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La face cachée de la scientologie

USA:


Anonymous versus Scientology 

Les Anonymous dénoncent les abus de la Scientologie

 

«Er schlug unsere Köpfe zusammen, bis ich blutete»

http://www.tagesanzeiger.ch/ - August 3, 2009
[Texte intégral]

Eine Zeitung aus Florida enthüllte die Geschichte von vier einstigen Top-Mitgliedern von Scientology, die jahrelang misshandelt wurden. Jetzt melden sich Dutzende weitere – und erzählen.

Sie erzählen ihre Geschichte: Frühere Scientology-Mitglieder auf der Titelseite der Zeitung.- Bild: tampabay.co

Die «St. Petersburg Times», ein Blatt aus Florida mit nationaler Ausstrahlung, zog die Geschichte gross auf. Unter dem Titel «The Truth Rundown», etwa «Die enthüllte Wahrheit», brachte sie eine dreiteilige Reportage, mitsamt zugehöriger multimedial gestalteter Webseite, über Marty Rathbun, Mike Rinder, Tom De Vocht und Amy Scobee. Sie sind die vier höchsten Mitglieder von Scientology, die je die Kirche verlassen haben.

Die ehemaligen Scientologen, denen Aufgaben wie die Medienarbeit der Kirche, die Führung des Prominentennetzes oder auch des Hauptsitzes zugeteilt waren, erzählen von Jahrzehnte langen Demütigungen und Misshandlungen, insbesondere durch David Miscavige, den Anführer der Scientologen. Miscavige hat seinen Platz auf dem Scientology-Thron einst von Gründer L. Ron Hubbard geerbt und wird von Mitgliedern weltweit als spirituelle Leitfigur verehrt.

«Die Macht der grossen Zahl»

Die Geschichten der Vier ähneln sich. Sie handeln davon, wie Miscavige die hochrangigen Mitglieder wiederholt ohrfeigte, ihre Köpfe gegen Wände schlug oder sie verprügelte. Teilweise wurden sie auch vor der versammelten Gemeinde verbal gedemütigt oder mussten «Reise nach Jerusalem» spielen, die Übung, bei dem immer ein Stuhl zu wenig in der Runde steht. Miscavige beschimpfte sie dabei als «Verlierer».

Seit die «St. Petersburg Times» die Reportage veröffentlicht hat, haben sich nun zahlreiche weitere ehemalige Mitglieder bei den Autoren gemeldet und von ihren Erfahrungen mit der Sekte erzählt. Zwölf von ihnen zeigte die Zeitung am vergangenen Sonntag auf der Titelseite ihrer gedruckten Ausgabe – unter der Zeile «Die Macht ihrer grossen Zahl».

David Miscavige

David Miscavige, 49 Jahre alt, arbeitet seit seinem 16. Lebensjahr Vollzeit für Scientology. Nach verschiedenen Medienberichten habe er den Sektengründer L. Ron Hubbard mit seinem Ehrgeiz beeindruckt. Er holte ihn früh ins kalifornische Hauptquartier, wo Miscavige immer höher in der Hierarchie der strikt organisierten Kirche aufstieg.

Als Hubbard 1986 starb, übernahm Miscavige den Chefposten von Scientology. Unter seiner Führung wuchs die Kirche rapide an, ausserdem erreichte er, dass sie als Religionsgemeinschaft von Steuerpflicht befreit wurde.

Zwei Drittel redeten nicht öffentlich

Manche der bekennenden Scientology-Opfer wollten mit ihren Erzählungen ihre vier Vorgänger unterstützen, die von der Kirche als Lügner dargestellt würden, so das Blatt. Andere fühlten sich nun, nachdem so prominente Aussteiger an die Öffentlichkeit gegangen seien, sicherer, ihre eigene Geschichte zu erzählen. Trotzdem: «Für jeden, der offen mit Namen und Text hinsteht, gab es einen bis zwei, die das ablehnten», schreiben die Autoren.

Diejenigen, die es taten, zeichnen ein ähnliches Bild wie Rathbun, Rinder, De Vocht und Scobee – das einer Organisation, die ihre Mitglieder unter extremer Kontrolle hält und sie regelmässig demütigt. Vier weitere sagen ebenfalls aus, sie seien von Miscavige misshandelt worden. Einer von ihnen, Mark Fisher, schildert eine besonders brutale Szene. An einem Treffen habe Miscavige ihn und ein anderes Mitglied gequält: «Er schlug unsere Köpfe zusammen, bis ich blutete.» Einer der anderen Zeugen, die sich bei der «Times» meldeten, hat den Vorfall nach eigener Aussage beobachtet.

«Desillusioniert, bitter und unehrlich»

Scientology weist die Berichte als falsch zurück. «Es ist offensichtlich, dass diese neuen ‹Berichte› durch ihre ersten Artikel ausgelöst worden sind», wird Sprecher Tommy Davis zitiert. «Sie sind nichts weiter als Hirngespinste einiger Anti-Scientologen, die sich im Internet tümmeln und gegenseitig aufheizen.»

Laut der Zeitung liess Scientology den Autoren über zwanzig Aussagen von aktuellen und früheren Top-Mitgliedern der Organisation zukommen, die den Kritikern die Glaubwürdigkeit absprechen. «Sie sehen anhand dieser Beweise, dass ihre ursprünglichen Quellen desillusioniert, bitter und unehrlich waren; die neuen Quellen sind bloss mehr von demselben», soll Davis dazu geschrieben haben.

Die «St. Petersburg Times» ist bekannt für ihre investigativen Berichte zur Scientology-Kirche. Sie hat seit 1964 acht Pulitzer-Preise erhalten, einen davon 1979 für ein Stück, dass eine Immobilien-Investition der Sekte aufdeckte.

(oku)

 

Scientologie: l'abord souriant cache un intérieur sinistre

Howard Troxler, Editorialiste au Times
Mardi 23 juin 2009

[Texte intégral]

Soit plusieurs ex-membres de très haut rang et très anciens de la scientologie ont décidé en même temps de mentir au Times, lors d'une complète conspiration magnifiquement orchestrée et élaborée...

Ou bien ils ne mentent pas, et confirment dès lors que le chef de l'église, un homme nommé David Miscavige, a de vrais problèmes de pouvoir et de paranoïa, si l'on observe les agressions physiques assez fréquentes infestant la culture des échelons supérieurs de l'église.

Les articles du Times de mes collègues Joe Childs et Thomas C. Tobin ces trois derniers jours ont été fantastiques. Nous n'avions pas lu quelque chose d'équivalent sur un groupe religieux depuis Jim et Tammy Faye Bakker, ou le Rév. Henry J. Lyons

Etablissons une distinction entre la doctrine de l'église, ce qu'elle prétend enseigner, et les pratiques documentées dans ces articles, qui virent au surréalisme.

L'accroche de la scientologie est en réalité plutôt ordinaire: nous sommes de nature spirituelle, imparfaits, et pourrions nous améliorer grâce à des conseils spirituels.

La scientologie parle de cette essence spirituelle qu'elle appelle thétan, et exige du croyant qu'il se branche sur un appareil de mesure, l'e-meter - ce n'est pas ma tasse de thé. Mais je ne crois pas non plus en la réincarnation, en la roue karmique, ni qu'il soit obligatoire d'obéir au 613 commandements de l'ancien Testament, bien que je respecte ceux qui y croient.

De toute façon, bien des gens disent que la scientologie a amélioré leur existence. Et je les crois. Toute structure externe peut être un mieux pour ceux qui en ont besoin.

Mais la lecture de ces articles de Childs et Tobin décrit qu'aux niveaux supérieurs la scientologie serait plutôt une secte insidieuse de fidélité plutôt qu'en entreprise d'entraide. Et les pénitences pour déloyauté sont sévères.

Franchement, la réaction de l'église face à ses "apostats" est théatrale et bizarroïde. (J'ai le même sentiment vis-à-vis des ex-membres qui perpétuaient les mêmes tactiques que celles qu'ils ont désormais à subir).

Voyons, rameuter d'ex-épouses pour qu'elles viennent "dénoncer" leurs maris ? Publier les stupéfiantes "confessions" rituelles que l'église collectionne dans les dossiers d'éthique? Pendant une période, il semblait que l'église paraissait avoir dépassé ce genre de méthodes. Elle y revient.

Le procès McPherson, qui mourut sous garde de l'église en 1995 est un virage dans l'histoire. L'un des chefs de l'église, Marty Rathbun, admet désormais avoir détruit des preuves, bien que la prescription soit acquise depuis longtemps. Les inculpations pénales ont été abandonnées; l'église a établi un compromis avec la famille McPherson au civil.

Nous en avons appris davantage quant à la campagne orchestrée au moyen de laquelle l'église a contraint l'IRS (fisc américain) à lui accorder l'exemption d'impôts, en lui promettant de stopper toutes les plaintes en cours contre l'agence. Impressionnant. Mais effrayant.

Finalement, ces articles illustrent le fossé entre le message optimiste déversé en façade, et les pratiques paranoïaques de ses niveaux les plus élevés.

Là où se croisent la religion privée et le secteur public, qu'il s'agisse de morts non dévoilées ou d'accorder des exemptions d'impôt, le secteur public doit demeurer constamment sur ses gardes. Et quant à ceux qui cherchent des réponses en scientologie, ils ont le droit de tout connaître de l'affaire.

Ce qu'ils en croient, ça les regarde.

[Last modified: Jun 22, 2009 11:51 PM]

 

St Petersburg Time Août 2009

Les ignobles vérités de la scientologie révélées

St. Petersburg Times- Mardi 4 août  2009
[Texte intégral]

Editorial du St Petersburg Times

La scientologie se dit religion et prétend offrir un but et une signification à ses membres. Cependant, elle délivre quelque chose de bien différent à certains de ceux qui oeuvrent dans son organisation militarisée «Sea Org», l'organisation maritime. Punitions physiques, privations de sommeil, humiliations, coups, sans oublier de longues et ruineuses séparations d'avec famille et amis.

Les récits des onze ex-membres relatés par le Saint Petersburg Times de dimanche passé donnent de tels détails et portent tant d'émotion en eux que les dénégations des officiels de la secte sonnent creux.

Il faut du courage pour s'opposer à la scientologie, qui poursuit et attaque ses critiques depuis tellement longtemps. Pourtant, 15 anciens membres de sa "Sea Org" sont sortis de l'ombre et racontent ce qu'ils ont vu et vécu des années durant, au sommet de la direction de «l'église». Quatre d'entre eux, qui avaient commencé à parler dans le premier Rapport Spécial du Times en juin, sont parmi les officiels des plus hauts rangs ayant jamais quitté la scientologie.

Certains demeurent convaincus de la mission de "léglise", mais disent que depuis que le fondateur de la scientologie L. Ron Hubbard est mort en 1986, David Miscavige a guidé «l'église» dans une nouvelle direction déshumanisante. Ils le décrivent comme un type brillant mais brutal, adorant agresser et subjuguer les subalternes.

La terreur de Miscavige a semble-t-il imprimé sa marque à la base internationale de quelques 45 hectares sise en limite du désert californien, à Hemet, près de Los Angelès. D'anciens membres de la Sea Org ont raconté avoir été agressés et jetés à terre par Miscavige, ou l'avoir vu le faire.

En punition, des membres de la Sea Org étaient jetés dans le 'lac', devaient courir des journées entières autour d'un piquet dans la chaleur du désert, ou étaient expédiés à des travaux manuels, parfois des années durant - ou contraints à passer des semaines sous la tente sans avoir droit au bain, et forcés à utiliser des latrines en plein air, à la vue de tout le monde.

Des membres de la Sea Org qui n'arrivaient pas à produire ce qu'on leur demandait étaient contraints de se «confesser» devant des centaines d'autres membres se moquant d'eux.

A lire ces articles du Times, on peut se demander comment des membres de la Sea Org restent là à endurer de tels traitements. La plupart de ceux qu'a questionné le Times sont entrés très jeunes à la scientologie, enfants ou ados impressionables. Lorsqu'ils ont pris leur poste à la Sea Org et signé leurs contrats d'un milliard d'années, ils s'engageaient donc à servir la secte pour l'éternité.

L'église a pris un rôle paternaliste, dominant, devenant l'unique source de nourriture et de logement ou de soins pour les staffs. Les membres étaient payés 75 dollars par semaine [semaines de 90 à 100 heures+, ndt], ce qui les a appauvris. La scientologie conservait les «confessions» qu'ils devaient écrire sur leurs erreurs, libérant la responsabilité de la secte. Et s'ils étaient mariés à un autre membre du personnel scientologue, mais voulaient ensuite s'en aller, ils devaient s'attendre à devoir abandonner leur moitié dans le mouvement.

Etant donné que d'autres personnes qui ont échappé à la prise de la scientologie prennent contact et nous racontent leur vécu, le secret, qui fut la marque de fabrique des activités internes de la scientologie, s'effrite.

La vérité, c'est que cette organisation abuse des gens pour faire progresser sa quête de pouvoir global, et même la machine bien rôdée et toujours présente des relations publiques de «l'église» ne parvient plus à embellir le tableau.

Texte original anglais:
http://www.tampabay.com/opinion/editorials/article1024459.ece

 

St Petersburg Time - août 2009

Procédure de la Vérité [The Truth Rundown ]

Interview, article et dossier rélaisé par By Joe Childs and Thomas C. Tobin, Times Staff Writers
 
[Première série d'articles - June 21, 2009]

De plus en plus d'ex-scientologues racontent les violences

St Petersburg Time - 2 août 2009
[Texte intégral]

Ils arrivent de Dallas, de Denver, de Portland, Las Vegas, Montana, et ils racontent ce qu'eux-mêmes et leurs amis ont subi pendant les années qu'ils passèrent en scientologie.

Jackie Wolf

Gary Morehead

Steve Hall

Mark Fischer

Jackie Wolff pleurait en relatant la nuit chaotique où on lui a demandé de se tenir debout devant 300 de ses collègues dans le réfectoire, et de confesser ses "crimes", tandis qu'ils la conspuaient ou la chahutaient.

Gary Morehead a déterré ses souvenirs de Miscavige, le chef scientologue, punissant les vénérables chefs de la secte en les forçant à vivre plusieurs jours sous la tente, à se laver au tuyau d'arrosage,et à utiliser des latrines ouvertes.

Steve Hall s'est remémoré un meeting au cours duquel Miscavige a pris les têtes de deux cadres de l'église et les a cognées l'une contre l'autre: l'un d'eux saignait d'une oreille après cet épisode.

Mark Fisher se souvient très bien ce qu'il a dit à Miscavige lorsque les coups ont cessé, et qu'il s'est rendu compte qu'il saignait de l'oreille. Ces anciens staffs scientologues et d'autres ont décidé de parler, inspirés et enhardis par les révélations brutes des quatre transfuges de très haut rang qui ont parlé récement et dont le Saint Petersburg Times a publié les récits.

Amy Scobee

Marty Ratbun

Mike Rinder

D'anciens cadres comme Amy Scobee et Tom de Vocht avait étayé ce qu'avaient raconté les très hauts diri- geants Marty Rathbun et Mike Rinder. Voici que d'autres vétérans de la secte parlent des abus physiques et mentaux qu'ils ont observés ou subis.

Certains prennent la défense des quatre premiers, tandis que les représentants de la secte les qualifiait de menteurs tentant de faire un «coup d'état». D'autres se sentent plus en sécurité maintenant que Rathbun Rinder et d'autres ont lâché les vannes en relatant leur vie en scientologie. La peur empêche encore certains de parler. Pour chaque ex-scientologue ayant parlé, un ou deux autres ont refusé.

Ceux qui ont parlé ont confirmé les récits de traitements lunatiques, déshumanisants, et ont approfondi la vision de l'environnement dictatorial où vivent et travaillent les membres de l'ordre «religieux» connu sous le nom d'Organisation Maritime», ou Sea Org.

Quatre hommes ont affirmé, comme Rathbun et Rinder: Miscavige m'a frappé.»

Le [nouveau] porte-parole de la secte Tommy Davis a dit que ces nouveaux témoignages d'abus physiques «étaient faux et catégoriquement niés». Dans sa réaction, Davis écrit: "Ce ne sont manifestement là que de nouvelles rodomontades incitées par vos articles précédents, des foutaises d'ex-scientologues collaborant entre eux sur le fumier d'internet"

La secte a fourni deux douzaines de déclarations écrites de membres et cadres scientologues. Se référant à ces déclarations, Davis dit «On vous a fourni des tonnes de preuves que vos sources sont malhonnêtes, illusoires et amères. Les nouvelles sources sont à mettre dans le même sac.»

Ces «nouvelles sources» sont des femmes et des hommes entrés en scientologie alors qu'ils étaient enfants, ados- lescents ou jeunes adultes; ils y ont ouvre des décennies pour faire progresser la mission envisagée par le fondateur de la scientologie, L.Ron Hubbard.

Morehead, désormais chauffeur de poids lourd à Portland (Oregon), a passé près de dix ans comme chef de la sécurité du QG de Hemet (lieu secret de la secte où habite David Miscavige et parfois Tom Cruise son grand ami -. Note d'anti-scientologie); «il dit avoir vu Miscavige frapper quelqu'un si fort à la poitrine qu'il pouvait voir la poitrine se creuser et que la victime perdait le souffle».

Comment se souvient-il de cela quinze années après ?

«Exactement comme on se rappelle d'avoir collé la main sur un poêle. Ca fait mal, on ne recommence jamais, hein?»

«C'est net, c'est le concept: ça m'est arrivé d'avoir du mal à me souvenir de mon adresse, mais ça, croyez-moi, je m'en souviens: on le sait , car qu'est-ce qu'on avait fait à l'époque, et qu'est-ce qu'on peut faire ?»

Une nouvelle conscience

Tout comme nombre de collégiens des années 70, Steve Hall cherchait un sens à l'existence. Il est retombé sur un test de personnalité qu'il avait ramassé lors d'un concert des Rolling Stones quelques années avant, et mis dans un tiroir. Il l'a renvoyé, et a reçu un coup de fil. «J'ai demandé à la fille ce que c'était, la scientologie, et elle m'a dit qu'il s'agissait d'une méthode pour élever la conscience. C'était tout ce qu'il me fallait à l'époque.»

Hall est tellement bien entré dans la scientologie que sa maman a fait appel à un "déprogrammeur" de Los Angelès pour qu'il vienne à Dallas afin de faire sortir son fils. Hall raconte avoir menacé de tuer le gars s'il reprenait jamais contact avec sa mère.

Vers 1985, Hall atterit à l'endroit dont il rêvait: à Hemet, à la base de quelques 45 hectares "Int" ("International") où loge la direction mondiale et le centre de production des films et livres « Golden Era Productions».

Mais ce ne fut pas le rêve

L'atmosphère qui règnait là était incroyable, les gens ne communiquaient pas entre eux, ils semblaient avoir peur de discuter; presque personne ne souriait. C'était sinistre et solennel. Ca ne ressemblait pas à ce que j'avais vu en scientologie jusque là, car ailleurs, c'était le contraire, les gens riaient et plaisantaient.

Hall rejoignit l'unité Marketing de la secte en 1987, ce qui l'amena à de fréquents contacts avec Miscavige, "COB", pour "Président du Conseil d'Administration". Hall raconte avoir été choqué la première fois qu'il vit Miscavige attaquer un cadre, Ray Mithoff [Mithoff est le plus haut gradé 'technique' de la scientologie - note d'anti- scientologie]. La seconde fois, on se serait cru dans une BD, dit-il.

Hall dit que Miscavige est arrivé derrière deux cadres, Marc Yager et Guillaume Lesèvre, et qu'il a claqué leurs têtes l'une contre l'autre. Lesèvre saignait de l'oreille.

Un jour, on ordonna à Hall et une vingtaine d'autres d'aller au QG du RTC, le "Centre de Technologie Religieuse", commandement mondial de la secte. On ne se pointe jamais au bâtiment 50 comme pour une bonne nouvelle: on s'y pointe toujours terreur au ventre. On est censé foncer à toutes jambes de là où on est dans la Base, vers le Bâtiment 50, en haut de la colline.

Le groupe s'assit sur des rangées de chaises à moins d'un mètre les unes des autres, Hall se souvient avoir dû reprendre son souffle pour ne pas se faire remarquer.

«On ne bouge plus un doigt, on ne respire plus, c'est le silence de mort, on entendrait une mouche voler. Tout le monde est figé, et finalement, COB arrive.»

«Il commence par déambuler ici et là. Sans dire un mot. Il s'arrête devant chacun et le regarde. Parfois il s'arrête, parfois non. Puis il stoppe en face de moi, me regarde, je le regarde en faisant gaffe à ne pas avoir l'air de résister.»

«Il avance d'un pas. S'arrête. Me regarde à nouveau. Recule, et me regarde de plus près. Il dit "Il est out- éthique, ce fils de pute est out-éthique. Il ne respecte pas les règles de la scientologie.»

«Puis il avance, revient sur le côté, regarde quelques autres personnes, se retourne et va vers Marc Yager, assis au bout de la rangée. Et brusquement, sans avertissement, il commence à le gifler au moins dix fois, la main grand ouverte. Yager ne dit rien, ne résiste pas, il se contente de lever les bras.»

Pour Hall, la coupe a débordé en novembre 2003. Hall écrivait des scripts pour des vidéos scientologues et travaillait sous les ordres de Mike Rinder, alors chef porte-parole de la scintologie. Hall explique qu'il avait des divergences sur les créations avec Miscavige, un vrai problème, car personne ne discute des ordres de COB- Miscavige.

«Miscavige vint pour voir une vidéo remaniée. Il nous ordonna, à Mike et à moi, de venir là, épaule contre épaule, et il nous dit "Passez la vidéo." La vidéo achevée, Miscavige s'approcha. On était là, attentifs, il me regarde, regarde Rinder, puis moi à nouveau, puis Rinder. Et soudain, il l'attrappe et le coince et lui tape trois fois de suite la tête sur le mur, bang-bang-bang, il l'avait presque soulevé de terre.

«On était une douzaine. Mais pas un qui bouge. Un geste, ça aurait voulu dire "Comment ? Vous dites que COB a tort ? Cob ne peut avoir tort. Donc, toute réaction quelle qu'elle soit signifiait: "Vous donnez tort à COB". Miscavige quitta la pièce. Rinder était là, les cheveux en bataille, des traces de coups sur la figure et la chemise sortie du pantalon " C'aurait pu être moi., dit Hall. Et c'est le message que j'ai reçu: 'Tu dis un mot, et c'est ton tour."

Mike Rinder dit que Miscavige l'a si souvent attaqué qu'il ne se souvient plus d'une fois en particulier, c'est devenu comme un bloc. Quand on l'a questionné sur ce qu'avait relaté Hall, il a dit « Mais c'est arrivé plus d'une fois.»

Bien qu'il ait alors perdu toutes ses illusions quant à la vie dans la Sea Org, Hall a raconté qu'il ne voulait pas partir pour ne pas quitter sa femme, également membre du staff. Il décida finalement de tout abandonner derrière lui.

Le dernier jour à la Sea Org, un type de la sécurité de la secte vint fouiller ses affaires, confisquant toutes les photos de sa femme. Puis ils enregistrèrent une vidéo; c'est un avocat qui posait les questions, et Hall devant reconnaître qu'il avait tous les torts lors des difficultés avec la secte. Il dut promettre de ne jamais porter plainte contre elle. J'ai eu droit à un dernier au-revoir à ma femme. Ils dirent qu'elle ne voulait pas partir avec moi, que c'était sa décision, qu'ils ne l'avaient pas du tout influencée. Ils dirent «Tu peux parler. Et ils sortirent de la pièce.»

En larmes, ils s'embrassèrent. «Elle me dit que toutes les pièces étaient surveillées, qu'ils entendaient probable- ment tout.»

Focalisé sur l'expansion

A 49 ans, Miscavige a été intense et exigeant depuis qu'il a commencé à travailler à plein temps pour la sciento- logie quand il n'avait que 16 ans. Il s'est très vite affirmé, travaillant aux côtés d'Hubbard au siège administratif de la secte en Californie.

Le fondateur lui assigna des tâches importantes; Miscavige faisait ce qui était demandé, se bâtissant là une répu- tation de solutionneur. Il convainquit l'épouse d'Hubbard d'abandonner la direction de l'unité de services secrets de l'église, qui s'appelait alors le GO, pour Office du Gardien.

Hubbard mourut en 1986 et Miscavige prit le contrôle de la scientologie, s'affirmant par rapport à d'autres chefs de départements et cadres. Il conquit l'admiration dans les rangs en obtenant l'exemption d'impôts auprès du fisc américain en 1993.

Il fit progresser la scientologie durant cette décennie, étendant cette influence dans une soixantaine de pays, lors d'une campagne de construction de nouvelles «églises», de remodelage de bâtiments existants, de traduction des enseignements d'Hubbard dans des langues ciblées par le marketing, et en disséminant les matériaux de prosély- tisme.

Les officiels disent qu'on l'admire beaucoup, et pas seulement les milliers de membres de la Sea Org, mais aussi les millions de scientologues dans le monde.

«Tout scientologue vous dira que l'église ne sera pas là s'il n'y avait pas Miscavige», nous a dit le porte-parole Tommy Davis lors des entretiens de mai et juin.

Neuf églises nouvelles ont vu le jour depuis 2004. Cette année, l'église établira un record, en ouvrant huit autres églises, dit-il. C'est incroyable, ce qui se produit dans le monde scientologue, c'est une renaissance, une revitalisation. C'est tout ce dont nous avions rêvé. »

Dans son courrier au Times de la semaine passée, Davis explique que comme pour les premiers récits, les nouveaux apostats qui ont parlé pervertissent les règles et pratiques disciplinaires de l'église pour les faire apparaître «anormales et abusives.»

Camper dehors

Shelly Corrias a donné près de deux décennies de travail dévoué au groupe "SEA ORG" de la scientologie. Elle en est partie en 2002. Elle se souvient d'une fois où Miscavige a puni les deux supercadres Norman Starkey et Greg Wilhere en les forçant à dormir sous la tente dans un endroit très dégagé de la Base de Hemet, proche de la maison construite pour Hubbard. Ils étaient contraints à des travaux forcés et à se doucher au tuyau d'arrosage.

Corrias explique que c'était désolant de voir Starkey, l'un des chefs principaux et des plus anciens scientologues, qui servit de fondé de pouvoir pour les possessions d'Hubbard, aussi cruellement traîté.

Corrias: "Comment imaginer ces grands chefs expédiés pour dormir à même le sol, et ne pas avoir droit d'aller manger au réfectoire, puisqu'on leur amenait leur pitance ?»

Il s'en était surtout pris à Norman, explique Claire Headley, qui bossa comme employée de Miscavige huit années durant avant de quitter la Sea Org en 2005. Elle raconte qu'il essayait souvent de "faire descendre Starkey de son grand cheval" et qu'il l'a forcé une fois à porter un bandage avec «Tête de Chef » inscrit dessus.

L'ancien chef de la sécurité Morehead relate de son côté que Miscavige l'a envoyé acheter du matériel de camping pour un autre groupe puni de camping: c'était Starkey, Yager et Mithoff.

Miscavige leur a fait monter leur matériel de nuit, puis il s'est pointé avec une torche dans leurs yeux, et il se souvient que Miscavige se fichait de leur tête pendant qu'ils se débrouillaient tant bien que mal pour rassembler leurs affaires dans le noir: «Ah, les gars, vous vous prenez pour des cracks ? Si seulement le reste de la Sea Org pouvait vous voir à l'heure qu'il est !»

Il ordonna qu'on amène un WC portable à installer à tous vents, impossible de se cacher, et posta des gardes pour les observer 24 heures sur 24. Aucun ne protesta, ils assumèrent la punition.

Morehead raconte qu'il avait arrêté le système d'arrosage automatique, mais le David Miscavige lui dit de le remetttre en route pour qu'une douche les réveille vite fait au matin.

Il se grisait à l'idée de ce qui allait leur arriver, explique Morehead. Ils n'étaient que des pantins, prouvant qu'il avait raison. Ça illustrait le fait qu'il les avait amenés à ce stade parce qu'ils étaient incompétents.

Deux autres membres du personnel subirent la même punition, Mike Sutter et une fille nommée Hare O'Hare, avec trois cadres. Morehead a dit que Hare O'Hare n'avait pas plus de droit que les hommes à la discrétion sur les toilettes, ni à la douche.

Cruelle confession

Ce sont plus de 400 employés qui furent mandés au réfectoire, où un groupe d'entre eux eut droit aux places de grand déshonneur. Les chefs de l'église les présentèrent en insistant sur l'inanité de leurs accomplissements.

Jeff Hawkins raconte: "Ils devaient prendre le micro chacun à son tour, et raconter leurs crimes." Jeff quitta la Sea Org en 2005.

La foule hurla et se railla.

«Il leur faut du sang, vous voyez le truc ? Vous avez intérêt à ce que ça sonne bien. Sinon, ils vous abattent, raconte Hawkins. J'ai vu des gens partir rien qu'à cause de ce traitement."

Jackie Wolff s'est effondrée pendant qu'elle nous prenait son tour au micro, c'était fin 2003. Elle se retrouvait alors seule chef de la ligne d'assemblage des électromètres, le genre de détecteur de mensonges que les sciento- logues utilisent pour mettre le doigt sur les points de détresse spirituelle lors des «conseils».

Le staff de Wolff s'était réduit de dix employés à quatre l'année précédente, et la production d'électromètres baissait. Elle ne voyait pas comment réduire les retards accumulés, mais ses chefs n'étaient pas de cet avis. La foule lui a hurlé des insanités.«"Pourquoi ça ?

C'est quoi, tes crimes ??

Pourquoi fais-tu du mal à la scientologie ?! "

Wolff explique avoir tenté de répondre:

«On n'est que quatre sur la ligne d'assemblage ! Si on accélère, c'est la qualité qui baissera. Je ne sais pas comment..."

Elle raconte: l'impression qu'on a en face de tous ces gens est très intimidante, effrayante, c'est comme si votre vie est en jeu, et pour moi, c'était:" fini la scientologie".

C'est trois mois plus tard que Wolff tirait un trait sur sa carrière scientologue de 23 années.

Courir à la recherche d'une réponse

Il existe un exercice spirituel scientologue "Procédure de Résurgence de la Cause" consistant à courir sur une piste circulaire, à votre rythme, jusqu'à ce que vous atteignez le moment où vous réalisez que «vous contrôlez votre mental et votre corps».

C'est ce que dit M. Rathbun, l'un des «apostats» et ancien cadre dirigeant chargé de protéger les pratiques religieuses de la scientologie.

Le fondateur de la scientologie a décrit cette procédure dans des bulletins mais il ne fait pas partie des procédures habituelles de la secte, dit Rathbun, ce qui explique pourquoi certains membres ne la connaissent pas.

C'est censé se faire à l'instigation d'un "superviseur de cas" responsable de l'audition - la procédure de conseil scientologue - et ça doit se faire par paliers, chacun construisant son endurance peu à peu.

Il s'agissait d'obtenir qu'un thétan (l'esprit) se concentre sur ses énergies et qu'il les dompte, dit Rathbun. Miscavige a instantanément transformé ça en outil de torture.

Nombre de témoins disent de même. C'est une forme de punition: les membres de la Sea Org ainsi punis devaient courir d'interminables heures autour d'un piquet dans la chaleur du désert californien.

Morehead: "Vous y passez entre 8 et 12 heures par jour. Mais pour cent personnes qui devaient le faire, il n'y en avait qu'une seule à qui c'était conseillé pour sa progression « spirituelle ».

Rinder se souvient avoir couru sur la piste avec d'autres, jusqu'à ce qu'ils aient "une cognition" - qu'ils réalisent quelque chose. Ça devait être quelque chose dans leurs existences, mais au lieu de se focaliser sur eux-mêmes, les gars essayaient de trouver ce que Miscavige avait envie d'entendre pour pouvoir mettre un terme à la puntion.

Rinder: c'était un genre de plaisanterie, explique Rinder: "Quelle p. de cognition dois-je faire pour satisfaire Dave?» Il y a des gens qui passaient des années à chercher ça.


RÉCITS ORIGINAUX

Quatre personnes sont venues grossir les rangs des trois ayant déjà r
aconté au Times que David Miscavige les avait agressés physiquement.

Le récit de Jeff Hawkins

Jeff Hawkins a travaillé plus de quinze ans à la Base de Hemet, la plupart du temps au design et au marketing. C'est l'auteur du spot commercial TV avec le volcan en éruption, qui vante les mérites du best-seller d'Hubbard, la Dianétique.

Hawkins se souvient du jour de 2003 où il faisait le tour d'un bâtiment colossal, marbre, métal et chrome, très choyé par Miscavige, le building 50, avec d'autres cadres. Miscavige menait sa troupe de pièce en pièce, volubilement doctoral, vantant les mérites extraordinaires de l'endroit. «J'étais debout près de la porte, il s'amène vers moi et sans avertissement, il me met un direct au sternum, juste sous les côtes. »

«Une autre fois, lors d'un meeting de l'équipe de marketing de Hawkins, Miscavige se met en rogne. Il se fâche dieu sait pourquoi, j'étais le punching-ball en place. Il me fonce dessus et me jette à terre

«Je me relève, il remarque que je saigne du menton; il appelle son assistante (Laurisse Stuckenbrock), et lui dit «Lou», en montrant mon visage. Elle fouille dans son sac et en sort une bouteille d'antiseptique qu'elle trimballait sur elle, croyez-le ou non, et elle m'en met sur la figure. Disons qu'elle connaissait la chanson. Si ça risque de faire une trace, il faut s'en occuper.»

«Avant de repartir, Miscavige s'est tourné vers moi, et il m'a dit «Tu sais pourquoi je te tape dessus? Et j'ai répondu, "Non, Sir". Il a dit «C'est pour te faire voir qui est responsable

Amy Scobee, qui a déjà témoigné auprès du Times, nous avait raconté un incident où un membre de la Sea Org avait atterri à ses pieds, Miscavige lui ayant sauté dessus. C'est sur Hawkins que Miscavige avait sauté.

Hawkins raconte que des douzaines de membres de la Sea Org avait dû venir à la salle de conférence interna- tionale. Le chef n'aimait pas le script du dernier spot commercial.

«Il en lisait des passages en se moquant méchamment.» Puis il m'a désigné et a dit "Non mais regardez comment il me dévisage.» Hawkins essaya alors de s'expliquer, ce qui ne fit qu'empirer les choses.

«Vous avez vu ce manque de respect ? hurla Miscavige au groupe réuni. Vous voyez comment il me parle ? »

Hawkins raconte: "il a sauté sur la table, il a bondi, et s'est jeté sur moi. »

Hawkins est tombé de la chaise et a atterri dans le box de Scobee.

Deux autres ex-membres ont confirmé ce qui s'est passé lors de cette réunion. Deux cadres encore en poste prétendent que c'est faux.

Le récit de Mark Fisher

Il a quitté le lycée de Langley dans la banlieue washingtonienne à 17 ans, pour une aventure fort différente: vers 1975, il est arrivé à Clearwater pour aider la scientologie à bâtir sa nouvelle frontière.

Qui avait abandonné le lycée à 16 ans, était là depuis trois mois.

Fisher, Miscavige et quatre autres recrues occupaient une chambre au 9e étage du Fort Harrison à Clearwater. Un jour Mark Fisher ouvre son placard, sort son diplôme et sa veste du lycée de Langley.

Miscavige s'adresse alors à Fisher, probablement seul diplomé du groupe des quatre, et lui dit «Quel gaspillage !» se souvient-il.

Fisher est resté à Clearwater. Miscavige est parti à l'Ouest, vers le fameux staff au service d'Hubbard. L'intellec- tuel Fisher absorba les études hubbardiennes et ses cours, progressant comme évaluateur des statistiques et des performances.

Vers la fin 1983, Fisher était en Californie, à diriger cinq personnes au service du leader émergent; il s'occupait aussi de la maisonnée de Miscavige, de sa femme et de leurs chiens.

Fisher se maria en 1984. Sa femme fut expédiée punitivement en raison de ses mauvais résultats dans les bâtiments audio-visuels.

«Ça m'a vraiment bouleversé, dit Fisher; le désintérêt s'en est mêlé.»

Il élabora un plan: filer à l'anglaise et revenir en douce: il serait également puni, et pourrait revoir sa femme.

Ça ne marcha pas comme prévu: on l'expédia au déherbage, loin de là où sa femme travaillait.

Deuxième chute: on lui ôta tout ce qu'il avait gagné en scientologie: il était OT 7 et auditeur entraîné. Il se reballa: «J'ai vraiment relevé un défi - mais ce fut pire encore.

En août 1990, il était en train de peindre un garage sur une échelle quand Miscavige passa avec ses assistants.

Miscavige ordonna à Fisher de descendre.

«Il mit les mains autour de mon cou et cria "Alors, tu veux attaquer la scientologie en justice ?"»

Fisher s'effondra et se pelotonna pendant que Miscavige le frappait et lui arrachait des cheveux.

Fisher se releva, touchant sa tête, montra sa paume ensanglantée à Miscavige et lui dit "Tu remarqueras que je n'ai pas levé la main sur toi."

C'était fini pour Fisher. "Je ne suis pas entré en scientologie pour voir les gens se faire taper dessus.»

Morehead confirme cette affaire, tout comme Mark Headley. Mais Yager dit qu'il était là, et "à aucun moment Miscavige n'a frappé ni agressé Fisher."

Le récit de Bruce Hines

Hines se souvient fort bien de la mi-1990 et du bruit des pas de Miscavige dans le couloir.

«Où est ce N.T.M. ?» criait Miscavige. Hines se trouvait salle 106 des bureaux des cadres Del Sol. Auditeur vétéran, Hines travaillait en général au Centre des Célébrités de Hollywood Boulevard à Hollywood. Il dit avoir audité Nicole Kidman et Kirstie Alley. Mais l'audition d'un des auteurs favoris de la femme de Miscavige s'était mal passée, et Hines avait été appelé en renfort à Hemet. Hines se prépara, alors que les pas approchaient. Miscavige pointa le nez dans le bureau, se souvient Hines, et il dit «Le voilà. »

Sans dire quoi que ce soit d'autre, il me frappa à la tête, sur le côté, paume grand ouverte.

«Ça me sonna, me fit reculer, et il me frappa de nouveau à la figure, en me criant dessus. Puis il sortit. J'ai su alors que j'étais bon pour le RPF. (= le goulag de la Scientologie. lien sur notre page: les 24 piliers de la scientologie

La scientologie annonce son "RPF", Projet force de Réhabilitation - comme une belle occasionde retrouver leur dignité aux membres de la Sea Org, grâce à de durs travaux physiques. Certains des transfuges disent qu'il peut y avoir des abus.

Hines raconte avoir passé trois ans au RPF, dans une équipe de travaux forcés servant à nettoyer, à repeindre de vieux mobilhomes, à construire des abris à Happy Valley - une autre propriété de la scientologie à une quinzaine de kilomètres de la Base.

Finalement autorisé à revenir à la base, il put y retrouver sa femme et leur fils, né en 1984, avant que l'église n'interdise d'avoir des enfants aux membres de la Sea Org. Il ne lui fallut que trois semaines pour se retrouver de nouveau au RPF. Son crime ? Ne pas s'être levé lorsque Miscavige était entré dans la pièce.

Ce fut pire alors: il vivait et dormait dans un bloc d'à peine deux sur trois, dormant sur le béton. Il n'avait pas le droit de parler à qui que ce soit. Il était constamment surveillé par des gardes. Les lettres qu'il envoyait à sa femme étaient lues et lui étaient retournées. Elle divorça pendant qu'il était en isolement.

Quand il revient sur ces six années passées au RPF, Hines estime qu'il s'agit de méthodes de contrôle mental.

«Pendant le RPF, ils essaient de vous faire prendre responsabilité. Vous êtes censé confronter les actes malfai- sants que vous auriez commis, et vous en débarrasser en audition. Vous êtes là parce que vous êtes malfaisant.»

«Et vous vous y trouvez parce que vous avez été destructif, et vous l'avez été parce que vous aviez des buts malfaisants. Et pendant que j'étais là, au RPF, j'essayais de me convaincre que c'était moi, que c'était de ma faute.»

En 2001, on le renvoya travailler dans les bureax de la scientologie à New-York. Il était sur le toit, en train d'appliquer du goudron, lorsque les avions ont détruit le World Trade Center. Il se porta volontaire pour aider à Ground Zero.

En 2003, Hines avait perdu son intérêt pour la scientologie. Le riche mélange de la vie new-yorkaise faisait paraître toute cette mascarde de vie militaire Sea Org assez ridicule, dit-il. » Il prit le bus pour Denver, où il avait grandi. Il passa son diplôme de lycée en 2006, avec une mention en physique, et acheva sa maîtrise en ingéniérie électrique cet été 2009.

Le récit de Marc Headley

Marc Headley faisait des films pour la scientologie. Au début des années 2000, il fut nommé producteur à Golden Era Productions, la division qui sert de parapluie à ses efforts audio-visuels.

En 2004, Headley faisait faire le tour de la zone audio-visuelle à Miscavige. Celui-ci lui demanda les prévisions d'un projet, et Headley commit l'erreur de lui répondre sur un ton « je-sais-tout. »

Headley explique que Miscavige le poussa contre une étagère et commença à le frapper. Il tomba et Miscavige continua à le frapper à l'épaule. Quand ce fut fini, raconte Headley, le cadre supérieur Greg Wilhere le prit à part et expliqua que Miscavige venait d'avoir une réunion difficile. Dans une déclaration écrite, Wilhere dit que ce que raconte Headley n'est qu'un « mensonge absolu » . Un mois plus tard, Headley était de nouveau sur la sellette: il avait acheté et revendu un équipement, et un audit avait déterminé qu'il manquait 250 dollars. On expédia Headley au RPF.

Le lendemain matin, il enfourchait sa moto et filait sur Kansas City [à 2500 kms... note d'anti-scientologie], où vivait son père. Quelques semaines plus tard, sa femme Claire prenait à son tour la poudre d'escampette pour le rejoindre.

Ils ont porté plainte contre la scientologie en janvier, en signalant que les salaires versés à la Sea Org - quelque 60 euros/semaine pour environ 90-100 heures de travail - violaient les lois du travail.

La scientologie prétend que le procès ne vaut rien. Que les membres de la Sea Org travaillent comme bénévoles et reçoivent des défraiements hebdomadaires, tandis que «la scientologie couvre les frais de nourriture, habillement et logement ainsi que les frais médicaux, ce qui permet aux employés à mieux s'occuper de leurs tâches, sans avoir à s'inquiéter des tâches, de faire à manger, d'impôts etc.»

L'homme modifié

La majorité des transfuges explique que la scientologie a essayé de les garder, en leur expliquant que c'était une erreur colossale de s'en aller, en risquant alors de ne jamais atteindre le salut éternel, et en les avertissant que la vie allait être horrible à l'extérieur de la scientologie. La plupart d'entre eux ont recommencé leur existence avec très peu d'argent et peu d'amis. Certains pratiquent encore de la scientologie et attribuent leur réussite dans le travail aux méthodes que la scientologie leur a enseignées sur les relations interpersonnelles et sur la façon de prendre responsabilité pour soi. Pour la majorité, le problème n'est pas la religion, mais le gars qui la dirige.

Russ Williams a quitté la scientologie en 2004 au bout de 29 années comme staff, la plupart du temps à Hemet. Il dit avoir vu Miscavige attaquer Yager, mais le minimise et conserve du respect pour le chef.

«Il est arrivé qu'il me frappe, dit Williams, se souvient-il; une fois, il m'a hurlé dessus nez à nez mais il est revenu cinq minutes plus tard avec un mot dencouragement «Je vois que tu as fait du bon job, qu'est-ce qui s'est passé?»

La vie à la Sea Org est toujours dure, explique Williams, mais elle entraîne un enthousiasme et une impression d'accomplissement qui fait que les gens continuent. Puis ça s'estompe.

«Le goût a disparu. Il a muté. Je crois qu'il a commencé en voulant bien faire», dit Williams de Miscavige. «Mais ça l'a eu au tournant, ça l'a dépassé et il a attrapé cette méthode moche et menaçante qu'il a pour manier les gens.»

Morehead, le chef de la sécurité, tient le même discours. Il se souvient d'être descendu en ville, faire un bowling avec Miscavige, le chef passant en douce des burgers en riant, ou prenant des photos des fêtes de la Sea Org, y compris quand Morehead avait porté un tutu pour une fiesta. Mais Miscavige devint plus intense et frustré lorsque la scientologie ne parvenait pas à faire les choses comme il le voulait. «C'est le gars qui fut pas mal au début, dit Morehead, mais qui a perverti la scientologie par rapport à ce que Hubbard voulait."

Videos: In their own words
  • Amy Scobee
    "I never had a job. ... No high school diploma because I started on staff when I was 14. I had no bank account, no driver's license. I knew nothing of the outside world because I had been there for so long." (June 21, 2009)
  • Marty Rathbun
    "I had my share of people that I slapped around too. I don't feel good about it. And I seek them out and I try to apologize where I can." (June 21, 2009)
  • Shelly Corrias
    "I see mothers with their kids. My fiance has kids, and now he has a grandchild. It bugs the hell out of me that I never had a kid. I want a child. It hurts." (August 1, 2009)
  • Steve Hall
    "You would think that this would be an ideal scene where the basics of Scientology were in full use, and it was just the reverse." (August 1, 2009)
  • Jeff Hawkins
    Scientologists "say they're the experts in organizational technology. ...Well, then how come you need to have that level of threat and duress to get people to do what you want them to do?" (August 1, 2009)
  • Gary Morehead
    "I was devastated to see what I believed to be the best of the best people I had ever known be put through such torture." (August 1, 2009)
  • The Church of Scientology's response
  • Other videos on the Church of Scientology, David Miscavige, Lisa McPherson, Tom Cruise and more
 

St Petersburg Time - août 2009

Procédure de la Vérité [The Truth Rundown ]

Interview, article et dossier rélaisé par By Joe Childs and Thomas C. Tobin, Times Staff Writers
Des repentis de très haut rang nous délivrent une vision
sans équivalent de la Scientologie et de son Chef,
le lunatique David Miscavige
 
Source: Saint Petersburg Time - June 21, 2009
[Texte intégral]

Vidéo: La procédure de vérité
 Cette vidéo résume l'ensemble du reportage du St Peterburg Times
Les sous-titres en français ont éàté réalisés par Anonymous
 

Mark C. Rathbun: Mark «Marty» C. Rathbun a quitté le personnel de la scientologie fin 2004, achevant ainsi 27 ans de carrière qui l’amenèrent au plus haut niveau des lieutenants de David Miscavige dans l’organisation. Durant ces dernières années, il a vécu retiré au Texas; certains le croyaient mort.

Amy Scobee: Faits marquants dans sa carrrière:A supervisé pluseurs opérations de secteur comme manager pendant 20 ans à la base internationale de Clearwater. A bâti le réseau des Centres de Célébrités scientologes, trouvant et formant les staffs pour qu'ils atteignent un niveau de service quatre étoiles. A supervisé les locaux des films et des bandes enregistrées de l'église. Adolescente, elle faisait de la cuisine, dirigeait les staffs de base à Clearwater.

A propos de ce Rapport Spécial sur la Scientologie:

Mark «Marty» C. Rathbun a quitté le personnel de la scientologie fin 2004, achevant ainsi 27 ans de carrière qui l'amenèrent au plus haut niveau des lieutenants de David Miscavige dans l’organisation. Durant ces dernières années, il a vécu retiré au Texas; certains le croyaient mort.En Février 2009, Rathbun a posté un message sur Internet, signalant qu’il conseillerait des scientologues mécontents.

«J’ai dû me sortir seul des tréfonds où m’avait entraîné la scientologie, écrit-il, et j’ai commencé à tendre la main à d’autres personnes subissant ce genre de situation.»

Contacté par le St Peterburg Times, Rathbun a accepté de nous relater ses décennies passées en scientologie et ce qui l’a conduit à s’en aller. Le Times l’a interviewé chez lui au Texas, et il est venu à Clearwater revisiter certains des lieux qu’il décrit.

Le journal a cherché à corroborer le recit de Rathbun et a contacté d’autres personnes présentes en scientologie à la même période, l’ayant aussi quittée: il s’agit de Mike Rinder, l’un des collègues les plus proches de Marty Rathbun pendant une vingtaine d’années, de Tom de Vocht, que Rathbun a désigné comme l’une des clés essentielles l’ayant décidé à partir, et plus tard, de Amy Scobee.

Les journalistes connaissaient bien Rathbun et Rinder, qu’ils avaient interviewés des douzaines de fois, --des entretiens parfois hostiles -- au long des années de controverse à Clearwater. Ils ont aussi vu les reporters de Los Angelès en 1998, lorsque Miscavige a donné l’unique entretien qu’il ait jamais accordé aux médias écrits.

Deux reporters ont rencontré Rinder à Denver (Colorado), où il habite, mais il a alors refusé l’interview. A peu près un mois plus tard, deux avocats washingtoniens qui travaillent pour la scientologie sont allés chez lui sans avertir, lui ont dit avoir appris qu’il avait reçu la visite du journal ; ils lui ont demandé ce qu’il avait révélé. Ils lui ont rappelé qu’étant donné qu’il avait été l’un des principaux cadres juridiques de la scientologie, son engagement de respecter le privilège client/avocat ne s’achevait pas avec son départ de l’église. Ils lui ont dit qu’il pourrait faire du tort à l’église s’il parlait en public. Quelques semaines plus tard, après que l’église ait fourni au journal une vidéo de Rinder datée de 2007 où celui-ci niait vivement que Miscavige l’ait battu ou qu’il ait frappé d’autres gens, Rinder décidait de parler au Times.

Nous avons interviewé de Vocht à Winter Heaven [Floride], et Amy Scobee dans le Comté de Pinellas [Floride, le même comté que Clearwater], où elle venait avec son mari rendre visite à des parents. Les journalistes ont interviewé nombre de fois les ex-scientologues et ont rencontré les avocats et porte-parole de «l’église» 25 heures en tout.

Joe Childs, éditeur en chef du Tampa Bay, a mené l’opération du Times Clearwater de 1993 et supervisé la couverture du journal au sujet de la scientologie. On peut le joindre à childs@sptimes.com Thomas Tobin a suivi la question scientologie depuis une vingtaine d’années. On peut le joindre sur tobin@sptimes.com

Le résultat de ce travail du Times constitue ce rapport spécial en plusieurs volets, le dernier de la longue série des articles du Time sur la scientologie. Le journal a obtenu un prix Pulitzer en 1979 pour une série sur la scientologie. Le journal n’a pas cessé depuis que les quartiers généraux de l’église sont installés à Clearwater, de rapporter ce qui se passe dans « l’église ». Ce projet, comme vous le constaterez, embrasse trois jours de récits en profondeur, ainsi que des commentaires supplémentaires destinés à cette présentation en Web, et des liens vers les articles précédents du Times dont l’article qui lui a valu le Prix Pulitzer.


Une histoire sans précédent sur ce qui se passe
dans les strates supérieures de la scientologie

Le chef de l'église de scientologie marchait dans la pièce avec une sono portable. Il annonça: il est temps de faire une partie de chaises musicales. David Miscavige gardait plus de 30 cadres de son staff enfermés depuis des semaines à Hemet, dans la région de Los Angelès, et leur interdisait de sortir sauf pour une douche. Ils dormaient à terre, on leur amenait à manger. Ils étaient censés développer des plans stratégiques pour l'église. Mais le chef jetait à la poubelle chacune de leurs idées et les taxait d'incompétence, d'ennemis de l'église et de lui-même. Prouvez votre engagement, leur dit-il, par le jeu des chaises musicales. Toute personne perdante sera bannie à des positions scientologues éloignées d'ici. Si les familles sont brisées, tant pis.

Ces adultes femmes et hommes en uniforme de la Navy jouèrent le jeu dans cette salle de conférence, luttant pour avoir une chaise au son de la Bohemian Rhapsody de Queen. Le lendemain matin, nous sommes au début 2004, Miscavige rassemble le groupe et se met à frapper, on ne sait pourquoi, Tom de Vocht, le balance à terre et le frappe davantage encore. De Vocht se tait et encaisse l'humiliation - c'est ainsi que les cadres font face aux agressions de Miscavige.

Cette anecdote est contée par des cadres dirigeants qui furent des décades durant des dirigeants clé du puissant cercle interne scientologue. Marty Rathbun et Mike Rinder, les deux membres des grades les plus élevés ayant quitté l'église, parlent publiquement pour la première fois. Deux autres cadres qui sont égalament sortis ont accepté de parler au St Petersburg Times: Tom de Vocht, qui a supervisé des années durant les quartiers généraux de Clearwater, et Madame Amy Scobee, qui aida à créer le réseau des centres de célébrités scientologues -ce réseau qui dorlote des gens comme Travolta et Cruise.

L'un après l'autre, ces gens ont quitté l'unique existence qu'ils avaient connue. Le fait que Rathbun et Rinder parlent est un énorme retournement de situation, car ils faisaient partie des plus proches associés de Miscavige, les Adelman et Herlichman de Nixon.

Désormais, ils nous content une histoire sans précédent sur ce qui se passe dans les strates supérieures de cette organisation contrôlée au geste près.

Voici:

• La violence physique envahit l'équipe de manageent international de la scientologie. Miscavige a donné le ton, il agresse souvent ses lieutenants. Rinder dit qu'il s'est fait taper dessus une cinquantaine de fois.
Rathbun, Rinder et de Vocht admettent qu'eux aussi ont agressé leurs collègues, pour prouver leur loyauté envers Miscavige et montrer de quoi ils étaient capables.

• Les staffs sont disciplinés et contrôlés par l'intermédiaire d'un système de "justice ecclésiastique" à plusieurs niveaux. Ceci comprend: confesser publiquement des péchés et "crimes" à ses pairs réunis en groupe; être forcé de se jeter à l'eau tout habillé; devoir se confesser lors d'embarrassantes "vérifications de sécurité" ou pire, être isolé comme "personne suppressive". Au pinacle de la hiérarchie, Miscavige détient un tel pouvoir que les gestionnares suivent ses ordres, même les plus étranges, avec une obéissance servile.

• Les staffs cachèrent la façon dont ils se sont occupés de Lisa McPherson, une scientologue décédée au bout de 17 jours d'isolement dans l'hotel Fort Harrison de l'église à Clearwater. Rathbun, à qui Miscavige avait confié la responsabilité de s'occuper du procès, admet avoir détruit des preuves incriminantes. Lui et d'autres révèlent avoir commis d'ennuyeuses erreurs lors des conseils délivrés à Lisa McPherson.

• Avec Miscavige préparant les coups et Rathbun et d'autres à ses côtés, l'église a bataillé contre l'IRS [le fisc américain] pour obtenir l'exemption d'impôts. Offrant une fraîche perspective de l'un des moments de grâce de l'église, Rathbun détaille l'extraordinaire campagne de pressions publiques accompagnées de milliers de plaintes en justice.

• Miscavige a trouvé moyen d'utiliser d'anciens adeptes pour les pousser à acheter des matériaux que l'église vend, comme de soi-disant écrits sacrés améliorés, pour augmenter les revenus de l'église.

Les officiels de l'église nient ces accusations. Miscavige n'aurait jamais frappé personne, disent-ils.

Le 13 mai, le Times a demandé à interviewer Miscavige de vive voix ou par téléphone, et a renouvelé plusieurs fois cette demande au cours des cinq semaines suivantes. Les officiels de l'église ont répondu que l'emploi du temps de Miscavige ne lui permettrait pas de RV avant juillet.

Samedi à 17h50, Mscavige expédiait un mail au Times pour protester contre la décision du journal de publier sans attendre qu'il se libère. Sa lettre disait qu'il fournirait de l'information "détruisant toute la crédibilité" des mécontents, (les témoins devenus opposants). Les porte-parole de l'église disent que Miscavige est aimé des millions de scientologues et qu'il a conduit l'église depuis un quart de siècle d'expansion.

Les "défecteurs"- ceux qui ont quitté lglise - sont des menteurs, des apostats emplis d'amertume, qui ont tiré leurs affirmations d'internet et exagéré l'importance des positions qu'ils détenaient en scientologie dans la force dévouée qu'on appelle Sea Org - l'organisation maritime. Ils disent que ce sont eux qui ont abusé des membres du personnel, et que lorsque Miscavige l'a découvert, il les a fait cesser et les a démis de leurs postes.

Ils disent que maintenant les défecteurs sont en train de préparer un coup d'état, en inventant des allégations afin de pouvoir dégager Miscavige et prendre le contrôle de l'église.

Les défecteurs nient. Ils disent qu'ils parlent parce qu'il faut que les gens soient au courant pour Miscavige. Rathbun signale que les mauvais traitements infligés aux dirigeants ont découragé des cadres et paralysé ceux qui restent. "C'est le chaos car il n'y a de facto aucune forme d'organisation. Personne n'est respecté puisqu'il ne cesse de dénigrer et de battre les gens.".

Je refuse que les gens conntinuent à être battus, à ce qu'on leur mente et qu'on les trompe, explique Rinder. Je n'ai pas réussi à changer les choses en raison de mon manque de courage quand j'étais à l'intérieur de l'église."
"Mais je crois que les abus doivent finir. Cette pourriture fabriquée de l'intérieur est en fait plus destructive du mouvement que tout ce qui vient du dehors."

Les agressions physiques: au hasard, saugrenues

A 49 ans, Miscavige est en forme, bien ciselé, aspect accentué par des yeux bleu profond. Il ne fait qu'un mètre 64, mais solide, avec une poignée de mains vigoureuse. Il a la voix sonore et forte, pouvant atteindre des milliers de gens. Beaucoup l'appelent "COB", du fait qu'il est président du conseil (Chairman Of the Board) de l'entité censée sauvegarder la scentologie, qu'Hubbard a fondée en 1954. [Hubbard a fondé la scientologie dès 1952, et la scientologie prétend qu'il a inventé ce terme en 1938. note d'anti-scientologie].

«C'est l'un des individus les plus doués et intelligents que j'aie rencontrés, dit Rathbun. Mais Hubbard dit que le niveau d'intelligence ne va pas nécessairement de pair avec celui de l'équilibre mental. Hitler et Staline étaient brillants. Des génies. Mais à leur niveau, c'étaient carrément des fous.»

Rathbun aussi bien que Rinder, de Vocht et Scobee ont dit avoir participé et avoir témoigné de sa folie, qu'il s'agisse des chaises musicales ou des attaques physiques répétées. Qu'est-ce qui déclenchait les crises de Miscavige ? Généralement, ses victimes n'en avaient aucune idée.

«Si ce n'était pas ça qu'il voulait entendre, il perdait son calme, dit de Vocht. Si ça le contrariait, il piquait sa crise. S'il pensait que c'était un truc assez futé, ou qu'il s'agissiat d'un réponse meilleure que la sienne, il piquait sa crise."

Rathbun and Rinder font la liste des cadres qu'ils ont vu Miscavige attaquer:

Marc Yager: Au moins 20 fois

Guillaume Lesevre: Au moins 10 fois

«Rathbun dit que Miscavige frappait régulièrement bien fort le gars main ouverte sur le dessus du crâne, l'ébranlait ou alors, il le prenait par la nuque et le jetait à terre.»

Norman Starkey: Rathbun raconte: «Là, dans le parking, Miscavige l'a battu comme plâtre et à commencé à lui filer des coups de savate quand il était à terre». Il dit avoir vu Rinder se faire frapper une bonne douzaine de fois rien qu'au cours des quatre dernières années, parfois très violemment.

Rinder dit: "Yager , c'était son punching ball. Pareil pour moi." Il ajoute: "Le but n'était pas tant la douleur physique. C'était l'humiliation, la domination. C'est ce que vous recevez, de la domination, vous êtes frappé au visage, vous prenez des coups de pieds, et vous n'y pouvez rien. Si vous tentiez quelque chose, vous attaqueriez le COB..." [COB = Chairman on Board, président du Conseil, c'est à dire Miscavige] «C'était au hasard, saugrenu. Ça pouvait être votre aspect du jour. Ou ne pas avoir répondu assez vite. Mais c'était toujours une pénitence.»

Scobee dit que Miscavige n'a jamais levé la main sur elle ou sur d'autres femmes, mais elle a observé des quantités d'agressions, dont la fois où le chef avait coincé Rinder jusqu'à ce qu'il ait la figure violette. Rinder confirme ce récit.

De Vocht estime que Miscavige a battu des staffs une bonne centaine de fois entre 2003 et 2005. Rathbun, Rinder et De Vocht admettent avoir aussi frappé d'autres gens. En 2004, Rathbun a battu Rinder et il a fallu plusieurs staffs pour qu'il s'arrête. «Oui, c'est un fait, explique Rinder; ce n'était pas la première fois que Marty et moi-même en venions aux mains contre d'autres personnes.» Il se rappelle avoir tenu par la gorge un staff contre un mur.

Rathbun admet avoir agressé quantité de gens à plusieurs reprises, y compris avoir jeté Lesèvre sur une table, avoir boxé les oreilles de Starkey, et avoir envoyé Yager dans les escaliers, tout cela, dit-il, sur ordre de Miscavige. Il en a balancé un autre sur le capot d'un taxi à l'aéroport international de Los Angeles. Comme il y avait un attroupement, il lui a dit de ne pas recommencer et de prendre un posture plus correcte.

De Vocht dit avoir "frappé quelques gars" durant l'une des nombreuses séances durant lesquelles des dirigeants confessaient leurs exactions à leurs collègues, lors d'une réunion qui a fini en engueulade et en bagarre. Aujourd'hui, ça l'embarrasse, mais à l'époque, il dit qu'il avait rationalisé son comportement "Je n'attaque pas si l'on ne m'attaque pas. C'est l'instinct de survie dans une situation dans laquelle on ne devrait pas se trouver."

Tous les quatre ont expliqué que le leader avait établi une culture encourageant la violence physique.

«C'était devenu le moyen acceptable de faire quelque chose, dit Rinder; si COB le faisait, tout le monde se sentait le droit de le faire aussi.»

Rinder explique que Rathbun était le bras armé de Miscavige: «Si Dave Miscavige ne voulait pas faire le sale boulot lui-même, il envoyait Marty le faire à sa place.»

Rathbun ne nie pas. «C'est difficile de savoir, dit-il, à moins que l'on parle à quelqu'un qui a encore de la boue sur les mains. Et j'admets librement avoir de la boue sur les mains, et ça ne m'enchante pas du tout. C'est pourquoi je fais ce que je fais.»

Rathbun n'était pas pour autant à l'abri des agressions de Miscavige. "Il m'a attrapé une fois par le cou et m'a tapé la tête sur le mur."

Personne ne répondait aux coups.

Scobee explique: «le problème, c'est qu'il avait tous ces gens autour, il était le 'sauveur' puisqu'il devait nous libérer alors que nous étions tous d'incompétents n'importe quoi, ce qu'il ne cessait de nous asséner. On n'a pas un radis, pas d'expérience du travail, on n'a rien du tout, et il pouvait nous coller à la rue et nous ruiner.»

Le porte-parole Tommy Davis prétend que tous mentent. Il répond que «jamais Miscavige n'a attaqué Rinder, il ment absolument.

Yager, Starkey, Mithoff, et Lesevre insistent tous lourdement: jamais Miscavige ne les a attaqués. Davis a produit des déclarations sous serment devant les tribunaux, dans lesquelles Rathbun et Rinder, alors encore cadres supérieurs scientologues, congratulaient l'extraordinaire personnalité de Miscavige et niaient les rumeurs selon lesquelles il aurait abusé du personnel.

Davis montra un article du Times dans lequel Miscavige niait ces mêmes rumeurs; Rathbun acquiesçait, disant qu'au cours des 20 années passée à travailler avec lui, il n'avait jamais vu son chef lever une seule fois la main sur quiconque.

«Ce n'est pas dans son tempérament, expliquait à l'époque Rathbun; il dispose d'assez de pouvoir personnel pour ne pas avoir besoin de recourir à ces méthodes.» Rathbun rectifie aujourd'hui: "C'est le plus énorme mensonge que je vous ai jamais raconté..."

Davis a montré une confrontation sur vidéo entre Rinder et un reporter de la BBC de Londres en 2007, juste avant qu'il ne quitte l'église. Le reporter insistait sur les rumeurs courant à propos de Miscavige, que Rinder ne cessait de qualifier de "conneries". Maintenant, Rinder dit qu'il mentait pour protéger l'église, mais que sa loyauté envers Miscavige n'était pas méritée. Il dit qu'il faisait exactement ce que le staff fait aujourd'hui "Niez tout en bloc, rien n'est vrai dans tout ça, ça ne s'est tout bètement jamais produit."

L'église de scientologie annnonce qu'elle travaille à "une civilisation sans criminels et sans guerres, où les gens capables et honnêtes puissent avoir des droits, et où l'homme soit libre d'atteindre des niveaux plus élevés.»"

Amy Scobee dit que Miscavige ne pratique pas ce que prêche la scientologie. Il ne cesse de qualifier des membres de l'église d'ennemis, ce qui leur interdit tout contact avec la famille et les amis encore présents en scientologie.

«Impossible de vous dire chef religieux si vous battez les gens, que vous détruisez les familles, ajoute-t-elle; si je voulais détruire la scientologie, je laisserais David Miscavige à sa place, car il y réussit merveilleusement..."

Calomnies

C'est de calomnie envers Miscavige qu'imputent les deux avocats et les deux porte-parole de l'église aux "défecteurs".

Rathbun, Rinder, De Vocht et Scobee: chacun a échoué à son poste, a rompu des règles de la Sea Org et n'avait à priori pas une éthique irréprochable. Comparez ces quatre nullités à un homme de la stature de Miscavige et on voit de suite qui est crédible ou non.

Monique Yingling: «ce n'est pas la question de leur version contre notre version. C'est simplement que ça n'a jamais eu lieu, explique Yingling, avocate non-scientologue de l'église depuis plus de vingt ans. Il y a bien une histoire ici, mais ce n'est pas celle qu'on vous a dite.»

Pendant que les avocats et les porte-parole défendaient Miscavige et tentaient de discréditer ses détracteurs, ils produisirent de la littérature à leur sujet: des "dossiers d'éthique" - des confessions, des actes de contrition, des regrets que l'église conserve pour documenter leurs échecs.

Ces documents illustrent clairement un système de justice interne de l'église qu'on ne voit presque jamais au dehors. Le système éthique pousse les scientologues à demeurer sans cesse productifs. Il se fie à la notion selon laquelle toute activité humaine peut être démontrée par une statistique et que tout le monde, qu'il s'agisse de groupes, de gens, d'un mariage, peut être ainsi chiffré et mesuré selon un barème illustré par les douze conditions éthiques"

Les conditions basses incluent "Confusion, trahison, Ennemi". La conditon la plus élevée est "Puissance", suivie de "changement de puissance" et "d'affluence".

Pour monter l'échelle des conditions, il faut que le sujet écrive des confessions et des mémos introvertis appelés des "formules de condition", supposées améliorer l'individu lorsqu'il contemple ce qui a pu causer des problèmes. Ces mémos servent aussi à l'église de source écrite à utiliser contre des membres récalcitrants qui voudraient attaquer la scientologie.

Lorsqu'un personne veut quitter l'église "blower" [partir sans autorisation], en jargon de la scientologie, cela engendre encore davantage de documents.

En 1959, Hubbard pondit un papier expliquant qu'une personne s'en allait lorsqu'elle ne pouvait s'empêcher de faire du tort à l'église, qu'il s'agissait d'une sorte d'acte noble. Pour justifier de s'en aller, Hubbard croyait que la personne pensait des choses négatives à dire de l'église.

Quiconque la quitte a commis des "overts", des actions néfastes, contre l'église, et les retient - les cache - ensuite. L'église est contrainte de faire en sorte que ces gens s'en aillent avec le nez propre, disait Hubbard, car quitter l'église en conservant des overts contre elle peut conduire les gens au suicide ou à une maladie mortelle. Ils doivent donc écrire leurs transgressions pour être en "bonne entente" lorsqu'ils s'en vont.

Yingling [l'avocate de la scientologie] et Davis [porte-parole de la scientologie] disent que l'église ne se réjouit pas d'utiliser des documents provenant des fichiers d'éthique. Mais puisque ces quatre déserteurs ont critiqué Miscavige, l'avocate et le porte-parole estiment qu'ils n'ont plus le choix.

Ils ont produit des documents démontrant que Scobee a violé des règlements de la Sea Org sur "une implication romatique hors mariage". Scobee dit que l'église exagère. Elle avoue avoir eu une relation sexuelle dans une salle de superviseur, mais fait observer que l'homme avec qui ça eut lieu était son fiancé. Un autre document explique qu'elle a "entamé une relation" avec un homme qui n'était pas son mari, en 1988. Scobee dit que c'était un électricien non-scientologue qui lui avait demandé de partir avec elle. Elle dit avoir refusé et l'avoir rapporté au superviseur, mais l'église l'avait quand-même punie. Un document de 2003 cite son mauvais rendement et la déclare inadaptée à travailler à la base de Hemet.Scobee contre en rappelant qu'elle a tenu des postes à responsabilité pendant plus de vingt ans. On la voit dans un magazine de 1996 de l'église comme l'une des cadres supérieures des "plus capables" et "hautement dévouées" de scientologie. "La question c'est qu'on s'en fiche si j'étais dieu ou un portier au troisème sous-sol, dit Scobee: Ce que j'ai vu, c'est ce que j'ai vu."

De Vocht était en"condition de trahison" lorsqu'il a pondu un mémorandum en 2004, expliquant avoir accepté un contrat portant sur un terrain à Clearwater, qui coûtait un million de dollars de pertes à l'église. Dans une lettre à Miscavige de 2002, il confesse avoir gaspillé 10 millions de dollars de fonds de l'église en dépenses exagérées sur deux projets. Lorsqu'on le questionne sur ces documents, de Vocht répond qu'il s'agit d'écrits de "formules d'éthique" reflétant la culture créée par Miscavige et non la réalité. "On dit ce qu'on est contraint de dire, pour paraître coopérer; ce n'est pas une action décidée de notre plein gré. C'est une sorte de couverture pour en finir du programme, sinon vous allez vous faire taper dessus." La formule d'éthique loue les qualités de Miscavige, qui en faisait partie; de Vocht explique: "Il est notre pape, notre chef, il est infaillible... si vous dites 'je ferai tout ce que je pourrai pour que ça fonctionne', vous pouvez passer. Vous n'avez pas d'autre choix que dire "t'as raison et j'ai tort".

L'église dit que Rinder, qui fut son porte-parole mondial deux décennies durant, est un menteur incurable. Dans ses fichiers d'éthique, Rinder admet avoir menti 43 fois au cours des années. "C'était un vrai problème, la propension de Rinder à mentir. Il avait manifestement un problème avec la vérité..." ajoute Davis, successeur de Rinder en tant que porte-parole. Après avoir nié que Miscavige ait jamais frappé quiconque, Yingling a dit "Il est parti parce qu'on l'a mis dehors... il est amer , et son amertume s'accroche à ce qu'il a nié avec véhémence toutes ces années." Davis ajoute: "L'un des trucs qu'il disait souvent c'est 'Si je suis si mauvais, pourquoi me demande-t-on toujours de faire des choses ? Vous connaissez la réponse à cette question ? la réponse ultime à ça, c'est: 'Mike, t'as raison, pourquoi continuer à poser la question.' Et on arrêtait de la poser. Et il partit et personne n'alla le chercher."

Tout comme les autres ayant déserté, «Rinder dit qu'il est certain que tout ça se trouve dans ses dossiers d'éthique, mais il explique que ces admissions n'ont pas de sens, c'est seulement ce que les supérieurs veulent entendre. On écrit tout cela pour rentrer en bonnes grâces, obtenir les faveurs.»

Davis relate que Mike Rinder n'a pas pu se consoler de sa chute de porte-parole d'une église internationale vers son job actuel. «Mike est parti. Je pense que nous pouvons être d'accord sur le fait qu'il est amer, dit Davis. C'est un type qui vient d'un poste envié, d'une vie très excitante, et le voilà qui vend des voitures, ça doit faire un sacré choc...»

L'église a extrait nombre de pages des dossiers de Rathun. On trouve par exemple un courrier de 1994 où il dit qu'il a achevé le 'Rundown de la vérité' - l'un des nombreux types de confessions - et dit qu'il s'excuse d'avoir quitté brièvement l'église l'année d'avant; trois confessions pour avoir frappé et insulté des employés une douzaine de fois; et des documents où il admet avoir mal manié certaines situations.

Dans un document daté de 2003, Rathbun fait une "annonce publique" détaillant deux décennies d'erreurs, incluant: s'être attribué plus d'importance qu'il n'en a; avoir donné du travail inutile à Miscavige en ayant mal manié le staff; avoir trébuché sur des tâches essentielles; y compris la longue bagarre de la scientologie avec l'IRS. Rathbun dit qu'il a écrit ce que Miscavige voulait lire.

L'église a fait une note spéciale à propos d'un affidavit du 6 juin 2009 - après que le journal ait questionné l'église au sujet de Rathbun - cet affidavit vient d'un membre de la Sea Org dont l'église a caché le nom. La personne critique la violence de Rathbun, les abus commis, et d'avoir joué un rôle dans les efforts de sa famille pour l'extraire de la scientologie. Rathbun dit que oui, il a essayé d'aider la famille, car la fille exprimait des doutes importants quant à revenir en scientologie. Comme celles de de Vocht, les confessions de Rathbun abondent en louanges de Miscavige. Il écrit par exemple que "Miscavige a sauvé la scientologie à lui tout seul..."

L'encadrement international de gestion de la scientologie habite et s'affaire sur un ensemble de quelques 45 hectares dans les montagnes arides à l'opposé du Mont San Jacinto de Palm Srings [à Hemet, Comté de Riverside].
Rathbun y a "orchestré un règne de la terreur" en 2002 et 2003, relatent les représentants de l'église, se faisant passer pour l'officier d'éthique alors que Miscavige était à Clearwater pour manier des affaires judiciaires et d'autres. Ils disent que lors de son retour, Miscavige a sommairement viré Rathbun et a commencé à nettoyer les gaffes. Rathbun répond qu'il était absent de la base d'Hemet presque en permanence en 2002 et 2003, maniant les procès et autres matières sensibles pour le compte de Miscavige. Quand il est revenu à la base, c'est Miscavige qui avait instauré un "règne de la terreur".

L'église raconte que Rathbun a exagéré son importance en scientologie; ils disent qu'apès 1993, il n'a jamais porté de titre. Mais en 1998, un magazine scientologue le présente comme l'un des principaux conférenciers lors d'une célébration majeure, au Ruth Eckerd Hall de Clearwater, à laquelle 3000 scientologues ont assisté. Le magazine dit qu'il est "Inspecteur Général", un poste présenté comme chargé de la sauvegarde de la scientologie. L'église a aussi fourni au Times un document du tribunal de mars 2000 qui lui attribue un titre de "directeur" de la même entité. Si la responsabilité de Rathbun est aussi faible que le prétend l'église, le Times a demandé comment il se pouvait qu'il ait soumis les gens à un règne de terreur ? -- Davis, le porte-parole, a explosé. «C'est lui qui dit que Miscavige bat les gens, a hurlé Davis [Tommy Davis, le nouveau Porte parole de la scientologie]. Et il dit que Dave Miscavige bat exactement ceux que lui-même battait. Et c'est ça qui me fait suer. Parce que ce type est un putain de lunatique et je n'ai pas à expliquer comment et pourquoi il en est devenu un ou comment ça a pu être autorisé.» «Le fait qu'il dise que Miscavige fasse ce qu'il faisait... maintenant, je suis un peu en rogne. Est-ce contre vous que je suis en rogne? Pas nécessairement. Mais j'en ai plein le dos de Marty Rathbun, parce qu'il sait qui était le règne de la terreur.»


Atterrir à Clearwater

Fin 1975. Une chose se désignant comme les Eglises Unies de Floride annonce qu'elle voudrait louer l'hôtel Fort Harrison à la Southern Land Development Corp., une société qui pense acheter le bâtiment historique. Personne, pas même les avocats du vendeur, ne peut trouver quoi que ce soit au sujet de Southern Land. Pas même un numéro de téléphone.

Lorsque la vente a lieu le 1er décembre, Southern paie 2,3 millions de dollars cash pour la propriété, où l'on célèbre des mariages, des fêtes et des célébrations depuis une demi-siècle. Les arrivants ferment l'hotel au public. Des gardes en uniforme, armés de massues et de matraques, patrouillent devant l'entrée.

Le 28 janvier 1976, une équipe des relations publiques de Los Angelès arrive à Clearwater et annonce que le véritable acheteur était l'Eglise de scientologie de Californie. La déception flanque la frousse dans la petite ville somnolente aux merveilleuses plages. Gabe Cazares, maire de Clearwater, est outré par les méthodes fuyantes et massives du groupe.

«Ça fait un demi-siècle que le Fort Harrison est là, et voilà maintenant que c'est devenu un vrai fort, se lamente Cazares. C'est effrayant.»

Les gens du cru sont anxieux, car ils ont entendu dire que la scientologie est une secte aux manies guerroyères. Elle a porté plainte contre le State Department [premier ministère aux USA], contre le ministère de la justice, l'IRS, la CIA, la police de Los Angelès -- contre toute agence s'intéressant à elle ou lui refusant quelque chose.

Pourquoi Hubbard a-t-il choisi Clearwater ? Il avait fait tourner l'église depuis son bateau, l'Apollo, et désirait avoir une "base à terre". Il a envoyé des éclaireurs en mission: trouvez un bon bâtiment, proche d'un bon aéroport, un lieu où le climat soit chaud.

La liste se réduisit à une propriété à Daytona et au Fort Harrison. 'était destiné à devenir le "navire amiral" scientologue; Hubbard expédiait des notes disant comment "Flag" devait fonctionner, depuis les plans de marketing jusqu'à l'uniforme des staffs. Ça devait être "énorme, chic et auto-financé", écrivait Hubbard, un hôtel qui fasse honte au Waldorf Astoria.»

Hubbard déposa un slogan pour l'hôtel: Flag, «l'endroit le plus amical au monde.» Il mourrait dix ans plus tard, mais la génération suivante de dirigeants de l'église était en formation.

Les jeunes turcs

Hubbard qualifiait ça de "Fair Game" ["gibier de potence"]; il en disait: «Peut être privé de ses biens et blessé par tous moyens par tout scientologue sans que celui-ci puisse être discipliné. Peut être trompé, on peut ruser à son encontre, le poursuivre en justice ou le détruire.»

Le Maire Cazarès posa des questions sur le nouveau groupe ayant pris possession du Fort Harrison, le qualifiant de secte et envisageant des poursuites contre lui. Le Times et le Clearwater Sun enquêtèrent.

Les scientologues suivirent le scénario concocté par Hubbard et attaquèrent les ennemis. Ils tentèrent d'impliquer Cazares dans un faux délit de fuite après un accident qu'ils avaient eux-mêmes provoqué. Ils interceptèrent le courrier du Times et accusèrent calomnieusement le PDG du journal, Nelson Poynter, d'être un agent de la CIA.

Au printemps 1976, le "commodore" Hubbard réalisait sa vision du Fort Harrison: les scientologues du monde entier venaient ici pour de longs séjours. Ils dépensaient des milliers de dollars en conseils nommés "audition", procédé censé débarrasser le subconscient d'expériences négatives, et supposé mener à des "états de conscience supérieurs".

Mike Rinder, australien de vingt ans, faisait fonctionner le télex de l'hôtel, expédiant et recevant des dépèches des diverses entités scientologues dans le monde.

David Miscavige, un gamin de 16 ans des banlieues de Philadelphie ayant quitté le lycée à son anniversaire en seconde d'avril, était venu travailler au Fort Harrison. Il s'occupait des sols, du service de table, et prenait des photos pour les brochures publicitaires.

En un rien de temps, l'outrecuidant Miscavige supervisait des adultes. En 1977, dix mois après être arrivé à Clearwater, il était transféré en Californie, où il entrait dans l'organisation des Messagers du Commodore, un groupe fameux d'une vingtaine de personnes assignées à des "missions" par Ron Hubbard.

Fin 1978, Miscavige prenait la responsabilité du personnel de rénovation de la maison du ranch qu'avait acheté Hubbard en Californie méridionale. Il y avait là un jeune homme, ex-joueur de basket ayant rejoint l'église l'année précédente à Portland.

Trente ans plus tard, Marty Rathbun raconte qu'il se souvient de la première fois où il a croisé le chef ado, se pavanant, "aboyant des ordres". Pas de doute, c'est David Miscavige.

Les pouvoirs antérieurs jouent

A la mi-70, l'IRS avait embauché un dactylographe de tribunal nommé Gerald Bennett Wolfe. Ils ignoraient qu'il s'agisse d'un espion scientologue, du nom de code de "Silver" - Argent.

Il infiltra le bureau d'un avocat au QG de l'IRS à Washington et copia des mois durant des documents, avec l'aide de l'Office du Gardien - le GO - le bras armé secret de l'intelligence service made in scientologie. L'IRS avait révo- qué l'exemption d'impôt de la scientologie 10 ans plus tôt, en observant qu'il s'agissait d'une entreprise commer- ciale. La scientologie batailla, refusant de payer, expédiant ses avocats et utilisant Silver pour infiltrer l'agence. Mais la mission secrète leur retomba sur le nez. Le 8 juillet 1977, le FBI effectuait une saisie des QG scientologues à Washington et Los Angelès, saisissait des outils de cambriolage, des équipements d'espionnage et 48'000 documents.

En octobre 1797, l'épouse d'Hubbard Mary Sue Hubbard, patronne du GO, et dix autres scientologues étaient condamnés selon des accusations de conspiration contre le gouvernement et obstruction de la justice. Son époux, qui avait été nommé comme "co-conspirateur non incriminé", alla se terrer dans son ranch proche de la Quinta, Californie. C'est alors que les deux jeunes gens s'occupant des rénovations devinrent des assistants du fondateur exilé. Rathbun délivrait le courrier et les messages, Miscavige occupait le poste de "chef action".

En janvier 1981, Miscavige demanda à Rathbun de l'accompagner dans une tournée pour aller au Super-Bowl; ils conduisirent tour à tour par tranches de huit heures de L.A. à la Nouvelle-Orléans et apprirent à se connaître au long de la route. Plus tard dans l'année, Hubbard donna une tâche critique à Miscavige: résoudre les flopées de procès et d'enquêtes menaçant la scientologie. Miscavige choisit Rathbun et trois autres pour l'aider.

Rathbun passa six mois à élaborer une stratégie, et à classer l'importance des affaires. «J'ai mis en place des unités pour manier les procès, l'une à Clearwater, une a New York, une à Boston et une à Toronto, dit-il. Elle me communiquaient les éléments. J'étais en quelque sorte responsable des opérations juridiques.» Entretemps, Miscavige se débarrassait de rivaux internes et amoncelait du pouvoir. A 21 ans, il força l'épouse d'Hubbard à démissionner.

Pas de problème pour obtenir l'approbation d'Hubbard; son fils avait intenté une poursuite expliquant que la société gérant les affaires d'Hubbard, menée par Miscavige, siphonnait sa fortune. Hubbard répondit par une déclaration indiquant sa confiance en Miscavige, scientologue dévoué, associé fiable et ami personnel.

Rinder devint aussi un associé du leader émergent. Miscavige avait laissé son ami d'enfance à Clearwater pour aider à dissoudre l'Office du Gardien, le bras scientologue qui avait volé les fichiers de l'IRS et commis d'autres délits.

Il installa Rinder à la tête du nouvel Office Spécial International des Affaires Spéciales (OSA Int). Une portion du travail de Rinder consistait à instituer une nouvelle présentation de la scientologie: les nouveaux leaders furent très excités d'apprendre les sales coups du Guardian Office. Ce n'était pas, disent-ils, tout ce qu'était la scientologie.

Battre ses rivaux

Le 27 janvier 1986, des milliers de scientologues se rasssemblèrent au Hollywood Palladium de Los Angelès, où un Miscavige solennel leur livra les faits: "le fondateur avait passé à un nouveau niveau de recherches qui se ferait dans un état extérieur, complètement hors de son corps..."

L. Ron Hubbard était mort, à 74 ans.

Miscavige tendit le micro à l'avocat Earle Cooley, qui ne mentionna pas le nom de Miscavige, mais aida à lui cimenter la place de futur chef. Cooley annonça qu'Hubbard était mort d'une infarctus, laissant l'ensemble de sa fortune à la scientologie, et mettant sa "confiance ultime" dans le management de l'église. Il ne laissait aucun écrit de succession, laissant ouverte la question de la nomination du futur chef. Quelques mois après, Miscavige, Rathbun et un autre cadre prenaient le contrôle du Religious Technology Center, le RTC, qu'Hubbard avait créé pour installer le niveau ecclésiasitique dominant de l'église. Ils en expulsèrent le personnel et forcèrent la patronne de l'office à se retirer.

Miscavige devint le President du Conseil, titre qu'il détient toujours. Rathbun prit le poste le plus élevé ensuite, celui d'Inspecteur Général de l'éthique.

Les derniers rivaux pour contrôler la scientologie étaient Pat et Ann Broeker, qui avaient assisté Hubbard durant ses dernières années. Le fondateur les avait élevés au grade de "Loyal Officer", Officiers loyaux, un rang supérieur à celui de Miscavige, encore Capitaine. Les Broeker avaient la garde des derniers écrits d'Hubbard, les niveaux légendaires de l'audition supérieure, qu'il avait écrits à la main tandis qu'il était reclus. Comme l'église dépend en grande partie des honoraires perçus pour l'audition, les papiers ne constituaient pas qu'une mine spirituelle, mais aussi une mine d'or financière. Miscavige les voulait. Rathbun revèle comment ils ont fait:

Le jour où Pat Broeker a traversé le pays avec Miscavige pour rencontrer les avocats washingtoniens de l'église, Rathbun a mis en place une équipe de vingt gars autour du ranch des Broeker à Barstow, Californie. Pendant un changement de vol à Chicago, Miscavige appela la gardienne du ranch, sur signal de Rathbun, en lui disant: le FBI avait l'intention de faire une descente au ranch dans deux heures. S'ils ne sortaient pas de suite les papiers, ils risquaient d'être à jamais perdus.

La femme laissa Rathbun et ses gars entrer. «Ça a fonctionné comme un charme», dit-il. L'ascension de Miscavige était achevée: à 26 ans, il n'avait plus à répondre à quiconque en scientologie.

Pour Rathbun, «Miscavige n'était pas celui que voulait Hubbard, il a manoeuvré pour prendre la place. Mais les scientologues pensent qu'il a été adoubé. Et quand ils le croient, ils sont prêts à faire à peu près n'importe quoi.»

C'est lors d'une conversation quelques jours après avoir mis les mains sur les derniers documents manuscrits d'Hubbard que Rathbun s'est rendu compte que Miscavige se voyait non pas comme ayant pris le pouvoir politiquement, mais comme "le choisi".

«Miscavige semblait stupéfié par ses nouvelles responsabilités, aussi Ratbun essaya de le secouer. J'ai dit que mon moniteur de basket au lycée avait des inspirations. L'une d'elle, pendant les jeux des Darrell Royal des Texas Longhrons, me revint: «je n'ai pas à choisir un chef: il émergera.»

«C'est une fausse donnée», s'écria Miscavige.

Rathbun relate: «Il a rejeté ça tellement vite, mon vieux, j'ai suggéré qu'il était tout ce qu'on veut d'autre mais pas adoubé, et il m'a sauté à la gorge !»

Scientologie contre l'IRS [le fisc américain]

A la fin des années 1980, la bagarre avec l'IRS s'était calmée: plus de cambriolages et de procès. Mais Miscavige ne perdait pas de vue l'obtention de l'exemption d'impôts, ce qui légitimerait la scientologie.

La nouvelle stratégie, dit Rinder, consistait à submerger l'IRS, à le pousser à l'erreur. L'église a déposé quelque 200 plaintes contre l'IRS, à la recherche de documents pouvant prouver le harcèlement de l'agence, tout en luttant contre le refus de l'agence d'accorder l'exemption à des entités religieuses. Quelque 2300 scientologues individuels ont également poursuivi l'IRS, exigeant des déduction s'impôts pour leurs contributions.

«Avant même de le réaliser, toutes ces plaintes de rien du tout étaient des procès en pleine activité», explique Rathbun.

L'avocat washingtonien William C. Walsh, qu aide désormais l'église à repousser ce que disent les déserteurs, a rassemblé bon nombre de ces cas. «On voulait aller jusq'à la base de ce qu'on pensait être de la discrimination, et on a eu pas mal de douments, de preuves», dit-il.

«Il est vrai que lorsqque nous avons commencé, la méfiance et la suspicion étaient de mise de part et d'autre; on devait refuser des pièces et prouver qui ous étions et ce que nous faisions.»

Yingling était dans l'équipe de Walsh, avec Miscavige et Rathbun sur le procès. Elle dit que l'enquête de l'IRS sur Miscavige était plus épaisse que les dossiers du FBI sur Martin Luther King. Pour moi, c'était dingue, dit-elle.

L'église ne cessa d'agmenter la pression sur l'IRS grâce à une campagne sans points morts.

Armé de dossiers obtenus grâce au FOIA (loi permettant d'obtenir communication de dossiers personnel concernant quelqu'un), le magazine scientologue Freedom [Ethique et Liberté en Suisse et en France] publia des anecdotes sur les abus de l'IRS: des vacances coûteuses aux frais du contribuable; des quotas d'audits contre des scientologues individuels; cibler de petites affaires ôur des audits alors qu'on négligeait des sociétés ayant des appuis politiques.

Les scientologues distribuaient les magazines sur les marches du bâtiment de l'IRS à Washington.

Un groupe nommé Coalition nationale des siffleurs contre l'IRS menait sa propre campagne. Sans que la plupart le sachent, c'est la scientologie qui l'avait créé et le finançait.

C'était une guerre d'usure, où la scientologie était désireuse de dépenser tout ce qu'il faudrait pour enfoncer l'agence fédérale. «Je ne pensais pas même au fric, dit Rinder; il fallait faire ce qu'il fallait faire.»

Ils savaient aussi que l'autre côté faisait des points. Un mémo obtenu pas la scientologie disait que l'église avait mis sur écoute la (discussion) sur le budget des litiges de l'IRS en fin d'année.

L'église se servit d'autres documents qu'elle avait obtenus de l'IRS contre elle-même.

L'un d'eux disait que le ministère de la justice protestait contre l'IRS à cause de positions indéfendables dans des procès contre la scientologie. Le ministère craignait d'être tiré vers le bas en même temps que l'IRS et que ça ternisse sa réputation.

Un autre parlait d'une conférence d'une vingtaine d'officiels de l'IRS dans les années 70. Ils tentaient de réagir à un jugement disant que la scientologie correspondait à la définition d'une religion. La solution de l'IRS ? Changer la définition.

Rathbun appelle cette conférence la "solution finale", un meeting qui démontrait la partialité de l'IRS à son encontre. «On s'est servis je ne sais pas combien de fois de ce mémo contre eux», dit-il.

En 1991, Miscavige était de plus en plus impatient des problèmes judiciaires. Il pensait pouvoir personnellement faire plier l'IRS. En octobre, Rathbun et lui allèrent au QG de l'IRS à Washington et demandèrent à rencontrer le Commissaire de l'IRS Fred Goldberg. Ils n'avaient pas rendez-vous.

Goldberg , qui n'a pas répondu aux demandes d'entretien pour le présent article, ne les vit pas ce jour là, mais les reçut la semaine suivante.

Rathbun dit que contrairement à la rumeur, il n'y eut pas de pot de vin ni d'extorsion. C'était de la préparation et de la persistance, plus des milliers de procès, des magazines virulents, de pleines pages d'annonces payantes dans USA Today pour critiquer l'IRS.

«Ça suffisait, dit-il. Pas besoin de chantage en supplément.»

Miscavige et lui se préparèrent sans relâche pour la réunion. J'étais là avec mes trois caisses de documents; Miscavige avait sa vingtaine de pages de speech à faire passer, et pour chaque page, j'avsi deux classeurs de pièces.

Miscavige présenta l'argumentaire selon lequel la scientologie est une religion de bonne foi. Puis il offrit un rameau d'olivier.

Rathbun se souvient de l'essentiel de ce qu'avait à dire le chef à l'IRS.

"Bon, on peut tout arrèter; ce n'est pas le but de notre église; on essaie seulement de se défendre; on se défend agressivement, c'est notre façon de faire. Si on peut s'assoir autour d'une table et discuter des mérites de l'affaire, obtenir ce qu'on pense avoir le droit d'avoir, tout ça peut être arrangé."

Les deux parties se séparèrent un moment.

Rathbun se souvient: Goldberg s'approche de lui dans le couloir, puisqu'il sait que je suis le bras droit. Il me dit "Il veut ça? On peut vraiment en finir ?"'

Et j'ai dit: «Certes, en lui faisant tourner la main pour l'effet, comme ça, comme un coup de faux.»

Les parties reprirent les discussions. Yingling dit qu'elle avait prévenu les gars de se blinder, leur avait conseillé de répondre à toutes les questions, mêmes les plus offensives.

Les agents posèrent des colles: les rituels d'initiation au LSD, si l'on tirait sur les membres qui n'obéissaient plus, et sur l'entraînement de terroristes au Mexique. On a répondu à tout, dit Yingling, créditant Miscavige d'avoir insisté sur le fait que l'église était ouverte, honnète et coopérative.

Les allers et venues durèrent deux ans et résultèrent en cet accord: l'église payait 12.5 millions de dollars, l'IRS laissait tomber ses enquètes criminelles. Tous les procès en cours furent abandonnés.

Le 8 octobre 1993, quelques 10'000 scientologues se rassemblèrent à Los Angelès pour célébrer la grande annonce du leader: l'IRS avait de nouveau accordé l'exemption à l'église, légitimant la scientologie en tant que religion, et en tant que corporation n'opérant pas pour le profit.

«La guerre est finie, dit Miscavige à la foule. Ca signifie tout.»

Réaction de la scientologie face à ceux qui l'ont quittée: «Mensonges absolus!

"L'église" de scientologie a lourdement insisté vendredi pour qu'on retarde la publication de la série du Times sur la scientologie. Ses porte-parole et ses avocats ont dit que les quelques jours qu'on leur avait laissés pour répondre à Mike Rinder, qui a récemment décidé de parler publiquement, ne suffisaient pas." L'église" a aussi insisté pour que le Times parle à d'autres personnes.

Les porte-parole scientologues et d'autres ont pris l'avion de partout dans le pays pour discuter avec les journa- listes de Clearwater. La parade a démarré par les ex-épouses de ceux qui ont fait défection. Toutes trois sont encore scientologues. Chacune a vanté le leadership visionnaire de Miscavige et expliqué qu'on ne pouvait se fier à son ex-époux.

Jennifer Linson a dit que son ex-mari Tom de Vocht, serait de nature irresponsable. Anne Joasem, l'ex de Marty Rathbun, prétend que son mari "vivait pour la guerre". Cathy Rinder, que son mari avait si peu de communication avec ses enfants qu'il ignorait que son fils de 24 ans souffrait d'un cancer de la peau.

Puis on a eu droit à Norman Starkey, un cadre de l'église qui connaissait Hubbard. Il explique que Miscavige ne l'a jamais attaqué. «Je savais que tout ce qu'il faisait collait exactement à ce qu'Hubbard avait en tête.»

Danny Sherman, biographe d'Hubbard, a relaté une anecdote où Miscavige avait recueilli un moineau blessé , lui avait parlé et s'était assuré qu'il survive. «C'était extraordinairement tendre...»

L'avocat new-yorkais Eric Liberman a expliqué qu'il représentait l'église depuis 32 ans et qu'il travaillait avec Rathbun, et ajouté qu'il était agressif et prenait de mauvaises décisions.

Au bout de huit heures, lorsque les journalistes s'apprétaient à partir, le porte-parole scientologue Tommy Davis amena neuf haut gradés de la direction scientologue. Ils se mirent épaule contre épaule devant la sortie et insistèrent pour être entendus. Marc Yager, Guillaume Lesevre, Ray Mithoff et Mark Ingber, répétèrent tous que Miscavige ne les avait jamais frappés.

«Je suis resté debout toute la nuit et j'ai noté sur des papiers tout ce que j'avais à vous dire, a indiqué Lesèvre. Et bien entendu, vous ne voulez pas m'entendre. Bien. Je veux qu'il soit bien inscrit que vous refusez d'entendre ce que j'avais à dire.»

Ray Mithoff: «ces gens attaquent - pas seulement lui, mais ils s'en prennent à toute ma religion et disent des choses à propos de ma base, l'endroit où je travaille depuis 27 ans.»

En hurlant, Greg Wilhere a affirmé «Miscavige n'a jamais battu qui que ce soit. Et je le sais mieux que quiconque, car j'ai plus souvent été à ses côtés que Mike Rinder, Rathbun et les autres.»

David Bloomberg: «Vous ne croyez pas que vous êtes des pions dans une affaire pourrie ?»

Lyman Spurlock: «Ce qu'ils veulent, c'est extorquer de l'argent de l'église... et là, le St Petersburg Times leur sert de véhicule d'extortion, vous n'êtes que leurs laquais... ils se servent de vous...»

25 heures d'efforts

Au long des 25 heures de réunion avec les journalistes, les deux avocats et les deux porte-parole de l'église ont glorifié les accomplissements de David Miscavige et attaqué la crédibilité de ceux qui sont partis. Ils «répandent des mensonges totaux et absolus pour ternir Miscavige, leader religieux respecté", a ajouté l'un des porte-parole.

«Ils ne sont que purs échecs vindicatifs,»»a expliqué l'avocate Monique Yingling, une non-scientologue qui représente l'église.

«Ce n'est pas pour avoir une vie différente qu'ils sont partis, a-t-elle dit; ils sont partis parce qu'on les avait virés de leur poste, démis, parce qu'ils étaient incapables de le manier. C'est là toute l'histoire. Et voilà désormais qu'ils démontrent leur désappointement amer en s'en prenant à la personne même à qui l'église doit ce qui y a lieu. Voilà tout.»

Yingling et le porte-parole en chef de l'église Tommy Davis ont reconnu que la violence fait désormais partie de la culture du management."Certains d'entre eux ont été battus, mais pas par David Miscavige. Vous savez par qui? Par Marty Rathbun."

Davis explique que Rathbun aurait attaqué 22 personnes, au cours de 50 incidents en tout au cours des années qui ont précédé son départ.

Il y a eu de la violence à la "base" de Hemet Californie, en 2003 et 2004, dit l'église, lorsque Miscavige était à Clearwater pour négocier l'affaire de l'homicide de Lisa McPherson, alors que la famille avait porté plainte contre l'église.

De retour à la base, ils disent que Rathbun avait institué un «régime de terreur».

Yingling a dit que Miscavige était revenu en Californie, qu'il avait mis un terme à la violence de Rathbun, et qu'il avait repris l'expansion de la scientologie. «Lorsque le procès McPherson s'est achevé en 2004, il est rentré à la base et a annoncé en substance "Je n'ai pas à passer du temps et de l'énergie sur ces affaires juridiques. Donc, ce que nous allons faire maintenant, c'est nous concentrer sur l'expansion de l'église, et soit vous êtes avec moi, soit vous n'êtes pas avec moi...»

«Et c'est alors qu'on a vu que ces individus ne voulaient pas rester à bord. Et c'est pour ça qu'ils ont été démis de leur position.»

Yingling a cité une autre raison expliquant l'expulsion de Rinder et Rathbun: lorsque Lisa McPherson est morte, ils ont commis des erreurs en tant qu'équipe juridique à Clearwater.

«Malheureusement, on n'a découvert que plus tard l'étendue de leur sabotage. Ils ont été démis, et c'est nettement en rapport avec l'affaire de Lisa McPherson.»

L'église explique que «l'agenda de Rathbun consistait à prendre le contrôle de la scientologie, en parlant de messages signés "T. Paine", dont elle dit qu'il s'agit de Rathbun. L'un d'eux conclut que Miscavige ne mérite pas sa position en scientologie. Il n'y a été ni nommé, ni élu, ni appointé. Il l'a pris, tout simplement. Il est temps qu'on le récupère.»

Yingling ajoute: «Marty dit tout bètement qu'il veut prendre l'église et rectifier ce qui ne va pas, et que tout ce qu'il a à faire, c'est de se débarrasser de David, et de prendre son poste.»

Rathbun répond qu'il n'est pas l'auteur de ces messages, et l'administrateur du site web a confirmé au Times que c'est quelqu'un d'autre qui les a écrits.

Tommy Davis explique que Rathbun provoque des dommages financiers à l'église, et que contre toutes les règles de celle-ci, il audite lui-même chez lui. «Je vais vous dire exactement, dit Davis: C'est une question de fric, c'est tout. Il a filé, et il rameute de la clientèle pour son business. Il se sert de votre publication pour y parvenir.»

Davis et Yingling ont dit que l'expansion de l'église avait atteint des niveaux encore supérieurs depuis qu'ils avaient quitté. «Je représente l'organisation depuis plus de vingt ans, dit Yingling, et je n'ai jamais vu une telle expansion.»

La scientologie dit: "ce fut une renaissance"

La scientologie a connu une ère d'expansion sans précédent, disent les porte-parole, qu'ils créditent à lactivité de Miscavige. Les matériaux de l'église ont été remis à jour et de nouvelles églises ont ouvert leurs portes. Tous les livres, matériaux et packs de cours du fondateur de l'église ont été traduits en 17 langues utilisées par les cibles du marketing scientologue.

Neuf nouvelles églises ont ouvert depuis 2004, plus quatre centres plus petits, dont l'un se trouve en basse ville de St Petersburg [Floride] et de Plant city. Trois orgs ont ouvert cette année, Dallas, Nashville et Malmo (Suède), quatre autres doivent ouvrir avant la fin 2009 à Las Vegas, Rome, Bruxelles, Tel Aviv et Washington DC.

A Clearwater, l'église a réouvert sa propriété fondamentale après 40 millions de dollars de travaux de rénovation.

Lors du "Sommet OT" au Hall Ruth Eckerd de Clearwater, Miscavige a annoncé le sortie d'une nouvelle édition des 18 volumes de base de Hubbard. Utilisées en scientologie depuis un demi-siècle, Miscavige en a corrigé des milliers de pages au cours des trois années précédentes et a écouté une conférence d'Hubbard chaque nuit.

Davis qualifie Miscavige "d'auteur de la Renaissance", en réfutant les chiffres de "ralentissement" avancés par ceux qui l'ont quittée. Le problème essentiel de leurs allégations réside dans le fait qu'il ne colle pas avec l'expansion grandiose que nous avons vécue.»

Catalogue de confessions

L'église prépare des dossiers de matériaux indexés comprenant les confessions effectuées par les mécontents pendant leur passage en scientologie .

L'un des fondements de la scientologie explique qu'un individu qui admet et prend responsabilité pour ses mau- vaises pensées et actes nocifs se sent libéré et joyeux. Les membres de l'église écrivent des confessions, qui vont dans des "dossiers d'éthique" censés rester secrets. Mais pour réfuter les affirmations que les "défecteurs" ont produites sur David Miscavige, les officiels de l'église ont décidé de cette mesure extraordinaire consistant à dévoiler une partie du contenu des dossiers. Les défecteurs y admettent des transgressions et congratulent leur chef. L'église indique que ces dossiers coupent court à la crédibilité de ceux qui attaquent Miscavige. Les défec- teurs expliquent que les "confessions" se font sous pression, et qu'on est forcé d'en écrire pour survivre en Scientologie.

Voici quelques éléments produits par l'église à propos de ses anciens chefs..

Marty Rathbun

L'église dit que Marty Rathbun est un menteur, un bulldog incompétent qui n'a cessé de saboter tâche après tâche. L'avocate de l'église Monique Yingling parle d'un "phénomène en scientologie" , où l'accu- sateur attribue à d'autres les actes qu'il a commis, et elle prétend que c'est ce que fait Rathbun.

  • 19 Avril 1994 - communication. «Bien que je n'ai répandu aucun mensonge direct sur toi, je me suis bien rendu compte que mes actions passées avaient peut-être pu créer une propagande noire te concernant.... Pour moi, le pire se situe dans les défauts, les overts ["péchés, surtout contre la scientologie", ndt] et leurs effets, c'est cet effet potentiel qui pouvait ternir ton image et ta présence et ton pouvoir. Je dis "potentiel" seulement parce que je crois que ce serait présomptueux de ma part de suggérer que je puisse réellement te faire du tort.... Je voulais que tu saches que je n'ai jamais regretté quoi que ce soit autant que de t'avoir trahi.»
  • 2001: Rathbun annonce avoir commis des attaques physiques et dégradantes. «En mai 2001 j'ai attrappé Yager par le col et l'ai soulevé contre un mur quand on l'a pris en train de faire un faux rapport sur COB [COB = Chairman on Board, président du Conseil, c'est à dire Miscavige] En avril ou mai 2001, Guillaume Lesèvre m'a répondu de travers et je l'ai jeté sur la table. A peut-être 25 occasions, je suis rentré dans le lard de [nom effacé], je l'ai traitée de "espèce de sale p..." et de "br... suppressive..." et de "criminelle infestée de propagande noire...", je l'ai envoyée huit fois en éthique pour lui faire cracher ses overts, retenues ['péchés' qui ont failli être découverts], sa propagande noire et ses buts malfaisants au lieu de lui donner des ordres de répèchage.»
  • 8 décembre 2001: Déclaration de Personne Suppressive. Parlant de soi-même en tant que "Marty", Rathbun dit avoir fait du tort et miné des collègues. «Marty a tiré profit d'un certain nombre de faux rapports qu'il avait produits au cours des années afin de donner une image faussée de son rôle lors du maniement d'attaques externes, en particulier celle de l'IRS [le fisc américain].Marty s'engagea alors dans une campagne destinée à ôter du chemin ou miner tout cadre ou staff qui pourrait le dénoncer. Il l'a fait en abusant de son privilège de pouvoir effectuer des Sec Checks [vérifications de sécurité & des confessions]. Il a commencé à faire de l'out-tech en faisant ces vérifcations sans mise en séance convenable, et en les intimidant grâce à des questions à vous faire dresser les cheveux sur la tête.»
  • 28 septembre 2003: Annonce publique: Rathbun écrit: «J'ai développé une forme de technique de fausse PR [PR: Relations Publiques, vantardise, publicité, ndt] pour faire croire que j'étais la cause de maniements de menaces, pendant et après que les faits se soient produits, alors qu'en réalité, c'est COB [Miscavige] qui avait manié. J'ai calculé que j'ai pu faire perdre 43 millions de dollars l'église en pertes et dépenses inutiles...
  • «Miscavige a potentiellement sauvé à lui tout seul l'église d'une ruine potentielle; s'il n'avait pas été là, l'église était fichue...»
  • Rathbun écrit que «s'il n'avait pas tant gaspillé le temps du chef de l'église, l'église naurait pas besoin de dépenser un centime à sa défense parce que personne ne songerait à l'attaquer, et qu'on serait bien loin sur le chemin d'une planète Claire.»
  • «Le motif de ces activités est une computation psychotique de self-préservation: se débrouiller pour qu'il y ait suffisamment de chaos et de menace dans les parages pour apparaître comme étant "la solution" au lieu de l'instigateur, avec des tas de gens noyés dans les difficultés tandis qu'on ignore que j'en suis la source et que je survis.»
  • «Je reconnais que mes actions ont été infondées et ignorantes et extrèmement destructives.»

Mike Rinder

  • L'église dit que Rinder est un menteur fini, faisant observer une "Admission" qu'il avait écrite à Miscavige, où il admettait avoir menti 43 fois au cours des années.
  • Février 2005: Excuses: «Dear Sir, je te dois énormément et, en plus d'une excuse de ma part, ma gratitude pour m'avoir sauvé la vie. Ton insistance au cours des mois et des années pour que je sois droit est l'unique chose qui m'ait ramené à la raison. A plusieurs reprises dans le passé, je me suis menti à moi-même et j'ai menti aux autres en disant que j'avais confronté mon out-éthique et que je m'étais manié. Ce n'était pas vrai.»
  • 4 juin 2005: Annonce: «Je reconnais très clairement à quel point je t'ai trahi, toi et la scientologie. Cette communication est destinée à t'informer de l'étape B de ma condition de doute. L'annonce est destinée à la personne "directement influencée, " et ici, c'est incontestablement toi. Ton insistance à ce que je reste droit m'a incité à faire face à mes actes suppressifs. Je sais que quand tu dis quelque chose, c'est la vérité et c'est ce qui m'a fait perdurer...»

Amy Scobee

  • L'église dit que Amy Scobee a violé des règles "d'engagement romantique hors mariage". Dans sa "confession", la référence à la seconde dynamique, c'est du scientologais pour le sexe.
  • 16 janvier 2005: Raisons de départ: «J'ai toujours eu des problèmes éthiques, écrit Scobee, au point "de devenir une distraction pour le groupe.»
  • Jan. 22, 2005: En détail, Scobee souligne comment elle a passé de "se tenir les mains", à se frotter, puis à "passer à la 2D complète" [couple ayant des rapports sexuels] ce qui eut lieu dans le bureau du superviseur des cas où ils ont eu une relation sexuelle.

Tom de Vocht

  • L'église dit que Tom de Vocht a été viré parce qu'il a dépensé trop d'argent dans les travaux de rénovation qu'il a supervisés. 20 juin 2004:
  • Rapport de trahison. Tom de Vocht écrit qu'il a raté une affaire de terrain à Clearwater qui non seulement coûte 1 million de dollars à l'église, mais qu'il a fait perdre du temps à COB, qui a dû rattrapper les erreurs de Vocht.
  •  

Biographie de David Miscavige

David Miscavige est entré en scientologie à 16 ans et il en est le chef depuis 1987. D'anciens dirigeants scientologues relatent maintenant une culture de violence sous l'égide de Miscavige. Le rapport spécial du St Petersburg Times sur la scientologie et David Miscavige se trouve ici: Scientologie: Le Rundown de la Vérité

Né en banlieue de Philadelphie
Age: 49 ans
Entré en Scientologie: Avec ses parents quand il était enfant, et a signé à l'organisation maritime (Sea Org) à 16 ans.
Vie familiale: Il a épousé une employée de la Sea Org, Michelle Miscavige. Ils n'ont pas d'enfants.

Faits marquants dans sa carrrière: Chef de l'église de scientologie depuis 1987, lorsqu'il est devenu Président Conseil d'Administration du Centre de Technologie Religieuse (RTC, religious technology center). Le RTC se dit responsable de la conservation et de la protection de la scientologie et de s'assurer que ses pratiques demeurent telles que le fondateur L. Ron Hubbard de la "technologie" l'a créée à l'origine.

Il a quitté le collège et s'est engagé dans le personnel scientologue à Clearwater, où il a entre autres livré des télex, et travaillé comme steward. Début 1977, il fut envoyé à La Quinta, Californie, pour travailler avec L. Ron Hubbard, qui fabriquait des films d'entrainement. A 19 ans, il fut le chef de l'organisation des "Messagers du commodore", ayant pour tâche d'enquèter sur les zones à problèmes de l'église.

L'une de ces zones était celle du GO. [le "Bureau du Gardien", le gardien étant le personnage qui fut numéro Deux mondial, rôle tenu par l'épouse d'Hubbard]. Onze membres du GO furent condamnés en 1979 pour avoir conspiré et volé des documents gouvernementaux et avoir tenté de le cacher. En 1982, Hubbard nomma Miscavige pour gérer sa fortune par l'intermédiaire d'un parapluie d'entités hors du système scientologue.

Après qu'Hubbard soit décédé en 1986, Miscavige gagna sa position actuelle en s'imposant face à d'autres dirigeants de l'église. De 1991 à 1993, il travailla à récupérer l'exemption d'impôts de l'église auprès du fisc.
Il oeuvre principalement depuis sa base de Hemet à l'extérieur de Los Angelès et voyage dans divers locaux de la scientologie, dont les QG spirituels de Clearwater. Les chefs de l'église expliquent qu'il conduit une "rennaissance" en produisant de nouvelles versions des livres de base d'Hubbard et un programme d'expansion majeur.

Citation de David Miscavige lors d'une conférence de 2004: «Bien qu'on puisse se plaindre des conditions dans lesquelles nous vivons et qu'on puisse les considérer submergeantes, notre opinion différe, car la plus importante commodité de cette planète ce sont les gens... alors oui, nous croyons aux droits de l'homme et faissons ce qu'il faut pour qu'ils deviennent une réalité de chaque jour.»


Biographie d'officiels scientologues ayant quitté le mouvement

MARTY RATHBUN

Né: Californie
Age: 52
Entrée en Scientologie: En 1977, à 20 ans.
Quitte la Scientologie: fin 2004
Vie de famille: Divorcé d'une employée de la Sea Org, Anne Joasem. Pas d'enfants.

Faits marquants dans sa carrrière: Lieutenant de haut grade de Miscavige. A joué une rôle clé dans l'unité des affaires juridiques. C'est le type des "détails" lors des très longues négociations avec l'IRS; il est de ceux qui signèrent le deal avec le fisc. Insecteur général et membre du Conseil d'administration du RTC, l'autorité ecclésiastique la plus élevée de l'église. Il dit avoir audité Tom Cruise et d'autres stars.

Actuellement: Il habite dans les environs de Corpus Christi, au Texas, travaille comme reporter pour des journaux et des mensuels. Il audite ou conseille des gens ayant quitté la scientologie, acceptant ce qu'ils voudront bien lui donner.

Citation: «J'ai aussi frappé des gens là-bas. Je ne me sens pas à l'aise avec ça. Et j'essaie de les retrouver pour m'excuser quand je peux." [Ecoutez l'entretien de Rathbun sur: tampabay.com/scientology]

MIKE RINDER

Naquit en: Australie
Age: 54
Entré en Scientologie: à 5 ans, quand les parents y sont entrés. A rejoint la Sea Org à 18 ans, en 1973.
Quitte la Scientologie: 2007
Famille: Divorcé de la membre de la Sea Org Cathy Rinder. Ils ont un fils et une fille adultes, tous deux membres de la Sea Org.

Faits marquants dans sa carrrière:Chef du Bureau des Affaires spéciales pendant 25 années, a supervisé les efforts juridiques, les relations avec les médias et les investigations. Il était le visage public de la scientologie, présent lors d'innombrables interviews TV ou madias, souvent dans la zone de Tampa (Floride). Il fit partie du premier groupe de scientologues à occuper le Fort Harrison fin 1975. Devint chef administrateur à Clearwater de 1978 à 1981, puis grimpa les échelons vers les strates d'encadrement international de la scientologie.

Désormais: Il vend des voitures à Denver.

Citation: «face à la suggestion de l'église qui prétend que les défecteurs "tenteraient un coup d'état" "Ils le disent afin de le faire passer au public de la scientologie... S'ils peuvent continuer à dire: c'est pour tenter de nous renverser, ils obtiennent alors de l'aide des scientologues. Je n'ai pas la moindre intention de revenir ou de prendre aucun contrôle , ni rien. Ce n'est que du positionnement de relations publiques de leur part.»

TOM DE VOCHT

Né: Belgique
Age: 45
Entré en Scientologie: A 10 ans, en 1974, lorsque sa mère y est entrée.
A quitté la Scientologie: 2005
Vie familiale: Divorcé de la membre de la Sea Org Jennifer Linson. Pas d'enfants.

Faits marquants dans sa carrrière: Il a supervisé bon nombre de projets de construction de l'église en ville basse de Clearwater, et dans les propriétés de l'église en Californie. De 1986 à 2000, il avait la responsabilité adminis- trative des affaires à Clearwater. Il a commencé à travailler à plein temps pour l'église à 14 ans, comme chasseur (d'hotel, ndt).

Désormais: Il habite le Comté de Polk. Il achète et revend des meubles d'occasion.

Citation: «J'y ai passé 28 ans. Ce fut ma vie... C'étaient mes amis... je les respecte. Je les considère encore en majorité comme des amis; j'aimerais avoir de leurs nouvelles. Je n'ai jamais que ça (les méthodes scientologues) fassent du tort, ça, j'en suis sur. Et je n'y aurais pas passé 28 ans si je n'avais pas pensé qu'il y avait quelque chose de bon dedans.»

AMY SCOBEE

Née: Etat de Washington [ndt, état peu peuplé au NO des USA, ne pas confondre avec la ville et le district de Washington]
Age: 45
Entrée en Scientologie: A 14 ans, en 1978, in 1978
A quitté la Scientologie: 2005
Vie de famille: Mariée à l'ex-membre de la Sea Org Matt Pesch. Ils ont quitté l'église ensemble en 2005. Pas d'enfants.
 
Faits marquants dans sa carrrière:A supervisé pluseurs opérations de secteur comme manager pendant 20 ans à la base internationale de Clearwater. A bâti le réseau des Centres de Célébrités scientologes, trouvant et formant les staffs pour qu'ils atteignent un niveau de service quatre étoiles. A supervisé les locaux des films et des bandes enregistrées de l'église. Adolescente, elle faisait de la cuisine, dirigeait les staffs de base à Clearwater.
 
Présentement: Elle habite aux environs de Seattle; elle achète et revend des meubles.
 
Citation: Je n'ai jamais eu de job. Aucun diplôme d'études puisque j'ai commencé comme staff à 14 ans. Je n'avais pas de compte en banque, pas de permis de conduire. je ne savais rien de la vie au dehors, puisque j'y étais depuis aussi longtemps.»
 

La Mort à petit feu

LISA MCPHERSON: le déroulement de son destin

1994: Lisa McPherson, scientologue de longue date, déménage de Dallas à Clearwater avec son employeur, AMC Publishing. Les patrns et la plupart des employés de la société sont scientologues; ils veulent se rapprocher du QG spirituel de la scientologie.

Septembre 1995: Lisa McPherson fut désignée "Clear" lors d'une cérémonie à l'Hotel Fort Harrison en septembre 1995; cela signifie qu'elle s'était débarrassée des effets de souvenirs perturbateurs enterrés dans le subconscient. Au cours des 5 années précédentes, Lisa avait dépensé 175000 dollars en 'conseils' scientologues. Elle avait 36 ans.

18 novembre 1995: Après un accrocahge en voiture sans gravité, Lisa se déshabille et dit à un infirmier: "J'ai besoin qu'on m'aide. Il faut que je parle à quelqu'un." On l'emmène à l'hopital Morton Plant pour une évaluation psychiatrique, mais elle signe son bon de sortie, en désaccord avec le médecin. Les membres de l'église l'emmènent au Fort Harrison. C'est Janis Johnson qui supervise les soins. Elle est médecin mais n'est pas autorisée à exercer en Floride et sa licence a été suspendue en Arizona.

5 décembre, 1995: 17 jours plus tard, les scientologues s'occupant de Lisa trouvent qu'elle paraît gravement malade. Ils la mènent à l'hopital de New Port Richey, en passant devant quatre autres hopitaux plus proches - afin que le Dr Minkoff, scientologue médecin d'urgences, puisse l'examiner. McPherson ne respire plus, sa peau est émaciée, porte des coups, et n'est pas propre. Minkoff prononce le décès. Il n'y aura pas d'annonce funéraire ni rapport de police sur son décès.

16 déc, 1996: Les nouvelles du décès de Lisa sont communiquées aux journaux. Version de l'église: "Elle est venue se reposer et se relaxer au Fort Harrison, et elle est soudain tombée malade.

Janvier 1997: L'office de l'attorney du Comté de Pinellas Pasco et le ministère d'application de la loi contactent la police de Clearwater. L'office de la médecin légiste Joan Wood explique aux journalistes qu'il est impossible qu'ell soit "soudain tombée malade."

19 février, 1997: A Tampa, les parents de Lisa McPherson déposent plainte pour homicide contre l'église de scientologie, firmant que les scientologues ont laissé Lisa McPherson tomber dans le coma sans être nourrie et sans recevoir de liquides, tandis qu'elle était maintenue en isolation à l'hotel Fort Harrison.

13 nov, 1998: Après 11 mois de recherches sur le dossier de Lisa, le State Attorney Bernie McCabe met en examen l'église pour deux délits: exercice illégal de la médecine et abus envers une adulte incapable.

Février 2000: Après avoir révisé les informations médicales fournies par la scientologie, la légiste Wood modifie le certificat de décès de Lisa. Elle le modifie de "indéterminé" en "accidentel".

June 12, 2000: Ayant achevé de revoir le dossier, McCabe prononce un non-lieu pénal, faisant observer que le changement d'opinion du Dr Wood exige que l'on puisse prouver un cas pénal au delà d'un doute raisonnable;

26 mai , 2004: L'église et la succession de Lisa McPherson atteignent un accord au civil. Les termes en sont confidentiels.

NOTES des soignants de Lisa McPherson: 17 journées au Fort Harrison de Clearwater

Du 18 novembre 1995 au 5 décembre, les staffs scientologues qui ont surveillé Lisa McPherson jour et nuit ont noté ce qui se passait. Marty Rathbun, qui a géré le deal final de ce procès contre l'église de scientologie, admet avoir fait disparaître au moins deux journées de rapports; il craignait qu'ils n'incriminent l'église. Voici ceux qui n'ont pas été détruits.

18 Nov.
14:45 p.m. Lisa parle maintenant depuis une demi-heure "J'ai créé le temps il y a trois milliards d'années et maintenant, je dramatise ça... je suis LRH et je ne le confrontais pas parce que je ne confrontais pas cette puissance... je veux danser. il me faut mon auditeur. J'ai besoin de confronter maman.
15:15 Elle continue à parler sans s'arrèter ? Elle a essayé de sortir.

19 Nov.
Cet après-midi, Lisa marchait comme un robot. Du nouveau: quand elle commence à parler, elle parle, parle, parle, puis elle regarde un point. Elle essaie aussi de pousser mes boutons (ce qu'elle n'a jamais fait avant). Elle dit que je suis elle et qu'elle contrôle mon corps. Elle m'a embrassée sur la bouche. Je l'ai laissée dehors cinq minutes.
...Elle a pris mon bras et l'a posé sur son ventre, et a passé la langue sur mon visage. Je l'ai ramenée au lit.

20 Nov.
Elle a du mal à avaler même un peu d'eau. Elle a pris deux cuillérées de protéine. Maintenant, elle saute sur son lit, et saute et saute...

22 Nov.
Je suis entrée dans la pièce - elle est complètement Type III. Elle bafouille , incohérente, sans arrèt. Elle tremble, elle n'a pas de choses chaudes sur le dos, juste un soutien-gorge, un panty, des chaussures et pas de chaussettes. Elle a dormi 4 heures et s'est levée. J'ai du la courser autour de la chambre une 50e de fois, et l'habiller, pantalon, tee shirt, veste, chaussettes, chaussures. Elle était comme un glaçon.
Elle parle de façon incohérente des heures d'affilée. Elle refuse de manger, recrache tout, elle a mauvaise haleine. On dirait qu'elle a la varicelle, ou la scarlatine sur la figure. Elle est fiévreuse au toucher.
Après 13h, elle a eu une crise de violence, elle m'a frappée plusieurs fois en me disant en rage qu'elle allait me tuer, je sais pas combien de fois. J'ai appelé le "garde" dehors. Il est resté en ma compagnie pendant sa crise, mais elle m'a encore tapé dessus. (J'ai essayé de me protéger, mais elle était hors de tout contrôle)

30 novembre
de 9h à 13h. Réveillée. Elle erre par terre, elle bouge les bras, les jambes, elle grogne.
13:30 à 17:30. J'ai probablement fait ingurgiter l'équivalent de 3 capsules de valériane. En 4 fois sur une période de 4 h1/2. Elle veut paraître très coopérative, elle tient la bouche ouverte, me regarde, fait comme si elle était là, puis elle ferme le fond de la gorge et n'avale pas. Mon idée d'essayer de lui pincer le nez pour qu'elle soit forcée d'avaler en respirant par la bouche n'a pas vraiment fonctionné.
9:15 J'ai réussi à lui faire ingurgiter un bout de banane et du mélange, et un peu de thé. Elle s'assoit souvent, assez longtemps à la fois, alors qu'hier, je ne l'ai vue s'assoir qu'une seule fois, elle restait sur le sol, à remuer. Elle se sert de nouveau de ses jambes pour frapper; hier ce n'était pas aussi risqué.
P.P.S. Lisa est plus haute de ton - hier, c'était l'apathie, physiquement et dans sa communication. Quelques instants de colère, mais pas vraiment déterminée. Cet après-midi, elle est méchante, et même néfaste.

2 Dec.
13 -15 h Je lui ai donné 4 capsules de racine de valériane, 4 orinthane (je ne suis pas certaine du nom, je n'ai pas vu la bouteille, mais c'est une des préparations à base de plantes pour dormir, et à peu près 20 cl de calmag.
Elle somnolait un peu de temps à autre, mais à 3 heures du matin, elle était encore réveillée et elle parlait.
On lui a coupé les ongles, ça réduira le risque qu'elle se griffe et qu'elle nous griffe? Elle a des griffures de partout sur le corps, sur les coudes et les genoux, des traces de pression. Rien de ça n'est ouvert ni ne paraît infecté.
8:00 ... Je lui donnerai davantage de préparation de plantes pour dormir, et on parlera avec Janice pour prendre d'autres mesures afin qu'elle dorme mieux aujourd'hui.
Les finances pour les protéines sont consommées depuis la nuit. J'étais en comm avec un garde de sécurité qui a dit que la source de l'argent pour Lisa, c'était son employeur, il pensait pouvoir en obtenir ce matin.

3 Dec.
1:00 - 1:30 matin. J'ai à nouveau essayé de la nourrir mais elle ne veut rien prendre. Elle pense qu'on est des psychos ou d'autres ennemis qui veulent la tuer.
10:00 Elle a dormi la plupart du temps, un bon gros sommeil. Quand elle s'est réveillée, elle était très confuse et combattive.
14:00. Elle semble se réveiller. Elle a essayé plusiers fois de se mettre debout mais n'en a pas encore la force. Je vais lui donner une banane écrasée et un peu de protéine. J'ai communiqué avec la sécurité pour avoir plus d'argent pour elle.
15:00 Elle se repose actuellement. Elle a originé qu'elle savait qu'on essayait de l'aider bien qu'elle ne sache pas nos noms et qu'on ne lui parle pas. Le reste de sa comm, c'est l'habituelle confusion. elle a aussi pris quelques cuillérées d'eau. Elle est gentille et calme, physiquement. elle a plusieurs fois essayé de se mettre debout.
18:30. donné d'avantage de banane et de poudre protéinée par moitiés

Dans la nuit qui suivit le décès de Lisa McPherson, le chef mondial de la scientologie fit passer un message à l'un de ses principaux lieutenants, lui disant d'attendre près d'une cabine téléphonique payante de l'Holiday Inn, l'un des hotels de Clearwater proche de la baie de Tampa. Lorsque Marty Rathbun répondit au téléphone qui sonnait, David Miscavige lui dit ceci: «Qu'est-ce que tu fous ? Pourquoi tu n'es pas partout sur cette merde d'affaire? La police tourne autour. Fais quelque chose.»

«Oui, Sir», répondit Rathbun.

McPherson, une jeune adepte de 36 ans apparamment en bonne santé, avait passé 17 jours dans une chambre sous garde des scientologues à l'hotel Fort Harrison de Clearwater. Les staffs scientologues avaient essayé de l'extraire de sa crise de nerfs, mais elle était tombée malade. Elle vécut ses derniers instants sur le siège arrière d'une camionette qui l'emmenait dans un hopital lointain.

Son décès survenu le 5 décembre 1995 allait entraîner neuf années d'investigations, de procès et de couverture mondiale par les médias. Toujours vivante sur Internet, elle entache encore aujourd'hui la réputation de la scientologie.

Pour la première fois, voici les faits relatés par l'un des cadres dirigeants de la scientologie
- l'homme qui a dû directement gérer la façon dont l'église maniait l'affaire.

Rathbun, qui quitta le personnel de la scientologie fin 2004, admet que lorsque les procureurs et les avocats préparaient le dossier en raison de la plainte de la famille de Lisa McPherson, il a détruit les preuves pouvant incriminer l'église quant aux "soins" qu'elle avait subis au Fort Harrison.

Lui-même ainsi que d'autres anciens membres ayant quitté "l'église" dévoilent pour la première fois comment Miscavige était impliqué dans les traitements scientologues donnés à Lisa McPherson. Quelques semaines avant qu'elle ne pique cette crise, expliquent-ils, c'est Miscavige en peronne qui avait déterminé qu'elle avait atteint un état mental 'amélioré' que la scientologie défnit comme "Clear".

Des années durant, Rathbun soutint mordicus que l'église n'avait rien fait de mal. Il déclare aujourd'hui que les soins apportés à Lisa McPherson furent une totale débâcle dès les premiers instants. Ce fut une " tempête inimaginable d'irresponsabilité et d'incompétence de la part de l'église," "C'est impossible de justifier ça,".

Il a déclaré que l'église était prète à payer n'importe quelle somme pour se débarrasser du procès. Il explique qu'il a envoyé un émissaire aux funérailles de Lisa McPherson à Dallas, avec la permission de donner à la mère de Lisa, Fannie McPherson, tout ce qu'elle demanderait. L'approche fut refoulée parce que la famille n'avait pas confiance en l'église.

«Que ce soit une affaire d'argent ou autrement, on allait s'occuper de cette femme, c'était indispensable. Si elle voulait 5 millions de dollars, on lui donnait 5 millions.»

Les officiels de l'église disent que Rathbun est un déçu amer qui exagère son importance en scientologie et dont les motivations sont suspectes. Ils disent que Miscavige a démis Rathbun de son poste en 2003 en partie à cause de ses mauvaises décisions dans l'affaire McPherson.

L'accord intervenu ensuite entre la famille McPherson et la scientologie interdit de fournir des éléments précis, explique Monique Yingling, avocate de la scientologie depuis très longtemps et amie de Miscavige. Elle continue à dire que Rathbun a bousillé l'affaire dès les débuts, et peut-être même, "qu'il a provoqué toute l'affaire".

Un petit accrochage

McPherson est entrée à 18 ans en scientologie à Dallas, où elle habitait alors. Elle travaillait dans une société de marketing tenue par des amis scientologues; la société déménagea à Clearwater en 1994 pour se rapprocher du QG spirituel de la scientologie, et McPherson les suivit.

Le 18 novembre 1995, peu après 18 heures, elle conduisait sa Jeep Cherokee lorsqu'elle heurta une remorque à bateau stoppée sur l'avenue South Fort Harrison.

Frénétique, Lisa McPherson jaillit de sa voiture, attrapa les épaules du conducteur qui tirait la remorque et deman- da: «Où sont les gens ? Où sont les gens ?»

Les pompiers lui demandèrent de ranger sa voiture sur les bas-côtés du Boulevard Belleview. Elle signa un papier disant qu'elle n'avait pas besoin de soins médicaux. Pendant que les officiers et les infirmiers s'occupaient d'autre chose, ils virent que Lisa s'était déshabillée, et qu'elle marchait le long de l'avenue.

Ils l'emmenèrent à l'hôpital Morton Plant où les médecins discutèrent de son admission pour évaluation psychia- trique, selon la "loi Baker de Floride".

Mais la scientologie considère la psychiatrie et les médicaments psychiatriques comme nuisibles. L'église croit qu'elle peut offrir des traitements moins lourds et plus humains pour les problèmes mentaux de l'humanité.
Tenant absolument à ce que Lisa McPherson ne reçoive pas de soins psychiatriques, une dizaine de scientologues se pointèrent à l'hopital et dirent qu'ils allaient prendre soin d'elle. Elle expliqua qu'elle acceptait de partir avec ses amis et signa son bon de sortie, malgré l'avis opposé d'un médecin.

Les employés scientologues l'amenèrent au Fort Harrison où ils l'enfermèrent chambre 174, dans les petits bâtiments à l'arrière du bâtiment principal, un petit groupe de chambres moins formelles longeant la rue qui passe derrière l'hôtel. Quatre membres des "services médicaux" scientologues furent assignés à sa garde. Les staffs de plusieurs départements furent appelés à l'aide: comptable des salaires, employé de classement, secrétaire, chef du personnel, gardes de sécurité et deux libraires.

L'officier médical qui supervisait l'ensemble pour l'église était Janis Johnson, une médecin n'ayant pas de licence valide pour exercer en Floride.

Deux semaines d'affilée, ils tentèrent de calmer Lisa, de la nourrir et la soigner avec des médicaments. Un dentiste du staff scientologue, qui ne possèdait pas de licence valide en Floride, mélangeait de l'aspirine, du Benadryl, du jus d'orange, et propulsait le tout au moyen d'une seringue de gavage dans sa gorge.

Les staffs ont conservé des rapports de ce qu'ils ont tenté. Essayant de calmer Lisa, une staff tente de lui faire ingurgiter de force trois capsules de valériane, mais Lisa les recrache. 'Mon idée de lui pincer le nez pour qu'elle soit forcée d'avaler tout en pouvant continuer à respirer par la bouche n'a pas vraiment fonctionné...", écrit-elle.

Mc Pherson a giflé et hurlé contre ceux qui lui faisaent ces "soins". Elle bafouillait, vomissait ce qu'elle avalait. Elle a cassé le plafonnier, le miroir de la salle de bains; elle a sauté en bas de son lit, est tombée à terre, a couru dans toute la chambre.

Elle est tombée en méditation à propos d'une ampoule, expliquant "Il faut suivre la lumière, la lumière c'est la vie".
Une de celles qui s'occupaient d'elle écrit "On aurait dit un cube de glace.
«Elle refusait de manger et recrachait tout ce qu'on lui donnait. Son haleine était horrible. Elle avait de la fièvre, ça se sentait au toucher.»

Le matin du 5 décembre 1995, Lisa avait perdu environ 8 kilogs. Johnson, la toubib de l'église, a téléphoné à David Minkoff, scientologue et médecin de l'hopital (lointain) de New Port Richey. Minkoff a dit qu'il fallait amener Lisa à l'hôpital tout proche de là où elle se trouvait, l'Hopital Morton Plant de Clearwater

Mais Alain Kartusinski, superviseur des procédés scientologues, a expliqué à Minkoff qu'il craignait qu'on lui donne des soins psychiatriques au Morton Plant, et Johnson assura le Dr Minkoff que l'état de santé de Lisa n'était pas catastrophique.

Mais ils n'avouèrent pas à Minkoff que Lisa ne pouvait même pas tenir debout, que ses muscles ne répondaient plus. Que sa respiration était très difficile, son regard fixe et sans battements de paupières; ni que son visage était émacié, un signe de déshydratation sévère.

Minkoff accepta de la recevoir. Les scientologues l'amenèrent, assise à l'arrière d'un van, à trois quarts d'heures de là, à l'hopital de Pasco, laissant de côté quatre autres hopitaux sur leur route.

Il l'amenèrent aux Urgences dans un fauteuil roulant. Son pouls ne battait plus, elle n'avait plus de battements de coeur, et elle ne respirait plus. Minkoff constate son décès.

Il appela Johnson et lui passa un savon.

«J'étais choqué et carrément hors de moi, dira-t-il plus tard. Je n'étais pas vraiment en état de chercher ce qui s'était passé. L'idée, c'était plutôt de dire "mais comment oses-tu m'amener quelqu'un dans un tel état??»

Le rôle de Miscavige

La scientologie utilise une méthode unique de conseil qu'elle dénommée "audition". Dans une pièce calme, un "auditeur" pose des questions prédéfinies à une "paroissien" en surveillant une appareil électronique dénommé "électro-psychomètre" ou "électromètre" ou e-meter. Les scientologues disent qu'il y a une "charge" liée à des zones de bouleversements de la vie de la personne, comme des conflits de couple, ou un accident dans l'enfance.

Lorsque ces sujets sont abordés, l'aiguille de l'appreil réagit. Quand on localise l'épisode perturbant, ça dissipe la charge et l'aiguille vogue aller-retour. La personne est censée aller mieux.

Un des buts de tout cela est de "devenir Clear [Clair], un état où les images mentales négatives sont disparues, et dans lequel les scientologues disent que la personne serait débarrassée de toutes ses peurs, anxiétés, et pensées irrationnelles.

John Travolta, Kirstie Alley et Tom Cruise font partie des stars qui ont vanté les bénéfices de la scientologie. Des "paroissiens" de divers pays viennent à Clearwater pour se faire auditer par les meilleurs. Des scientologues viennent pour les locaux luxueux et pour les auditeurs 'top-summum', les "Classe XII", dont les services, explique Rathbun, sont facturés à 1000 dollars de l'heure [environ 725 euros/h à la date du 22 juin 2009, mais moitié plus en 1995].

Mais en 1995, explique Rathbun, même l'église pensait que les Classe XII ne valaient pas ça. Ils étaient épuisés, leurs séances d'audition routinières et sans inspiration, un peu comme un médecin ne sachant pas discuter avec ses malades.

«Ces gens sont tous en surpoids, ils sont obèses, ils ont des problèmes de dos, ils ne dorment pas assez, dit-il, et parmi les problèmes posés, j'ai réalisé que depuis 15 ou 20 ans, ce ne sont plus que des vaches à lait - des tiroirs-caisses.»

Il ajoute: "On les trait à longueur de journée."

Rathbun et d'autres disent que Miscavige était à Clearwater en 1995 pour lancer "L'âge d'Or de la Tech", une initiative destinée à améliorer la qualité et la précision de l'audition effectuée à la "Mecque scientologue."

Rathbun explique qu'on l'avait assigné à l'assister. Miscavige devait surveiller par vidéo les séances d'audition depuis la pièce de contrôle qui permet de surveiller un nombre de salles d'audition.

L'une des personnes auditées était Lisa McPherson.

Il regardait toutes les séances où elle se trouvait et disait 'Faites ceci, faites cela, etc.', explique Tom de Vocht, un des grands chefs de l'église de Clearwater, parti depuis, et qui communique publiquement pour la première fois.

Le dossier contenant les rapports de séances de McPherson faisait des aller-retours entre la pièce d'audition et le bureau de Miscavige, explique de Vocht, dont le bureau était à côté de celui de Miscavige, font il avait aidé à rénonver les quartiers.

Don Jason, qui était à l'époque également un officier de haut rang de Clearwater, dit avoir vu Miscavige poser ses écouteurs et dire que Lisa avait atteint l'état de Clear lors d'une séance précédente. Jason, 45 ans, dit avoir vu Miscavige écrire une note à l'auditeur de Miss McPherson, pour informer cette dernière de ce nouveau statut de "Claire".

Les scientologues qui sont "clairs" ne piquent pas des crises, explique Jason, si bien que lorsque l'un d'eux pique sa crise, c'est un "énorme problème".

Les officiels de l'église disent que Jason et de Vocht ont tort. "Je peux vous dire que c'est outrageusement, absolument faux", ajoute Anne Blankenship, administratrice importante à Clearwater de 1996 à 2003.

«J'étais là. Le président du Conseil (Miscavige) n'était pas même à la base à terre de Flag à cette époque. Il ment. Ca ne s'est jamais produit.»

Yingling et le porte-parole Tommy Davis disent aussi que Miscavige n'était pas à Clearwater à l'époque, ils disent posséder les minutes des réunions auxquelles il participait en Californie pour le prouver. Ils mettent également en doute que de Vocht et Jason, près de 14 années plus tard, puissent se souvenir de quoi que ce soit à propos d'une femme qui n'était qu'une simple "paroissienne".

Jason, explique que le moment lui est resté gravé parce que les staffs ont besoin d'un entraînement spécial et d'une reprise de leurs connaissances pour être capables d'identifier le moment où quelqu'un devient "clair". Alors, ça m'a frappé, je me suis dit "Oh là, Miscavige a ces connaissances-là ?»

«C'est pas seulement ça, dit Jason, qui a quitté l'église mais pense encore que la scientologie a du bon: j'étais tout près de lui à sa droite quand ça s'est produit.»

«C'est énorme, a dit de Vocht en expliquant l'implication de Miscavige : impossible de l'oublier.»

De Vocht explique avoir travaillé de près avec Miscavige à l'époque. Il dit que Miscavige était obnubilé par McPherson du fait qu'il y avait des problèmes dans ses auditions et qu'elle était l'amie d'une adepte scientologue de grande importance.

Il dit avoir vu Miscavige écouter et regarder les séances d'audition de McPherson par la vidéo et annoter son dossier d'audition.

"Je l'ai vu de mes yeux, dit de Vocht: pas mal de gens le surveillaient aussi."

Les représentants de l'église disent qu'il n'y a aucune note de Miscavige dans les dossiers de McPherson. De toute façon, disent-ils, Miscavige était qualifié pour surveiller le cas de McPherson s'il le voulait. "C'est un expert dans tous les domaines," dit Jessica Feschbach, une porte-parole de l'église.
Rathbun se souvient avoir croisé une fille sortant brusquement d'une salle d'audition du Fort Harrison.

"Elle criait "Wouah, wow", elle hurle", disait-elle. Elle parlait de McPherson à qui on avait annoncé qu'elle était claire. C'est en septembre 1995 qu'une cérémonie célébrait l'évènement au Fort Harrison. Mi-novembre, elle était de retour, bafouillante, en compagnie de ses soignants...

Le Processus d'introspection - "Introspection rundown"

Lorsque Rathbun apprit le décès de Lisa, il interviewa 15 ou 20 scientologues ayant pris "soin" d'elle.

"C'était comme traverser la zone d'une catastrophe. Ils étaient littérallement dévastés. Certains portaient des griffures et des coups donnés par Lisa. Tous étaient complètement désespérés parce qu'on allait les rendre coupables d'avoir fait une erreur.

Ils avaient raison, explique Rathbun. Tout avait été fait de travers; je ne peux pas vous dire l'énormité des crimes techniques que ça représentait, en termes scientologues.

Les gens avaient donné un "Rundown d'Introspection" à McPherson, une procédure créée par le fondateur de la scientologie, Ron Hubbard. Le but consiste à suffisamment isoler et calmer un psychotique pour pouvoir l'auditer.

On doit garder la personne au calme, en silence, avec personne dans les parages qui rsiquerait de "restimuler" les images mentales pouvant la bouleverser.

Mais des employés de l'église sont venus dans la chambre de Lisa, ainsi que les gardes, avec leurs talkie-walkies, explique Rathbun. Une staff pleurait dans un coin. D'autres maintenaient Lisa pour essayer de lui donner des médicaments et la nourrir.

Au lieu de se calmer, Lisa était de plus en plus agitée et auto-destructrice au cours de ces 17 jours.
Rathbun dit avoir participé à plusieurs rundowns d'introspection, mais qu'aucun n'a demandé plus d'une journée ou deux.

Il dit que pour lui, il est clair qu'elle a subi de l'out-tech, le terme scientologue pour désigner une pratique scientologue incorrecte.

Rathbun avait un autre problème: Kartuzinski, le superviseur des cas [ndt: c'est un ancien scientologue français formé à Paris dans les années 70] et Johnson avaient menti à la police. Ils avaient dit à la police que Lisa n'avait pas subi de rundown d'introspection, et que son séjour était tout à fait ordinaire.

«C'est dans ce foutoir que j'avais mis les mains, explique Rathbun. J'avais là deux faux témoignages sous serment faits à des agents de la force publique, en plus de la façon effarante dont les scientologues avaient manié Lisa McPherson. C'était vraiment un mélange de n'importe quoi, dit Rathbun; sa première idée d'instinct, c'aurait été de faire quelque chose de complètement différent de la norme. Vraiment, je souhaitais être dans une position où j'aurais simplement pu suivre mon coeur. Et en 1995, mon coeur me disait "Je vais chez le State Attorney et je lui dis "Il y a eu un accident terrible... c'est de notre faute...»

Mais ce n'était pas ça qu'on apprenait dans les jeux de rôle scientologues. Rathbun avait alors près de deux décennies d'immersion dans la culture scientologue: «Quand on subit le siège, on serre les rangs et on n'admet jamais la moindre erreur.»

Il dit avoir écrit un rapport interne concluant à des erreurs dans les procédures de l'église, mais que celles-ci n'avaient pas contribué au décès de Lisa McPherson.

Il a mis le rapport dans une grande enveloppe qu'il a scellée de la façon qu'il avait apprise en débutant, quand on maniait la correspondance d'Hubbard. On coupe dans le joint de l'enveloppe au rasoir, eton colle du scotch dessus pour que personne ne puisse l'ouvrir sans déchirer l'enveloppe. Et l'enveloppe partit pour la base californienne.
Pendant un an, rien ne transpira de la mort de Lisa dans les médias.

Mais à la mi-décembre 1996, des détails de l'enquête effectuée par la police de Clearwater furent transmis aux journalistes. Un rapport de l'autopsie de Lisa McPherson signé de la Médecin Légiste en chef Joan Wood du Comté de Pinellas-Pasco concluait que Lisa McPherson était morte d'une embolie pulmonaire au poumon gauche, causée par «repos alité prolongé et déshydratation sévère.»

Rathbun coordonna la réaction publique scientologue, dont il avoue maintenant qu'elle commence par des mensonges. Les porte-parole de l'église disaient que Lisa McPherson se trouvait au Fort Harrison pour du repos et de la relaxation. Ils disent qu'elle pouvait aller et venir comme bon lui semblait. Ils niaient qu'elle ait reçu un

Introspection Rundown.

McPherson était soi-disant "tombée soudain malade" et participait aux décisions sur les soins qu'on lui prodigait, disaient les officiels. Sa mort résultait d'un enchaînement malheureux mais sans lien avec ce qu'elle faisait en scientologie.

La Docteure Woods parla, expliquant que son autopsie contredisait les dires de l'église. La légiste vétéran expliqua qu'il n'y avait rien d'accidentel ni de soudain dans la mort de Lisa. Son état s'était graduellement détérioré depuis une dizaine de jours, et elle était vraisemblablement inconsciente vers la fin.

L'église porta plainte contre Wood afin de pouvoir accéder à ses rapports. Un avocat scientologue la traita de "Menteuse, menteuse, menteuse, menteuse, haïssable menteuse."

La famille de Lisa McPherson porta plainte contre l'église pour homicide.

Et l'office du State Attorney de Pinellas-Pasco enquêta pour déterminer s'il fallait poursuivre au pénal.

Destruction des preuves

Début 1997, alors que les enquèteurs approchaient, Rathbun réunit le personnel de l'église dans les bureaux californiens d'Hollywood. Ils ratissèrent les rapports quotidiens remplis par les soignants au cours des 17 journées passées au Fort Harrison.

Trois des documents gènaient particulièrement Rathbun.

L'un d'eux parlait d'une référence sexuelle bizarre de McPherson. Un autre, que personne n'avait pensé à ôter un miroir de la d'une chambre d'une psychotique encline à se blesser exprès. Le troisième, l'opinion d'un des soignants qui disait que selon lui, on ne contrôlait plus du tout la situation, et qu'il fallait que Lisa voit un médecin.
Rathbun conclut qu'il fallait ôter ces notes.

«Je leur ai dit "Perdez-les, et partez", ajoutant que la décision de les détruire était bien la sienne.Personne ne m'a dit de le faire, et je l'ai fait. Maintenant, la vérité, c'est la vérité, je le confesse, et je crois vraiment que c'est quelque chose qui fait davantage de tort à l'église que ça a fait de tort aux gens qui voulaient obtenir des dommages.»

Mais c'est ainsi, et je sais qu'en tout cas, c'est potentiellement un crime.»

Lors d'un entretien récent, le State Attorney Bernie McCabe a dit qu'il était évident que les rapports manquaient, parce que l'église avait fourni des entrées pour chacune des journées, sauf les deux dernières avant le décès. C'est le "sixième sens" de McCabe qui lui disait que l'église cachait quelque chose.

«Poursuivre Rathbun, ce n'est pas une option, car la destruction de preuves est caduque sur le plan pénal au bout de trois ans, dit McCabe, on ne peut plus le faire.»

Le stress croît

Le 13 novembre 1998, l'office de McCabe poursuivait l'entité "église de scientologie" de Clearwater pour deux délits: négligence criminelle et exercice illégal de la médecine.

L'église était désormais face à un possible procès et des témoignages embarrassants aussi bien au pénal qu'au civil.

Miscavige delégua le maniement des avocats et des journalistes à Rathbun et au chef mondial des porte-parole Mike Rinder. Mais le chef de l'église gardait les choses sous son contrôle, travaillant à fabriquer le message scientologue depuis l'arrière-scène.

Rathbun révèle qu'alors que lui-même et Rinder menaient les entretiens téléphoniques, Miscavige était souvent à leurs côtés, ordonnant ce qu'il voulait faire passer et gesticulant s'il croyait qu'ils n'avaient pas pigé.

Parmi les problèmes juridiques essentiels du procès pour homicide lancé par la famille de Lisa, il y avait la question de savoir si l'on pouvait ajouter Miscavige comme défenseur. Les avocats de l'église arguèrent que ce n'était pas possible parce qu'il ne s'occupait que des affaires écclésiastiques. La famille contra en disant qu'il exerçait un "management de très près" sur toute la scientologie.

En décembre 1999, un juge de Tampa estima qu'on devait ajouter Miscavige au procès.

Pour le chef de l'église, "ce fut un énorme point de rupture," explique Rathbun.

«C'était le Boum des Boums, il risquait d'être pris en déposition, son nom allait être mèlé au procès. Il est devenu de plus en plus antagoniste, violent, irrationnel.»

William C. Walsh, a Washington, D.C., avocat spécialiste en Droits de l'homme à Washington, qui représenta la scientologie, prétend que c'est aller chercher trop loin.

«Je connais bien Dave Miscavige, je le connais depuis décembre 1999, et même depuis avant, dit Walsh. Et je n'ai vu aucn chagement dans sa manère d'être lorsqu'il a été nommé comme défendant dans le procès. Il n'est pas devenu plus antagoniste, ni plus violent. Et il n'a jamais été irrationnel.»

Yingling relate: «Il n'était pas content d'être défendant. C'est vrai. Mais il a pris la chose comme le reste de ce qu'on trouvait dans le procès.»

Rinder autant que Rathbun se souviennent d'une après-midi au troisième étage d'un petit bureau qui domine l'avenue Fort Harrison Avenue North, et disent que Miscavige a attaqué Rinder. Ils racontent qu'il lui hurlait des obscénités, le brutalisait en lui serrant le cou, en lui tordant la nuque et qu'il l'a jeté à terre.

Rinder explique que parmi les douzaines d'assauts qu'il a subis de Miscavige, celui-là avait été le plus douloureux.

«Je me souviens que ma nuque ne s'est remise en place que bien après, et qu'il m'avait tellement fait mal au larynx en l'écrasant que je n'ai pas pu parler pendant plus d'une demi-heure.»

Le cou coincé dans cette prise, Rinder se souvient d'une pensée familière en pareil cas: Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?

Si Miscavige vous passe un savon, ou pire, qu'il vous frappe physiquement, «vous commencez par vous demander ce que Vous avez bien pu Lui faire, dit Rinder, et c'est ça, son truc pour frapper: qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire qui mériterait ça?»


La justice dans l'église de scientologie

Les quatre cadres supérieurs ayant quitté la scientologie disent que le chef de l'église David Miscavige ne se contente pas d'agresser physiquement les membres, mais qu'il les détruit mentalement.

Fréquemment, il fait sauter des responsables de groupes dans une piscine ou un étang. Il les réunit pour des confessions en groupe, qui tournent parfois au tout-ce-qu'on-voudra, où les membres se battant entre eux.
Mike Rinder, qui défendit l'église deux décennies durant, ne supportait pas ce qu'on observait en son sein.

"Les tactiques destinées à obtenir que les cadres marchent bien 'entre les clous' ne sont pas même valables du point de vue scientologue", explique Rinder, qui est parti depuis deux ans. Ce ne sont pas des pratiques scientologiques normales. Elles ne sont simplement pas même humaines: elles sont outrageusement nuisibles."

Les porte-parole de l'église confirment que les cadres sont effectivement poussés à la piscine et rassemblés pour des confessions de groupe. Cela fait partie du système de "justice ecclésiastique" que l'église impose à ses membres dont les résultats ne sont pas suffisants.

L'église explique que Rinder et d'autres membres l'ayant quittée ne pouvait faire leur chemin dans le monde coriace de l'organisation maritime scientologue (Sea Org), un groupe dont les membres dédient leur existence au service de l'église. Plutôt qu'admettre leurs propres échecs, ceux qui s'en vont mettent un visage sinistre sur quelque chose de tout à fait normal.

Tommy Davis, 18 ans de scientologie et porte-parole de l'église, explique: "La Sea Org est un groupe de fils de pute coriaces".

"La Sea Org n'est pas une démocratie. Ses membres sont en accord avec un type noàmmé L. Ron Hubbbard. Ils obéissent à ses règles [ les policies, des lettres de règlements internes], que nous suivons à la lettre, à la virgule près. Et si vous n'êtes plus d'accord avec çà, vous n'en faites plus partie. Alors, vous partez."

Un thétan meilleur

L'ordre tomba une nuit d'hiver à 10 heures du soir: Rassemblement à la piscine.

De toute la base d'Hemet qu'on pourrait croire sortie d'une carte postale, dans cet écrin de montagnes à l'est de Los Angelès, quelques 70 staffs arrivèrent, sanglés dans leurs uniformes du genre de la Navy. Une fois de plus, Miscavige n'était pas satisfait de ses troupes.

La punition qu'avait en tête leur leader n'avait rien de nouveau pour des membres de la Sea Org. Hubbard, feu le fondateur de l'église, "jetait par-dessus bord" des membres de la Sea Org dans les années 70, lorsqu'il commandait le bateau Apollo.

Miscavige avait réuni ses staffs le long du plongeoir, en uniforme, et un par un, les faisait sauter dans la piscine. Avant chaque plongeon, Norman Starkey, qui fut capitaine de cet "Apollo", les engageait à devenir de meilleurs êtres spirituels [thétans]. il leur récitait un mot d'ordre traditionnel de la Sea Org:

Nous soumettons vos péchés et vos erreurs à la noyade, et vous engageons à devenir de meilleurs thétans.
Miscavige ordonna alors au groupe d'aller dans un bureau, dans leurs uniformes trempés, et d'y rester jusqu'à ce qu'ils aient réussi à trouver pourquoi ils avaient échoué.

Tom De Vocht explique qu'il ne se souvient pas de la cause de la fureur de Miscavige cette nuit glacée débt 2005. Mais il se souvient parfaitement des doutes qui l'ont envahi alors qu'il s'asseyait, trempé et grelottant.

Qu'est-ce que je fiche là ?

De Vocht était entré en scientologie avec sa maman alors qu'il avait à peine 10 ans, et avait grimpé jusqu'à ce poste de cadre du QG spirituel scientologue de Clearwater. Mais, des mois après ce plongeon en groupe, il ne reconnaissait plus l'organisation.

Ni Rinder, qui lui aussi, avait dû goûter de la piscine scientologue cette nuit-là.

Deux autres responsables avaient déjà agi en considérant leurs doutes. Marty Rathbun, l'un des principaux lieutenants de Miscavige depuis des années, était parti en 2004. Amy Scobee, qui avait occupé nombre de fonctions d'encadrement, avait laissé tomber en 2005.

Ces quatre personnes qui ont quitté la Sea Org parlent publiquement pour la première fois: chacune d'elle a passé plus d'un quart de siècle dans la Sea Org.

"Positif, négatif ou indifférent, je pensais que je faisais quelque chose de bien pour l'humanité, et je ne rendrai pas ça... explique de Vocht, parti depuis 2005. Mais plus j'y étais, plus ça devenait dingo lorsque Miscavige a pris les rènes."

Normal , ou anormal ?

La confession est inséparable de la culture scientologue. On y admet ses transgressions, ses pensées négatives, sans oublier aucun détail, et on se sent libéré, joyeux, débarrassé des charges.

Ces quatre mousquetaires expliquent que Miscavige pratiquait ça à un tout nouveau degré. Ils faisaient des confessions en groupe désignées ensuite comme des "séances".

Les participants y confessaient les péchés qu'ils avaient commis contre Miscavige, révélant leurs idées négatives à propos de la scientologie, et leurs propres petits secrets, y compris leurs fantasmes sexuels. Si quelqu'un ne parvenait pas à trouver, les autres le harcelaient pour qu'il finisse par admettre quelque chose -- n'importe quoi.

"Et Dave s'asseyait là et jouissait comme un malade à nous écouter débiter ça," raconte de Vocht, qui se souvient d'une fois où Miscavige a frappé le cadre Marc Yager, l'a jeté par terre, puis il a choisi une fille noire, Faith Schermerhorn, cadre de niveau moyen.

Il a continué: "Yager pense que les noirs sont des bamboulas [niggers en américain, ndt], il ne veut pas que la scientologie aide les noirs. Frappe-le. Et comme Yager était à terre, elle le battit", ajoute de Vocht.

"Dans cette sacrée pièce, les gens étaient dingues, hors d'eux, j'ai frappé quelqu'un, tout le monde s'est fait taper dessus. Et ça gueulait et ça criait, c'était : "Mais bon sang, il se passe quoi dans cet asile de dingues?"

L'église a fourni au St Petersburg Times des déclarations sous serment de Yager et Schmerherhorn niant que cet incident se soit produit. Dans sa déclaration, Yager dit qu'il n'est pas raciste et que Schmerherhorn est son amie.
Schmerherhorn prétend que Miscavige n'a jamais utilisé le terme "bamboulas". Je sais que M. Miscavige a été le plus actif en scientologie en faveur des noirs."

Rinder dit qu'un des confessions de groupe de 2004 lui est restée en mémoire, car c'est celle où Rathbun, son ami de longue date, n'a cessé de l'attaquer.

Rinder: "Vous êtes là, et il y a là 50 personnes dans la pièce en train de hurler "Qu'est-ce que tu as fait? Et tu as fait ceci-cela... " et je suis là et je dis "Non, je n'ai pas fait ceci-cela".

Le groupe se ligue contre lui: il faut qu'il ait fait quelque chose: "Allez, allez, sors-le, ce que tu as fait..."

"Et quand je n'avais rien à dire, c'est là que Marty me sautait dessus, raconte Rinder, et c'est psychotique. Il y a un terme scientologue pour ça: la Contagion de l'Aberration..."

"Quand vous avez un groupe de gens ensemble, ils se stimulent les uns les autres à faire des choses imbéciles."

Tommy Davis, qui succéda à Rinder comme porte-parole de la scientologie, prétend que le terme "séance" n'est pas utilisé en scientologie et que Miscavige na jamais encouragé la violence. Mais il n'y a rien d'étonnant à ce que Rathbun ait agressé Rinder, explique Davis, car Rathbun attaquait physiquement d'autres cadres à cette époque.

Rinder raconte que ce moment difficile n'était qu'un exemple de l'atmosphère corrosive à la base scientologue de Hemet près de Los Angelès. "C'est une façon de dresser les gens les uns contre les autres. Vous le constatez très bien quand vous le vivez," explique-t-il

"L'agression de Rathbun n'avait pas pour motivation une haine de sa part à mon encontre, mais une forme d'auto-préservation."

Davis cite la règle signée Hubbard, qui encourage les staffs à faire face et à "nettoyer", lorsqu'ils ont commis quelque chose qui affaiblirait le groupe. C'est une marque d'une organisation qui réussit.

"Ce n'est pas pour punir, explique Davis.
Et certes pas pour que la personne se sente culpabilisée."

L'église explique que Rathbun et de Vocht ont agi de façon inappropriée - en frappant des staffs - et qu'on a exigé qu'ils se confessent publiquement. "Ils étaient indubitablement coupables, violant complètement les moeurs du groupe," explique la porte-parole Jessica Feschbach.

"Et leurs pairs les ont confrontés et ont dit "Qu'est-ce qui se passe?" Absolument. Car c'est la responsabilité du groupe."

Avoir laissé tomber le groupe peut aussi conduire à être jeté à l'eau, expliquent les porte-parole. C'est un rituel de la Sea Org équivalent aux traditions d'autres ordres religieux.
Starkey, 66 ans, ex-capitaine du navire Apollo, raconte avoir vu des tas de gens jetés à l'eau au cours de son demi-siècle en scientologie.

"Si un membre de la Sea Org se fiche dedans, vous le flanquez à la baille par-dessus la rambarde, " dit Norman Starkey.

"Il tombe dans l'eau, nage, prend l'échelle, remonte sur le pont. Et il ne recommence jamais. Il sait que c'est ainsi qu'on opère. C'est comme ça, à la Sea Organization."

L'avocate de l'église Monique Yingling signale que se faire jeter à l'eau fait partie de la justice ecclésiastique. "Ils n'essaient pas de se défiler et n'ont pas honte; on l'a fait des centaines de fois, en prenant des précautions pour éviter les risques."

Dans l'exemple donné par de Vocht et Rinder, explique la porte-parole scientologue, la piscine était chauffée, des serviettes fournies, et un maître-nageur était là. Et Miscavige n'était même pas là.
De Vocht aussi bien que Rinder affirment qu'il y était. "Il était là, et ça le faisait rigoler. Ces trucs l'amusent beaucoup," ajoute Rinder.

Rinder ne se souvient d'aucune serviette, ni pour cette nuit-là ni pour aucune de la dizaine de fois où de vastes groupes de staffs ont été escortés par des gardes scientologues à la piscine pour s'y jeter tout habillés.

Il a contredit l'affirmation de Me Yingling quant au fait qu'il s'agirait d'une habitude bien ancrée et acceptée par l'église quand il s'agit de groupes importants de staffs. Il ajoute que la pratique servait pour des cas individuels.

C'est d'ailleurs ainsi que décrit le porte-parole de l'église Davis, qui admet avoir ainsi puni quelqu'un sous ses ordres.

''C'est un type qui n'arrètait pas de déconner, et de recommencer, qui faisait des erreurs, et continuait à en faire, produisant trop peu, sit-il. C'était ma responsabilité de l'amener aux normes éthiques de la Sea Org. Oui, absolument, j'ai jeté le gars à l'eau.

Si ceux qui sont partis ne pouvaient pas supporter ces péntiences, ajoute Davis, ils auraient pu s'en aller depuis des années. La p... de porte de sortie était ouverte. Et si ça leur posait problème, ils n'avaient qu'à prendre la porte.

Intense et pratique

L'église annonce "non seulement ceux qui sont partis sont des mous, mais ils n'étaient pas capables de maintenir le taux d'accélération que Miscavige a établi. Rathbun s'est fichu dedans dans nombre de dossiers, comme son maniement du procès pour homicide Lisa McPherson, que Miscavige a dû reprendre, ce qui l'a distrait de ses autres tâches plus importantes, expliquent les porte-parole.

Une fois Rathbun parti, Miscavige s'est intéressé à des plans d'extension: "2004 représentait un changement de paradigme, le point où tout devait changer," dit Davis. "Là où Miscavige allait pouvoir enfin être en mesure de faire ce qu'il avait toujours imaginé."

Davis a passé des DVDs des pubs scientologues sur la TV cablée. Il a souligné le programme d'expansion internationale coûtant des millions de dollars afin d'ouvrir une flopée "d'orgs idéales", chacune dotée de salles de cours, de panneaux expliquant la scientologie aux néophytes, de locaux pour les groupes d'ouverture sur la communauté et de salles d'audition - le produit de base du conseil scientologue.

L'église a retapé son site web, amélioré les ouvrages qui sont la base de la scientologie, restauré les films abîmés de certaines conférences importantes de Hubbard. Tout cela a été dirigé, planifié, dessiné et créé par Miscavige.[voir note traducteur tout en bas]

Les porte-parole le décrivent comme un leader pratique travaillant sur les logiciels d'édition de vidéos, les corrections de manuscrits, aidant à pondre les scripts, et écoutant chaque nuit l'une des quelques 3000 conférences d'Hubbard, tandis qu'il élabore un bureau de construction destiné à arranger les 66 nouveaux bâtiments achetés par l'église depuis 2004.

Miscavige est intense, disent les porte-parole de l'église, mais il ne se conduit jamais de façon dégradante, grossière, ou violente, et n'a jamais altéré les policies (règles) de l'église. L'église a fait venir plus d'une douzaine de gérants internationaux au Times à Clearwater pour parler au journal. Tous ont dit qu'ils avaient travaillé pour Miscavige depuis des années et ont vanté sa gentillesse et sa compassion.

Tous nient que Miscavige ait jamais frappé ceux qui ont laissé tomber..
"De tels mensonges, dit Ray Mithoff, la voix emplie de tremblements: je connais ce gars depuis 27 ans."
Mark Ingber, membre de la Sea Org depuis 27 ans, scientologue depuis 1968: "Jamais je n'ai été battu de ma vie. Monsieur Miscavige est mon ami."

Du meilleur et du pire

Une nuit avant Noël 1997, Michelle, la femme de Miscavige, a téléphoné à Rathbun et Rinder. Le chef voulait les voir. De suite.

Ils filèrent vers son logement de la base californienne.

Ils disent que Miscavige a jailli de la porte principale, en peignoir éponge, et que sans un mot, il a chopé Rinder par le cou, l'a giflé, et l'a balancé contre un arbre.

Rinder s'est retrouvé dans le lierre, l'uniforme maculé de boue, la lèvre saignante. Miscavige les a amenés au mess des officiers, a versé un verre de scotch à Rinder, et lui a dit que ça lui ferait du bien.

Le chef scientologue s'est retourné et est reparti vers sa villa.

De Vocht raconte que les gens tremblaient quand Miscavige passait dans les parages.

"C'était habituel, dit-il; son aspect suffisait pour que tout le monde s'ôte de son chemin. Toute personne ou chose qu'il croisait risquait de se faire avoir, et il fallait que ce soit lui qui le fasse. Il n'avait confiance en personne."
Scobee décrit qu'elle était dans son box dans une grande salle de conférence. Miscavige était assis seul d'un côté de la table, en face d'autres staffs, dont Jeff Hawkins.

"Je ne faisais pas gaffe, et d'un coup, Miscavige saute sur la table de conférence," explique Scobee.

"Il hurle sur Hawkins, dit-elle, et tous deux atterrissent à ses pieds. Miscavige lui était monté dessus et le secouait, le frappait, l'attrapait par sa cravate. Les boutons volaient, les pièces tombaient des poches de Jeff. Et j'étais assise là, "Oh, mon Dieu"...

Hawkins a parlé publiquement de cet incident de 2002, et il a écrit à ce sujet.

Le cadre de l'église David Bloomberg raconte une histoire fort différente. Hawkins était assis à ses côtés ce jour-la, et Hawkins a cherché des noises au chef. Hawkins est tombé de sa chaise et a fait une prise en ciseaux aux jambes de Miscavige.

Bloomberg ajoute: "M. Miscavige n'a pas touché Jeff Hawkins."

Quand il est au mieux, Miscavige inspire ses staffs, explique Rathbun, se souvenant de moments où le chef invoquait une dépèche d'Hubbard datant des années 80: "le destin de la planète repose sur les épaules des "quelques désespérés".

Rathbun dit que Miscavige avait coutume d'inspirer un sens de la mission et de faire en sorte qu'on se sente "spécial".

''Il faisait en sorte qu'on se sente vraiment important; c'est pour ça qu'on faisait tout ça pour lui."
Mais les mécontents disent que Miscavige avait tendance à changer ses plans, à micro-gérer la chaine de commandement, ce qui la paralysait, et qu'il entravait l'extension pendant les dernières années qu'ils ont vécues sur place. Pour augmenter les profits, dit Rathbun, Miscavige redessinait de vieux ouvrages et services scientologues et les mettait sur le marché des "paroissiens" comme s'il s'agissait de choses indispensables, de nouveaux produits.

Il cita le dernier blitz du genre, lorsqu'on poussa les membres à acheter de nouvelles versions des livres de base, une collection de bouquins d'Hubbard qui forment les fondements de la scientologie. En 2007, Miscavige a raconté aux scientologues ayant acheté et étudié des livres scientologues depuis des décennies que les ouvrages étaient erronés, avec de longs passages manquants,qu'ils n'étaient pas présentés dans le bon ordre et que des passages avaient été écrits par les éditeurs.

Le chef expliqua qu'il ne fallait pas s'étonner que les gens ne les comprennent pas, que l'église les avait remis dans leur état initial et les revendait donc comme des nouveaux.

Rathbun traduit: "Ce qu'il leur disait en face, c'est qu'ils ne comprenaient rien de la scientologie parce qu'ils n'avaient pas pu avoir les vrais livres, puisque les autres étaient sabotés..."
L'ensemble des 18 volumes se vend désormais 450 dollars, donc moins cher qu'en 1986, où il valaient 738 dollars.

Davis, le porte-parole de l'église, décrit la nouvelle version comme un développement sensationnel, une redécouverte historique des oeuvres d'Hubbard, comparable à la découverte de Manuscrits de la Mer Morte.

Yingling, l'avocate de l'église: "Cela fut reçu avec tant de joie par le public scientologue en tout lieu..."

Rathbun, de Vocht et Scobee disent qu'ils ont des tuyaux privés sur les rapports internes hebdomadaires, démontrant une chute des statistiques essentielles, y compris la valeur des services délivrés et le nombre de cours et d'heures d'audition achevés.

"Ce sont des statistiques qui sont censées compter, dit Rathbun. Tout cela dégringole."

De Vocht décrit la manière dont Miscavige prend ses décisions comme étant de nature erratique. Il dit que le leader change souvent de cap, ce qui aboutit à des situations telles le bâtiments de dizaines de millions de dollars "Super-Power" bâti en face du Fort Harrison à Clearwater. L'énorme structure, dont seul l'extérieur existe, est vide en dedans, et cela, depuis six ans.

Après divers changements de plans, les travaux intérieurs ont repris ce mois-ci.

Davis et Yingling trompettent une expansion mondiale de la scientologie. L'église aurait acheté 80 propriétés au cours des 5 années écoulées. Aurait ouvert 3 nouvelles églises - appelées des orgs - en ouvrirait cinq de plus avant la fin de l'année...

Est-ce bien là la vraie vie ?

Ils l'appelent le Trou.

The HOLE

Pendant des mois, un petit bâtiment de la base californienne d'Hemet a servi de prison pour plus de 30 des officiers les plus gradés de la Sea Org.

Ils ne pouvaient en sortir qu'une fois par jour, pour prendre une douche, sinon, ils étaient enfermés. On leur amenait les repas. Ils dormaient à même le sol, les hommes autour de la table de conférence, les femmes dans des box et de petits bureaux le long de la pièce.

Miscavige sonnait les réunions à n'importe quelle heure, à deux, à quatre heures du matin, jour après jourl; les cadres épuisés tâchaient de comprendre le puzzle des strucures de management et du système des prix pour les services de l'église, tentant de deviner ce que leur chef voulait d'eux.

Il rejetait leurs idées, se moquait d'eux, les traîtaient de "personnes suppressives mettant l'église en danger". [personne suppressive: la plus grande injure scientologue, équivalent à Ennemi de l'humanité]. Il leur disait de se remettre à la tâche, ils ne pouvaient l'abandonner tant qu'ils n'avaient pas saisi.

Parfois, Miscavige les laissait sortir, ou au contraire, il en faisait rentre d'autres. Rinder explique avoir été là dès le début. En janvier 2004, Miscavige a ajouté Tom de Vocht.

"On était tous autour de la table. Il jetait des objets, nous hurlait dessus, battait les gens, se souvient de Vocht.

C'était une scène dantesque, croyez-le."

Plus tard dans le mois, Miscavige ramena un très grand nom dans le Trou: c'était Marty Rathbun.
Le chef annonça aux autres qu'ils ne devaient pas écouter un traître mot de ce que dirait Rathbun, qu'on ne pouvait lui faire confiance. "Je sais que vous avez tous respecté ce gars depuis des années, mais c'est le type qui m'a baisé..."

Quelques jours auparavant, raconte Rathbun, Miscavige lui avait cogné la tête contre un mur, l'avait giflé violemment sur l'oreille gauche pour ne pas avoir été assez dur avec le personnel. Il pense que c'est ce qui lui a valu le Trou.

Le bâtiment est constitué de petits bureaux et d'une salle de conférence séparés par des cloisons. Quand Miscavige passait dans le couloir, le plancher creux faisait clang, clang, clang.
Quatre jours après l'arrivée de Rathbun, les 'clang' signalèrent l'arrivée de Miscavige, flanqué comme d'habitude de son épouse, qui prenait des notes, et d'un assistant avec un magnétophone afin que tout ce que dise le leader soit transcrit et distribué à la base.

Miscavige annonça qu'ils allaient jouer aux chaises musicales pour déterminer qui parmi eux était le plus dévoué aux taches à accomplir. Tous, excepté le gagnant, seraient expédiés à des postes scientologues au loin.
Certains des staffs pleurèrent à l'idée d'être séparés de leur famille. D'autres se préparèrent, en positionnant des chaises autour de la table de conférence de dix mètres de long.
Miscavige utilisa une sono pour jouer "Bohemian Rhapsody", par Queen.

Est-ce bien la vraie vie?

Est-ce seulement imaginaire?

Pris dans un glissement de terrain

Impossible d'échapper à la réalité

Quand la musique s'arrèta, les membres de la Sea Org en uniforme sautèrent sur des chaises, se repoussant les uns les autres. Deux gars se battirent tellement pour une chaise qu'elle se brisa.
On annonça aux perdants qu'ils étaient réassignés ailleurs, leurs femmes et leurs gosses à des milliers de kilomètres d'eux. Rinder racontre que Miscavige se moqua d'un mari qui consolait sa femme en pleurs, le traitant de poule mouillée.

"Ah ben, c'est certain, c'était la grande liesse et le jeu," ajoute Rinder.

Les officiels de l'église expliquent que les mécontents s'arrangent pour faire paraître anormal ce qui était normal. Miscavige essayait seulement de leur démontrer, disent-ils, à quel point des transferts fréquents du genre "chaises musicales" peuvent anéantir la progression d'un groupe. Miscavige voulait que le groupe réalise de lui-même à quel point c'était destructeur.

Yingling prétend que Miscavige avait été éloigné de la base et avait découvert qu'en son absence, Rathbun avait transféré des centaines de staffs. "C'est pour ça que rien n'était accompli," dit-elle.

Rathbun et Rinder disent le contraire: rien ne se faisait parce que Miscavige ôtait des cadres supérieurs de leurs postes et qu'il les envoyait au Trou. Rathbun raconte que Miscavige l'a réprimandé pour ne pas avoir transféré davantage de gens.

Le "jeu des chaises musicales" dura de la soirée jusqu'à l'aube, parfois interrompu par les leçons du chef quant à l'incompétence du groupe...

Le jeu s'acheva , deux filles se bagarrant pour la dernière chaise.

"C'était indubitablement de la bagarre physique, elles s'agrippaient, elles luttaient." C'est là que Miscavige est parti, et a dit "Bon, tas d'enc..., à demain."
Miscavige n'exécuta jamais sa menace de transferts de masse.

Un seul pour en battre trop

La nuit suivante, Miscavige ordonna à ses cadres de courir jusqu'à un bâtiment où des staffs font des CDs à partir de vieilles conférences d'Hubbard.

Alors que le groupe soufflait encore des quelques 300 mètres parcourus à la course, Miscavige cuisina de Vocht, qui avait dirigé les rénovations du bâtiment. Il le gifla, le jeta par terre et commeça à le secouer.

De Vocht ne se souvient pas pourquoi Miscavige l'a agressé. Peut-être a-t-il hésité en lui répondant. Ou a-t-il eu un regard qui n'a pas plus à Miscavige. Quoi qu'il en soit, il accepta cette soumission degradante en silence.
Miscavige était encore plus furieux quand on exprimait une douleur ou qu'on resistait, disent les mécontents.

"Littéralement, on est là, assis, et on pense, je ne vais pas lui casser la gueule, dit de Vocht. Ca arrive tellement brutalement, qu'est-ce qu'on fait? Et si on lui fonce dessus, combien de mecs vont vous bondir sur le paletot? On se rend compte d'à quel point l'endroit est sectaire, que c'en est effrayant."

Scobee dit que les cadres de la base californienne étaient coincés. Ils n'osaient pas se parler du comportement de Miscavige, par peur qu'il ne l'apprenne par l'intermédiaire des confessions - les "vérifications de sécurité".

Une personne qui disait quelque chose de négatif sur Miscavige pouvait ne pas le dévoiler en confession, dit-elle, mais invariablement, ça allait remonter via les rapports de quelqu'un d'autre.

"Alors, personne ne voulait s'y frotter, dit-elle; ce n'était pas même un choix possible, aussi étonnant que ça paraisse. Maintenant que je suis dehors, je ferais tout autrement."

"Pour les membres de la Sea Org, cela représente aussi un conflit intérieur: "on met sa vie dans l'église, on pense que c'est ça la route vers la liberté, dit Scobee. Il y a des choses bien, on ne veut pas tout jeter, on veut courir le risque."

Pourquoi ne pas partir, tout simplement ?

Rinder explique que c'est facile à dire.

La scientologie prèche de se faire confiance à soi-même. Qu'on est seul à contrôler son environnement, ses conditions d'existence, que personne d'autre ne fait ça pour vous.

Mais elle vous enseigne tout aussi fortement que si vous quittez l'église, c'est vous qui faites fausse route; il y a quelque part dans votre passé un overt, une transgression...

Ça devient un e espèce de dichotomie, explique Rinder; demeurer dans cette situation désagréable , ce n'est pas une façon de contrôler son environnement. Mais si je fais quoi que ce soi, je fais aussi quelque chose de mal. C'est inextricable."

Pour Rinder, l'expérience scientologue qu'il a connue et appréciée lui est désormais étrangère, qu'il décrit comme un climat de plus en plus étrange et abusif.

Ça contredisait par ailleurs l'aimable visage que l'église tentait de présenter au public depuis une vingtaine d'années, un message que Rinder n'avait cessé de répéter et de répéter en tant que porte-parole mondial: l'église purgeait ceux qui violaient les lois et ceux qui commettaient de sales coups dans les années 70, et se réinventait elle-même.

"On a tout simplement arrèté de faire des choses que moi et d'autres considéraient comme folles et nocives et pas conformes aux règles internes," dit Rinder.

Sauf chez nous.

"L'ironie du truc, c'est que c'est chez nous qu'on pratique des choses folles, nocives et abusives," dit-il.

Rathbun dit avoir donné et reçu beaucoup de coups au cours des années. Il dit aussi que l'attaque de Miscavige contre de Vocht la nuit d'après les chaises musicales lui a permis de voir clair.

Quatre jours plus tard, quand Miscavige a collé Rathbun au Trou, il a ordonné à tout le monde de ne pas lui parler. Mais de Vocht a tranquillement défié l'ordre donné, en demandant à Rathbun ce qu'il pourrait bien faire pour plaire à Miscavige. Ce fut alors à son tour de se faire taper dessus.

"Je regarde ces évènements passés, dit Rathbun, et la connection incroyable s'est établie en moi, cette connection d'humanité avec Tom. "Je souscris à la philosophie Popeye : 'Bon, je peux encaisser jusque là, mais au delà, rien à faire, n'y comptez pas, je vous le dis.'

"J'ai encore un brin de dignité, et je vois tous ces gens écrasés autour de moi. Qu'est-ce que je vais faire? Est-ce que je vais devenir comme eux ?

Pendant que le reste du groupe retournait au Trou, Rathbun s'éloigna et se cacha dans un buisson. Il s'aprocha de sa moto, une Yamaha 650, la fit rouler jusqu'au portail principal, et se cacha dans les buissons pendant une vingtaine de minutes. Lorsque le portail s'ouvrit pour laisser passer une voiture, il fonça.
Il raconte qu'il ressentait de la rage et une perte, mélangés à une excitation étrange.

"Je suis particulièrement content d'avoir entamé cette étape, et ah, je crois que quelqu'un me suit."

High-ranking defectors provide an unprecedented inside look at the Church of Scientology and its mercurial leader, David Miscavige

 The Truth Rundown - Index with all links

 

Anonymous dénonce les abus de la scientologie

Video: Game over pour la scientologie
(Version en français réalisée par les Anonymous de Montréal - juillet 2009)
 
Note: Le personnage persifleur qui apparaît sur l'écran de l'Emeter est
Tommy Davis, le nouveau porte-parole de la scientologie internationale
 
DOWNLOAD: tinyurl.com/kmmvh5

Salut, secte avide de la scientologie.
Nous espérons que cet engramme vous trouvera en bonne santé.

L'attention gouvernementale portée à vos pratiques douteuses [1], les prochains procès intentés par d'anciens adeptes [2] et la large diffusion des rapports sur votre Cult-ure abusive [3], nous postulons que vous n'êtes pas une bande joyeuse de mollusques [4].

Comme toujours, nous sommes extrêmement amusés par vos tentatives désespérées à KSW [5].
Vos avocats marrons se préparant au prochain défi légal.
Tommy-la-boulette s'embrouillant dans ses déclarations aux médias.
Le Nain de Hemet trépignant dans son bac à sable et frappant ses petit camarades.
"Le temps est venu", de sortir vos têtes de votre cul et de l'amiante et de "voir les choses comme elle sont . Pendant toute la durée de votre escroquerie pathologique, vous avez été l'Auteur de votre propre entheta.
Par votre pseudo-science extrêmement suspecte [6], vos méthodes trompeuses de recrutement, vos abus, vos crimes [7] vous avez été la cause principale de votre échec. La Planète est maintenant au Clair quant à votre Nature Criminelle et continuera à expulser de son organisme la pneumonie toxique quest la Scientologie.
Scientologues publiques, il serait sage de reconnaître que, comme toujours, la direction de l'Eglise vous fera porter le fardeau de son perpétuel échec.
Les donations fixes exigées de vous augmenteront proportionnellement aux problèmes judiciaires de la secte [8]. Est-ce vraiment ce pour quoi vous vous êtes engagés?

Ce n'est pas votre Pont vers la Liberté Totale.
Ce n'est pas votre Chemin du Bonheur.
Ce n'est pas votre Réalité Nouvelle et Meilleure.
Cest plus bancal que jamais.

Davidounet, la pataugeoire est sur le point de fermer.
Nous comprenons que le monde wog (c.-à-d. réel) peut être effrayant pour un homme sous-développé et sous-éduqué, mais tes crises de rage écclesiastiques ont assez duré.
La Justice et le "Lulz" prenant ton empire déclinant en tenaille, tu as plusieurs options réactives.

Tu pourrais instituer l'âge de cyanure de la tech.
Tu pourrais sortir ton stock darmes et finir dans une flambée de fausse gloire.
Tu pourrais te raser la tête et attendre que l'Oncle L. Ron vienne te chercher.

Ou tu pourrais mettre ta conscience où ton cerveau devrait se trouver, réaliser tes propres manquements à l'éthique et admettre que la tech n'est pas infaillible.

Vous êtes témoins de la mort lente d'une science fictive, déguisée en une pseudo-religion, emballée dans un plan de vente multi-niveaux, moulée dans une entreprise criminelle.

C'est la fin de la partie, Scientologie. A nous de jouer.


REFERENCES
[1]
tinyurl.com/m8bftt
tinyurl.com/n2bdu2
tinyurl.com/lx5vtr
[2]
tinyurl.com/mjp555
tinyurl.com/co5bnm
[3]
tampabay.com/specials/2009/reports/project/
[4]
xenu.net/flash/specious.swf
tinyurl.com/kw7vrs
[5]
youtube.com/watch?v=Mz98Nu1y-5k
[6]
skepdic.com/emeter.html
[7]
tinyurl.com/38cjet
[8]
youtube.com/watch?v=ZLaLZJUzxlo
[9]
en.wikipedia.org/wiki/Jim_Jones
[10]
en.wikipedia.org/wiki/David_Koresh
[11]
en.wikipedia.org/wiki/Marshall_Applewhite
[12]
tinyurl.com/ko9c9v

FOR MORE INFORMATION:
xenu.net
taxthecult.com
whoisdavidmiscavige.com
whyweprotest.net


Engram an Scientology

Video: Engram an Scientology

DOWNLOAD: mediafire.com/?ue2ezymmyiv
YOUTUBE:
youtube.com/watch?v=RULmHlZb3Z4

Intro: Tommy Davis tinyurl.com/lmoj4n

Grüße, gefährliche Scientology Sekte.

Wir hoffen, dass ihr in guter Verfassung seid, wenn euch dieses Engram erreicht.

Aufgrund der vermehrten Überprüfungen eurer fragwürdigen Praktiken durch die Regierung [1], der bevorstehenden Gerichtsverfahren durch ehemalige Mitglieder [2], und dem weit verbreiteten Wissen über den Missbrauch in eurer Sekte [3], gehen wir davon aus, dass ihr kein fröhliches Bündel von Glücksmuscheln seid [4].

Wie immer sind wir höchst amüsiert über eure verzweifelten Versuche, Scientology am Laufen zu halten [5].

Eure gemeinen Anwälte reißen sich zusammen für die neuesten Anfechtungklagen.

Der zweigesichtige Tommy friemelt seine Zeilen für die Medien zusammen.

Der Zwerg von Gold randaliert in seinem Laufgitter und verprügelt seine Mitarbeiter.

„Jetzt ist die Zeit, euren analytischen Verstand aus eurem Asbest zu ziehen und die Dinge so zu sehen, wie sie sind. Während der ganzen Dauer eures krankhaften Betruges, ward ihr die Autoren eures eigenen Entheta. Durch eure höchst suspekte Pseudowissenschaft [6], durch eure betrügerischen Rekrutierungsmethoden, eure Missbräuche, eure Verbrechen [7], seid ihr der hauptsächliche Grund für eurer eigenes Versagen geworden. Der Planet ist jetzt (auf-)geklärt über eure kriminelle Natur und wird fortfahren, die giftige Pneumonie, die Scientology ist, aus seinem System auszustoßen.

Scientologen, es wäre weise zur Kenntnis zu nehmen, dass die Führung von Scientology die Last für ihr andauerndes Versagen wie immer direkt auf eure Schultern legen wird. So wie sich die gerichtlichen Probleme von Scientology vermehren, so werden sich auch die verbindlichen Spenden vermehren, die von euch verlangt werden [8]. Ist das wirklich wofür ihr euch angemeldet habt?

Dies ist nicht eure Brücke zur totalen Freiheit.
Dies ist nicht eure Weg zum Glück.
Dies ist nicht eure neue und bessere Realität.
Es ist genauso lahm wie es immer war.

Davie-Junge, das Kinderbecken ist dabei zu schließen. Wir verstehen, dass die reale Welt beängstigend sein kann für einen unterentwickelten und ungebildeten Mann, aber deine religiösen Wutanfälle habe lange genug angedauert.

Da wo Recht und Spaß auf deinem schrumpfenden Reich zusammentreffen, hast du mehrere Reaktionsmöglich- keiten. Du könntest das Zeitalter der Kool-Aid Technik einführen [9], du könntest deine gehorteten Waffen aufnehmen und in einer Flamme falschen Ruhmes untergehen [10]. Du könntest deinen Kopf rasieren und darauf warten, dass Onkel L. Ron kommt um dich abzuholen [11]. Oder du könntest dein Gewissen dahin packen, wo deine Hypophyse hätte sein sollen, deine eigene „Unethik realisieren und zugeben, dass die Technik nicht narrensicher ist.

Du bist Zeuge des Zeitlupentodes einer fiktionalen Wissenschaft, eingehüllt in den Deckmantel als Pseudo-Religion, eingewickelt in einem mehrstufigen Marketingschema, eingeschlossen in einem kriminellen Unternehmen.

Dies ist das Endspiel Scientology. Wir sind dran!

Quellen:
[1]
tinyurl.com/m8bftt
tinyurl.com/n2bdu2
tinyurl.com/lx5vtr
[2]
tinyurl.com/mjp555
tinyurl.com/co5bnm
[3]
tampabay.com/specials/2009/reports/project/
[4]
xenu.net/flash/specious.swf
tinyurl.com/kw7vrs
[5]
youtube.com/watch?v=Mz98Nu1y-5k
[6]
skepdic.com/emeter.html
[7]
tinyurl.com/38cjet
[8]
youtube.com/watch?v=ZLaLZJUzxlo
[9]
en.wikipedia.org/wiki/Jim_Jones
[10]
en.wikipedia.org/wiki/David_Koresh
[11]
en.wikipedia.org/wiki/Marshall_Applewhite

Für mehr Informationen:
xenu.net
taxthecult.com
whoisdavidmiscavige.com
whyweprotest.net

 
Message To Scientology, 2009

Video: Message To Scientology, 2009 - From: EpicSwordGuy / Anonymous

 

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Un must: "Ron Hubbard, le gourou démasqué"

Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de la scientologie. On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice. Il est disponible en format pdf ou html sur notre site. Nous avons également publié une version résumée.

 

Témoignage de
Jean-Luc Barbier
LE GRAVIS
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CH - 2900 Porrentruy 2
 
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