son
action sur le plan civil».
-
- «L'Hebdo»
mentionne des commandements de payer des époux
B. du 30 septembre 1999, « constituant les
premiers actes de procédure nécessaires
au recouvrement de leurs créance ».Et
le 28 août 2000, une demande en paiement de
fr. 332'958,- a été déposée
par les époux B. auprès d'un tribunal
genevois. «L'Hebdo» conteste deuxièmement
que les 125'000 francs auraient mis un terme au
litige. Il soutient que le terme d'acompte utilisé
dans l'article incriminé était approprié,
tout comme le terme de versement spontané,
qui ne signifierait pas autre chose que «sans
nécessité ou obligation légale».
-
- Enfin,
«l'Hebdo» conteste avoir pris du retard
pour répondre à la requête présentée
par l'Eglise de scientologie, faisant valoir notamment
que le fax du 15 juin 2000 ne lui était parvenu
que le 27 du même mois. Et la rédactrice
en chef de conclure: «Nous
avons (...) l'impression que l'Eglise de Scientologie
a tenté et essaie encore, par tous les moyens,
d'obtenir la publication d'un texte qu'elle sait
elle-même faux.»
-
- M.
Dans sa réponse du 25 octobre 2000, M. Stettler
fait valoir que la plainte pour diffamation - qu'il
ignorait - n'a rien à voir avec des dommages
et intérêts. Il s'étonne que
«l'Hebdo» puisse titrer argument de
la plainte civile du 28 août 2000, donc postérieure
à l'article. Il précise qu'un commandement
de payer, pas plus qu'une plainte, n'est un procès.
Pour lui, c'est à tort que « l'Hebdo
» accuse la justice de lenteur quant au cas
de B. M. Stettler réitère que l'Eglise
avait fait clairement savoir à B. que le
versement de 125'000.- mettait un terme à
l'affaire.
-
- Quant
au fax daté du 15 juin 2000, M. Stettler
admet qu'il a pu être réexpédié
le 27 du même mois. Mais la raison en serait
que «l'Hebdo» aurait égaré
le premier envoi, et non qu'il n'aurait pas été
expédié le 15 juin. A preuve, M. Stettler
mentionne des menaces écrites de B. peu après
le 15 juin.
-
- Encore
de la diffamation: Jean-Luc Barbier n'a jamais menacé
l'Eglise de scientologie. Le Gravis
-
- «L'Hebdo»,
conclut-il, «essaie simplement d'empêcher
tout dialogue et, au moyen de déclarations
fausses, de refuser de porter la moindre responsabilité».
-
- N.
Dans une réplique du 17 novembre 2000, la
rédactrice en chef de «l'Hebdo»
réaffirme notamment que «jamais 'l'Hebdo
n'a reçu de fax le 15 juin », mais
bien le 27 du même mois.
-
- O.
La plainte de l'Eglise de Scientologie a été
examinée par la 2e Chambre du Conseil suisse
de la Presse lors de ses séances du 10 novembre
et du 15 décembre 2000, ainsi que du 2 février
2001. La Chambre est composée de Mme Sylvie
Arsever et de MM. Dominique Bugnon, Dominique von
Burg, Daniel Cornu (président), Jean-Pierre
Graber et Ueli Leuenberger (représentants
du public).
- II.
Considérants
-
- 1.
La plainte concerne trois articles de la «Déclaration
des devoirs et des droits du/de la journaliste»
; les, chiffes 1 (recherche de la vérité)
et 3 (information complète) ainsi que 5 (rectifier
toute information publiée qui se révèle
matériellement inexacte). Par ailleurs, le
plaignant accuse «l'Hebdo» d'avoir refusé
sa demande de droit de réponse.
-
- 2.
En ce qui concerne la demande de droit de réponse
(«correction légale», dans les
termes du plaignant) le Conseil suisse de la Presse
ne peut entrer en matière. Cette procédure
concerne le Code civil, et non la Déclaration
des devoirs et des droits. Ce n'est d'ailleurs que
dans le cadre d'une demande de droit de réponse
que la question de la date d'une telle demande serait
déterminante.
-
- 3.
«L'Hebdo» a-t-il failli à son
devoir de rechercher la vérité ? Certes,
l'enquête portait sur les rapports entre les
citoyens et la justice, et non sur le différend
opposant B. et l'Eglise de Scientologie. Il n'en
demeure pas moins que cette dernière était
touchée, et qu'elle aurait dû être
entendue dans le cours de l'enquête journalistique
préalable.
-
- 4.
«L'Hebdo» n'ayant pas entendu les scientologues,
devait-il dès lors publier la rectification
demandée ? Oui, dans la mesure où
les informations contenues dans l'article auraient
été fausses voire controversées.
Qu'en est-il à l'examen ?
-
- Dire
que B. est «en procès» avec l'Eglise
de Scientologie peut prêter à confusion
mais n'est pas inexact, compte tenu de la demande
de remboursement par commandement de payer, ainsi
que de la plainte en diffamation en cours. Par ailleurs
le terme «en procès», dans une
enquête consacrée aux lenteurs de la
justice, est de toute évidence à comprendre
au sens large. Concernant le remboursement de 125'000
francs, «l'Hebdo» précise bien
que ce versement fut spontané.
-
- De
plus, le fait que le tribunal pénal ait réservé
les droits de B. sur le plan civil indique bien
que ce versement ne mettait pas forcément
fin à l'affaire. En revanche, le terme «à
titre d'acompte» est pour le moins malheureux.
Il implique en effet que l'Eglise de Scientologie
s'attendait à devoir verser davantage ultérieurement,
ce que cette dernière dénie. Que B.
ait pu considérer cette somme comme un acompte
n'y change rien. Sur ce point donc, «l'Hebdo»
aurait dû préciser la position de l'Eglise
de Scientologie. Et à défaut de l'avoir
fait dans l'article, elle devait donner cette précision
ultérieurement.
- III.
Conclusions
-
- 1.
Sauf erreur matérielle dans l'exposé
de faits, rien n'oblige un média à
publier une rectification, fût-ce sous forme
de courrier des lecteurs. Est réservée
la procédure civile du droit de réponse.
-
- 2.
Si toutefois le média néglige certains
aspects d'une enquête, par exemple en omettant
d'entendre une personne physique ou morale directement
mise en cause, il est tenu de donner à cette
personne la possibilité de faire connaître
son point de vue. En refusant, après publication,
la moindre précision quant à la nature
du versement de l'Eglise de Scientologie, «l'Hebdo»
n'a pas respecté le principe général
d'équité.
-
- Jean-Luc
Barbier et son avocat Me Mike Hornung
considèrent
qu'il ne s'agit que d'un acompte.
Ni les frais d'avocat, ni les frais de
justice n'ont pas été pris en compte
par le remboursement de la scientologie
et encore moins les intérêts des
sommes investies.
-
- Rappelons
encore ici que pour obtenir
ce remboursement partiel il
aura fallu que M. et Mme Barbier
attendent 10 ans et déposent
une plainte pénale, alors qu'au
moment de l'achat de leurs cours
la scientologie promettait
le remboursement intégral aux personnes
insatisfaites et se ventait dans
son livre "WHAT IS SCIENTOLOGY"
d'être la seule Eglise à rembourser
les donations reçues !
-
- La
scientologie oublie également qu'elle
n'a pas été en mesure de délivrer
les cours et internats vendus cela
par manque de personnel. Seulement
4-5 employés étaient présents dans
son organisation de Genève
alors que les statuts d'une telle
succursale (org class IV) mentionnent
noir sur blanc l'obligation d'avoir
un minimum de 16 staffs!
-
- Ce ne sont pas les lettres de scientologues
adressées aux différentes autorités - (dossier
pdf) pour
porter atteinte à la vie privée
de Jean-Luc Barbier qui vont faire la démonstration de la bonne foi des représentants
de l'Eglise de scientologie.
-
- Le
Gravis
|
-
- Interlaken/Genève,
16 mars 2001
- Conseil
suisse de la presse
- Martin
Künzi, secrétaire
- Daniel
Cornu, président de la 2ème Chambre
-
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