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Scientologie
versus psychiatrie
Une
analyse de Louis Dalmas
- Source:
http://tatamis.blogspot.com
- 28 novembre 2009
- [Texte
intégral]

Louis
Dalmas, auteur du Crépuscule des Elites aux
éditions Tatamis (couverture ci-dessus),donne
son avis sur les attaques de la scientologie concernant
la psychiatrie. Louis Dalmas
est à la fois spécialiste de médecine
et du conflit des Balkans et il est le directeur de la publication de B.I
(ex Balkans Info ) depuis
plus de 10 ans.
(Vidéo anti-psychiatrie diffusée
par la scientologie:
Les horreurs de la psychiatriel )
1)
La conception même de ce documentaire est
absurde. Le procès construit contre la psychiatrie,
à base d'exemples de ses abus, peut être
fabriqué à propos non seulement de
la médecine dans son ensemble, mais à
propos de n'importe quoi. On peut faire la collection
des délires dans l'évolution historique
de la médecine et des lubies des médecins
au cours des siècles, comme on peut faire
celle des conneries des garagistes en matière
de traitement des voitures, des agronomes en matière
de culture ou des technocrates en matière
de progrès. C'est le genre de réquisitoire
tendancieux,
fondé sur des exceptions, qui ne justifie
pas le rejet de la discipline. On ne va pas condamner
la médecine parce qu'il y a des médecins
égarés
ou idiots, ou la science en général
parce qu'il y a des savants fous.
2)
Que des formes aberrantes de psychiatrie aient été
utilisées pour justifier la répressions
d'opposants politiques ou pour former des assassins
militaires et
des terroristes, ne condamne pas la psychiatrie
; cela condamne les dirigeants ou les régimes
qui s'en servent pour commettre leurs crimes et
qui la détournent de ses véritables
objectifs. On ne va pas condamner un marchand de
souliers parce qu'une de ses clientes a tué
quelqu'un avec le talon aiguille d'une chaussure
qu'il lui a vendue, ou l'industrie automobile parce
qu'un chauffard a écrasé un piéton.
3)
On connaît trop le racket de la scientologie
pour ne pas déceler dans ce bourrage de crâne
la volonté de discréditer des psychiatres
capables de déceler le conditionnement psychologique
de la secte, les raisons de le dénoncer et
éventuellement les moyens d'y remédier.
Les psychiatres sont mis au ban pas parce qu'ils
font le mal, mais parce qu'ils risquent de voir
clair.
4)
Qu'il y ait une consommation excessive de psychotropes,
et même une inquiétante propension
à les prescrire, est vrai. Mais qui est responsable
? Le thérapeute qui essaie de guérir
ou l'environnement économique et social à
l'origine des stress ? Là aussi, il ne faut
pas se tromper de cible. Ce ne sont pas les médicaments
ou les remèdes valables qu'il faut incriminer,
mais les conditions de vie qui en créent
le besoin.
5)
La psychiatrie, comme tout ce qui a trait à
la jungle de l'esprit humain, tâtonne. C'est
un fait. Et on a raison de coller au pilori les
impasses de son exploration. Mais faut-il pour cela
condamner la curiosité scientifique, et son
expérimentation ? Et surtout jeter à
la poubelle des remèdes dont j'ai pu personnellement
vérifier l'efficacité dans mon entourage
?
Ce
documentaire est une vaste entreprise de désinformation
à des fins intéressées, qui
ne peut avoir que des résultats pernicieux.
Ce
qui est dit de Milosevic et de Karadzic dans ce
film est dans le ton du reste : de la connerie réactionnaire
pur jus ressassée par des gens qui balancent
de la boue les yeux fermés. On a laissé
opportunément mourir (si on ne l'a pas aidé)
Milosevic, parce que l'ex-président yougoslave
a ridiculisé ses accusateurs lors de son
procès devant le tribunal pénal international
de La Haye. La parodie de justice recommence avec
Karadzic, à qui on a collé un avocat
d'office qui est un ennemi déclaré
des Serbes et à qui on refuse le délai
nécessaire à la préparation
de sa défense.
Au
lieu de rapporter sereinement ces faits, le documentaire
reprend les clichés du racisme antiserbe.
Il m'a semblé inutile de répéter
pour la énième fois:
- Que personne ne niait des atrocités commises
par les Serbes.
- Qu'ils n'étaient pas les seuls, toute guerre
civile étant un récital d'horreurs.
- Que le démembrement de la Yougoslavie était
une opération conjointe de l'Allemagne, des
Etats-Unis et du Vatican, entreprise pour des raisons
géostratégiques évidentes.
- Qu'il fallait diaboliser les Serbes pour justifier
l'agression de l'OTAN et leur bombardement.
- Que le TPIY était une fabrication des vainqueurs
destinée à justifier ce bombardement.
Il
n'est pas étonnant qu'un film tripotant la
réalité en matière scientifique
fasse la même chose en matière politique.
Quand
on ment dans un endroit, on ment partout.
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des coups de gueule
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