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9 TÉMOIGNAGES SUR LE GOULAG (le RPF) DE L'EGLISE DE SCIENTOLOGIE
 
Extraits de témoignages de différents ex-adeptes victimes et témoins des exactions commises sur eux et/ou sur d'autres lors de leur assignation abusive au goulag de la secte de Scientologie.
 
1) Déclaration sous serment en 1980 de Tonja Burden
RPF de Flag à Clearwater (Floride) 1977 et un témoin oculaire d'une personne qui a été enchaînée au RPF du RPF de Flag. (Ces exemples de témoignages sont consultables sur le Web.)
 
2) Déclaration sous serment en 1989 de Hana Withfield
RPF de Flag à Clearwater (Floride) 1978
 
3) Déclaration de Dennis Erlich le 7 mars 1996
RPF de Flag à Clearwater (Floride) 1978
 
4) Témoignage en 19. ? d'Ann Rosenblum
RPF de Flag à Clearwater (Floride) 1978
 
5) Témoignage en 1980 de Monica Pignotti,
My nine lives in Scientology (Mes neuf vies en Scientologie)
RPF à bord de l'Apollo, 1974
 
6) Déclaration sous serment du 4 février1980 de Larry Wollersheim
RPF à bord de l'"Excalibur" (1974 ?)
 
7) Déclaration sous serment de Stacy young du 13 octobre 1994
RPF de Pac à Los Angeles, 1982
 
8) Déclaration sous serment de David Mayo le 14 octobre 1994
RPF de " Happy Valley" près de Hemet (Californie) 1980
 
9) Déclaration sous serment du 4 avril 1994 d' André Tabayoyon
RPF de "Happy Valley" près de Hemet (Californie)1987
 
10) Abécédaire des techniques de contrôle mental utilisées dans le RPF.
Déclaration sous serment d'André Tabayoyon 4 avril 1994.
 
RPF - 9 TÉMOIGNAGES
 
1) Déclaration sous serment de Tonja Burden de Las Vegas Nevada (USA) le 25 janvier 1980.
 
RPF de Flag (1977)
 
Extrait:
 
"Au RPF nous étions étiquetés comme traîtres et forcés à travailler 18 heures par jour, 7 jours sur 7 nous ne recevions parfois que du riz des fayots et de l'eau. Pendant ce temps-là j'ai observé qu'une personne a été enchaînée aux tuyaux de la chaufferie du Fort Harrison pendant des semaines. Dans le RPF j'ai vu des gens qui hurlaient et pleuraient durant leur "auditing" (application des procédés de la secte)
 
Tonja a travaillé dans la SO dés l'âge de 13 ans sans être scolarisée ; elle avait été amenée dans la SO par ses parents qui y étaient entrés. Tonja s'est échappé du RPF de Flag en Novembre 1977, elle avait 17 ans et était illettrée. Elle a peu après été séquestrée par deux "agents" d'Hubbard dont elle réussit à s'échapper une seconde fois.
 
Tonja a fait un procès de 16 millions de dollars en avril 1980 accusant d'avoir été victime d'exploitation d'esclave (slave labour) par Hubbard lui-même dans la CMO (Commodore Messengers Org) Elle a aussi porté plainte pour séquestration. Depuis ce procès Hubbard vécut caché pour échapper à la justice. Les dommages et intérêts montèrent en 1985 à 45 millions de dollars.*
 
*Who's who in Scientology. Newsgroup, réactualisé Février1997)
 
 
2) Déclaration sous serment de Hana Eltringham Whitfield de Los Angeles Californie (USA) le 8 août 1989
 
RPF de Flag à Clearwater (Floride) (1978)
 
Extraits:
 
Hana a vécu 15 ans dans la SO de 1967 à1982. Infirmière et d'origine sud-africaine elle fut promue "officier d'éthique"* puis capitaine sur l'Avon River où elle était directement sous les ordres du gourou en personne. Son témoignage est très instructif et révélateur de son expérience dans la secte. Elle a passé un an au RPF de Flag en raison de ses pensées critiques envers Hubbard et la SO. Elle s'en échappa mais fut contrainte d'y retourner. Voici ce qu'elle écrit de son internement au goulag.
 
"Les RPFers vivaient complètement à l'écart du personnel normal". Ils dormaient, passaient leurs journées et mangeaient souvent dans le parking de l'hôtel Fort Harrison, au milieu des gaz d'échappement. Il leur était interdit de parler, de se mêler et de manger avec le personnel "normal".
 
Ils devaient porter des vieilles salopettes de travail et ressemblaient à des clochards. Il était interdit aux femmes d'utiliser du maquillage et d'avoir un style de coiffure. Aucun bijoux n'était toléré. Même sous le climat incroyablement chaud et humide de l'été en Floride, ils n'avaient pas le droit de porter des vêtements plus légers.
 
Les RPFers devaient toujours se déplacer en courant. Ils n'avaient pas le droit de marcher. Ils devaient courir en perma- nence durant les travaux de nettoyage des toilettes et des salles de bains, quand ils s'occupaient des ordures ou quand ils montaient et descendaient les 12 étages de l'hôtel Fort Harrison en transportant des seaux parfois remplis de matériel de construction, balais, ou tout autre matériel de nettoyage. Ils n'avaient pas le droit d'emprunter les ascenseurs, même celui de service. Pour empêcher que des inspecteurs municipaux découvrent les conditions dans lesquelles vivent les RPFers, nous devions nous entraîner à transformer dans les plus brefs délais nos "chambres à coucher" en quelque chose qui ressemblait à un entrepôt de matériel.
 
J'ai souvent espéré que l'hôtel Fort Harrison fît l'objet d'une visite surprise dans les garages par la municipalité mais cela ne se produisit jamais. C'est ainsi que l'on vivait au RPF. Certains d'entre nous dormaient sur un matelas mince posé sur le sol en béton d'autres vieux lits superposés.
 
*Ref: Ron Hubbard, Le Gourou Démasqué de Russell Miller. Plon1987.
 
Pas de place pour les vêtements alors nous laissions nos affaires dans une valise ou dans des sacs par terre. Notre intimité n'était assurée que par des draps suspendus entre les literies. Les hommes et les femmes disposaient de salles de bains séparées, mais minuscules. La douche ne devait pas durer plus de trente secondes. Nous n'avions aucun temps libre pour parler ou pour nous relaxer.
 
Les journées commençaient à 6h30 et même parfois plus tôt, pour des travaux physiquement très durs et le nettoyage des locaux jusqu'en soirée. Après une douche rapide nous devions nous auditer mutuellement et nous "réhabiliter" jusqu'à 22h30. Nous n'avions droit à aucun jour de repos. Nous devions travailler 7 jour sur 7. Nous prenions nos repas dans le garage ou parfois dans la salle à manger, mais après les heures normales de repas. Notre nourriture était composée des restes des repas du personnel "normal". A de rares occasions comme Noel, nous étions quand même autorisés à préparer nous-mêmes de la nourriture fraîche si les restes étaient insuffisants.
 
Le code de réforme du RPF était très strict et ne tolérait aucune insubordination ou résistance quelle qu'elle fût. La moindre résistance était immédiatement punie par des exercices physiques comme une série de pompes ou par des allers-retours innombrables au pas de course le long de la rampe du garage, le tout sous la chaleur accablante du climat de Floride. La moindre infraction était sévèrement sanctionnée. Chaque règle devait être respectée en dépit du bon sens et même si elle était inapplicable."
 
Voici ce qu'elle dit à propos de l' RPF du RPF de Flag :
 
" Certaines infractions étaient passibles du RPF du RPF, dans la salle des chaudières située au sous-sol de l'hôtel Fort Harrison, en compagnie des tuyauteries d'eau chaude qui grondaient et sifflaient 24 heures sur 24. La pièce était faible- ment éclairée. Elle était constituée d'enchevêtrements de tuyaux énormes connectés aux chaudières hautes de trois mètres, entre lesquelles il fallait ramper à quatre pattes. C'était une pièce sombre dans laquelle on ne se sentait pas en sécurité.
 
Une de mes amies s'est vue assignée à deux mois de RPF du RPF pour avoir refusé de révéler des informations confiden- tielles liées à son engagement dans le Guardian Office (services secrets de la secte) Elle fut enfermée 24 h sur 24 dans ce lieu d'isolement avec des possibilités limitées de toilette et de maintien d'hygiène et sous la menace et le harcèlement incessants des superviseurs. elle en sortit finalement brisée, silencieuse et prostrée. Peu après elle réussit à s'échapper du RPF. Elle s'appelait Lynn Froyland.
 
"Vers la fin de 1978, je me suis finalement enfuie. Mais en moins d'une semaine, Tom Provenzano, officier d'éthique senior de Flag réussit à me localiser, me menaça par téléphone de me déclarer suppressive, de me poursuivre en justice et de ne plus jamais me laisser tranquille pour le restant de mes jours si je ne retournais pas immédiatement à Clearwater.Je cédai et retournai à Flag mais seulement après la promesse de Provenzano de reconsidérer mon assignation au RPF. Bien sûr cette promesse ne fut pas tenue. Elle n'a servi qu'à me convaincre de retourner à Clearwater. De retour au RPF, je me trouvais à nouveau dans des conditions de travail pénibles : courir, transpirer, souffrir.
 
J'en suis sorti finalement après un an de ce traitement inhumain. J'étais réduite à l'état de robot parfaitement obéissant, un être servile et docile comme je ne l'avais jamais été. Je ne pouvais pas envisager de quitter la secte car je n'avais pas d'argent pour aller nulle part et nulle part où aller. Ma famille habitait dans un autre continent. Je n'avais pas les moyens de les rejoindre et ils n'avaient pas les moyens de m'aider."
 
Hana Whitfield quitta la SO 3 ans après en 1982. Ce n'est qu'en 1984 qu'elle découvrit la face sombre de la secte et tira un trait définitif. Elle dut suivre un traitement médical pour ses migraines et un traitement dentaire pendant de longues années.
 
 
3) Témoignage de Dennis Erlich le 7 mars 1996 sur WMNF Radio Activity (USA)
 
RPF de Flag Clearwater, Floride (1978)
 
Extraits:
 
Rob Lorey:Vous étiez retenu enfermé par la Scientologie ?
 
Dennis Erlich : Oui, au sous-sol du Fort Harrison. On m'a mis dans une cage et j'avais un garde pour une durée d'une dizaine de jours. J'étais privé du droit de parole ; je n'étais pas autorisé à parler à qui que ce soit ; je n'étais pas autorisé à téléphoner non plus. J'étais prisonnier là-dedans.
 
RL: Pourquoi étiez-vous retenu enfermé ?
 
DE: Parce-que j'ai dit une plaisanterie.
 
RL: A quel sujet ?
 
DE: J'ai fait une plaisanterie au sujet du RPF qui est leur camp de travail et de rééducation, un peu comme en Russie dans leurs goulags. Ici, on l'appelle le RPF. Dés le moment où vous réveillez, vous vivez dans la ségrégation. Quand j'y étais, on dormait dans le garage au 3eme étage. Nous avions à respirer les fumées des gaz d'échappement des voitures et étions constamment réveillés au milieu de la nuit. Nous étions debout dés l'aube à faire tous ces travaux de nettoyage de chiot- tes et de ramassage de poubelles. Nous travaillions jusqu'à une heure avancée de la nuit et c'était vraiment un programme de bagnard.
 
RL: Êtes-vous la seule personne à avoir été retenue contre son gré dans les locaux de Scientologie à Clearwater ?
 
DE: Oh non absolument pas. Au contraire, c'est une sorte de pratique courante chez eux d'incarcérer les gens qui pose- raient des questions ou refuseraient certaines activitésÉ Quand j'étais au sous-sol, j'y ai vu une femme; elle s'apellait Lynn Froyland *(ou Freulind ?) elle était enchaînée - il y a plusieurs témoins - Il existe des gens qui ont été kidnappés, ramenés du bout des Etats- Unis et qui sont enfermés dans les chambres. Cette pratique se fait couramment.
 
A la base, la Scientologie est une pratique de l'occulte qui traite surtout de sorcellerie. C'est une escroquerie ; en plus les gens sont enfermés et torturés
 
Dennis Erlich était l'officier en chef de la section de Cramming à Flag (Chief Cramming Officer) (poste important de correc- tion de l'application des procédés de la Scientologie) Il y passa une quinzaine d'années. Il refusa de refaire un programme de RPF et préféra partir en 1982.
 
*Hana Whitfield confirme ce témoignage; il s'agit bien de la même personne: Lynn Froyland ou Freulind.
 
 
4) Témoignage de Ann Rosenblum
 
RPF de Flag (1978)
 
Extraits:
 
" L'audition du l'RPF m'a pratiquement détruite. J'avais beaucoup de mal à retourner dans le passé, dans les vies antérieu- res. Après avoir appris les " Remèdes aux difficultés" où l'on apprend à dire n'importe quel truc qui vous saute à l'esprit, genre monstres ou navires spatiaux en guerre, mon imagination commença à ficher le camp dans tous les sens.
 
J'avais deux ou trois images qui me sautaient dessus à la fois, je n'arrivais pas à savoir laquelle était dans les vies anté- rieures ou s'il s'agissait de mon imagination ou si toutes arrivaient en même temps etcÉ
 
On m'auditait des trucs que j'avais déjà vus. J'ai eu 3 ou 4 "procédures sur les drogues" (remarque : techniques d'audition ayant pour thème les drogues et les médicaments même si la personne n'a pris que des aspirines ou des antibiotiques) revérification de ma "Méthode 1" (procédés de clarification de mots) 35 heures de " Procédés d'ouverture par duplication (procédé durant lequel vous vous promenez d'une table à l'autre avec une bouteille dessus vers une autre table avec une autre bouteille dessus, en les décrivant pendant des heures entières, des semaines durant dans certains cas).
 
J'étais bouleversée et plus je l'étais et plus on me donnait de l'audition. Comme mon programme allait de mal en pis, je devenais de plus en plus une menace pour la sécurité. Je me tus en fin de compte et leur laissais auditer ce qui les amu- sait. Ceci m'amena à la Dianétique Amplifiée (c'est là que s'auditent les buts malfaisants, les mauvaises intentions, les "rockslams" (mouvement erratique de l'aiguille de l'électromètre) Les buts malfaisants sont : vouloir tuer, désirer détruire, vouloir tout casser etc. Je dois en avoir parcouru des dizaines. C'était vers le début de 1978.
 
J'ai beaucoup perdu le sens du temps. Tous les jours étaient pareils. Sans rien qui change; les week-ends ? identiques à la semaine. Tout cela me fait l'effet d'un gros mélange plus encore après que j'aie entamé la Dianétique amplifiée et que ma tête ait vraiment commencé à mal aller. J'étais la majorité du temps dans une sorte de nuage, de brouillard.
 
J'avais la sensation d'être KO druggie dans les vapes. Je passais en audition ces buts malfaisants liés aux "rockslams" et je commençais à hurler et voir les choses les plus étranges du genre, "être un autre", "exploser une planète," "se suicider", "ne jamais grandir", "me tuer," "détruire des corps", une liste sans fin. Ma tête était complètement coincée dans les vapes. Je me sentais la plus abominable des personnes ayant jamais vécu. Je me souviens avoir passé la moitié du temps vaguement morte.
 
Je faisais les choses comme si je me voyais en train de les faire sans m'en rendre vraiment compte comme s'il s'agissait d'une autre, je gueulais après mon auditeur, je jetais les boites de l'électromètre ("le patient" est lié par des boites servant d'électrodes) je refusais d'aller en séance, je faisais une vraie scène. Ca finissait en Ethique et on me collait un garde du corps sur le dos.
 
Cela dura des semaines, je pense ; dans l'état où je me trouvais ca peut avoir duré aussi bien 2 jours que 2 mois. C'est vers cette période que je tombai malade."
 
É" Je fis alors le mur et commençai à errer en ville. Personne ne m'avait vue car j'avais juste quitté les malades je n'étais pas encore sous bonne garde. J'ai marché un quart d'heure comme un zombie un peu comme si ma tête était hors de tout espace, rien ne me venait à l'esprit, vide complet, un zombie, quoi. Je ne remarquais rien de ce qui m'entourait, je ne savais pas où j'allais, je marchais, quoi. Au bout d'un quart d'heure, j'ai commencé à réaliser que je venais tout bêtement de faire le mur.
 
J'étais très ennuyée, j'étais pétrifiée. Je voulais rentrer mais si je le faisais, je serais de nouveau sous bonne garde et envoyée au RPF du RPF. On me remettrait à nouveau sur la "liste des mauvais indicateurs" (gens placés sous garde continuelle)
 
Je ne sais pas où j'étais, quelque part dans Fort Harrison Avenue peut-être ? Je me suis assise sur un trottoir pour réfléchir. Puis je me suis souvenu que j'avais le numéro de mon amie. Je l'ai appelée d'une cabine. Elle me dit le chemin pour arriver chez elle. C'était à 7 ou 8 kilomètres.
 
J'ai marché et en arrivant il y avait 4 ou 5 gars qui m'attendaient J'ai complètement perdu la tête en les voyant, j'ai hurlé, pleuré, leur disant que je voulais voir mon amie seule. Je tenais des propos incohérents, les larmes coulaient, je continuais à crier que je ne pourrais plus continuer le RPF que c'était de ma faute, que j'étais psychotique, que je ne pourrais pas "manier mon cas" mais que je ne pouvais pas le faire dans le RPF car j'étais trop "restimulée" et que je n'arriverais donc jamais à sortir du RPF. Mon amie m'a convaincue de retourner sur le RPF.
 
Elle m'a dit qu'il fallait être fou pour s'en aller avec une "dette de déserteur" pareille, que je ne pourrais pas la payer. (La scientologie fait payer tous les services de formation et autres qui ont été pris par un membre du personnel si celui-ci s'en va avant d'avoir rempli son contrat, même celui d'un milliard d'années ! C'est évidemment illégal mais cela augmente la pression exercée ; cette pratique se nomme "dette de déserteur") Elle me raconta qu'un de nos amis avait quitté la scien- tologie et s'était tué peu après dans un accident de moto. Que j'allais fabriquer un "motivateur" (si vous faites une mau- vaise action, vous pouvez vous punir vous-même, c'est l'idée du motivateur) Finalement, je fus d'accord pour revenir et être "routée dehors" de la SO.
 
Les gars m'escortèrent, on me mit sous bonne garde immédiate. Je pense que c'était début août. Les semaines suivantes me laissent le souvenir d'un brouillard indistinct- une masse de confusion. Je sais qu'on m'a fait une Cours d'Ethique (justice disciplinaire scientologue à caractère grave) un Comité d'Evidence (plus grave encore) avec des témoignages à l'appui.
 
Tout cela servant à démontrer à quel point j'étais mauvaise de vouloir quitter la SO. Si je commençais à douter de la sciento, le maître d'armes me disait que je n'appliquais pas convenablement les formules d'éthique et me faisait tout recommencer. Peu à peu, je devenais folle. J'étais gardée tout le temps et refusais la plupart du temps de travailler. Finalement, on en vint à ce qu'ils me laissent simplement assise sans rien faire ou en train de remplir mes formules de conditions d'éthique à longueur de journée.
 
L'un des maîtres d'armes a essayé de me balancer au RPF du RPF mais j'ai hurlé que s'il me touchait je le mordrais. Ils me laissèrent m'asseoir me harcelant de temps à autre en me disant que je serais déserteur; ils me disaient: tu ne crois pas que tu pourrais au moins travailler pour payer le pain que tu manges ? ce à quoi je répondais: non. Je crois qu'ils en étaient arrivés au point où ils ne savaient plus que faire de moi. J'ai finalement dit que s'ils ne me laissaient pas partir je deviendrais folle."
 
"Le 2 septembre 1978 je pris l'avion pour le Colorado avec un billet payé par mes parents.
 
Je pourrais résumer le RPF en une phrase: il s'agit d'UN PROCEDE PAR LEQUEL ON VOUS FAIT CROIRE QUE VOUS ETES FOU ET QUI VOUS REND VRAIMENT FOU."
 
Ann Rosenblum était messagère du commodore dans la CMO (Organisation des messagers du commodore Hubbard) et avait un poste important au quartier général ouest La Quinta, Californie.
 
Elle reçut un nombre impressionnant de vérifications de sécurité (sec-checks) dont elle parle dans son témoignage. Parmi ces vérifications elle dit avoir reçu la vérification de sécurité spécialement écrite par CMO. L'ironie de l'histoire, est qu'elle avait elle même écrit une vérification de sécurité de distribution limitée et classée confidentielle. En effet, Le 3 mars 1977, quelques mois avant son assignation à l'RPF, elle a écrit un confessionel (classified confessional) de 231 questions qu'elle signe de son nom suivi de son poste de messagère du commodore approuvé par Hubbard
 
Ann Rosemblum avait 23 ans en 1978. Elle a réussi à se reconstruire en partie grâce à l'amour de ses parents.
 
Son témoignage de plus de 15 pages sur le RPF est poignant et est le plus complet qui soit.
 
 
5) Témoignage de Monica Pignotti de1989
 
My Nine Lives in Scientology
(Mes neuf vies en Scientologie)
 
RPF à bord de l'"Apollo" (1974)
 
Extraits:
 
Monica Pignotti a vécu 6 ans en Scientologie, de 1971 à 1976. Elle n'avait que 18 ans en 1971 lorsqu'elle travaillait en tant qu'auditeur du Staff à la mission de Salt Lake City. En 1973, elle rentre à la SO à AOLA (advanced organisation of Los Angeles) étant déjà OT 3 et auditor Classe VI.
 
Elle se fait remarquer grâce à sa bonne réputation d'auditeur et Mary Sue Hubbard (la 4 femme du gourou) l'invite person- nellement à rejoindre le "Flagship Apollo" où vivait Hubbard ce qui était un grand honneur. Elle y vécut 2 ans, a été témoin d'incidents ahurissants sur l'"Apollo". Incidents qu'elle narre avec beaucoup d'à-propos dans son excellent témoignage. Elle fut arbitrairement assignée 2 fois à l'RPF et une fois à l'RPF du RPF à bord de l'Apollo dont voici ces quelques extraits.
 
"En janvier 1975, je retournai donc au RPF. Cette fois, cependant, cela n'eut rien à voir avec le RPF de 1974 que j'avais personnellement inauguré. Les RPFers ne se serraient pas les coudes pour s'entraider mutuellement et il était beaucoup moins facile d'en sortir. Une nouvelle version du RPF a été mise au point pour les récalcitrants: le RPF du RPF. Le RPFer y étant assigné devait travailler toute la journée dans des conditions très pénibles à l'intérieur de la salle des machines pour nettoyer la cale et était censé dormir dans le local de la chaîne d'ancre. La première personne à y être assignée s'appelait Ron Hopkins, un cadre de Londres. Je l'aperçus parfois dans la salle des machines. Il était couvert de crasse récoltée en fond de cale et paraissait misérable. Il toussait énormément à la suite d'une crise de pneumonie dont il n'était visiblement pas remis.
 
"La vie au RPF était très dure, chaque journée débutant à 5 heures 3O du matin. Nous étions divisés en groupes de 5 à 7 personnes. L'équipe féminine nettoyait toutes les salles de bain du bateau, certaines coursives et les salons, comme le salon arrière. Nettoyer les salles de bain ne signifiait pas seulement faire briller les cuvettes. Il fallait également astiquer entièrement la pièce, y compris les cloisons et les plafonds.
 
Après notre grand nettoyage, il y avait le passage au gant blanc. Si le gant présentait des traces de saleté, le coupable était condamné à courir autour du bateau de la proue vers la poupe (soit environ 300 mètres) Un jour, mon supérieur hiérarchique qui était une femme, n'étant pas satisfaite de mon travail m'ordonna de "faire un tour" (en anglais : take a lap)
 
Je protestai car je trouvais sa décision injuste, mais sa réponse fut : "On ne répond pas. Fais deux tours !". J'objectais encore et elle continua: "Fais 4 tours !". Cela continua ainsi jusqu'à 10 "tours". A une occasion, je marchais au lieu de courir comme ordonné. Le responsable du RPF - à l'époque Homer Shomer- m'ayant prise sur le fait, se mit à courir après moi. J'essayai de lui échapper mais il était trop rapide. Il m'attrapa violemment et j'eus finalement droit à des tours supplé- mentaires.
 
La leçon essentielle au RPF était d'obéir aux ordres sans discuter peu importe ce que nous puissions ressentir ou qui donnait l'ordre. C'était une leçon que je n'avais pas envie d'apprendre. Je ne l'avais pas apprise lors de mon premier séjour au RPF et j'étais donc de retour. L'obéissance aveugle ne correspondait pas du tout à ma mentalité. Je pensais que la Scientologie prônait l'indépendance et l'autodétermination, non pas la soumission inconditionnelle à l'autorité."
 
"Je ne voyais aucun espoir de m'en sortir. Un jour, je me suis effondrée. Je pénétrai dans la cale inférieure où se trouvait la salle du cours du RPF et je me mis à crier de toutes mes forces comme jamais je ne l'avais fait de ma vie. J'avais l'impression de ne pas pouvoir m'arrêter. J'avais perdu mon "self control". Finalement, Ron Hopkins alla trouver le médecin pour chercher du Cal-Mag (ndt : une solution de calcium et magnésium) une mixture censée m'aider à m'apaiser.
 
Cela sembla réussir durant quelques heures, mais le jour suivant, mon chagrin reprit le dessus. Je passai plusieurs jours sans pouvoir m'arrêter de pleurer. J'étais dans un état de désespoir profond. Dans cet état de trouble émotionnel je réali- sai que la Scientologie n'était qu'une imposture. Je ne trouvais pas les mots pour décrire le vide qui s'abattit sur moi. A l'époque, il n'existait pas d'associations d'aide aux anciens adeptes susceptibles de m'aider à comprendre ce qui se passait en moi. Une chose était certaine, jamais je n'avais été dans un état aussi désastreux de toute ma vie.
 
David Mayo remarqua mon état et sembla très inquiet mais même le superviseur des Cas (personne qui supervise l'audition) fut incapable de cerner ce qui n'allait pas chez moi. J'avais l'impression d'avoir tout perdu. J'étais entrée en Scientologie avec de grands rêves et de grands projets de ce que le monde pourrait être et j'avais travaillé très dur pour faire de mes rêves une réalité."
 
" J'avais perdu ma capacité à me mettre en colère. Tout ce dont j'étais capable était de pleurer. Aussi malheureuse que je sois, j'étais persuadée j'étais quand même aussi persuadée que la vie à l'extérieur de la Scientologie serait bien pire encore."
 
"Et c'est ainsi que le 26 mai 1975, je fus assignée au RPF du RPF. Je passais de longues journées dans la salle des machi- nes à enlever la boue nauséabonde des fonds de cale et à repeindre les parois. J'étais assignée à la "Condition d'Ennemi" et pour en sortir, je devais rédiger une dissertation sur le sujet suivant :"Découvrez qui vous êtes en réalité". Je soumis ma rédaction à Ron Hopkins mais il n'en fut pas satisfait. Je ne comprenais pas ce qu'il attendait de moi. Pendant des jours je m'acharnais à trouver une réponse qui puisse lui convenir. Qui étais-je ? A vrai dire, je ne le savais pas moi-même.
 
Si je l'avais su à l'époque, je les aurais laissés m'expulser et m'envoyer aussi loin que possible du bateau et de tout ce monde à bord. Mais quitter Scientologie était une possibilité que je refusais d'envisager. J'étais toujours persuadée que quitter la Scientologie serait pire que tout ce que j'endurais sur le bateau.
 
Je passais 5 jours au RPF du RPF mais cela me parut bien long. Il m'était interdit de communiquer avec qui que ce fût excepté Ron Hopkins. J'étais déterminée à conserver le peu de raison qui me restait. Le meilleur moyen était de taire toutes mes émotions. C'était une question de survie. J'écrivis enfin une dissertation à Hopkins et je sortis du RPF du RPF. Ils avaient finalement réussi à me briser après une longue résistance. Quand Ron Hopkins avait dit :" ça suffit ! tu es assignée à l'RPF du RPF !" quelque chose s'était brisé en moi et je n'ai plus jamais eu envie de me défendre. Je n'étais plus en colère, j'étais réduite à l'état de machine à obéir. A force de mauvais traitements, j'avais finalement retenu la leçon du RPF."
 
"Jusqu'à ce moment de capitulation, je n'ai pas eu trop de difficultés à trouver les mots pour décrire mes expériences ; mais maintenant, j'ai l'impression de n'avoir pas grand chose à dire pour évoquer cette période qui a suivi ma libération du RPF du RPF. Peut-être parce qu'il ne restait presque plus rien de moi-même à la fin de cette épreuve. Mon identification à la Scientologie avait pris le dessus et j'étais devenue une "Rondroïde" une sorte de robot de Ron Hubbard. J'avais cessé de créer des problèmes et j'exécutais machinalement tout ce qui m'était demandé."
 
Monica Pignotti resta un temps à Clearwater, fin 1975 après que l'"Apollo" eût été vendu, puis occupa malgré elle le poste de D of P (directeur du processing) à AOLA en mai 1976. Menacée en août 76 d'avoir un Com Ev (comité d'évidence = mesure disciplinaire équivalant à la court martiale) elle prit le lendemain le bus pour Michigan ou elle rejoignit sa mère. Pendant 9 mois, elle ne fit rien d'autre que de rester à la maison essayant de comprendre ce qui lui était arrivé et de s'adapter à sa nouvelle vie.* En 1977, elle s'inscrivit à l'université de Michigan d'où elle décrocha une licence de lettres. Elle passa une ensuite une maîtrise en "Social work" et est actuellement psychologue titularisée à New York.
 
*Intéressant de noter que Margery Wakefield mentionne dans son livre, Le Chemin vers Xenu qu'en rentrant chez ses parents elle resta prostrée dans un fauteuil à écouter de la musique.
 
 
6) Déclaration sous serment de Larry D. Wollersheim du 4 février 1980
 
RPF à bord de l'"Excalibur" (1974 ?)
 
Extrait:
 
... "Finalement la secte me donna l'ordre de faire le RPF ce qui impliquait que j'étais mauvais et que je devais me réhabiliter moi-même comme je pouvais. Cela fut l'expérience la plus dégradante de ma vie. Le RPF était sur le bateau "Excalibur" (faisant partie des 7 bateaux de la flotte SO) qui était amarré à San Pedro, Californie. Nous étions emprisonnés, sauf pour nettoyer le pont du bateau, sur une zone toute petite. La nourriture était si mauvaise qu'une personne, Bill Yaoude, a dû être hospitalisé pour malnutrition. Je passais mes jours en lamentations me demandant pourquoi j'étais tellement mauvais et rebelle aux ordres de la secte et à ses règlements.
 
Puisqu'ils allaient "sauver l'humanité", je travaillais donc contre la seule organisation qui pouvait "sauver l'humanité". J'étais audité et corrigé sur les auditions passées encore et encore, jusqu'à ce que je ne puisse plus en prendre (supporter). Je fis alors le projet de sauter secrètement pardessus bord. Quand je mis ce projet à exécution, je fus rattrapé et maintenu à bord en attendant l'arrivée de l'officier d'Ethique qui me mit en garde sur ce qui m'arriverait si je partais: je serais décla- ré SP (personne supressive) et en trahison. Je me fis tout petit et retournai au RPF. Plusieurs semaines après je fus libéré du RPF comme ayant été assigné là par erreur."
 
Larry D. Wollersheim est en procès avec la Scientologie depuis 1980. Il a gagné son premier procès et une somme de 2 millions et demi de dollars que la secte ne lui a jamais versée. En revanche, la secte fait traîner en longueur les procès (5) tant et si bien que sur le Net on parle de "Wollersheim the V"
 
Julia Darcondo raconte dans son livre Voyage Au Centre de la Secte* paru en 1987 qu'elle aida Larry à s'enfuir du RPF de Copenhague auquel il avait été assigné.
 
Larry ne pouvait pas supporter d'endurer un deuxième RPF et profita d'un incident pour s'enfuir. "Il avait couru droit devant lui, dans les rues désertes. C'est alors qu'il m'avait aperçue ma valise à la main. Il me connaissait de vue et savait que j'étais de l'org de Paris. Alors il a joué le tout pour le tout, au risque d'être dénoncé. Son regard était encore chargé de terreur." (Extrait du livre p 246)
 
* Les copyrights de ce livre ont curieusement été achetés par la secte !
 
 
7) Déclaration sous serment de Stacy Young
 
le 13 octobre 1994
 
RPF de "PAC" (pacifique) (1982): Los Angeles, Californie
 
Extraits:
 
177) Miscavige m'accusa d'être un agent envoyé pour détruire la Scientologie. Il prétendit que je travaillais pour Michael Flynn un avocat qui gagnait à l'époque des procès contre la Scientologie. Il ordonna qu'on me fasse subir une vérification " Gang bang". Deux gros balaises André Tabayoyon et Rick Aznaran m'ont enfermée dans une pièce et questionnée des heures durant. Pendant l'interrogatoire ils me hurlaient dessus et m'insultaient. Ils m'accusaient de toutes sortes de crimes contre la Scientologie. Ils exigeaient que je confesse être un agent ennemi.
 
178) Miscavige avait aussi ordonné que je fasse le "programme de course" (Running Program) dans mes obligations du RPF. Cela consiste à courir autour d'un piquet orange douze heures par jour. J'étais censée le faire jusqu'à ce que je me rende compte de ce qui n'allait pas chez moi, auquel moment j'étais censée arrêter mes critiques à l'encontre de Miscavige.
 
179) Après l'une des séances Gang Bang j'étais très boulerversée je n'ai pas fait attention où je mettais les pieds en courant autour du piquet et je suis tombée dans un trou d'une trentaine de centimètres et me suis abîmée un disque sacro-iliaque, ce qui m'a immédiatement obligé à rester étendue sur le dos. Je ne pouvais plus marcher, un médecin m'a interdit de bouger sous peine de risquer la paralysie tant que le disque ne serait pas remis.. J'ai payé le médecin moi-même car Miscavige avait ordonné que personne ne m'aide d'aucune manière ; d'ailleurs je n'ai pas été payée du tout pendant des mois au RPF.
 
180) Malgré mon état médical diagnostiqué par un médecin scientologue Miscavige ordonna qu'on me renvoie en Floride pour m'éloigner le plus possible de mon mari. Miscavige dit qu'il craignait que je monte mon mari contre lui. Une Messagère du Commodore pénétra dans ma chambre et m'ordonna de faire mes valises immédiatement pour prendre l'avion du soir pour Clearwater. On me transférait au RPF de Flag (un des QGs). J'ai protesté, elle a continué à insister pour que je me lève jusqu'a ce que j'obtienne qu'elle téléphone le médecin qui lui dit que l'"église" serait responsable si je restais paralysée.
 
181) Bien que Miscavige m'ait laissée à Los Angeles, je suis restée sous bonne garde, contre mon gré au 7 ème étage du bâtiment pour que je ne puisse pas m'échapper et communiquer avec mon mari. On ne nous a pas permis de nous voir trois mois d'affilé et même nos lettres étaient interceptées. Nous ignorions tous deux ce qui se passait et la situation était angoissante pour tous les deux. J'étais sous la menace d'expulsion et je savais que si j'étais expulsée je ne reverrais plus jamais mon mari. J'avais une peur épouvantable que Miscavige mente à mon mari et que ce dernier se retourne contre moi. J'ai finalement réussi à convaincre Miscavige que je n'étais pas une menace pour lui et mon mari et moi avons de nouveau pu nous voir. Miscavige règle tout à travers la Sea Org. Il n'y a aucun respect des entités corporatives.
 
182) Tout les staffs ayant travaillés dans les parages de Miscavige peuvent raconter les horreurs du genre de celles-ci. Les seuls qui parleront seront cependant ceux qui sont partis parce qu'aussi longtemps qu'ils sont dedans, Miscavige a le droit de vie et de mort sur eux. Il peut séparer les couples, séparer les enfants des parents, les empêcher de dormir, de manger quoique ce soit d'autre que du riz et des haricots, les emprisonner pendant des années dans des camps de prisons comme le RPF. Le pouvoir de Miscavige est absolu et se fiche des frontières des entités corporatives. Comme le fit Hubbard avant lui, il transmet son pouvoir via la Sea Org qui est un corps sans existence corporative et qui n'est qu'un corps de scientologues farouchement dévoués à la cause."
 
Stacy Young a tenu pendant 15 ans plusieurs postes à hautes responsabilités dans la Sea Org : de 1975 à 1989. En contact direct avec le nouveau gourou David Miscavige dont elle a été à la fin un des souffre douleurs, son témoignage est capital d'autant plus qu'elle occupait des postes clés dans le management de l'Office du Gardien (actuellement OSA) et dans celui de Author Service (ASI)
 
 
8) Déclaration sous serment de David Mayo
 
du 14 octobre 1994
 
RPF de "Happy Valley" à Hemet (Californie) 1982.
 
Extrait:
 
"Le 29 août 1982, David Miscavige avec ses hommes m'ont enlevé sur ordre de Ron Hubbard, tenu en captivité et fait subir des sévices physiques et psychologiques pendant 6 mois.
 
A cette époque, David Miscavige, officier et directeur de RTC (Religious and Technology Center) m'avait dit en présence de Vicki Aznaran, présidente de RTC et de Mark Yaeger, officier commandant CMO INT (commodore mes- senger org international) du CSI que si je m'échappais, il veillerait personnellement à ce que l'église de scientologie emploie tous les moyens pour détruire ma personnalité et ma réputation internationalement. Au cours de ces 6 mois de captivité, j'ai été obligé de courir autour d'un arbre dans le désert, sous une température de plus de 40°C, 12 heures par jour et 7 jours sur 7, pendant 3 mois successifs. Je subissais de terribles contraintes.
 
J'étais privé de traitement médical dentaire (à l'issue de ma captivité, j'ai perdu 6 dents et dépensé des milliers de dollars de frais de dentiste pour sauver celles qui me restaient). Je n'avais pas le droit d'appeler ou de recevoir des communi- cations téléphoniques et toutes les lettres que j'écrivais étaient relues par les gardiens de sécurité de la Scientologie. J'ai été souvent réveillé et interrogé en pleine nuit (principalement par Jesse Prince). Au début de Février 1983, Rick Aznaran, directeur de la sécurité m'a dit qu'il était inutile de penser à une évasion, puisque, selon lui, je ne quitterais jamais la propriété en vie.
 
Néo zélandais, David Mayo était le Senior C/S international jusqu'en 1982. Il a travaillé directement sur le niveau de Nots et était l'auditeur de Hubbard sur Nots. Théoriquement il était l'héritier testamentaire en ce qui concernait la technologie de la secte. Il a été évincé du pouvoir avec beaucoup d'autres par David Miscavige qui gagna ainsi le contrôle total de la secte multinationale. David Mayo a ouvert une église dissidente qui applique les procédés de la Scientologie, semblerait-il de manière un peu plus démocratique. Elle s'appelle The Church of the New Civilization, Santa Barbara, Californie (USA)*
 
* Ref : Newsgroup ARS Who's Who in Scientology
 
 
9) Déclaration sous serment de André Tabayoyon
 
du 4 avril 1994 (voir aussi Abécédaire des techniques de contrôle mental utilisées dans le RPF)
 
RPF "Happy Valley" près de Hemet (Californie)
 
Extrait:
 
" En 1987, j'ai aperçu David Miscavige donnant l'ordre d'incarcérer Vicki Aznaran dans un endroit appelé "Happy Valley". Happy Valley est un ranch situé à 11 miles de la base Gold près de Hemet (Californie) Cet endroit a ensuite été transformé en un centre de détention et de correction RPF. Vicki était le directeur exécutif au sein du RTC quand à l'issue d'une querelle de pouvoir, Miscavige est parvenu à l'évincer et la faire incarcérer au RPF de la base Gold, une unité du CSI.
 
Je me trouvais dans le complexe de Happy Valley lorsque Vicki fut amenée en voiture. Miscavige la suivait dans une autre voiture derrière elle. A leur arrivée, j'ai entendu Miscavige crier à Vicki: Tu vas faire ce (mot manquant, probablement "putain") de RPF.
 
Miscavige m'a dit que Vicki, Jesse Prince et Spike Bush avaient été consignés au RPF. Il a ajouté : je suis sûr qu'ils ne pourront plus nuire aussi longtemps qu'ils resteront à l'RPF. Ce ne sont que des criminels.
 
Vicki a passé 120 jours au RPF. En tant que directeur des rénovations de Gold j'étais chargé de superviser le travail exécuté à cette époque. Miscavige m'a demandé de garder un Ïil vigilant sur Vicki car il craignait qu'elle tentât de s'évader.
 
A raison de 12 heures par jour, pendant toute la durée de son séjour, sauf dans les moments où elle était trop malade pour bouger, je l'ai vue courir autour d'un poteau (conformément au " Running program", programme de course). C'est une des formes de sévices les plus dures du RPF. Ce traitement est réservé aux personnes déclarées en très basse condition d'éthique". Il est souvent considéré comme un programme pour dominer les personnes jugées démentes par la hiérarchie scientologue. En plus de son "running program", Vicki "travaillait sur d'autres projets" 5 heures additionnelles.
 
Finalement, Vicki a réussi à s'évader du RPF. Elle poursuit actuellement la Scientologie en justice."
 
Remarque: Curieusement, Vicki Aznaran ne mentionnera pas son expérience au RPF dans sa propre déclaration sous serment du 7 mars 1994.
 
 
10) Abécédaire des techniques de contrôle mental utilisées dans le RPF
 
Déclaration sous serment d'André Tabayoyon du 4 avril 1994.
 
Extraits:
 
"11) L'endoctrinement que j'ai reçu dans la SO était extensif. Il m'a entièrement fait découvrir les méthodes de coercition dont se sert la Scientologie envers les gens du public et les membres du personnel (staff) Mon entraînement a inclus :
 
a) Le FEBC - Cours pour cadre de Flag. Toutes les lettres de règlements écrites par Hubbard sur la façon de gérer et réparer si nécessaire, créer une organisation complète en se servant des méthodes de réforme de pensée et de pratiques, jointes à la persuasion coercitive envers le staff et le public.
 
d) Entraînement à l'endoctrination du RPF
 
e) Cours d'officier de section du RPF
 
f) Cours du Maître d'Armes (MAA) du RPF
Dans ces derniers j'ai appris comment user des procédés de réforme de la pensée pour rendre les personnes perméables à la persuasion.
 
g) Cours de Technicien responsable du RPF (Tech I/C Hat)
J'y ai appris comment administrer diverses procédures de réforme de la pensée, de l'idéologie et du comportement social afin que la personne accepte les buts de la Scientologie tels que les définit Hubbard-ou Miscavige.
 
h) Cours de Technicien des qualifications (QUAL) du RPF
Cet entraînement m'apprit à reconnaître les erreurs d'application des procédures de réforme de la pensée, de l'idéologie et du comportement social, afin d'en maximiser les effets envers les personnes que je supervisais.
 
i) Cours de Superviseur des Cas du RPF (C/S)
J'y ai appris comment me servir de la réforme de pensée pour changer les aspects de la personnalité du sujet et obtenir un engagement de la personne à aller vers les buts de la Scientologie et de "clarifier la planète" (conquérir la planète)
 
j) Cours d'Auditeur du RPF
J'y ai appris comment me servir des méthodes de réformes de pensée pour contraindre les sujets à confesser leurs crimes et pêchés envers la Scientologie en tant qu'"étape" vers leur réhabilitation afin de redevenir des scientologues dévoués.
 
k) Entraînement " Roll Back" destiné à devenir capable de suivre la trace des rumeurs, des déclarations de désaccord ou opposées à la scientologie afin de remonter jusqu'à la source et qu'elle ne reste pas cachée et que les sources de désaffection soient éliminées.
 
l) Entraînement à la procédure de Propagande Noire (Black PR Rundown)
Ce cours apprend à découvrir qui est la source des informations négatives et à la manier complètement par des méthodes et pratiques de coercition mentale. J'ai appris à rechercher les informations négatives envers la scientologie une fois que leurs auteurs sont découverts ils sont sujets à la règle et aux pratiques du Gibier de Potence (Fair Game) par exemple en les envoyant au RPF du RPF (prison scientologue des prisons scientologues) ou en les abusant mentalement.
 
m) Entraînement à la Procédure de Vérité (Truth Rundown)
J'y ai appris comment me servir de la réforme de pensée pour corriger la conduite erronée de gens rependant des rumeurs ou de la propagande noire à l'extérieur de la scientologie.
 
n) Entraînement à l'Instrospection (Instrospection Rundown)
J'ai appris les techniques scientologiques destinées à reprendre contact avec des personnes ayant souffert d'une crise de psychose durant les procédés de réforme de la pensée. Les gens dans ce cas ne pouvaient plus lier les choses au monde réel. Dans la majorité des cas, l'entraînement à l'instrospection visait à destimuler (réduire) les stimuli auxquels la victime était sujette, en espérant qu'elle se remettrait ensuite.
 
o) Entraînement à la Procédure sur les Faux Buts (FPRD : False Purpose Rundown)
Il s'agit d'une volée de procédés de réformes de pensée utilisées pour changer la manière de penser des personnes. J'ai appris comment superviser les auditeurs réformant les pensées des gens alors qu'ils se trouvaient à l'RPF.
 
p) Entraînement à faire "sauter les idées fausses" (False Data Stripping)
Il s'agit d'une technique destinée à découvrir et faire disparaître "l'out- tech" c'est-à-dire les pensées non-orthodoxes par rapport à la scientologie et remplacer ces idées par de l'information Hubbard.
 
q) Procédé d'"éducation KTL" (Key to Life ?)
Il s'agit d'un procédé d'intimidation capital durant lequel on ré-endoctrine entièrement la personne depuis la grammaire de base et l'usage de l'anglais afin qu'elle communique les principes scientologues de façon correcte et concise.
 
r) Entraînement au "trop horrible" (Too gruesome Training)
Cet entraînement est destiné à instiller la terreur totale et la crainte abjecte à des subordonnés afin qu'ils obéissent sans hésiter aux ordres du superviseur. J'ai été membre de la Scientologie 21 ans durant, de 71 à 92. Durant toute cette période j'ai reçu un entraînement complet et extensif en tant que scientologue.
 
16. La Sea Org est à la scientologie ce que le parti Communiste était à l' Ex URSS ou la Gestapo à l'Allemagne Nazie. En fait, ses membres ne sont pas autorisés à lire des doctrines communistes, ni des magazines ou livres traitant de contrôle mental, en raison des similitudes avec la vie interne à la Sea Org que l'on verrait dans ces papiers.
 
18. En tant que membre de la Sea Org, j'ai reçu des milliers d'heures d'entraînement sur la politique de base de la Sea Org. On m'a assigné au RPF en 1977, durant 18 mois. En 1980, on m'y a remis pendant 2 ans et demi. En 1987 à nouveau pour 18 mois. J'y ai donc passé environ 6 ans au total. Durant ces 6 années, j'ai aussi passé 19 jours entiers au RPF du RPF. Le RPF du RPF est destiné à détruire totalement tout déterminisme individuel chez ceux qui ne veulent pas faire le RPF. Le RPF c'est le goulag pur et simple, le camp de concentration. Pour sortir et ne plus y rentrer, vous devez prouver que vous avez altéré les valeurs idéales, morales, émotionnelles et l'attitude d'un autre membre du RPFsur une longue période, comme le prouveront le comportement et les actions de la personne ainsi "modifiée".
 
On doit aussi préparer des preuves sous forme de lettres de succès indiquant à quel point le RPF est merveilleux et qu'on l'a fait de plein gré."
 
André Tabayoyon a eu le courage d'écrire un témoignage d'une trentaine de pages édifiant à tout égard. (Le témoignage dans son intégralité).
 
André Tabayoyon termine son témoignage en nous informant qu'étant subitement tombé en disgrâce après 20 ans de loyaux services dans la Sea Org, il réussit à s'enfuir avec sa femme de Hemet en décembre 92 en y laissant son fils de 21 ans qu'il ne put localiser et qu'il n'a plus revu depuis.
 
Note: Mary Tabayoyon a écrit un témoignage édifiant sur les pratiques d'avortements systématiques exigés pour le personnel de l'"Organization maritime". En 2010 d'autres jeunes femmes scientologues témoigneront des mêmes abus.
 

     «Ron Hubbard, le gourou démasqué»

 

Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de l'église de scientologie. On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice. Il est disponible en format pdf ou html sur notre site. Nous avons également publié une version résumée.

 

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Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent.

 

Témoignage de Jean-Luc Barbier

       

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