- LA
KABBALE ET LES STARS
-
- Une
nouvelle secte qui séduit les stars
-
-
- Madonna
à la défense de Tom Cruise
(www2.canoe.com
31.10.05)
-
- Madonna incite Britney Spears à soutenir une secte
(17
août 2005)
-
- Un
journaliste reçu au siège américain
de la Kabbale ("Le Monde
2", 4 mai 2005 par Samuel Blumenfeld)
-
Madonna and Tom Cruise are two of the entertainment
industry's most vocal religious zealots. According the the Drudge
Report, Madonna says "we're all going to hell" if
we don't change our "wicked behavior", and that we are "enslaved
... by the
material world." She doesn't explain how she's going to get rid of her own
trappings of the material world. What is she going to do with her expensive
designer wardrobe, her luxury autos, her $500 beauty creams, or her several
mansions ? According to her logic, she better get rid of them all or else Crazy
Old Aunt Esther
is
going to end up having eternal afternoon tea with Beelzebub (source : Gallery
of the absurd)
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La kabbale est à Madonna
ce que la
scientologie est à Tom Cruise
Bimbo porno des années 1980, rentière
has been des années 1990, puis kabbaliste branchée de ce début de XXIe siècle,
Madonna Louise Veronica Ciccone, dite Madonna, a récemment cédé à la mode de
l’adoption d’enfants par des stars. A quarante-huit ans, l’icône gay devient
tiers mondaine.
Elle est loin l’époque où «touchée pour la toute première
fois», Madonna (pas Jeanne Mas) se gondolait à Venise avec un crucifix entre
les seins et quelques raies sous les ponts. Le clip de Like a virgin
premier succès interplanétaire de la madone, laissera des souvenirs émus
autant qu’humides à toute une génération d'adolescent(e)s qui voyaient
s’installer là et pour longtemps à la tête des hit parades une jeune femme peu
farouche et déterminée. C’était l’époque du Top 50 du regretté «petit clou»
Marc Toesca, où le jeune mais déjà carriériste J.-J. Goldman enfilait des tubes
et David et Jonathan des amis à eux.
Madonna débarquait à l’époque dans un
milieu qui parlait tout juste «clips vidéos» et où Michael Jackson fréquentait
sans crainte une ribambelle d’enfants qui achetaient par paquets d’un million sa
redoutable musique. Madonna fut d’abord une bombe sexuelle. La musique dite
«rock» n’en a jamais manqué, mais avec elle, on passait un cran au dessus. La
légende voulait qu’elle ait débuté par quelque film porno, dont on peut sans
doute encore trouver trace sur Internet aujourd’hui. Sylvester Stallone, lui
aussi, avant d’incarner le très « bushien » héros Rambo, avait commencé dans le
X, avec un surnom aiguisé : «l’étalon italien». Alors, pourquoi pas Madonna ?
Qu’elle n’ait pas avalé que des couleuvres pour pénétrer le métier ne faisait
pas d'elle une pestiférée, loin s’en faut. Elle rendra d’ailleurs bien plus tard
un hommage à son «introduction» par les bourses en prénommant son fils Rocco.
Les années 1980 furent synonymes de triomphe pour la madone, y
compris au cinéma, ou un petit navet comme Recherche Susan désespérément
trouva son public parmi les fans, immensément nombreux, de la chanteuse.
Shanghaï surprise et Who’s that girl, qui suivirent, toujours
aussi navets, ne remplirent pas les salles. Mais rien qu’au niveau du disque, la
wonder woman vendit quelque 84 millions de copies de ses albums, rien que ses
albums ! Ce que Mireille Mathieu, qui chantait La Marseillaise
récemment chez Fogiel, a réussi à vendre en quarante ans (ou cinquante) de
carrière. Pour situer.
Les années 1990 virent la body buildée culminer à 70
millions d’albums vendus, un gros chiffre, mais qui traduit mal pourtant une
certaine baisse de régime de l’Américaine. Comment dire, dans les années 1990,
gonflées de cynisme et de noirceur, la provocation érotique ne faisant plus du
tout recette, Madonna fut moins présente, dut revoir sa copie, au point de
s’essayer au rôle historique sur grand écran, en endossant les habits d’Eva
Peron, loin de Rocco Siffredi, vous en conviendrez.
Réduire une chanteuse à un
seul style n'est pas très élégant, j’en conviens, et Madonna n’est pas qu’un
porte-jarretelles, un string ou quelques suggestifs mouvements du bassin. Elle
n’est pas juste cette chanteuse performeuse qui se frotte longuement contre ses
danseurs, si possible de couleur, bâtis comme les Village people. Non, bien sûr.
Mais elle n’est pas non plus Eva Peron.
Quand une carrière fléchit, bat de
l’aile, quand on n’est plus à la mode (le grunge est loin du style de la madone,
en ce début des années 1990), on se raccroche à ce qu’on peut.
L’âge aussi
venant, la star délaisse ses habits de prêtresse du sexe pour enfiler ceux de
«l’artiste», comme dirait Michel Drucker. Certains la découvrent alors
«émouvante», «intelligente», «crédible», qualificatifs dont on affuble
systématiquement les stars qui ne sont plus à la mode.
Pour compter à nouveau, Madonna se tournera vers la France, qui
lui avait offert dans le passé une paire de seins coniques devenus
célébrissimes, et fera appel à quelques maîtres-d’œuvre de la musique qui fait
bouger les jambes et tourner les seins, j’ai nommé Mirwais et aujourd’hui
Jacques Lu Cont, des Rythmes Digitales. L'ex-taxi girl Mirwais lui ouvrira à
nouveau les portes du paradis financier avec l’album Music, salué même
par Les Inrocks, ce Télérama bobo (pléonasme ?). Star à nouveau, mais
citoyenne avant tout, la madone se permettra même de jeter une grenade sur son
président aujourd’hui ratatiné, W, dans un clip illustrant la chanson
American Life. Pas la première fois que la star prend «position» et
«revendique», même si ce genre d’agitation ne sert à rien qu’à soigner
l’attitude. Son dernier album s’appelle Confessions of a dance floor,
où il est surtout question de dance floor, peu de confession. Quoique...
- Depuis quelques années, Madonna agrémente ses spectacles de
- messages « kabbalistiques » au strict sens du terme.
La kabbale est à elle ce que la
scientologie est à Tom Cruise et Katie Holmes : une raison de vivre.
Qu’est-ce
que la kabbale ? Une tradition philosophique et ésotérique juive. C’est
Wikipédia qui explique : «Le Baal Soulam, kabbaliste, et commentateur du Zohar,
en donne la définition suivante : "Cette sagesse n’est ni plus ni moins que
l’ordre des racines, descendant à la manière d’une cause et de sa conséquence,
selon des règles fixes et déterminées, s’unissant au nom d’un but unique et
exalté, décrit par le nom révélation de Sa Divinité à Ses Créatures en ce
monde"».
Qu’est ce que Madonna vient faire là-dedans ?
Un coup de moins
bien ? Une mauvaise chute ? Trop de soleil ? L’abus de testostérone ? Une
ampoule à changer ? Quand on regarde la liste des vedettes qui adhèrent à cette
sagesse, on comprend mieux lengouement de Madonna : des lumières aussi
«sages» que Britney Spears, Victoria Beckham ou Geri Halliwell sont dans
l’équipe. Une équipe de vainqueurs.
Tout cela sent bon la scientologie et la
bande de célèbres bouffons qui dînent à sa table, les dents alignées et bien
blanches, adeptes de cette secte dont l’Amérique ose faire une religion et qui
n’est qu’un mouvement pour l’instant inoffensif de quelques agités profiteurs
mais potentiellement à risque.
Que Madonna emprunte la kabbale, on s’en fout un
peu, qu’elle en parsème allègrement ses spectacles, en allant même jusqu’à
inciter ses fans à s’intéresser au mouvement, c’est autre chose. Une sorte de
manipulation, d’endoctrinement. Loin du show business.
Loin du show business aussi se trouve le Malawi.
Ce petit Etat
africain, qui compte autant d’habitants que Paris (dix millions) a été choisi
par Madonna comme lieu de naissance de son troisième enfant. Après Lourdes
(sic) et donc le bien nommé (on le lui souhaite) Rocco, Madonna a
choisi de passer la troisième, mais sans effort, en adoptant. Et en adoptant un
petit Malawite, parce que sur le marché c’est tout ce qu’elle a trouvé de
satisfaisant, peut-être. Comme d’autres grandes stars avant elle (Mia Farrow,
qui a adopté une dizaine d’enfants de différents pays, Meg Ryan, Ewan Mc Gregor,
plus proche de chez nous, enfin en Belgique, Johnny et Laeticia), miss Madonna a
décidé de tendre la main à ces pauvres populations sans moyens pour éduquer et
élever leurs enfants convenablement.
Sainte madone s’est donc déplacée au
Malawi, avec ses 4X4 un peu polluants et ses gardes du corps un peu
envahissants, a dansé pour les caméras avec les gens du coin, sympas et contents
de voir les micros, a serré les mains, les bras, embrassé les joues et rempli
les yeux de quelques enfants comblés de rencontrer enfin celle qu’ils ne
connaissaient pas la veille, et puis huit jours plus tard, ayant rassasié son
envie d'exotisme, la chanteuse est repartie avec sa cour.
Sans le bébé qui
n’avait pas ses papiers.
Il arrivera finalement plus tard à Londres, le temps de
prévenir suffisamment de photographes pour couvrir l’évènement. Une affaire vite
faite bien faite, le petit David allait pouvoir s’éclater avec son frère, sa
sœur, Guy Ritchie et tutti quanti. Mais au Malawi, d’un seul coup d’un seul, les
dents se sont mises à grincer. Et certaines associations qui s’opposent aux
adoptions « sauvages » et imposent aux demandeurs de résider au Malawi au moins
dix-huit mois avant de pouvoir adopter, et de répondre à une enquête permettant
de savoir si l’enfant sera placé entre de bonnes mains, ont critiqué les
méthodes de la material girl.
Madonna n’a pas respecté ces règles. Le père du
garçon, lui, qui au départ ne voyait pas de mal à ce que la star américaine
élève son enfant, affirme aujourd’hui qu’on lui a menti, que l’enfant n’était
pas si adoptable que ça, qu’il avait une famille, ou au moins une
grand-mère ... Au Malawi aussi, on apprend vite ce qu’argent veut dire, ce que
procès peut signifier, ce que rapporter veut dire.
Alors Madonna, victime d’une cabale ? C’est ce qu’elle dit, bien
sûr. D’un autre côté, quand on connaît le parcours du combattant, long et dur à
vivre que représente le processus d’adoption pour des milliers de parents dans
le monde, toutes les démarches qu’il faut faire, répéter, pour s’entendre
souvent signifier un refus, on peut comprendre aussi l’agacement de certaines
associations, qui estiment que, Madonna ou pas, elle doit passer par les mêmes
obligations que les autres avant d’être déclarée «apte».
Certains affirment
même qu’aujourd’hui ils ont un problème avec «la morale» de l’icône gay.
Beaucoup de bruit pour pas grand-chose, bien sûr, ça ne vaut pas le mariage
scientologue de Cruise et de Holmes évidemment, ou le récent divorce de Britney
Spears, mais bon, c’est tout de même le premier évènement mondial qui secoue le
Malawi, passé de l’anonymat complet aux pages de Voici, Paris
Match et Gala, The Sun et The Daily Mirror.
Vingt ans après le Live Aid, Madonna a sans doute cru qu’elle
pourrait prélever en Afrique un enfant sans que ça se voie. Raté. Elle aurait dû
suivre la méthode Hallyday et passer un coup de fil à Jacques Chirac, qui n’a
sans doute pas oublié sa petite culotte. Bernadette, elle, doit s’en souvenir. |
La conversion de Geri Halliwell
Geri Halliwell fait partie de la
Kabbale
- www.lecinema.ca
- 24.10.2006
- [Texte
intégral]

Selon la publication britannique Daily Express, Geri Halliwell a
trouvé un peu de réconfort dans la religion de la Kabbale.
L’ex-Spice Girl doit être forte pour réussir à vivre comme mère
célibataire.
Une source a confié : « Geri a été introduite à la Kabbale par
Victoria Beckham il y a un an. Elle est réellement devenue impliquée depuis
qu’elle a été enceinte. Ce fut une grande source de solidité pendant sa
grossesse et les mois qui ont suivi. »
La jeune femme de 34 ans serait bien contente que sa petite fille Bluebell Madonna soit intéressée par les
enseignements de la Kabbale. Lorsqu’elle sera en âge, la star compte
bien l’amener aux rencontres.
Sa nouvelle religion aide la star à rester calme. Elle n’a pas agressé sa
gouvernante après qu’elle a trouvé sa progéniture qui était couverte de bleus.
La Kabbale pourrait aider à rapprocher Geri Halliwell et Sacha Gervasi,
le père de son enfant. |
-
- Madonna veut acheter une maison en
Israël
- sur le passage attendu du
Messie
- AFP, 3 mars 2006
- [Texte intégral]
La superstar américaine Madonna souhaite
acheter une maison dans la localité israélienne de Rosh Pina, où le Messie est
supposé passer à la fin des temps selon la Kabbale, a indiqué vendredi le
quotidien Yédiot Aharonot.
Selon le journal,
la propriétaire de cette maison centenaire de cinq pièces, qui surplombe le lac
de Tibériade (Galilée), a récemment été contactée à cette fin à plusieurs
reprises par les représentants de la vedette.
De même source,
Madonna voudrait transformer cette demeure en centre d'études des textes
mystiques juifs de la Kabbale. Le principal de
ces textes, le Livre du Zohar ("Splendeur" en hébreu), a été rédigé au
cours du XIIIème siècle en Espagne, et a la réputation de pouvoir faire perdre
la tête à ceux qui se plongent dans ses mystères sans une formation
préalable.
Madonna a
récemment décidé de se faire appeler Esther, et observe le shabbat, le repos
hebdomadaire sacré de la religion juive.
En septembre 2004,
elle a participé en Israël à une retraite mystique de quelques jours consacrée à
la Kabbale très médiatisée.
Un de ses
récents titres est la chanson intitulée "Isaac", du nom du célèbre
kabbaliste Rabbi Isaac Louria (1534-1572), surnommé Ari (le lion) qui fit de
Safed au 16ème siècle, où il est enterré, le grand centre de la
Kabbale. |
-
- Madonna incite Britney Spears à soutenir une secte
-
- MTV,
17 août 2005 par Pierre Stirner
- [Texte intégral]
-
- Madonna a persuadé Britney Spears de donner 32 000 $ (26 000 €) aux leaders
de la secte juive mystique Kabbalah, afin que le bébé dont la star de Toxic va
accoucher puisse être accepté au sein de cette religion controversée.
-
- Britney Spears, âgée de 23 ans, devrait donner le jour à son premier enfant
le mois prochain, et a donc donné de l'argent pour Spirituality for Kids, un
club Kabbalah pour enfants, à la demande de Madonna, son mentor.
-
- La Material Girl est la fidèle la plus célèbre sur la planète de cette secte
mystique inspirée du Judaïsme, et elle a usé de son influence afin de recruter
des fidèles pour ce groupe.
-
- Selon une source qui aurait informé le quotidien britannique The Daily Mirror
: "Britney a fait ce don charitable le mois dernier. Madonna lui avait suggéré
qu'elle le fasse au profit de Spirituality For Kids parce qu'elle croit que
c'est fantastique.
-
- Elle lui a dit que de mettre son bébé sous la protection de Kabbalah dès que
possible ne pourrait être que très bénéfique à toutes les personnes impliquées
dans l'éducation de l'enfant. Britney Spears pense que Madonna est un modèle à
suivre, et il ne lui viendrait jamais à l'idée de remettre en question un de ses
conseils".
|
-
- Britney Spears quitte
la Kabbale
- "mon bébé est ma religion"
- La Pop
star a jeté le fil rouge qu'elle portait au poignet, symbole du mouvement de la
kabbale.
- Son bébé comble son besoin de spiritualité.
-
| |
 Britney Spears (Sipa)
| Enceinte pour la seconde fois, la chanteuse américaine
annonce sur son site officiel qu'elle a quitté le mouvement de la kabbale.
Britney, qui vient tout juste d'avouer sa deuxième grossesse alors qu'elle
est déjà maman d'un enfant de 6 mois, vient d´annoncer sur son site officiel
qu´elle ne faisait désormais plus partie du mouvement de la kabbale: "Je
n'étudie plus la kabbale, mon bébé est ma religion". Sa déclaration tombe alors
que la chanteuse est toujours l'objet d'une enquête des services de l'enfance
américains.
Il lui est reproché d'avoir conduit sa voiture avec son bébé de 6
mois sur les genoux et d'avoir négliger la surveillance de son petit Sean, tombé
violemment quelques semaines après de sa chaise haute.
Le thème du
kabbalisme, repris par nombre de nouveaux mouvements religieux, connaît une
certaine notoriété auprès des personnalités du show-business mais est dénoncé
comme imposture par les initiés traditionnels.
|
-
- Selon le site contactmusic, Madonna aurait été promue au plus haut grade de
la Kabbale qu'il est possible d'obtenir pour une adepte non ordonnée dans cette
très controversée religion ...
-
- La chanteuse aurait été consacrée par onction au cours d'une cérémonie
secrète menée il y a quelques jours par Rabbi Berg, le grand gourou de ce
mouvement mystique : "Ses enseignants pensent qu'elle a atteint le summum de
la compréhension spirituelle. Et pour Madonna, cela représente le plus important
accomplissement de sa vie."
-
- Moins spirituel et plus matériel, surtout pour ses fans, la chanteuse
s'apprête par ailleurs à faire son grand retour aux affaires musicales en fin
d'année. Très inspirée par les groupes britanniques Franz Ferdinand et The
Darkness, la Madone devrait sortir dans quelques mois un nouvel album aux
influences très rock.
-
- (JG)
|
-
-
- Agence News , 4 février 2005 par Véronique Juneau
- [Texte intégral]
-
- Madonna n'a pas hésité à couper les liens avec Debi Mazar, autrefois sa
meilleure amie, lorsque celle-ci a exprimé ses doutes face à la Kabbale. Et la
ferveur de la star pour la mystique juive est telle, qu'elle n'adresse
maintenant plus la parole ni à son frère Christopher Ciccone, longtemps
partenaire en affaires, ni à Martin, Anthony, Paula, Melanie, Mario et Jennifer
Ciccone, ses autres frères et sœurs.
-
- Madonna, qui a récemment changé son nom pour Esther, ne laisse désormais
entrer dans son cercle d’amis, que des adeptes de la Kabbale. Initiée au
mouvement depuis quelques années, l’artiste consacre désormais tout son temps à
sa quête spirituelle, et n’accepte aucune critique vis-à-vis de cette
philosophie juive, considérée comme une secte en France, et dont l’engouement a
contribué à enrichir les coffres du Kabbalah Center de New York de plusieurs
millions de dollars.
|
-
-
-
- www.topchretien.com
, novembre 2004
-
- par Julien Dumont
-
- C'est le nouveau mouvement à la mode. Aux
Etats-Unis, le Centre d'étude de la kabbale est en passe de détrôner la
Scientologie. En France, l'organisation, qui attire les stars du showbiz et leur
fortune, est sous surveillance.
-
- Dans une société aujourd'hui de plus en
plus éprise d'ésotérisme et demandant toujours plus de réponses à des questions
qui n'en ont pas forcément, certains ont flairé le bon filon. C'est dans le
petit monde des célébrités, un milieu où l'on « se perd », semble-t-il, plus
facilement qu'ailleurs, que le credo fonctionne le mieux. Pour preuve,
l'extraordinaire développement d'une organisation, fortement décriée,
s'inspirant des textes les plus mystiques du judaïsme, le Centre d'étude de la
kabbale.
-
- Même la puissante Eglise de scientologie vacillerait face à ce
nouveau mastodonte. La rock star Madonna, qui se fait dorénavant appeler Esther,
en assure une promotion de tous les instants, comme lors de ses
concerts-événements au Palais omnisports de Paris-Bercy début septembre. De la
chanteuse Britney Spears à l'actrice Elizabeth Taylor en passant par le couple
Beckham ou Demi Moore, elle attire dans son sillage une myriade de stars qui
portent toutes au poignet le bracelet rouge, emblème du mouvement.
-
- Plus de 4
millions de personnes se seraient intéressées à cette philosophie, qui a
implanté des antennes dans 40 pays et génère des dizaines de millions d'euros de
chiffre d'affaires. Pour ses détracteurs, le Centre d'étude de la kabbale, créé
aux Etats-Unis en 1962 par un agent d'assurances qui s'est renommé pour
l'occasion Philip Berg, n'est en effet rien d'autre qu'un immense business
mondial, non sans danger pour ses adeptes.
-
- Les organisations officielles
juives mettent en garde la communauté à ce sujet et d'anciens adeptes se
plaignent de pressions financières excessives, dénonçant même pour certains une
forme de charlatanisme. C'est bien là le plus grave. Car si, parallèlement à ses
enseignements, le Centre d'étude de la kabbale recrute en effet de gentils
bénévoles et vend toute une série de produits dérivés : livres du gourou,
tee-shirts, médaillons, certains de ses préceptes peuvent pour le moins
perturber les plus fragiles. « La mort n'existe que pour confirmer qu'elle
n'existe pas », « aucun médecin n'a jamais soigné personne » : Philip Berg a
parfois des formulations inquiétantes.
-
- « Son aspect spirituel
n'est qu'un prétexte »
-
- En France, la mission interministérielle
de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) enquête et a
demandé à différents services (renseignements généraux, Education nationale...)
de faire remonter le maximum d'informations à son propos.
-
- A Paris, l'Unadfi,
le centre d'accueil, d'étude et de documentation sur les mouvements sectaires, a
déjà recensé deux victimes françaises. Une mère de famille, dont les enfants
s'inquiètent qu'elle dilapide tous ses biens au profit du Centre de la kabbale,
et une étudiante de 26 ans, qui, après ses premiers cours d'initiation, s'est
coupée de sa famille, lâchant peu à peu ses études tout en maigrissant d'une
manière inquiétante.
-
- « Ce mouvement promet aux gens de découvrir le sens caché
d'un texte millénaire, la kabbale, explique un policier spécialisé. Mais ce
n'est rien d'autre qu'une spiritualité vendue clés en main. Cette organisation
est surtout dirigée par le culte de l'argent de son gourou. Son aspect spirituel
n'est qu'un prétexte. Il peut y avoir des dérives physiques. »
Remontant
aux origines et à Moïse sur le mont Sinaï, la « vraie » kabbale désigne
l'ensemble de l'ésotérisme judaïque. Elle est accessible depuis le Moyen Age et
la parution du Zohar, le Livre de la splendeur. Ces textes sacrés, écrits en
araméen, ne sont normalement accessibles qu'à des hommes de confession juive
âgés de plus de 40 ans et mariés.
-
- Philip Berg, lui, a décidé qu'il en
fallait des exemplaires partout, jusque dans sa voiture, et qu'ils seraient
abordables par tout un chacun : femmes, non-juifs et même enfants... Une
condition : payer. Pour les cours d'initiation, pour le bracelet rouge, pour
l'eau de la kabbale censée guérir de tous les maux, pour les livres sacrés qu'il
est indispensable d'acquérir, souvent à prix d'or, sous peine de malédiction...
Sans parler des généreuses donations sans cesse sollicitées. Il n'y a pas
longtemps, Jerry Hall, l'ancienne femme du chanteur des Rolling Stones, Mick
Jagger, a ainsi quitté le mouvement après qu'on lui eut demandé 10 % de ses
revenus et de ceux de ses proches ...
-
- C'est dans l'un des quartiers les plus
chics de la capitale que s'est établie l'antenne française du Centre d'étude de
la kabbale. Une fois la grande porte vitrée de ce bâtiment du XVIe
arrondissement poussée, le visiteur découvre des fascicules expliquant le
mouvement sur un présentoir, une synagogue et une librairie où il est possible
d'acheter les nombreux ouvrages du « rabbin » Philip Berg. L'organisation est
enregistrée en préfecture comme une association sans but lucratif mais, en
parallèle, une Sarl, dirigée par les adeptes, gère les affaires financières.
-
- Aux débutants, Meirav, jeune femme à la voix douce et au visage
rayonnant, explique qu'il n'est aucunement besoin de connaître quoi que ce soit
à la mystique juive. « A la lecture de ces textes sacrés, vos yeux ne serviront
que d'interface avec votre âme qui, elle, millénaire,
saura les déchiffrer.
» Le conseil est gratuit mais les six cours d'initiation coûteront ensuite 200
€.
-
- « On cherche à récupérer l'élan mystique »
-
- «
Des milliers de personnes ont déjà franchi cette porte, explique Thierry
Aboujedid, le responsable du centre. Aujourd'hui, environ deux cents le
fréquentent régulièrement. Nous voulons juste enseigner le respect et la dignité
humaine pour un monde meilleur qui sortirait du chaos actuel. Mais dès que l'on
parle de spiritualité, on passe pour des fous. »
-
- Même si elle est encore
loin de la maison mère des Etats-Unis, la filiale parisienne prend elle aussi de
l'ampleur, puisque le nombre de visiteurs augmente et que des célébrités ont
également été approchées. Sophie Favier, par exemple, qui n'a pas souhaité nous
répondre, en a longtemps fait partie avant de la quitter récemment.
-
- Face à ce
phénomène, les autorités juives officielles dénoncent le mouvement sans pour
autant le condamner officiellement. « Ce centre ne représente rien
... », résume
Moïse Cohen, président du Consistoire de Paris.
-
- « J'éprouve une extrême
réticence à l'idée que des profanes se lancent dans l'étude de ces textes qui
requièrent normalement une très grande maturité, nous confie le grand rabbin de
Lyon, Richard Wertenschlag. On cherche à récupérer l'élan mystique qui existe
chez chaque être humain. Il y a des risques de dérapages. Je constate parfois
des aberrations, comme le fait de vendre les livres sacrés en hébreu à des gens
qui ne le lisent pas, en leur disant qu'ils auront une valeur de talisman. C'est
un détournement de sens ne servant qu'à exploiter la crédulité des gens à des
fins lucratives. »
-
- Un autre grand rabbin parisien est plus perplexe : « Les
textes sacrés ne font l'objet d'aucun droit d'auteur, ce n'est pas une marque
déposée, chacun est libre de les interpréter comme il veut. »
|
- La
Kabbale
-
- Outre-Atlantique, les people ont transformé la mystique juive
-
« new age » en art de vivre
-
- Actualité Juive ,
1er octobre 2004
- [Texte intégral]
-
- Email de l'auteur : a-j-presse@actuj.com
-
- Depuis
son engagement dans la voie spirituelle après la naissance de sa fille Lourdes
en 1996, la diva de la pop américaine se la joue mère de famille responsable et
grande prêtresse de la paix. Terminées les références coquines qui jusque-là
constituaient son fonds de commerce. Sa dernière tournée mondiale «
Re-invention » imagine un monde meilleur et dénonce le star-system
d’Hollywood. « Kabbalists do it better » lisait-on sur l’un de ses
T-Shirts de scène.
-
- Convaincue par le « cocktail de bonheur, d'astrologie, de sexe,
de sagesse et d'immortalité » délivré par le Centre de la Kabbale du rabbin
Berg, Madonna se fait appeler Esther, observe le shabbat et écrit des bandes
dessinées ésotériques pour enfants. Un supplément d’âme pour l’ancienne
sulfureuse, une baraka pour le gourou. « Il y a trente ans, les gens se
tournaient vers le bouddhisme. Aujourd'hui, ils s’orientent vers le soufisme ou
la Kabbale »
-
- Grâce à cette ambassadrice, une cohorte de célébrités ont succombé
à cette doctrine. À commencer par Britney Spears à laquelle la Madonne vient
d’offrir une édition spéciale du Zohar datée du XIIe siècle. Converties ou pas
par leur acolyte, d’autres stars se sont laissées séduire. Demi Moore, Ashton
Kutcher, Paris Hilton, Gwyneth Paltrow, Naomi Campbell, Barbara Streisand, Donna
Karan, le couple Beckham, Elizabeth Taylor, Guy Ritchie, Jerry Hall, Mick
Jagger, Roseanne Bear, Missy Elliot, Stella Mc Cartney, Torry Speeling, Courtney
Love ou encore Winona Ryder.
-
- Non-juives, plutôt dans le creux de la vague aux plans affectif et
professionnel, elles affirment depuis leur rencontre avec le Kabbalah Center
avoir retrouvé la sérénité et l’harmonie intérieure. Quête authentique ou
phénomène de mode ? Dans une récente interview accordée à un journal américain,
le rabbin Yeshua Engelman de Jérusalem lie la popularité de la Kabbale au besoin
de trouver un sens à la vie. Avec une indulgence déconcertante, il explique «
qu'il y a trente ans, les gens se tournaient vers le bouddhisme. Aujourd'hui,
ils s’orientent vers le soufisme ou la Kabbale ». Censée fournir des
solutions, répondre aux questions et décrypter les codes, la Kabbale new-age
doit son expansion à la brochette de personnalités qui lui servent de vitrine.
-
- Davantage perçue comme un art de vivre que comme une religion - la
plupart de ses adeptes ne maîtrisent pas un mot d’hébreu -, elle serait aux yeux
de Maryelle Allemand un « courant hybride de spiritualité ». Peu au fait
du discours professé par Philip Berg, la directrice marketing de Carlin
International - un bureau de style spécialisé dans le repérage des
macro-tendances - analyse ce mouvement comme un phénomène de mode « porté par
Madonna qui s’inscrit dans une tendance globale de quête de sens. Il devrait
arriver à terme en 2006. La perte des valeurs conduit le grand public à
s’accrocher à la spiritualité ». CQFD.
-
- Y.S.
|
-
-
- Actualité Juive,
1er octobre 2004
- [Texte intégral]
-
- Email de l'auteur : c.meyer@actuj.com
-
- Une quarantaine de centres de par le monde. Près de 4 millions de
personnes ayant un jour franchi les portes d’un Centre de la Kabbale. Un site
Internet qui reçoit environ 20.000 visites par mois. Voyage au-delà de ces
données chiffrées.
-
- Le bâtiment situé à l’angle de 155 East et de la
48ème rue brille comme un bloc de marbre neuf. On est à New York. Le lieu
pourrait aussi bien être le dernier hôtel construit par Ian Schrager ou un
restaurant branché de la ville. Tout brille, les portes en verre et le hall tout
blanc. De fait, on est au cœur de Manhattan, au Centre de la Kabbale.
-
- Au premier étage dans une salle de conférence, une soixantaine de
personnes, hommes, femmes, blancs, noirs, asiatiques, Israéliens, Juifs portant
kippa ou non sont en train d’écouter un des mentors du Centre. Près de la moitié
des étudiants ne sont pas juifs. Madonna aurait versé 22 millions pour ce Centre
de la Kabbale.
-
- John a une quarantaine d’années. Il n’est pas juif et habite West
Village. Il a participé pendant quelques mois aux activités de ce Centre. Il a
commencé, comme tout le monde, par acheter le fameux fil rouge qu’il a porté
consciencieusement et le Zohar pour la somme de 415 dollars, pierre angulaire du
business du Centre. Il se souvient que certains de ses «collèges» avaient
acheté un Zohar pour chez eux, un autre pour le bureau et un troisième pour
mettre dans la voiture. Inutile de dire que l’argent rentre vite dans les
caisses du Centre de la Kabbale. « Au bout d’un certain temps j’ai trouvé que
les cours étaient assez nuls, genre « New Age ». « C’est à vous de contrôler
votre vie. Si vous attrapez le rhume c’est que spirituellement quelque chose ne
va pas chez vous ». Un remède à tout cela : « Achetez le Zohar encore et
toujours ».
-
- Désabusé et avec un peu de recul John en est arrivé à cette
conclusion : « Leur message ressemble à celui de l’administration Bush. Tant
que vous restez avec nous vous êtes tranquilles. Mais le monde est très
dangereux ».
-
- La goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour cet homme qui au
début voulait y croire, fut l’insistance avec laquelle on a tenté de lui vendre
une série de Zohar. Alors qu’il expliquait à son interlocuteur qu’il avait envie
de donner de l’argent ailleurs (on dirait faire la tsedaka, en milieu juif) on
lui a dit : « Si tu donnes ailleurs, tu ne fais que perpétuer le chaos ».
Avant de lui expliquer « qu’être bénévole, c’est bien, mais c’est l’argent
(sous entendu celui qui va au Centre de la Kabbale) qui fait la différence
». Il a fini par revendre son Zohar sur e-Bays en perdant de l’argent
évidemment !
-
- Michelle qui vit dans la banlieue de New York considère que le
Centre de la Kabbale est responsable de son divorce. De fait, même si cela a
pris du temps, elle a perdu son mari le jour où un individu est venu frapper à
leur porte pour vendre le Zohar. Son mari est happé ce jour-là par le Centre de
la Kabbale. Il suit des cours, met un Zohar dans sa voiture, emmène leur fille
au Centre. Elle revient un jour, après avoir rencontré le « rav », comme
on dit dans le mouvement et dit à sa mère :«Maman, tu devrais voir son âme !
». Michelle a tenté de savoir ce que voulait dire sa fille. Faute d’en
apprendre davantage elle intime l’ordre à son mari de laisser leur fille en
dehors de cette histoire. Ensuite il a passé les fêtes au Centre et plus avec sa
famille. Avant-dernière étape avant le divorce. Il s'est remarié très vite avec
une femme dont il avait fait la connaissance au Centre. Pour Michelle « Ce
sont des pratiques sectaires ». S’il n’est pas établi officiellement qu’il
s’agit d’une secte, il est certain, pour le moins, qu’il s’agit d’une affaire
lucrative.
-
- Zohar, eau bénite, fil rouge, week-end de méditation, célébration des
fêtes juives, on vend tout et on fait tout payer dans les Centres de la Kabbale.
-
- Un ex-adepte fait remarquer qu’un « Zohar qui coûte ailleurs
180 dollars est vendu plus de 400 dollars au Centre ». Même coefficient
multiplicateur pour les tefilinn. Le Centre de la Kabbale de Los Angeles, le
plus connu, d’une certaine manière, parce que c’est là qu'officie le fondateur
du mouvement a engrangé cette année plus de 4 milliards de dollars, frais divers
déduits.
-
- À Tel-Aviv et à Los Angeles 1000 étudiants suivent les cours
dispensés dans ces centres. Celui de New York est en passe de les rattraper. Un
centre vient d’ouvrir ses portes à Varsovie. Le centre de Miami a ouvert un «
Jardin de la méditation ». Que l’on soit à Los Angeles, Chicago, Boca Raton
ou ailleurs le fonctionnement est le même et le public aussi : des gens en quête
de spiritualité.
-
- Parfois l’un d’eux craque parce qu’il a été choqué par le
caractère mercantile du Centre ou par des propos d’un intervenant. Dennis n’a
pas oublié le jour où regardant la cassette-vidéo introductive il a entendu que
« Seuls les Juifs qui ne possédaient pas le Zohar sont morts pendant la Shoah
et que les Juifs Sépharades n’avaient pas été exterminés parce qu’ils
respectaient le Zohar ». Ce faux historique l’a fait quitter le Centre.
-
- Londres est devenu un pion important sur l’échiquier du Centre de
la Kabbale. Dirigé par Michael Berg, l’un des deux fils du fondateur du
mouvement, ce centre, ouvert il y a six ans, a coûté 6,4 millions de dollars,
dont Madonna a financé une très grande partie. Environ 500 personnes y sont
inscrites. « Ce centre grandit à une vitesse formidable » confie un
bénévole. Ne dit-on pas que la princesse Beatrice, fille aînée du duc et de la
duchesse de York a été vue au tournoi de tennis de Wimbledon avec un bandeau qui
ressemblait beaucoup à ceux vendus par le Centre de la Kabbale ?
-
- Alors que pendant des siècles, conformément à la tradition juive
la Kabbale n’a été enseignée qu’à des hommes âgés d’au moins 40 ans, ayant une
très bonne connaissance du judaïsme, le Centre de la Kabbale de Londres a décidé
de lancer un programme destiné aux enfants « Spirituality for kids », ce
qui paraît tout à fait aberrant. De tels programmes existent déjà aux États-Unis
mais toutes les autorités juives responsables considèrent cela comme « de
très mauvais goût ».
-
- À propos de ce programme de dix semaines pour des élèves du niveau
du primaire qui doit s’ouvrir dans une école du Hertfordshire, le rabbin Arkus,
directeur d’une organisation qui lutte contre les sectes « Opération
Judaïsme» déclarait il y a peu : « Je ne comprends pas que l’on envisage
de faire ingurgiter la Kabbale à des enfants». Michael Berg, pour sa part
expliquait : «Je suis très excité. Tout ce qui peut permettre à des jeunes de
contrôler leur destinée est fondamental ».
-
- Le grand rabbin de Grande-Bretagne, Jonathan Sacks, conscient du
caractère néfaste de cette organisation a publié un communiqué en avril pour
faire savoir que les activités de ce Centre n’étaient en rien liées à la
communauté. Un membre du cabinet du grand rabbin, le rabbin Yitzchak Schochet
(dont le père a mené le combat au Canada contre le Centre de la Kabbale et est
l’objet d’une plainte de ce mouvement) qui officie dans une synagogue de Mill
Hill (Nord de Londres) estime, pour sa part, que ce Centre est « une secte
».
-
- Près de quatre cents enfants juifs et musulmans ont participé cet
année en Israël à un « séminaire » intitulé : « Spirituality for kids
» qui s’est tenu en Israël. Au programme des hamburgers, un film vidéo où
Madonna explique la Kabbale et des exemplaires du Zohar distribués aux jeunes.
-
- Génies exceptés, on voit mal des ados maîtriser le Zohar ! Le
Centre de la Kabbale, qui contrôle une quarantaine de lieux de par le monde
s’inscrit véritablement dans la lignée de la
Scientologie, Hare Krishna et autres Moon. Secte ou non, le mouvement a un objectif que résume
Yehuda Berg : « Nous voulons apporter la Kabbale au monde entier. Nous ne
nous arrêterons pas avant d’avoir apporté la lumière à six milliards d’individus
». Objectif fort éloigné de celui de la vraie Kabbale, c’est-à-dire de la
mystique juive. Il y a, pour le moins, tromperie sur la marchandise.
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- Claude Meyer
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- Email de l'auteur : a-j-presse@actuj.com
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- Ces derniers temps, le mot «Kabbale» a fait son entrée dans la langue
courante. Mais peu de gens savent ce qu’est réellement la Kabbale dans la
tradition juive. De fait, ce mouvement désigne, surtout à partir du Moyen-Age,
les doctrines ésotériques du judaïsme. Déclinaison du terme.
-
-
- 1) D’où vient le terme «Kabbale» ?
-
- De l’hébreu « kabbala », de la racine KBL (recevoir). Selon Guy Casaril, la
kabbala est cette Loi orale que Moïse a reçue (KiBeL)sur le mont Sinaï en même
temps que la Loi écrite (Tora) ; c’est le message spirituel transmis sans
intermédiaire d’un texte, de bouche à oreille. À l’origine, ce terme ne
désignait pas nécessairement un enseignement ésotérique, il désignait l’ensemble
des enseignements, ouverts au grand public ou réservés à un noyau restreint, du
judaïsme. Par la suite, et surtout à partir du Moyen Age, kabbala désigne, selon
Charles Mopsik, « l’ensemble des doctrines ésotériques du judaïsme ainsi que
le mysticisme juif dans son ensemble ».
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- 2) Que veut dire «Kabbale» en langue française ?
-
- C’est un terme ambivalent…et chargé de relents judéophobes ! Selon le
Dictionnaire Robert, qui retrace les sens du mot à travers l'histoire, «
Kabbale » signifie « la tradition juive donnant une interprétation
mystique et allégorique de l’Ancien Testament », ce qui est très
respectable, mais aussi « des manoeuvres secrètes, concertées contre
quelqu’un ou quelque chose, des complots des conjurations, des conspirations,
des intrigues », ce qui montre la persistance dans l’imaginaire collectif
européen chrétien d’une vision anti judaïque, soupçonneuse, où le sage juif est
perçu comme un personnage dangereux, porteur de maléfices et faiseur de
complots. Le verbe « cabaler », un des rares verbes français d’origine
hébraïque, signifie précisément « comploter, conspirer, intriguer ».
Il est mentionné depuis 1617.
-
- 3) Qu’est-ce qu’un Kabbaliste ?
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- Le terme hébraïque « MeKouBaL », initié ou traditionnaire, désigne un sage
ayant reçu d’un maître, l’initiation aux mystères (razim) de la tradition
ésotérique, au cours d’une relation interpersonnelle maître-disciple, loin des
foules, dans l’intimité d’une transmission sans témoin. Des rabbins comme Haïm
Vital, Moïse Cordovero, Joseph Caro sont ainsi appelés « mekoubalim »,
car ils ont reçu de l’école d'Isaac Louria, Le Saint (Ha-Ari Hakadoch), les
arcanes du savoir Kabbalistique. Le sage de la Kabbale est un Juif de la Loi et
de la Foi d’Israël. Il ne conteste pas un seul point de la législation
hébraïque, écrite et orale (Joseph Caro est à la fois un Kabbaliste et l’auteur
du Code de la Loi, le Choulkhan Aroukh).
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- Il observe la totalité des
commandements, sans la moindre dissidence. Il récite quotidiennement toutes les
prières régulières. L'originalité révolutionnaire des Kabbalistes ne consiste
pas en une révolte contre la Loi, mais dans une lecture très troublante des
écrits bibliques, avec des idées parfois perçues dans les milieux bien-pensants
comme hérétiques : la Rétraction (Tsimtsoum) de la Présence Divine dans le
Cosmos, pour permettre à celui-ci d’exister ; l’Exil de la Présence Divine
(Galouth Hachekhina) hors de la Terre Sainte, pour accompagner le peuple
d’Israël dans sa dispersion …
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- 4) Quelle est la lecture Kabbalistique de l’Ecriture biblique ?
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- Elle est fondée sur le Sod (secret), considéré dans la tradition classique
comme le niveau le plus profond et complexe de l'interprétation scripturaire.
Selon une échelle traditionnelle des niveaux de compréhension de l’Ecriture, il
y aurait quatre lectures du texte biblique, allant de l’apparemment plus simple
au plus complexe.
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- Prenons un exemple : l’interprétation du récit de la Génèse
sur l’expulsion d’Adam et d’Eve du Jardin d’Eden, après la faute commise par le
premier couple : manger du fruit interdit de l’arbre de la connaissance du bien
et du mal. Ce dramatique épisode pourrait être décrypté comme l’expulsion d’un
jardin d’abondance et l’exil dans une terre aride et désolée (Pechath : sens
propre ou littéral) ; comme la préfiguration annonciatrice du futur exil
(Galouth) du peuple hébreu hors de la Terre Promise (Remez : sens allusif ou
allégorique) ; comme l’expulsion d’un jardin exubérant où règnent la santé, la
longévité et le bonheur et l’entrée dans un territoire de malheur, de maladie et
de souffrance (Derach : sens narratif ou homilétique) ; comme la perte de la
Lumière Primordiale éclairant le Cosmos tout entier et l’exil vers un espace
ténébreux où les ondes lumineuses sont emprisonnées dans des capsules
d’obscurité nocturne (Sod : sens profond ou ésotérique).
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- Franklin Rausky
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Actualité Juive -
1er octobre 2004
Email de l'auteur : a-j-presse@actuj.com
[Texte intégral]
Si on vous demandait ce qu’il y a de commun entre David Beckham, le célèbre
footballeur, Madonna et des rabbins aussi révérés qu’Issac Louria ou Joseph
Caro, vous ne sauriez que répondre. De fait, le seul lien existant entre eux est
un mot fort dévoyé aujourd’hui, celui de « kabbale ». Au cœur de la notoriété
récente et détournée de ce qui constitue au départ, pour reprendre les mots de
Charles Mopsik, « l’ensemble des doctrines ésotériques du judaïsme et le
mysticisme juif », on trouve le Centre de la Kabbale. Cette multinationale
fondée par Philip Berg est une entreprise familiale qui contrôle à ce jour une
quarantaine de centres à travers le monde où le commerce prend le dessus sur la
spiritualité. Du fil rouge de Madonna au Centre de la Kabbale à Paris en passant
par les condamnations sans ambages de Grands Rabbins, nous vous invitons à un
parcours kabbalistique.
L’empire Berg, un «family-business» très juteux
En quelques décennies, Philip Berg, le fondateur du Centre de la Kabbale, a
mis en place une véritable multinationale dont sa femme et ses fils s’occupent
plus qu’activement. Retour sur la biographie d’un agent d’assurances devenu
kabbaliste.
Le fondateur du Centre de la Kabbale ne s’est pas toujours appelé Philip
Berg. Né, Feivel Gruberger à Brooklyn, il commence sa carrière en tant qu’agent
d’assurances. Mais, en 1962, un voyage en Israël va changer sa vie. Il y
rencontre Rav Yehouda Brandwein, un élève du Rav Ashlag (lui-même auteur du «
Soulam », un commentaire sur le Zohar) et fondateur d’une yéchiva nommée Kol
Yehouda. Peu après, Feivel Gruberger épouse la nièce de celui-ci dont il divorce
dans les années 70. C’est de cette proximité familiale avec un véritable
kabbaliste que Philip Berg dira plus tard avoir tiré tout son savoir ésotérique.
Les proches de Rav Brandwein, quant à eux, émettent de sérieux doutes sur cette
version des faits.
Quoi qu’il en soit, la famille de Rav Ashlag lui confie, à un
moment, la diffusion du Zohar accompagné du « Soulam ». Mauvais calcul
car F. Gruberger, de retour aux Etats-Unis, va vendre l’œuvre pour son propre
compte sans penser à reverser des droits d’auteur aux héritiers du rabbin. C’est
même cette diffusion (parfois forcée) qui, un temps, fera la célébrité du centre
et lui assurera des bénéfices non négligeables. Mais F. Gruberger a d’autres
ambitions. Écourtant son nom, celui qui se nomme maintenant le Docteur Philip
Berg - bien qu’il ait dû reconnaître par la suite ne posséder aucun doctorat -
s’autoproclame « le plus grand kabbaliste du monde ». Et fonde le Centre
de la Kabbale, censé diffuser la lumière du Zohar à tous ceux qui veulent en
bénéficier.
Si l’on en croit le site web du Kabbalah Center, c’est la nouvelle Madame
Berg (dont certains pensent qu’elle a été convertie au judaïsme par son propre
mari) qui aurait eu l’idée de diffuser la sagesse du Zohar aux femmes et aux
non-Juifs en l’encourageant à fonder ses centres. « Un petit rêve pour une
femme, un saut géant pour l’humanité », précise, à peine mégalo, le Kabbalah
Centre. D'ailleurs, une chaîne de la transmission de « ceux qui ont fait
l’histoire » propose, sur le même site, une liste qui va d’Adam, Avraham et
Moïse à Rav Berg et Karen Berg !
Parallèlement à la création des centres, Philip
Berg publie plusieurs ouvrages, sorte de ramassis kabbalistico-new age. Et ce, à
partir des USA puisqu’il a dû quitter Israël où il a été poursuivi pour avoir
collecté des fonds pour une institution inexistante.
Peu à peu l’entreprise se développe. « On devrait appeler cela le business
de la famille Berg, dit Rick Ross, le responsable d’un groupe de surveillance
des sectes outre-Atlantique. Il y a papa Berg, maman Berg, les bébés Berg et
leurs amis haut-placés ». Aujourd’hui, le bilan des activités du clan laisse
rêveur. Plus de quatre millions de personnes se sont intéressées, un jour ou
l’autre aux activités de ce Centre de la Kabbale que d’aucuns estiment être une
secte. 20.000 internautes visitent chaque mois son site web et 40
représentations fonctionnent de par le monde dont la dernière vient de s’ouvrir
à Varsovie.
Que proposent donc Berg et Compagnie pour rencontrer un tel succès?
Tout
simplement, via quelques concepts kabbalistiques remodelés à la sauce «
berguienne », de changer la vie des fidèles en leur assurant, outre la paix et
la sérénité, un contrôle (bienvenu) sur ce qui va leur arriver. Ainsi, pour ne
citer qu’un exemple, un cours donné au Centre de la Kabbale à Paris promet « en
apprenant à comprendre et à se concentrer sur les Noms », d’apporter « un
changement positif dans chaque domaine de votre vie, dans vos relations
sociales, dans votre carrière professionnelle, en passant par votre santé
physique ». À noter que, bien entendu, tous les enseignements dispensés sont
payants.
L’autre aspect séduisant de cette approche grand public est qu’il n’est nul
besoin de faire un effort ou de posséder un bagage intellectuel pour accéder à
un savoir réputé quasi-inaccessible (puisque le judaïsme réserve l’étude de la
kabbalah à des hommes d’âge mûr ayant déjà une connaissance très approfondie de
la Torah - NDLR). En effet, au Centre de la Kabbale, toute pratique des mitsvote
est optionnelle comme l’est aussi, entre autres, la connaissance de l’hébreu ou
de l’araméen, la langue du Zohar. Puisqu’il suffit, si l’on en croit les
théoriciens du Centre, de « scanner » ce dernier, en fait de passer une main ou
un oeil sur le texte pour que les bienfaits de son étude soient immédiatement
dispensés !
Reste enfin à mentionner le côté mercantile de l’opération. Outre les
bénéfices enregistrés sur les ventes du Zohar, le prix des cours et les
multiples dons engrangés (et, parfois, reçus après qu’on a menacé le donateur
potentiel de subir un châtiment du ciel des plus corsés s’il n’ouvrait pas son
porte-feuille), le site web et les nombreuses branches du Centre proposent un
lot de gadgets impressionnants : cartes de médiation, bougies, eau
kabbalistique ... Ainsi que le fameux fil rouge défini comme « vibration de
Rachel » et vendu à des prix défiant toute concurrence pour un malheureux bout
de coton.
Catherine Garson (Email de l'auteur : a-j-presse@actuj.co
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- [Texte intégral]
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- Détrompez-vous : le petit ruban rouge que Madonna, David Beckham,
Britney Spears, Demi Moore et Paris Hilton arborent fièrement au poignet n’est
nullement symbole de leur soutien à une bonne cause, mais de leur attachement au
Centre de la kabbale (Kabbalah Centre), implanté à Londres et dirigé par un
groupe de charlatans vivant de la naïveté de plus de 3,5 millions de fidèles à
travers le monde.
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- Vendu 18,5 livres (25,6 euros), le bracelet rouge représente
leur attachement à une croyance inspirée de la kabbale, une tradition juive
donnant une interprétation allégorique et mystique de textes de l’Ancien
Testament. La secte dit "aider les adhérents à trouver la voie vers la lumière
spirituelle", rapporte The Daily Telegraph. Beaucoup ont succombé à l’attrait de
son enseignement, mais, grâce à la diffusion du documentaire Sweeney
Investigates : The Kabbalah Centre sur la chaîne BBC2, l’image de l’institution
pourrait se retrouver fortement ternie.
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- Réalisé par John Sweeney, le reportage suit les traces de Tony Donnelly, un
homme atteint du cancer qui a infiltré la secte muni d’une caméra cachée. Aux
dires de l’Evening Standard, "les images ramenées de ce séjour sont hautement
évocatrices". Une opinion que partage Donnelly dans The Daily Telegraph, où il
atteste que "les dons destinés aux victimes des tsunamis servent à acheter des
produits brevetés par les dignitaires du culte, tels les fameux bracelets
rouges."
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- Selon The New York Times, les dirigeants du Centre de la kabbale ont refusé
de faire des commentaires à la suite de la diffusion de l’enquête. Ils ont
seulement affirmé que, "depuis des millénaires, [leur] enseignement a été mal
interprété par des membres de la communauté désireux d’empêcher les autres
croyants d’accéder à la connaissance suprême".
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