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Saint Petersburg Time - 21 juin 2009 Témoignages de Mike Rinder, Marty Rathbun, Tom de Vocht et d'Amy Scobee |
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Procédure de la Vérité (The Truth Rundown) Par Joe Childs et Thomas C. Tobin Première partie Source: Saint Petersburg Time - June 21, 2009 Joe Childs, éditeur en chef du Tampa Bay, a mené l’opération du Times Clearwater de 1993 et supervisé la couverture du journal au sujet de la scientologie. (childs@sptimes.com ) Thomas Tobin a suivi la question scientologie depuis une vingtaine d’années (tobin@sptimes.com) Amy Scobee: Faits marquants dans sa carrrière: A supervisé pluseurs opérations de secteur comme manager pendant 20 ans à la base internationale de Clearwater. A bâti le réseau des Centres de Célébrités scientologes, trouvant et formant les staffs pour qu'ils atteignent un niveau de service quatre étoiles. A supervisé les locaux des films et des bandes enregistrées de l'église. Adolescente, elle faisait de la cuisine, dirigeait les staffs de base à Clearwater. Mark C. Rathbun: Mark «Marty» C. Rathbun a quitté le personnel de la scientologie fin 2004, achevant ainsi 27 ans de carrière qui l’amenèrent au plus haut niveau des lieutenants de David Miscavige dans l’organisa- tion. Durant ces dernières années, il a vécu retiré au Texas; certains le croyaient mort.
En Février 2009, Rathbun a posté un message sur Internet, signalant qu’il conseillerait des scientologues mécontents. «J’ai dû me sortir seul des tréfonds où m’avait entraîné la scientologie, écrit-il, et j’ai commencé à tendre la main à d’autres personnes subissant ce genre de situation.” Contacté par le St Peterburg Times, Rathbun a accepté de nous relater ses décennies passées en scientologie et ce qui l’a conduit à s’en aller. Le Times l’a interviewé chez lui au Texas, et il est venu à Clearwater revisiter certains des lieux qu’il décrit. Le journal a cherché à corroborer le récit de Rathbun et a contacté d’autres personnes présentes en scientologie à la même période, l’ayant aussi quittée: il s’agit de Mike Rinder, l’un des collègues les plus proches de Marty Rathbun pendant une vingtaine d’années, de Tom de Vocht, que Rathbun a désigné comme l’une des clés essen- tielles l’ayant décidé à partir, et plus tard, de Amy Scobee. Les journalistes connaissaient bien Rathbun et Rinder, qu’ils avaient interviewés des douzaines de fois, -- des entretiens parfois hostiles -- au long des années de controverse à Clearwater. Ils ont aussi vu les reporters de Los Angelès en 1998, lorsque Miscavige a donné l’unique entretien qu’il ait jamais accordé aux médias écrits. Deux reporters ont rencontré Rinder à Denver (Colorado), où il habite, mais il a alors refusé l’interview. A peu près un mois plus tard, deux avocats washingtoniens qui travaillent pour la scientologie sont allés chez lui sans avertir, lui ont dit avoir appris qu’il avait reçu la visite du journal ; ils lui ont demandé ce qu’il avait révélé. Ils lui ont rappelé qu’étant donné qu’il avait été l’un des principaux cadres juridiques de la scientologie, son engagement de respecter les règles de confidentialité client/avocat ne s’achevait pas avec son départ de l’église. Ils lui ont dit qu’il pourrait faire du tort à l’église s’il parlait en public. Quelques semaines plus tard, après que l’église ait fourni au journal une vidéo de Rinder datée de 2007 où celui-ci niait vivement que Miscavige l’ait battu ou qu’il ait frappé d’autres gens, Rinder décidait de parler au Times. Nous avons interviewé de Vocht à Winter Heaven [Floride], et
Amy Scobee dans le Comté de Pinellas [Floride, le même comté que Clearwater,
ndt], où elle venait avec son mari rendre visite à des parents. Les journalistes ont interviewé nombre de fois les ex-scientologues et ont rencontré les avocats et porte-parole de l’église de scientologie 25 heures en tout. Le résultat de ce travail du Times constitue ce rapport spécial en plusieurs volets, le dernier de la longue série des articles du Time sur la scientologie. Le journal a obtenu un prix Pulitzer en 1979 pour une série sur la scientologie. Le journal n’a pas cessé depuis que les quartiers généraux de l’église sont installés à Clearwater, de rapporter ce qui se passe dans l’église de scientologie. Ce projet, comme vous le constaterez, embrasse trois jours de récits en profondeur, ainsi que des commentaires supplémentaires destinés à cette présentation en Web, et des liens vers les articles précédents du Times dont l’article qui lui a valu le Prix Pulitzer. Le chef de l'église de scientologie marchait dans la pièce avec une sono portable. Il annonça: il est temps de faire une partie de chaises musicales. David Miscavige gardait plus de 30 cadres de son staff enfermés depuis des semaines à Hemet, dans la région de Los Angelès, et leur interdisait de sortir sauf pour une douche. Ils dormaient à terre, on leur amenait à manger. Ils étaient censés développer des plans stratégiques pour l'église. Mais le chef jetait à la poubelle chacune de leurs idées et les taxait d'incompétence, d'ennemis de l'église et de lui-même. Prouvez votre engagement, leur dit-il, par le jeu des chaises musicales. Toute personne perdante sera bannie à des positions scientologues éloignées d'ici. Si les familles sont brisées, tant pis. Ces adultes femmes et hommes en uniforme de la Navy jouèrent le jeu dans cette salle de conférence, luttant pour avoir une chaise au son de la Bohemian Rhapsody de Queen. Le lendemain matin, nous sommes au début 2004, Miscavige rassemble le groupe et se met à frapper, on ne sait pourquoi, Tom de Vocht, le balance à terre et le frappe davantage encore. De Vocht se tait et encaisse l'humiliation - c'est ainsi que les cadres font face aux agressions de Miscavige. Cette anecdote est contée par des cadres dirigeants qui furent des décades durant des dirigeants clé du puissant cercle interne scientologue. Marty Rathbun et Mike Rinder, les deux membres des grades les plus élevés ayant quitté l'église, parlent publiquement pour la première fois. Deux autres cadres qui sont égalament sortis ont accepté de parler au St Petersburg Times: Tom de Vocht, qui a supervisé des années durant les quartiers généraux de Clearwater, et Madame Amy Scobee, qui aida à créer le réseau des centres de célébrités scientologues -ce réseau qui dorlote des gens comme Travolta et Cruise. L'un après l'autre, ces gens ont quitté l'unique existence qu'ils avaient connue. Le fait que Rathbun et Rinder parlent est un énorme retournement de situation, car ils faisaient partie des plus proches associés de Miscavige, les Adelman et Herlichman de Nixon. Désormais, ils nous content une histoire sans précédent sur ce qui se passe dans les strates supérieures de cette organisation contrôlée au geste près. Voici: • La
violence physique envahit l'équipe de manageent international de la
scientologie. Miscavige a donné le ton, il agresse souvent ses lieutenants.
Rinder dit qu'il s'est fait taper dessus une cinquantaine de fois. Rathbun,
Rinder et de Vocht admettent qu'eux aussi ont agressé leurs collègues, pour
prouver leur loyauté envers Miscavige et montrer de quoi ils étaient
capables. • Les staffs sont disciplinés et contrôlés par l'intermédiaire d'un système de "justice ecclésiastique" à plusieurs niveaux. Ceci comprend: confesser publiquement des péchés et "crimes" à ses pairs réunis en groupe; être forcé de se jeter à l'eau tout habillé; devoir se confesser lors d'embarrassantes "vérifications de sécurité" ou pire, être isolé comme "personne suppressive". Au pinacle de la hiérarchie, Miscavige détient un tel pouvoir que les gestionnares suivent ses ordres, même les plus étranges, avec une obéissance servile. • Les staffs cachèrent la façon dont ils se sont occupés
de Lisa McPherson, une scientologue décédée au bout de 17 jours d'isolement dans
l'hotel Fort Harrison de l'église à Clearwater. • Miscavige a trouvé moyen d'utiliser d'anciens adeptes pour les pousser à acheter des matériaux que l'église vend, comme de soi-disant écrits sacrés améliorés, pour augmenter les revenus de l'église.
Le 13 mai, le Times a demandé à interviewer Miscavige de vive voix ou par téléphone, et a renouvelé plusieurs fois cette demande au cours des cinq semaines suivantes. Les officiels de l'église ont répondu que l'emploi du temps de Miscavige ne lui permettrait pas de RV avant juillet. Samedi à 17h50, Mscavige expédiait un mail au Times pour protester contre la décision du journal de publier sans attendre qu'il se libère. Sa lettre disait qu'il fournirait de l'information "détruisant toute la crédibilité" des mécontents, (les témoins devenus opposants). Les porte-parole de l'église disent que Miscavige est aimé des millions de scientologues et qu'il a conduit l'église depuis un quart de siècle d'expansion. Les "défecteurs"- ceux qui ont quitté lglise - sont des menteurs, des apostats emplis d'amertume, qui ont tiré leurs affirmations d'internet et exagéré l'importance des positions qu'ils détenaient en scientologie dans la force dévouée qu'on appelle Sea Org - l'organisation maritime. Ils disent que ce sont eux qui ont abusé des membres du personnel, et que lorsque Miscavige l'a découvert, il les a fait cesser et les a démis de leurs postes. Ils disent que maintenant les défecteurs sont en train de préparer un coup d'état, en inventant des allégations afin de pouvoir dégager Miscavige et prendre le contrôle de l'église. Les défecteurs nient. Ils disent qu'ils parlent parce qu'il faut que les gens soient au courant pour Miscavige. Rathbun signale que les mauvais traitements infligés aux dirigeants ont découragé des cadres et paralysé ceux qui restent. "C'est le chaos car il n'y a de facto aucune forme d'organisation. Personne n'est respecté puisqu'il ne cesse de dénigrer et de battre les gens.". Je refuse que les gens conntinuent à être battus, à ce qu'on leur mente et qu'on les trompe, explique Rinder. Je n'ai pas réussi à changer les choses en raison de mon manque de courage quand j'étais à l'intérieur de l'église." "Mais je crois que les abus doivent finir. Cette pourriture fabriquée de l'intérieur est en fait plus destructive du mouvement que tout ce qui vient du dehors." Les agressions physiques: au hasard, saugrenues A 49 ans, Miscavige est en forme, bien ciselé, aspect accentué par des yeux bleu profond. Il ne fait qu'un mètre 64, mais solide, avec une poignée de mains vigoureuse. Il a la voix sonore et forte, pouvant atteindre des milliers de gens. Beaucoup l'appelent "COB", du fait qu'il est président du conseil (Chairman Of the Board) de l'entité censée sauvegarder la scentologie, qu'Hubbard a fondée en 1954. [ndt: Hubbard a fondé la scientologie dès 1952, et la scientologie prétend qu'il avait inventé le terme en 1938]. "C'est l'un des individus les plus doués et intelligents que j'aie rencontrés, dit Rathbun. Mais Hubbard dit que le niveau d'intelligence ne va pas nécessairement de pair avec celui de l'équilibre mental. Hitler et Staline étaient brillants. Des génies. Mais à leur niveau, c'étaient carrément des fous." Rathbun aussi bien que Rinder, de Vocht et Scobee ont dit avoir participé et avoir témoigné de sa folie, qu'il s'agisse des chaises musicales ou des attaques physiques répétées. Qu'est-ce qui déclenchait les crises de Miscavige? Généralement, ses victimes n'en avaient aucune idée. "Si ce n'était pas ça qu'il voulait entendre, il perdait son calme, dit de Vocht. Si ça le contrariait, il piquait sa crise. S'il pensait que c'était un truc assez futé, ou qu'il s'agissiat d'un réponse meilleure que la sienne, il piquait sa crise." Rathbun and Rinder font la liste des cadres qu'ils ont vu Miscavige attaquer: Marc Yager: Au moins 20 fois Guillaume Lesevre: Au moins 10 fois "Rathbun dit que Miscavige frappait régulièrement bien fort le gars main ouverte sur le dessus du crâne, l'ébranlait ou alors, il le prenait par la nuque et le jetait à terre." Norman Starkey: Rathbun raconte: "Là, dans le parking, Miscavige l'a battu comme plâtre et à commencé à lui filer des coups de savate quand il était à terre. Il dit avoir vu Rinder se faire frapper une bonne douzaine de fois rien qu'au cours des quatre dernières années, parfois très violemment. Rinder dit: "Yager , c'était son punching ball. Pareil pour moi." Il ajoute: "Le but n'était pas tant la douleur physique. C'était l'humiliation, la domination. C'est ce que vous recevez, de la domination, vous êtes frappé au visage, vous prenez des coups de pieds, et vous n'y pouvez rien. Si vous tentiez quelque chose, vous attaqueriez le COB..." "C'était au hasard, saugrenu. Ca pouvait être votre aspect du jour. Ou ne pas avoir répondu assez vite. Mais c'était toujours une pénitence." Scobee dit que Miscavige n'a jamais levé la main sur elle ou sur d'autres femmes, mais elle a observé des quanti- tés d'agressions, dont la fois où le chef avait coincé Rinder jusqu'à ce qu'il ait la figure violette. Rinder confirme ce récit. De Vocht estime que Miscavige a battu des staffs une bonne centaine de fois entre 2003 et 2005. Rathbun, Rinder et De Vocht admettent avoir aussi frappé d'autres gens. En 2004, Rathbun a battu Rinder et il a fallu plusieurs staffs pour qu'il s'arrète. "Oui, c'est un fait, explique Rinder; ce n'était pas la première fois que Marty et moi-même en venions aux mains contre d'autres personnes." Il se rappelle avoir tenu par la gorge un staff contre un mur. Rathbun admet avoir agressé quantité de gens à plusieurs reprises, y compris avoir jeté Lesèvre sur une table, avoir boxé les oreilles de Starkey, et avoir envoyé Yager dans les escaliers, tout cela, dit-il, sur ordre de Miscavige. Il en a balancé un autre sur le capot d'un taxi à l'aéroport international de Los Angeles. Comme il y avait un attroupement, il lui a dit de ne pas recommencer et de prendre un posture plus correcte. De Vocht dit avoir "frappé quelques gars" durant l'une des nombreuses séances durant lesquelles des dirigeants confessaient leurs exactions à leurs collègues, lors d'une réunion qui a fini en engueulade et en bagarre. Aujourd'hui, ça l'embarrasse, mais à l'époque, il dit qu'il avait rationalisé son comportement "Je n'attaque pas si l'on ne m'attaque pas. C'est l'instinct de survie dans une situation dans laquelle on ne devrait pas se trouver." Tous les quatre ont
expliqué que le leader avait établi une culture encourageant la violence
physique. Rinder explique que Rathbun était le bras armé de Miscavige: "Si Dave Miscavige ne voulait pas faire le sale boulot lui-même, il envoyait Marty le faire à sa place." Rathbun ne nie pas. "C'est difficile de savoir, dit-il, à moins que l'on parle à quelqu'un qui a encore de la boue sur les mains. Et j'admets librement avoir de la boue sur les mains, et ça ne m'enchante pas du tout. C'est pourquoi je fais ce que je fais." Rathbun n'était pas pour autant à l'abri des agressions de Miscavige. "Il m'a attrapé une fois par le cou et m'a tapé la tête sur le mur." Personne ne répondait aux coups. Scobee explique: le problème, c'est qu'il avait tous ces gens autour, il était le 'sauveur' puisqu'il devait nous libérer alors que nous étions tous d'incompétents n'importe quoi, ce qu'il ne cessait de nous asséner." "On n'a pas un radis, pas d'expérience du travail, on n'a rien du tout, et il pouvait nous coller à la rue et nous ruiner." Le porte-parole Tommy Davis prétend que
tous mentent. Il répond que jamais Miscavige n'a attaqué Rinder, il ment
absolument." Yager, Starkey, Mithoff, et Lesevre insistent tous lourdement: jamais Miscavige ne les a attaqués. Davis a produit des déclarations sous serment devant les tribunaux, dans lesquelles Rathbun et Rinder, alors encore cadres supérieurs scientologues, congratulaient l'extraordinaire personnalité de Miscavige et niaient les rumeurs selon lesquelles il aurait abusé du personnel. Davis montra un article du Times dans lequel Miscavige niait ces mêmes rumeurs; Rathbun acquiesçait, disant qu'au cours des 20 années passée à travailler avec lui, il n'avait jamais vu son chef lever une seule fois la main sur quiconque. "Ce n'est pas dans son tempérament, expliquait à l'époque Rathbun; il dispose d'assez de pouvoir personnel pour ne pas avoir besoin de recourir à ces méthodes." Rathbun rectifie aujourd'hui: "C'est le plus énorme mensonge que je vous ai jamais raconté..." Davis a montré une confrontation sur vidéo entre Rinder et un reporter de la BBC de Londres en 2007, juste avant qu'il ne quitte l'église. Le reporter insistait sur les rumeurs courant à propos de Miscavige, que Rinder ne cessait de qualifier de "conneries". Maintenant, Rinder dit qu'il mentait pour protéger l'église, mais que sa loyauté envers Miscavige n'était pas méritée. Il dit qu'il faisait exactement ce que le staff fait aujourd'hui "Niez tout en bloc, rien n'est vrai dans tout ça, ça ne s'est tout bètement jamais produit." L'église de scientologie annnonce qu'elle travaille à "une civilisation sans criminels et sans guerres, où les gens capables et honnètes puissent avoir des droits, et où l'homme soit libre d'atteindre des niveaux plus élevés." Amy Scobee dit que Miscavige ne pratique pas ce que prèche la scientologie. Il ne cesse de qualifier des membres de l'église d'ennemis, ce qui leur interdit tout contact avec la famille et les amis encore présents en scientologie. "Impossible de vous dire chef religieux
si vous battez les gens, que vous détruisez les familles, ajoute-t-elle; si je
voulais détruire la scientologie, je laisserais David Miscavige à sa place, car
il y réussit merveilleusement..." Calomnies C'est de calomnie envers Miscavige qu'imputent les deux avocats et les deux porte-parole de l'église aux "défec- teurs". Rathbun, Rinder, De Vocht et Scobee: chacun a échoué à son poste, a rompu des règles de la Sea Org [l'organisation maritime, l'encadrement informel mais puissant de la secte, ndt] et n'avait à priori pas une éthique irréprochable. Comparez ces quatre nullités à un homme de la stature de Miscavige et on voit de suite qui est crédible ou non. Monique Yingling: "ce n'est pas la question de leur version contre notre version. C'est simplement que ça n'a jamais eu lieu, explique Yingling, avocate non-scientologue de l'église depuis plus de vingt ans. Il y a bien une histoire ici, mais ce n'est pas celle qu'on vous a dite." Pendant que les avocats et les porte-parole défendaient Miscavige et tentaient de discréditer ses détracteurs, ils produisirent de la littérature à leur sujet: des "dossiers d'éthique" - des confessions, des actes de contrition, des regrets que l'église conserve pour documenter leurs échecs. Ces documents illustrent clairement un système de justice interne de l'église qu'on ne voit presque jamais au dehors. Le système éthique pousse les scientologues à demeurer sans cesse productifs. Il se fie à la notion selon laquelle toute activité humaine peut être démontrée par une statistique et que tout le monde, qu'il s'agisse de groupes, de gens, d'un mariage, peut être ainsi chiffré et mesuré selon un barème illustré par les douze conditions éthiques" Les conditions basses incluent "Confusion, trahison, Ennemi". La conditon la plus élevée est "Puissance", suivie de "changement de puissance" et "d'affluence". Pour monter l'échelle des conditions, il faut que le sujet écrive des confessions et des mémos introvertis appelés des "formules de condition", supposées améliorer l'individu lorsqu'il contemple ce qui a pu causer des problèmes. Ces mémos servent aussi à l'église de source écrite à utiliser contre des membres récalcitrants qui voudraient attaquer la scientologie. Lorsqu'un personne veut quitter l'église "Blower" [partir sans autorisation de la secte], en scientologais, cela engendre encore davantage de documents. En 1959, Hubbard pondit un papier expliquant qu'une personne s'en allait lorsqu'elle ne pouvait s'empê- cher de faire du tort à l'église, qu'il s'agissait d'une sorte d'acte noble. Pour justifier de s'en aller, Ron Hubbard croyait que la personne pensait des choses négatives à dire de l'église. Quiconque la quitte a commis des "overts", des actions néfastes, contre l'église, et les retient - les cache - ensuite. L'église est contrainte de faire en sorte que ces gens s'en aillent avec le nez propre, disait Hubbard, car quitter l'église en conservant des overts contre elle peut conduire les gens au suicide ou à une maladie mortelle. Ils doivent donc écrire leurs transgressions pour être en "bonne entente" lorsqu'ils s'en vont. Yingling et Davis disent que l'église ne se réjouit pas d'utiliser des documents provenant des fichiers d'éthique. Mais puisque ces quatre déserteurs ont critiqué Miscavige, l'avocate et le porte-parole estiment qu'ils n'ont plus le choix. Ils ont produit des documents démontrant que Scobee a violé des règlements de la Sea Org sur "une implication romatique hors mariage". Scobee dit que l'église exagère. Elle avoue avoir eu une relation sexuelle dans une salle de superviseur, mais fait observer que l'homme avec qui ça eut lieu était son fiancé. Un autre document explique qu'elle a "entamé une relation" avec un homme qui n'était pas son mari, en 1988. Scobee dit que c'était un électricien non-scientologue qui lui avait demandé de partir avec elle. Elle dit avoir refusé et l'avoir rapporté au superviseur, mais l'église l'avait quand-même punie. Un document de 2003 cite son mauvais rendement et la déclare inadaptée à travailler à la base de Hemet. Scobee contre en rappelant qu'elle a tenu des postes à responsabilité pendant plus de vingt ans. On la voit dans un magazine de 1996 de l'église comme l'une des cadres supérieures des "plus capables" et "hautement dévouées" de scientologie. "La question c'est qu'on s'en fiche si j'étais dieu ou un portier au troisème sous-sol, dit Scobee: Ce que j'ai vu, c'est ce que j'ai vu." De Vocht était en"condition de trahison" lorsqu'il a pondu un mémorandum en 2004, expliquant avoir accepté un contrat portant sur un terrain à Clearwater, qui coûtait un million de dollars de pertes à l'église. Dans une lettre à Miscavige de 2002, il confesse avoir gaspillé 10 millions de dollars de fonds de l'église en dépenses exagérées sur deux projets. Lorsqu'on le questionne sur ces documents, de Vocht répond qu'il s'agit d'écrits de "formules d'éthique" reflétant la culture créée par Miscavige et non la réalité. "On dit ce qu'on est contraint de dire, pour paraître coopérer; ce n'est pas une action décidée de notre plein gré. C'est une sorte de couverture pour en finir du programme, sinon vous allez vous faire taper dessus." La formule d'éthique loue les qualités de Miscavige, qui en faisait partie; de Vocht explique: "Il est notre pape, notre chef, il est infaillible... si vous dites 'je ferai tout ce que je pourrai pour que ça fonctionne', vous pouvez passer. Vous n'avez pas d'autre choix que dire "t'as raison et j'ai tort". L'église dit que Rinder, qui fut son porte-parole mondial deux décennies durant, est un menteur incurable. Dans ses fichiers d'éthique, Rinder admet avoir menti 43 fois au cours des années. "C'était un vrai problème, la propension de Rinder à mentir. Il avait manifestement un problème avec la vérité..." ajoute Davis, successeur de Rinder en tant que porte-parole. Après avoir nié que Miscavige ait jamais frappé quiconque, Yingling a dit "Il est parti parce qu'on l'a mis dehors... il est amer , et son amertume s'accroche à ce qu'il a nié avec véhémence toutes ces années." Davis ajoute: "L'un des trucs qu'il disait souvent c'est 'Si je suis si mauvais, pourquoi me demande-t-on toujours de faire des choses? Vous connaissez la réponse à cette question? la réponse ultime à ça, c'est: 'Mike, t'as raison, pourquoi continuer à poser la question.' Et on arrètait de la poser. Et il partit et personne n'alla le chercher." Tout comme les autres ayant déserté, Rinder dit qu'il est certain que tout ça se trouve dans ses dossiers d'éthique, mais il explique que ces admissions n'ont pas de sens, c'est seulement ce que les supérieurs veulent entendre. " "On écrit tout cela pour renter en bonnes grâces, obtenir les faveurs. Davis relate que Rinder n'a pas pu se consoler de sa chute de Porte-parole d'une église internationale vers son job actuel. "Mike est parti. Je pense que nous pouvons être d'accord sur le fait qu'il est amer, dit Davis. C'est un type qui vient d'un poste envié, d'une vie très excitante, et le voilà qui vend des voitures, ça doit faire un sacré choc..." L'église a extrait nombre de pages des dossiers de Rathun. On trouve par exemple un courrier de 1994 où il dit qu'il a achevé le 'Rundown de la vérité' - l'un des nombreux types de confessions - et dit qu'il s'excuse d'avoir quitté brièvement l'églsise l'année d'avant; trois confessions pour avoir frappé et insulté des employés une douzaine de fois; et des documents où il admet avoir mal manié certaines situations. Dans un document daté de 2003, Rathbun fait une "annonce publique" détaillant deux décennies d'erreurs, incluant: s'être attribué plus d'importance qu'il n'en a; avair donné du travail inutile à Miscavige en ayant mal manié le staff; avoir trébuché sur des tâches essentielles; y compris la longue bagarre de la scientologie avec l'IRS. Rathbun dit qu'il a écrit ce que Miscavige voulait lire L'église a fait une note spéciale à propos d'un affidavit du 6 juin 2009 - après que le journal ait questionné l'église au sujet de Rathbun - cet affidavit vient d'un membre de la Sea Org dont l'église a caché le nom. La personne critique la violence de Rathbun, les abus commis, et d'avoir joué un rôle dans les efforts de sa famille pour l'extraire de la scientologie. Rathbun dit que oui, il a essayé d'aider la famille, car la fille exprimait des doutes importants quant à revenir en scientologie. Comme celles de de Vocht, les confessions de Rathbun abondent en louanges de Miscavige. Il écrit par exemple que "Miscavige a sauvé la scientlogie à lui tout seul..." L'encadrement international de gestion de la scientologie habite et bosse sur un ensemble de quelques 45 hectares dans les montagnes arides à l'opposé du Mont San Jacinto de Palm Srings (à Hemet, Comté de Riverside, ndt). Rathbun y a "orchestré un règne de la terreur" en 2002 et 2003, relatent les représentants de l'église, se faisant passer pour l'officier d'éthique alors que Miscavige était à Clearwater pour manier des affaires judiciaires et d'autres. Ils disent que lors de son retour, Miscavige a sommairement viré Rathbun et a commencé à nettoyer les gaffes. Rathbun répond qu'il était absent de la base d'Hemet presque en permanence en 2002 et 2003, maniant les procès et autres matières sensibles pour le compte de Miscavige. Quand il est revenu à la base, c'est Miscavige qui avait instauré un "règne de la terreur". L'église raconte que Rathbun a exagéré son importance en scientologie; ils disent qu'apès 1993, il n'a jamais porté de titre. Mais en 1998, un magazine scientologue le présente comme l'un des principaux conférenciers lors d'une célébration majeure, au Ruth Eckerd Hall de Clearwater, à laquelle 3000 scientologues ont assisté. Le magazine dit qu'il est "Inspecteur Général", un poste présenté comme chargé de la sauvegarde de la scientologie. L'église a aussi fourni au Times un document du tribunal de mars 2000 qui lui attribue un titre de "directeur" de la même entité. Si la responsabilité de Rathbun est aussi faible que le prétend l'église, le Times a demandé comment il se pouvait qu'il ait soumis les gens à un règne de terreur ? -- Davis, le porte-parole, a explosé. "C'est lui qui dit que Miscavige bat les gens, a hurlé Davis. Et il dit que Dave Miscavige bat exactement ceux que lui-même battait. Et c'est ça qui me fait suer. Parce que ce type est un putain de lunatique et je n'ai pas à expliquer comment et pourquoi il en est devenu un ou comment ça a pu être autorisé." "Le fait qu'il dise que Miscavige fasse ce
qu'il faisait ... maintenant, je suis un peu en rogne. Est-ce contre vous que je
suis en rogne? Pas nécessairement. Mais j'en ai plein le dos de Marty Rathbun,
parce qu'il sait qui était le règne de la terreur." Atterir à Clearwater Fin 1975. Une chose se désignant comme les Eglises Unies de Floride annonce qu'elle voudrait louer l'hotel Fort Harrison à la Southern Land Development Corp., une société qui pense acheter le bâtiment historique. Personne, pas même les avocats du vendeur, ne peut trouver quoi que ce soit au sujet de Southern Land. Pas même un numéro de téléphone. Lorsque la vente a lieu le 1er décembre, Southern paie 2,3
millions de dollars cash pour la propriété, où l'on célèbre des mariages, des
fètes et des célébrations depuis une demi-siècle. Le 28 janvier 1976, une équipe des relations publiques de Los Angelès arrive à Clearwater et annonce que le véritable acheteur était l'Eglise de scientologie de Californie. La déception flanque la frousse dans la petite ville somnolente aux merveilleuses plages. Gabe Cazares, maire de Clearwater, est outré par les méthodes fuyantes et massives du groupe. "Ça fait un demi-siècle que le Fort Harrison est là, et voilà maintenant que c'est devenu un vrai fort, se lamente Cazares. C'est effrayant." Les gens du cru sont anxieux, car ils ont entendu dire que la scientologie est une secte aux manies guerroyères. Elle a porté plainte contre le State Department [premier ministère aux USA], contre le ministère de la justice, l'IRS, la CIA, la police de Los Angelès -- contre toute agence s'intéressant à elle ou lui refusant quelque chose. Pourquoi Hubbard a-t-il choisi Clearwater? Il avait fait tourner l'église depuis son bateau, l'Apollo, et désirait avoir une "base à terre". Il a envoyé des éclaireurs en mission: trouvez un bon bâtiment, proche d'un bon aéroport, un lieu où le climat soit chaud. La liste se réduisit à une propriété à Daytona et au Fort Harrison. C'était destiné à devenir le "navire amlral" scientologue; Hubbard expédiait des notes disant comment "Flag" devait fonctionner, depuis les plans de marketing jusqu'à l'uniforme des staffs. Ca devait être "énorme, chic et auto- financé", écrivait Hubbard, un hotel qui fasse honte au Waldorf Astoria." Hubbard déposa un slogan pour l'hotel: Flag, l'endroit le plus amical au monde." Il mourrait dix ans plus tard, mais la génération suivante de dirigeants de l'église était en formation. Les jeunes turcs Hubbard qualifiait ça de "Fair Game" ["gibier de potence" ndt]; il en disait: "Peut être privé de ses biens et blessé par tous moyens par tout scientologue sans que celui-ci puisse être discipliné. Peut être trompé, on peut ruser à son encontre, le poursuivre en justice ou le détruire." Le Maire Cazarès posa des questions sur le nouveau groupe ayant pris possession du Fort Harrison, le qualifiant de secte et envisageant des poursuites contre lui. Le Times et le Clearwater Sun enquétèrent. Les scientologues suivirent le scénario concocté par Hubbard et attaquèrent les ennemis. Ils tentèrent d'impliquer Cazares dans un faux délit de fuite après un accident qu'ils avaient eux-mêmes provoqué. Ils interceptèrent le courrier du Times et accusèrent calomnieusement le PDG du journal, Nelson Poynter, d'être un agent de la CIA. Au printemps 1976, le "commodore" Hubbard réalisait sa vision du Fort Harrison: les scientologues du monde entier venaient ici pour de longs séjours. Ils dépensaient des milliers de dollars en conseils nommés "audition", procédé censé débarrasser le subconscient d'expériences négatives, et supposé mener à des "états de conscience supérieurs". Mike Rinder, australien de vingt ans, faisait fonctionner le télex de l'hotel, expédiant et recevant des dépèches des diverses entités scientologues dans le monde. David Miscavige, un gamin de 16 ans des banlieues de Philadelphie ayant quitté le lycée à son anniversaire en seconde d'avril, était venu travailler au Fort Harrison. Il s'occupait des sols, du service de table, et prenait des photos pour les brochures publicitaires. En un rien de temps, l'outrecuidant Miscavige supervisait des adultes. En 1977, dix mois après être arrivé à Clear- water, il était transféré en Californie, où il entrait dans l'organisation des Messagers du Commodore [surtout composée alors de messagères, ndt] , un groupe fameux d'une vingtaine de personnes assignées à des "missions" par Ron Hubbard. Fin 1978, Miscavige prenait la responsabilité du personnel de rénovation de la maison du ranch qu'avait acheté Hubbard en Californie méridionale. Il y avait là un jeune homme, ex-joueur de basket ayant rejoint l'église l'année précédente à Portland. Trente ans plus tard, Marty Rathbun raconte qu'il se souvient de la
première fois où il a croisé le chef ado, se pavanant, "aboyant des ordres". Pas
de doute, c'est David Miscavige. Les pouvoirs antérieurs jouent A la mi-70, l'IRS avait embauché un dactylographe de tribunal nommé Gerald Bennett Wolfe. Ils ignoraient qu'il s'agisse d'un espion scientologue, du nom de code de "Silver" - Argent. Il infiltra le bureau d'un avocat au QG de l'IRS à Washington et copia des mois durant des documents, avec l'aide de l'Office du Gardien - le GO - le bras armé secret de l'intelligence service made in scientologie. L'IRS avait révoqué l'exemption d'impôt de la scientologie 10 ans plus tôt, en observant qu'il s'agissait d'une entreprise commerciale. La scientologie batailla, refusant de payer, expédiant ses avocats et utilisant Silver pour infiltrer l'agence. Mais la mission secrète leur retomba sur le nez. Le 8 juillet 1977, le FBI effectuait une saisie des QG scientologues à Washington et Los Angelès, saisissait des outils de cambriolage, des équipements d'espionnage et 48000 documents. En octobre 1797, l'épouse d'Hubbard Mary Sue Hubbard, patronne du GO, et dix autres scientologues étaient condamnés selon des accusations de conspiration contre le gouvernement et obstruction de la justice. Son époux, qui avait été nommé comme "co-conspirateur non incriminé", alla se terrer dans son ranch proche de la Quinta, Californie. C'est alors que les deux jeunes gens s'occupant des rénovations devinrent des assistants du fondateur exilé. Rathbun délivrait le courrier et les messages, Miscavige occupait le poste de "chef action". En janvier 1981, Miscavige demanda à Rathbun de l'accompagner dans une tournée pour aller au Super-Bowl; ils conduisirent tour à tour par tranches de huit heures de L.A. à la Nouvelle-Orléans et apprirent à se connaître au long de la route. Plus tard dans l'année, Hubbard donna une tâche critique à Miscavige: résoudre les flopées de procès et d'enquètes menaçant la scientologie. Miscavige choisit Rathbun et trois autres pour l'aider. Rathbun passa six mois à élaborer une stratégie, et à classer l'importance des affaires. "J'ai mis en place des unités pour
manier les procès, l'une à Clearwater, une a New York, une à Boston et une à
Toronto, dit-il. Elle me communiquaient les éléments. J'étais en quelque sorte
responsable des opérations juridiques." Pas de problème pour obtenir l'approbation d'Hubbard; son fils avait intenté une poursuite expliquant que la société gérant les affaires d'Hubbard, menée par Miscavige, siphonnait sa fortune. Hubbard répondit par une déclaration indiquant sa confiance en Miscavige, scientologue dévoué, associé fiable et ami personnel." Rinder devint aussi un associé du leader émergent. Miscavige avait laissé son ami d'enfance à Clearwater pour aider à dissoudre l'Office du Gardien, le bras scientologue qui avait volé les fichiers de l'IRS et commis d'autres délits. Il installa Rinder à la tête du
nouvel Office Spécial International des Affaires Spéciales (OSA Int). Une
portion du travail de Rinder consistait à instituer une nouvelle présentation de
la scientologie: les nouveaux leaders furent très excités d'apprendre les sales
coups du Guardian Office. Ce n'était pas, disent-ils, tout ce qu'était la
scientologie. Battre ses rivaux Le 27 janvier 1986, des milliers de scientologues se rasssemblèrent au Hollywood Palladium de Los Angelès, où un Miscavige solennel leur livra les faits: "le fondateur avait passé à un nouveau niveau de recherches qui se ferait dans un état extérieur, complètement hors de son corps..." L. Ron Hubbard était mort, à 74 ans. Miscavige tendit le micro à l'avocat Earle Cooley, qui ne mentionna pas le nom de Miscavige, mais aida à lui cimenter la place de futur chef. Cooley annonça qu'Hubbard était mort d'une infarctus, laissant l'ensemble de sa fortune à la scientologie, et mettant sa "confiance ultime" dans le management de l'église. Il ne laissait aucun écrit de succession, laissant
ouverte la question de la nomination du futur chef. Miscavige devint le President du Conseil, titre qu'il détient toujours. Rathbun prit le poste le plus élevé ensuite, celui d'Inspecteur Général de l'éthique. Les derniers rivaux pour contrôler la scientologie étaient Pat et Ann Broeker, qui avaient assisté Hubbard durant ses dernières années. Le fondateur les avait élevés au grade de "Loyal Officer", Officiers loyaux, un rang supérieur à celui de Miscavige, encore Capitaine. Les Broeker avaient la garde des derniers écrits d'Hubbard, les niveaux légendaires de l'audition supérieure, qu'il avait écrits à la main tandis qu'il était reclus. Comme l'église dépend en grande partie des honoraires perçus pour l'audition, les papiers ne constituaient pas qu'une mine spirituelle, mais aussi une mine d'or financière. Miscavige les voulait. Rathbun revèle comment ils ont fait: Le jour où Pat Broeker a traversé le pays avec Miscavige pour rencontrer les avocats washingtoniens de l'église, Rathbun a mis en place une équipe de vingt gars autour du ranch des Broeker à Barstow, Californie. Pendant un changement de vol à Chicago, Miscavige appela la gardienne du ranch, sur signal de Rathbun, en lui disant: le FBI avait l'intention de faire une descente au ranch dans deux heures. S'ils ne sortaient pas de suite les papiers, ils risquaient d'être à jamais perdus. La femme laissa Rathbun et ses gars entrer. "Ça a fonctionné comme un charme", dit-il. L'ascension de Miscavige était achevée: à 26 ans, il n'avait plus à répondre à quiconque en scientologie. Pour Rathbun, Miscavige n'était pas celui que voulait Hubbard, il a manoeuvré pour prendre la place. Mais les sciento- logues pensent qu'il a été adoubé." Et quand ils le croient, ils sont prèts à faire à peu près n'importe quoi." C'est lors d'une conversation quelques jours après avoir mis les mains sur les derniers documents manuscrits d'Hubbard que Rathbun s'est rendu compte que Miscavige se voyait non pas comme ayant pris le pouvoir politi- quement, mais comme "le choisi". ''Miscavige semblait stupéfié par ses nouvelles responsabilités, aussi Ratbun essaya de le secouer. J'ai dit que mon moniteur de basket au lycée avait des inspirations. L'une d'elle, pendant les jeux des Darrell Royal des Texas Longhrons, me revint: "je n'ai pas à choisir un chef: il émergera." "C'est une fausse donnée", s'écria Miscavige. Rathbun relate: Il a rejeté ça tellement vite, mon vieux,
j'ai suggéré qu'il était tout ce qu'on veut d'autre mais pas adoubé, et il m'a
sauté à la gorge!" Scientologie contre l'IRS (fisc américain) A la fin des années 1980, la bagarre avec l'IRS s'était calmée: plus de cambriolages et de procès. Mais Miscavige ne perdait pas de vue l'obtention de l'exemption d'impôts, ce qui légitimerait la scientologie. La nouvelle stratégie, dit Rinder, consistait à submerger l'IRS, à le pousser à l'erreur. L'église a déposé quelque 200 plaintes contre l'IRS, à la recherche de documents pouvant prouver le harcèlement de l'agence, tout en luttant contre le refus de l'agence d'accorder l'exemption à des entités religieuses. Quelque 2300 scientologues individuels ont également poursuivi l'IRS, exigeant des désduction s'impôts pour leurs contributions. "Avant même de le réaliser, toutes ces plaintes de rien du tout étaient des procès en pleine activité", explique Rathbun. L'avocat washingtonien William C. Walsh, qu aide désormais l'église à repousser ce que disent les déserteurs, a rassemblé bon nombre de ces cas. "On voulait aller jusq'à la base de ce qu'on pensait être de la discrimination, et on a eu pas mal de douments, de preuves", dit-il. "Il est vrai que lorsqque nous avons commencé, la méfiance et la suspicion étaient de mise de part et d'autre; on devait refuser des pièces et prouver qui ous étions et ce que nous faisions." Yingling était dans l'équipe de Walsh, avec Miscavige et Rathbun sur le procès. Elle dit que l'enquète de l'IRS sur Miscavige était plus épaisse que les dossiers du FBI sur Martin Luther King. Pour moi, c'était dingue, dit-elle. L'église ne cessa d'agmenter la pression sur l'IRS grâce à une campagne sans points morts. Armé de dossiers obtenus grâce au FOIA (loi permettant d'obtenir communication de dossiers personnel concer- nant quelqu'un), le magazine scientologue Freedom [qui s'appelle Ethique et Liberté en france, ndt] publia des anecdotes sur les abus de l'IRS: des vacances coûteuses aux frais du contribuable; des quotas d'audits contre des scientologues individuels; cibler de petites affaires ôur des audits alors qu'on négligeait des sociétés ayant des appuis politiques. Les scientologues distribuaient les magazines sur les marches du bâtiment de l'IRS à Washington. Un groupe nommé Coalition nationale des siffleurs contre l'IRS menait sa propre campagne. Sans que la plupart le sachent, c'est la scientologie qui l'avait créé et le finançait. C'était une guerre d'usure, où la scientologie était désireuse de dépenser tout ce qu'il faudrait pour enfoncer l'agence fédérale. "Je ne pensais pas même au fric, dit Rinder; il fallait faire ce qu'il fallait faire." Ils savaient aussi que l'autre côté faisait des points. Un mémo obtenu pas la scientologie disait que l'église avait mis sur écoute la (discussion) sur le budget des litiges de l'IRS en fin d'année. L'église se servit d'autres documents qu'elle avait obtenus de l'IRS contre elle-même. L'un d'eux disait que le ministère de la justice protestait contre l'IRS à cause de positions indéfendables dans des procès contre la scientologie. Le ministère craignait d'être tiré vers le bas en même temps que l'IRS et que ça ternisse sa réputation. Un autre parlait d'une conférence d'une vingtaine d'officiels de l'IRS dans les années 70. Ils tentaient de réagir à un jugement disant que la scientologie correspondait à la définition d'une religion. La solution de l'IRS? Changer la définition. Rathbun appelle cette conférence la "solution finale",
un meeting qui démontrait la partialité de l'IRS à son encontre. On s'est servis
je ne sais pas combien de fois de ce mémo contre eux," dit-il. En 1991, Miscavige était de plus en plus impatient des problèmes judiciaires. Il pensait pouvoir personnellement faire plier l'IRS. En octobre, Rathbun et lui allèrent au QG de l'IRS à Washington et demandèrent à rencontrer le Commissaire de l'IRS Fred Goldberg. Ils n'avaient pas rendez-vous. Goldberg , qui n'a pas répondu aux demandes d'entretien pour le présent article, ne les vit pas ce jour là, mais les reçut la semaine suivante. Rathbun dit que contrairement à la rumeur, il n'y eut pas de pot de vin ni d'extorsion. C'était de la préparation et de la persistance, plus des milliers de procès, des magazines virulents, de pleines pages d'annonces payantes dans USA Today pour critiquer l'IRS. "Ça suffisait, dit-il. Pas besoin de chantage en supplément." Miscavige et lui se préparèrent sans relâche pour la réunion. J'étais là avec mes trois caisses de documents; Miscavige avait sa vingtaine de pages de speech à faire passer, et pour chaque page, j'avsi deux classeurs de pièces. Miscavige présenta l'argumentaire selon lequel la scientologie est une religion de bonne foi. Puis iloffrit un rameau d'olivier. Rathbun se souvient de l'essentiel de ce qu'avait à dire le chef à l'IRS. "Bon, on peut tout arrèter; ce n'est pas le but de notre église; on essaie seulement de se défendre; on se défend agressivement, c'est notre façon de faire. Si on peut s'assoir autour d'une table et discuter des mérites de l'affaire, obtenir ce qu'on pense avoir le droit d'avoir, tout ça peut être arrangé." Les deux parties se séparèrent un moment. Rathbun se souvient: Goldberg s'approche de lui dans le couloir, puisqu'il sait que je suis le bras droit. Il me dit "Il veut ça ? On peut vraiment en finir?" "Et j'ai dit "Certes, en lui faisant tourner la main pour l'effet, comme ça, comme un coup de faux." Les parties reprirent les discussions. Yingling dit qu'elle avait prévenu les gars de se blinder, leur avait conseillé de répondre à toutes les questions, mêmes les plus offensives. Les agents posèrent des colles: les rituels d'initiation au LSD, si l'on tirait sur les membres qui n'obéissaient plus, et sur l'entraînement de terroristes au Mexique. On a répondu à tout, dit Yingling, créditant Miscavige d'avoir insisté sur le fait que l'église était ouverte, honnète et coopérative. Les allers et venues durèrent deux ans et résultèrent en cet accord: l'église payait 12.5 millions de dollars, l'IRS laissait tomber ses enquètes criminelles. Tous les procès en cours furent abandonnés. Le 8 octobre 1993, quelques 10'000 scientologues se rassemblèrent à Los Angelès pour célébrer la grande annonce du leader: l'IRS avait de nouveau accordé l'exemption à l'église, légitimant la scientologie en tant que religion, et en tant que corporation n'opérant pas pour le profit. 'La guerre est finie, dit Miscavige à la foule. Ca signifie tout." Réaction de la scientologie face à ceux qui l'ont quittée: "Mensonges absolus"! "L'église" de scientologie a lourdement insisté vendredi pour qu'on retarde la publication de la série du Times sur la scientologie. Ses porte-parole et ses avocats ont dit que les quelques jours qu'on leur avait laissés pour répondre à Mike Rinder, qui a récemment décidé de parler publiquement, ne suffisaient pas." L'église" a aussi insisté pour que le Times parle à d'autres personnes. Les porte-parole scientologues et d'autres ont pris l'avion de partout dans le pays pour discuter avec les journa- listes de Clearwater. La parade a démarré par les ex-épouses de ceux qui ont fait défection. Toutes trois sont encore scientologues. Chacune a vanté le leadership visionnaire de Miscavige et expliqué qu'on ne pouvait se fier à son ex-époux. Jennifer Linson a dit que son ex-mari Tom de Vocht, serait de nature irresponsable. Anne Joasem, l'ex de Marty Rathbun, prétend que son mari "vivait pour la guerre". Cathy Rinder, que son mari avait si peu de communication avec ses enfants qu'il ignorait que son fils de 24 ans souffrait d'un cancer de la peau. Puis on a eu droit à Norman Starkey, un cadre de l'église qui connaissait Hubbard. Il explique que Miscavige ne l'a jamais attaqué. "Je savais que tout ce qu'il faisait collait exactement à ce qu'Hubbard avait en tête." Danny Sherman, biographe d'Hubbard, a relaté une anecdote où Miscavige avait recueilli un moineau blessé , lui avait parlé et s'était assuré qu'il survive. "C'était extraordinairement tendre..." L'avocat new-yorkais Eric Liberman a expliqué qu'il représentait l'église depuis 32 ans et qu'il travaillait avec Rathbun, et ajouté qu'il était agressif et prenait de mauvaises décisions. Au bout de huit heures, lorsque les journalistes s'apprétaient à partir, le porte-parole scientologue Tommy Davis amena neuf haut gradés de la direction scientologue. Ils se mirent épaule contre épaule devant la sortie et insistèrent pour être entendus. Marc Yager, Guillaume Lesevre, Ray Mithoff et Mark Ingber, répétèrent tous que Miscavige ne les avait jamais frappés. "Je suis resté debout toute la nuit et j'ai noté sur des papiers tout ce que j'avais à vous dire, a indiqué Lesèvre. Et bien entendu, vous ne voulez pas m'entendre. Bien. Je veux qu'il soit bien inscrit que vous refusez d'entendre ce que j'avais à dire." Ray Mithoff : "ces gens attaquent - pas seulement lui, mais ils s'en prennent à toute ma religion et disent des choses à propos de ma base, l'endroit où je travaille depuis 27 ans." En hurlant, Greg Wilhere a affirmé "Miscavige n'a jamais battu qui que ce soit. Et je le sais mieux que quiconque, car j'ai plus souvent été à ses côtés que Mike Rinder, Rathbun et les autres." David Bloomberg: "Vous ne croyez pas que vous êtes des pions dans une affaire pourrie?" Lyman Spurlock: "Ce qu'ils veulent, c'est extorquer de l'argent de l'église... et là, le St Petersburg Times leur sert de véhicule d'extortion, vous n'êtes que leurs laquais... ils se servent de vous..." 25 heures d'efforts Au long des 25 heures de réunion avec les journalistes, les deux avocats et les deux porte-parole de l'église ont glorifié les accomplissements de David Miscavige et attaqué la crédibilité de ceux qui sont partis. Ils "répandent des mensonges totaux et absolus pour ternir Miscavige, leader religieux respecté", a ajouté l'un des porte-parole. "Ils ne sont que purs échecs vindicatifs," a expliqué l'avocate Monique Yingling, une non-scientologue qui représente l'église. "Ce n'est pas pour avoir une vie différente qu'ils sont partis, a-t-elle dit; ils sont partis parce qu'on les avait virés de leur poste, démis, parce qu'ils étaient incapables de le manier. C'est là toute l'histoire." "Et voilà désormais qu'ils démontrent leur désappointement amer en s'en prenant à la personne même à qui l'église doit ce qui y a lieu. Voilà tout." Yingling et le porte-parole en chef de l'église Tommy Davis ont reconnu que la violence fait désormais partie de la culture du management."Certains d'entre eux ont été battus, mais pas par David Miscavige. Vous savez par qui? Par Marty Rathbun." Davis explique que Rathbun aurait attaqué 22 personnes, au cours de 50 incidents en tout au cours des années qui ont précédé son départ. Il y a eu de la violence à la "base" de Hemet Californie, en 2003 et 2004, dit l'église, lorsque Miscavige était à Clearwater pour négocier l'affaire de l'homicide de Lisa McPherson, alors que la famille avait porté plainte contre l'église. De retour à la base, ils disent que Rathbun avait instutué un "régime de terreur". Yingling a dit que Miscavige était revenu en Californie, qu'il avait mis un terme à la violence de Rathbun, et qu'il avait repris l'expansion de la scientologie. "Lorsque le procès McPherson s'est achevé en 2004, il est rentré à la base et a annoncé en substance "Je n'ai pas à passer du temps et de l'énergie sur ces affaires juridiques. Donc, ce que nous allons faire maintenant, c'est nous concentrer sur l'expansion de l'église, et soit vous êtes avec moi, soit vous n'êtes pas avec moi..." "Et c'est alors qu'on a vu que ces individus ne voulaient pas rester à bord. Et c'est pour ça qu'ils ont été démis de leur position." Yingling a cité une autre raison expliquant l'expulsion de Rinder et Rathbun: lorsque Lisa McPherson est morte, ils ont commis des erreurs en tant qu'équipe juridique à Clearwater. "Malheureusement, on n'a découvert que plus tard l'étendue de leur sabotage. Ils ont été démis, et c'est nettement en rapport avec l'affaire de Lisa McPherson." L'église explique que l'agenda de Rathbun consistait à prendre le contrôle de la scientologie, en parlant de messa- ges signés "T. Paine", dont elle dit qu'il s'agit de Rathbun. L'un d'eux conclut que Miscavige ne mérite pas sa position en scientologie. Il n'y a été ni nommé, ni élu, ni appointé. Il l'a pris, tout simplement. Il est temps qu'on le récupère." Yingling ajoute: "Marty dit tout bètement qu'il veut prendre l'église et rectifier ce qui ne va pas, et que tout ce qu'il a à faire, c'est de se débarrasser de David, et de prendre son poste." Rathbun répond qu'il n'est pas l'auteur de ces messages, et l'administrateur du site web a confirmé au Times que c'est quelqu'un d'autre qui les a écrits. Tommy Davis explique que Rathbun provoque des dommages financiers à l'église, et que contre toutes les règles de celle-ci, il audite lui-même chez lui. "Je vais vous dire exactement, dit Davis: "C'est une question de fric, c'est tout. Il a filé, et il rameute de la clientèle pour son business. Il se sert de votre publication pour y parvenir." Davis et Yingling ont dit que l'expansion de l'église avait atteint des niveaux encore supérieurs depuis qu'ils avaient quitté. "Je représente l'organisation depuis plus de vingt ans, dit Yingling, et je n'ai jamais vu une telle expansion." La scientologie dit: "ce fut une renaissance." La scientologie a connu une ère d'expansion sans précédent, disent les porte-parole, qu'ils créditent à lactivité de Miscavige. Les matériaux de l'église ont été remis à jour et de nouvelles églises ont ouvert leurs portes. Tous les livres, matériaux et packs de cours du fondateur de l'église ont été traduits en 17 langues utilisées par les cibles du marketing scientologue. Neuf nouvelles églises ont ouvert depuis 2004, plus quatre centres plus petits, dont l'un se trouve en basse ville de St Petersburg [Floride] et de Plant city. Trois orgs ont ouvert cette année, Dallas, Nashville et Malmo (Suède), quatre autres doivent ouvrir avant la fin 2009 à Las Vegas, Rome, Bruxelles, Tel Aviv et Washington DC. A Clearwater, l'église a réouvert sa propriété fondamentale après 40 millions de dollars de travaux de rénovation. Lors du "Sommet OT" au Hall Ruth Eckerd de Clearwater, Miscavige a annoncé le sortie d'une nouvelle édition des 18 volumes de base de Hubbard. Utilisées en scientologie depuis un demi-siècle, Miscavige en a corrigé des milliers de pages au cours des trois années précédentes et a écouté une conférence d'Hubbard chaque nuit. Davis qualifie Miscavige "d'auteur de la
Renaissance", en réfutant les chiffres de "ralentissement" avancés par ceux qui
l'ont quittée. Le problème essentiel de leurs allégations réside dans le fait
qu'il ne colle pas avec l'expansion grandiose que nous avons vécue." Catalogue de confessions L'église prépare des dossiers de matériaux indexés comprenant les confessions effectuées par les mécontents pendant leur passage en scientologie . L'un des fondements de la scientologie explique qu'un individu qui admet et prend responsabilité pour ses mauvai- ses pensées et actes nocifs se sent libéré et joyeux. Les membres de l'église écrivent des confessions, qui vont dans des "dossiers d'éthique" censés rester secrets. Mais pour réfuter les affirmations que les "défecteurs" ont produites sur David Miscavige, les officiels de l'église ont décidé de cette mesure extraordinaire consistant à dévoiler une partie du contenu des dossiers. Les défecteurs y admettent des transgressions et congratulent leur chef. L'église indique que ces dossiers coupent court à la crédibilité de ceux qui attaquent Miscavige. Les défecteurs expliquent que les "confessions" se font sous pression, et qu'on est forcé d'en écrire pour survivre en Scientologie. Voici quelques éléments produits par l'église à
propos de ses anciens chefs.. Marty Rathbun L'église dit que Marty Rathbun est un menteur, un bulldog incompétent qui n'a cessé de saboter tâche après tâche. L'avocate de l'église Monique Yingling parle d'un "phénomène en scientologie", où l'accusateur attribue à d'autres les actes qu'il a commis, et elle prétend que c'est ce que fait Rathbun.
Mike Rinder
Amy Scobee
Tom de Vocht
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2ème partie du rapport spécial sur l'église de Scientologie
Dans la nuit qui suivit le décès de Lisa McPherson, le chef mondial de la scientologie fit passer un message à l'un de ses principaux lieutenants, lui disant d'attendre près d'une cabine téléphonique payante de l'Holiday Inn, l'un des hotels de Clearwater proche de la baie de Tampa. Lorsque Marty Rathbun répondit au téléphone qui sonnait, David Miscavige lui dit ceci; Qu'est-ce que tu fous ? Pourquoi tu n'es pas partout sur cette merde d'affaire? La police tourne autour. Fais quelque chose." "Oui, Sir, répondit Rathbun. McPherson, une jeune adepte de 36 ans apparamment en bonne santé, avait passé 17 jours dans une chambre sous garde des scientologues à l'hotel Fort Harrison de Clearwater. Les staffs scientologues avaient essayé de l'extraire de sa crise de nerfs, mais elle était tombée malade. Elle vécut ses derniers instants sur le siège arrière d'une camionette qui l'emmenait dans un hopital lointain. Son décès survenu le 5 décembre 1995 allait entraîner neuf années d'investigations, de procès et de couverture mondiale par les médias. Toujours vivante sur Internet, elle entache encore aujourd'hui la réputation de la scientologie. Pour la première fois, voici les faits relatés par l'un des cadres dirigeants de la scientologie - l'homme qui a dû directement gérer la façon dont l'église maniait l'affaire. Rathbun, qui quitta le personnel de la scientologie fin 2004, admet que lorsque les procureurs et les avocats préparaient le dossier en raison de la plainte de la famille de Lisa McPherson, il a détruit les preuves pouvant incriminer l'église quant aux "soins" qu'elle avait subis au Fort Harrison. Lui-même ainsi que d'autres anciens membres ayant quitté "l'église" dévoilent pour la première fois comment Miscavige était impliqué dans les traitements scientologues donnés à Lisa McPherson. Quelques semaines avant qu'elle ne pique cette crise, expliquent-ils, c'est Miscavige en peronne qui avait déterminé qu'elle avait atteint un état mental 'amélioré' que la scientologie défnit comme "Clear". Des années durant, Rathbun soutint mordicus que l'église n'avait rien fait de mal. Il déclare aujourd'hui que les soins apportés à Lisa McPherson furent une totale débâcle dès les premiers instants. Ce fut une "tempête inima- ginable d'irresponsabilité et d'incompétence de la part de l'église," "C'est impossible de justifier ça,". Il a déclaré que l'église était prète à payer n'importe quelle somme pour se débarrasser du procès. Il explique qu'il a envoyé un émissaire aux funérailles de Lisa McPherson à Dallas, avec la permission de donner à la mère de Lisa, Fannie McPherson, tout ce qu'elle demanderait. L'approche fut refoulée parce que la famille n'avait pas confiance en l'église. "Que ce soit une affaire d'argent ou autrement, on allait s'occuper de cette femme, c'était indispensable. Si elle voulait 5 millions de dollars, on lui donnait 5 millions." Les officiels de l'église disent que Rathbun est un déçu amer qui exagère son importance en scientologie et dont les motivations sont suspectes. Ils disent que Miscavige a démis Rathbun de son poste en 2003 en partie à cause de ses mauvaises décisions dans l'affaire McPherson. L'accord intervenu ensuite entre la famille McPherson et la scientologie interdit de fournir des éléments précis, explique Monique Yingling, avocate de la scientologie depuis très longtemps et amie de Miscavige. Elle continue à dire que Rathbun a bousillé l'affaire dès les débuts, et peut-être même, "qu'il a provoqué toute l'affaire". Un petit accrochage McPherson est entrée à 18 ans en scientologie à Dallas, où elle habitait alors. Elle travaillait dans une société de marketing tenue par des amis scientologues; la société déménagea à Clearwater en 1994 pour se rapprocher du QG spirituel de la scientologie, et McPherson les suivit. Le 18 novembre 1995, peu après 18 heures, elle conduisait sa Jeep Cherokee lorsqu'elle heurta une remorque à bateau stoppée sur l'avenue South Fort Harrison. Frénétique, Lisa McPherson jaillit de sa voiture, attrapa les épaules du conducteur qui tirait la remorque et demanda: "Où sont les gens? Où sont les gens?" Les pompiers lui demandèrent de ranger sa voiture sur les bas-côtés du Boulevard Belleview. Elle signa un papier disant qu'elle n'avait pas besoin de soins médicaux. Pendant que les officiers et les infirmiers s'occupaient d'autre chose, ils virent que Lisa s'était déshabillée, et qu'elle marchait le long de l'avenue. Ils l'emmenèrent à l'hopital Morton Plant où les médecins discutèrent de son admission pour évaluation psychiatrique, selon la "loi Baker de Floride". Mais la scientologie considère la psychiatrie et les médicaments psychiatriques comme nuisibles. L'église croit qu'elle peut offrir des traitements moins lourds et plus humains pour les problèmes mentaux de l'humanité. Tenant absolument à ce que Lisa McPherson ne reçoive pas de soins psychiatriques, une dizaine de scientologues se pointèrent à l'hopital et dirent qu'ils allaient prendre soin d'elle. Elle expliqua qu'elle acceptait de partir avec ses amis et signa son bon de sortie, malgré l'avis opposé d'un médecin. Les employés scientologues l'amenèrent au Fort Harrison où ils l'enfermèrent chambre 174, dans les petits bâtiments à l'arrière du bâtiment principal, un petit groupe de chambres moins formelles longeant la rue qui passe derrière l'hôtel. Quatre membres des "services médicaux" scientologues furent assignés à sa garde. Les staffs de plusieurs départements furent appelés à l'aide: comptable des salaires, employé de classement, secrétaire, chef du personnel, gardes de sécurité et deux libraires. L'officier médical qui supervisait l'ensemble pour l'église était Janis Johnson, une médecin n'ayant pas de licence valide pour exercer en Floride. Deux semaines d'affilée, ils tentèrent de calmer Lisa, de la nourrir et la soigner avec des médicaments. Un dentiste du staff scientologue, qui ne possèdait pas de licence valide en Floride, mélangeait de l'aspirine, du Benadryl, du jus d'orange, et propulsait le tout au moyen d'une seringue de gavage dans sa gorge. Les staffs ont conservé des rapports de ce qu'ils ont tenté. Essayant de calmer Lisa, une staff tente de lui faire ingurgiter de force trois capsules de valériane, mais Lisa les recrache. 'Mon idée de lui pincer le nez pour qu'elle soit forcée d'avaler tout en pouvant continuer à respirer par la bouche n'a pas vraiment fonctionné...", écrit-elle. Mc Pherson a giflé et hurlé contre ceux qui lui faisaent ces "soins". Elle bafouillait, vomissait ce qu'elle avalait. Elle a cassé le plafonnier, le miroir de la salle de bains; elle a sauté en bas de son lit, est tombée à terre, a couru dans toute la chambre. Elle est tombée en
méditation à propos d'une ampoule, expliquant "Il faut suivre la lumière, la
lumière c'est la vie". Le matin du 5 décembre 1995, Lisa avait perdu environ 8 kilogs. Johnson, la toubib de l'église, a téléphoné à David Minkoff, scientologue et médecin de l'hopital (lointain) de New Port Richey. Minkoff a dit qu'il fallait amener Lisa à l'hopital tout proche de là où elle se trouvait, l'Hopital Morton Plant de Clearwater Mais Alain Kartusinski, superviseur des procédés scientologues, a expliqué à Minkoff qu'il craignait qu'on lui donne des soins psychiatriques au Morton Plant, et Johnson assura le Dr Minkoff que l'état de santé de Lisa n'était pas catastrophique. Mais ils n'avouèrent pas à Minkoff que Lisa ne pouvait même pas tenir debout, que ses muscles ne répondaient plus. Que sa respiration était très difficile, son regard fixe et sans battements de paupières; ni que son visage était émacié, un signe de déshydratation sévère. Minkoff accepta de la recevoir. Les scientologues l'amenèrent, assise à l'arrière d'un van, à trois quarts d'heures de là, à l'hopital de Pasco, laissant de côté quatre autres hopitaux sur leur route. Il l'amenèrent aux Urgences dans un fauteuil roulant. Son pouls ne battait plus, elle n'avait plus de battements de coeur, et elle ne respirait plus. Minkoff constate son décès. Il appela Johnson et lui passa un savon. "J'étais choqué et carrément hors de moi, dira-t-il plus tard.
Je n'étais pas vraiment en état de chercher ce qui s'était passé. L'idée,
c'était plutôt de dire "mais comment oses-tu m'amener quelqu'un dans un tel
état ??" Le role de Miscavige La scientologie utilise une méthode unique de conseil qu'elle dénommée "audition". Dans une pièce calme, un "auditeur" pose des questions prédéfinies à une "paroissien" en surveillant une appareil électronique dénommé "électro-psychomètre" ou "électromètre" ou e-meter. Les scientologues disent qu'il y a une "charge" liée à des zones de bouleversements de la vie de la personne, comme des conflits de couple, ou un accident dans l'enfance. Lorsque ces sujets sont abordés, l'aiguille de l'appreil réagit. Quand on localise l'épisode perturbant, ça dissipe la charge et l'aiguille vogue aller-retour. La personne est censée aller mieux. Un des buts de tout cela est de "devenir Clear [Clair], un état où les images mentales négatives sont disparues, et dans lequel les scientologues disent que la personne serait débarrassée de toutes ses peurs, anxiétés, et pensées irrationnelles. John Travolta, Kirstie Alley et Tom Cruise font partie des stars qui ont vanté les bénéfices de la scientologie. Des "paroissiens" de divers pays viennent à Clearwater pour se faire auditer par les meilleurs. Des scientologues viennent pour les locaux luxueux et pour les auditeurs 'top-summum', les "Classe XII", dont les services, explique Rathbun, sont facturés à 1000 dollars de l'heure [environ 725 euros/h à la date du 22 juin 2009, mais moitié plus en 1995]. Mais en 1995, explique Rathbun, même l'église pensait que les Classe XII ne valaient pas ça. Ils étaient épuisés, leurs séances d'audition routinières et sans inspiration, un peu comme un médecin ne sachant pas discuter avec ses malades. "Ces gens sont tous en surpoids, ils sont obèses, ils ont des problèmes de dos, ils ne dorment pas assez, dit-il, et parmi les problèmes posés, j'ai réalisé que depuis 15 ou 20 ans, ce ne sont plus que des vaches à lait - des tiroirs-caisses" Il ajoute: "On les trait à longueur de journée."” Rathbun et d'autres disent que Miscavige était à Clearwater en 1995 pour lancer "L'âge d'Or de la Tech", une initiative destinée à améliorer la qualité et la précision de l'audition effectuée à la "Mecque scientologue." Rathbun explique qu'on l'avait assigné à l'assister. Miscavige devait surveiller par vidéo les séances d'audition depuis la pièce de contrôle qui permet de surveiller un nombre de salles d'audition. L'une des personnes auditées était Lisa McPherson. "Il regardait toutes les séances où elle se trouvait et disait 'Faites ceci, faites cela, etc.', explique Tom de Vocht, un des grands chefs de l'église de Clearwater, parti depuis, et qui communique publiquement pour la première fois. Le dossier contenant les rapports de séances de McPherson faisait des aller-retours entre la pièce d'audition et le bureau de Miscavige, explique de Vocht, dont le bureau était à côté de celui de Miscavige, font il avait aidé à rénonver les quartiers. Don Jason, qui était à l'époque également un officier de haut rang de Clearwater, dit avoir vu Miscavige poser ses écouteurs et dire que Lisa avait atteint l'état de Clear lors d'une séance précédente. Jason, 45 ans, dit avoir vu Miscavige écrire une note à l'auditeur de Miss McPherson, pour informer cette dernière de ce nouveau statut de "Claire". Les scientologues qui sont "clairs" ne piquent pas des crises, explique Jason, si bien que lorsque l'un d'eux pique sa crise, c'est un "énorme problème". Les officiels de l'église disent que Jason et de Vocht ont tort. "Je peux vous dire que c'est outrageusement, absolument faux", ajoute Anne Blankenship, administratrice importante à Clearwater de 1996 à 2003. "J'étais là. Le président du Conseil (Miscavige) n'était pas même à la base à terre de Flag à cette époque. Il ment. Ça ne s'est jamais produit." Yingling et le porte-parole Tommy Davis disent aussi que Miscavige n'était pas à Clearwater à l'époque, ils disent posséder les minutes des réunions auxquelles il participait en Californie pour le prouver. Ils mettent également en doute que de Vocht et Jason, près de 14 années plus tard, puissent se souvenir de quoi que ce soit à propos d'une femme qui n'était qu'une simple "paroissienne". Jason, explique que le moment lui est resté gravé parce que les staffs ont besoin d'un entraînement spécial et d'une reprise de leurs connaissances pour être capables d'identifier le moment où quelqu'un devient "clair". Alors, ça m'a frappé, je me suis dit "Oh là, Miscavige a ces connaissances-là ?" "C'est pas seulement ça, dit Jason, qui a quitté l'église mais pense encore que la scientologie a du bon: j'étais tout près de lui à sa droite quand ça s'est produit." "C'est énorme, a dit de Vocht en expliquant l'implication de Miscavige: impossible de l'oublier." De Vocht explique avoir travaillé de près avec Miscavige à l'époque. Il dit que Miscavige était obnubilé par McPherson du fait qu'il y avait des problèmes dans ses auditions et qu'elle était l'amie d'une adepte scientologue de grande importance. Il dit avoir vu Miscavige écouter et regarder les séances d'audition de McPherson par la vidéo et annoter son dossier d'audition. "Je l'ai vu de mes yeux, dit de Vocht: pas mal de gens le surveillaient aussi." Les représentants de l'église disent qu'il n'y a aucune note de Miscavige dans les dossiers de McPherson. De toute façon, disent-ils, Miscavige était qualifié pour surveiller le cas de McPherson s'il le voulait. "C'est un expert dans tous les domaines," dit Jessica Feschbach, une porte-parole de l'église. Rathbun se souvient avoir croisé une fille sortant brusquement d'une salle d'audition du Fort Harrison. "Elle criait "Wouah, wow", elle hurle", disait-elle. Elle parlait de McPherson à qui on avait annoncé qu'elle était claire. C'est en septembre 1995 qu'une cérémonie célébrait l'évènement au Fort Harrison. Mi-novembre, elle était de retour, bafouillante, en compagnie de ses soignants... Le Processus d'introspection - "Introspection rundown" Lorsque Rathbun apprit le décès de Lisa, il interviewa 15 ou 20 scientologues ayant pris "soin" d'elle. "C'était comme traverser la zone d'une catastrophe. Ils étaient littérallement dévastés. Certains portaient des griffures et des coups donnés par Lisa. Tous étaient complètement désespérés parce qu'on allait les rendre coupables d'avoir fait une erreur. Ils avaient raison, explique Rathbun. Tout avait été fait de travers; je ne peux pas vous dire l'énormité des crimes techniques que ça représentait, en termes scientologues. Les gens avaient donné un "Rundown d'Introspection" à McPherson, une procédure créée par le fondateur de la scientologie, Ron Hubbard. Le but consiste à suffisamment isoler et calmer un psychotique pour pouvoir l'auditer. On doit garder la personne au calme, en silence, avec personne dans les parages qui rsiquerait de "restimuler" les images mentales pouvant la bouleverser. Mais des employés de l'église sont venus dans la chambre de Lisa, ainsi que les gardes, avec leurs talkie-walkies, explique Rathbun. Une staff pleurait dans un coin. D'autres maintenaient Lisa pour essayer de lui donner des médicaments et la nourrir. Au lieu de se calmer, Lisa était de plus en plus agitée et auto-destructrice au cours de ces 17 jours. Rathbun dit avoir participé à plusieurs rundowns d'introspection, mais qu'aucun n'a demandé plus d'une journée ou deux. Il dit que pour lui, il est clair qu'elle a subi de l'out-tech, le terme scientologue pour désigner une pratique scientologue incorrecte. Rathbun avait un autre problème: Kartuzinski, le superviseur des cas [ndt: c'est un ancien scientologue français formé à Paris dans les années 70] et Johnson avaient menti à la police. Ils avaient dit à la police que Lisa n'avait pas subi de rundown d'introspection, et que son séjour était tout à fait ordinaire. "C'est dans ce foutoir que j'avais mis les mains, explique Rathbun. J'avais là deux faux témoignages sous serment faits à des agents de la force publique, en plus de la façon effarante dont les scientologues avaient manié Lisa McPherson. C'était vraiment un mélange de n'importe quoi, dit Rathbun; sa première idée d'instinct, c'aurait été de faire quelque chose de complètement différent de la norme. "Vraiment, je souhaitais être dans une position où j'aurais simplement pu suivre mon coeur. Et en 1995, mon coeur me disait "Je vais chez le State Attorney [poste à peu près équivalent au "procureur+juge d'intruction" en France] et je lui dis "Il y a eu un accident terrible...c'est de notre faute..." Mais ce n'était pas ça qu'on apprenait dans les jeux de rôle scientologues. Rathbun avait alors près de deux décennies d'immersion dans la culture scientologue: "Quand on subit le siège, on serre les rangs et on n'admet jamais la moindre erreur." Il dit avoir écrit un rapport interne concluant à des erreurs dans les procédures de l'église, mais que celles-ci n'avaient pas contribué au décès de Lisa McPherson. Il a mis le
rapport dans une grande enveloppe qu'il a scellée de la façon qu'il avait
apprise en débutant, quand on maniait la correspondance d'Hubbard. On coupe dans
le joint de l'enveloppe au rasoir, eton colle du scotch dessus pour que personne
ne puisse l'ouvrir sans déchirer l'enveloppe. Et l'enveloppe partit pour la base
californienne. Mais à la mi-décembre 1996, des détails de l'enquète effectuée par la police de Clearwater furent transmis aux journalistes. Un rapport de l'autopsie de Lisa McPherson signé de la Médecin Légiste en chef Joan Wood du Comté de Pinellas-Pasco concluait que Lisa McPherson était morte d'une embolie pulmonaire au poumon gauche, causée par "repos alité prolongé et déshydratation sévère." Rathbun coordonna la réaction publique scientologue, dont il avoue maintenant qu'elle commence par des mensonges. Les porte-parole de l'église disaient que Lisa McPherson se trouvait au Fort Harrison pour du repos et de la relaxation. Ils disent qu'elle pouvait aller et venir comme bon lui semblait. Ils niaient qu'elle ait reçu un Introspection Rundown. McPherson était soi-disant "tombée soudain malade" et participait aux décisions sur les soins qu'on lui prodigait, disaient les officiels. Sa mort résultait d'un enchaînement malheureux mais sans lien avec ce qu'elle faisait en scientologie. La Docteure Woods parla, expliquant que son autopsie contredisait les dires de l'église. La légiste vétéran expliqua qu'il n'y avait rien d'accidentel ni de soudain dans la mort de Lisa. Son état s'était graduellement détérioré depuis une dizaine de jours, et elle était vraisemblablement inconsciente vers la fin. L'église porta plainte contre Wood afin de pouvoir accéder à ses rapports. Un avocat scientologue la traita de "Menteuse, menteuse, menteuse, menteuse, haïssable menteuse." La famille de Lisa McPherson porta plainte contre l'église pour homicide. Et l'office du State Attorney de Pinellas-Pasco enquèta pour déterminer s'il fallait poursuivre au pénal. Destruction des preuves Début 1997, alors que les enquèteurs approchaient, Rathbun réunit le personnel de l'église dans les bureaux californiens d'Hollywood. Ils ratissèrent les rapports quotidiens remplis par les soignants au cours des 17 journées passées au Fort Harrison. Trois des documents gènaient particulièrement Rathbun. L'un d'eux parlait d'une référence sexuelle bizarre
de McPherson. Un autre, que personne n'avait pensé à ôter un miroir de la d'une
chambre d'une psychotique encline à se blesser exprès. Le troisième, l'opinion
d'un des soignants qui disait que selon lui, on ne contrôlait plus du tout la
situation, et qu'il fallait que Lisa voit un médecin. "Je leur ai dit "Perdez-les, et partez", ajoutant que la décision de les détruire était bien la sienne. “Personne ne m'a dit de le faire, et je l'ai fait. Maintenant, la vérité, c'est la vérité, je le confesse, et je crois vraiment que c'est quelque chose qui fait davantage de tort à l'église que ça a fait de tort aux gens qui voulaient obtenir des dommages." Mais c'est ainsi, et je sais qu'en tout cas, c'est potentiellement un crime." Lors d'un entretien récent, le State Attorney Bernie McCabe a dit qu'il était évident que les rapports manquaient, parce que l'église avait fourni des entrées pour chacune des journées, sauf les deux dernières avant le décès. C'est le "sixième sens" de McCabe qui lui disait que l'église cachait quelque chose. "Poursuivre Rathbun, ce n'est pas une option, car la destruction de preuves est caduque sur le plan pénal au bout de trois ans, dit McCabe, on ne peut plus le faire." Le stress croît Le 13 novembre 1998, l'office de McCabe poursuivait l'entité "église de scientologie" de Clearwater pour deux délits: négligence criminelle et exercice illégal de la médecine. L'église était désormais face à un possible procès et des témoignages embarrassants aussi bien au pénal qu'au civil. Miscavige delégua le maniement des avocats et des journalistes à Rathbun et au chef mondial des porte-parole Mike Rinder. Mais le chef de l'église gardait les choses sous son contrôle, travaillant à fabriquer le message scientologue depuis l'arrière-scène. Rathbun révèle qu'alors que lui-même et Rinder menaient les entretiens téléphoniques, Miscavige était souvent à leurs côtés, ordonnant ce qu'il voulait faire passer et gesticulant s'il croyait qu'ils n'avaient pas pigé. Parmi les problèmes juridiques essentiels du procès pour homicide lancé par la famille de Lisa, il y avait la question de savoir si l'on pouvait ajouter Miscavige comme défenseur. Les avocats de l'église arguèrent que ce n'était pas possible parce qu'il ne s'occupait que des affaires écclésiastiques. La famille contra en disant qu'il exerçait un "management de très près" sur toute la scientologie. En décembre 1999, un juge de Tampa estima qu'on devait ajouter Miscavige au procès. Pour le chef de l'église, "ce fut un énorme point de rupture," explique Rathbun. “C'était le Boum des Boums, il risquait d'être pris en déposition, son nom allait être mèlé au procès. Il est devenu de plus en plus antagoniste, violent, irrationnel." William C. Walsh, a Washington, D.C., avocat spécialiste en Droits de l'homme à Washington, qui représenta la scientologie, prétend que c'est aller chercher trop loin. ” Je connais bien Dave Miscavige, je le connais depuis décembre 1999, et même depuis avant, dit Walsh. Et je n'ai vu aucn chagement dans sa manère d'être lorsqu'il a été nommé comme défendant dans le procès. Il n'est pas devenu plus antagoniste, ni plus violent. Et il n'a jamais été irrationnel." Yingling relate: "Il n'était pas content d'être défendant. C'est vrai. Mais il a pris la chose comme le reste de ce qu'on trouvait dans le procès." Rinder autant que Rathbun se souviennent d'une après-midi au troisième étage d'un petit bureau qui domine l'avenue Fort Harrison Avenue North, et disent que Miscavige a attaqué Rinder. Ils racontent qu'il lui hurlait des obscénités, le brutalisait en lui serrant le cou, en lui tordant la nuque et qu'il l'a jeté à terre. Rinder explique que parmi les
douzaines d'assauts qu'il a subis de Miscavige, celui-là avait été le plus
douloureux. Le cou coincé dans cette prise, Runder se souvient d'une pensée familière en pareil cas: Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? Si Miscavige vous passe un savon, ou pire, qu'il vous frappe physiquement, "vous commencez par vous demander ce que Vous avez bien pu Lui faire, dit Rinder, et c'est ça, son truc pour frapper: qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire qui mériterait ça?" |
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High-ranking defectors
provide an unprecedented inside look at the Scientology leader David Miscavige is the focus of this special report from the St. Petersburg Times. Former executives of the Church of Scientology, including two of the former top lieutenants to Miscavige, have come forward to describe a culture of intimidation and violence under David Miscavige. These former Scientology leaders served for years with Miscavige.
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LA SCIENTOLOGIE DANS LES MÉDIAS
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Un must: "Ron Hubbard, le gourou démasqué" Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de la scientologie. On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice. Il est disponible en format pdf ou html sur notre site. Nous avons également publié une version résumée.
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