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Pour en finir avec les accusations et diffamations contre les francs-maçons

La Franc-Maçonnerie n'est pas une secte

Un psychiatre radié de la franc-maçonnerie pour avoir servi la soupe à la scientologie (France - janvier 2000)

Le Grand Orient interdit à ses membres d'être membre d'une secte nocive; ses membres ne peuvent aucunement appartenir la scientologie (France - janvier 2000)

Source: Livre d'Emmanuel Fansten publié aux éditions Robert Laffont «SCIENTOLOGIE, autopsie d'une secte d'Etat» (novembre 2010)

 
«Les sectes, il est facile d'y entrer, mais difficile d'en sortir,
la franc-maçonnerie, c'est exactement l'inverse.»
 

Accusés de détenir un pouvoir occulte, de favoriser l'entrisme ou d'entretenir un mystère suspect sur leurs activités, les francs-maçons fascinent toujours autant qu'ils inquiètent. Mais peut-on pour autant comparer les loges à des sectes ?

Ancien grand maître du Grand Orient de France, la principale obédience française, Alain Bauer a une réponse imparable. «Les sectes, il est facile d'y entrer, mais difficile d'en sortir. La franc-maçonnerie, c'est exactement l'inverse.»

Devenir maçon exige d'être initié, une démarche qui prend généralement de longs mois. Toujours considéré comme l'un des piliers du Grand Orient, Alain Bauer est aujourd'hui devenu un proche du chef de l'État.

Criminologue reconnu, chantre de la «tolérance zéro», l'ancien Grand Maître commence à travailler avec Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier arrive Place  Beauvau, en 2002. Homme de réseaux, il a passé sept mois, dix ans plus tôt, entre San Diego et Washington pour le compte d' une société américaine. «Une couverture de la CIA», ironisent ses détracteurs. Mais ses contacts permettent surtout à Alain Bauer de s'immiscer dans les relations franco-américaines, sérieusement mises à mal par la crise irakienne et le discours de Dominique de Villepin face aux Nations unies.

Deux ans plus tard, c'est lui qui organise le voyage de Nicolas Sarkozy à New York pour les commémorations du 11-Septembre. Une étape cruciale dans lacampagne du futur président qui n'oubliera pas, une fois élu, de désigner Bauer comme référent officieux de la franc-maçonnerie à l'Élysée. Un poste clé au moment où les frères de la rue Cadet, siège parisien du Grand Orient, s'inquiètent des positions du nouveau chef de l'État sur la laïcité.

Fin 2007, son discours de Latran sur la morale religieuse est très mal perçu. «C'est la première fois qu'un président de la République affiche cette nouvelle conception des rapports entre l'État et la religion. Derrière ça, il y a une idéologie très américaine», raille Jean-Michel Quillardet, le nouveau Grand Maître.

Un mois plus tard, Nicolas Sarkozy récidive à Riyad. Puis c'est au tour d'Emmanuelle Mignon, sa directrice de cabinet, de qualifier les sectes de «non-problème».

Pour les maçons du Grand Orient, la coupe est pleine.

Temple de la laïcité, pilier de la loi de 1905, la principale obédience maçonnique française considère au contraire que certains «nouveaux mouvements religieux» peuvent constituer une grave menace pour la société et doivent donc être surveillés de près. Une position violemment combattue par la Scientologie.

Accusées d'utiliser les sectes pour défendre une laïcité obsolète, certaines personnalités politiques sont régulièrement épinglées pour leur appartenance maçonnique et diffamées dans la presse scientologue. Siège supposé de la culture amisecte à la française, le Grand Orient a aussi dû faire face à des tentatives d'infiltrations. «Nous finissons toujours par les déceler», confiait Barrer en 2001, tout en amettant avoir été confronté, quelques années plus tôt, à une offensive de la Scientologie (1)

«Se revendiquant de la liberté de conscience que nous accordons à chacun, huit scientologues s'étaient regroupés dans une loge.»Soupçonné durant des années d'appartenir à la secte, le maçon Serge Bornstein a pourtant toujours démenti ces accusations jusqu'à la révélation de l'affaire (2). Initié au Grand Orient depuis 1982, ce psychiatre a longtemps été l'un des piliers de la loge parisienne «Droiture et Solidarité». Expert auprès des tribunaux, spécialiste des comportements criminels,auteur de nombreux ouvrages et enseignant à l'université, Bomstein est alors surtout considéré comme une sommité dans le milieu médical.

Fin 1998, il est contacté pour présider un prestigieux congrès sur le thème de l'adolescent et la loi. Sur les cartons d'invitation, les organisateurs revendiquent aussi le «haut patronage» des ministères de la Justice, de la Santé et de l'Éducation nationale.

Problème: aucun des ministres concernés n'a donné son accord. Certains d'entre eux portent même plainte pour publicité mensongère. «C'est une maladresse», se défendra le responsable du colloque, soupçonné d'avoir voulu faire un coup pour remplir les caisses de son association. Mais il y a plus grave. Plusieurs psys invités accusent la Scientologie d'être derrière cette manipulation grossière.

Principal suspect: le Dr Bomstein lui-même, dont les prises de position publiques en faveur de la secte ont fait couler beaucoup d'encre quelques années auparavant.

En 1993, le psychiatre avait déjà été répertorié dans la fameuse liste des «appuis potentiels» chers à l'organisation. Un soutien plutôt inattendu quand on connaît l'aversion de l'organisation de Ron Hubbard pour la psychiatrie. Dès 1979, pourtant, Bomstein qualifie la secte de «mouvement religieux récent [...] sans rapport avec la profusion des sectes».

Il récidive deux ans plus tard dans Les Dossiers de l'Histoire, la revue dans laquelle s'était également illustré Denis Huisman. «La Scientologie s'impose comme une des figures marquantes du xxe siècle et sa philosophie religieuse se range parmi les plus grands courants spirituels de l'humanité», y explique l'éminent médecin.

Étrange complaisance de la part d'un homme qui sera décoré, dix ans plus tard, de la légion d'honneur. Curieusement, ces différentes prises de position resteront longtemps confidentielles, tout comme la présence du psychiatre sur les listings scientologues. «Je n'étais au courant de rien avant l'affaire du congrès», jure même un ancien vénérable de la loge occupée par Serge Bornstein.

Chez les maçons, la fraternité est une valeur cardinale. Mais au sein de «Droiture et Solidarité», plusieurs frères estiment à l'époque que le psychiatre est allé trop loin. Certains l'accusent ouvertement d'être un cadre occulte de la Scientologie. Secouée par de violentes luttes internes, «Droiture et Solidarité» traverse la plus grosse crise de son histoire. Face au scandale, la chambre suprême de la justice maçonnique est finalement saisie du dossier.

Sommé de s'expliquer, Bornstein reconnaît alors avoir rédigé un article à la demande d'un avocat de la secte, mais refuse de renier ses écrits. «Serge a eu peur de se rétracter par rapport à la Scientologie», croit savoir un ancienvénérable de la loge. L'organisation a-t-elle cherché à infiltrer le Grand Orient en approchant Bornstein ?

Le principal intéressé a toujours dénié s'exprimer sur la question. Mais, en janvier 2000, il est officiellement radié du Grand Orient de France. Après son exclusion, plusieurs frères quitteront à leur tour la loge par solidarité.

Le Grand Orient versus les sectes nocives

L'affaire aura d'ailleurs une autre conséquence: le vote d'une résolution interdisant l'appartenance d'un maçon du Grand Orient à l'une des cent soixante-douze sectes citées dans le rapport parlementaire de 1996.

Depuis, les frères de la rue Cadet n'ont pas baissé la garde. Dans un communiqué officiel publié en janvier 2008, ils appelaient ainsi à la résistance contre «une offensive en règle de la Scientologie en Europe». Nouveau coeur de la stratégie d'expansion de la secte depuis l'effondrement du communisme, le Vieux Continent offre aujourd'hui une cible idéale aux lobbyistes scientologues. En ligne de mire: les principales institutions européennes et leurs nouveaux membres.

 

1. L'Express, 4 octobre 2001
2. L'Express, 26 septembre 2002
Source:
Livre d'Emmanuel Fansten «SCIENTOLOGIE, autopsie d'une secte d'Etat» pages 146-151 (Ed Robert Laffont nov. 2010)

Présentation du livre d'Emmanuel Fansten

 

     «Ron Hubbard, le gourou démasqué»

 

Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de l'église de scientologie. On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice. Il est disponible en format pdf ou html sur notre site. Nous avons également publié une version résumée.

 

Exposing Scientology through streaming video

 

 

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Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent.

 

Témoignage de Jean-Luc Barbier

       

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