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L'AFFAIRE Mc PHERSON

Le 19 novembre 1995, Lisa McPherson, membre de l'Église de Scientologie depuis 1977, fût impliquée dans un accident de voiture à Clearwater, en Floride. Bien qu'elle n'ait subi aucun dommage, son étrange compor- tement laissait croire à des séquelles psychologiques. Aussi, elle fut conduite à l'hôpital afin d'évaluer son état neurologique.

Plusieurs scientologistes se sont par la suite présentés à l'hôpital en réclamant la garde de McPherson, fournissant comme prétexte que la psychiatrie portait atteinte à leurs croyances religieuses. Ils ont convaincu McPherson de signer sa décharge, et ce, contre l'avis des autorités médicales.

Les scientologues ont inscrit cette dernière à l'Hôtel Fort Harrison de Clearwater — propriété de l'Église de Scientologie — à des fins de «repos et relaxation».

Le 5 décembre 1995, des scientologues transportèrent McPherson à un hôpital situé à 40 kilomètres de l'Hôtel... ignorant étrangement les quatre précédents sur leur chemin et déclarée finalement morte à son arrivée !

L'autopsie révéla que McPherson «souffrait de sévère déshydratation», que ses «bras et ses jambes étaient meurtris», sa peau «craquée et écaillée», mordue par des coquerelles et son artère pulmonaire gauche résolument obstruée par un caillot produit en suite de son état de déshydratation et d'un alitement prolongé.

 
 
Robert Farley, 6 juin 2004, journal de Clearwater
[Texte intégral]
 
Perturbant pour certains, il apparaît que ceux qui étaient impliqués dans le procès scientologue s'apprètaient à en finir.
 
Le procès contre la scientologie pour l'homicide, voici sept ans, de Lisa Mc Pherson, en a choqué plus d'un puisqu'il semblait venu de nulle part.
 
Ce ne fut pas une décision à la va-vite, mais quelque chose qui a traîné six mois en négociations tranquilles au cabinet du médiateur Me Michael Keane, de St Petersburg (Floride).
 
Ca n'a pas été simple du fait de l'acrimonie présente. Il y avait là Maître Ken Dandar, avocat pour la succession McPherson, qui qualifie depuis des années la scientologie de secte brutale. En face, les officiels de l'église, qualifiant Dandar de bigot et de menteur.
 
Toute cette colère s'est arrètée au compromis. Désormais, les partis ne disent rien de ses termes et s'en tiennent à l'accord de confidentialité. Les expertises juridiques et les documents du procès mettent pourtant en lumière les développements ayant probablement aidé à en finir d'un des cas les plus intrigants de toute l'histoire judiciaire du Comté.
 
Certains considèrent ce compromis comme la dernière démonstration scientologue de se débarrasser d'un ennemi au moyen d'un barrage de procédures. D'autres pensent que l'église a acheté son moyen de sortir d'un procès embarrassant, dont les médias internationaux se seraient certainement faits l'écho.
 
Les compte-rendus transcrits des audiences démontrent aussi que le juge tenait à résoudre ce procès ayant bien entamé les ressources judiciaires du Comté.
 
Le médiateur Michael Keane nous dit n'avoir jamais perdu confiance. Il sut à un moment que la fin de la guerre était proche.
 
"On avait des parties très passionément ancrées sur leurs positions. Ils ont travaillé chacun de son côté et trouvé une façon de résoudre les différences - ça n'a pas été sans grand mal: il y a eu beaucoup de mal."
 
Ni l'un ni l'autre n'a fêté ça en sortant; c'était temps de penser à autre chose.
 
L'avocat californien Ford Green a déclaré : "l'église a acheté le silence"
 
En 2002, Maître Greene a aidé un ex-scientologue torturé mentalement par l'église à obtenir un compromis de 8,6 millions de dollars. Un procès aurait servi , explique Maître Ford Greene.
 
Même après avoir payé la forte somme, les scientologues sortent "victorieux", explique Green: "Les millions de dollars qui filent ainsi leur coûtent bien moins que la mauvaise presse ne leur aurait coûté."
 
L'avocat de Clearwater Denis de Vlaming, qui défendit les intérêts d'un ex-scientologue devenu critique et qui rappelle que l'église avait monté une fausse affaire de possession de marijuana à son encontre, est dérouté que le procès n'ait pas lieu: il envisageait de prendre du temps libre pour y assister.
 
"Je tenais à voir dénoncer les doctrines scientologues; je voulais que le public de notre ville apprenne ce qu'est cette église. Mais on ne le verra pas. En un sens, c'est le procès de la scientologie qu'on faisait là."
 
Il estime le compromis à plusieurs millions de dollars, et pense que l'argent vaut la dépense d'une "victoire monumentale de relations publiques".
 
Ces opinions ne sont pas fondées, estime Monique Yingling, avocate washingtonienne de la secte.
 
Elle nous a expliqué qu'en premier lieu, les deux partis ont lutté vigoureusement."L'église n'a pas exagéré sur les contre-attques, l'église répond en fonction de l'attaque contre la religion", dit-elle.
 
Elle ajoute que ce ne serait pas la crainte d'une campagne des médias qui aurait poussé l'église au compromis.
 
"Il y avait déjà eu des montagnes de publicité autour de ce procès, explique Yingling, qui a participé aux séances finales de médiation. Selon le point de vue de l'église, ça ne pouvait être pire."
 
"Durant les dernières heures, dit-elle, tout le monde voulait en finir. "
 
Ceci rejoint ce que dit Me Lirot, l'avocat de la famille McPherson, qui assistait Me Dandar dans ce procès et plusieurs autres procès liés.
 
"Chacun peut voir au-delà et s'intéresser à des choses peut-être plus terre-à-terre, et continuer à vivre", ajoute-t-il."
 
"La famille McPherson peut désormais honorer sa mémoire en paix, dans la dignité."
 
Les dossiers du tribunal révèlent pourtant quelques-unes des pressions accumulées contre Dandar.
 
Le Juge Supérieur Robert Beach, qui reprit le procès en mains l'an passé, a agressivement poussé les parties à en finir de leurs escarmouches procédurales éreintantes. Il a refusé de parler du procès jusqu'à la semaine passée, mais sa position était très claire lors des audiences à fin 2003.
 
"Maintenant, tous ceux qui ont été impliqués juridiquement dans le procès ont envie de ne plus en entendre parler, il n'y a aucun doute," a déclaré le Juge Beach.
 
"Ce procès a touché des tas de gens tout au long, des avocats, des juges et des civils. Et s'il n'en finit pas, il en affectera d'autres. Et il ne sera pas fini l'an prochain. Bien sûr, on peut le mettre devant l'un jury l'an prochain, mais il y aura Appel. Et d'autres Appels. Et d'autres procès. Cette chose a en réalité fini par avoir une vie qui lui est propre.
 
"Je crois qu'il faut que ce soit résolu, de façon convenanble pour les deux parties."
Beach a décidé d'une manoeuvre inhabituelle en remplaçant Dandar par Lirot en tant qu'avocat principal. Les sentiments de Dandar finissaient par entamer son professionalisme, dit-il. Il était tellement impliqué personnellement qu'il sortait du rôle d'avocat et en faisait une affaire personnelle, ce qui, je crois, obscurcissait certaines décisions à prendre."
 
La semaine dernière, Me Dandar a préféré ne pas répondre aux interviews et a laissé un message sur son répondeur: "Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles paraissent."
 
Beach expliqua que l'avocat scientologue Samuel Rosen avait suggéré qu'un compromis pouvait s'avérer impossible tant que Dandar était en lice, car l'église ne lui faisait pas confiance.
 
"Une fois Lirot en place comme avocat principal, on avait plus de chances d'en finir avec ce procès."
 
Me Lirot insistait la semaine dernière: qu'il soit ou pas l'avocat principal n'avait pas grand impact. Il s'est esclaffé de la plainte contre Dandar déposée au Barreau par les avocats de l'église .
 
En Janvier, un comité des réclamations du barreau de Floride estima qu'il y avait cause probable d'action face aux allégations scientologues disant que Dandar aurait mélangé ses finances avec les 2 millions de dollars qu'un riche critique de l'église lui avait donnés. La plainte prétendait par ailleurs que Dandar aurait représenté de façon erronée des faits à un juge.
 
Me Lirot pense que ceci sera jugé en faveur de Dandar quand il présentera sa défense.
 
C'est l'unique action judiciaire encore active liée au décès de Lisa McPherson, laissée aux soins des scientologues de Flag Clearwater pendant 17 jours en 1995.
 
Sa tante Dell Liebreich, qui représente la famille au procès, vit au Texas. Elle était présente à la signature du compromis. Elle refuse les demandes d'interviews.
 
Mais quand on a demandé à Lirot de décrire son état d'esprit la semaine passée, il a déclaré "Je crois que ce n'était pas la liesse. On sentait un certain soulagement , on pouvait honorer le souvenir de Lisa en paix, en privé."
 
La communauté judiciaire jubilait.
 
"Bien sûr que je suis satisfait", a expliqué le juge Douglas W. Baird, qui présida une partie des procès secondaires. A chaque fois qu'on en finit d'un de ces procès-fleuve, c'est bon pour le système. Des affaires de ce genre consomment trop de ressources judiciaires.
 
Baird a ajouté que le procès était inhabituel, au sens que toute personne concernée finissait par s'y sentir personnellement impliquée, et que les deux parties en présence ne s'inquiétaient guère de la dépense dès qu'il s'agissait de batailler chaque point "becs et ongles".
 
Le fait que ce soit terminé est un grand soulagement, ajoute le Juge Baird: "c'est ainsi que ça aurait dû se passer dès le départ." 
 
La guerre à Clearwater
 
14 janvier 2000
 
L'organisme "Lisa Mc Pherson Trust" (LMT), s'est créé suite à la mort de Lisa Mc Pherson [adepte de la Scientologie]. Son décès fait l'objet de poursuites civiles et pénales contre la secte.
 
Lisa Mc Pherson Trust est installé à Clearwater, fief de la Scientologie. Cette dernière a engagé des actions pour empêcher l'association de défense de trouver des locaux, mais en vain. Puis la Scientologie a interdit à ses adeptes de passer devant le LMT, qui mène des campagnes d'information dans la rue et offre des communications téléphoniques gratuites aux adeptes qui ne pourraient pas contacter leurs familles ou leurs amis.
Enfin elle a obtenu de la police et des autorités de la ville qu'une marque blanche soit tracée au sol, pour empêcher les membres du LMT de s'approcher à moins de quinze mètres des locaux de la secte, sous peine d'arrestation. De plus, 2 policiers sont postés sur cette frontière, pour veiller à ce que le règlement soit bien appliqué.
 
Le Lisa Mc Pherson Trust "invite tous les médias à constater cette atteinte inimaginable à la liberté".
 
 
L'affaire Mc Pherson a consommé trop de ressources judiciaires (6 juin 2004)
 

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