Etats-Unis: Scientologie
 
Responsabilité des hébergeurs : revers pour la scientologie aux Pays-Bas
 
ZDnet, le 9 septembre 2003 par Matt Hines, CNET News.com
[Texte intégral]
 
Une société d'hébergement néerlandaise a gagné en appel face à l'église de scientologie, au terme de sept ans de procédure. La secte américaine tentait de faire taire des critiques qui avaient publié des textes protégés par copyright.
 
SAN FRANCISCO - Le mouvement religieux Church of Scientology a perdu une bataille contre l'un de ses détracteurs. Dans l'affaire qui l'oppose depuis 1995 au fournisseur d'accès internet (FAI) néerlandais Xs4all, la cour d'appel de La Haye l'a débouté. Le FAI et l'une des ses abonnées, Karin Spaink, ne seront pas contraints de retirer de leurs sites web des documents traitant de la scientologie.
 
En rejetant l'appel, la cour donne raison au fournisseur, et ne le tient pas pour responsable de ce qui est publié sur les sites qu'il héberge. Le jugement légalise également l'usage de liens hypertexte pointant vers des documents protégés par copyright, comme ceux du mouvement de Ron Hubbard. Il invalide les deux précé- dents verdicts rendus par d'autres tribunaux de première instance dans ce dossier. L'un deux, remontant à 1999, avait établi que les hébergeurs doivent retirer ce type de liens des sites de leurs abonnés.
 
Les liens hypertexte, simples panneaux indicateurs sur la toile
 
Les représentants de la scientologie, dont le siège est en Californie, n'ont pas pu être contactés à temps pour commenter le sujet. Pour Xs4all, qui s'est fait connaître pour ses actions en faveur de la liberté d'expression, et sa lutte contre l'église de scientologie, le jugement de la cour d'appel est une immense victoire.
 
«Cela crée un précédent pour la liberté d'expression sur l'internet et des intermédiaires en particulier», indique sa représentante Edith Mastenbroek, ajoutant qu'«il faut absolument rendre limpides les lois qui définissent le comportement que les FAI doivent avoir vis à vis des législations sur le copyright». Et de conclure qu'«un lien hypertexte n'est qu'un panneau indicateur planté dans un coin du réseau, et ne peut donc jamais être illégal».
 
L'affaire a débuté en 1995, lorsqu'un émissaire de la secte s'est présenté chez le FAI accompagné d'un huissier pour saisir ses serveurs. Machines sur lesquelles étaient stockées des documents citant la sciento- logie, publiés sur un site web qu'héberge le FAI. Solidaire, une de ses abonnées, Karin Spaink, a décidé de publier les mêmes documents sur son site. Pour appuyer sa demande, l'église a déposé une plainte, exigeant que les documents soient retirés du site concerné. Et a demandé que le FAI soit reconnu responsible des agissements de ses abonnés en matière de copyrights.
 
Les deux précédents jugements en faveur du FAI
 
En 1996, une cour de première instance d'Amsterdam a rendu un verdictfavorable à Xs4all et ses abonnés. Il stipulait que les documents ont été publiés en toute légalité, conformément au droit que chaque personne a à faire des citations d'un document protégé. La scientologie n'a pas renoncé, intentant une autre action en 1999. Là encore, la justice a donné raison au FAI, en vertu du droit à la liberté d'expression. En mettant un bémol, toutefois: les FAI doivent être tenus responsables des contenus publiés susceptibles d'enfreindre les lois et copyrights existants. Le cas échéant, ils doivent retirer les liens incriminés ou fermer le site concerné. C'est ce jugement que la cour d'appel vient d'invalider.
 
Les scientologues, dans tous les pays où ils possèdent une activité, multiplient les actions à l'encontre des sites web critiques, pour qu'ils retirent toutes les allusions faites à ses activités. Ils font pression sur les FAI, s'en prenant même à des géants, tel Google. En 1999, Amazon.com a ainsi enlevé des liens pointant vers un livre critiquant la scientologie, avant de les rétablir.
 
Pour Karin Spaink, la guerre n'est pas finie. «Je me suis immiscée dans l'affaire car il me semblait important de définir la manière dont les questions de copyright sont réglées, et la responsabilité ou non des FAI». «J'aime- rais que la conclusion reste celle-ci, mais je m'attends à un nouveau rendez-vous devant les tribunaux».
 
Le numéro d'urgence "Mental Health", de la poudre aux yeux
 
St Petersburg Times, 15.09.2001, O’Neil Deborah
 
Le 14 septembre 2001, les téléspectateurs de la chaîne américaine Télé Fox News, qui traitait des suite de l'attaque terroriste, ont vu apparaître sur leur écran: " Mental Health Assistance: 800-For-Truth ".
 
Ce même numéro téléphonique d'urgence est apparu également au cours de la journée de Prière et de Souvenir à Washington, sous le portrait du Président américain avec sa femme, sans aucune mention scientologue.
 
Le titre singeait celui de la très honorable National Mental Health Association.En fait, dans la panique, la chaîne n'avait pas vérifié l'exacte provenance du message. Celui-ci a été retiré précipitamment dès que la chaîne a su que les appels étaient " maniés " [terme scientologue] à Los Angeles par quatre scientologue.
 
Le président de la NMH Association a traité la hot line de scandaleuse, ajoutant: " La scientologie est la dernière association que les personnes vulnérable devraient appeler... ils laissent tout juste un sillage de destruction dans le domaine de la santé mentale "... "je souhaiterais insister pour que l'église de scientologie se tienne à l'écart des questions de santé mentale, étant donné ce qui arrive au pays maintenant."
 
La scientologie diffusait gratuitement aux appelants un livret inspiré de Ron Hubbard : "solution pour un environnement dangereux".
 
D'après un responsable scientologue , 450 bénévoles auraient également été présents à New York pour se joindre aux secours et aider au nettoyage.
 

La scientologie doit prendre à son compte les préoccupations de la population si elle veut se créer une image positive recommande  dans un de ses texte Ron Hubbard, le chef suprême de la scientologie.

De là à ce que cette Eglise réforme sa doctrine totalitaire et ses prétentions à pouvoirrésoudre les problèmes de la santé mentale par une technique manipulatoire rendant ses victimes dépendantes, exigeant d'eux la coupure de liens familliaux et des sacrifices financiers, il y a encore bien des années lumière.

Le Gravis

Pas d'amphés pour les enfants

L'Express du 17/01/2005
Santépar Gilbert Charles
Santé : Aux Etats-Unis, la prescription de psychotropes à des millions
d'écoliers en difficulté est désormais remise en question

Ce pourrait être un tournant historique dans la politique de santé mentale aux Etats-Unis: le président Bush vient de signer, en décembre, un décret destiné à limiter l'usage des médicaments psychotropes chez les enfants et les adolescents. Le Prohibition on Mandatory Medication Amendment interdit aux établissements scolaires et à leur personnel de forcer les parents à faire traiter médicalement leurs enfants pour des problèmes de comportement en classe ou pour leurs résultats insuffisants.

Près de 8 millions d'écoliers, de collégiens et de lycéens de 3 à 20 ans prennent aujourd'hui des antidépres- seurs ou des calmants, notamment de la Ritaline, une molécule à base d'amphétamines dont la consommation a explosé depuis dix ans outre-Atlantique, alors qu'en France elle n'est administrée que dans le cadre hospitalier.
Aux Etats-Unis, les psychiatres, les laboratoires pharmaceutiques et les enseignants n'ont cessé de promou- voir ce médicament aux nombreux effets secondaires (troubles de l'appétit et du sommeil, notamment), mais qui a l'avantage d'avoir un effet pacifiant sur les enfants hyperactifs, dont il améliore la concentration. Pour assurer le calme dans leur classe, beaucoup de professeurs ont pris l'habitude d'inciter les parents à consulter un psychologue ou un généraliste au moindre écart de conduite de leur rejeton.
 
Cette démarche, qui débouche la plupart du temps sur une prescription de Ritaline, est devenue obligatoire, car elle conditionne le paiement des aides accordées par l'Etat aux élèves en difficulté. Alertée par la multi- plication des suicides chez les jeunes traités par des psychotropes, la Food and Drug Administration (l'agence américaine du médicament) vient d'ordonner aux laboratoires pharmaceutiques de mentionner sur leurs emballages des avertissements sur les risques de leurs médicaments.

De nombreuses associations de parents et des professionnels de santé protestent de plus en plus bruyamment contre cette médicalisation des problèmes scolaires. Appuyés par le puissant lobby de l'Eglise de scientologie, qui rejette systématiquement le recours à la psychiatrie, et par les organisations noires, les enfants blacks étant les premiers touchés par le phénomène, les opposants ont fini par obtenir gain de cause.
 
Mais les partisans de la médicalisation scolaire n'ont pas pour autant désarmé: la commission sur la santé mentale vient de rendre au président un rapport dans lequel elle recommande la mise en place d'un gigantesque programme de diagnostic psychologique de tous les enfants américains d'âge scolaire, de la maternelle au lycée.
 
Regard de l'UNADFI sur la situation des sectes aux USA
 
UNADFI, Mai 2000
 
Difficultés relationnelles entre l'Europe et les U.S.A.

Le premier amendement de la Constitution américaine en 1792, précise que :

"Congress shall may no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercice thereof (…), or the right of people peacidly to assemble,…"

" Le Congrès ne promulguera aucune loi concernant une organisation religieuse, ni qui interdirait la libre pratique correspondante, ni qui restreindrait la liberté de parole ou celle de la presse, ni le droit pour les gens de s’assembler paisiblement et de s’adresser au gouvernement pour porter plainte ".

L’une des conséquences de cet amendement est pour les USA, la prolifération unique au monde des religions plus ou moins authentiques, voire pour certaines clairement sectaires qui ont migré en Europe.

Le Congrès et le Département d’Etat américain ont envoyé en Europe une délégation se situant dans le cadre de l’International Freedom Acts de 1998 par lequel les Etats-unis se chargent de suivre l’exécution dans les autres pays du monde des conventions internationales existant en la matière. Ce Freedom Acts fait désormais obligation au président des U.S.A. d’organiser des sanctions diplomatiques, économiques et militaires contre les états soupçonnés de ne pas favoriser les religions. Le département d’Etat devra présenter chaque année au Congrès la liste des pays qui violent la liberté de religion. Parmi ces pays sont visés : la Chine, l’Iran, le Soudan, l’Egypte mais aussi la France et l’Allemagne. A cet effet, un nouveau département du ministère a été créé chargé de la surveillance religieuse de la planète.

Le rapport épingle particulièrement la France, l’Allemagne, la Belgique.. et conclut en laissant claire- ment entendre que ceux-ci ont encore des progrès à faire en la matière. Le rapport concernant la France est principalement axé sur son refus de reconnaître la Scientologie et les Témoins de Jéhovah comme organisations religieuses.

Je cite les paroles de la présidente de l’UNADFI parce qu’elles sont particulièrement claires sur les différences de conception qui peuvent exister entre un pays comme la France et les Etats-Unis:

"La conception française de la liberté de religion, laquelle est garantie au moins aussi complètement qu’aux Etats unis, repose sur une conception de responsabilité de l’Etat qui fait l’objet en France d’un très large consensus. La liberté religieuse est garantie par la constitution, mais elle fait partie de la sphère privée et s’exerce dans le cadre de la loi républicaine laquelle s’impose à tous sans distinction ni exception. La séparation des églises et de l’Etat concrétise le principe fondamental de la laïcité, principe qui constitue une véritable originalité par rapport à ce qui existe dans de nombreux pays. Aussi la France dispose t’elle de moyens constitutionnels et légaux, beaucoup plus puissants que les Etats-Unis pour agir à l’encontre des groupes qui, sous une référence souvent usurpée de religion se livrent à la manipulation mentale, à l’escroquerie, à l’abus de confiance, à la fraude fiscale, à la violation du code du travail ou de la sécurité sociale, aux troubles à l’ordre public ou à d’autres actes délictueux ou criminels ainsi comme chacun se souvient".

Nous sommes cependant heureux d’apprendre que le prix "Charlemagne" a été attribué à Bob Minton par le "European-American Committee for Human Rights and religious freedom in the USA" pour son action en faveur des droits de l’Homme et de la liberté d’expression.

Informations sur la législation américaine

Le premier amendement de la constitution américaine  interdit toute législation et réglementation visant spécialement une religion, (ou secte) ou plusieurs religions.

Jefferson instaure la " Séparation de l’Eglise et de l’Etat "

Aux USA, les groupes religieux exercent une énorme influence sur les pouvoirs publics.

Sous la pression du lobby religieux, le Congrès des Etats-Unis ainsi que le Gouvernement fédéral adoptent souvent une attitude protectrice vis à vis des groupes religieux.

Par contre, l’autorité judiciaire, la Cour Suprême, se montre plus sévère.

Elle a élaboré le critère de la distinction entre Croyance (creed) et Pratiques (deed). Elle estime que le Premier Amendement comprend deux concepts: liberté de croyance et liberté des pratiques; la première est absolue, la deuxième ne l’est pas.

De 1945 à 1970, La Cour Suprême a ensuite développé le critère de "l’intérêt impératif" (compelling interest), c’est à dire l’intérêt impératif de l’Etat.

En 1980 – 1990 la Cour Suprême est revenue à la distinction "Creed" - "Deed", considérant que l’intérêt impératif n’était applicable que dans les domaines de l’Emploi.

Cela a provoqué l’intervention du Congrès qui a alors adopté la Loi sur la "Restauration de la Liberté religieuse"(religious Freedom Restoration Act) signée par Clinton en 1993. Cette loi oblige les tribunaux à appliquer le critère de "l’intérêt impératif" dans toutes les affaires où il s’agit de religion.

Cette loi a immédiatement suscité des controverses car elle constitue une violation du principe fondamental de la séparation entre le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire.(elle a comme objectif clairement affiché de modifier l’interprétation du Premier Amendement, or cette interprétation est du ressort du pouvoir judiciaire, le pouvoir législatif ne peut donc faire une loi imposant cette interprétation)

En 1997, la Cour Suprême a déclaré que la loi sur la Restauration de la liberté religieuse constituait une violation à ce principe de séparation