La
scientologie contrairement à ses affirmations
n'est pas reconnue comme religion aux USA
mais comme une simple organisation ayant
des buts caritatifs
Un
tel statut explique sansdoute ses multiples
interventions médiatisée sur les lieux
de catastrophe ... Heureusement en Suisse
notre Constitution n'a pas à reconnaître ou non une religion et la
scientologie a dû s'inscrire en tant
qu'entreprise commerciale. Pour ce qui est
de la Suède, où la scientologie dit
être reconnue comme église, il faut savoir
que n'im- porte quel groupe peut demander
le statut religieux.
In
USA Scientology is not a Church
but only
an
organisation with a charitable status
"In 1991 there was a significant US Tax court case, that continued to refuse to
give Church of Scientology charitable status. That is to say, this decision
continued to say that Sciento- logy was not functioning in a charitable manner.
Then two years later,the IRS in an administrative decision, granted
Scientology its status, which was in directcontradiction to the court case two
years prior. To make the issue more complicated, the final negotiations of the
IRS/US government agreement was secret, they're sealed, and the government and
Scientology here refused to release those final negotiations to the public."
Les
Américains n'ont pas une idée claire
de ce qu'a été le mouvement des droits civiques des
années 1960
Howard
Zinn*: «La plupart des Américains ont
une fausse idée du patriotisme. Ils pensent
qu'être patriote, c'est soutenir le gouvernement.
Mais l'un des grands principes de la démocratie
précise que les gouvernements ne sont que
la création du peuple, que les gouvernements
ne sont pas premiers, ils sont seconds.
Obéir à un gouvernement sans le questionner,
c'est desservir la démocratie. Quand un
gouvernement ne respecte pas les principes
qu'il est censé suivre, être patriote, c'est
lui désobéir.»
*Howard
Zinn, La Mentalité américaine au-delà de
Barack Obama, Ed. Lux, colt. Instinct de
liberté, Montréal, 2009.
Diskeeper
and the scientology / Plainte
contre Diskeeper pour violation des règles du travail
Cet article
explique que deux salariés de cette entreprise dirigée par un scientologue des
plus influents, Craig Jensen, ont porté plainte pour violation des règles du
travail. Craig Jensen voulait les forcer à suivre des cours scientologues, donc,
supposément religieux, ce qui est tout aussi interdit en Californie qu'en France
ou en Suisse.
Diskeeper,
which is a major supplier of software to Microsoft,
improperly forced “religious” indoctrination on them,
violating their First Amendment rights
Above
: ex-member Frank Oliver explains scientology tactics and
policy towards their enemies : those whose words or conduct interfere
with the continued extraction of money from rubes
Divorce à l'hollywoodienne entre Tom Cruise et la
Paramount. Pour des questions de comportement Paramount a rompu son contrat avec Tom CruiseIl faut dire que Mission Impossible 3 n'a pas marché comme il aurait
dû et que l'acteur a vraiment multiplié les déclarations fracassantes liées à
ses croyances de fervent défenseur de la Scientologie. Entre autres : critiquer
le traitement pris par Brooke Shields pour une dépression postnatale,
sauter sur le canapé d'Oprah Winfrey pour clamer son amour pour Katie
Holmes, déclarer vouloir manger le placenta et le cordon ombilical de
son enfant dans le magazine GQ juste avant que Suri ne naisse,
inscrire sa compagne à un cours de fitness seulement deux semaines après son
accouchement pour qu'elle soit belle dans sa robe de mariée, ça fait déjà
beaucoup pour un seul homme...(Associated Press
-
23 août 2006)
Ruined lives. Lost
fortunes. Federal crimes. Scientologyposes as a religionbut
really is a ruthless global scam - and aiming for the mainstream. by Richard Behar- Time Magazine
May 6, 1991 - Cover Story
Témoignages de victimes de la scientologie
aux USA
Les méthodes victimaires de la
scientologie aux USA
Tonya BurdenVers le 3 Mars 1973, alors que j'avais treize ans, mon père et ma mère
furent recrutés en scientologie. J'ai moi-même été recrutée en scientologie et j'ai signé mon contrat d'un milliard d'années à la Sea Org.
Margery WAKEFIELD est l'auteur du livre "La Route de Xenu" et de
"Comprendre la Scientologie"
Condamnée
au RPF puis expulsée de la scientologie, la
scientologie était sencée venir
à bout de ses crises de panique. USA
1996
Kathryn
Témoignage d'une ex sea-org
qui a failli mourir d'une crise de psychose
de notre correspondant Laurent Zecchini à Washington
[Texte intégral]
Le nom, le logo,
la boîte postale, le numéro de téléphone,
(les archives et les ordinateurs de l'association
Cult Awareness Network
(CAN,
ou réseau de sensibilisation sur les cultes) ont été
vendus à l'encan, la semaine dernière, pour 10'000 dollars
(environ 110'000 FF). L'acquéreur est un avocat de Los Angeles,
Steven Hayes. Il est désormais le seul détenteur de CAN.
Cela tombe bien: M. Hayes est un scientologiste ...
Pendant plus
de vingt ans, Cult Awareness Network a livré un combat exemplaire
pour s'opposer à l'influence des cultes et sectes, à commencer
par la puissante Eglise de Scientologie. A partir de 1991, rapportent
le Washington Post et le Chicago Tribune, une lutte sans merci s'est
engagée. De leurs bureaux de Chicago, les volontaires de CAN
conseillaient les parents dont un enfant avait été embrigadé
dans une secte et mettaient leurs archives à la disposition de
la presse, de la police et des membres du Congrès. Cette mine
de connais- sances, fruit de deux décennies de recherches sur les
doctrines et les activités de quelque 1'200 sectes et groupes
pseudo-religieux, vient d'être dispersée, ruinée.
Les scientologistes
ont utilisé l'arme de l'asphyxie financière pour venir
à bout de CAN, en déposant d'innom- brables plaintes. L'association
a réussi à repousser la plupart des offensives, mais celles-ci
ont ponctionné son budget. CAN a voulu contre-attaquer en 1994,
poursuivant l'Eglise de Scientologie pour «harcèlement
malveillant». Ce fut son chant du cygne.
Une suite de
déconvenues devant les tribunaux a entraîné la nomination
d'un administrateur judiciaire, lequel a estimé de son devoir
de vendre CAN au plus offrant. Certains diront que le «réseau
de surveillance des sectes» porte une part de responsabilitét
dans sa propre mort. Car CAN proposait aussi aux parents les références
de «déprogrammeurs», ces spécialistes qui
se font forts de mettre fin à la dépendance psychique
unissant un adolescent à une secte, quitte, pour certains d'entre
eux, à verser dans les excès qu'ils dénoncent.
Jason Scott,
ancien adepte de la Life Tabernacle Church, a affirmé avoir été
séquestré pendant cinq jours et soumis à un véritable
lavage de cerveau par des «déprogrammeurs» conseillés
à sa mère par CAN. Son avo- cat, Kendrick Moxon, qui est
un compagnon de route de l'Eglise de Scientologie, a réussi à
convaincre le tribunal que CAN «persécutait» les
scientologistes, au nom d'une «croisade anti-religieuse»,
du type de celle menée en d'autres temps contre les mormons,
les juifs, les méthodistes ou les baptistes.
Condamnée
à payer 1,8 million de dollars (environ 10 million de FF) lors
du jugement prononcé en faveur de Jason Scott, CAN a dû
invoquer la protection de la loi sur les faillites.
L'Eglise de Scientologie
se défend d'avoir joué un rôle dans le garrottage
de CAN. Reste qu'avec le rachat de CAN par l'avocat : Steven Hayes,
les scientologistes seront désormais propriétaires des
archives de leur plus farouche ennemi. «C'est un peu comme si
le KGB rachetait les archives de la ClA», commente dans le Washington
Post un ancien adepte de la secte qui désormais la combat.
Cet article a été attaqué par la
scientologie qui a porté plainte pour "diffamation. Elle a perdu toutes les
étapes de ce procès (1991 à 2001). Le
dernier épisode s'est passé devant la Cour
Suprême de Californie
Les apparences montraient que Noah Lottick de Kingtson,
Pennsylvanie, avait été un garçon normal de 24 ans, heureux de vivre et
cherchant sa place au soleil. Le dernier jour de Juin dernier, ses parents
étaient effondrés d'un chagrin quasiment catatonique en venant chercher le corps
de leur fils à New York. Ce jeune universitaire engagé dans des études de russe
avait sauté par la fenètre du 10e étage de l'Hotel Milford Plaza; il avait
rebondi sur le toit de tissus d'une limousine.
Lorsque la police arriva, ses doigts se recroquevillaient sur 171 dollars, le
seul argent qu'il n'ait pas encore donné à l' église de Scientologie, ce groupe
philosophique destiné à "s'aider soi-même" qu'il avait rencontré quelques sept
mois auparavant. Sa mort a poussé son père Edward, médecin, à entamer ses
propres enquètes sur l'église. "Nous pensions que la scientologie était une
genre d' Institut Carnegie" a-t'il dit "mais je crois désormais qu'il s'agit
d'une école pour psychopathes". Leurs prétendues thérapies sont des
manipulations. Ils prennent les meilleurs et les plus brillants, puis les
détruisent." Les Lottick veulent porter plainte contre l'église qui a contribué
à la mort de leur fils, mais cette idée les a effrayés.
Depuis près de quarante ans, la grosse affaire scientologue se fait un
bouclier du Premier Amendement (*) et se cache derrière une
batterie d 'avocats criminalistes excessivement bien payés ou de détectives
fuyants. (* le Premier amendement de la constitution américaine garantit la
liberté de religion et la non-interférence du gouvernement dans les religions).
L' Eglise de Scientologie est l'oeuvre de l'écrivain de science-fiction L. Ron
Hubbard; elle a pour but de "mettre au clair" les gens - leur ôter leurs
malheurs - et se définit elle-même comme une religion.
L'église est en fait un énorme racket extrèmement
profitable qui survit en intimidant ses adeptes et ses critiques d'après un
modèle assez maffieux. Il y eût quelques époques au cours de la dernière décade
au cours desquelles les poursuites engagées contre la scientologie semblaient en
faire reculer la menace. Onze scientologues du haut de la pyramide, dont la
femme de Hubbard, furent expédiés en prison au début des années 80 pour
cambriolage, infiltration et écoutes téléphoniques de plus de cent agences
privées ou gouvernementales, afin d' interrompre leurs enquètes sur la secte. Au
cours des dernières années, des centaines d' anciens adhérents à la scientologie
ont quitté l'église et l'ont critiquée; certains ont porté plainte pour
violences physiques ou mentales. Certains ont gagné leurs procès; d'autres ont
accepté des compromis pour des montants supérieurs à 500 000 dollars. Dans
divers cas, les juges ont estimé l'église "paranoïde et schizophrène", ou encore
"corrompue, sinistre et dangereuse". L'outrage et les poursuites n'ont cependant
pas réussi à écraser la scientologie.
Ce groupe, qui prétend avoir 700 centres dans 65 pays, menace plus que jamais
insideusement et hypocri- tement. La Scientologie tente de prendre le courant, une
stratégie qui a mis le feu à une nouvelle campagne de poursuites contre elle,
visant à lui faire respecter la loi. De nombreux adeptes ont été accusés de
com- mettre des escroqueries financières, alors que l'église continue d'attirer de
nouvelles proies grâce à un vaste front de groupes (sociétés, publicité, soins
ou éducation). A Hollywood, la scientologie a amassé une bonne liste d' adeptes,
les stars étalons, par un recrutement agressif qui les envoie se faire
chouchouter dans les "Centres de Célébrités" de l'église, une sorte de chaîne de
clubs offrant un entraînement et des conseils coûteux, auxquels s'ajoutent des
conseils de carrière.
Parmi ces adeptes on trouve des
idoles de l'écran comme
John Travolta, Tom Cruise, les actrices Kristie Alley, Mimi Rogers et Anne
Archer, le Maire de Palm Springs et l'acteur Sonny Bono, le jazzman Chick Corea
et même Nancy Cartwright ou la célèbre voix de dessins animés Bart Simpson. Les
membres ordinaires n'ont néanmoins pas droit à une scientologie aussi
reluisante. Le Réseau de Prise de Conscience des Sectes (C.A.N.) dont les 23
divisions dénoncent quelques 200 sectes de "contrôle mental" affirme qu' aucune
autre secte ne provoque autant d'appels à l'aide que la scientologie. Cynthia
Kisser, directrice du réseau dont le QG est à Chicago, dit ceci: "La
Scientologie est sans nul doute le plus brutal, le plus classiquement
terroriste, le plus lucratif et le plus procédurier de tous les groupes
sectaires qu'ait jamais vu ce pays. Aucune secte ne tire plus d'argent à ses
membres." Vicky Aznaran, l'un des six personnages clé de la scientologie jusqu'à
ce qu' elle en file en 1987, ajoute: "C'est une organisation criminelle, d'un
bout de l'année à l'autre; des tueurs en série comme Jim et Tammy Bakker font
figure de gamins de maternelle, par comparaison."
Pour comprendre l'étendue du phénomène, TIME a mené plus de 150 interviews et
lu des centaines de pages d'attendus de jugements et de documents internes de la
secte. Les officiels de l'église ont refusé de répondre. L'enquète profile
l'image d'un business dépravé mais cupide. La plupart des sectes ont échoué à
passer le cap de la mort de leur fondateur, mais la scientologie a réussi à
prospérer depuis la disparition d' Hubbard en 1986.
Dans les pièces jointes à un dossier de justice, l'une
des multiples entités légales de la secte (le RTC, ou Centre de Technologie
Religieuse) indiquait 503 millions de dollars de revenus pour 1987. Les repentis
de très haut niveau signalent que l'organisation apparentée aurait détourné
environ 400 millions de dollars dans des comptes en banque du Liechtenstein, de
Suisse ou de Chypre. La Scientologie dispose probablement d'envi- ron 50 000
membres actifs, bien moins que les 8 millions qu'elle prétend; leur chiffre
gonflé sonne pourtant vrai, car on peut estimer que des millions de gens ont été
influencés d'une façon ou d'une autre par ses activités. La Scientologie est
sous la coupe de David Miscavige, 31 ans, éjecté du lycée, et scientologue de
seconde génération. Les repentis le décrivent sournois, brutal, et si
paranoïaque qu'il garde toujours un plastique tendu sur ses verres d'eau. Son
obsession est de parvenir à rendre la scientologie crédible avant l'an 2000.
Quelques tactiques utilisées par le groupe: - Se servir de la puissante
société Hill et Knowlton pour tâcher de faire oublier l'image globale de groupe
marginal. - Joindre des noms aussi prestigieux que Pepsi et Sony comme sponsors
du jeu "Bonne Volonté" de Ted Turner. - Acheter de grandes
quantités de ses propres livres dans les librairies pour faire passer ses
ouvrages dans les listes de best-sellers. - Faire passer de pleines pages
d'annonces publicitaires dans des revues comme Newsweek et Business Week, en
nommant la scien- tologie une "philosophie", acheter des quantités de passages TV
ou dans les journaux pour vendre une plé- thore de livres de la secte. - Recruter
des professionnels riches et respectables au moyen de pages de consultation sur
le WEB (Internet) - pages silencieuses quant à leur filiation scientologique
...
Le fondateur de cette entreprise était en partie conteur, en partie escroc.
Né en 1911 dans le Nebraska, Hubbard a servi durant la
deuxième guerre mondiale; il s'est très vite plaint ensuite de ses "tendances
suicidaires" et de son "mental sérieusement perturbé" auprès de l'administration
des anciens combattants. Il n'avait qu' un relatif succès comme écrivain de
science-fiction bas de gamme. Des années après, l'église le décrivait en "héros
de la Seconde Guerre Mondiale, très décoré, qui en serait sorti invalide et
aveugle, ayant été deux fois déclaré mort... et miraculeusement soigné grâce
à ... la Scien- tologie ! Le diplôme de Doctorat de "l'Université des Séquoias" était
un faux commandé par courrier. En 1984, lors d'un procès de la scientologie
contre l'écrivain d'une biographie (d' Hubbard), un juge californien a jugé
Hubbard "menteur pathologique". Hubbard a écrit un "texte sacré" de scientologie
en 1950: Dianétique, la science moderne de la santé mentale (renommé Dianétique,
la Puissance de la Pensée sur le Corps, ndt). Il introduisait alors une
technique psychothérapeutique brute qu'il appella "l'auditing" (aussi appelée
audition en français). Il créa par ailleurs un détecteur de mensonge simplifié
(l'électromètre ou E-meter) destiné à mesurer les changements électriques de
résistance de la peau pendant la discussion de détails intimes du passé avec le
patient.
Hubbard disait que les misères proviennent des
aberrations mentales enregistrées dans le passé, des sortes de traumatismes
(qu'il nomme engrammes). Les séances de conseils avec l' E-meter (électromètre),
disait-il, pouvaient faire sauter les engrammes, soigner la cécité, et même
améliorer l'intellignece et la beauté. Hubbard n'a cessé d'ajouter des étapes de
plus en plus coûteuses que ses adeptes devaient emprunter.
En 1960, le gourou
décréta que les humains sont en réalité constitués de "conglomérats d'esprits"
(qu'il appelle des thétans) qui auraient été exilés sur terre par un empereur
cruel de la galaxie nommé Xenu. Bien entendu, il fallait aussi auditer ces
thétans (supplémentaires!). Une décision interne de l' IRS (Internal Revenue
Service, le fisc américain) a privé l'église de son exemption d' impôts. Une
cours fédérale a décrété en 1971 que les prétentions médicales d' Hubbard
n'étaient que fichaises et que l'audition avec électromètre ne pouvait mériter
l'appellation de traîtement scientifique.
Hubbard a réagi en fabriquant du tout-religieux, tentant
d'obtenir la protection du Premier Amendement pour les rites étranges de la
scientologie. Ses "conseillers" ont commencé à porter des habits cléricaux; on a
construit des "chapelles", les Franchises [accordées par la secte contre espèces
et pourcentages] sont devenues des "Missions", les honoraires des "Donations
fixées", et la comique cosmologie hubbardienne écrite fut rebaptisée "écrits
sacrés". Au début des années 1970, l' IRS a mené ses propres séances d'audit des
comptes et prouvé qu' Hubbard écumait des millions de dollars provenant de
l'église, et les envoyait par diverses sociétés bidon à Panama ou dans des
comptes en Suisse. Les scientologues ont en outre volé des documents à l' IRS,
expédié de fausses déclarations au fisc et harcelé les fonctionnaires du centre
des impôts.
Fin 1985, des repentis de haute volée ont accusé Hubbard d'avoir volé plus de 200 millions de dollars à l'église: l' IRS a
cherché à poursuivre Hubbard pour fraude fiscale. Les membres de la secte ont
travaillé jour et nuit pour mettre en lambeaux les documents que cherchait l'
IRS, comme l'a dénoncé le repenti Aznaran qui faisait alors partie de
l'opération. Hubbard, qui se cachait depuis 5 ans, est mort avant que la
poursuite criminelle ait pu être éxécutée. Désormais, l'église invente de
nouveaux services coûteux; elle y met le même zèle que son fondateur. La
doctrine scientologique prône le fait qu'il y a de graves risques, même pour une
personne devenue "claire et libérée de ses engrammes" de ne pas aller sur les
niveaux supérieurs encore plus chers.
D'après la dernière
tarification de l'église, les "recrues"
(Hubbard les appelle des "viandes crues") prennent des séances pouvant atteindre
1000 dollars de l'heure, soit 12'500 $ pour une "intensive" de 12h30 (soit en
francs de l'époque, 6000 F de l'heure). Les psychiâtres disent que ces séances
peuvent provoquer une euphorie contrôlant le mental, qui poussera les gens à en
demander davantage. Pour payer ces honoraires, les arrivants peuvent gagner des
"commissions" en recrutant de nouveaux membres, en devenant eux-mêmes auditeurs
(Miscavige l'est devenu à douze ans) ou en rejoignant le staff (le personnel) de
l'église, ce qui permet de recevoir de l'audition "gratuite"... en échange de
contrats d'un milliard d'années de labeur ! "Assurez-vous que des quantités de
corps entrent dans la boutique", implorait Hubbard dans un de ses bulletins au
staff. "Faites de l'argent, faites davantage d'argent... peu importe comment
vous les amenez, ou pourquoi ils viennent, faites-le, tout simplement."
Harriet Baker a appris à la dure les manières de vendre la religion
scientologue. Lorsqu'elle perdit son mari d'un cancer, à 73 ans, un scientologue
s'amena chez elle à Los Angeles pour lui fourguer un "paquet" à 1'300 dollars
"pour la guérir de son chagrin". Quelques 15'000 dollars plus tard, les
scientologues découvrirent que la maison n'était pas hypothéquée. Ils
arrangèrent un prèt sur hypothèques de 45'000 dollars, qu'ils la forcèrent à leur
donner pour acheter davantage d' audition; ça dura jusqu'au moment où les
enfants de Madame Baker la firent ressurgir de son brouillard. Fin Juin, elle a
exigé le remboursement de 27'000 dollars de services non reçus: deux
scientologues armés d'un électromètre sont aussitôt arrivés sans rendez-vous
chez elle pour l'interroger. Mme Baker n'a jamais récupéré son argent et a dû
vendre sa maison en Septembre.
Avant que Noah Lottick ne se donne la mort, il avait versé plus de 5'000
dollars pour acheter des services à l'église. Son comportement devenait bizarre.
Il a dit une fois à ses parents que les scientologues pouvaient lire dans la
tête des autres. Lorsque son père souffrit d'un gros infarctus, il insista sur
le fait que c'était psychosomatique. Cinq jours avant de sauter dans le vide,
Noah fit irruption chez ses parents en leur demandant pour quoi "ils répandaient
des rumeurs mensongères sur son compte" - une illusion qui poussa son père à
appeler un psychiâtre. C'était déjà trop tard. Sur un bouquet de fleurs offert à
ses funérailles, on pouvait lire "De la part des amis de Noah en Dianétique";
mais aucun des membres de la secte n'a pointé le nez. Une semaine plus tard, les
officiels du centre déroulaient le tapis rouge de leur centre aux parents de
Noah.
Un des patrons de l'affaire leur a dit que Noah était
encore au centre quelques heures avant sa mort, mais cette version a été niée
après l'identification du corps. Pire à dire, la secte a même lésiné à rendre
aux parents les 3'000 $ que Noah avait encore sur son compte dans l'affaire: ils
insistaient sur le fait qu'il "s'agissait d'une donation" de leur fils. L'église
a inventé des centaines de services et de marchandises pour lesquelles elle
exige des "donations". Avez-vous quelque difficulté à avancer sur leur "Pont",
c'est à dire, sur leur échelle d'illumination? Alors, on peut "revoir" votre cas
pour un petit 1'250 $. Voulez-vous savoir pourquoi les "thétans" sont coincés
dans l'univers phyisque? Essayez donc les 52 cassettes du "Philadelphia
Docto- rate's Course"enregistrées en 1952, pour 5'225 $ (environ 30'000.- FF, soit 600.-
FF la conférence, ndt). Vous avez aussi, pour les collectionneurs, la série de 22
livres reliés cuir portant sur des sujets allant des radiations à l'éthique
scientologue, pour seulement 10'000 FF.
Afin de leurrer des adeptes plus riches et sophistiqués, la scientologie fait
appel à une vaste série d'escro- queries financières et de groupes de façade,
parmi lesquels on trouvera:- Les CONSEILS: Sterling Mana-
gement System, formé en 1983, a récemment été
citée comme une des entreprises ayant un des plus forts taux de croissance
(revenus estimatifs en 88 : 20 millions de dollars) Sterling expédie
régulièrement à ses abonnés (triés parmi les professions médicales,
essentiellement dentistes) une lettre gratuite leur promettant d' importantes
augmentations de leurs rentrées. La société offre des séminaires et des cours
qui coûtent généralement dans les 10'000 dollars. Le but véritable et caché de
Sterling, c'est d' attirer cette clientèle en scientologie. "L' église ayant un
produit pourri, dit Peter Georgiades, avocat qui représente les victimes de
Sterling. "Sterling appâte puis redistribue ailleurs".
Le fondateur de Sterling, Gregory Hugues, fait maintenant l'objet d'une
enquète de la part du Conseil des Dentistes Californiens pour incompétence. Neuf
poursuites sont en cours pour incurie professionnelle (7 autres ont été réglées
à l'amiable), elles concernent surtout des travaux d'orthodontie effectués sur
des enfants. De nombreux dentistes ont été attirés dans la secte contre leur
gré, et ont porté plainte ou menacent de le faire. Le dentiste Robert Geary de
Medina (Ohio), qui a acheté un séminaire à Sterling en 1988 a subi "les
tactiques de pressions les plus extrèmes qu'il ait jamais rencontré". Les
officiels de Sterling ont dit à Geary qu'ils n'avaient aucun rapport avec la
scientologie, dit'il, mais Geary affirme qu'ils l'ont convaincu, lui et sa femme
Dorothée, que leurs problèmes nécessitaient l'audition. En cinq mois, Geary a
dépensé 130'000 $ pour des services, plus 50'000 pour des "livres reliés à l'or,
ayant valeur de placement", autographés d'Hubbard.
Geary dit que non seulement les scientologues ont appelé sa banque pour
augmenter le crédit de sa carte bancaire, mais qu'ils ont de surcroît imité sa
signature pour faire un retrait de 20'000 $. "C'était dingue, se souvient-il; "Je
ne pouvais même pas obtenir une quelconque preuve de leur part sur ce que je
payais !". A une période, Geary dit que les scientologues ont gardé sa femme en
otage dans une cabane de montagne, après une hospitalisation suite à une crise
nerveuse.
En Octobre dernier, Sterling annonçait une mauvaise
nouvelle à un autre dentiste, M. Gower Rowe de Gasden, Alaska, et à sa femme
Dee. Les tests montraient que s'ils n'achetaient pas d'audition, leur cabinet
pérécliterait, et Dee violerait un jour leurs enfants. Le mois suivant, les Dee
s'envolèrent pour Glendale, en Californie, où ils faisaient l'aller-retour entre
leur hotel et le centre de Dianétique. "Nous avions l'impression de gens
brillants, tellement ils semblaient savoir de choses sur notre compte, se
souvient Dee; "puis nous avons alors remarqué que notre chambre était sur
micro"... Ayant filé du centre mais délestés de 23'000 dollars, les Rowes ont dit
qu'ils avaient été pourchassés par des scientologues à pied et en voiture. Les
dentistes ne sont pas seuls à risquer: la scientologie s'attaque aussi aux
pédiatres, aux chiropracteurs et aux vétérinaires.
Un front sciento, la "fondation de la Voie du Bonheur" a distribué 3,5
millions d'exemplaires d'une brochure d'Hubbard sur la morale, à des millliers
de groupes d'enfants dans des dizaines de pays. L'église appelle ça le "plus
grand projet de dissémination de l'histoire scientologue". Applied Scholastics
(en France : GAME, cad. groupement d'amélioration des méthodes d'enseignement):
c'est le nom porté par un autre front qui cherche à faire adopter un programme
pédagogique dans les écoles publiques, surtout lorsqu'il s'agit d'écoles
peuplées par les minorités. Ce groupe projette ausi un campus de 400 hectares ou
il entraînerait des éducateurs aux diverses méthodes hubbardiennes. Un autre
groupe dont l'appelation ne doit rien au hasard se nomme "Comité des Citoyens
pour les Droits de l'Homme": il a surtout pour but de faire la guerre aux
psychiâtres, qui sont les principaux concurrents de la secte [selon elle
!
ndt].
Le Comité cherche surtout à faire des rapports pour
discréditer la psychiatrie et le domaine de la santé mentale en général. Il est
en guerre ouverte avec les Laboratoires Lilly, les créateurs du Prozac, ce
médi- cament qui domine les best-sellers parmi les anti-dépresseurs. En dépit des
preuves concrètes, les membres de ce groupe, qui se sont nommés "destructeurs de
la psy", prétendent que le Prozac entraîne le suicide ou le crime. Grâce à des
mailings importants, à des interventions dans des débats et à un sit-in continu
[harcè- lement des élus, ndt], les gens du CCDH ont réussi à enflammer quantités
de poursuites contre Lilly. Un autre groupe lié à la sciento est "l'association
des hommes d'affaires américains Inquiets". Il organise des rassemblements
anti-drogues et donne des récompenses de 5'000 $ aux écoles comme méthode pour y
recruter des étudiants et y acquérir les faveurs de l'enseignement.
En Virgine, en 1987, le sénateur John D. Rockfeller IV a
par mégarde recommandé cette association au Sénat. En Août dernier, l'auteur
Alex Haley donnait le ton des conférences successives lors du banquet annuel de
ce groupe à Los Angeles; comme il l'a dit ensuite:"Je ne savais pas grand chose
de ce groupe: je suis Méthodiste de religion." L'ignorance sur la scientologie
peut devenir embarrassante: il y a deux mois, le gouverneur de l'Illinois Jim
Edgar a fait la remarque que "le fondateur de la scientologie ayant résolu le
problème de l'aberration humaine, le 13 Mars serait décrété "Jour de L. Ron
Hubbard". Il s'en est excusé peu après, quand il a appris qui était Hubbard.
"HealthMed" est une chaîne de cliniques qu'un scientologue dirige; elle
promeut un usage excessif et éreintant de sauna, de vitamines et d'exercices,
fabriqué par Hubbard pour "purifier le corps". Les experts dénoncent ce régime
comme vulgaire tricherie; il est potentiellement dangereux, mais cela n'empèche
pas HealthMed de solliciter les Comités d'entreprises ou les services publics
pour trouver de la clientèle. La chaîne est très liée par un ouvrage nouveau
"Régime pour une planète empoisonnée", du journaliste David Steinman, qui
conclut que quantité d' aliments sont dangereux (par exemple, les cacahuètes, le
poisson, les pèches et certains fromages). Le Professeur de Chirurgie C. Everett
Coop a qualifié l'oeuvre de "poubelle" et la FDA (Administration des Aliments et
Drogues, ndt) a publié une note expliquant que Steinmann avait triché sur ce que
la FDA avait écrit. "HealthMed est une passerelle vers la scientologie, et le
livre de Steinman un mécanisme d'appel", a dit le Docteur William Jarvis,
président du Conseil National contre les Fraudes Médicales". Steinmann, qui
décrit Hubbard comme un "chercheur", nie tout lien avec l'église et prétend que
"HealthMed n'a aucune affiliation avec l'église".
Le programme de Purification d'Hubbard constitue l'ossature
de Narconon, une chaîne scientologue de 33 centres de réhabilitation présents
dans 12 pays - certains sont logés dans des prisons sous le titre "CRIMANON".
Narconon, véhicule classique destiné à attirer les toxicomanes en scientologie,
compte désormais ouvrir le plus grand centre de trâitement des drogués au monde,
un bâtiment de 1400 lits situé dans la réserve indienne proche de Newkirk,
Oklahoma (2400 hab. - Lors d'une cérémonie en 1989, le leader de "l'association
pour une Vie et une Education Meilleures" a présenté à Narconon un chèque de 200
000 dollars et une plaquette vantant le travail fait. Il s'est trouvé que cette
deuxième association est aussi satellite scientologue. La ville se bat de nos
jours pour rejeter la secte, qui a son tour utilise ses tactiques habituelles
d'enquètes par des détectives privés sur le compte du Maire et du journaliste
local.
Trois scientologues de Floride, dont Ronald Bernstein, gros contributeur à la
guerre internationale au coude à coude menée par l'église plaidaient coupables
en Mars pour s'être servi de leur société numismatique pour blanchir de
l'argent. D'autres activités notoires de l'église comprennent: rendre le sombre
"stock exchange" de Vancouver encore plus sombre (voir encart) [encart non
fourni ici, ndt] ; concocter la mise en place d' espions au sein de la Banque
Mondiale, du Fond International Monétaire et de la Banque Import - Export des
USA. Le but était le suivant: obtenir l'information interne sur les pays qui
allaient être privés de crédits afin que les commerciaux liés à la scientologie
puissent faire des profits illégaux en prenant des positions "à court " sur les
monnaies de ces pays. Dans le Marché des actions, la pratique "à court" implique
l'emprunt sur des actions cotées en bourse, dans l'espoir que le prix descende
avant que les stocks ne soient remis sur le marché et rendus au prèteur.
Les Frères Feschbach -( Kurt, Joseph et Matthew,) de Palo-Alto, Californie,
sont devenus les meilleurs vendeurs "à court" des USA, ayant plus de 500
millions de dollars en activité; ils ont 60 exmployés et disent avoir obtenu une
rentabilité supérieure au Dow Jones pendant l'essentiel des années 80. Et,
disent-ils, ils le doivent aux enseignements de la scientologie, dont le fonds
"guerre au coude à coude" a reçu 1 million de dollars de leur part. Les
Feschbach embrassent de plus les tactiques de l'église; ils sont le terreur des
stocks exchanges.
Lors des interrogations au Congrès en 1989, les patrons de plusieurs sociétés
ont dit que les opérateurs des Feschbach avaient répandu de fausses informations
auprès de diverses agences gouvernementales et sous divers déguisements -- par
exemple, faire comme s'ils faisaient partie de la Commission Officielle des
Garanties et Echanges -- afin de discréditer les sociétés et faire baisser le
prix du stock. Michael Russell, qui dirigeait une chaîne de journaux d'affaires,
a témoigné que les Feschbach appelaient ses banquiers et intervenaient dans ses
prèts bancaires. Les Feschbach ont aussi envoyé des détectives à la recherche de
crasses sur les sociétés, crasses qu'ils donnaient ensuite en pâture aux
reporters d'affaires, aux Brokers et aux dirigeants de société de Capitaux
(Funds).
Les Feschbach, qui arborent des vestes portant le solgan " Démolisseurs de
Bourse" insistent sur le fait que leur affaire est nette. Il se trouve pourtant
que dans les preuves possibles d'espionnage du commerce d'actions, des officiels
au niveau fédéral sont en train d'enquèter pour savoir si les Feschbach ont reçu
des informations confidentielles d'employés de la FDA (Administration des
Aliments et Médicaments). Les frères semblent s'être alignés sur la manie
scientologue de s'en prendre à la psychiatrie et à la médecine: nombre de leurs
cibles sont des sociétés bio-technologiques ou du domaine de la santé. "Si la
vente légitime au "court" accomplit un service utile en diminuant des stocks
excessifs, " dit Robert Flaherty, éditeur du Magazine Equités, qui critique les
frères, "les Feschbach ont toutefois brisé de bonnes mises en train (d'affaires
par leur méthode)".
De temps à autre, les singeries en affaires envoient un
scientologue derrière les barreaux. En Août dernier, un ex-adepte dénommé Steven
Fishman a entamé ses cinq années de prison en Floride. Son crime: Voler à son
employeur (gros courtier) des confirmations en blanc pour des stocks, dont il se
servait ensuite comme preuve qu'il posédait les stocks afin de pouvoir engager
ensuite des poursuites groupées . Fishman a fait environ 1 million de dollars
entre 83 et 88 et en a dépensé plus de 30 % en livres et cassettes
scientologues. La Scientologie nie toute participation à l'escroquerie de
Fishman, prétention tout à fait contestée par Fishman et par Uwe Geertz, son
psychiatre depuis fort longtemps, hypnologue renommé en Floride. Tous deux
disent que lorsqu'il a été arrèté, l'église a ordonné à Fishman de tuer son
psychiâtre, puis de se suicider (ce que la secte nomme dans son jargon faire un
"EOC", qui signifie une Fin de Cycle).
La malfaisance de la scientologie a également envahi
l'édition. Depuis 1985, au moins une demi-douzaine de livres d' Hubbard sont
parvenus sur la liste des best-sellers. Cela va de la '''décologie" de 5000
pages de science-fiction dont voici quelques titres "Genèse Noire, L'Ennemi
Intérieur, Une Affaire Etrangère" à son vieux livre d' il y a 40 ans, La
Dianétique. En 1988, la publication commerciale Editeurs HEBDO (Publishers
Weekly) a remis à son auteur décédé la plaque commémorative pour l'apparition de
la Dianétique dans les liste des Best-sellers 100 semaines d'affilée. Les
critiques qualifient d'illisibles la plupart des oeuvres d'Hubbard, et certains
repentis disent que ce sont des gens de l'église qui les ont écrit. Même si
c'est le cas, l'église a envoyé des armées d'adeptes acheter les livres du
groupe chez des distributeurs tels que D. Walton et Waldenbooks, afin de
soutenir l'illusion des ventes 'best-seller' de leur auteur préféré. Un ancien
dirigeant chez Dalton's a dit que certains livres arrivaient chez lui avec les
anciennes étiquettes de la chaîne pas décollées. La Scientologie prétend qu'elle
a vendu 90 millions d'ouvrages d'Hubbard de par le monde. Ce schéma qui consiste
à élaborer des chiffres pour les convertir en crédibilité est attisé par une
campagne sans précédent dans les magazines et radios, dans l'histoire de
l'édition.
La scientologie utilise d'énormes ressources pour écraser
ses critiques. Depuis 1986, Hubbard et son église ont fait l'objet de quatre
livres inamicaux, tous publiés par de petits éditeurs courageux. Dans chaque
cas, les auteurs ont été méchamment poursuivis en justice et apostrophés. L'un
des règlements d'Hubbard fait que tous ceux qui sont perçus comme "ennemis" sont
"gibier de potence" et font l'objet de "tromperies, poursuites légales,
mensonges et destruction". Ceux qui critiquent l'église, qu'ils soient
journalistes, docteurs, avocats et même juges, se trouvent rapidement enlisés
dans les procès sans fin, espionnés par des détectives, accusés de crimes qu'on
leur fabrique, frappés ou menacés de mort.
La psychologue Margaret Singer, critique hors pair de la scientologie et
Professeur à l'Université de Berkeley, Californie, voyage désormais sous un nom
d'emprunt afin d'éviter le harcèlement. Après que le Time de Los Angeles ait
publié une série d'articles critiques de l'église l'été passé, les scientologues
ont dépensé environ 1 million de dollars à placarder les noms des journalistes
sur des centaines de panneaux d'affichage et de bus partout en ville. Au-dessus
de leurs noms, on trouvait des citations hors de contexte qui pouvaient faire
penser que les articles étaient positifs pour l'église. La pire des craintes qu'
inspire l'église vient de ses avocats. Hubbard a prévenu ses adeptes:
"Méfiez-vous des avocats qui vous disent de ne pas porter plainte... le but du
procès est de harceler et de décourager plutôt que gagner..." Résultats: la
scientologie a fait des centaines de procès contre ceux qu'elle croit ennemis,
et paie de nos jours dans les 20 millions de dollars annuels à une bonne
centaine d'avocats. L'un des buts pour l'affaire légale, c'est d'enterrer
l'opposition sous les paperasses ou de la mettre en faillite.
L'église a 71 dossiers de justice en cours, rien que contre l'IRS. L'un
d'eux, (Miscavige contre IRS), a forcé à établir un index pour les 52'000 pages
de documents.
L'avocat Bostonien Michael Flynn, qui s'est occupé de
victimes de la scientologie de 79 à 87, a dû subir personnellement 14 procès
frivoles (sans fondement), tous abandonnés ensuite. Un autre avocat, Joseph
Yanny, croit que " l'église a tellement perverti la justice et le système
judiciaire qu'on devrait l'empècher de chercher quelque justice que ce soit
devant les tribunaux. "Il devrait le savoir: il a représenté la secte jusqu'en
1987 , quand on lui a demandé d'aider l'église à voler des dossier médicaux de
la partie ennemie et de faire chanter l'avocat de l'opposition (qui aurait été
rossé, en définitive). Puisque Yanny a cessé de représenter l'église, il a servi
de cible à des menaces de mort, des cambriolages, des poursuites au tribunal et
autres harcèlements.
Les critiques de la scientologie soutiennent que le gouvernement doit tomber
sur le dos de l'affaire de façon globale et organisée. "Je me demande vraiment
où est le gouvernement", dit Toby Plevin, un avocat de Los Angeles qui manie les
victimes."On ne devrait pas laisser cette affaire à des avocats privés; car Dieu
sait combien d'entre nous craignent de s'engager " Mais même les agents chargés
de faire respecter la loi sont précautionneux; ils marchent sur des oeufs dès
qu'il s'agit d'affaires de l'église.", dit un détective privé de Floride qui
traque la secte depuis 1988. "Il faudra un effort fédéral véritable, et des
tonnes d'argent et de main d'oeuvre."
Jusque là, c'est l' IRS qui a donné le plus de fil à retordre
à la secte, qui croit que les successeurs d'Hubbard peuvent avoir conservé les
clés du coffre de l'église et se servir. Depuis 1988, lorsque la Cour Suprème a
tranché définitivement sur la révocation des statuts non-lucratifs accordés
antérieurement à l'église, un gros effort est entrepris sur les comptes de
chaque centre de l'église dans le pays. Un agent de l' IRS, Marc Owen, a estimé
que des milliers d'employés de l'IRS y étaient impliqués. Un autre, dans un
memorandum interne, espère vraiment "la désintégration finale" de l'église. Une
petite lueur d'espoir a brillé en Juin dernier, lorsque une cour d'appel a jugé
que deux cassettes contenant des conversations entre des officiels de l'église
et leurs avocats servait de preuve d'un plan destiné à "commettre des fraudes
fiscales dans le futur. L' IRS et le FBI ont interviewé des scientologues
repentis au cours des trois dernières années, en partie pour trouver les preuves
d'un cas de racket énorme apparu l'été dernier.
Les agents fédéraux se plaignent que le Département de la Justice ne veuille
pas accorder plus de crédits au soutien des opérations de guerre à couteaux
tirés contre la scientologie, ou pour en finir avec les jihads notoires de
l'église contre les agents, pris indiviuduellement. "Mon opinion est que
l'église dispose d'un service de renseignements excessivement efficace, qu'on
peut même comparer à celui du FBI", dit Ted Gunderson, un ancien dirigeant du
bureau du FBI à Los Angeles.
Les gouvernements étrangers ont frappé plus fort que
nous sur l'organisation. Au Canada, l' église et neuf de ses membres seront
jugés en juin pour vols de documents d'état, (dont bon nombre ont été retrouvés
lors du gigantesque raid de police contre les quartiers généraux de l'église à
Toronto). L'église a proposé de donner 1 million de dollars aux pauvres si on
abandonnait la poursuite, mais le Canada a repoussé l'offre. Depuis 1986, les
autorités françaises, espagnoles et italiennes ont effectué des raids dans plus
de 50 groupements scientologues. En cours, des procès à l'encontre de plus de
100 membres outre-atlantique, incluant des causes telles que : escroquerie,
extorsion, fuite, coercition, pratique illégale de la médecine et extorsion
envers des personnes diminuées mentalement. En Allemagne, le mois dernier, des
politiciens très en vue ont accusé la secte d'infiltrer un des partis importants
et de lancer un recrutement énorme dans les pays de l'est.
Parfois, même les plus fidèles zélotes ne peuvent
compter sur une vraie protection. John Travolta, la star, 37 ans, a servi de
porte-parole officieux à l'église, bien qu'il ait dit en 83 qu'il était opposé à
sa direction. Les renégats de haut niveau ont dévoilé qu' il avait longtemps
craint qu'en cas de départ, les détails de sa vie sexuelle ne soient rendus
publics. "Il a eu bien du mal à l'avouer, se souvient William Franks, ancien
directeur du Conseil de l'église. Aucune menace directe n'était faite, mais
c'était implicite. Si vous partez, ils commencent aussitôt à fouiller dans tout
ce qui est possible." Franks a été mis dehors en 1981, après avoir tenté de
réformer l'église. L'ancien patron de la sécurité de l'église, Richard Aznaran,
se souvient de l'actuel couronné, Miscavige, répétant aux staffs des blagues à
propos du comportement soi-disant promiscue de Travolta. A l'heure qu'il est,
toute menace de dénoncer Travolta semble inutile : en mai dernier, un acteur
porno male a obtenu 100'000 dollars pour un article racontant sa prétendue
liaison deux ans durant avec la star. Travolta refuse tout commentaire, et en
Décembre, son avocat a repoussé des questions à ce propos, disant qu'elles
étaient "bizarres". Deux semaines plus tard, Travolta annonçait son mariage avec
l'actrice Kelly Preston, une autre scientologue.
Peu après la mort d' Hubbard, l'église a eu recours aux soins d'une société
respectée dans le domaine du Conseil en Marketing, la Cie Trout and Ries, basée
dans le Connecticut, afin de redorer son blason auprès du public. "Nous avons
été brutalement honnètes," a dit Jack Trout, "en leur conseillant de nettoyer
leurs activités, d'en finir avec la controverse et même, d'arrêter d'être une
église. Ce n'est pas ce qu'ils voulaient entendre." Ils sont allés se servir
auprès d'une autre société, l'une des plus importantes du pays pour ses
annonces, Hill et Knowlton, dont les cadres refusent de discuter les questions
financières engagées. "Je suppose que Hill et Knowlton doivent croire que ces
gars ne sont pas tout à fait des martiens", dit Trout - "à moins que ce ne soit
que pour l'argent?" L'une des stratégies principales qu'use la scientologie
consiste à se prétendre 'persécutée' par d' intolérants anti-religieux. Elle est
assistée en cela par l'Union des Libertés Civiles américaine et par le Conseil
National des Eglises. Mais en fin de compte, il n'y a que l'argent qui compte en
scientologie. Tant que les opposants sont écrasés un jour ou l'autre, les
dirigeants et avocats de scientologie continuent à encaisser des millions de
dollars.
L'une des sources de fonds de notre église basée à Los Angeles gît à la
bourse auto-régulée de Vancouver, Colombie Britannique, souvent nommée capitale
mondiale des escrocs. Les échanges portent sur une liste de 2300 valeurs et
totalisent 4 milliards de dollars par an. Les journalistes locaux et les initiés
disent que l' essentiel va des liquidations totales aux pires escroqueries. Deux
scientologues y opèrent: Kenneth Gerbino et Michael Baybak, vétérans de la
scientologie depuis plus de 20 ans, à Beverley Hills, et donateurs importants
pour la secte. Gerbino, 45 ans, est conseiller financier, contrepartiste à la
bourse et publie une lettre financière nationale. Il s'est vanté en scientologie
de devoir sa réussite de preneur d'affaires à L. Ron Hubbard.
C' est peu dire, car si l'indice Dow Jones industriel a plus que doublé
depuis 1985, la rentabilité cumulée de la lettre de Gerbino n'a été que de 24 %
pendant la même période. Ca n'empèche pas les gains à court terme de Gerbino
d'être énormes. Une enquète d' Octobre a montré qu'il était le seul à avoir
engrangé des bénéfices au dernier trimestre 1990 - grâce aux valeurs sur l'or et
autres. Pour le premier trimestre de 1991, Gerbino était à sec. Baybak, 49 ans,
qui fait tourner une affaire de relations publiques n'employant que des
sciento- logues, n'a apparemment pas de problèmes de conscience à concocter des
reprises hostiles envers des sociétés qui l'avaient engagé pour faire leur pub.
Ni l'un ni l'autre n'ont accepté l'interview pour notre article, mais les deux
ont menacé de poursuites judiciaires. "Quand ces gars s'amènent, ils raflent les
sociétés, liquident le stock, vendent leurs participations, et il n'en reste
rien, " dit John Campbell, ancien avocat d'affaires qui fut directeur de la
société minière Athena jusqu'à ce que Baybak et Gerbino la raflent. Le schéma
est devenu familier. La paire a d'abord promu un placement à risque nommé
"Ressources Skylark" dont l'action cota près de 4 dollars en 87. L'affaire
s'effondre et l'action coûte dans les 2 cents. Ils ont trompetté que NETI
Technologies, une affaire de software, serait "le XEROX du 21e siècle"; en 1984,
l'affaire a atteint plus de 120 millions $ de valeur boursière, avec l'aide de
Baybak. La société a fait ensuite faillite et ses actions ne sont plus cotées
sur le marché de Vancouver.
Baybak apparaît en 1989 au sommet des "Placements à risque" de Wall Street,
disant qu'il avait 35 tonnes de timbres rares du Moyen-Orient - valeur 100
millions de dollars - et qu'il achetait la plus grande collection mondiale de
timbres Arabes (valeur 350 millions $). Steven C. Rockfeller Jr, de la famille
des pétroliers, et le champion de Hockey Denis Potvin ont pris des postes de
direction dans la société; mais tous deux les ont quittés lorsqu'ils se sont
aperçus que les timbres ne valaient pratiquement rien. "Ces timbres avaient été
fabriqués par des nations des déserts afin d'exploiter les philatélistes," a dit
Michael Laurence, éditeur de "Nouvelles des Timbres - Linn" le plus fort tirage
des journaux philatéliques américains. Après avoir atteint 6 $, l'action a
entamé sa descente habituelle, Baybak se débarrassant peu à peu de ses propres
actions. Elle vaut désormais 18 cents. Athena Gold, l'objet des attentions
actuelles de Baybak et Gerbino, a été fondé par l'entrepreneur William Jordan.
Il s'est adressé à un courtier de Vancouver pour l'aider à financer la société,
une affaire d'un millier d'hectares vers Reno. Le courtier a promis d'obtenir 3
millions de dollars et a fait entrer Gerbino et Baybak dans l'affaire. Jordan
n'a jamais touché la majorité des fonds, mais les membres de la secte ont fini
leur affaire avec un bon paquet d'actions et d'options bon marché. Ils ont
ensuite choisi des directeurs qu'ils connaissaient et entamé une série de
manoeuvres complexes pour empècher Jordan de voter ses propres droits aux voix
et l'extirper de la société. "J'ai été un flic honnète toute mon existence, et
j'ai vu toute sorte des pires criminels, et ça, c'est un bel exemple," a dit
Thomas Clark, porteur de parts d'Athena et vétéran de la police de Reno qui
cherchait à aider Jordan à récupérer la mine d'or. "Ils ont volé la propriété de
cet homme".
Avec Baybak à la tête d'Athena, les deux scientologues et leur staff
promeuvent l'affaire, pas toujours clairement. Une lettre adressée aux
actionnaires en même temps que le rapport 1990, prétend qu'une des plus grande
affaire minière américaine, Placer Dome, a engagé 25,5 millions de dollars pour
développer Athena. Voilà qui est tout à fait nouveau pour Placer Dome: "On n'a
pas même d'engagement préalable ... nous n'allons pas dépenser cet argent à moins
que l'enquète ne prouve l'intérêt d'une telle dépense," a dit Cole Mc Farland,
dirigeant chez Placer Dome.
Baybak représentait Western Resource Technologies, une affaire de pétrole
et essence, mais s'est fait remercier en Octobre. Steven Mc Guire,
président de Western Resource, disait en riant "C'est un mec des Relations
publiques qui a besoin d'un mec de Relations Publiques ...". Mais Mc Guire ne peut
pas rire vraiment librement : Baybak et d'autres scientologues, y compris le
fonds de L. Ron Hubbard, possèdent encore pas mal d'actions de sa société.
(La section qui suit ne se trouvait que dans l'édition internationale
de TIME Magazine)
Au Canada, la scientologie a recours à une équipe comprenant Clayton Ruby,
l'un des plus célèbres avocats de droit civil, afin de se défendre elle-même
ainsi que ses 9 membres qui vont faire face en Juin au jury à Toronto. Les
accusations: vol de documents concernant la scientologie au Ministère de la
Justice, à l'association Canadienne pour la Santé Mentale, à deux services de
police et à d'autres institutions. Le procès prit sa source en 1983 lors d'un
raid général conduit par surprise au QG de Toronto, par plus de cent policiers
venus en bus loués; quelques 2 millions de pages de documents furent saisis en
deux jours. Clayton Ruby, dont les manoeuvres juridiques ont retardé le procès
deux ans durant, tente maintenant de faire abandonner l'affaire sous prétexte de
"délai trop long"... Le Ministère Espagnol de la justice a refusé deux fois le
statut de religion à la Scientologie, mais cela n'a pas ralenti l'expansion de
l'église. En 1989, le Ministère de la Santé a publié un rapport qualifiant la
secte de "totalitaire" et de "charlatanerie pure et simple". L'année précédente,
les autorités avaient mené des raids dans 26 centres de l'église, avec comme
résultat l'inculpation de 11 scientologues pour falsification des comptes,
coercition et fuite de capitaux. "Le vrai Dieu de cette organisation est
l'argent", a dit le magistrat instructeur Jose Maria Vasquez Honrnbia, avant de
faire monter la hiérachie des juridictions à ce cas, car il était trop complexe
pour la sienne. Eugène Ingram s'est vanté d'avoir fait retirer l'affaire à
Honrnbia sous prétexte qu'il aurait communiqué des documets non autorisés à la
presse.
En France, il a fallu un mort pour pousser le gouvernement à agir: 16
scientologues ont été inculpés l'an passé pour escroquerie, complicité dans
l'exercice illégal de la médecine [et homicide involontaire, ndt] suite au
suicide d'un dessinateur industriel à Lyon. Les enquèteurs avaient découvert des
médicaments fournis illégalement par l'église. Parmi ceux qui sont poursuivis,
on trouve le Président des Opérations en France et le patron du Centre des
Célébrités, basé à Paris, ce centre s'occupant des membres célèbres.
Hors des Etats-Unis, c'est en Allemagne que la secte paraît être la plus
active.
L' Avocat Général de l'état de Bavière catalogue la secte comme
"nettement totalitaire" et "exclusivement intéressée à exploiter les clients qui
y pénètrent". En 1984, près de 100 policiers ont fait un raid sur l'église à
Munich. On dit qu'à cette époque, les inspecteurs du Fisc américain
collaboraient avec les officiels de Munich pour tenter de prouver que la secte
n'était qu'une affaire commerciale.
Plus récemment, les autorités de l'état de
Hambourg ont commencé à revoir les statuts " à taxation réduite" de l'église,
pendant que des membres du parlement tentent de poursuivre en section
criminelle.
Dans une autre genre, des consultants-conseils liés à l'église ont
infiltré de petites et moyennes entreprises un peu partout en Allemagne, ce qu'a
démontré l'hebdomadaire DER SPIEGEL; ces consultants, qui cachent bien sûr leurs
liens avec la scientologie, endoctrinent les employés en utilisant les méthodes
hubbardiennes. Une organisation anti-sectes allemande estime que la scientologie
dispose d'au moins 60 groupes de façade ou d'infiltration actuellement
opérationnels.
La politique allemande semble aussi attirer les zélotes
Hubbardiens. En Mars, les Démocrates Libres - des partenaires du Chancellier
Helmut Kohl au sein de la coalition majoritaire à Bonn - ont accusé la
scientologie de chercher à inflitrer leur branche d' Hambourg, pendant que le
parti principal d'opposition, les Démocrates Sociaux, exposaient à titre
d'avertissement les manoeuvres de la scientologie destinées à exploiter
l'ancienne Allemagne de l'Est communiste.
Même des officiels au niveau fédéral
servent à l'église : Le Cabinet du Ministre des Affaires Etrangères Hans Dieter
Genscher a involontairement endossé le message scientologue suivant : "En effet,
le monde serait plus beau si les principes formulés dans cette brochure
rencontraient davantage d'écho, afin qu'une vie caractérisée par la raison soit
possible."
(Fin de la section exclusivement présente dans l'édition internationale de
Time Magazine)
Il se passe bien vite d'étranges phénomènes autour de ceux qui commencent à
> écrire sur la scientologie. La journaliste Paulette Cooper a écrit, dès
1971, un livre sur la secte. Ceci a conduit l'église à fomenter un complot,
"l'opération Freak-out" (opération "mauvais trip" ou "débauche", ndt), dont le
but, découvert dans les documents de l'église, était "de faire enfermer Paulette
Copper en prison ou en asile". Cela a failli marcher: en se faisant passer pour
Paulette Cooper, des scientologues ont réussi à la faire inculper en 1973 pour
[prétendues] menaces de faire sauter l'église. Paulette a aussi enduré 19 procès
par l'église; et n'a été finalement tranquille qu'après que le FBI ramène les
preuves, lors du raid de 1977, qu'elle n'était pour rien dans les affaires de
menaces à la bombe. Aucun scientologue n'a même été poursuivi dans cette
affaire.
Pour le TIME, ils ont loué au moins dix avocats et six détectives privés pour
tenter de me discréditer, me menacer et me harceler. Le 12 Octobre dernier, peu
après avoir entamé mon travail sur le sujet, j'avais un rendez-vous avec Eugène
Ingram, ancien flic balancé de la Police de San Francisco en 81 pour avoir en
principe entretenu des liens avec des prostituées et des dealers de drogues;
Eugène Ingram est le principal des "privés" travaillant pour la sciento: il
m'avait dit être en mesure d'arranger un repas avec David Miscavige, patron de
l'église. Quelques heures avant ce repas, le "Conseil National Supérieur de
l'Eglise", Earl Cooley, m'a téléphoné pour me dire que je serais seul à
table.
Seul peut-être, mais pas oublié. Le soir, ai-je appris ensuite, une copie de
mon rapport de crédit personnel avec informations détaillées sur mes comptes en
banque, adresse personnelle et numéro de Scéurité Sociale - avait été
illégalement retiré d'un bureau national de crédit , "Transunion". La société
bidon qui l'a reçu, "Educational Funding Services" de Los Angeles, a donné une
adresse proche du QG scientologue de Los Angeles. Le propriétaire de l'adresse,
est un privé nommé Fred Wolfson ; il a admis qu' un associé d' Ingram avait loué
ses services pour obtenir des rapport de crédit sur plusieurs personnes. Wolfson
dit que les avocats scientologues "avaient des jugements à faire éxécuter contre
ces personnes, et qu'ils voulaient obtenir l'argent". Wolfson dit maintenant
qu'il s'agit "de gens vicieux, des vipères". Ingram nie, par l'intermédiaire de
son avocat, toute implication dans cette fraude.
Au cours des cinq derniers mois, des détectives privés ont pris contact avec
mes relations, qu'il s'agisse de mes voisins ou d' un ancien collègue, afin
d'enquèter sur des sujets tels que ma santé (comme mon crédit, elle est
excellente), ou pour savoir si j'avais des ennuis avec l' IRS (contrairement à
la secte, je n'en ai pas). Deux types ont demandé de bon matin à l' un de mes
voisins d'appartement à Manhattan si j' habitais bien là. J'ai finalement appelé
Cooley pour exiger que cesse ce non-sens; il a > promis d'y veiller.
Après cela, un avocat m'a fait une assignation à comparaître, pendant qu' un
autre suggérait que je pourrais posséder des actions d'une société dont je
disais qu'elle pourrait avoir été reprise par la scientologie (il me menaça
aussi de contacter la Commission Securité et Echanges). Un ami proche, de Los
Angeles, reçut un coup de fil perturbant d'un membre de l'église de scientologie
qui cherchait des choses à mon sujet - une indication que la secte peut avoir
obtenu mes relevés téléphoniques illégallement. Deux détectives m'ont contacté,
se posant en amis et victimes de la secte, pour me faire de soi-disant
déclarations négatives sur l'église. Certaines de mes conversations avec eux ont
été enregistrées et présentées sous forme de "témoignages assermentés"
(affidavits) par les avocats de l'église aux miens, comme "preuve" que j' avais
des a-priori contre la scientologie.
Parmi les commentaires que j'ai faits à l'un des détectives, qui se
présentait sous le nom de Harry Baxter, ami de la famille de la victime, il y
avait "on y entraîne les gens à mentir". "Baxter" et ses collègues sont en
mauvaise position pour nier cette affirmation: son vrai nom est Barry Silvers,
et c'est un ancien enquèteur du département "Force de choc contre le crime
organisé" du ministère de la justice.
Dix ans après que le Magazine TIME ait écrit un article couronné de
récompenses, et qualifiant l'église de scientologie de secte avide, la Cour
Suprème a refusé lundi de reconsidérer le jugement du procès en diffamation
lancé par l'église.
Time Warner Inc. avait âprement défendu l'article de dix pages et expliqué
qu'il refusait "de se laisser intimider par les ressources légales apparamment
illimitées de l'église".
Le mouvement disait que l'auteur avait des préjugés et qu'il n'avait
interviewé que les critiques de la scientologie, ce mouvement fondé par
l'écrivain de science-fiction L. Ron Hubbard, qui exige que ses membres prennent
des cours et des conseils pouvant coûter des milliers de dollars.
L'article de mai 1991 intitulé "Scientologie, la secte avide", expliquait
que le mouvement "est en réalité une escroquerie brutale et globale".
Time a dit que cet article de couverture avait remporté le Prix Gerald
Loeb attribué au journalisme d'affaires et de finances; le Prix Worth Bingham,
et le Prix Conscience dans les médias attribué par la société américaine des
journalistes et auteurs.