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Un
supercanton pour répondre à la question
jurassienne
- http://www.24heures.ch/
- 5 mai 2009
- [Texte
intégral]
RAPPORT
| L’Assemblée interjurassienne propose de
réunir le Jura et le Jura bernois dans une
seule entité de six communes.
L’idée
reste explosive

- ©
KEYSTONE | Elisabeth Baume-Schneider, présidente
de la délégation du gouvernement
jurassien (à g.),
- Eveline
Widmer-Schlumpf, conseillère fédérale,
et Philippe Perrenoud, président
de la délégation
- bernoise,
présentent le rapport de l’Assemblée
interjurassienne.
Des
policiers aux quatre coins de la Societ’halle, des
stores fermés pendant toute la conférence
de presse: Moutiers était en alerte, à
6h, hier matin. Mais rien à voir avec la
grippe A (H1N1). Après trois ans de travaux,
l’Assemblée interjurassienne (AIJ) présentait,
dans un climat tendu, son rapport sur l’avenir institutionnel
du Jura.
La
principale conclusion de l’AIJ est audacieuse. Pour
répondre durablement à la question
jurassienne, il faut créer un nouveau canton
avec six communes, réunissant le haut (l’actuel
Jura) et le bas (Jura bernois). Mais comme effrayée
par sa propre audace, l’AIJ a choisi de proposer
une variante: un statu quo amélioré.
«Nous sommes d’avis qu’il faudra le vote des
citoyens», s’est justifié Serge Sierro,
le président de l’AIJ.
Nombreux
obstacles
Pour
éviter de braquer complètement les
antiséparatistes bernois, l’AIJ a donc choisi
de faire dans «la nuance». Toutefois,
la tonalité du rapport ne trompe personne.
«La piste d’un nouveau canton à six
communes produit des effets positifs significatifs
au niveau des finances, de l’aménagement
du territoire, de la gouvernance et de la simplification
institutionnelle. (…) Concernant la piste du statu
quo?+?(ndlr: collaboration renforcée), il
faut s’attendre à des résultats plus
modestes.»
La
nouvelle entité cantonale, comprenant le
haut et le bas du Jura, passerait donc de 113 communes
aujourd’hui à six, correspondant aux districts
actuels: Porrentruy (JU), Delémont (JU),
Franches-Montagnes (JU), Moutier (BE), Courtelary
(BE) et La Neuveville (BE). Le partage des tâches
entre le canton et ces communes serait optimisé.
Par exemple dans la santé.
Quant
au nombre de fonctionnaires (1328 emplois pour les
deux régions à ce jour), il serait
évidemment revu à la baisse. Un gouvernement
de cinq membres serait institué, avec un
parlement de cinquante élus. Moutier serait
la capitale du nouveau canton, avec Porrentruy comme
centre judiciaire. Grâce aux synergies et
à une réduction des charges administratives,
le canton du Jura pourrait gagner entre 94 et 111
millions de francs, explique l’AIJ. Le Jura bernois
empocherait, lui, entre 26 et 38 millions.
Sur
le papier, la démonstration est parlante.
Mais, politiquement, les obstacles ne manquent pas.
Malgré la diplomatique option du statu quo,
les antiséparatistes du Jura bernois sont
déjà montés au front. «L’AIJ
a privilégié la variante qui conduirait
pratiquement à l’annexion du Jura bernois
par le canton du Jura, sous une forme irréaliste»,
ont fustigé les représentants de Force
démocratique.
Etudes
complémentaires
Si
la présidente de la délégation
du gouvernement jurassien, Elisabeth Baume-Schneider,
accueille favorablement l’idée d’un grand
Jura, «véritable projet de société»,
son homologue bernois est moins enthousiaste. «Avant
de prendre position, il est possible que nous demandions
des études complémentaires»,
explique Philippe Perrenoud. Pour ce dernier, il
est hors de question d’imaginer une solution durable
sans prendre en compte la communauté d’intérêt
entre le Jura bernois et la ville de Bienne. L’AIJ
reconnaît le problème.
Refusant
d’être mis sous pression, le chef de la délégation
bernoise rappelle que c’est aux cantons de reprendre
le dossier, et que ce sont eux qui décideront
d’un éventuel scrutin populaire. Présente,
la conseillère fédérale Eveline
Widmer-Schlumpf l’a rassuré: «Le mariage
forcé n’est pas dans les mœurs de la Confédération.»
Cédric
Waelti (Moutier)
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- Tribune Libre du canton du Jura
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