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Paris: Une plainte de deux ex-adeptes met au grand jour les nombreux abus de la scientologie
Le borgne est roi au pays des aveugles par Jean-Luc Barbier, président de l'AVDS et webmaster d'anti-scientologie
Video: How scientology applies hypnotic manipulation (17 MB) Depuis des années nos autorités connaissent parfaitement les abus de la scientologie et persistent à laisser la scientologie vendre sa thérapie dans nos rues ! La thérapie pseudo-psychiatrique de la scientologie est dangereuse pour la santé: elle est non reconnue par la médecine et induit de faux souvenirs. Pourquoi aucun contrôle de la thérapie vendue par la scientologie ? Selon un rapport de la police fédérale suisse cette organisation ne présente pas un danger pour la survie de l'Etat (sic). Toutefois cet argument n'est pas une raison suffisante pour laisser la scientologie commettre de continuelles manipulations écrasantes contre nos concitoyens. De quel droit la scientologie peut-elle faire de la discrimination - de la contrainte - publier des menaces de mort et moult autres violations de nos lois ? Aucun juge, aucun politicien, n'est-il capable de comprendre les mécanismes manipulatoires et illégaux de cette organisation et de donner l'alerte en Suisse ? Trouvez vous normal de se moquer des victimes ?
Nos politiciens se doivent d'appliquer le principe de précaution au sujet de la scientologie Les victimes n'osent pas témoigner ni déposer des plaintes car elles savent parfaitement que la secte attaquera leurs proches et fera des actions pour nuire à leur réputation. En conséquence nos autorités se doivent de prendre en compte les stratagèmes manipulatoires et criminelles bien rôdés de la scientologie: des actions bien précises et décrites noir sur blanc par Ron Hubbard. J'espère qu'elles savent encore lire.
La scientologie doit répondre devant la justice de ses abus
Audio: La scientologie obtient le consentement de ses victimes grâce à de nombreux stratagèmes (France Culture - 26 mai 2009) L'Eglise de scientologie jugée à partir de lundi pour escroquerie (jminforme.ca - 22 mai 2009) PARIS. Poursuivie, pour la première fois, en tant que personne morale, la branche française de l'Église de scientologie risque la dissolution en cas de condamnation. Le procès s'ouvre demain (sudouest.com - 24 mai 2009) Une progression régulière en Europe (sudouest.com - 24 mai 2009) Témoignage: Alain Stoffen: "Le but de la scientologie est de piéger les gens" (metrofrance.com -24 mai 2009) ARCHIVE: Comment la Scientologie cherche à recruter en France (lefigaro.fr - 21 février 2008) Procès: la Scientologie risque la dissolution (lefigaro.fr - 25 mai 2009) La scientologie face à ses proies (liberation.fr - 25 mai 2009) Eglise de Scientologie. En Bretagne aussi (letelegramme.com - 25 mai 2009) Interview: Georges Fenech: «Le but lucratif ne fait aucun doute» (letelegramme.com - 25 mai 2009) La scientologie risque d’être liquidée en France / Sept dirigeants et l’organisation elle-même répondent dès aujourd'hui d’«escroqueries en bande organisée» (24heures.ch - 25 mai 2009) Commentaire de Jean-Luc Barbier, président de l'AVDS (24heures.ch - 25 mai 2009) La Scientologie jugée à Paris pour escroquerie (martinique.franceantilles.fr - 25 juin 2009) Témoignage: Gisèle Tual:"Une rupture familiale exigée par la scientologie" (martinique.franceantilles.fr - 25 juin 2009) Procès: la Scientologie interdite en France ? (lematin.ch/actu - 25 mai 2009) Les dossiers judiciaires de l'Eglise de Scientologie (lematin.ch/flash-info - 25 mai 2009) Procès: une bande d'escrocs les scientologues ? (chroniquesjudiciaires.blogs.nouvelobs.com - 25 mai 2009) La Scientologie dénonce "un procès en hérésie" (europe1.fr/Info/ - 25 mai 2009) L'avenir de la scientologie dans le prétoire (20minutes.fr - 26 mai 2009) Le tribunal précise ses questions à l’Église de scientologie (la-croix.com - 26 mai 2009) JUSTICE - Cours de "réparation de vie", de "purification": une ancienne scientologue raconte (lepoint.fr - 26 mai 2009) Le témoignage qui accable la Scientologie (europe1.fr - 26 mai 2009) Scientologie: récit accablant d'une ancienne adepte (lefigaro.fr/actualite-france - 26 mai 2009) Le procès de L'église de Scientologie:Audition de l'expert psychiatre (Tribunal Paris - 27 mai 2009) Scientologie: «ÇA M'A DÉMOLIE» (Le Matin - 27 mai 2009) Scientologie: Un témoignage accablant (parismatch.com - 27 mai 2009) Procès de la Scientologie en France: une adepte décrit son parcours «J'ai été dévalisée et démolie par l'église de scientologie» (francesoir.fr - 27 mai 2009) Procès de la Scientologie: "Ils m’ont démolie. C’est de la manipulation mentale" (lemonde.fr- 28 mai 2009) Ces patrons qui perdent la tête pour la scientologie. Devant le Tribunal correctionnel, la secte passe un mauvais moment (tdg.ch - 28.05.2009) Quand la Scientologie enrôlait au travail (leparisien.fr - 28 mai 2009) La secte, l'escroquerie et le procureur (lemonde.fr 29 mai 2009) Procès pour escroquerie: la Scientologie regrette une mauvaise "caricature" (AFP - 2 juin 2009) Scientologie: les responsables s'expliquent (lefigaro.fr - 2 juin 2009) La Scientologie, "pas vénale" (Le Figaro - 2 juin 2009) Scientologie: “Ça me paraît charlatanesque !” (3 juin 2009) Compte rendu de l'audience du 2 juin 2009
L'électromètre au coeur des débats (AFP- 3 juin 2009) «L'électromètre» au cœur du procès de Scientologie (lefigaro.fr - 3 juin 2009) Les larmes d’une ex-présidente de la Scientologie (leparisien.fr - 4 juin 2009) Pour ses responsables, la scientologie n'est pas une petite entreprise (lemonde.fr - 4 juin 2009) Le «petit pourcentage» de la scientologie (liberation.fr - 4 juin 2009) Scientologie: une secte "des plus dangereuses et âpres au gain", selon un député (la-croix.com - 8 juin 2009) Le témoignage accablant de l'ex-patron scientologue (leparisien.fr - 8 juin 2009) Scientologie: secte "des plus dangereuses" (lefigaro.fr/AFP - 8 juin 2009) A l'Eglise de Scientologie, "on ne fait pas un centime de profit personnel" (AFP - 10 juin 2009) Correctionnelle. Les scientologues se disent désintéressés (leparisien.fr - 10 juin 2009) Le parquet de Paris requiert la dissolution de la Scientologie (lexpress.fr - 15 juin 2009) Vers la fin de l'Eglise française de Scientologie ? (lexpress.fr - 15 juin 2009) Interview de Catherine Picard,, présidente de l'UDAFI. "Frapper la Scientologie au porte-monnaie est la seule méthode efficace" (lexpress.fr - 16 juin 2009) Vidéo: Réactions des parties après la dissolution de la scientologie requise par le parquet (Arte - 16 juin 2009) Le réquisitoire met à mal la défense de la Scientologie (la-croix.com - 16 juin 2009) Sientologie: le Parquet requiert la dissolution (ouest-france.fr - 16 juin 2009) Scientologie: la victoire de la notion d’emprise (liberation.fr - 17 juin 2009) La dissolution n'assure pas la disparition d'une association (lefigaro.fr - 17 juin 2009) Le tribunal correctionnel de Paris se prononcera le 27 octobre 2009 sur les poursuites engagées à l'encontre de l'Eglise de Scientologie pour escroquerie en bande organisée (lepoint.fr - 17 juin 2009) La scientologie peut-elle être interdite en France ? (anti-scientologie - 18 juin 2009)
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Audio: France Culture (Journal de 18:00 - 26 mai 2009) Extrait: La défense veut déplacer le débat sur le consentement, donc reprocher son comportement à la victime comme dans des dossiers d'inceste ou de viol. C'est habile bien sûr mais finalement cela ne trompe personne: Aude-Claire n'a jamais dit qu'elle avait été escroquée mais seulement manipulée, et la manipulation qui consiste à lui faire acheter à l'avance des cours et des cours pour 4 ans et 140'000 francs ? et bien cette manipulation, c'était justement d'obtenir son consentement.
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L'Eglise de scientologie jugée à partir de lundi pour escroquerie Par Verena Von Derschau, THE ASSOCIATED PRESS
PARIS - L'Eglise de scientologie joue gros à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Jugée en tant que personne morale aux côtés de sept de ses responsables pour "escroquerie en bande organisée" et "exercice illégal de la pharmacie", l'Association spirituelle risque la dissolution en France en cas de condamnation. Alors que les ennuis judiciaires de membres de l'organisation, considérée comme une secte en France, ne sont pas inhabituels, les trois magistrats vont décortiquer pour la première fois les pratiques de l'Eglise de scientologie-Celebrity Center et de la librairie SEL (Scientologie espace liberté) dénoncées par trois plaignants. Le juge d'instruction Jean-Christophe Hullin - qui a ordonné le renvoi alors que le parquet réclamait un non-lieu pour l'Eglise de scientologie - s'est notamment intéressé à l'usage de "l'électromètre", un appareil vendu pour 4800 euros (7550 $ CAN) aux adeptes et censé "mesurer les variations de l'état mental d'une personne et tirer ainsi des conclusions sur sa personnalité". Le magistrat dénonce "un leurre destiné à donner un aspect scientifique à une opération qui n'a rien de tel". Mais l'instruction s'est également attaquée au nerf de la guerre, l'argent. L'Eglise de scientologie, qui compte des adeptes aussi riches et célèbres que John Travolta ou Tom Cruise, a ainsi fait sienne une phrase de son fondateur, Ron Hubbard, qui a intimé aux dirigeants de son association: "Vous devez vouloir à tout moment contrôler chaque personne qui entre dans votre bureau, (...) dès cet instant jusqu'à l'étape finale de la signature du chèque". Pour Jean-Christophe Hullin, cette attitude est révélatrice de l'"obsession" des scientologues pour le "rendement financier". Le procès intervient plus de 10 ans après le dépôt d'une première plainte avec constitution de partie civile par une ancienne adepte en décembre 1998. La plaignante avait été abordée en mai 1998 à la sortie d'une station de métro par des scientologues. L'association lui avait d'abord proposé un test de personnalité, puis un rendez-vous pour en interpréter le résultat. Au fur et à mesure, la jeune femme de 33 ans a dépensé 140 000FF (33 600 $ CAN) en livres, cours de communication ou de "réparation de vie", ainsi qu'en "packs de purification". Pour cela, elle a dû contracter des prêts et vider ses comptes bancaires. Lorsqu'elle a réclamé la restitution des sommes, l'association a refusé, lui proposant la signature d'un protocole. Proposition qu'elle a refusée a son tour. L'ordonnance de renvoi fait d'ailleurs une large place à ces pratiques de la Scientologie consistant non seulement à soutirer un maximum d'argent aux adeptes, mais également à les plonger dans un "état de sujétion". Pour cela, l'association vend notamment des "vitamines", pratique qui a entraîné une plainte pour "exercice illégal de la pharmacie" par l'Ordre des pharmaciens. Pour Me Olivier Morice, l'avocat des victimes, toutes ces pratiques découlent de la doctrine même de la Scientologie. Son contradicteur, Me Patrick Maisonneuve, l'avocat de l'Eglise de scientologie, veut bien admettre des dérapages individuels, mais réfute l'idée d'une escroquerie organisée. "La découverte d'un curé pédophile ne permet pas de mettre en cause toute l'Eglise catholique. J'attends de l'accusation qu'elle démontre que la Scientologie est une bande d'escrocs qui avait l'intention de l'être", ose-t-il dans L'Express daté du 14 mai. Le 17 mai 2002, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné pour la première fois en tant que personne morale la section francilienne de l'Eglise de scientologie. Les juges avaient cependant refusé de dissoudre l'association. Le 28 juillet 1997, la cour d'appel de Lyon avait jugé que les associations regroupées au sein de l'Eglise de sientologie étaient des "entreprises" ayant pour "objet" la "captation de la fortune des adeptes grâce à l'emploi de manoeuvres frauduleuses, caractérisant le délit d'escroquerie". |
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PARIS. Poursuivie, pour la première fois, en tant que personne morale, la branche française de l'Église de scientologie risque la dissolution en cas de condamnation. Le procès s'ouvre demain Le procès qui fait peur à la scientologie
Quelle que soit l'issue du procès qui s'ouvre demain devant le tribunal correctionnel de Paris, il y aura sans doute appel et, vraisemblablement, pourvoi en cassation par la suite. L'épilogue n'est donc pas pour tout de suite. Il n'empêche que jamais, sans doute, le risque de dissolution de la branche française de la scientologie n'a été aussi grand. Jusqu'à présent, les seuls membres de la secte condamnés en justice ne l'ont été qu'à titre personnel. Pour la première fois, l'Association spirituelle de l'Église de scientologie est poursuivie en sa qualité de personne morale pour escroquerie en bande organisée. Sept de ses dirigeants, dont le directeur du Celebrity Centre, la structure qui abrite les VIP du mouvement, devront, par ailleurs, répondre d'exercice illégal de la pharmacie. Adeptes à la barre C'est à l'initiative du seul juge d'instruction, Jean Christophe Hullin, que le dossier a été renvoyé en audience de jugement. Le magistrat a passé outre les réquisitions de non-lieu du parquet, ce dernier considérant que les éléments constitutifs de l'escroquerie n'étaient pas réunis pour la personne morale. Une aubaine pour l'Église de scientologie dont les moyens lui ont toujours permis de s'offrir les services d'avocats pénalistes réputés à l'image de Me Patrick Maisonneuve. À l'initiative de ce dernier, plusieurs dizaines d'adeptes devraient venir témoigner de leur bien-être à la barre et dire aussi tout le bien qu'ils pensent des prestations et des services commercialisés par la secte. En face, les plaignantes se compteront, comme à l'accoutumée, sur les doigts de la main. La scientologie, qui revendique 12 millions de fidèles dans le monde, ne séduit que quelques milliers de disciples en France. Les contentieux sont rares mais, lorsqu'ils surviennent, les responsables du mouvement préfèrent depuis plusieurs années indemniser les mécontents en échange de leur renoncement à toute action judiciaire. L'ancienne adepte - dont la plainte déposée en 1998 place la scientologie en grande difficulté - n'a visiblement jamais été séduite par la perspective d'une transaction à l'amiable. Employée dans un grand hôtel de la capitale, la jeune femme traversait alors une passe difficile à la suite d'une rupture sentimentale. Abordée à la sortie d'une bouche de métro, elle n'avait pas vu malice dans le test de personnalité proposé par un inconnu au débotté. Intriguée, elle avait même accepté dans la foulée un «cours» destiné à lui redonner confiance. Un grand classique accompagné des traditionnelles suggestions payantes de la secte: documentation, cure de purification... Il ne lui avait fallu que quelques mois pour remettre les pieds sur terre mais trop tard. Ses économies (21'000 euros) avaient changé de main. Question de méthodes Au-delà du cas de cette disciple qui s'est sentie flouée, l'instruction menée pendant dix ans s'est surtout évertuée à décortiquer les méthodes de l'Église de scientologie, souvent qualifiée de «religion business». L'accusation d'escroquerie en bande organisée repose sur la mise en oeuvre d'un système articulé autour de la recherche du profit optimal et consistant à capter la fortune des adeptes. Parmi les documents saisis par la justice figurent ainsi des recommandations à l'attention des commerciaux de la scientologie : «Si des gens ont des difficultés d'argent - et 99 personnes vous diront qu'ils ne peuvent rien se payer maintenant -, élaborez pour eux un budget, faites-leur réaliser que, pour la première fois, ils dépensent de l'argent pour eux-mêmes.» Chaque être humain étant l'artisan de son propre salut, l'Église de scientologie propose à ses apprentis un parcours spirituel, un «chemin de vie» pour partir à la découverte de soi-même et se débarrasser de ses imperfections. Mais composter son billet pour le pays du nirvana n'est pas donné. Des livres spécialisés au sauna, en passant par les cours de Dianétique et l'absorption à haute dose de vitamines, rien n'est gratuit. Et certaines marges bénéficiaires interpellent. Qu'il s'agisse des ouvrages proposés dans la librairie spécialisée ou du fameux électromètre. Vendu 5'000 euros aux apprentis scientologues, l'appareil est censé détecter les zones de détresse spirituelle. Mais, en fait, il ne mesure que la résistance électrique du corps d'une main à l'autre, les oscillations de l'aiguille dépendant de la pression des doigts. Deux lectures Sur le papier, le dossier paraît accablant. La quête de bien-être proposée par la scientologie ne serait que l'exer- cice d'une emprise psychologique à des fins lucratives. Les onze jours d'audience à venir risquent malgré tout d'être beaucoup plus contrastés. Il y a manifestement deux lectures du dossier d'instruction. En 2006, en requérant un non-lieu, le parquet de Paris avait estimé que «mus par leur seule conviction religieuse», les dirigeants de la scientologie «n'avaient tiré aucun bénéfice personnel» des faits reprochés. De quoi conforter les dignitaires du mouvement, prêts éventuellement à reconnaître quelques dérapages individuels mais en aucun cas la mise sur pied d'une organisation fondée sur l'exploitation mercantile et frauduleuse du besoin de croire. Une progression régulière en Europe Insensiblement, méthodiquement, l'Église de scientologie a gagné du terrain au cours des dernières années en Europe. Appuyé par des juristes de haut vol, menant un lobbying permanent et lançant ses people comme Tom Cruise ou John Travolta à l'assaut des citadelles réputées imprenables, le mouvement - fondé en 1954 par l'auteur de science-fiction Ron Hubbard - a accumulé les succès. L'un des derniers en date, survenu dans un fief historique du catholicisme, n'est pas le moins symbolique. Fin 2007, l'Audience nationale espagnole, la plus haute juridiction du pays, a estimé que l'État ibérique ne pouvait refuser d'inscrire l'Église de scientologie sur le registre officiel des religions. L'Espagne n'a pas été la première nation du Vieux Continent à la légaliser. La Suède, le Portugal, la Slovénie, la Hongrie et la Croatie l'avaient fait auparavant. Mais cette reconnaissance officielle intervenue sur les terres d'Isabelle la Catholique lui a conféré un formidable brevet de bonne conduite. La jurisprudence de l'Union européenne semble pour l'heure plutôt favorable à la scientologie. En 2008, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la Russie pour les manoeuvres dilatoires de la municipalité mosco- vite, qui retardait l'inscription de l'organisation comme association religieuse. Richesse affichée Forte de ces décisions, la scientologie tente de corriger son image sectaire. Elle y parvient le plus souvent et affiche ostensiblement sa richesse dans les grandes capitales, comme à Londres ou à Madrid, où elle dispose de sièges luxueux à proximité des lieux de pouvoir. Mais elle se heurte encore à forte partie en Belgique, en Allemagne et en France. En 2004, Nicolas Sarkozy avait suscité de vifs espoirs chez les scientologues. Alors ministre de l'Économie et des Finances, il avait reçu Tom Cruise, l'un des ambassadeurs de la secte. Mais la nomination récente de Georges Fenech, l'un des adversaires résolus de la scientologie, à la tête de la Mission de lutte contre les dérives sectaires, semble marquer un net raidissement. |
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Une progression régulière en Europe
Insensiblement, méthodiquement, l'Église de scientologie a gagné du terrain au cours des dernières années en Europe. Appuyé par des juristes de haut vol, menant un lobbying permanent et lançant ses people comme Tom Cruise ou John Travolta à l'assaut des citadelles réputées imprenables, le mouvement - fondé en 1954 par l'auteur de science-fiction Ron Hubbard - a accumulé les succès. L'un des derniers en date, survenu dans un fief historique du catholicisme, n'est pas le moins symbolique. Fin 2007, l'Audience nationale espagnole, la plus haute juridiction du pays, a estimé que l'État ibérique ne pouvait refuser d'inscrire l'Église de scientologie sur le registre officiel des religions. L'Espagne n'a pas été la première nation du Vieux Continent à la légaliser. La Suède, le Portugal, la Slovénie, la Hongrie et la Croatie l'avaient fait auparavant. Mais cette reconnaissance officielle intervenue sur les terres d'Isabelle la Catholique lui a conféré un formidable brevet de bonne conduite. La jurisprudence de l'Union européenne semble pour l'heure plutôt favorable à la scientologie. En 2008, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la Russie pour les manoeuvres dilatoires de la municipalité moscovite, qui retardait l'inscription de l'organisation comme association religieuse. Richesse affichée Forte de ces décisions, la scientologie tente de corriger son image sectaire. Elle y parvient le plus souvent et affiche ostensiblement sa richesse dans les grandes capitales, comme à Londres ou à Madrid, où elle dispose de sièges luxueux à proximité des lieux de pouvoir. Mais elle se heurte encore à forte partie en Belgique, en Allemagne et en France. En 2004, Nicolas Sarkozy avait suscité de vifs espoirs chez les scientologues. Alors ministre de l'Économie et des Finances, il avait reçu Tom Cruise, l'un des ambassadeurs de la secte. Mais la nomination récente de Georges Fenech, l'un des adversaires résolus de la scientologie, à la tête de la Mission de lutte contre les dérives sectaires, semble marquer un net raidissement. Auteur: D. R. |
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"Le but est de piéger les gens"
Pianiste de formation, Alain Stoffen a vécu pendant quinze ans sous l’emprise de la scientologie. Dans Voyage au cœur de la scientologie (Ed. Privé), il raconte sa descente aux enfers. Comment êtes-vous devenu membre de la scientologie ? Pianiste de formation classique, j’aspirais à des choses nouvelles. J’étais fan du pianiste Chick Corea, scientologue reconnu. Comme beaucoup, j’ai été séduit par des promesses offertes par cette secte. J’ai commencé par prendre des cours de communication, puis j’ai acheté des livres… Pendant 15 ans, j’étais intimement persuadé que je devenais de plus en plus authentique, que la scientologie détenait toutes les solutions à mes problèmes, alors que c’était tout l’inverse. Je me suis laissé enrôler, sans m’en rendre compte, par une mise en scène trompeuse. Quel est le profil des scientologues ? Il y a une vision très caricaturale de la scientologie. Il n’y a aucun délire mystique ou ésotérique, il n’y a pas de gourou illuminé et tout le folklore qui va avec. Les adeptes sont en costumes cravate ou en tailleur Chanel. Ils sont dans une dynamique très positive avec plein de projets… Ils installent une confiance avec ceux qu’ils veulent attirer, ils trouvent leurs failles, proposent le test de personnalité, et donnent des résultats catastrophiques pour leur proposer des solutions. Le but est de piéger les gens, et ça marche… Vous avez réussi à vous procurer votre dossier d’éthique. Quelles ont été les révélations ? Ça a été un électrochoc. Quinze ans de ma vie se sont écroulés. Ce document confidentiel de 120 pages, comprenant les notes, les rapports et les circulaires rédigés par la scientologie sur ma personne, m’a fait comprendre l’ampleur du désastre, l’énormité des mensonges. Là, j’ai décidé de partir. J’ai porté plainte en 2002 contre cette secte pour “escroquerie et extorsion en bande organisée, chantage, exercice illégal de la médecine, exercice illégal de la pharmacie”. Une plainte et un livre contre la scientologie. Ne redoutez-vous pas des représailles ? J’ai été menacé à plusieurs reprises, mais il ne m’est rien arrivé. La médiatisation me protège. |
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La scientologie risque d’être liquidée en France
Le plus important procès jamais intenté en France contre la secte de la scientologie s’ouvre aujourd’hui au Tribunal correctionnel de Paris et se terminera mercredi 17 juin. Certes, des scientologues, à titre uniquement personnel, ont déjà été condamnés, en 1997 à Lyon, et en 1998 à Marseille. En 2002, pour la première fois, une personne morale attachée officiellement à l’Eglise de scientologie (sa section de l’Ile-de-France) avait été frappée d’une amende de 8000?euros pour avoir fiché informatiquement d’anciens adeptes. Mais les débats qui commencent cet après-midi sont d’une tout autre gravité. Voyez plutôt. Sept dirigeants et deux personnes morales, dont la secte elle-même – à savoir l’Association spirituelle de l’Eglise de scientologie –, sont accusés notamment d’escroquerie en bande organisée, recel aggravé, extorsion, exercice illégal de la pharmacie. De plus, si à l’issue de ce procès cette «Eglise» est condamnée en tant que personne morale, elle risque la liquidation judiciaire. L’affaire remonte à 1998 avec la plainte d’une ancienne adepte. Il s’en est suivi une instruction longue et complexe, émaillée de multiples incidents de procédure provoqués par les défenseurs de la secte. En outre, en 2006, le parquet lui-même demanda au juge d’instruction d’enterrer le dossier par une ordonnance de non-lieu. Mais le magistrat avait refusé et, finalement, le Tribunal de Grande Instance avait ordonné le renvoi des accusés en jugement. Cette prise de position du parquet – qui en France dépend du gouvernement – avait alimenté la polémique, l’opposition soulignant la somptueuse réception, en 2004, de la vedette scientologue Tom Cruise par le ministre Nicolas Sarkozy. Un PDG pris dans la secte Le dossier est fondé sur quatre plaintes venant d’anciens adeptes ou de leur entourage. Un point commun les relie: tous souffraient de détresse morale, voire de dépression, lorsqu’ils ont été approchés par la secte. Ainsi, la première plaignante a décrit les pressions dont elle a été l’objet de la part de ses «superviseurs». Après un examen bidon qui la déclarait très affectée psychiquement, elle a été incitée à acheter au prix fort des «cours de réparation de vie», des «procédures de purification», des «traitements» à la vitamine (d’où l’accusation d’exercice illégal de la pharmacie) et de pénibles séances de sauna. En tout, elle a déboursé plus de 21?000?euros (près de 32?000?francs) après avoir liquidé toutes ses économies. Le cas le plus troublant est offert par le président-directeur-général d’une entreprise qui, prit dans les rets de la secte, a failli mettre en péril sa propre société après avoir versé des sommes importantes à divers organismes scientologues, représentant jusqu’à 12% de la masse salariale. Tous les accusés contestent le caractère pénal de leurs actes, affirment que ce procès est le fruit d’un complot tramé contre eux par les organismes antisectes et en appellent à la liberté religieuse. Ils devront désormais en convaincre leurs juges. Commentaire de Jean-Luc Barbier, président de l'AVDS Interdire la scientologie me semble impossible pour le moment Nos autorités devraient plutôt envisager d'interdire son service de police interne et saisir les fichiers illégaux qui ont été établis sur nos concitoyens. Un comité de médecins indépendants devrait être mis en place pour contrôler la thérapie pseudo-psychiatrique qui est administrée aux adeptes. Cette thérapie vendue à prix d'or ne respecte aucune déontologie médicale et la plupart du temps est faite sous la menace et la contrainte (Par exemple menace de mourir si l'on ne fait pas le nécessaire pour acheter rapidement les niveaux confidentiels de scientologie)
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| Comment la Scientologie cherche à recruter en France Delphine Chayet
Un mouvement créé aux États-Unis en 1954. L'Église de scientologie a été fondée en 1954 aux États-Unis par Ron Hubbard, un auteur de science-fiction mort en 1986. Le mouvement existe en France depuis 1959 sous le statut d'association loi de 1901. Il est implanté dans une dizaine de grandes villes dont Angers, Clermont-Ferrand, Saint-Étienne ou Lyon. Environ 45 000 personnes sont inscrites dans le fichier de l'association, mais seuls 10 % d'entre elles seraient des fidèles actifs, selon Danièle Gounord, porte-parole de la Scientologie en France. Son audience, vieillissante, est en perte de vitesse. L'organisation, soupçonnée de dérives sectaires depuis 1983, règne sur une nébuleuse d'associations qui défendent les droits de l'homme ou les victimes de catastrophes, luttent contre l'exclusion ou dispensent des cours de soutien scolaire. Elle s'autofinance par le biais de la vente de livres au grand public Hubbard est l'auteur de quelque 400 ouvrages et 4 000 conférences et les enseignements proposés aux fidèles. Un séminaire coûte «entre 50 et 400 euros », selon la porte-parole de l'«Église», qui refuse de dévoiler le budget annuel. Un objectif: «la purification» Son action est fondée sur la «dianétique» terme signifiant «à travers l'âme» -, méthode qui permettrait d'accéder au bonheur en se purifiant des éléments mentaux négatifs. Cette philosophie appliquée prétend résoudre les problèmes de l'esprit, de la vie et de la pensée. Les futurs adeptes sont intronisés lors de séances de «purification», souvent à l'aide d'un électromètre, appareil utilisé pour détecter les «zones de détresse spirituelle». Les scientologues prônent la monogamie et la sainteté du mariage. Les ministres de Scientologie, considérée comme une religion aux États-Unis depuis 1973, célèbrent aussi des baptêmes, des mariages et des funérailles. Opération séduction Longtemps privilégié par la Scientologie, le prosélytisme sauvage cède de plus en plus la place aux méthodes de communication modernes (mailings, réalisation de DVD, publicités éditoriales déguisées, etc.). Sur le terrain, les scientologues se déplacent physiquement au moindre événement attisant la polémique (manifestations, émeutes, mouvements sociaux). Toujours motivée par l'envie de «faire un monde meilleur» , l'Église de scientologie se trouve lancée dans une savante «opération séduction», désireuse de ne plus apparaître comme un groupe d'«empêcheurs de tourner en rond» et de séduire un public plus jeune. Démêlés judiciaires Défendue par une escouade d'avocats internationaux, l'Église de scientologie régulièrement poursuivie parvient généralement à passer à travers les mailles du filet. Elle a ainsi été condamnée pour la dernière fois en France en 2001, pour violation des lois relatives aux fichiers informatiques et libertés. En 1996, l'ancien président de l'Église de scientologie de Lyon avait été déclaré coupable d'homicide involontaire, d'escroquerie et de tentative d'escroquerie. À l'automne dernier, un non-lieu a été prononcé en faveur d'une vingtaine de scientologues, poursuivi notamment pour «escroquerie» par un jeune couple d'adeptes. Une implantation européenne Répertoriée comme association religieuse dans de nombreux pays européens, où elle rencontre un succès relatif, la Scientologie a récemment connu plusieurs revers de fortune. Menacée en Espagne et en Autriche par plusieurs procédures judiciaires, elle a ainsi remboursé sans mot dire des dizaines d'adeptes déçus. En Italie, un fait divers impliquant un haut responsable du Celebrity Center parisien a également fait grand bruit mi-janvier, tandis que la Belgique se prépare à accueillir, en 2009, un procès-fleuve impliquant douze membres soupçonnés d'extorsion, escroquerie et non-assistance à personne en danger. En Allemagne, enfin, la disgrâce est totale : voyant en elle une secte qui se fait passer pour religion afin d'obtenir des fonds, le gouvernement vient de déclarer l'Église de scientologie «inconstitutionnelle». Des projets immobiliers ambitieux En matière de foncier, la Scientologie frôle parfois la folie des grandeurs. À Berlin, elle a ainsi inauguré en janvier son nouveau siège pour l'Allemagne et l'Europe de l'Est, sis dans un immeuble de 4 000 m2 face au palais de Charlottenburg. À Boston, le building entier qu'elle compte occuper demeure vide. Tout comme celui de Bruxelles, où les 8 000 mètres carrés de locaux récemment acquis près du palais de justice attendent encore leurs fidèles. |
| Procès: la Scientologie risque la dissolution par Angélique Négroni
Le tribunal correctionnel de Paris juge à partir de lundi sept adeptes et deux personnes morales pour escroquerie en bande organisée. Pour la première fois, l'organisation court le risque d'une dissolution de sa principale structure en France. Jusqu'à présent, la justice n'était parvenue qu'à éclabousser la réputation de certains de ses membres. Elle pourrait désormais porter un coup fatal à la Scientologie en France. Tel est l'enjeu du procès qui s'ouvre lundi devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Un procès exceptionnel qui devrait faire date dans les annales judiciaires. Aux côtés de sept prévenus, l'association spirituelle de l'Église de scientologie-Celebrity Centre (ASES-CC) - la principale structure en France située à Paris - est pour la première fois mise en cause en tant que personne morale dans un dossier d'escroquerie en bande organisée. La société anonyme SEL, la librairie phare de l'organisation, figure également au nombre des mis en examen. Ce renvoi en correctionnelle décidé par le juge d'instruction, Jean-Christophe Hullin, peut se révéler lourd de conséquence pour l'organisation. Durant les onze jours d'audience prévus, cette dernière joue en fait son avenir en France car, au terme des débats et en cas de condamnation, la dissolution pourrait être prononcée. Une sanction qui n'expose certes que les deux organisations parisiennes. Mais, pour beaucoup, si elle était appliquée, elle marquerait le début du déclin de l'empire Ron Hubbard dans notre pays. Au cours de ce procès, les débats vont se concentrer sur le but visé par cette organisation. A-t-elle pour vocation de promouvoir une méthode d'éveil spirituel comme elle l'indique ou est-elle une vaste entreprise destinée à escroquer des victimes pour dilapider leur fortune, comme en est convaincu Me Olivier Morice, l'avocat des victimes ? Pour ce dernier, ce procès est l'aboutissement d'un long bras de fer entre la justice et la Scientologie. «Il y a eu un jugement important à Lyon en 1997 et des condamnations pour escroquerie. Les méthodes de l'organisation soumises aujourd'hui aux magistrats sont les mêmes qu'il y a douze ans. Mais la justice peut condamner la structure et non plus les lampistes.» Cures de vitamines et séances de sauna Dans son ordonnance de renvoi, le juge d'instruction a donc passé en revue tout l'attirail du scientologue et les traitements auxquels il doit se soumettre. Il y a l'électromètre, que les membres doivent se procurer pour 5 000 euros et présenté comme un outil important dans le cursus des adeptes. Il y a aussi les vitamines à prendre en cure. Selon l'ordonnance, s'il n'est qu'un leurre pour donner une apparence scientifique aux tests, le premier ne fait mal qu'au porte-monnaie. Les secondes, à l'inverse, seraient plus nocives. Elles auraient pour conséquence, selon ce même document, de «plonger les personnes dans un état de fatigue extrême, entraînant une désocialisation progressive (…) et finalement une situation de sujétion». Un état savamment entretenu par des séances de sauna interminables, des épreuves physiques à répétition et des cours pouvant durer douze heures. De quoi rendre sans résistance même le plus vaillant des adeptes, selon le juge d'instruction. Cette terrible image de machine à broyer les victimes, Me Patrick Maisonneuve, qui défend l'ASES-CC, va tenter de la combattre. «Il ne s'agit pas de savoir si la scientologie est une religion ou non», prévient-il en poursuivant : «Les débats ne doivent porter que sur l'escroquerie organisée que je conteste», dit-il. «Il n'y a pas de manœuvre frauduleuse. La Scientologie n'avance pas masquée. Elle a pignon sur rue.» Et si cette grande arnaque généralisée existait vraiment, les victimes devraient, selon l'avocat, se compter par centaines au lieu de n'être que deux. Trois avec le Conseil national de l'ordre des pharmaciens. «Il peut y avoir des dérives», admet encore l'avocat. De possibles dérapages isolés qui ne doivent pas ternir la réputation du groupe. Or, pour le parquet, il n'y a même pas l'ombre d'un seul acte répréhensible dans l'affaire, puisqu'il a rendu des réquisitions écrites de non-lieu. Une position que la défense saura habilement rappeler mais qui pourrait aussi évoluer à la lumière des débats. |
| La scientologie face à ses proies Justice. Le procès pour escroquerie de la secte s’ouvre aujourd’hui à Paris. Par Ondine Millot
La scientologie française menacée de dissolution ? Si l’on s’en tient au code pénal, c’est bien là l’enjeu du procès qui s’ouvre aujourd’hui à Paris. Certes, ce n’est pas la première fois que l’Eglise de scientologie, considérée depuis 1995 par la France comme une secte, connaît des démêlés avec la justice. «Mais ce n’est que la deuxième fois que la scientologie est poursuivie en tant que personne morale pour des faits d’escroquerie», souligne Olivier Morice, avocat de parties civiles. La première fois, en 2003, elle avait été relaxée du chef d’escroquerie, mais condamnée pour une infraction à la loi sur les fichiers informatiques. Pendant onze demi-journées d’audience, le tribunal correctionnel de Paris va examiner les plaintes de deux anciennes adeptes, Madame M., gouvernante dans un hôtel, ruinée en quelques semaines par ses «dons» (plus de 21 000 euros) et Madame R., employée d’une agence immobilière dont le patron l’a forcée à suivre des «cours de communication». Trois autres plaintes avaient été déposées. Elles ont été retirées après des transactions financières, méthode habituelle de la scientologie. L’ordonnance de renvoi résumant neuf années d’instruction présente une analyse détaillée de l’ensemble de ces «méthodes». Procédés qui, selon elle, n’ont qu’un «seul but» : «capter la fortune» des adeptes. Recruter des personnes fragiles Madame M. l’a expliqué au juge d’instruction. Après une rupture sentimentale, elle se sent «très fragile psychologiquement» lorsqu’elle est démarchée, dans la rue, en mai 1998, par un adepte qui lui propose un test de personnalité. Les résultats étant jugés «très négatifs», on lui propose immédiatement un premier séminaire de dianétique (une «science de la santé mentale» selon Ron Hubbard, le fondateur américain de la scientologie). Ce séminaire est associé à un programme de «cours de communication et de réparation de vie» pour 4'816 euros. Madame B., une autre ex-adepte ayant finalement retiré sa plainte, connaissait également de grandes «difficultés personnelles» lorsqu’une femme lui a fait remplir dans un train le même test de personnalité, «sans qu’aucune mention ne soit faite du lien avec la scientologie». Résultats également très mauvais. «Les membres de la scientologie interrogés ont reconnu que dans 80 % des hypothèses, le test donnait des résultats négatifs», précise l’ordonnance de renvoi. Les maintenir dépendants Le premier séminaire de Madame M. à peine achevé, on lui conseille d’acheter pour 1 670 euros d’ouvrages auprès de la Librairie scientologue française (SEL), qui fait partie, avec l’Association spirituelle de l’église de scientologie, des deux personnes morales poursuivies (aux côtés de sept dirigeants). Elle doit ensuite se munir d’un «électromètre», facturé près de 5 000 euros. Cet appareil, qui fait passer un courant électrique dans le corps des adeptes et fournit un résultat chiffré interprété par les scientologues lors de séances de tests «n’est rien d’autre qu’un leurre», a conclu un expert mandaté par l’instruction. Là encore, le résultat des «tests» est toujours négatif, et permet de prescrire l’achat de nouveaux «cours» ou cures de vitamines. Administrées en surdose, ces vitamines associées à d’«interminables» séances de sauna ont pour but de plonger les adeptes dans un état de «fatigue extrême» et de «sujétion», conclut l’instruction. Chèques à gogo En quelques semaines, Madame M. liquide son Codevi, son livret de Caisse d’épargne, son plan d’épargne logement et son assurance-vie. Comme ce n’est toujours pas suffisant, son superviseur, qui comparaît aujourd’hui, lui demande de souscrire un crédit auprès d’un organisme avec lequel il lui dit «travailler régulièrement». Un soir, il la conduit chez elle «pour y récupérer un chéquier afin d’établir, tard dans la nuit et pratiquement sur la voie publique», une série de chèques à l’ordre de l’association. L’instruction a fait le lien entre ces méthodes de «harcèlement» et des consignes internes de la scientologie rédigées par Ron Hubbard : «Faites de l’argent, faites de l’argent, faites plus d’argent, obtenez que les autres produisent plus afin de faire plus d’argent.» Eviter les procès L’ensemble des plaignants disent avoir fait l’objet de pressions et de propositions financières. Pour l’un d’eux, qui s’est finalement rétracté, le montant versé approche les 33 000 euros. La scientologie, qui vise la respectabilité, est prête à tout pour éviter l’opprobre d’un procès. Ici, elle a aussi multiplié les tactiques dilatoires et procédurales. Et failli parvenir à ses fins, puisque, en 2006, le parquet avait requis un non-lieu général. L’instruction a passé outre, mais cette absence de soutien du ministère public a un poids : cet après-midi, dans une salle probablement comble de scientologues, les deux parties civiles restantes craignent de se sentir bien seules. |
| Eglise de Scientologie. En Bretagne aussi
Voir la video qui est présente uniquement sur le site de telegramme.com L'Eglise de Scientologie joue son avenir en France. De nouveau jugée pour escroquerie, si elle est condamnée, elle pourrait être dissoute. En Bretagne, cette «association spirituelle» -et non secte- a pignon sur rue, à Vannes. Les scientologues ne sont pas des grands communicants. Il y a quelques jours, nous avons contacté l'antenne vannetaise de ce mouvement dans l'espoir de rencontrer ses responsables. «Nous ne répondons pas à ce genre de sollicitation» nous a gentiment, mais fermement, répondu une jeune femme à l'autre bout du fil. Pourtant, les scientologues vannetais, installés depuis 2004 avenue de Verdun, sortent parfois de leur perma- nence. «Ils distribuent des tracts dans les boîtes aux lettresprécise Annick Heritte, responsable de l'ADFI Sud-Bretagne, association de victimes des sectes. Ils organisent également des manifestations contre les abus de la psychiatrie sous couvert d'une association baptisée Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH).Groupe qui, sous cette appellation qui sonne résolument respectable, tente d'attirer ceux et celles qui ne connaissent pas sur le bout des doigts les rouages de la Scientologie. Un stand à la Foire Internationale de Nantes À plusieurs reprises également, ce groupe de scientologues - mené par un couple de commerçants de la ville - a fait signer des pétitions dans les rues de Vannes et d'Auray. «Là aussi ils avançaient masqués. À chaque fois, les gens ont eu des réactions assez vives quand elles se sont rendu compte à qui elles avaient affaire», poursuit Annick Heritte. Parallèlement à ces tentatives de prosélytisme sur les pavés, les scientologues tentent de faire des incursions lors d'événements qui attirent des milliers de personnes. C'était le cas, par exemple, en avril dernier à la Foire Internationale de Nantes qui se tenait à la Beaujoire. La Scientologie y tenait un stand sous la bannière du SEL, Scientologie Espace Liberté. Sur la table, de nombreux exemplaires d'un seul et même ouvrage «La Dianétique». La bible des scientologues écrite par Ron Hubbard, le fondateur américain du mouvement. L'ADFI s'était émue de la présence des scientologues à la Beaujoire, qui proposaient également aux visiteurs de passer un test de personnalité. Le directeur leur avait répondu que le SEL était une société tout à fait légale. Et que l'interdire d'exposer pouvait être considéré comme un refus de vente.Depuis, les organisateurs se sont quand même engagés à être plus vigilants. A la recherche d'argent À Nantes toujours, le mouvement a tenté de s'infiltrer auprès des maisons de quartier par l'entremise de son association «Le Chemin du Bonheur». Il proposait à ces organisations associatives de collaborer activement à leurs actions. Tentative qui a provoqué une levée de boucliers. Une entreprise finistérienne ponctionnée Contrairement à d'autres mouvements, les scientologues ne cherchent pas systématiquement à convaincre de nombreux nouveaux adeptes. «Ils sont plutôt à la recherche de fonds», poursuit Annick Herrite. À ce titre, ils avaient défrayé la chronique il y a quelques années dans la région quimpéroise. Un des leurs, qui était P-DG de Parangon, une entreprise de moulage plastique de Briec, avait versé près d'un million de francs (150.000euros) à l'«association spirituelle», via des organismes de formation dépendants de celle-ci. Les salariés inquiets de la tournure que prenaient les choses, et considérant que ces formations étaient «décalées», avaient entamé une grève de plusieurs jours portant ainsi l'affaire sur la place publique. Le P-DG qui détenait 70% des parts de l'entreprise avait choisi de démissionner et de rembourser les sommes détournées. Quelques mois plus tard, l'entreprise était rachetée par un repreneur. Georges Fenech: «Le but lucratif ne fait aucun doute»
Georges Fnech, président de la MIVILUDES. Photo AFP G. Fenech : «Le but lucratif ne fait aucun doute». Georges Fenech, ancien député du Rhône, préside depuis septembre dernier la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Selon lui, le but lucratif de la Scientologie ne fait aucun doute. Georges Fenech a rendu son rapport sur les sectes la semaine dernière. Selon lui, les valeurs élitistes de ce mouvement vont à l'encontre des valeurs républicaines. La Scientologie est-elle une secte ? On n'est pas sur une classification de ce type, même si on assiste à des dérives sectaires. Mais cette organisation soulève incontestablement des inquiétudes sur un certain nombre d'aspects: exigences financières exorbitantes, manipulations mentales, coupures familiales. La Scientologie se propose de faire émerger une contre-société basée sur l'élitisme aux antipodes des valeurs républicaines. Ce mouvement est-il influent ? Sa stratégie d'infiltration et de lobbying est très forte derrière des paravents qui sont généralement des ONG. On l'a vu récemment. La Scientologie a réussi à piéger une centaine de parlementaires au sujet de prétendus abus de la psychiatrie. Ces derniers ont interpellé le ministre de la Santé à ce sujet. Les scientologues cherchent coûte que coûte à s'approcher des lieux de pouvoir. Aux USA par exemple, ils ont réussi à rentrer en contact avec les candidats à la présidence du pays. En France, malgré tout, on a réussi à contenir leur volonté d'infiltration. Combien de scientologues compte-t-on en France ? Le mouvement revendique 40.000 adhérents. Je pencherais plutôt pour 1.500/2.000 membres. Leur volonté n'est pas d'étoffer considérablement leurs rangs. Mais d'amasser le plus d'argent. Le caractère commercial et lucratif de cette organisation ne fait aucun doute. Propos recueillis par D.D. |
| Si la Scientologie est condamnée elle pourrait être dissoute
L'Eglise de Scientologie joue gros à partir d'aujourd'hui. Elle est jugée pour «escroquerie en bande organisée» et «exercice illégal de la pharmacie». L'Association spirituelle risque même la dissolution en France en cas de condamnation. C'est la seconde fois qu'elle est jugée en tant que personne morale. Le précédent remonte à 2003: la cour d'appel de Paris avait alors relaxé l'association du chef d'escroquerie. Cette fois-ci, outre l'Association spirituelle de Scientologie (ASES-CC - Celebrity Centre) et sa librairie, la SEL, le juge a renvoyé en correctionnelle sept scientologues, dont Alain Rosenberg, directeur général du Celebrity Centre. L'affaire, qui sera jugée jusqu'au 10juin, a débuté par une plainte pour escroquerie, fin 1998. Abordée par des scientologues pour un test de personnalité gratuit, une femme avait fini par dépenser 20.000euros pour des cours «de communication et de réparation de vie», l'achat de livres, de médicaments et d'un «électromètre», un appareil électrique censé mesurer la«charge mentale». Pour les experts, le verdict est sans appel: Cet «appareil n'est qu'un leurre destiné à donner un aspect scientifique à une opération qui n'a rien de tel». |
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Procès: la Scientologie interdite en France ?
Le procès pour "escroquerie en bande organisée" de la Scientologie, considérée en France comme une secte mais aux Etats-Unis comme une religion, s'est ouvert lundi à Paris et durera jusqu'au 17 juin. A terme, l'organisation pourrait être frappée d'une interdiction sur le territoire français Six responsables, dont son dirigeant français Alain Rosenberg, 60 ans, et ses deux principales branches françaises, l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie (ASES-CC - Celebrity Centre) et la librairie SEL (Scientologie espace liberté) font face à trois plaignants - deux ex-adeptes et l'Ordre des pharmaciens. Un septième prévenu renvoyé en correctionnelle est décédé avant le procès, a-t-il été indiqué à l'audience. L'avocat des plaignants, Olivier Morice, a dit que la Scientologie avait tenté d'obtenir in extremis le retrait des plaintes moyennant de fortes sommes, mais elles les ont refusées et viendront mardi et mercredi. Non-lieu demandé à l'instruction Les prévenus sont accusés d'avoir soutiré des dizaines de milliers d'euros à quatre anciens adeptes, en profitant de leur vulnérabilité. Ils encourent au total sept ans de prison et un million d'euros d'amende. Certains sont également poursuivis pour "exercice illégal de la pharmacie". L'affaire a débuté par la plainte d'une femme, fin 1998. Abordée par des scientologues pour un test de personnalité gratuit, elle avait fini par dépenser 20'000 euros pour des cours "de communication et de réparation de vie", l'achat de livres, de médicaments et d'un "électromètre", un appareil électrique censé mesurer la "charge mentale" présente chez les patients. Les plaignants, dont deux sur quatre se sont désistés, ne devraient pas pouvoir compter sur le soutien du parquet, qui avait requis un non-lieu général au moment de l'instruction. Lancé en 1954 Le mouvement fondé en 1954 par l'écrivain américain de science-fiction Ron Hubbard, qui revendique 12 millions de membres dans le monde et 45 000 en France, est considéré comme une religion aux Etats-Unis, où il compte des membres aussi renommés que les acteurs Tom Cruise ou John Travolta. En France, l'Eglise de Scientologie a été classée comme "secte" dans un rapport parlementaire de 1995, jamais actualisé depuis, et connu de nombreux démêlés avec la justice. Mais "c'est la première fois qu'elle est renvoyée en correctionnelle pour escroquerie en bande organisée", saluait avant l'audience Me Morice, satisfait que la justice puisse "examiner les responsabilités des scientologues". "C'est un procès en hérésie", répond la porte-parole de la Scientologie en France, Danièle Gounord, en déplorant un "acharnement" contre son organisation. Dénoncées En cas de condamnations, l'Eglise de Scientologie encourt la dissolution de ses structures françaises. Mais une telle issue reste lointaine, car si elle était prononcée, elle devrait être confirmée en appel puis en cassation. Selon l'accusation, le centre de Scientologie a exercé "une emprise psychologique" sur les plaignants. "Des accusations mensongères", dénonce l'Eglise de Scientologie, qui rappelle le désistement de deux des plaignants initiaux. Appel à l'ONU La Scientologie a saisi le rapporteur spécial sur la liberté de religion à l'ONU pour mettre en cause Georges Fenech, actuel président de la mission interministérielle dédiée aux sectes, a dit Eric Roux, représentant en France de la Scientologie. Le procès s'ouvre après de nombreux rebondissements depuis le début de l'instruction en 1998. Le dossier s'est affaibli suite au désistement de trois des plaignants, qui ont transigé financièrement avec la scientologie. Des responsables de la Scientologie ont déjà été condamnés pour escroquerie à Lyon en 1997 et Marseille en 1999. La branche francilienne du mouvement a été sanctionnée de 8000 euros d'amende en 2002 pour le fichage informatique d'anciens adeptes. LeMatin.ch & les agences |
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La Scientologie jugée à Paris pour escroquerie
Considérée en France comme une secte mais admise comme une religion aux Etats-Unis, la Scientologie sera pour la première fois jugée à partir de lundi à Paris pour "escroquerie en bande organisée". Sept responsables, dont son dirigeant français Alain Rosenberg, 60 ans, et ses deux principales branches françaises, "l’Association spirituelle de l’Eglise de Scientologie" et la librairie SEL (Scientologie espace liberté) feront face à trois plaignants - deux ex-adeptes et l’Ordre des pharmaciens. Ce procès en correctionnelle durera jusqu’au 17 juin. Les personnes physiques, également poursuivies pour "exercice illégal de la pharmacie", encourent jusqu’à dix ans de prison et un million d’euros d’amende, les personnes morales une amende cinq fois supérieure et l’interdiction d’activité, ce qui aboutirait à la dissolution du groupement en France. L’enjeu est donc crucial pour ce mouvement fondé aux Etats-Unis dans les années 50 par l’écrivain de science-fiction Ron Hubbard et qui revendique aujourd’hui des millions d’adeptes dans le monde. Il poursuit son expansion avec notamment un récent début de reconnaissance officielle en Espagne. Son hypothétique dissolution interviendrait toutefois à longue échéance. Il n’y aura pas d’accusation à ce procès, puisque le parquet avait requis en 2006 un non-lieu général, estimant que les prévenus avaient agi de bonne foi en raison de "convictions religieuses". Si l’interdiction d’activité est prononcée, elle n’entrera en vigueur que si elle est confirmée en appel et en cassation, ce qui prendrait des années. Par ailleurs, le dossier est affaibli par le désistement de trois des plaignants ayant transigé financièrement avec la Scientologie. L’instruction, ouverte en 1998, a été longue. L’organisation d’un procès n’a donc tenu qu’à un fil - une ordonnance de renvoi du juge d’instruction Jean-Christophe Hullin rendue en septembre 2008 contre l’avis du procureur. Une autre instruction ouverte à la fin des années 1980 a tourné court après la mystérieuse disparition en plein palais de justice de Paris d’une grande partie du dossier d’enquête. UNE AMBIGUITE DU POUVOIR POLITIQUE ? "On n’a pas le sentiment qu’il y ait une volonté d’atteindre la Scientologie d’un point de vue politique, au niveau de la mise en oeuvre de l’action publique. C’est une interrogation", a déclaré à Reuters Me Olivier Morice, avocat des plaignants. La Scientologie se targue de puissants appuis, et l’acteur américain Tom Cruise, son porte-drapeau mondial, n’a pas caché avoir abordé le sujet de son "église" lorsqu’il avait été reçu officiellement en 2004 à Bercy par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie, deux mois après la fin de l’instruction. Le gouvernement français avait alors démenti tout lien avec le "déplacement" de policiers des Renseignements généraux chargés de surveiller la Scientologie. Alors que le juge Hullin préparait sa décision, Emmanuelle Mignon, alors directrice de cabinet du président Nicolas Sarkozy à l’Elysée, avait suscité une polémique en février 2008 en estimant que les sectes étaient un "non-problème" et en évoquant le droit de la Scientologie à "exister en paix". Me Patrick Maisonneuve, qui défendra le groupement américain au tribunal, va soutenir que la justice n’a pas à intervenir dans les affaires d’une "religion" et que les faits litigieux relèvent de "dérapages individuels". Dans son ordonnance de renvoi, le juge Hullin rappelle notamment que des responsables de la Scientologie ont déjà été condamnés pour escroquerie à Lyon en 1997 et Marseille en 1999 et que sa branche francilienne a été sanctionnée de 8.000 euros d’amende en 2002 pour le fichage informatique d’anciens adeptes. Il balaye la controverse sur le prétendu statut de religion de la Scientologie : "En ce qui concerne l’engagement religieux des intéressés, et quoi qu’il ne soit pas dans les attributions de la juridiction d’en apprécier la consistance, il a été rappelé qu’il n’était pas de nature à les affranchir de leur reponsabilité pénale pour les faits volontairement commis dans le but de s’enrichir". La scientologie est une secte(association si vous préférez) criminogène. Ma fille unique, ancienne élève d'Olivier Messiaen, premier prix de composition, pensionnaire à la villa Médicis 1980-1982 (belle proie) a été happée par cette association mafieuse dont les critères sont : POUVOIR & ARGENT, s'autoproclamant religion afin de mieux tromper leurs futurs adeptes. Ma fille a séjourné pendant 2 ans à Buffalo(Etat de New york) et repaire de scientologues - Elle a subit à cet endroit un sérieux lavage de cerveau. Ces malfaisants ont d'abord exigé une rupture avec moi(sa mère)mais également avec tous les membres de la famille. Je viens de lire l'ouvrage d'Alain Stoffen, EX-disciple de cette soi-disant religion, où il dénonce les méthodes employés pour détruire toute forme d'auto-critique afin de réduire leurs adeptes en un état de sujétion (forme d'esclavage) Je me réjouis en pensant qu'actuellement à lieu un procès contre cette odieuse association. La scientologie est d'origine américaine, aussi je me permets d'écrire au Président DES USA Barack Obama, afin de dénoncer cette mafia. Le texte de cette lettre sera prochainement sur mon site : vampiri-secte Merci d'avoir lu ce témoignage. Puisque ces sectes commencent toujours leur vilain travail par séduire, rappelez vous cette maxime: Trop poli pour être honnête. Commentaire posté par Gisele Tual sur le site www.martinique.franceantilles.fr le lundi 25 mai 2009 |
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Les dossiers judiciaires de l'Eglise de Scientologie
L'Eglise de Scientologie, qui doit être jugée du 25 mai au 10 juin, avec sept scientologues, par le tribunal correctionnel de Paris, pour "escroquerie en bande organisée", a déjà eu bien des démêlés judiciaires en France. En 1978, son fondateur Ron Hubbard (1911-1986) a été condamné par défaut à 4 ans de prison en France pour escroquerie. En juillet 1997, la cour d'appel de Lyon condamne l'ancien président de la scientologie à Lyon, Jean-Jacques Mazier, pour homicide involontaire et escroquerie, pour sa responsabilité dans le suicide d'un adepte. Cinq autres adeptes sont condamnés pour escroquerie ou complicité mais neuf sont relaxés. En 1999, cinq scientologues sont condamnés à Marseille pour escroquerie. Quatre ans plus tard, en octobre 2003, l'Eglise de Scientologie d'Ile-de-France est condamnée pour le fichage illicite d'anciens membres. Mais elle est relaxée du délit d'entrave aux fonctions de contrôle des agents de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil). Elle est en revanche renvoyée en correctionnelle le 8 septembre 2008 par un juge parisien pour "escroquerie en bande organisée", à la suite d'une plainte déposée en 1998. C'est cette affaire qui doit être jugée le 25 mai. Un autre dossier d'escroquerie a été ouvert en 2002 après la plainte d'un ancien adepte, Alain Stoffen, et est toujours instruit à Paris car le non-lieu prononcé en 2006 a été infirmé en 2007 en appel. Soupçonnée d'une influence éventuelle dans le suicide d'une jeune adepte à Nice, en mars 2008, la Scientologie a par ailleurs été mise hors de cause en décembre 2008 mais une instruction est toujours en cours sur le suicide d'une autre adepte, en décembre 2006 à Colombes (Hauts-de-Seine). En mars 2009, la cour d'appel de Paris a confirmé un non-lieu, "faute de charges contre quiconque", en faveur de l'Eglise de Scientologie dans un dossier d'escroquerie ouvert en 1989 sur la plainte d'un adepte, mais l'affaire est en cassation. Des plaintes de 1983 avaient été jointes à cette instruction. AFP - le 25 mai 2009 |
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Procès: une bande d'escrocs les scientologues?
Le procès de l' «Association spirituelle de l'Eglise de scientologie» pour «escroquerie en bande organisée», s'est ouvert cet après midi au tribunal correctionnel de Paris. Premier accusé, et cela en tant que personne morale, le principal centre parisien de cette secte qui figure sur la liste établie en 1995 par le rapport de la commission parlementaire chargée d'enquêter sur le phénomène sectaire. Mais sept de ses adeptes sont aussi jugés, dont certains pour « exercice illégal de la pharmacie ». Seuls deux des quatre personnes à l'origine de la plainte, et qui s'étaient vues délester de 15 245 à 114 336 euros, se sont constituées parties civiles. Ces sommes assez considérables ont été dépensées en auditions "dianétiques » sensées aider à reprendre confiance en soi, en stages de purification basés sur des cures de sauna et sur la prise de vitamines et de sels minéraux, en interrogatoires à l'électromètre, un appareil qui détecterait les zones d'angoisses dans le corps, ou encore en achats du fameux éléctromètre et de toute une littérature scientologue aussi absconde qu'hors de prix. Pour éviter les procès - celui-ci est le cinquième en France depuis 1996 - l'Eglise de scientologie rembourse désormais les adeptes devenus par trop récalcitrants. Ce fut le cas pour deux personnes dont les dossiers ont été joints, à ceux des plaignants, au procès qui se déroule à partir d'aujourd'hui et durant quatre semaines. Satisfaits d'être à peu près rentrés dans leurs frais, ces anciens disciples ont retiré leur plainte. Mais les méthodes qu'em- ploierait la secte pour soutirer de l'argent à ses adeptes et même quand ces derniers ont dû contracter des emprunts pour s'acquitter de leur dette, soit, la manipulation mentale, le harcèlement, l'intimidation et même les menaces, seront au cœur des débats. Aujourd'hui président de la Miviludes ou «Mission internationale de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires», le magistrat Georges Fenech a instruit le dossier du procès qui, en 1997, avait abouti à la condamnation en appel à des peines de prison avec sursis de quatre scientologues exerçant à Lyon. Le directeur local du centre ayant de son côté écopé de 3 ans de prison dont 18 mois de sursis, assortis d'une amende de 500'000 francs (70'000 euros), à la suite du suicide d'un adepte. Un an auparavant, en 1996, Georges Fenech nous avait parlé des pressions que l'Eglise de scientologie lui avait fait subir au cours de l'instruction de cette affaire: «Ça tombait de tous les côtés. J'ai fait l'objet d'une trentaine de plaintes pour violation du secret de l'instruction ainsi que d'une requête en suspicion légitime. En Suisse, j'ai dû répondre à deux procès. J'ai même été filé par des anciens de la cellule de l'Elysée. Quand je racontais mes malheurs à mon entourage, on se moquait de moi. Mes amis me disaient: «Tu te crois dans un roman de science-fiction» ! Cette secte qui est l'une des plus puissantes et des plus riches de la planète, et qui revendique 8 millions de membres, sait en effet trouver les moyens pour protéger ses avoirs. Son fondateur en 1954, Ron Hubbard, n'avait-il pas coutume de dire à ses disciples: «Ne vous défendez jamais. Attaquez !» ? Et cela commence fort puisque Me Patrick Maisonneuve, avocat de la scientologie dans le procès qui débute à Paris, conteste l'ensemble des accusations portées contre la très rentable organisation et 7 de ses adeptes. Nous avons posé quatre questions à propos de ce procès à Georges Fenech, président de la Miviludes, et de ce fait contraint à une réserve qui frise de près la langue de bois. Le Nouvel observateur. - Quels sont les enjeux ce procès ? Georges Fenech. - Douze ans après celui de Lyon, qui avait très clairement condamné les méthodes de la Scientologie, la justice parisienne va de nouveau porter un jugement sur les moyens employés par cette organisation. A la différence que, cette fois, l'Association spirituelle de l'Eglise de scientologie est poursuivie en tant que personne morale. Nous espérons que les débats pourront éclairer l'opinion publique et la justice sur le fonctionnement réel de cette organisation. NO. - Celle-ci encourre t-elle le risque d'être dissoute ? G. Fenech. - La Miviludes n'a aucun avis à donner sur son éventuelle dissolution. Mais, dans le cas où la responsabilité de la personne morale est établie concernant les faits qui lui sont reprochés et qu'une condamnation est prononcée, le tribunal de Paris peut tout à fait prononcer la dissolution de cette association. NO. - Comment procède celle-ci pour dépouiller ceux qu'elle recrute ? G.Fenech. - Au départ, la quasi-totalité des membres de l'Eglise de scientologie est contactée par une offre pour un test de personnalité qui révèle systématiquement des défaillances d'ordre personnelle ou psychologique. Avec des motivations très lucratives, l'Eglise de scientologie propose alors toute une série de cours, de séminaires, d'auditions, ainsi que l'achat d'un électromètre vendu 5000 euros alors que les experts ont estimé son coût à moins de 500 euros. Ensuite, c'est l'engrenage... NO. - Dans d'autres pays d'Europe, telle par exemple l'Allemagne, cette secte a été placée sous haute surveillance. Bénéfice t-elle de protections en France ? G. Fenech. - En premier lieu, la Miviludes ne qualifie pas l'Eglise de scientologie de secte. Nous ne menons pas un combat contre cette organisation mais nous nous devons de rester vigilants en regard de ses éventuelles dérives sectaires. Pour ce qui est des protections dont cette organisation pourrait faire l'objet, à quelque niveau que ce soit, rien ne permet de l'affirmer. (Propos recueillis par SV) |
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La Scientologie dénonce "un procès en hérésie"
GRASSS:: Le procès de la Scientologie s'est ouvert lundi à Paris. Considérée en France comme une secte mais admise comme une religion aux Etats-Unis, cette organisation est jugée pour la première fois pour "escroquerie en bande organisée" et pourrait voir ses structures en France dissoutes. Le procès de l'Eglise de Scientologie s'est ouvert lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris. L'Eglise de Scientologie doit répondre pour la première fois d'escroquerie en bande organisée. En jeu : une possible dissolution de ses structures, en France, de ce qui est considérée comme une secte en France, mais comme une religion aux Etats-Unis. "Ce procès, c'est quitte ou double", a expliqué Catherine Picard, qui préside l'association de défense des victimes de sectes Unadfi. "C'est un procès en hérésie", a répondu, à l'ouverture de l'audience, la porte-parole de la Scientologie en France, Danièle Gounord, parlant d'"acharnement". Le procès s'est ouvert sans que l'on connaisse la position du parquet, qui s'est cependant prononcé pour l'admission comme partie civile de l'organisation antisectes Unadfi. Le premier jour d'audience s'est déroulé en l'absence des deux plaignantes. Pierre Rancé a assisté à l'ouverture du procès. Ecoutez son récit : Six responsables de l'Eglise de scientologie, dont son dirigeant français Alain Rosenberg, 60 ans, font face à trois plaignants - deux ex-adeptes et l'Ordre des pharmaciens. L'accusation a cité comme témoin le parlementaire Jean-Pierre Brard, ancien président de la mission interministérielle sur les sectes. L'avocat des plaignantes, Olivier Morice, a affirmé que la Scientologie avait tenté d'obtenir in extremis le retrait des plaintes moyennant de fortes sommes, mais avait essuyé un refus. Les prévenus ont fait venir quelque 25 témoins, venus défendre ce qu'ils qualifient de "saine pratique". La justice française reproche à l'Association spirituelle de Scientologie, à sa librairie, la SEL (Scientologie espace liberté) , ainsi qu'à plusieurs scientologues d'avoir soutiré des dizaines de milliers d'euros à quatre anciens adeptes, en profitant de leur vulnérabilité. Les prévenus sont poursuivis pour "escroquerie en bande organisée" mais aussi pour "exercice illégal de la pharmacie", l'association ayant par ailleurs distribué à ses adhérents des vitamines et des traitements relevant du monopole pharmaceutique. Le procès doit s'achever le 17 juin. L'éventuelle dissolution de la Scientologie ne reste cependant qu'une issue fort lointaine, car si elle était prononcée, elle devrait être confirmée en appel puis en cassation |
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L'avenir de la scientologie dans le prétoire
Alain Rosenberg (à g.), dirigeant français de la scientologie, à son arrivée au tribunal, hier. Photo. VERDY / AFP Catherine Picard, présidente de l'Association de défense des victimes de sectes Unadfi, est claire: «Ce procès, c'est quitte ou double.» Danièle Gounord, porte-parole de la scientologie en France, l'est aussi, mais à l'inverse : « Ce procès est une hérésie. » L'enjeu des quatre semaines d'audience devant la 12e chambre correctionnelle de Paris est de taille : la scientologie, religion pour les uns (notamment aux Etats-Unis), secte pour les autres - et répertoriée comme telle en France depuis 1995 -, est menacée de dissolution sur le sol hexagonal. Deux plaignants reprochent à la branche française du mouvement, poursuivie pour «escroquerie en bande organisée», des pressions psychologiques dans un seul but : «capter leur fortune». «Tests de personnalité» systématiques et «dépourvus de valeur scientifique» selon des experts, «cours de réparation de vie», achat de livres, de vitamines et d'appareils censés mesurer « la charge mentale négative » des personnes... La liste des pratiques scientologues est longue. Une des plaignantes affirme avoir été ruinée en quelques semaines par ses «dons» (plus de 20'000 euros), une autre avoir été obligée de suivre des cours par son patron, adepte de la secte. Les deux disent avoir été démarchées par des scientologues alors qu'elles étaient « fragiles psychologiquement » et qu'elles traversaient des «difficultés personnelles». Trois autres plaignants dans cette instruction, qui a débuté il y a dix ans, ont fini par retirer leurs plaintes, après transaction financière avec la scientologie. «Ils se sont désistés parce qu'ils ont été achetés ou harcelés», affirme l'Unadfi. Olivier Morice, avocat des deux parties civiles, est plus ironique : « Qu'est-ce qui peut motiver la scientologie à transiger si elle n'a rien à se reprocher ?», demande-t-il. Pour l'escroquerie en bande organisée, le Code pénal prévoit sept ans de prison. Surtout, en plus de la condamnation de six scientologues, l'Association spirituelle de la scientologie - branche française de la secte - et sa librairie parisienne seraient dissoutes. Une issue néanmoins très incertaine, car si elle était prononcée par le tribunal correctionnel, elle devrait être confirmée en appel, puis en cassation. W Bastien Bonnefous (avec AFP) |
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Le tribunal précise ses questions à l’Église de scientologie
Lors de la première journée d’audience, lundi, la présidente du tribunal a énuméré les principaux litiges opposant les parties civiles à l’Église de scientologie Devant la salle d’audience, l’affrontement est vif. En arrivant mardi 26 mai au procès de la Scientologie, qui s’est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Paris, la porte-parole de la Scientologie en France, Danièle Gounord, s’offusque du «procès en hérésie» dirigé, selon elle, contre son organisation. À l’opposé, la présidente de l’Unadfi, association de défense des victimes des sectes, Catherine Picard, s’en félicite, précisant : «ce procès, c’est quitte ou double», faisant probablement allusion à la dissolution qu’encourt l’Église de scientologie en cas de condamnation. C’est cependant sur un registre bien différent que la présidente de la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris a tenu à situer les débats. «Il n’appartient pas au tribunal de se prononcer sur une question de société, précise Sophie-Hélène Château. Notre rôle est de déterminer si les méthodes utilisées par l’Église de scientologie constituent une infraction au code pénal et sont susceptibles d’être qualifiées d’escroquerie en bande organisée.» « Manœuvres frauduleuses» Deux anciennes adeptes reprochent à l’organisation fondée par Ron Hubbard d’avoir usé, entre 1997 et 1999, de « manœuvres frauduleuses » pour les « persuader que le centre de Scientologie était en mesure d’identifier et de résoudre leurs difficultés psychologiques (…) aux fins d’obtenir de leur part des remises de fonds ». Reste à savoir, dans le détail, quelles pratiques sont réellement visées derrière l’expression «manœuvres frauduleuses». Pour la clarté des débats, la présidente du tribunal s’est appliquée, avant même que les confrontations ne débutent, à rappeler les principaux litiges opposant plaignants et prévenus. Concernant, d’abord, les sommes d’argent versées par les anciens adeptes – qui atteignent plusieurs dizaines de milliers de francs –, Sophie-Hélène Château précise que l’une des plaignantes dit «avoir été harcelée» jusqu’à ce qu’elle se procure de «coûteux ouvrages, un électromètre ou encore le pack purification». Et la magistrate de rappeler l’argument avancé par la partie adverse, pour qui ces sommes s’apparentent à des «dons». «Des dons pourtant tarifés», remarque la juge. Mais l’Église de scientologie précisera que «sa création récente» (en 1954) et «son manque de capital » justifient le caractère «onéreux» de ses prestations. Quant aux remboursements, susceptibles d’intervenir à la demande des adeptes, les responsables de l’organisation assurent, toujours selon la juge, « qu’il se fait automatiquement trois mois après le dépôt de la demande ». Harcèlement Autre point central des audiences : le harcèlement, dont estiment avoir été victimes les anciens adeptes. « L’une d’elles dit avoir été harcelée et avoir, de ce fait, liquidé tous ses comptes », rappelle la juge. Ce à quoi les responsables poursuivis rétorquent que la plaignante «était en perpétuelle demande» et que «des lettres de satisfaction en attestent». Des écrits qui, à entendre la partie civile, «étaient produits sous la contrainte». Quant au test de personnalité auquel ont été soumises les plaignantes, l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction estime qu’il est « dépourvu de valeur scientifique et analysé dans la seule perspective de vendre des services et produits ». La présidente du tribunal a rappelé qu’aux dires des responsables de la Scientologie, ces tests «n’étaient pas les seuls moyens de recrutement des futurs adeptes». Elle s’est toutefois étonnée qu’Alain Rosenberg, l’un des plus hauts responsables de l’Église de scientologie en France, refuse de verser au dossier le manuel servant à analyser le test, au prétexte «qu’il pourrait être mal utilisé» par la justice. Mardi après-midi, le tribunal a abordé l’affaire au fond en auditionnant Aude-Claire Malton, l’une des deux femmes à l’origine du procès. Marie Boëton Le mot: Scientologie
Si la scientologie se revendique aujourd’hui comme une philosophie religieuse et spirituelle, ce n’est pas ainsi qu’elle a été conçue par son fondateur, Lafayette Ron Hubbard (1911-1986), auteur américain de science-fiction. À l’origine, en effet, celui-ci la présente comme une technique du mental. En 1950, il publie un livre, Dianétique, la science moderne de la santé mentale, dans lequel il professe que toute l’aberration humaine provient de son «mental réactif» et de ses «engrammes» négatifs, soit des traces laissées par des expériences douloureuses dans le cerveau. C’est sur ces bases qu’il va imaginer une méthode visant à corriger le fonctionnement mental en sorte d’aider chacun à vivre en harmonie avec lui-même et avec autrui. En 1952, Ron Hubbard élargit la dianétique en une philosophie laïque qu’il appelle «scientologie». En 1953, il la déclare comme une religion dont il fonde la première «église» à Camden, au New Jersey, en 1954. |
AFP Cours de "réparation de vie", "purification", "électromètre" : une ancienne élève de la Scientologie a expliqué mardi comment l'organisation avait abusé de sa faiblesse pour lui soutirer de l'argent, des reproches contestés par les scientologues qui assurent n'avoir fait que l'aider à progresser spirituellement. "Ils ont abusé de ma faiblesse, de mon état psychologique (...) pour obtenir de l'argent, mais en aucun cas pour me venir en aide", a dénoncé Aude-Claire, qui préfère rester anonyme, devant le tribunal correctionnel de Paris. "C'est de la manipulation mentale et il faut que ça s'arrête", a-t-elle supplié, en larmes, au deuxième jour du procès pour "escroquerie en bande organisée" de l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie et de six de ses membres. Sa rencontre avec la Scientologie remonte à l'année 1998. "A la sortie du métro, raconte-t-elle, on m'a donné un questionnaire à remplir. Je l'ai posté et, deux-trois jours plus tard, j'ai été contactée par téléphone". Dépressive et en rupture sentimentale, la jeune femme, alors âgée de 32 ans, se laisse convaincre que les cours de "dianétique" dispensés par l'Eglise de Scientologie peuvent l'aider à résoudre ses "gros problèmes". "J'ai commencé ces cours, et quelques temps après, on m'en a vendu un deuxième, un troisième..." Entre mi-mai et fin août, elle finit par dépenser 140.000 francs (21.500 euros), entre livres, électromètre --un appareil électrique utilisé par la Scientologie--, cours de "réparation de vie" et cure de "purification". Prise à la gorge, la gouvernante, qui ne gagne alors que 8.000 francs (1.200 euros) par mois, vide son plan d'épargne-logement, son Codevi et son assurance-vie. Jean-François Valli, son conseiller-orienteur, va jusqu'à l'accompagner à la porte de Sofinco pour contracter un crédit. "Vous ne quittiez pas son bureau sans avoir signé un chèque ou débité une carte de crédit", témoigne aujourd'hui Aude-Claire. "On était dans une telle ambiance qu'il fallait suivre d'autres cours pour améliorer son bien-être", se justifie-t-elle. Et quand elle critiquait la cherté des cours, on lui répondait que ce n'était rien par rapport à ce qu'elle allait y gagner spirituellement. "Après m'être fait dévaliser, j'étais lessivée. Ca m'a épuisée et démolie", conclut la femme blonde aux cheveux mi-longs. Un épuisement auquel sa cure de purification n'était sûrement pas étrangère : pendant 13 jours, elle a dû, quotidiennement, ingurgiter des vitamines, courir et faire des séances de sauna de plus de quatre heures, une expérience qui lui a fait perdre 4 kilos. C'est en discutant avec un ami fin août 1998 qu'elle finit par tourner le dos à la Scientologie, et à porter plainte pour escroquerie. Un revirement que Jean-François Valli ne s'explique pas. Pour le scientologue, "elle était contente" et "pressée d'avancer". Elle ne prenait "pas de décision à la légère", balbutie-t-il à la barre. "C'était son souhait de planifier son cursus" et de payer ces cours à l'avance. En dépit de la "relation très conviviale" qu'ils entretenaient selon lui, il affirme que l'ancienne élève ne lui a "jamais fait part d'un étranglement" financier. "Elle n'était pas obligée de payer", "la Scientologie ne peut se faire sous la contrainte, elle est basée sur le volontarisme", martèle le quadragénaire, malmené à plusieurs reprises par le ministère public. Mais pour l'avocat de l'association, Me Patrick Maisonneuve, toute cette affaire, "c'est plus l'histoire d'une déception que celle d'une tromperie". |
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Le témoignage qui accable la Scientologie
Avocats avec au centre la présidente de l'UNADFI © Reuters Piotr Snuss Au deuxième jour du procès de l’Eglise de Scientologie, une ancienne adepte du mouvement raconte comment, en 1998, ses pratiques l’ont ruinée, épuisée et démolie. "Ils ont abusé de ma faiblesse pour prendre mon argent et en aucun cas pour me venir en aide". En pleurs, Aude-Claire, une ancienne adepte de l’Eglise de Scientologie qui préfère rester anonyme, a livré mardi un témoignage accablant sur les pratiques du mouvement actuellement jugé à Paris pour "escroquerie en bande organisée" et qui risque la dissolution. A la barre, Aude-Claire a raconté avoir été délestée de 21.000 euros en quatre mois en 1998 pour suivre des cours et une séance de "purification" qui consistait en quatre heures de sauna par jour pendant treize jours, ainsi que des joggings intensifs et l'administration de vitamines ayant amené des troubles gastriques. "Ça m'a épuisée et démolie", a-t-elle affirmé. Il s'agissait, a-t-elle poursuivi, de la mettre dans un état de faiblesse entraînant d'autres prestations payantes. Les scientologues, avance-t-elle, sont allés jusqu'à l'accompagner dans un organisme de crédit pour qu'elle contracte des prêts et se sont rendus à son domicile un soir pour lui faire signer trois chèques. Les représentants de l’Eglise de Scientologie ont répondu qu'Aude-Claire était consentante. Dépressive et souffrant d'une rupture sentimentale, Aude-Claire a basculé dans la Scientologie après avoir rempli et renvoyé un "test de personnalité" distribué à la sortie du métro. Contactée par un scientologue, elle s’est laissé convaincre que son cas nécessitait une prise en charge. Elle raconte ensuite comment elle a été prise dans l’engrenage où, en dépit de ses efforts et de ses sacrifices financiers, sa "progression" ne connaissait, selon les Scientologues, que de très légères améliorations. Convaincue par son frère de quitter le mouvement, Aude-Claire a maintenu sa plainte pendant dix ans, en dépit des propositions financières de la Scientologie. Trois autres plaignants ont accepté de telles transactions pour retirer leur plainte. Une deuxième ex-adepte sera entendue mercredi par le tribunal. |
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Scientologie: récit accablant d'une ancienne adepte par Angélique Négroni
En la laissant se raconter à la barre, les magistrats ont cherché mardi à assouvir une curiosité légitime. Savoir qui frappe à la porte de la Scientologie ? Et Aude-Claire Malton semble présenter tous les clichés de la personne apte à pousser la porte de cette organisation. Première victime à s'exprimer au procès de la Scientologie ouvert depuis lundi à Paris et à l'origine de la première plainte dans cette affaire, cette femme d'une quarantaine d'années au visage fatigué ne cache pas sa vulnérabilité. Avec une désarmante sincérité, elle parle de sa vie passée, de son état dépressif, de sa rupture sentimentale quand, sortant du métro parisien, on lui a proposé un beau jour un questionnaire. C'était il y a 10 ans. Avec application, Aude-Claire Malton remplit alors les deux cents questions qu'elle a renvoyées par courrier. Sa lettre atterrit au siège parisien de la Scientologie dont les membres la contactent aussitôt. C'est l'engrenage. Elle se rend à un premier rendez-vous. «Après analyse de mes réponses, on m'a dit que j'avais de gros problèmes et qu'on pouvait m'aider» , dit-elle. Et de raconter comment, en quatre mois - de mai à août 1998 - entre l'électromètre (la fameuse machine test créée par la Scientologie), les cours, les livres, elle débourse 21 342 euros. «Il fallait sans cesse acheter. On me disait qu'il y avait des promotions», gémit-elle à la barre. Gouvernante dans un hôtel de luxe à Paris et rémunérée 1 200 euros, ses comptes sont mis à sec. «Mon PEL, mon Codevi, mon assurance-vie, tout a été vidé», dit-elle en ravalant ses larmes. «Je leur disais que je n'avais pas d'argent. Eux me répondaient : on va t'aider.» C'est ainsi que l'un des responsables l'a accompagnée jusqu'à la porte d'un organisme de crédit. «Travailler pour eux» Incapable de résister, Aude-Claire Malton tente une démarche terriblement audacieuse : elle se rend à la Scientologie sans son chéquier ! Peine perdue. «Ils ont été trois à me raccompagner chez moi, et je leur ai fait trois chèques.» En parallèle, elle explique les séances de purification qui l'anéantissent littéralement. «J'étais fatiguée et j'avais pris des congés pour ce programme. Chaque jour, il fallait prendre des vitamines puis courir et faire du sauna durant plus de quatre heures.» Elle perd quatre kilos, un peu plus de résistance… Mais la Scientologie lui propose aussi de perdre son travail et son logement. «Ils m'ont demandé de travailler pour eux. Comme ils me proposaient un salaire modeste, ils acceptaient de me donner des cours gratuits. J'étais intéressée, mais il fallait quitter mon appartement pour me rapprocher de leur adresse et limiter ainsi les dépenses de transport.» Finalement, son ex-petit ami, lui a ouvert les yeux à temps. Fin août, elle claque la porte de l'organisation. Mais ce profil de victime vulnérable semble ne pas tout à fait convenir à la défense. En quelques remarques et quelques rappels de procès-verbaux, Me Patrick Maisonneuve tente d'affiner à sa manière le portrait. Aude-Claire Malton était certes fragile mais, rappelle l'avocat, elle était fille de médecin et elle n'ignorait pas qu'elle frappait à la porte de la Scientologie. Dès le mois juin 1998, une amie l'avait mise en garde contre cette organisation. Le problème de la manipulation qui sera évoqué tout au long du procès était dès mardi au cœur des débats. Scientologie: «ÇA M'A DÉMOLIE»
Au deuxième jour du procès de la secte à Paris, une ancienne adepte a expliqué hier comment elle avait été délestée de 21'000 euros en quatre mois.Une ancienne adepte de la scientologie a livré hier au Tribunal de Paris un récit accablant de son passage en 1998 dans la secte. Ce groupement est jugé pour «escroquerie en bande organisée» et risque la dissolution. Aude-Claire Malton a dit avoir été délestée de 21'000 euros en quatre mois pour suivre des cours et une séance de «purification» consistant en quatre heures de sauna par jour pendant treize jours, des joggings intensifs et l'administration de vitamines ayant amené des troubles gastriques. Il s'agissait, a-t-elle dit, de la mettre dans un état de faiblesse entraînant d'autres prestations payantes. Fait non contesté par les prévenus, les scientologues sont allés jusqu'à l'accompagner dans un organisme de crédit pour qu'elle contracte des prêts et se sont rendus à son domicile un soir pour lui faire signer trois chèques. «Ça m'a épuisée et démolie. ( ... ) Ils ont abusé de ma faiblesse, de mon état psychologique, pour prendre mon argent et en aucun cas pour me venir en aide», a-t-elle dit en pleurs. TEST DE PERSONNALITÉ Soustraite par sa famille à l'organisation, elle a expliqué avoir maintenu sa plainte dix ans durant en dépit des propositions financières de l'Église de scientologie. Trois autres plaignants ont accepté de telles transactions. Je pense que je représente les personnesqui ne peuvent pas se présenter au tribunal pour qu'on s'aperçoive qu'ils sont manipulés par ces gens et que ça s'arrête», a-t-elle dit. Les représentants des deux personnes morales jugées, principales entités juridiques du groupe en France, ont répondu en soulignant qu'Aude-Claire Malton était consentante.
Tout a commencé par un «test de personnalité» distribué à la sortie du métro. Aude-Claire Malton, qui était gouvernante dans un hôtel, l'ayant rempli et renvoyé à l'adresse indiquée, a été contactée par téléphone par un scientologue lui expliquant que son cas nécessitait une prise en charge. Elle était à l'époque dépressive, souffrant d'une rupture sentimentale, a-t-elle dit. Elle a raconté ensuite avoir entamé des cours du soir payants, après lesquels il lui était systématiquement proposé un entretien avec un scientologue. Il proposait des promotions sur des «packages» de cours et de divers livres et équipements, comme l'«électromètre», appareil électrique vendu 4800 euros. BOUTONS ET ROUGEURS Aude-Claire Malton a vidé tous ses comptes bancaires et asséché son épargne. Après le stage de «purification», effectué pendant des congés, Aude-Claire Malton, couverte de boutons et de rougeurs, avait perdu quatre kilos et souffrait de troubles gastriques. Elle a dit avoir passé un test faisant état d'une «légère amélioration dans la progression». «J'ai été effondrée, vu l'effort fourni, mais ça m'incitait à continuer», a-t-elle raconté. C'est son frère qui l'a convaincue d'arrêter. La scientologie parle de «chasse aux sorcières» à propos du procès et invoque la liberté de religion. Considérée comme une religion aux Etats-Unis mais comme une secte en France, l'organisation risque d'être interdite d'activité par le tribunal. ats Scientologie: Un témoignage accablant Yannick Vely - Parismatch.com
L'Unadfi veut obtenir la dissolution de l'Eglise de Scientologie. | Photo Piort Snuss/Reuters Le deuxième jour du procès pour «escroquerie en bande organisée» de la Scientologie a été marqué par le témoignage d’une ancienne adepte de la secte. Celle-ci a versé plus de 21'000 euros à l’organisation en 1998. «Une purification» à 30'000 euros… C’est le montant qu’a dû payer Aude-Claire Malton, ancienne adepte de la Scientologie pour quatre heures de sauna par jour, des joggings intensifs, des lectures de l’œuvre de Ron Hubbard, le maître à penser de l’organisation, et une prise fréquente de vitamine… Les faits remontent à 1998 mais la plaignante a résisté aux propositions de transaction de la Secte, qui a ainsi pu éviter trois témoignages similaires. «Ils ont abusé de ma faiblesse, de mon état psychologique, pour prendre mon argent et en aucun cas pour venir en aide, a-t-elle déclaré, en pleurs, à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Je pense que je représente les personnes qui ne peuvent pas se présenter au tribunal pour qu'on s'aperçoive qu'ils sont manipulés par ces gens et que ça s'arrête», a déclaré cette femme de 43 ans, sortie de la Scientologie avec l’aide de sa famille. Un abus de faiblesse ? Pour Jean-François Valli, ancien conseiller orienteur de la secte, Aude-Claire Malton était consentante et que tout cela s’est effectué dans le cadre d’une relation sous le sceau de la convivialité. La plaignante a ensuite expliqué comment elle était entrée dans la secte, en remplissant un simple test de personnalité à la sortie du métro, après une rupture sentimentale. La Scientologie l’a alors contacté par téléphone pour lui proposer de sortir d’un début de dépression par la pratique de cours du soir ou l’aide d’équipements comme un électromètre d’une valeur de 4800 euros. Mercredi, un second ex-adepte sera entendu par le tribunal. Considérée comme une religion aux Etats-Unis, défendue par des personnalités médiatiques comme Tom Cruise ou John Travolta, l’Eglise de Scientologie risque la dissolution de son entité française mais la bataille juridique ne fait que commencer. Procès de la Scientologie en France: une adepte décrit son parcours J'ai été dévalisée et démolie par l'église de scientologie
PARIS "Manipulation mentale", "dévalisée", "oppressée"... Une ancienne adepte de l'Eglise de scientologie a livré mardi au tribunal correctionnel de Paris son expérience de scientologue en 1998. Le mouvement fondé en 1954 par l'écrivain de science-fiction Ron Hubbard est notamment jugé pour "escroquerie en bande organisée". Aude-Claire Malton, 43 ans, est à l'origine de la procédure qui a conduit la branche française de l'Eglise de scientologie devant la justice. Au printemps 1998, elle répond à un "test de personnalité" distribué à une sortie de métro. Contactée chez elle un dimanche, cette gouvernante dans un grand hôtel parisien commence son initiation à la scientologie. Achat de livres, tests de personnalité, cours du soir, séance de purification - sauna quatre heures par jour pendant 12 jours - vitamines... En quatre mois, elle déboursera 21'000 euros (33'400 $ CAN). A l'issue de sa séance de purification, où elle perdra 4 kilos, et à l'aide de l'électromètre, on lui dira qu'il "y avait une légère amélioration". "Ils m'ont pris mon énergie et vidé mes comptes", a-t-elle expliqué au tribunal, rappelant qu'elle avait clôturé ses comptes bancaires et contracté un prêt auprès d'un organisme de crédit pour financer les "offres promotionnelles" de la scientologie. A l'époque, elle reconnaît qu'elle était "dépressive". Aujourd'hui, elle dit avoir été "sollicitée", "oppressée moralement" par son passage au sein de l'Eglise de scientologie. Et "dévalisée". Avant la fin de son expérience de scientologue, elle a indiqué au tribunal être passée par la "salle de redressement", où l'on lit les textes de la scientologie, car ses questions ne plaisaient pas à ses directeurs de conscience. Lorsqu'elle quittera ce groupement, l'Eglise de scientologie lui demandera une attestation dans laquelle elle promet de n'engager aucune poursuite judiciaire. Ce qu'elle a refusé. "Que ce soit la scientologie ou les autres sectes, c'est de la manipulation mentale", a-t-elle affirmé à la barre. Les avocats de la scientologie n'ont pas manqué de faire remarquer que la plaignante était "consentante", et ses représentants ont évoqué des relations "conviviales" avec les adeptes. Mercredi, une autre plaignante doit être entendue. L'Eglise de scientologie-Celebrity Center et la librairie SEL (Scientologie espace liberté) sont jugées en tant que personnes morales aux côtés de sept de ses responsables pour "escroquerie en bande organisée" et "exercice illégal de la pharmacie". La branche française risque la dissolution en France en cas de condamnation. Pierre-Antoine Souchard
Vidéo: Tele zapping des actualités concernant la scientologie Quand il s'agit de parler argent et coût, Jean-François Valli n'est pas à l'aise. Les mains sur la barre, il bégaie, balbutie, cherche ses mots. A le voir se débattre mardi 26 mai devant le tribunal correctionnel de Paris qui le juge depuis la veille, lui et six autres adeptes de l'église de scientologie pour "escroquerie en bande organisée", on se demande comment cet ancien "conseiller orienteur" a pu, pendant dix ans, aider les "paroissiens" à aller vers la purification. "Sans moyen financier, peut-on progresser en scientologie ?", insiste Me Olivier Morice pour la partie civile. "Beuh… Avec la scientologie vous acquérez une meilleure compréhension de vous-mêmes et vous êtes alors capable de progresser dans la vie et donc d'avoir des moyens pour passer le cap", bredouille cet adepte entré en scientologie en 1989. "Mais une personne au RMI par exemple comment fait-elle ?", renchérit pour le ministère public Nicolas Baïetto. "Je croyais avoir répondu. La scientologie c'est un cours de connaissance sur sa vie", élude le disciple pour lequel les écrits de Ron Hubbard tiennent lieu de viatique. Progresser, se purifier grâce aux vertus de la dianétique ? Aude-Claire Malton en a fait l'expérience entre mai et septembre 1998. Avec "l'aide" de Jean-François Valli, justement. "Ils ont abusé de ma faiblesse pour avoir mon argent", sanglote-t-elle. PRÈS DE 30'000 EUROS EN QUATRE MOIS Cette femme de 43 ans, les cheveux blonds taillés courts, a croisé les scientologues alors qu'elle traversait une période difficile. Elle a commencé par remplir un questionnaire. Le diagnostic fut sans appel : Mme Malton avait besoin d'une "réparation de vie" et d'une "purification". Sorte de traitement de choc qui consiste en des cours de communication, des lectures de textes de Ron Hubbard, des séances de sauna, des prises de vitamines, agrémentés chaque fois de versements par chèques pour les "fournitures" : des packages contenant des livres, des instruments – tel l'électromètre censé mesurer "l'état ou les changements spirituels" – des vitamines et des cours. Au total Aude-Claire Malton signe pour près de 30 000 euros (200 000 francs de l'époque) de chèques en l'espace de quatre mois. "Chaque fois que j'y allais, ils m'incitaient à payer des cours en avance", témoigne-t-elle. M.Valli était aux petits soins avec elle. Quand elle n'a plus eu d'argent, une fois tous ses comptes essorés, il lui a dit que ce n'était pas un problème. Il lui a conseillé de souscrire un emprunt à la Sofinco. Il a pris rendez-vous pour elle, assure-t-elle, et l'a accompagnée. "Ils m'ont lessivée. Démolie. C'est de la manipulation mentale", accuse-t-elle. M.Valli n'y voit que de la "convivialité". "J'ai envie de faire partager et je sentais qu'Aude-Claire voulait vraiment progresser", explique-t-il. "Elle était contente. Elle avait vu des films, lu des livres sur la scientologie." Elle lui semblait "carrée dans ses décisions" à tel point qu'il lui avait conseillé "des cursus". Il sait, lui, à quel point cette foi peut soulever des montagnes. Pour se hisser à "l'état de Clair", première étape de la scientologie, il lui en a coûté environ 40 000 euros. Mais la scientologie "c'est se donner les moyens soi même", se défend-il. L'audience se poursuit jusqu'au 17 juin. Yves Bordenave Article paru dans l'édition du 28.05.09 |
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Audition de l'expert psychiatre
En préambule de son rapport, l'expert indique qu'il s'est borné – sans entrer dans le détail de la scientologie dont il indiquera par ailleurs que s'il a une opinion citoyenne sur la question, elle ne relève pas de son expertise et que pour tout dire la Scientologie ne l'intéresse pas – à décrire les mécanismes psychologiques à l'œuvre dans le parcours des trois victimes. L'expert notera qu'aucune d'entre elle ne présente une personnalité pathologique de type psychotique mais une organisation de la personnalité de type névrotique sur un fond de complexe et de dévaluation de son image pour madame M et des tableaux de type obsessionnel pour madame R et monsieur A. Toutes présentaient une faille ou une vulnérabilité au moment de leur rencontre avec la Scientologie et étaient en demande d'aide mais de façon implicite. Pour l'expert la Scientologie s'est bornée à exploiter le phénomène bien connu du transfert mais dans un cadre dévoyé et non thérapeutique. Le protocole relationnel de la Scientologie s'est finalement traduit par l'instauration d'une relation d'emprise ou de dépendance. C'est toujours le phénomène du transfert qui explique le caractère enthousiaste des lettres de succès rédigées par les prévenus. Mais le transfert - d'autant plus qu'il sera positif et non maitrisé par le cadre thérapeutique a pour contre partie le revers de sa médaille. La moindre désillusion, la moindre tromperie sera interprétée de façon négative avec une intensité d'autant plus grande que le transfert aura été positif et conduira le sujet à un véritable effondrement émotionnel. C'est que les affects mis en jeu par le transfert (pour la théorie psychanalytique) sont par essence ambivalents. L'expert a souligne que le transfert négatif a amplifié le sentiment d'avoir été trompé et manipulé pour chacune des victimes, le rejet étant en quelque sorte à la hauteur de l'investissement initial. Leur expérience leur laisse un sentiment de honte, voir même d'une inquiétante étrangeté: les victimes ne comprennent pas de façon générale comment elles ont pu se laisser impliquer à ce point – à l'exception de madame R. qui a toujours manifesté une résistance évidente –. Sur l'épisode hallucinatoire rapporté par monsieur A et interrogé par le procureur, l'expert souligne qu'il ne faut absolument pas y voir un délire au sens psychiatrique du terme pas plus qu'il ne faut comprendre ce qu'il qualifiera de jeux de rôle s'agissant des récits de vie antérieure comme délirant au sens psychiatriques du terme. Pour l'expert ces fabulations sont des récits qui relèvent de l'imaginaire pour le sujet et ne peuvent être confondu avec un délire au sens psychiatrique du terme. Pour autant que l'on rentre dans le jeu expliquera-t-il à la présidente du tribunal - tout le monde y compris elle - serait susceptible de produire ce genre de récits. La défense cherchera à rapporter au plan religieux les récits de vie antérieure comme une croyance en la réincarnation. Pour le psychiatre ce type de rapprochement ne fait pas sens. Il s'agit de formes de représentation qui ne sont absolument intégrée à notre culture contrairement aux sociétés hindouiste ou encore dans le bouddhisme où ce récit est la norme et ne peut par conséquent en aucune façon s'analyser dans le même cadre. Interpellé par l'avocat de la partie civile qui lui demande ce que lui inspirent les déclaration d'Alain Frank Rosenberg sur les psychiatres qu'il compare à des nazis, il refuse de rentrer dans ce genre de polémique. In fine le profil psychologique des victimes est parfaitement cohérent au regard de leurs parcours et de leurs réactions dans cette affaire. Ainsi il n'est pas contradictoire de noter d'une part la défiance manifestée dans son courrier par monsieur A et qu'il ait persisté dans son engagement, en effet monsieur A est à la fois habité par le doute et l'ambivalence tout en étant mortifié et humilié par son expérience en scientologie. Quant au profil psychologique de madame R. il semble incompatible avec celui d'une personne qui agirait sous le coup de la vengeance. En effet malgré son étrange aventure elle avait encore du mal à en vouloir à son principal persécuteur Max B. Quand à l'intentionnalité du mode opératoire mis en œuvre par la Scientologie, l'expert estime que cette question n'est pas de son ressort mais de celui du tribunal. |
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Ces patrons qui perdent la tête pour la scientologie PROCÈS | Devant le Tribunal correctionnel, la secte passe un mauvais moment
© AFP/27 mai 2009 | Régine (au centre, se cachant), ancienne employée du premier patron décédé, a maintenu sa constitution de partie civile contre la secte. Elle est l’une des rares plaignantes qui dispose des forces morales nécessaires pour affronter l’épreuve du procès. Fête «patronale» au procès de la secte scientologue ! Hier, la douzième Chambre correctionnelle du Tribunal de Paris a évoqué deux cas fort différents de chefs d'entre- prise, liés par une passion commune pour l’Eglise de scientologie qui – en tant que personne morale et avec sept de ses dirigeants – est accusée, notamment, d’escroquerie en bande organisée. Le premier patron est aujourd’hui décédé. Mais Régine, son ancienne employée, a maintenu sa constitution de partie civile contre la secte. Cette blonde mère de famille rondelette est l’une des rares plaignantes qui dispose des forces morales nécessaires pour affronter l’épreuve du procès. «Trompez-vous votre mari ?» Du caractère, cette quinquagénaire à l’allure effacée n’en manque pas. Un peu mal à l’aise dans son tailleur noir, Régine détaille les pressions qu’elle a subies: «Deux mois après avoir été engagée comme collaboratrice de vente dans l’agence immobilière appartenant à B., je me suis étonnée du fait que le salaire qui m’avait été promis ne correspondait pas à la somme qui m’était versée. Je m’en suis ouverte auprès de mon patron qui m’a répondu que cela venait de moi, qu’il y avait des problèmes. Mais que je pouvais les résoudre en prenant un cours de commu- nication. Sans me parler de scientologie. J’ai appris que ce cours était dispensé par la secte lorsque je me suis rendue à l’adresse que mon patron m’avait indiquée.» Régine constate que la batterie de questions qu’on lui donne à remplir ressemble à son test d’embauche. Un test que la plaignante qualifie à l’audience de «tartignolle». Et inconvenant: on lui demande si elle trompe son mari! Régine refuse d’aller plus loin. Son patron est furieux. Il lui explique tout le bien qu’elle pourra retirer de la secte. B. se fait pressant, insultant, menaçant. De guerre lasse, elle suit deux autres cours. Mais renonce définitivement à entrer dans la secte. Sa vie professionnelle devient un enfer. Son patron ne la lâche pas d’une semelle, la harcèle même hors du travail. Puis, voyant que Régine ne deviendra jamais scientologue, il la licencie, puis l’expulse de son logement. Le cas du second patron A. est particulièrement spectaculaire. Convoqué comme témoin, il a préféré ne pas venir. C’est son entourage familial qui a déposé plainte contre la scientologie. A. dirigeait une entreprise prospère en Bretagne, spécialisée dans les prototypes en matière synthétique. Scientologue, le président-directeur général a injecté des sommes considérables dans la secte, allant jusqu’à 12% de la masse salariale. Finalement, la scientologie a remboursé 74'661 euros. Mais par la suite, A. a encore tiré de sa société 76'000 euros au profit de trois organismes dépendant de la secte. Les ouvriers de l’entreprise ont d’ailleurs fait grève contre leur patron. Aujourd’hui, cette société a été rachetée. Ce n’est pas tout: A. a donné à la secte plus de 150'000 euros provenant du budget familial. Quand la Scientologie enrôlait au travail par Anne-Cécile Juillet
Contrairement à Aude-Claire Malton, sa coplaignante, Nelly Reziga, lorsqu’elle croise la route de la Scientologie, n'est pas en dépression. Elle cherche simplement un travail. A l’automne 1998, elle trouve un poste dans une agence immobilière, MBI, dirigée par Max Barbault. Il appartient à l’Eglise de scientologie, mais Nelly Reziga n’en sait rien. Elle s’étonne seulement qu’il lui fasse passer, après l’entretien d’embauche, un test de personnalité. «Il y avait tout un tas de questions que j’ai jugées bizarres, du genre avez-vous déjà fait des tentatives de suicide ?» «Il insistait lourdement pour que je suive une cure de purification» Ce n’est qu’au bout de deux mois de travail qu’elle rencontre les premiers problèmes avec son employeur: « Je n'avais toujours pas touché de salaire. Max Barbault a commencé à me faire tout un tas de reproches. Rapidement, il m’a conseillé, pour m’améliorer, d’aller prendre un cours de communication.» Il l’envoie au Celebrity Center, l’un des deux sites parisiens de la Scientologie. «Là, j’ai bien vu que j’étais dans les locaux de ce qu’à l’époque je considérais être une secte, sans toutefois trop savoir pourquoi. Mais il avait tellement insisté que je me suis dit que si je prenais cette heure de cours, il me laisserait en paix.» A la barre, Nelly Reziga, la cinquantaine aujourd’hui, explique le «harcèlement» dont elle s’estime victime de la part de son patron. «Il insistait lourdement pour que je revienne au Celebrity Center, que je prenne d’autres cours, que je suive une cure de purification.Il estimait que la Scientologie lui avait fait du bien, que cela m’en ferait aussi. C’est vrai que là-bas les gens étaient charmants avec moi, mais je trouvais cela beaucoup trop cher.» A la suite de ses refus, sa vie professionnelle devient un enfer. «Il me hurlait dessus, jugeait la façon dont j’étais habillée, dont j’élevais mes enfants… Pour lui, j’étais la dernière des dernières. Puis il est passé aux menaces, et lorsqu’il a voulu s’en prendre à mon mari et à mes enfants, je suis allée porter plainte au commissariat.» Le discours change. «Il a voulu que je retire cette plainte, m’a même emmenée au commissariat pour que je le fasse sous ses yeux, ce que j’ai refusé.» Quelques jours après, Nelly Reziga est licenciée, un an après son embauche. Hier à la 12e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, Max Barbault, décédé depuis, n’était pas sur le banc des prévenus. |
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La secte, l'escroquerie et le procureur par Caroline Fourest
Le procès qui s'est ouvert le 25 mai à Paris est un test. Pour savoir si la France reste un pays particulièrement vigilant envers les dérives sectaires ou si elle baisse la garde. On se souvient du propos ambigu - minimisé depuis - d'Emmanuelle Mignon, - http://www.lemonde.fr/sujet/5f5b/emmanuelle-mignon.html - alors directrice de cabinet du président : "Les sectes sont un non-problème." Ce n'est pas l'avis des victimes de la Scientologie. Notamment de cette femme, gouvernante dans un hôtel, qui a dépensé plus de 21 000 euros en quelques mois pour des "cours de réparation de vie", des séances de sauna, des vitamines et un "électromètre" censé mesurer ses "zones de bouleversement spirituel". La porte-parole de la Scientologie crie au "procès en hérésie". L'affaire n'a pourtant rien à voir avec la laïcité ou l'Inquisition. Il s'agit simplement de savoir si cette association de type 1901, censée être à but non lucratif, n'aurait pas une tendance monomaniaque à profiter de la vulnérabilité psychologique de certains individus pour vider leurs comptes en banques. Ce qui ne la rapproche ni tout à fait d'une religion ni tout à fait d'une entreprise, mais d'un mélange des deux à tendance mafieuse et coercitive. Ces deux derniers aspects faisant toute la différence. Si la paroisse de Lourdes se mettait à vendre ses petites bouteilles d'eau bénite au prix du caviar, si ses prêtres étaient formés à en vendre un régiment à chaque grand-mère qui passe la porte, au risque de les ruiner, elle serait digne d'être considérée comme une secte. Si le prêtre et ses enfants de choeur se mettaient en prime à régenter leur vie dans le but de leur vendre des vessies pour des lanternes au prix d'une Rolex... On devrait pouvoir les condamner pour "escroquerie en bande organisée". C'est l'enjeu de ce procès. A long terme, l'association représentant la Scientologie en France risque la dissolution au titre de la loi About-Picard, adoptée en 2001, dans l'idée de contenir les mouvements sectaires en instaurant un "délit d'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse". Le dossier est solide. Dix ans d'instruction. Pourtant, la Scientologie se dit confiante. La raison de cet optimisme ? Un non-lieu surprenant, requis par le procureur à l'issue de l'instruction. Cela ne veut pas dire que le ministère public ne changera pas d'avis à l'issue du procès. Il a accepté que l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi) se constitue partie civile. Mais ce réquisitoire reste soupçonné - à tort ou à raison - de refléter une certaine volonté politique, plutôt clémente. Il a été rendu en 2006. A une époque où le ministère de l'intérieur souhaitait se montrer plutôt bien- veillant envers les mouvements sectaires. Un vrai changement par rapport aux années antérieures, qui correspond aux périodes où Nicolas Sarkozy occupait ce poste. En 2003, des membres de la Mission de vigilance envers les dérives sectaires (Miviludes) se souviennent avoir assisté à un colloque où l'avocat des Témoins de Jéhovah et Danièle Gounord, la porte-parole de la Scientologie, ont dîné en compagnie d'un responsable du bureau des cultes du ministère de l'intérieur. La même année, un fonctionnaire des renseignements généraux ayant publié une thèse sur la Scientologie, Arnaud Palisson, est mis au placard à la demande de la secte. La courtoisie se poursuit au ministère des finances, où Nicolas Sarkozy accepte de recevoir Tom Cruise, ambassadeur de la Scientologie, pour parler cinéma bien sûr. Le même ministre publie un livre en faveur d'une laïcité plus tolérante, où l'on n'utiliserait pas le mot secte "à tort et à travers". Il précise qu'il ne s'agit pas de lutter contre les sectes mais contre les seules "dérives sectaires". Moins par complaisance que par souci d'importer une vision plus américaine de la liberté religieuse, où la liberté de manipuler est confondue avec la liberté de culte et passe avant la vigilance. Rien ne dit que cette priorité ait changé depuis. Caroline Fourest |
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(COMPTE RENDU) Par Dorothée MOISAN
PARIS (AFP) — Un des hauts responsables français de l'Eglise de Scientologie, poursuivi à Paris pour escroquerie en bande organisée, a déploré mardi qu'on caricature sa "religion", en un mouvement vénal aux pratiques commerciales agressives. "Les mauvaises intentions que l'on prête à notre fondateur (Ron Hubbard, ndlr) ne sont pas vraies", a affirmé Alain Rosenberg, directeur général du Celebrity Centre, siège de l'Eglise de la Scientologie à Paris. "Je suis un homme d'Eglise et pas le directeur général d'une entreprise commerciale", a-t-il ajouté, multipliant les tirades sur sa "doctrine" et contestant une à une les traductions approximatives de l'anglais sur les pratiques scientologues. Au cours de sa première audition devant la 12e chambre correctionnelle de Paris, le responsable "OT7", un grade atteint par une vingtaine de scientologues en France, a regretté les "préjugés" qui, selon lui, ont jalonné l'instruction du dossier. Au cours de l'enquête, a-t-il déploré, "il n'a jamais été admis que la Scientologie était une religion". Selon lui, le magistrat instructeur a "défiguré" sa religion, en se bornant à parler de "psychothérapie" et d'"actes de commerce". "Je sais que ma religion a beaucoup de particularités", mais le fait qu'elle soit "anglo-saxonne dans la forme", ne l'empêche pas d'être "traditionnelle dans la substance". "Elle ne peut se pratiquer que dans l'honnêteté", a dit le fondateur du Celebrity Centre, préférant ferrailler sur les points spirituels que sur les points de droit. Interrogé sur les cures de purification, les électromètres et les cours de dianétique vendus à prix fort aux membres de la Scientologie, l'ancien commerçant en prêt-à-porter a répondu qu'il ne s'agissait pas de prestations mais de "services religieux". Ils "ne peuvent avoir de prix", car "il n'y a pas de prix à l'élévation spirituelle", a-t-il affirmé. Pourquoi existe-t-il alors des grilles de tarifs très précises pour tous ces services ?, a demandé la présidente Marie-Hélène Château. "Le fait qu'ils aient un tarif n'est pas contradictoire avec le fait qu'ils n'aient pas de prix", a-t-il répondu. "Le problème, quand on vous pose les questions, c'est qu'on comprend mal les réponses", ironisera quelques minutes plus tard le procureur Nicolas Baïeto. Plus tôt dans l'après-midi, c'est la "pharmacie en chambre" de l'Eglise de Scientologie qu'avait épinglée le second représentant du ministère public, Maud Coujard, pointant le "circuit discret" des médicaments importés des Pays-Bas. Outre l'escroquerie, l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie, et quatre de ses membres, sont en effet poursuivis pour "exercice illégal de la pharmacie". L'accusation leur reproche d'avoir prescrit des vitamines pour les "cures de purification". Ces cures, qui alternaient durant 15 jours vitamines, course à pieds et séances de sauna de plus de quatre heures, avaient pour but de "libérer spirituellement la personne des résidus toxiques", a expliqué à la barre Aline Fabre, la responsable des cures, qui a reconnu n'avoir "aucune connaissance particulière en pharmacologie". Interrogé sur les dosages prescrits et les contre-indications à la cure, la prévenue a assuré n'avoir fait qu'appliquer les préceptes du fondateur, Ron Hubbard, car "tout est dans (son) livre". "Tout est dans le livre et vous ne faites qu'appliquer le livre?", lui a alors lancé l'avocat des parties civiles, Me Olivier Morice. "Exactement", lui a-t-elle répondu. Scientologie: les responsables s'expliquent par Angélique Négroni
Jugée à Paris avec d'autres adeptes, Aline Fabre, chargée des cures de «purification», a affirmé qu'elles s'effectuaient après consultation d'un médecin. Droite devant le micro, coiffée d'un chignon strict et vêtue d'une tenue assez désuète, Aline Fabre ne se laisse guère impressionner. Son audition, qui ouvre la deuxième semaine du procès de la Scientologie à Paris, a permis mardi au tribunal d'aborder une partie des faits reprochés à certaines des six personnes mises en examen : l'exercice illégal de la pharmacie. Or, depuis 1994, Aline Fabre, rémunérée entre 100 et 150 euros la semaine, est responsable de la cure de purification auxquels les membres de la Scientologie doivent se soumettre à Paris. Comme l'avait expliqué il y a quelques jours Aude-Claire Malton une ancienne adepte qui a depuis déposé plainte , il s'agit durant plusieurs jours d'alterner courses à pied, séances de sauna de cinq heures et prise régulière de vitamines. Un programme qui, avait raconté Aude-Claire Malton, l'avait épuisée et lui avait détraqué l'estomac. Pour Aline Fabre, le sauna «correspond à une pratique religieuse et l'essentiel, c'est la sudation», explique cette femme de 42 ans en poursuivant : «Il s'agit de libérer spirituellement les personnes des résidus de produits chimiques.» D'ailleurs, elle-même a suivi ce programme et, assure-t-elle, «le brouillard mental» s'est dissipé. Mais surtout, en vieille routière du sauna, qui a vu passer 13 000 personnes environ, elle affirme n'avoir jamais rencontré un seul problème. Aline Fabre explique alors que tout repose sur les épaules des médecins. Avant de commencer le programme et «non la cure», comme elle tient à le préciser, chaque personne doit consulter son généraliste qui doit apprécier s'il y a contre-indication ou non. «Il ne faut pas interpréter les écritures» La préposée aux saunas, qui s'en remet donc aux médecins, se retranche également derrière les écritures. Celles de Ron Hubbard, le fondateur de la Scientologie. Dans un de ses ouvrages, ce dernier précise les doses de vitamines à prendre. Aline Fabre affirme suivre scrupuleusement les recettes du maître. «Il ne faut pas interpréter les écritures, c'est la règle de base», assure-t-elle. Pourtant, le représentant du parquet lui rappelle que d'autres l'ont décrite comme prenant une part bien plus active au programme. «On dit que vous exerciez un contrôle», fait remarquer le ministère public. La présidente s'était interrogée peu avant sur l'opportunité de soumettre les nouveaux adeptes à des tests, juste après la cure. «Avec l'état de fatigue, il semble que cela ne donnait pas de bons résultats», souligne Sophie Hélène Château en s'interrogeant sur un possible objectif inavoué : celui d'inciter les membres, se trouvant ainsi en échec, à acheter toujours plus de cours. En quelques semaines, Aude-Claire Malton avait déboursé en quelques mois 21 342 euros. «Mme Malton était très contente d'avoir suivi le programme», rétorque Aline Fabre. Quelques instants après sa déposition, Alain Rosenberg, présenté dans l'ordonnance de renvoi comme le directeur général du centre de Scientologie à Paris, s'est défini comme «un coordinateur ecclésiastique». «Je suis un homme d'Église, a-t-il ajouté, pas un directeur général. L'Église de scientologie n'est pas un commerce.»
Le responsable spirituel de la Scientologie française Alain Rosenberg a tenté aujourd'hui de convaincre le tribunal correctionnel de Paris que, contrairement à certaines idées reçues, son mouvement n'était pas vénal. "Les mauvaises intentions que l'on prête à notre fondateur (Ron Hubbard, ndlr) ne sont pas vraies", a affirmé le directeur général du Celebrity Centre, siège de l'Eglise de la Scientologie à Paris. Il est poursuivi, aux côtés de cinq autres scientologues, pour escroquerie en bande organisée et exercice illégal de la pharmacie. "Je suis un homme d'église et pas le directeur général d'une entreprise commerciale", a dit M. Rosenberg, 60 ans. Scientologue depuis 30 ans, le responsable a regretté les "préjugés" qui ont jalonné, selon lui, l'instruction du dossier. Au cours de l'enquête, "il n'a jamais été admis que la Scientologie était une religion", a-t-il déclaré. Il a déploré qu'on se soit contenté de parler de "psychothérapie" ou d'"actes de commerce" et de "défigurer" son organisation. "Je sais que ma religion a beaucoup de particularités", mais le fait qu'elle soit "anglo-saxonne dans la forme", ne l'empêche pas d'être "traditionnelle dans la substance". "Elle ne peut se pratiquer que dans l'honnêteté", a-t-il dit. Interrogé par la présidente Marie-Hélène Château sur les cures de purification, les électromètres et les cours de dianétique vendus à prix fort aux membres de la Scientologie, l'ancien commerçant en prêt-à-porter a répondu qu'il ne s'agissait pas de prestations mais de "services religieux". Ils "ne peuvent avoir de prix", car "il n'y a pas de prix à l'élévation spirituelle", a-t-il affirmé. Pourquoi existe-t-il alors des grilles de tarifs très précises pour tous ces services?, a demandé la présidente. "Le fait qu'ils aient un tarif n'est pas contradictoire avec le fait qu'ils n'aient pas de prix", a-t-il répondu. Scientologie - “Ça me paraît charlatanesque !” par Sandrine Briclot
Les vitamines prises par les adeptes de la scientologie dans le cadre de leur «programme de purification» sont-elles des compléments alimentaires ou des médicaments qui échappent au contrôle de l’ordre des pharmaciens ? Les scellés dégagent une odeur si «forte odeur» que la présidente de la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris – et elle s’en excuse par avance – les a fait remiser sur le bord d’une fenêtre de la salle d’audience. La greffière se saisit délicatement, hier, du sac-poubelle dans lequel ont été emballés les sachets de vitamine de Marie-Aude Malton et déballe ce qu’il reste des « doses » que devait ingérer la plaignante lorsqu’elle était « en cure de purification » au Centre de dianétique de l’Eglise de scientologie, rue Legendre, à Paris, en 1998. A cette époque, la jeune femme de 32 ans vivait mal une rupture sentimentale et avait succombé aux théories avancées par Ron Hubbard, le fondateur de la scientologie, via certains adeptes du siège parisien. Après quelques mois de cours, Marie-Aude Malton avait jeté l’éponge, regretté d’avoir dépensé toutes ses économies – près de 140.000 francs (environ 22.000 euros) et porté plainte. Onze ans plus tard, elle est assise sur le banc des parties civiles dans un procès pour «escroquerie en bande organisée» et «exercice illégal de la pharmacie» à l’encontre de certains membres de l’église et de l’association spirituelle. |
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Le «programme» de purification
La journée sera essentiellement consacrée aux témoignages et aux interrogatoires des prévenus concernant le «programme» de purification – de façon systématique, tous les scientologues interrogés refuseront d'utiliser le terme de cure de purification pour ne pas voir qualifier leur actes comme relevant de l'exercice illégal de la pharmacie ou de la médecine. Le tribunal entend un expert de l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) sur les produits de la Société G&G dont tout indique qu'elle est intiment liée à la Scientologie. S'il refuse de s'exprimer sur la toxicité des produits administré durant la cure de purification – il n'est pas toxicologue – il distingue clairement au regard des différentes vitamines entre des médicaments par présentation et des médicaments par fonction. La propriété médicamenteuse se déduit – quand elle est présente – uniquement des propriétés pharmacologiques du produit (s'agit-il oui ou non d'un principe actif, quels sont ces effet et à quelle dose). C'est ainsi que la préparation dite du Calmag n'est pas considérée comme un médicament. Pour l'expert en pharmacie l'invocation par la défense d'une directive européenne de 2002 sur les compléments alimentaires par la défense ne change rien quand au fond du problème. Certains des produits sur lesquels il est interrogés sont bel et bien des médicaments et auraient du bénéficier d'une autorisation de mise sur le marché avant toute commercialisation. Mis en présence des scellés où les vitamines sont contenus dans de simples sachets plastiques pour tout conditionnement, il n'hésitera pas à affirmer que jamais l'agence n'autoriserai la diffusion d'un produit sous cette forme et que cela le faisait d'abord penser à une pratique «charlatanesque». Le tribunal pose ensuite quelques questions à la partie civile madame M, sur les conditions dans lesquelles elle s'est procurée ces produits. C'est qu'il a été affirmé en défense qu'il n'y avait aucune obligation de se procurer les vitamines auprès de la société G&G. Elle explique alors qu'on ne lui a indiqué que de façon tardive que ces vitamines étaient nécessaire et qu'elle est passé par l'intermédiaire d'une scientologue madame P à laquelle elle faisait parvenir un chèque – pour les obtenir -. Le numéro de téléphone – barré – figurait sur l'un des courriers publicitaires qui devaient lui être adressé par la suite comme contact de la société pour la France. Les investigations diligentées n'ont pas permises de localiser la société G&G, les pays bas n'ont pas donner suites aux demandes du juges d'instruction français malgré plusieurs relance. Madame M, explique qu'elle recevait les vitamines par la poste – sous le conditionnement précédemment décrit – accompagné d'une simple liste des produits sans notice au sens pharmaceutiques du terme. Il est à noter que le coût apparaît comme très supérieur à celui des mêmes produits délivrés en pharmacie. Pour ce qui est de la prise des dits produits, on lui indiquait simplement d'amener les vitamines au Sauna, là bas son superviseur de cas Aline lui préparait la dose quotidienne des vitamines qu'elle devait absorber pendant son « purif ». Madame Aline F. responsable à l'époque du programme de purification est ensuite entendue. Elle explique qu'elle était rémunérée entre 100 et 150 € par semaine pour ce poste. Elle présente d'emblée la purification comme une pratique religieuse comparable au jeune dans d'autres religions basée sur les écrits de Ron Hubbard. Elle présente son rôle comme totalement passif en effet selon elle le programme étant entièrement écrit – dans le livre de L.Ron Hubbard: «UN CORPS PUR L'ESPRIT CLAIR», il suffit à l'adepte de s'y référer et d'en appliquer les préceptes – sans jamais les interpréter – pour appliquer le programme de purification. Aussi à l'entendre tout au long de son audition son
rôle se bornerait à être là – pour répondre aux questions – et pour entretenir
les locaux du Sauna où est délivré le programme. Elle se défausse de la même
façon sur le médecin qui autorise le programme par un certificat médical – après
avoir lu le livre –. L'avocat de l'ordre des pharmaciens ne manquera pas
d'ironiser ce certificat médical. Il s'agit en effet d'un formulaire standard de
l'église de scientologie qui doit être signé par un médecin qui affirme que le
candidat au programme ne souffre ni de trouble cardio-vasculaire, ni
d'hypertension et la dégage de toute responsabilité. Si Aline F. affirme que le postulant au purif, peut consulter son médecin traitant ainsi qu'elle l'avait fait elle même. Madame M, précisait pour sa part, qu'on lui avait indiqué le «médecin» qu'elle devait consulter. En effet ce n'est qu'à la dernière minute qu'on lui avait signalé que ce certificat médical était indispensable. Madame M, précise aussi qu'elle n'avait pas le livre de référence et que par conséquent il lui était impossible aussi bien de s'administrer elle même les vitamines dont elle ignorait tout du dosage, que d'en lire les recommandation. Elle disposait pour toute documentation que de la description succincte du programme de purification sous la forme d'une bande dessinée ! Quand au médecin consulté, il semblait très bien connaître le programme de purification. Aline F. affirmait que le programme n'avait fait l'objet de contre indication médicale qu'à de très rares exceptions , ainsi sur les milles cures de purifications qu'elle aurait supervisé, elle ne pouvait se rappeler que de deux personnes dans cette situation. Dans quelques cas le médecin modifiait la prise de vitamine ou les exercices physiques qui devaient accompagner le Sauna. Enfin Aline F, affirmait n'avoir jamais rencontré le moindre problème de santé chez les participants à la cure qu'elle aurait de toute façon envoyé chez un médecin à la moindre alerte… Dans tout les cas examinés par le tribunal elle n'a rien observé de suspect – ni la fatigue extrême de madame M, ni les hallucinations de monsieur A. et elle les décrit uniquement comme parfaitement satisfait. Ses réponses «fuyantes» n'ont semble-t-il convaincu ni le tribunal ni les représentants du parquet . Commentaire de Xavier Dupont (prevensectes): Pour ma part je me bornerais à observer que dans le monde magique du programme de purification de madame Aline F – qui l'avait même débarrassé des radiations SIC – le taux de prévalence des maladies susceptibles d'être considéré y compris par les scientologues eux-même comme interdisant la cure de purification est anormalement bas pour ne pas dire nul ! Il est ainsi tout sauf crédible de prétendre que les troubles cardio-vasculaires l'hypertension ou le diabète pour ne parler que de ceux-là ne seraient présents qu'à hauteur de deux pour mille dans la population de référence… Ayant fait ce constat il est à peine besoin de commenter son affirmation selon laquelle, elle n'aurait jamais rencontré aucun problème de santé – malaise ou autres – tout au long de son activité de superviseur du dit programme. S'il elle semble à ce point aveugle c'est que selon toute probabilité les certificats qui n'ont de médicaux que le nom sont en réalité délivrés par des praticiens qui sont avant tout des scientologues, plus préoccupés de leurs marottes que de la santé de leur patient.
Audition d'Alain Frank Rozenberg, fondateur du centre de Celebrity Center Le tribunal procède à l'audition d' Alain Frank Rozenberg, fondateur du centre qui est à l'origine de la structure connue aujourd'hui sous le nom de Celebrity Center – et de son association loi 1901 dont le dernier avatar en date est l' AS-CC – dans la fin des années soixante-dix. L'instruction met en évidence que monsieur Rozenberg est, bien qu'il s'en défende et le nie avec la dernière énergie, le responsable de fait de l'AS-CC tandis que madame Sabine A, en était à l'époque des faits visés par la prévention la responsable de droit en tant que présidente de l'association. De tous les prévenus entendus par le tribunal, monsieur Rozenberg sera, sans l'ombre d'un doute, celui qui «manie» la rhétorique Scientologue avec le plus de virtuosité. Chacune des questions qui lui sont posées sera constamment reformulés, en réponse, dans une assertion qui deviendrait acceptable dans le vocabulaire Scientologue. C'est que pour reprendre une maxime célèbre de la Scientologie le réel c'est ce que avec quoi nous sommes d'accord ; dès lors exprimer sa simple opposition – en tant qu'elle dénie un consensus de base sur le vocabulaire commun – permet de réfuter dans le monde décidément magique de la Scientologie, la réalité des faits qui lui sont reprochés. Le tout est débité sur un ton outré de l'imprécateur pourfendant, ici l'apostat Gonnet là l'inquisiteur et scandalisé que l'on puisse simplement imaginer ou imputer la moindre des turpitudes à sa «religion». Car c'est bien là le leitmotive tout au long de l'heure et demie de son audition, dans chaque phrases, s'insinue l'adjectif religieux ou philosophique et peu importe qu'il puisse être employé parfaitement hors contexte. C'est que le religieux est en réalité utilisé par le prévenu comme un bouclier contre tout les reproches qui pourraient être fait à la Scientologie. La mettre en cause serait aller contre la liberté religieuse et de conscience. Il décrira ainsi son rôle. Cela fait plus de trente ans qu'il est Scientologue et se serait mis au service de ceux qui veulent s'élever… Les questions d'argent ne l'intéressent pas, il voudra bien admettre du bout des lèvres que dans les débuts de l'association il s'est bien occupé de ces questions administrative mais qu'il s'en est depuis longtemps désintéressé et préfère mettre en avance ses dix milles heures d'expérience de l'électromètre et son dévouement au service de ses paroissiens, auquel il a fait don de sa personne – ce qui justifie à ses yeux l'indemnité (qui est loin d'être négligeable de +/- mille euros par mois) qui lui est reversée par l'association. Le problème selon lui dans cette affaire est qu'on a jamais admis que la scientologie puisse être une religion et qu'elle aurait été dès lors uniquement envisagé avec suspicion, parce que d'origine étrangère. Seul problème pour monsieur Rozenberg, tant les faits que les mots sont têtus. Ce n'est pas du fait d'une lubie que les enquêteurs ou les juges l'aient considérés comme le responsable de fait de l'association mais parce que son nom figure dans l'organigramme de l'organisation (affiché dans les locaux l'association) à titre d' executive director: Directeur Général. Pour toute défense, il affirme qu'il s'agit en fait d'une traduction malheureuse, en effet parce que la Scientologie est une religion et non pas une entreprise, elle ne saurait avoir de Directeur général et tout est à l'avenant. L'organigramme tentaculaire de l'organisation décrit visuellement une entreprise par essence pyramidale. Peu importe ! En réalité il doit être lu non verticalement mais transversalement et toutes les décisions sont collégiales. De toutes évidence, monsieur Alain Frank Rozenberg est passé maître dans l'art de travestir les faits quand ce n'est pas le langage lui-même et il est à peine nécessaire de préciser que ces réponses ne semblent pas satisfaire le tribunal, le parquet ou la partie civile. Quoiqu'il en soit il persistera dans son déni du réel en présentant son rôle non pas comme le dirigeant mais de celui d'un simple coordinateur spirituel SIC, totalement dégagé des contingence matérielles propres à la gestion de l'organisation. Quand monsieur Rozenberg n'est pas trahis par la traduction c'est par les déclarations d'autres scientologues entendu au cour de l'instruction qu'il est mis en cause. C'est ainsi que la trésorière de l'association, indique au grand damne de monsieur Rozenberg comme membre du conseil d'administration de l'AS-CC Lorsqu'on on lui cite les écrits de L.Ron Hubbard: soit il évoque encore et toujours des problèmes de traduction, soit ils sont trop anciens et ne sont plus d'actualité où bien encore ils ne font plus partie du corpus des écrits officiels des œuvres de Ron Hubbard. C'est d'ailleurs une des tactiques éprouvées de la Scientologie de prétendre à chaque fois qu'elle est mise en face des consignes ou des propos des plus discutables de fondateur de nier qu'il en soit l'auteur ou qu'ils seraient interprétés hors contextes ou que cette politique aurait été abandonnée. Pour donner corps à cette illusion, la Scientologie a procédé à une nouvelle édition entièrement réécrite et refondue de l'intégralité des œuvres de L.Ron Hubbard ce qui lui permet au passage de nettoyer ou de rendre encore plus obscur et confus si cela était encore possible, la parole du gourou. Plus fort encore, de cette façon la scientologie peut vendre une nouvelle fois l'intégralité des œuvres et de leur traduction à ses adeptes sans compter un doublement des Stock de la «librairie» alias la SEL pour le plus grand profit de l'organisation mère. Comme l'ensemble des prévenus entendus à ce stade Alain Rozenberg a cherché à minimiser la porté du test de personnalité en Scientologie, lui déniant tout caractère scientifique ou son importance pour son organi- sation. Tant le tribunal, que les procureurs ou la partie-civile ne manqueront pas de battre en brèche ce bel édifice. C'est qu'en effet Alain Frank Rozenberg avait refusé de produire auprès du juge d'instruction, le manuel d'interprétation du test de personnalité – manuel qui sera finalement fourni à la justice par monsieur Roger Gonnet – dont il précisait qu'il risquait d'être mal interprété au lieu de cela et pour caractériser encore un peu plus sa mauvaise foi, il entreprenait de noyer le juge d'instruction sous une multitude d'écrit scientologues sans rapport direct avec ce qui lui était alors demandé au prétexte d'éclairer le juge… Commentaire de Xavier Dupont (prevensectes): Cette attitude qui relève de l'obstruction quasi systématique à l'action de la justice, Alain Frank Rozenberg et ses coprévenus cherchera en vain à obtenir que le juge d'instruction soit dessaisi du dossier – se poursuit devant le tribunal. Il se borne en effet à ne jamais répondre directement aux questions qui lui sont adressées par les juges que dans des termes extrêmement généraux, et se fait fuyant jusqu'à l'absurde. Il prétendra ainsi n'avoir jamais eu connaissance des jugements de Lyon et de Marseille où des responsables locaux avaient été convaincu d'escroquerie ou d'extorsion et que pour tout dire que cela ne l'intéresse pas ! En conclusion l'audition de monsieur Rozenberg laisse tant pour le tribunal que pour le publique non scientologue un profond un sentiment de profond malaise. A contrario du point de vue des scientologues présents elle apparaît comme un succès à en croire les félicitions échangées en fin d'audience Le procès de l'Église de Scientologie:
L'audition de madame Sabine A présidente de l'association ASS-CC. Le tribunal ne pouvant entendre l'expertise sur l'électromètre, l'expert s'étant excusé pour raison de santé, le tribunal procède à l'audition de madame Sabine épouse A (aujourd'hui divorcée) et présidente de l'association à l'époque des faits. Tout comme monsieur Rozenberg on ne peut pas dire qu'elle ait fait preuve d'un esprit de la plus grande collabo- ration avec la justice. En effet le juge d'instruction sera contraint de délivrer un mandat d'amener à son encontre afin qu'elle soit entendue. Elle refusera de la même façon de fournir la moindre explication lors de son audition par le magistrat instructeur. De ses déclarations devant les juges il apparaît rapidement que le rôle de la prévenue dans l'association est des plus évanescent. Elle affirme ne pas la diriger, en effet chacun sachant ce qu'il a à faire elle n'aurait pas à inter- venir. Elle se borne à affirmer de façon assez laconique que son rôle se borne à mettre en œuvre l'objet social de l'association mais prétend n'avoir aucune connaissance des questions financières relatives à la vie de l'association qui ne concernent que la trésorière si ce n'est qu'elle admet de façon assez contradictoire qu'elle a connaissance de l'existence d'un système de compensation entre l'association et la SARL. Ses explications sur les comptes bancaires de l'association sont confuses. Elle affirme que association se serait vu clôturer l'ensemble de ses comptes – Il semblerait que plusieurs incidents bancaire du à des oppositions sur des factures de carte bleu aient été signalés par la cellule de lutte contre le blanchiment de l'établissement bancaire sans qu'il soit claire que ces évènements aient précédé ou suivi cet épisode – ce qui aurait obligé l'association à faire désigner par la Banque de France un établissement bancaire afin qu'elle puisse ouvrir un compte. Cette solution n'aurait pas été satisfaisante du point de vue de l'association, l'établissement bancaire français désigné refusant de lui donner un chéquier ou un terminal de carte bleu. Cette situation aurait amener l'association à demander à la SARL Sel a pouvoir bénéficier de son terminal de carte bleu. C'est en tout cas l'un des arguments utilisés pour expliquer la confusion des comptes entre l'association à but supposé non lucratif et une société commerciale. Quant à la frilosité de l'établissement bancaire français elle aurait amené l'association à recourir au service d'une banque britannique. Les explication autour de certains mouvement sur le compte bancaire de son ex-conjoint – qu'ils partageaient à l'époque – ne sont pas des plus claires. Selon elles les sommes reversées par l'association à son église mère seraient des plus minimes elle cite le chiffre de 2% qui représenterait une royaltie de 14% en paiement des droits sur les film réalisée par la Scientologie. Tout comme les autres prévenus elle n'a que peu de chose à dire sur les tests, ils ont interprété par l'évaluateur des tests Point barre… Commentaire de Xavier Dupont (prevensectes): Question trop pressante ? stress de l'audience ? Quoiqu'il en soit madame Sabine A semble sombrer soudain dans l'émotion – elle est au bord des larmes – pour se plaindre des traitements dont elle affirme avoir été la victime, allant jusqu'à prétendre avoir fait l'objet de menaces et d'insulte le matin même à la sortie de son domicile. Cependant il ya quelque chose d'artificiel dans cette soudaine montée en régime. Ainsi alors que la présidente lui demande de se calmer et de baisser le ton, elle se contente d'abaisser le micro d'un geste brusque et continue sur la même tessiture. Tout cela évoque irrésistiblement un maniement du tribunal par une manipulation de l'échelle des tons… Il faut en effet savoir que les scientologue sont passés maître dans l'art ou de manifester aucune émotion – y compris sous les assauts langagiers les plus rudes – ou de mimer n'importe quel ton oui intonation de façon à influencer leur interlocuteur. Cette hypothèse est d'autant plus prégnante que dans la suite de son intervention – et notamment dans ses réponses au questions des parties – elle est tout sauf une victime déprimée et se montre particulièrement agressive pour ne pas dire arrogante dans ses réparties ce qui cadre mal avec la saynète de la pauvre petite marchande d'allumette scientologue jouée ci-devant le tribunal. De façon générale, le tribunal n'obtiendra pas d'autres réponses que celles déjà répétées par les prévenus sur le même sujet de toutes évidences les réponses données par les uns et les autres dans cette affaires ont été soigneusement concertées. Et c'est sans surprise qu'elle nie avoir la moindre responsabilité dans les mésaventures de madame Marie Audes M. En effet celle-ci avait rencontré la présidente de l'association qui lui proposait d'en devenir permanente. In fine, à la fin de cette journée la stratégie de défense de l'ensemble des prévenus est on ne peut plus évidente : L'un n'a rien vu, l'autre n'a rien entendu quant au dernier c'est motus et bouche cousue. Si les trois singes sont à l'image de la sagesse en Asie, il est loin d'être évident que cette attitude fasse le Zen du tribunal. |
Un électromètre, l'une des pièces à conviction, le 4 octobre 1996 à Lyon lors d'un procès de l'Eglise de Scientologie PARIS (AFP) — Le tribunal correctionnel de Paris a tenté mercredi de déterminer si l'électromètre, vendu et utilisé par l'Eglise de Scientologie, était un instrument doté d'une véritable efficacité scientifique ou un "leurre", destiné à récupérer l'argent des adeptes. Pour l'Eglise de Scientologie, jugée pour escroquerie en bande organisée et exercice illégal de la pharmacie, l'élec- tromètre ou "électropsychomètre" est un appareil électrique qui permet aux paroissiens "de localiser les zones de détresse et de tourments spirituels". Présenté par la Scientologie comme ayant un caractère scientifique, il est vendu aux adhérents quelque 4.800 euros, soit dix fois plus que son prix de revient. D'après les expertises, anciennes, citées dans la procédure, "l'appareil n'est rien d'autre qu'un leurre", manquant de "sérieux" et "impropre à mesurer précisément quelque phénomène physique que ce soit". Une thèse partiellement contredite mercredi par deux experts en électronique cités par l'Eglise de Scientologie. Pour Bernard Denis-Laroque et pour Philippe Ripoche, deux experts judiciaires patentés, "l'appareil mesure bien quelque chose", à savoir la variation des résistances électriques. Après avoir assuré n'avoir aucun lien avec la Scientologie, M. Ripoche confesse avoir été "surpris" de certaines constatations: "à l'évocation de souvenirs douloureux, la résistance électrique des personnes tombait dans des proportions importantes", dit-il. Selon lui, l'électromètre mesure donc bien "un phénomène physiologique". Mais interrogé sur la littérature scientologue entourant l'électromètre, l'ingénieur donne une réponse beaucoup moins favorable à l'organisation: pour lui, c'est une "logorrhée fantaisiste, ambitieuse et risible". Que l'électromètre donne "une indication du stress, peut-être", mais qu'il soit "une certitude absolue, non": "il semble que cet appareil ne puisse être utilisé comme une assistance à la psychothérapie", a-t-il ajouté. L'Eglise de Scientologie, organisation controversée, risque la dissolution de ses structures françaises dans ce procès, ouvert le 25 mai et qui doit durer jusqu'au 17 juin. «L'électromètre» au cœur du procès de Scientologie par Angélique Négroni
Facturé 5'000 euros et censé explorer les émotions des adeptes, l'appareil est décrit comme un «leurre» par des spécialistes. «Voilà l'engin en question.» Ainsi annoncé mercredi par la présidente de la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris lors du procès de la Scientologie, l'électromètre est placé avec soin sur un bureau en hauteur. Pour être bien visible. Cette boîte ovale de couleur ocre équipée de deux électrodes était mercredi au cœur des débats. Dans cette affaire d'escroquerie en bande organisée, il s'agissait pour les magistrats de vérifier si cette machine de taille modeste et aux jolies formes arrondies est dotée de pouvoirs réels comme le prétendent les scientologues. Pour ces derniers, en effet, l'électromètre est essentiel dans le cursus des adeptes, érigé comme un instrument religieux avec valeur scientifique. Ainsi, quand l'adepte empoigne les deux électrodes, l'auditeur mesure ses zones de détresse et sa charge émotionnelle. Tout commence alors par un «rappelle-toi d'un moment où tu étais heureux (ou malheureux)», lancé par le responsable. Et c'est parti pour deux bonnes heures d'entretien au cours duquel l'aiguille se balade de gauche à droite. Un charmant ballet qui rythme ce qui s'apparente selon les scientologues à «une confession». «L'électromètre permet d'orienter le questionnaire», selon le témoignage d'un membre de l'organisation. Il permet ainsi de mieux se connaître, s'améliorer et de se grandir. Une machine à explorer ses émotions qui a un véritable coût : près de 5 000 euros. «L'absence de sérieux de cette technique» Expert judiciaire en électronique, Philippe Ripoche s'approche de la barre pour donner son avis. «J'ai fait des constatations qui m'ont surpris», commence-t-il par dire. Pour bien comprendre le fonctionnement de l'engin, il l'a testé d'ailleurs sur lui-même. À voix haute, dit-il, il a évoqué un moment déplaisant et l'aiguille est tombée à droite. Sur d'autres cobayes, même effet. «À l'évocation de souvenirs douloureux, la résistance électrique est tombée de 10 à 30 %», explique-t-il en poursuivant: «Quand ils se détendent, leur résistance remonte.» Verdict du spécialiste: «Il y a une corrélation entre les souvenirs douloureux et la chute de la résistance. Les mesures sont parfaites.» Précisons que cet expert a été cité par la défense. Ses conclusions sont en totale contradiction avec celles rendues par d'autres spécialistes interrogés dans d'autres affaires et dont les rapports ont été repris pour ce procès. Ainsi, l'un d'eux souligne «l'absence de sérieux de cette technique». Un autre, de manière plus cinglante, affirme: «Il apparaît clairement que l'appareil n'est rien d'autre qu'un leurre destiné à donner un aspect scientifique à une opération qui n'a rien de tel.» L'électromètre, une redoutable machine destinée à faire tomber l'argent dans les coffres de la Scientologie ? Curieusement, l'ancienne présidente de l'Association spirituelle de l'Église de scientologie à Paris, Sabine Jacquart, mise en examen avec cinq autres prévenus, a affirmé ne jamais l'avoir utilisé. Elle l'avait pourtant bien acheté mais la machine magique est toujours restée dans un placard. |
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Les larmes d’une ex-présidente de la Scientologie par Anne-Cécile Juillet
Entre 1997 et 1999, Sabine Jacquart est présidente de l’Association spirituelle de l’Eglise de scientologie (ASES) au Celebrity Center, l’un des deux sites parisiens de l’organisation. Hier, devant la 12e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, la prévenue, la quarantaine avenante et assurée, est revenue sur ses deux années passées au «CC». C’est là-bas que les deux plaignantes, Aude-Claire Malton et Nelly Reziga, estiment avoir été victimes d’escroquerie en bande organisée, et exercice illégal de la pharmacie il y a près de dix ans. Sabine Jacquard entre en Scientologie en 1989 parce qu’elle y trouve « exactement ce (qu’elle) cherchait » : « Une religion qui ne m’imposait rien », explique-t-elle. Rapidement, elle en devient « membre actif », c’est-à-dire que, sans emploi, elle passe le plus clair de son temps au centre, contre une allocation « variant de 20 à 100 € la semaine ». Elle perd son sang-froid Huit ans plus tard, elle est élue présidente du bureau de l’ASES : « Je devais représenter cette association, faire en sorte que ses statuts soient respectés, convoquer les assemblées générales et donner mon aval pour l’acceptation ou la radiation d’un membre. ». Et puis, c’est tout. Si le tribunal ou les parties civiles tentent d’approfondir des détails, comptables notamment (pourquoi une multiplication de comptes en banque ? pourquoi une partie de l’argent partait-il aux Etats-Unis ? pourquoi des transferts de fonds entre l’association à but non lucratif et la librairie de la Scientologie, vrai commerce ?) ou purement rituels (la prise de vitamines, l’utilisation de l’électromètre, les tests de personnalité), les réponses de la prévenue varient peu : « Cela m’est difficile de répondre sur ce point-là, je n’étais pas sur place. » « Vous étiez présidente pourtant ». « Oui, mais je ne suis pas comptable et je n’étais pas au courant de tout l’organigramme. ». Quand l’un des deux représentants du parquet lui demande si, sous couvert de « récompenser le prosélytisme des membres », comme l’indique un texte scientologue, ces derniers ne se voient pas tout simplement rétribués par commission suivant le nombre de nouveaux adeptes recrutés, Sabine Jacquard répond : « Je ne sais pas, je ne m’occupais pas de cela. » « En tant que présidente, vous devriez pourtant », déplore la procureur. A l’issue de près de trois heures à la barre, Sabine Jacquard peine à ne pas apparaître comme une simple gérante de paille et la Scientologie, une organisation pour le moins difficile à comprendre pour un non-initié. C’est sur ce point que Sabine Jacquard, au milieu de sa déposition, perd son sang-froid. Elle fond en larmes : « Je suis choquée, sanglote-t-elle, parce que depuis une semaine je n’entends que des choses déplacées à propos de cette religion que je pratique depuis vingt ans, dans laquelle j’ai éduqué mes enfants…» Sabine Jacquard, par la voix de son avocat, a fait savoir avant-hier au tribunal que, depuis le début du procès, elle avait été victime de harcèlement et d’une agression, en bas de chez elle, avec l’un de ses enfants.
Elle est un peu à cran, Sabine Jacquart. Voilà un peu plus d'une semaine qu'elle est assise aux côtés de ses cinq coreligionnaires scientologues, renvoyés comme elle devant le tribunal correctionnel de Paris pour "escroquerie en bande organisée" et "exercice illégal de la pharmacie" et là, elle craque. Ce mercredi 3 juin vient son tour de répondre aux questions des juges et, quand elle se présente à la barre, elle la serre avec nervosité. "Je suis choquée. La seule chose que j'entends ici, c'est que les scientologues harcèlent des gens, qu'on les menace alors que moi-même, j'ai vécu des raids de la police dans l'Eglise et des descentes à mon domicile", déplore-t-elle dans un sanglot. Au sein de l'Eglise de scientologie fondée en 1954 par l'écrivain américain de science-fiction Ron Hubbard, Sabine Jacquart, 44 ans, est "membre active" depuis vingt ans. En 1998, au moment où Aude-Claire Malton, l'une des plaignantes, assure avoir été ruinée par les scientologues qui auraient abusé de son état de faiblesse, Sabine Jacquart était présidente de l'association spirituelle de l'Eglise de scientologie - Celibrity center (ASES-CC). Concernant l'affaire proprement dite, elle n'a pas "grand-chose à dire". "Je représentais l'association de l'Eglise. C'est la trésorière qui s'occupait de la comptabilité", lance-t-elle. Et d'ailleurs, comment pouvait-elle savoir ? "L'organigramme de la scientologie compte six divisions" et répertorie "environ 300 fonctions", comment aurait-elle pu avoir un regard sur tout ? Et si les "paroissiens" s'endettent à des taux prohibitifs après avoir vidé tous leurs comptes, - comme ce fut le cas de Aude-Claire Malton - "c'est l'affaire de la personne", relève l'ancienne présidente. "C'est la personne qui choisit le cursus qui lui convient le mieux", précise Sabine Jacquart. Pour sa part, la seule chose qui lui importe, ce "qu'elle ne veut pas perdre", c'est la scientologie. Depuis vingt ans, elle a "donné beaucoup", et elle donne encore : "Beaucoup plus que madame Malton qui en plus a été remboursée." Malgré cela, pour Sabine Jacquart, l'argent et la scientologie, cela n'a rien à voir. "Il faut être en accord avec ça, sinon ça ne marche pas", martèle-t-elle avec une telle énergie dans le micro que la présidente, Sophie-Hèlène Château, l'enjoint de ne pas s'énerver. "Je ne suis pas énervée, je suis perturbée", réplique la petite femme. En France, "l'Église de scientologie est diabolisée", regrette-t-elle encore tout en exprimant sa perplexité: "Si les écrits de Ron Hubbard avaient présenté un danger, ça fait longtemps que ça aurait été interdit. Si c'est un charlatan, pourquoi le livre (de Ron Hubbard) est-il à la disposition des gens ?" Le livre. En réalité une somme d'ouvrages écrits par Ron Hubbard qui décrivent la Dianétique, sorte de traité du comportement censé permettre à l'individu de s'élever vers la spiritualité, non sans se procurer, contre monnaie sonnante et trébuchante, les indispensables outils religieux, comme le fameux électromètre. Cet engin vendu plus de 4'800 euros, est apte à "mesurer certaines manifestations émotionnelles", admet Philippe Ripoche, un expert commis par la défense des scientologues. Malgré cela, il n'est "rien d'autre qu'un leurre destiné à donner un aspect scientifique à une opération qui n'a rien de tel", indique l'expert. C'est au long des chapitres du livre que les scientologues puisent tout leur savoir, au fil de ses milliers de pages qu'ils obtiennent les réponses à leurs interrogations. Sur la vie, la quête religieuse, le programme de "purification" et son régime basé sur la sudation avec ses cinq heures de sauna quotidien, ses prises de vitamines et ses enseignements, sur l'organisation de l'Eglise, les tâches de ses membres... Comme l'a affirmé avec force mardi 2 juin à la barre, Alain Rosenberg, le directeur général du Celibrity-Center de la rue Legendre, à Paris, chez les scientologues, on s'en tient "aux écrits de Ron Hubbard". Ce haut hiérarque de l'Eglise de scientologie, figure parmi la vingtaine de disciples français à avoir atteint le grade d'OT7. Il ne veut pas être pris comme le représentant d'une société commerciale. "Je suis un homme d'église et pas un directeur général de société", s'est-il indigné. Selon lui, toutes les sommes d'argent qui sont versées à l'Eglise sont des dons qu'il ne faut pas confondre avec des achats. "Les scientologues sont contents de contribuer à leur église", a-t-il assuré. L'audience se poursuit jusqu'au 17 juin. Yves Bordenave Article paru dans l'édition du 05.06.09. Le «petit pourcentage» de la scientologie par Ondine Millot
Il a des cheveux roux frisés tirant sur le blanc, une veste noire et une chemise chic, des manières calmes et posées. A la présidente du tribunal, qui répète en vain les mêmes questions, il répond lui aussi par des questions. «Vous pensez que le fait de s’élever vers le divin puisse avoir un prix ?» Alain Rosenberg, la soixantaine rondelette, est considéré comme un des plus hauts dirigeants de la scientologie en France. Parmi les huit prévenus (six personnes physiques et deux personnes morales) du procès parisien, c’est lui que l’on attendait le plus. Mardi, il a eu l’occasion de donner son point de vue de «coordinateur des activités ecclésiastiques» (il refuse le titre de «directeur général», pourtant inscrit dans l’organigramme interne). Les impressionnantes sommes d’argent versées par les adeptes pour l’achat de cours et ouvrages ? Des «dons», répète Alain Rosenberg, car «aucune Eglise ne vit uniquement avec l’énergie du bon Dieu». Le fait qu’il existe des grilles de tarifs très précises pour ces «dons», que les adeptes soient incités à payer d’avance pour un cursus de quatre ans de formation ? «Cela permet de libérer la route. Une fois que la route est libre, on voit que les scientologues s’épanouissent vraiment.» Remboursement. Pour l’une des parties civiles, Aude-Claire Malton, cette «libération» a coûté 21'500 euros en deux mois, la perte de l’ensemble de ses économies, et un lourd crédit. Pour un autre, Eric A, qui a finalement retiré sa plainte contre un remboursement partiel, 49 483 euros en trois mois. C’est la première fois, en France, que l’Eglise de scientologie est poursuivie en tant que personne morale pour le chef précis d’«escroquerie en bande organisée». Si elle est reconnue coupable, elle risque théoriquement la dissolution. Le seul précédent français de poursuites contre la «personne morale» scientologue remonte à 2003. Elle avait alors été relaxée pour «tentative d'escroquerie», et condamnée pour une infraction à la loi sur les fichiers informatiques. Larmes. Les jours se succèdent, et avec eux les prévenus à la barre. Mais le discours scientologue et ses nombreuses zones d’ombre ne changent pas. Hier, c’était au tour de Sabine Jacquart, ex-présidente de l’association française de l’Eglise de scientologie. A peine levée, elle s’effondre en larmes. «Depuis une semaine, j’entends des injures : qu’on menace les gens, qu’on les harcèle…» Elle reprend du tac au tac de sa voix juvénile flûtée pour défier les questions de la procureure. Le fait qu’on fasse signer à ceux qui souhaitent quitter la scientologie un renoncement à toute poursuite en justice ? «C’est normal, dans un pays où on est diabolisés !» L’organigramme de l’association qu’elle présidait, avec une «unité pour les acheteurs potentiels», un «employé aux statistiques de réponse», une «unité des nouvelles méthodes de contact avec le public» ? «Il y a des erreurs de traduction.» L’argent versé aux membres pour chaque nouvel adepte qu’ils réussissent à recruter ? «C’est juste un petit pourcentage…» |
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Dépêches AFP - la-Croix.com
PARIS, 8 juin 2009 (AFP) "C'est une des sectes les plus dangereuses, des plus efficaces et des plus âpres au gain", a affirmé lundi devant le tribunal correctionnel le député Jean-Pierre Brard (app PCF), en parlant de l'Eglise de Scientologie, jugée depuis le 25 mai pour escroquerie en bande organisée. Pour le député de Seine-Saint-Denis, qui depuis 1995 a participé à trois missions parlementaires sur les dérives sectaires, la Scientologie a deux objectifs: "le pouvoir et l'argent", "l'argent pour accéder au pouvoir et le pouvoir pour accéder à l'argent". "Ces sectes, a-t-il poursuivi, ce sont des organisations qui construisent l'opacité sur leurs circuits tant de décision que de financement", c'est comme un "système de drainage, vous ne le voyez pas mais ça fonctionne très bien". "C'est la secte qui vient à vous et profite de vos fragilités, à la façon dont les rubans collants de nos grands-mères attrapaient les mouches", a témoigné l'ancien maire de Montreuil. "C'est un système diabolique, où l'on profite de la faiblesse des personnes", a-t-il continué, avant de décrire les moyens utilisés par la Scientologie pour "essorer" ses adeptes: des produits protégés par un droit de propriété intellectuelle aux "dons tarifés". Selon lui, les "parrains" les plus prestigieux de la Scientologie, Tom Cruise et John Travolta, auraient ainsi versé 10 millions de dollars à l'organisation. A ses yeux, les prévenus sont "des adeptes, mais aussi des acteurs de cette manipulation", "les rouages rémunérés et rémunérateurs d'une machine infernale" qu'il "faut casser". Comparant le conditionnement des membres à celui pratiqué en Corée du Nord ou dans la Russie stalinienne, M. Brard a regretté "toutes ces vies brisées et ces carrières détruites". "Je me souviens d'un jeune musicien, a-t-il raconté, avec un début de carrière brillantissime, et là, il est tombé dans le filet de la Scientologie: il a fini dans un hôpital, la carrière brisée et la fortune familiale évaporée". "Hélas, a-t-il conclu, beaucoup de victimes renoncent aux poursuites", car "la Scientologie a de l'argent, et les démêlés judiciaires, ça fait désordre. Seules les plus solides résistent à la pression et au harcèlement". |
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Le témoignage accablant d'un ex-patron scientologue par Anne-Cécile Juillet
Eprouvante matinée pour les représentants de l'église de Scientologie, poursuivis pour escroquerie en bande organisée depuis le 25 mai. Lundi matin, ils ont affronté deux témoins cités par les parties civiles, devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Deux témoins en tout et pour tout, mais deux pourfendeurs historiques du mouvement, qu'ils qualifient sans ambages de «secte»: Jean-Pierre Brard, député ex-PCF de Seine-Saint- Denis, et surtout Roger, qui a dirigé le centre de Scientologie de Lyon. Ils ne mâchent pas leurs mots, rompus aux poursuites judiciaires que la Scientologie, mais aussi d'autres mouvements, leur ont fait connaître. «L'une des sectes les plus dangereuses» Appelé le premier à la barre, Jean-Pierre Brard a été de toutes les commissions d'enquêtes parlementaires sur le sujet, depuis 1995. «La Scientologie est l'une des sectes les plus dangereuses, les plus efficaces et les plus âpres au gain», attaque-t-il d'emblée. Elle a deux objectifs selon lui: «Le pouvoir et l'argent. L'argent pour accéder au pouvoir et le pouvoir pour accéder à l'argent.» La présidente, Sophie-Hélène Château, veut des détails, notamment lorsque le député avance que la Scientologie construit l'opacité sur ses circuits de décision et de financement: «C'est comme un système de drainage, illustre- t-il. Vous ne voyez pas tous ces petits canaux souterrains, mais ils fonctionnent très bien, et l'eau arrive toujours à bon port», sous entendu à la maison-mère, américaine. «Le test de personnalité est truqué» Roger, Les vrais détails, pourtant, c'est le second témoin qui les apportera au tribunal. Pendant huit ans, jusqu'au début des années 1990, Roger a dirigé le centre de Scientologie de Lyon. Jusqu'à ce qu'un désaccord avec sa hiérarchie le pousse à la rupture totale avec l'organisation. Depuis, il ne cesse d'étudier et de traquer les dérives de son ancien mouvement, dont il connaît les préceptes, a lu tous les réglements, et décrypte les évolutions. A la barre, un fatras de documents à l'appui, décodant systé- matiquement le vocable scientologue, il revient sur les principales interrogations du tribunal. Le test de person- nalité, notamment, premier contact avec la Scientologie pour les futures recrues. L'une des plaignantes, Aude-Claire Malton, avait répondu à ce test «analysé gratuitement», concocté par la Scientologie qui l'a recrutée ainsi. «Il est totalement truqué, explique l'ancien adepte, les résultats sont calculés de telle façon que vous n'ayiez aucune chance que votre test ne soit pas critiqué.» Avec un mot d'ordre: pour s'améliorer, il faut suivre des cours, et donc, payer. «C'est un moyen capital pour faire venir les gens», assure Roger Gonnet, battant en brèche les allégations des prévenus, qui, la semaine dernière, en minimisaient l'impact. Les cures de purification: «J'aurais pu avoir des morts» Les cures de purification, ensuite. C'est l'une des premières étapes à franchir pour le futur «clair», c'est à dire le futur scientologue reconnu, qui consiste en un cocktail intensif de sauna, de sport et de prise de vitamines -vendues explcusivement par une officine de la Scientologie-. Evoquant le cas de l'une de ses adeptes, allergique aux produits imposés, l'ancien directeur scientologue, qui n'a aucune formation de médecin, concède: «J'étais inconscient des risques que je faisais courir, j'aurais pu avoir des morts...». La présidence passe au crible les tarifs pratiqués, «appelés donations pour se donner un air religieux», selon Gonnet. L'électromètre: «Une rente à vie» Puis c'est au tour de l'électromètre, cet outil utilisé pour capter, selon des variations électriques, l'état mental d'un adepte, vendu aux alentours de 5 000€, «qui en vaut vingt fois moins, mais qui assure une rente à vie, puisque tous les deux ans, chaque scientologue, qui doit en avoir un, le fait renvoyer pour 800€ de frais d'entretien». La rémunération des membres actifs, enfin: «Leurs payes sont calculées en fonction de leur résultat, qu'ils doivent sans cesse améliorer. Il arrive même à certains dirigeants que vous voyez là (le témoin évoque Alain Rosenberg, l'actuel directeur général du Celebrity Center, NDLR) de ne pas déclarer à la maison-mère toutes les demandes de remboursement qu'il reçoit, pour une raison simple. A chaque remboursement, la totalité des membres actifs est privée de salaires pendant un temps donné...» Assis les uns à côtés des autres, les sept prévenus, de temps à autre, lèvent les yeux au ciel, pouffent ou s'indignent. Le témoignage de cet «apostat» n'a que peu de valeurs à leurs yeux. Ce mardi continue le défilé des témoins, appelés par la défense cette fois. Ils sont près d'une trentaine. Scientologie: secte "des plus dangereuses"
"C'est une des sectes les plus dangereuses, des plus efficaces et des plus âpres au gain", a affirmé aujourd'hui devant le tribunal correctionnel le député Jean-Pierre Brard (app PCF), en parlant de l'Eglise de Scientologie, jugée depuis le 25 mai pour escroquerie en bande organisée. Pour le député de Seine-Saint-Denis, qui depuis 1995 a participé à trois missions parlementaires sur les dérives sectaires, la Scientologie a deux objectifs: "le pouvoir et l'argent", "l'argent pour accéder au pouvoir et le pouvoir pour accéder à l'argent". "Ces sectes, a-t-il poursuivi, ce sont des organisations qui construisent l'opacité sur leurs circuits tant de décision que de financement", c'est comme un "système de drainage, vous ne le voyez pas mais ça fonctionne très bien". "C'est la secte qui vient à vous et profite de vos fragilités, à la façon dont les rubans collants de nos grands-mères attrapaient les mouches", a témoigné l'ancien maire de Montreuil."C'est un système diabolique, où l'on profite de la faiblesse des personnes", a-t-il continué, avant de décrire les moyens utilisés par la Scientologie pour "essorer" ses adeptes: des produits protégés par un droit de propriété intellectuelle aux "dons tarifés". Selon lui, les "parrains" les plus prestigieux de la Scientologie, Tom Cruise et John Travolta, auraient ainsi versé 10 millions de dollars à l'organisation. A ses yeux, les prévenus sont "des adeptes, mais aussi des acteurs de cette manipulation", "les rouages rémunérés et rémunérateurs d'une machine infernale" qu'il "faut casser". Comparant le conditionnement des membres à celui pratiqué en Corée du Nord ou dans la Russie stalinienne, M. Brard a regretté "toutes ces vies brisées et ces carrières détruites"."Je me souviens d'un jeune musicien, a-t-il raconté, avec un début de carrière brillantissime, et là, il est tombé dans le filet de la Scientologie: il a fini dans un hôpital, la carrière brisée et la fortune familiale évaporée". "Hélas, a-t-il conclu, beaucoup de victimes renoncent aux poursuites", car "la Scientologie a de l'argent, et les démêlés judiciaires, ça fait désordre. Seules les plus solides résistent à la pression et au harcèlement". |
PARIS (AFP) — Le représentant du Celebrity Centre, vitrine de l'Eglise de Scientologie en France, a assuré mercredi au tribunal correctionnel de Paris que les membres de l'association, poursuivie pour escroquerie en bande organisée, ne s'étaient jamais enrichis personnellement. "On ne fait pas un centime de profit personnel", a martelé Eric Roux, ajoutant: "On n'est pas en train de dire qu'on n'est pas content quand un membre fait une contribution importante. Mais ce financement n'enrichit aucun d'entre nous: la Scientologie peut aider l'humanité à progresser et toutes les finances y sont consacrées". Oui, la Scientologie fait payer des "contributions" à ses membres, a-t-il concédé, mais elle n'est pas la seule religion à agir de la sorte: ainsi des Hindouiste et de l'Eglise anglicane, qui eux aussi affichent "des tarifs" pour les services religieux qu'ils offrent à leurs fidèles. "J'imagine que vous avez été bien entraîné...", avait glissé la présidente Sophie-Hélène Château quelques minutes plus tôt, au début de son audition, faisant référence à plusieurs témoignages indiquant qu'"en Scientologie, on était entraîné à mentir devant les tribunaux". "Ce que vous avez entendu est absolument faux", lui avait alors répondu M. Roux, "la vérité étant une composante très importante en Scientologie". Durant trois heures, la présidente a tenté de voir plus clair dans la nébuleuse scientologue, tant au niveau comptable qu'organisationnel, en posant de multiples questions au représentant de l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie - Celebrity Centre (ASES-CC). Interrogé sur le test de personnalité, considéré comme un outil de promotion par les plaignants, M. Roux a assuré que "99% des gens n'arrivent pas à la Scientologie avec ce test, mais directement". "La vente à la dure ?" (des pratiques commerciales agressives, ndlr): "il n'y a jamais eu de consigne en ce sens", a-t-il affirmé. Quant aux demandes de remboursement des membres mécontents, elles sont selon lui "remboursées à 100%", les allégations de l'accusation n'étant que "des mensonges". Le réquisitoire est attendu lundi, avant les plaidoiries de la défense mardi et mercredi. Correctionnelle. Les scientologues se disent désintéressés
Si l'enjeu du procès qui s'est ouvert le 25 mai dernier à Paris pour escroquerie bande organisée est si important pour l'Eglise de Scientologie en France, c'est parce qu'en tant que personne morale, et en cas de condamnation, elle risque la dissolution. Ce mercredi, à la barre se sont présentés Eric Roux et Aurore Nadler. Le premier représente le Celebrity Center, l'un des deux sites parisiens de la Scientologie. La seconde, la Sarl SEL, cette librairie qui, au sein des locaux de la Scientologie, commercialise les œuvres de son fondateur, L.Ron Hubbard. Sa vraie gérante depuis 1997 a refusé de se rendre au procès. Elle vit au Danemark, où se trouve le siège de la Scientologie en Europe. Depuis sa prise de fonctions, elle ne s'est rendue à la librairie parisienne que «cinq ou six fois». Devant le tribunal correctionnel, Eric Roux, homme grand et mince à la voix posée, passe trois heures à la barre. Ce «Ministre de l'Eglise de scientologie», habitué aux prêches, paraît tout à fait à l'aise devant l'auditoire, au point de vouloir même parfois même en mener le tempo. La présidente, Sophie-Hélène Chateau, avant de lui laisser la parole, lâche un sybillin: «J'imagine que vous avez été bien entraîné», en référence à plusieurs témoins expliquant qu'«en Scientologie, on était entraîné à mentir devant les tribunaux». «Nous ne sommes pas un grand magasin!» Eric Roux indique simplement que «tout cela est faux», et balaie d'un revers de main les témoignages à charges portés contre son organisation. Son message tient en un refrain, répété à l'envi à la barre: à l'église de Scientologie, «on ne se met pas un centime dans la poche». Oui, la Scientologie fait payer des «contributions» à ses membres, mais quelle Eglise ne le fait pas? Oui, on se réjouit lorsque l'on reçoit des donations importantes, comme n'importe quelle Eglise qui souhaite «aider l'humanité à progresser». Non, on ne recherche pas de nouveaux adeptes en fonction de leurs revenus. Non, il n'existe pas de refacturation à destination de la maison-mère. Si le tribunal lui fait remarquer que, pourtant, des témoignages de scientologues, et même des textes de Ron Hubbard indiquent qu'il faille remplir des objectifs chiffrés, il rétorque que ceux-ci sont religieux... et que l'aspect financier se lie forcément à la religion. «Nous ne sommes pas un grand magasin!», plaide Eric Roux, niant toute forme de relance téléphonique pour les adeptes peu pratiquants, comme s'en était émue une plaignante, ou toute forme de «vente à la dure (une technique appelée hard sale en scientologie, NDLR)». L'explication à ce sujet, c'est Aurore Nadler qui l'apportera au tribunal: «En fait, hard sale, cela veut dire prendre soin de la personne, c'est une définition scientologue», indique la gérante de fait de la librairie. «Ah bon?» s'étonne la présidente. «Oui, cela veut dire qu'on prend tout le temps nécessaire pour comprendre ses besoins.» Puis lui vendre des «services religieux». |
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Le parquet de Paris requiert la dissolution de la Scientologie Par Reuters PARIS - La dissolution de la branche française de l'Eglise de Scientologie a été requise par le parquet de Paris au procès où le groupement est jugé depuis le 25 mai pour "escroquerie en bande organisée".
Le dirigeant français de l'Eglise de Scientologie, Alain Rosenberg. Le parquet de Paris a requis la dissolution de la branche française de ce groupement d'origine américaine, qui est jugé depuis le 25 mai pour "escroquerie". Le jugement du tribunal correctionnel doit être rendu à l'automne prochain. (Reuters/Philippe Wojazer) L'accusation a aussi demandé des amendes d'un total de quatre millions d'euros contre les deux principales entités juridiques de la Scientologie en France, l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie-Celebrity center et la librairie SEL (Scientologie espace liberté). Quatre peines de prison avec sursis allant de deux ans à quatre ans assorties d'amendes allant de 10.000 à 150.000 euros et de privation de droits civiques ont en outre été demandées contre quatre responsables français de la Scientologie. La peine la plus élevée, quatre ans de prison avec sursis, 150.000 euros d'amende et cinq ans de privation des droits civiques, vise le principal dirigeant français de l'Eglise, Alain Rosenberg, 60 ans. Le jugement du tribunal correctionnel doit être rendu à l'automne prochain. La Scientologie nie les charges et se dit victime d'une atteinte à la liberté de religion. Me Patrick Maisonneuve, avocat du groupement d'origine américaine, s'est dit surpris. "C'est une demande de condamnation à mort pour la personne morale de la Scientologie", a-t-il dit, annonçant qu'il plaiderait la relaxe lors des ultimes audiences. LE PROCUREUR REFUSE LE DÉBAT RELIGIEUX Dans un réquisitoire de quatre heures, le procureur Maud Coujard a estimé que l'argument concernant la nature religieuse de la Scientologie n'avait pas sa place dans un tribunal. "Religion prétendue ou réelle, ce n'est pas le lieu d'en débattre. Le fait religieux pas plus que le mobile religieux ne constituent une justification en droit pénal", a-t-elle dit. Elle a soutenu que l'organisation utilisait une série de techniques frauduleuses pour dépouiller ses adeptes. Le dossier ne concerne que deux plaignants qui disent avoir été dépouillés en 1998 de 21.000 et 49.500 euros. Les techniques d'escroquerie vont selon elle du test de recrutement aux différents formulaires que les adeptes doivent remplir aux étapes de leur initiation, en passant par les auditions et les cures de "purification", faites de séances de sauna et de jogging intensives. Le but est d'obtenir de l'argent contre des promesses, a dit le magistrat. Selon elle, cette entreprise d'escroquerie a été créée sciemment dès l'origine aux Etats-Unis, dans les années 1950, lors de la fondation de la Scientologie par l'écrivain de science-fiction Ron Hubbard. Le procureur balaye les explications des prévenus qui expliquent que les adeptes ne font que des "dons" sur le chemin de leur accomplissement. "Nous avons entendu à plusieurs reprises que le bonheur n'avait pas de prix. Le ministère public pense que s'il n'a pas de prix, il a eu un coût", a-t-elle dit. Les réquisitions sont une surprise puisqu'à la fin de l'instruction, en 2006, le parquet avait demandé un non-lieu général, estimant que les prévenus avaient agi de bonne foi en raison de "convictions religieuses". Cette position avait été mise en échec par un juge d'instruction qui a saisi le tribunal. L'enjeu est donc crucial pour ce mouvement, qui revendique aujourd'hui des millions d'adeptes dans le monde et poursuit son expansion. Si la dissolution est prononcée par le tribunal, elle n'entrera en vigueur que si elle est confirmée en appel et en cassation, ce qui prendrait des années. Des responsables de la Scientologie ont déjà été condamnés pour escroquerie à Lyon en 1997 et Marseille en 1999. Sa branche francilienne a été sanctionnée de 8.000 euros d'amende en 2002 pour le fichage informatique d'anciens adeptes. Vers la fin de l'Eglise française de Scientologie ? Par lexpress.fr
Le parquet a requis la dissolution des deux principales structures françaises de l'Eglise de Scientologie: s'il était suivi par les juges du tribunal correctionnel de Paris, c'en serait peut-être fini des activités de la secte dans l'Hegaxone. On s'y attendait dès avant le procès et son déroulement, depuis le 25 mai dernier, rendait pratiquement inévitable la décision du parquet, qui a requis ce lundi la dissolution des deux principales structures françaises de l'Eglise de Scientologie, poursuivie devant le tribunal correctionnel de Paris pour escroquerie en bande organisée. Le parquet a en outre demandé aux magistrats de la 12e chambre de condamner l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie - Celebrity Centre (ASES-CC) - et sa librairie (SEL) à payer chacune une amende de 2 millions d'euros. Par ailleurs, 150 000 euros d'amende, quatre ans de prison avec sursis et cinq ans de privation des droits civiques et civils ont été requis contre le responsable spirituel du Celebrity Centre, Alain Rosenberg. Le parquet a requis de la prison avec sursis et des amendes contre les cinq autres prévenus scientologues: outre le Celebrity Centre et sa librairie, basées dans le XVIIe arrondissement, à Paris, étaient également renvoyés devant la justice six cadres de l'association. Ils sont poursuivis pour "escroquerie en bande organisée" et/ou "exercice illégal de la pharmacie": l'association a distribué à ses adhérents des vitamines et des traitements relevant du monopole pharmaceutique. Deux des plaignants, sur quatre, s'étaient désistés, sous la pression, notamment financière, de la secte. Par François Koch
L'ex-députée PS Catherine Picard, présidente de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi), réagit au réquisitoire du parquet qui demande la dissolution de l'Eglise de Scientologie et quatre millions d'euros d'amende. Avez-vous été surprise en écoutant le réquisitoire des deux substituts du procureur, lundi après-midi ? Non, même si je m'étais défendue d'y croire. Cette volonté de l'Etat est une bonne chose, elle protège la Miviludes [Mission interministérielle de vigilance et de lutte sur les dérives sectaires] et devrait constituer un élément positif pour les autres procès en cours, en Europe et aux Etats-Unis. Le travail des deux magistrats du parquet a été remarquable. Ils ont bien mis en valeur le fait que la Scientologie française n'est que la filiale de la maison mère américaine. Leur analyse très pertinente de la comptabilité de la secte appuie leur démonstration sur les délits. Regrettez-vous que votre loi sur l'abus de faiblesse et la dissolution n'ai pas été utilisée ? Pas du tout. Seul le résultat compte: la demande de dissolution de la Scientologie. Les chefs de mise en examen sont l'escroquerie alors que ma loi porte sur l'abus de faiblesse. En demandant quatre millions d'euros d'amende, les magistrats du parquet ont choisi la seule méthode efficace: frapper au porte- monnaie. Même si celui de la Scientologie est énorme: 37 millions d'euros de trésorerie et 100 millions au bilan. Qu'attendez-vous de la décision du tribunal ? Indépendamment de la dissolution, j'espère que le délit d'exercice illégal de la pharmacie sera retenu dans une condamnation. Les sectes investissent toujours le secteur de la santé: il y a quantité de gourous guérisseurs, terriblement dangereux lorsqu'ils donnent à leurs adeptes des poudres de perlimpinpin pour soigner le cancer La scientologie refuse de comprendre ce qui lui est reproché
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Le réquisitoire met à mal la défense de la Scientologie
Au dernier jour du procès de la Scientologie, mercredi 17 juin, les avocats de la défense tenteront de faire oublier le réquisitoire surprise du parquet, qui, lundi 15 juin, a demandé la dissolution des deux principales structures françaises de cette «Église» Trois semaines après son ouverture, le procès de la Scientologie touche à sa fin avec les plaidoiries de la défense, entamées mardi 16 juin. Devant la 12e chambre du tribunal de grande instance de Paris, les avocats des responsables de cette « Église », poursuivis pour escroquerie en bande organisée et exercice illégal de la pharmacie, se sont succédé à la barre. Pour l’un d’eux, les vitamines massivement administrées aux adeptes dans le cadre de «cures de purification» ne constituaient pas des médicaments mais des compléments alimentaires, compléments pour lesquels, à l’époque des faits, à la fin des années 1990, il n’existait pas de doses maximales. Une de ses collègues, elle, a insisté sur le fait que lesdites cures «constituaient un programme spirituel et non thérapeutique». Un troisième avocat, à son tour, a invité le tribunal à ne pas confondre «actes de foi et manœuvres frauduleuses». "La Scientologie fait l'objet d’un acharnement" Mercredi 17 juin, dernier jour d’audience, interviendront notamment les avocats des deux principales structures françaises de l’Église de scientologie, l’association spirituelle Celebrity Center et sa librairie, qui ont à répondre des mêmes chefs d’accusation. Selon toute vraisemblance, ils devraient chercher une nouvelle fois à démontrer que la Scientologie, reconnue comme religion dans d’autres pays d’Europe, fait, en France, l’objet d’un acharnement. Ils tenteront en tout cas de dissuader les juges de suivre les réquisitions du parquet, qui a opéré, lundi 15 juin, un spectaculaire revirement. Alors qu’en septembre 2006 le ministère public, considérant que les personnes mises en examen, «mues par leur seule conviction religieuse», n’avaient tiré «aucun bénéfice personnel», avait demandé un non-lieu général, ses deux représentants ont, lundi 15 juin, prononcé un réquisitoire des plus sévères. Les représentants de la Scientologie y voient le résultat d’une campagne de désinformation menée par les associations de lutte contre les sectes. Mais si le parquet a ainsi revu ses positions, c’est que les expertises, les témoignages, les débats ont permis de parcourir «beaucoup de chemin», a souligné la procureur Maud Morel-Coujard, avant de disséquer la méthode scientologue, «un prêt-à-penser aux allures de bric-à-brac». Des méthodes plus que controversées En s’appuyant sur les parcours parallèles de deux anciens adeptes qui estiment avoir été floués et se trouvent maintenant dans le camp des parties civiles, elle a évoqué les tests de personnalité proposés notamment à la sortie du métro, un outil de recrutement destiné «à faire entrer les clients dans un processus d’achat» et à identifier les personnes vulnérables. Elle s’est aussi attardée sur le fameux électromètre, censé mesurer scientifiquement les émotions et qui ne représente à ses yeux qu’«un leurre». Élément d’une «mise en scène» destinée à tromper, il est également vendu aux adeptes pour des sommes comprises entre 3 000 et 3 500 €, soit six à sept fois son prix de revient… Selon Maud Morel-Coujard, au fur et à mesure que les personnes entrent dans un processus de dépendance, bâti autour d’un sentiment de culpabilité, d’autres sollicitations interviennent, sur un mode qui se rapproche du harcèlement. On impose plus qu’on ne propose un enseignement de dianétique – technique de guérison spirituelle – sous forme de «package» successifs de plusieurs dizaines ou centaines d’heures, facturés à l’époque des dizaines de milliers de francs. Quitte à aider les adeptes à s’endetter en les orientant vers des organismes de crédit, on vend aussi, pour des montants astronomiques, des cures de purification, consistant en d’interminables séances de sauna à une température de 65 °C, complétées par une prise massive de vitamines, qui, selon la procureur, répondent parfaitement à la définition de médicament. Un but ouvertement commercial Son collègue, Nicolas Baïeto, s’est quant à lui employé à démontrer que les responsables scientologues mis en examen ont bel et bien réalisé des profits personnels. De même, il a fait valoir que l’association Celebrity Center et sa librairie, structure à but ouvertement commercial, ne formaient qu’une seule et même entité, tant sur le plan de l’organisation que sur celui de la comptabilité. Des transferts d’argent réguliers avaient ainsi lieu de l’une vers l’autre, et aussi vers la maison mère, aux États-Unis. « Des dérives individuelles, je n’y crois pas », a insisté la procureur, mettant en avant une véritable « orchestration » de la part de l’Église de scientologie. Le parquet demande la dissolution de l' "Eglise" Au final, le parquet a demandé au tribunal de dissoudre les deux structures et de condamner l’une et l’autre à payer une amende de 2 millions d’euros. Il a également requis quatre ans de prison avec sursis, 150 000 € d’amende et cinq ans de privation des droits civiques et civils à l’encontre d’Alain Rosenberg, fondateur du Celebrity Center et « omniprésident » de l’association. Regrettant que les prévenus brandissent « le bouclier religieux » pour éviter de répondre aux questions des juges, le ministère public a demandé trois ans avec sursis et 50 000 € d’amende contre le « libraire » Didier Michaux, trois ans avec sursis et 25 000 € contre le conseiller-orienteur Jean-François Valli, ainsi que deux ans avec sursis et 10 000 € d’amende contre Sabine Jacquart, ex-présidente du Celebrity Center, peines assorties d’une privation des droits civiques. Le jugement devrait être mis en délibéré. Denis Peiron |
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Scientologie: le Parquet requiert la dissolution
L'entrée d'un immeuble de l'Église de la scientologie à Paris. :
Ouest-France Les deux principales structures françaises de cette Église américaine sont actuellement jugées pour escroquerie, au Tribunal correctionnel de Paris. Surprise, au procès de la Scientologie. Le parquet a changé de pied. Il n'était pas chaud, au départ, pour traîner la secte devant le tribunal. Pendant l'instruction, il avait requis un non-lieu. Mais le juge d'instruction, Jean-Christophe Hullin, a tenu bon. Le procès est ouvert depuis le 25 mai, au Tribunal correctionnel de Paris. Et, hier, la procureure Maud Coujard a requis des peines qui signent, selon le mot des adeptes, «la mort» de la Scientologie en France... La représentante du parquet a demandé la dissolution des principales structures hexagonales: l'association Celebrity center et la librairie SEL. Elle requiert aussi quatre millions d'euros d'amendes et de la prison avec sursis contre quatre responsables français, dont Alain Rosenberg, 60 ans. Pendant l'instruction, l'accusation considérait que les mis en examen étaient mus par des motivations religieuses. Hier, Maud Coujard a expliqué, à l'inverse : «Le mobile religieux ne constitue pas une justification en droit pénal.» Ce qui compte, c'est la poursuite pour «escroquerie en bande organisée». «Le bonheur a un coût» Elle soutient que l'organisation utilise une série de techniques frauduleuses («tests de personnalité», «cures de purification», etc.) pour dépouiller ses adeptes. Les deux seules plaignantes du procès ont ainsi raconté avoir perdu, en 1998, de 21'000 à 49'500 €. Des prévenus parlent de «dons» sur le chemin de leur accomplissement. La procureure réplique: «Nous avons entendu à plusieurs reprises que le bonheur n'avait pas de prix. Le ministère public pense que s'il n'a pas de prix, il a eu un coût». Le jugement doit être rendu à l'automne. La Scientologie se dit victime d'une atteinte à la liberté de religion. |
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Scientologie: la victoire de la notion d’emprise Par GUILLAUME DASQUIE
A la barre /Procès
Avec la plaidoirie de Me Patrick Maisonneuve, aujourd’hui, devant le tribunal de grande instance de Paris, les avocats de l’Eglise de scientologie achèveront de présenter leurs moyens de défense. Sans trop y croire, sonnés depuis le réquisitoire du parquet. Lundi soir, devant des hiérarques de la scientologie, blêmes, le ministère public a réclamé la dissolution pure et simple de la structure mère, l’Association spirituelle de l’Eglise de scientologie. Et quatre ans de prison avec sursis pour Alain Rosenberg, son gourou français, assortis de 150 000 euros d’amende. Jamais une telle décision n’a été requise en France. Ce procès pour escroquerie en bande organisée intenté par une ancienne adepte de la secte, Aude-Claire Malton, a transformé l’appréciation du parquet de Paris. Au stade de l’instruction, le vice-procureur Jean-Paul Mazon avait demandé, le 4 septembre 2006, un non-lieu général pour les dirigeants et pour l’Eglise de scientologie, poursuivie en tant que personne morale. Après avoir écouté témoignages et expertises qui se sont succédé à la barre, les vice-procureurs Maud Morel-Coujard et Nicolas Baieto ont donc désavoué l’analyse de leur collègue. Cette victoire, pour les associations de défense des victimes des sectes, a pour principal stratège Me Olivier Morice. Un avocat spécialiste des dossiers sensibles - comme celui concernant l’assassinat du juge Borrel. Sa plaidoirie contre la scientologie, débutée lundi après-midi, s’articulait autour de la notion d’emprise ; concept central au cours de ses dix années de défense du dossier (la plainte de sa cliente remonte à fin 1998).
Entamé par un test de personnalité destiné à installer un doute chez un être fragile, il consiste à déve- lopper un état de «suggestion psychologique», de manière systématique, selon un canevas prévu par la secte. Analyse démontrée par les éléments matériels recueillis par les cinq juges d’instruction, et large- ment étayée lors des débats. Au final, l’entreprise de manipulation des esprits a servi «des manœuvres frauduleuses conduisant les parties civiles à des remises de fonds importantes», a insisté l’avocat. Cette démonstration-là a sapé la défense de la scientologie, axée depuis des années sur le consentement de ses adeptes à se délester de leurs économies. Dès lors que leur libre arbitre s’avère annihilé, difficile de s’en prévaloir. Conséquence, au plan du droit: les magistrats ont pu retenir, pour la première fois à l’égard d’une secte, le délit «d’escroquerie en bande organisée». Dont le nouveau code pénal, entré en vigueur en 1994, a prévu qu’il viserait aussi les personnes morales. Les deux vice-procureurs ont suivi ce raisonnement en appliquant - ni plus ni moins - les peines prévues pour les personnes morales reconnues coupables de tels faits : un ordre de dissolution. La dissolution n'assure pas la disparition d'une association Mathieu Delahousse avec Bruno Dusaussoy
La dissolution a été requise contre l'Eglise de Scientologie, poursuivie pour escroquerie. Les groupes sanctionnés de cette façon tentent généralement de renaître de leurs cendres, mais l'arsenal législatif progresse. Disparaître, mais survivre tout de même. Comme tout groupe menacé par une dissolution, l'Église de scientologie avait prévu une parade. L'article 21 des statuts de l'association spirituelle de l'Église de scientologie - l'une des deux entités poursuivies devant le tribunal correctionnel de Paris - prévoyait ainsi que si elle devait être dissoute, les actifs de l'association reviendraient à la maison-mère… Pour empêcher ce subterfuge, le parquet a donc requis - outre la dissolution de la personne morale - la confiscation du stock de la librairie et des électromètres. Si les réquisitions sont suivies par le tribunal, la condamnation ira donc au-delà du symbole. Seul le patrimoine immobilier des deux associations poursuivies restera intact puisqu'elles louent leurs locaux à des sociétés civiles qui n'appartiennent qu'indirectement à la Scientologie. «C'est la problématique générale de la dissolution des personnes morales condamnées pour escroquerie, analyse le procureur général de Lyon, Jean-Olivier Viout, qui avait requis contre la Scientologie en 1997. Comme les sociétés dissoutes, elles peuvent renaître de leurs cendres et tenter de se reconstituer.» La loi sur les ligues de 1936 La seule mesure décisive est la liquidation des biens, qui suit nécessairement la dissolution judiciaire. Les regroupements humains, eux, se reforment toujours malgré la loi. Le groupe d'extrême droite Unité radicale auquel appartenait Maxime Brunerie, auteur de la tentative d'assassinat contre Jacques Chirac le 14 juillet 2002, a été dissous par décret. Mais il s'est reconstitué sous la forme des Jeunesses identitaires. Même phénomène pour le groupuscule raciste et antisémite Tribu Ka. Ou encore pour les supporters violents du Parc des princes qui étaient regroupés chez les Boulogne Boys. «Ils se sont éparpillés dans deux autres clubs clairement identifiés, expose un magistrat, mais il est encore difficile de les poursuivre pour reconstitution de ligue dissoute, qui est un délit.» Selon la loi, les «groupes de combats et milices privés» tombent sous le coup de la loi sur les ligues votée en janvier 1936 par le gouvernement Blum. Les clubs de hooligans sont eux spécifiquement visés par la loi de juillet 2006 sur la prévention des violences lors des manifestations sportives. Texte trop récent pour être appliqué au procès actuellement en cours à Paris, la loi About-Picard, votée en 2001, s'applique quant à elle spécifiquement aux sectes, et permet, une fois que des condamnations pour abus de faiblesse sont devenues définitives, de prononcer la dissolution. Théoriquement, les mouvements peuvent tenter de renaître par le biais d'autres associations. Mais ce stratagème a peut-être vécu. Une disposition de la loi pourrait en effet toucher une à une les structures de la Scientologie. Elle stipule qu'un tribunal peut prononcer la dissolution de toutes les structures semblables à celle qui est condamnée «dès lors qu'elles poursuivent le même objectif et sont unies par une communauté d'intérêts». PROCÈS DE LA SCIENTOLOGIE POUR ESCROQUERIE Jugement rendu le 27 octobre
Le tribunal correctionnel de Paris se prononcera le 27 octobre sur les poursuites engagées à l'encontre de l'Eglise de Scientologie pour escroquerie en bande organisée. Depuis le 25 mai, six scientologues et les deux principales structures françaises de la Scientologie comparaissaient devant la 12e chambre correctionnelle, présidée par Sophie-Hélène Château. Dans son réquisitoire, le ministère public a demandé lundi au tribunal de dissoudre l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie - Celebrity Centre (ASES-CC) et sa librairie SEL, estimant qu'elles avaient usé de "manoeuvres frauduleuses successives" de manière "consciente et planifiée". C'est la première fois que le ministère public demande la dissolution d'une organisation à caractère sectaire. La scientologie peut-elle être interdite en France ?
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Les employés de la scientologie sont maltraités et corvéables à merci Video: Mauvais traitements de deux proches du chef de la scientologie |
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Un must: "Ron Hubbard, le gourou démasqué" Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de la scientologie. On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice. Il est disponible en format pdf ou html sur notre site. Nous avons également publié une version résumée.
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